Informations Professionnelles (Caf N 19)

- François Jarraud -

- LA RENTREE ET LES REFORMES    [ Haut ]

Les réformes annoncées seront-elles appliquées ? Le B.O. n°16 publie les circulaires de préparation de la rentrée 2002 pour les écoles comme pour le second degré. Cette rentrée sera marquée par les orientations prises par Jack Lang. Mais certaines décisions particulièrement importantes restent encore en suspens.

Primaire : Mettre en oeuvre les nouveaux programmes
A la rentrée 2002, les nouveaux programmes sont mis en oeuvre en première année d'école maternelle, G.S. d'école maternelle et en C.E. 2. L'enseignement des langues devient obligatoire en CE2. Le B2i le devient également dans les écoles disposant de matériel informatique. Les nouveaux programmes donnent la priorité à la maîtrise du français. Pour leur application, la circulaire invite à attribuer les crédits pédagogiques prioritairement aux bibliothèques scolaires, aux équipements scientifiques et informatiques.
Toutes ces mutations exigent une nouvelle gestion des enseignants. La circulaire invite à la mise en place d'une carte des langues. Elle utilisera des maîtres compétents en langues étrangères dont le poste sera crée par "profilage".
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Collège : La réforme avec les IDD
La circulaire confirme la mise en place des nouvelles grilles horaires en 6ème et 5ème et des itinéraires de découverte (IDD) en 5ème.
En sixième la dotation globale passe à 28 heures. Deux heures pourront être utilisées pour accompagner les élèves dans leur travail. L'emploi du temps prévoira également dix "heures de vie de classe" annuelles.
En cinquième, une nouvelle évaluation en maths et français aura lieu en début d'année. La dotation horaire passe à 26 heures. Le grand chantier est évidemment la mise en place des IDD qui bénéficient de deux heures hebdomadaires. La circulaire annonce la publication prochaine de nouveaux textes sur leur organisation. Mais d'ores et déjà une annexe fixe les principes guidant les IDD et les grandes lignes de leur organisation. Ainsi il est confirmé que les professeurs participant aux IDD doivent "dans la mesure du possible" être des volontaires et que les IDD doivent compter des temps de concertation entre enseignants comme des temps de travaux en classe entière ou en groupe. Dans le cadre de la rénovation des SEGPA, celles-ci sont invitées à organiser également des IDD.
Une autre réforme mérite d'être soulignée : la globalisation des moyens. A partir de la rentrée, la totalité des moyens affectés à un établissement est globalisée dans une même enveloppe gérée par le collège. Cela leur donnera plus de souplesse. Ainsi en 5ème une heure hebdomadaire n'est pas attribuée. L'établissement peut l'utiliser par exemple pour alléger l'enseignement de son choix. D'autres heures sont attribuées pour faire face à de scas particuliers : dispositifs pour élèves "décrocheurs", difficultés scolaires lourdes en sixième et cinquième.
Les dernières innovations concernent les sciences et la technologie et les TICE. Le B2i sera généralisé dès cette rentrée. Le collège devra à la fois valider le niveau 1 pour les élèves de sixième ne l'ayant pas obtenu à l'école et celui de niveau 2 en fin de collège. Pour cela le ministère rappelle que ces validations concernent les enseignants de toutes les disciplines. En sciences et technologie, des travaux en groupe allégés sont mis en place en sixième. Il s'agit d'encourager le développement de démarches expérimentales.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Lycée général : Les TPE toujours gelés
La circulaire le reconnaît : bien que facultatifs, les lycéens ont plébiscité les TPE en terminale : "un premier bilan statistique montre que les TPE ont suscité l'adhésion d'un fort pourcentage d'élèves de terminale se situant entre 35% et 55% selon les académies". Malgré cela, "les décisions concernant le statut des TPE à la rentrée 2002 n'interviendront qu'après le bilan de l'épreuve facultative". Ce nouvel ajournement renvoie l'arbitrage au prochain ministre et démontre malheureusement la fragilité et les limites de la réforme des lycées.
Curieusement, la circulaire annonce la suppression du dispositif d'évaluation nationale en seconde, tout en appelant les enseignants à continuer ces évaluations. Elle institue, à titre expérimental, un dispositif permettant aux élèves de seconde de bénéficier d'un "droit à l'erreur" et de modifier leur orientation en cours d'année.
Sur d'autres points, elle amplifie les efforts précédents. Elle insiste particulièrement sur l'aide individualisée qui sera dotée de moyens supplémentaires. Elle souligne la nécessité de former les élèves aux TICE en s'appuyant sur les capacités des réseaux d'établissement. Un B2i de niveau lycée est annoncé. Il précisera les compétences que les élèves doivent maîtriser dans le domaine des TICE. est en cours de préparation.
La rentrée 2002 verra de nouveaux programmes en terminale. En série S, la circulaire laisse une grande liberté aux établissements sur l'organisation de l'horaire de philosophie et rend obligatoire l'évaluation des capacités expérimentales en SVT.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Lycée technologique : TPE et ECJS en suspens
De nouveaux programmes entrent en application en EPS, arts, physique-chimie (STI). La dérogation accordée aux élèves issus de LP au bac STT de remplacer l'épreuve de LV2 par une épreuve de LV1 renforcée est prolongée d'un an.
Les TPE et l'ECJS sont en cours d'expérimentation en série STT. La circulaire ne précise pas s'ils seront généralisés à la rentrée prochaine. Le prochain ministre décidera. Curieusement, la circulaire annonce, dans les dispositions communes aux séries générales et technologiques, la mise en place d'un conseil d'enseignement de l'ECJS dans chaque lycée...
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Lycée professionnel : Redéployer l'offre
Adapter le L.P. à des publics différents, tel est l'objectif numéro un de la rentrée. Pour cela le ministre souhaite créer de nouvelles sections de bac pro, faciliter l'accès des bacheliers professionnels en BTS grâce à de nouveaux aménagements pédagogiques, ouvrir de nouveaux CAP (totalement rénovés), multiplier les troisièmes professionnelles et accueillir plus largement des sections d'apprentissage en L.P.
Sur le plan pédagogique, les PPCP bénéficieront d'une heure hebdomadaire de concertation des enseignants. Le dispositif national d'évaluation en seconde est supprimé mais, comme en lycée général, les enseignants sont invités à maintenir des évaluations de rentrée.
La circulaire invite les établissements à développer de nouveaux liens technologiques avec les entreprises de leur secteur.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Roule le train des réformes
C'est presque un bilan que publie le ministère avec une étude sur "La mise en oeuvre des réformes dans les lycées et collèges". Premier enseignement : le train des réformes est bien parti. Ainsi, au lycée, les TPE sont un réel succès. Ils ont été introduits en première dans 90% des LEGT et l'expérience se déroule de façon satisfaisante dans 4 établissements sur 5. En terminale, où ils sont facultatifs, 35% des élèves de L et ES et 42% des lycéens de S y participent. L'aide individualisée est offerte dans 96% des lycées et 40% des élèves en bénéficient. Quant aux TICE, environ 2 enseignants sur 3 les utilisent au moins occasionnellement (mais 10% seulement dans les disciplines littéraires).
Mais ces chiffres occultent de gros écarts entre lycées. On peut dégager quatre types d'établissements. Dans environ la moitié, les TPE et les autres dispositifs innovants sont bien accueillis et implantés. Ce sont plutôt des lycées polyvalents de taille moyenne. Dans un lycée sur trois, l'implantation des TPE et de la réforme se fait lentement. Dans un dixième des établissement, les plus élitistes, offrant des CPGE, particulièrement en Ile-de-France, on observe une résistance sérieuse des enseignants et des proviseurs aux TPE, voire un refus. A l'opposé, un autre dixième est composé de petits établissements en difficulté, en région parisienne, accueillant un public difficile, qui semblent endormis et s'impliquent peu dans les TPE, les CVL, les modules, ou l'aide individualisée.
La situation en collège est un peu similaire. Ainsi, en sixième, c'est dans les établissements ayant les élèves les plus difficiles que les mesures d'accueil des élèves sont les plus faibles. Les itinéraires de découverte ont eu lieu dans 19% des collèges cette année. Ils sont prévus dans 82% des établissements l'an prochain. Mais ce sont les collèges accueillant un public favorisé ou au contraire des élèves "en retard", qui organisent le moins les IDD. Et ce sont ceux qui accueillent un public populaire mais pas "difficile" qui se lancent le plus hardiment dans ces projets.
On le voit, si le bilan est positif, les réformes sont un autre révélateur des inégalités entre établissements. Il ne faudrait pas qu'elles deviennent un outil supplémentaire de sélection.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0218.pdf

Les arts et la culture dans le second degré
Le plan de développement des arts et de la culture à l'école est-il appliqué dans le second degré ? Une étude ministérielle apporte un bilan contrasté. "Si dans un collège sur trois et dans un lycée sur six au moins un quart des élèves participent à ces activités, à l'inverse, dans un quart des collèges et dans la moitié des LP ou LEGT, moins de 10% des élèves y participent". En fait la mise en place des classes à PAC est plus rapide dans les établissements "difficiles". Elle est liée au développement d'autres dispositifs pédagogiques innovants. Elle évolue au rythme d'une évolution plus générale du métier d'enseignant. Et le B2i ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0213.pdf

- LE SYSTEME EDUCATIF    [ Haut ]

Indispensables aides-éducateurs
Deux études, réalisées par l'université Jean Monnet de Saint-Etienne et l'université de Toulouse Le Mirail, rendent compte des activités des aides -éducateurs. Elles font apparaître l'importance de leur rôle dans les établissements aussi bien pour le soutien scolaire que la gestion des BCD ou de salles informatique. Reconnus par les élèves, les aides-éducateurs sont proches d'eux et sont généralement compétents. Pour D. Glasman (Univ. Jean Monnet) "les aides éducateurs ont apporté une indéniable contribution - parfois de grande qualité tant sur le plan "technique" qu'en termes de "convivialité" au sein de l'établissement -, ils ont aussi joué un rôle de révélateurs critiques du fonctionnement" de ceux-ci". Au point que l'on ne voit pas comment les établissements pourraient maintenant se passer de leurs services.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/aedetudes.htm

Des droits pour les emplois-jeunes
Le ministère constate enfin que les emplois-jeunes, de par leur statut original, ont dans certains cas à la fois moins de droits que les fonctionnaires et que les salariés du privé. Une circulaire, parue au B.O. spécial du 25 avril, améliore les droits des emplois-jeunes en matière de protection sociale, de congés et de professionnalisation. Parmi ces avancées sociales : le paiement des trois jours de carence en cas de maladie et le maintien du salaire en cas d'accident du travail.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/special9/texte.htm

C.P.E. la RTT enfin !
L'accord sur la mise en oeuvre de l'ARTTT pour les C.P.E. et les conseillers d'orientation sera soumis au comité technique paritaire le 2 mai.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/arttcpecp.htm

Des directeurs d'un nouveau type
Le B.O. du 11 avril présente les nouvelles conditions de détachement dans le corps des personnels de direction d'établissement. La note de service précise qu'il s'agit d'ouvrir plus largement l'accès au corps des personnels de direction afin d'en varier les éléments : "l'élargissement du vivier.. permettra la prise en compte d'expériences et de compétences plus diversifiées". Sont concernés les enseignants et personnels d'administration, mais aussi les autres fonctionnaires d'Etat de catégorie A.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/15/perso.htm

L'innovation et l'institution
"L'innovation se trouve partout dans le système éducatif... Pourtant elle est insaisissable, mouvante et incertaine. Il est vrai qu'au-delà des discours elle a été rarement encouragée". C'est ainsi que le Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire présente sa tâche au début de son rapport annuel. Celui-ci présente l'expérience de 20 structures ou projets expérimentaux nouveaux reconnus en 2002, particulièrement dans les académies de Caen, Grenoble, Rennes et Versailles. Des structures que le Conseil veut rendre "prophètiques", visibles et utilisables par tous. Ce qui pose la question de leur évolution et de leur pérennisation avec une question forte : l'innovation peut-elle s'institutionnaliser ?
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/innovation/default.htm

A la découverte de l'innovation
EduScol met en ligne plus de 500 monographies d'actions innovantes recensées dans les académies. Ces études correspondent au troisième programme national d'innovation et couvrent les années 1999-2001. Elles s'organisent autour de six axes : l'aide de l'élève, les apprentissages, le développement d'une culture scientifique et technique, les langues, les comportements, l'apprentissage de la démocratie. On a là un vivier important d'expériences qui mériterait un outil de consultation plus commode d'autant que les liens vers certaines académies sont parfois brisés.
http://www.eduscol.education.fr/D 0092/acc_pni3.htm

Quels effectifs en 2002 et 2003 ?
Deux études ministérielles estiment l'évolution des effectifs d'élèves pour les deux prochaines rentrées. Dans le premier degré, la rentrée 2002 verra une légère baisse des effectifs en 2002 suivie d'une remontée sensible (+ 38500) en 2003. Dans le second degré, la baisse des effectifs va continuer en premier cycle (- 18.300 en 2002 et - 30.600 en 2003). Le second cycle professionnel continuera sa croissance du fait du prolongement des études après le BEP. Le second cycle générale et technologique verra ses effectifs augmenter.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0220.pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0221.pdf

L'école et les projets de ville
Pendant longtemps, on a "fait porter à la seule institution scolaire l'ensemble de la charge et de la responsabilité de l'éducation des enfants... L'école est bien le lieu de la transmission des savoirs.. Mais le lien avec tous ceux qui travaillent auprès des enfants en dehors de l'école doit être renforcé". Le rapport Leydier - Mouchard-Zay et Mourlet propose une nouvelle vision, plus globale, de l'éducation pour casser les spirales de l'échec dans les quartiers difficiles. Parmi les 38 propositions de ce rapport officiel, la volonté de mieux associer les parents au parcours scolaire de leurs enfants, par exemple en créant des lieux d'accueil des parents et des cours pour adultes dans les établissements; celle de considérer les établissements comme des pôles culturels de quartier, par exemple en ouvrant certains locaux hors temps scolaire; la volonté de créer de nouveaux espaces de vie pour les élèves et les professeurs dans les établissements de façon à ce qu'ils ne soient pas de simples lieux de passage. Le rapport cite des exemples : le dédoublement du collège L. Michel à Clichy, la maison des parents de Garges-les-Gonesse, l'opération "perdu de vie" à Vénissieux.
http://www.ville.gouv.fr/pdf/actu alite/gpe.pdf

Rapport Hébrard
Le ministère publie le rapport de Jean Hébrard sur "La mixité sociale à l'école et au collège". Un rapport dérangeant : il décrit avec précision comment les inégalités sociales s'insinuent dans l'école républicaine à travers les stratégies parentales ou les dispositifs "gris" mis en place par les établissements. Il termine en faisant 12 propositions, dont l'application des règles de sectorisation à l'école privée, le développement de l'enseignement spécialisé, accentuer l'identité des établissements de façon à passer d'une concurrence sociale à des spécialisations de formation.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/hebrard.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html

Une maison pour les langues
Jack Lang annonce la création d'une "maison des langues" qui est confiée au C.I.E.P. Située Bd. Saint-Germain à Paris, elle aura pour but d'informer le grand public sur les possibilités d'apprentissage des langues en France et d'organiser des animations sur les langues.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/maisonlangdp.htm

La Villa Média recrute
La Villa Média, résidence européenne du multimédia éducatif, est un lieu de création, de recherche et de formation sur les nouveaux arts d'apprendre et d'enseigner. Inaugurée il y a peu, elle est installée à Grenoble. Elle accueillera en 2002 une dizaine de résidents et lance dès maintenant une procédure de recrutement des résidents. Les candidats peuvent être de jeunes chercheurs, des enseignants, ou des éducateurs. Mais tous doivent travailler sur le développement de services ou de produits multimédia innovants pour l'éducation ou la formation. Si vous êtes intéressé à participer à cette nouvelle aventure culturelle, votre dossier de candidature doit parvenir avant le 15 mai.
Contact Villa Média : lavilla media@la-metro.org

Le label "Ecole de l'Internet"
Le label "école de l'Internet" va permettre la multiplication des formations supérieures à Internet. Le décret du 25 avril fixe les conditions d'attribution.
http://www.legifrance.gouv.fr/cit oyen/jorf_nor.ow?numjo=INDI0220116D

L'université française s'européanise
Jack Lang a annoncé le 5 avril une réforme d'ampleur de l'université. Elle concerne d'abord l'européanisation des formations. Les universités pourront traduire leurs cursus en crédits ECTS qui permettent d'établir aisément des comparaisons de formation entre université européennes. Mais, plus profondément, c'est l'architecture des diplômes universitaires qui est remaniée. En lieu et place du trio DEUG - Licence - Maîtrise, les principaux grades universitaires seront dorénavant la licence, le master et le doctorat. DEUG, DUT et maîtrises sont maintenus mais à l'intérieur de cursus réorganisés.
Seconde réforme importante : la reconnaissance de la pédagogie à l'université. Jusque là seule la recherche permettait d'y faire carrière. En première année, le ministre souhaite la mise en place "d'équipes de formation" qui coordonneront les enseignements et dont les membres bénéficieront de progression de carrière. L'enjeu est la démocratisation de l'université.
http://www.education.gouv.fr/disc ours/2002/changuniv.htm

Comment démocratiser l'Université ?
Jack Lang vient de prendre plusieurs décisions qui vont dans le sens d'une démocratisation de l'enseignement supérieur. Ce n'est pas sans lien avec la publication du rapport de Rolande Figuière-Lamouranne sur "l'ouverture sociale dans l'enseignement post-baccalauréat". Celui-ci révèle que si l'université a multiplié par 2,5 le nombre des étudiants depuis 1987,les enfants d'ouvriers ne représentent encore qu'un septième des effectifs étudiants (contre un tiers des 17-19 ans). Il décrit plusieurs dispositifs mis en place par les universités pour intégrer des jeunes venus d'établissements difficiles et fait plusieurs recommandations : améliorer la coordination des enseignements secondaire et supérieur, former les étudiants à la méthodologie universitaire et aider socialement les étudiants.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/lamouranne.pdf

Vers des discriminations positives en faveur des sciences ?
Guy Ourisson a remis au ministre son rapport sur la désaffection des étudiants pour les études scientifiques. Celle-ci varie selon les domaines mais frappe durement certains enseignements universitaires, comme la physique -chimie. Le rapport préconise une discrimination positive en faveur des filles et des jeunes venus de quartiers en ZEP dans l'attribution des bourses. Il appelle aussi à une refonte de l'enseignement des sciences en collège et lycée en s'inspirant pédagogiquement de l'exemple de La main à la pâte. Enfin G. Ourisson propose de regrouper en une seule discipline les 3 spécialités scientifiques indépendantes du collège.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/ourisson/default.htm

La lutte contre la drogue
Eduscol publie une brochure sur la lutte contre la drogue dans l'éducation nationale. Elle contient un court exposé du professeur Got sur les consommations de produits psycho-actifs, d'alcool et de tabac chez les jeunes ainsi qu'une présentation des dispositifs institutionnels de prévention.
http://www.eduscol.education.fr/D 0004/

La mission de M. Storti en Afghanistan
Le site ministériel publie le rapport de mission de Martine Storti (IG) en Afghanistan du 13 au 27 mars. Il témoigne de l'extraordinaire redémarrage de l'appareil éducatif afghan. Partout on se presse dans de rares écoles et les élèves s'y succèdent par tranches toutes les 3 heures devant des enseignants peu ou pas payés. Tel établissement prévu pour 200 élèves peut en accueillir 2000 ou 3000 ! L'enthousiasme dépasse largement les moyens disponibles. On manque de locaux, de mobilier, d'enseignants. Pourtant il faudrait peu de choses : le coût moyen d'une école de 12 classes est estimé à 30.000 ?. Martine Storti relève que "cette mission confirme s'il en était encore besoin la nécessité d'inclure l'éducation dans l'action d'urgence et d'inventer un dispositif d'action et surtout des procédures de financement qui permettent effectivement des interventions rapides. Ce n'est pas le cas dans le système expérimental mis actuellement en place sous forme de subventions à des associations présentes sur le terrain. La lenteur et la sophistication du traitement des dossiers par les services administratifs ordinairement jamais sollicités pour des actions d'urgence empêchent les effets concrets. Si des fonds avaient été réellement disponibles dès le mois de janvier et attribués dès cette période aux partenaires associatifs concernés, la plupart des établissements auraient été réhabilités pour la rentrée scolaire. Ce qui n'est hélas pas le cas !"
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/aghanistan/afgha2.htm

- LES ENSEIGNANTS    [ Haut ]

Bien payer les profs est un investissement rentable
Voilà un sujet qui revient régulièrement sur le tapis. La revue du Kiel Institute for World Economics publie une recherche effectuée par Ludger Wössmann et Martin R. West (Harvard) sur l'effet de la réduction du nombre d'élèves par classe sur les résultats des élèves dans 18 pays, incluant la France.
Elle montre de grandes inégalités entre pays : ainsi en Grèce et en Islande la réduction des effectifs par classe améliore le niveau des élèves, alors que le contraire se produit au Japon et à Singapour et qu'aucun effet ne peut être démontré dans 11 pays. Le cas français est particulier : on obtient de meilleurs résultats en maths avec de petits effectifs alors que c'est le contraire en sciences ! Comment expliquer ces différences d'un pays à l'autre ? Pour les chercheurs la clé est dans la formation des enseignants. Les pays où "l'effet classe" ne joue pas sont les pays où le salaire enseignant et le niveau universitaire des maîtres sont élevés. Inversement, la Grèce et l'Islande ont des enseignants payent et forment mal leurs enseignants. En conclusion, il vaut mieux augmenter les salaires des enseignants pour en avoir de meilleurs que diminuer les effectifs des classes.
http://www.uni-kiel.de/ifw/pub/ka p/2002/kap1099.htm

L'état doit faire confiance aux enseignants
Dans un entretien accordé à l'Agence Education Formation, Serge Pouts-Lajus, directeur de l'O.T.E., critique "la vieille politique basée sur l'impulsion d'un plan gouvernemental". Pour réussir l'introduction des TICE dans le système éducatif, l'Etat doit "faire davantage confiance aux enseignants". Une position que le Café partage..
http://bd.educnet.education.fr/ae f/html/aef-24754.htm

Une formation rénovée pour les enseignants ?
Le B.O. n°15 publie une circulaire fixant les modalités d'organisation de la deuxième année de formation dans les IUFM. Alors que la moitié des enseignants seront renouvelés dans les années à venir, elle définit quatre compétences essentielles pour les futurs maîtres : être un spécialiste des apprentissages, prendre en charge la dimension éducative du métier, connaître la diversité des réalités scolaires et connaître le statut de fonctionnaire. La formation met l'accent sur des stages : stage en responsabilité (9 semaines en primaire, service tout au long de l'année dans le second degré), stage de pratique accompagnée, stage en école pour les stagiaires du second degré et en collège pour les professeurs des écoles, enfin stage en entreprise dans le technique et le professionnel. Les enseignements dispensés comprennent tous l'apprentissage des TICE. Mais elle semble bien courte : ainsi, dans le primaire, 15 heures sont prévues pour la "maîtrise des outils de l'enseignant" : à la fois le corps, la voix et les outils technologiques.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/15/encart.htm

De nouveaux contenus en ligne pour les enseignants
Le ministère annonce le développement d'une étude sur "l'Espace numérique européen d'éducation". Enjeu : faire une offre cohérente de services et de contenus éducatifs pour les enseignants. L'étude sera menée auprès des IUFM et d'un panel d'établissements scolaires. D'ores et déjà le ministère annonce la prochaine libération de droits de cartes IGN, données INSEE et INSERM, etc.
http://www.educnet.education.fr/a ctu/infmin.htm

Les troisièmes concours au J.O.
Les textes réglementant les "troisièmes concours" pour l'accès aux corps d'enseignants (CAPES, CAPET et PLP) sont parus au J.O. du 31 mars. Ils permettent aux aides-éducateurs ayant 4 ans d'ancienneté et seulement bac +2 de devenir enseignants. 800 postes de P.E. et 800 de certifiés, PLP ou CPE sont prévus. Le B.O. du 25 avril présente l'organisation des concours de recrutement des CPE, certifiés, professeurs des écoles, PLP. http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/troisieme.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/perso.htm

Le rapport Caspar
Pierre Caspar a rédigé un rapport sur "la formation des formateurs en IUFM". Son travail vise aussi bien le moyen terme que le court terme. Dans l'immédiat, P.Caspar souhaite professionnaliser le groupe de formateurs par exemple en modifiant le recrutement et en facilitant l'accès aux formations de type DEA, ouvrir les IUFM à des formations nationales et internationales par exemple à travers des colloques, mieux intégrer les TIC par exemple en favorisant les recherches liées aux usages des TIC et modifier les dispositifs de pilotage et d'évaluation.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/caspar.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html

Vous avez du courrier
Lancé par le ministère, "Flash Educ" arrive directement dans les boîtes aux lettres électroniques ouvertes dans le cadre de l'opération "@ mèl ouvert". Le premier numéro propose une vingtaine d'adresses de sites institutionnels et une présentation du service @ mèl ouvert.

Les agrégés déboutés
Le syndicat des agrégés de l'enseignement supérieur avait porté plainte contre l'affectation de certifiés dans l'enseignement supérieur. Le Conseil d'Etat vient de rejeter leur demande.
http://www.rajf.org/article.php3? id_article=652

- LES ELEVES    [ Haut ]

L'orientation est sexuée
"Dans le rapport à leur scolarité, les filles apparaissent souvent dans une position paradoxale. D'une part elles réussissent en moyenne mieux que les garçons... Mais d'autre part, au moment des grands choix d'orientation, elles s'engagent dans les filières les moins rentables professionnellement". Une étude de la DPD (ministère de l'éducation nationale) établit le caractère fortement sexué de l'orientation scolaire. Ainsi, dans l'enseignement professionnel, les filles limitent leurs choix à quatre filières. En série générale on les retrouve beaucoup plus en L et ES qu'en S. Et cela continue dans l'enseignement supérieur. Comment expliquer cette situation ? Si l'on en croit ce numéro des Notes d'information, sans doute cela tient-il d'abord aux choix parentaux. Mais c'est aussi le résultat des demandes des jeunes filles qui ont, plus souvent que les garçons, un projet professionnel arrêté. Le système scolaire observe ces inégalités. Faudra-t-il qu'il institue des discriminations positives ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0212.pdf

Les enfants précoces et l'échec scolaire
Le ministère s'inquiète de la place des "enfants précoces" dans le système éducatif français. Environ 200.000 élèves de 6 à 16 ans ont un QI qui dépasse 130. Selon un rapport officiel, les deux tiers de ces enfants rencontrent de sérieuses difficultés scolaires. Le ministre propose une série de mesures pour les aider : donner la possibilité de sauter une classe au collège, pratiquer une pédagogie différenciée, former les enseignants.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/scolprecdp.htm

Election des CAVL
Une circulaire parue au B.O. du 4 avril, précise l'organisation des élections aux Conseils académiques de la vie lycéenne.
http://www.education.gouv.fr/bo/m entor/word//2002/bo14/r4.rtf

Suicide et mal-être des jeunes
Dans un rapport remis au ministre de la santé, évoqué dans Le Monde du 24 avril, le psychiatre Xavier Pommereau révèle que 7% des jeunes scolarisés (11-19 ans) ont fait une tentative de suicide. Le taux double chez les jeunes décrocheurs. X. Pommereau demande la création de postes d'infirmières à temps plein dans tous les établissements secondaires.
http://www.lemonde.fr/article/0,5 987,3226--272892-,00.html

La difficile intégration des jeunes en entreprise
On en parle pas. Mais, selon Le Monde du 25 avril, les vols, les violences se multiplient aussi en entreprise. Mis en cause : les jeunes des quartiers sensibles. Mais aussi la multiplication des situations de précarité. "Comment faire comprendre à un jeune que lui sera exclu à la fin de sa mission et pas son copain ?". Mais les entreprises redoutent aussi les abandons de poste.
http://www.lemonde.fr/article/0,5 987,3234--273038-,00.html

- PRIMAIRE    [ Haut ]

PRIMAIRE

Une nouvelle donne pour l'école ?
Le ministère publie le rapport Bottin sur l'évolution du métier d'enseignant. Le rapport dresse d'abord le portrait d'un métier difficile. Il évoque le bruit, le stress, la violence qui touche certaines écoles. Sur le plan pédagogique, il souligne l'isolement et les difficultés à mettre en place le travail en équipe (47% des écoles ont moins de 4 classes) ainsi que les limites de la polyvalence des maîtres. Dans les propositions, notons la création des "établissements primaire publics locaux d'enseignement". Calqués sur les EPLE du secondaire, les EPPLE faciliteraient le travail en réseau et ouvriraient de nouvelles responsabilités aux maîtres. Il lui paraît également nécessaire d'augmenter les moyens dont dispose l'école (dépense de 21.854 F par écolier contre 38.743 F par collégien) bien que "l'attribution de moyens supplémentaires n'apparaît pas actuellement corrélée aux progrès et à la réussite des élèves".
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/bottin.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html : Pour lire les fichiers PDF

Portrait des nouveaux professeurs des écoles
En 2000, 55.457 candidats se sont présentés aux concours de recrutement de professeurs des écoles. 13.427 (23,9%) ont été admis. 47.024 se sont présentés au concours externe et 10.075 y ont été admis. 23% ont un niveau de diplôme supérieur à la licence. 83% sont des femmes.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0219.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html : Pour lire les fichiers PDF

Rémunération et 21 heures
Le B.O. n°17 fait connaître lemontant des rémunérations pour travaux supplémentaires effectués par les enseignants des écoles à compter du 1er mars 2002 : 16,18 € l'heure d'enseignement pour un instituteur, 17,80 € pour un instituteur exerçant en collège, 18,19 € pour un professeur des écoles. La note fixe aussi le montant de l'étude surveillée (14,56, 16,01 et 16,37 €) et de l'heure de surveillance (9,71, 10,68 et 10,91 €). L'horaire hebdomadaire de service des instituteurs et professeurs des écoles enseignants en SEGPA ou dans l'enseignement adapté est porté à 21 heures à compter du 1er septembre 2002.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/trait.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/perso.htm

Les programmes
Les ouvrages " Qu'apprend-on à l'école maternelle ? " et " Qu'apprend-on à l'école élémentaire ?" présentant les nouveaux programmes sont disponbibles en téléchargement sur le site du CNDP.
http://www.cndp.fr/ecole/quappren d/accueil.htm

Les sciences à l'école
Pourquoi enseigner les sciences ? En effet, de Tchernobyl à la vache folle, les sciences font peur. Elles sont aussi combattues par la mode du paranormal. Le CNDP publie un compte-rendu du 3ème colloque sur les sciences à l'école qui s'est tenu à Antibes en février en présence de G. Charpak. C'était l'occasion de faire un premier bilan de La main à la pâte c'est à dire d'un enseignement fondé sur l'investigation libre. L'occasion aussi d'annoncer l'introduction de l'enseignement scientifique dès le cycle 1 et la diffusion prochaine (à la rentrée) de séquences d'activités reprenant les thèmes des nouveaux programmes.
http://www.cndp.fr/ecole/sciences /colloque/colloque.htm

- COLLEGE    [ Haut ]

Enquête sur l'orientation
La DESCO publie les résultats d'une enquête sur les décisions d'orientation au collège (6ème, 4ème et 3ème) et au lycée (2de). Elle permet de comparer les décisions aux voeux des parents et de saisir comment s'opère l'orientation selon les sexes. Première constatation : un fort écart entre les taux de redoublement décidés par les conseils de classe et les voeux des parents : ainsi en seconde 5% des familles demandent le redoublement alors que l'institution le décide dans 17% des cas. Autre écart significatif pour les passages : toujours en seconde 66% des familles demandent une première générale qui n'est accordée que dans 56% des cas. L'orientation reste encore nettement différenciée entre garçons et filles et l'école intervient peu pour modifier ces écarts. Une étude fort intéressante mais qui oublie les autres critères sociaux comme l'origine ou la catégorie socio-professionnelle.
http://www.eduscol.education.fr/D 0119/

- LE LYCEE    [ Haut ]

Le bac
Quelles nouveautés dans le baccalauréat 2002 ? Comment s'inscrire ? Quel coefficient pour telle discipline ? Autant de questions qui trouvent réponse sur la page consacrée au bac sur le site ministériel.
http://www.education.gouv.fr/sec/ baccalaureat/default.htm

Calendrier BTS
Le calendrier des épreuves du BTS est paru au B.O. du 18 avril.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/default.htm

Evaluation des lycées
Le ministère publie les indicateurs de performance des lycées : taux de réussite au bac, taux d'accès de seconde au bac et proportion de bacheliers selon les sortants. Un effort de transparence intéressant même s'il n'entraîne aucune action de soutien aux établissements en difficultés.
http://www.education.gouv.fr/ival /

Enseigner dans 10 ans
C'est le titre du rapport de Jean-Pierre Obin, publié sur le site ministériel. Le rapport est centré sur les difficultés de recrutement des enseignants : "Tout laisse à craindre qu'un manque d'attraction du métier se conjugue avec une désaffection croissante de ceux qui l'exercent et la volonté de le quitter dès qu'une occasion se présente". Cela implique de rendre le métier plus attrayant. Pour cela l'auteur propose à la fois de donner de nouvelles libertés aux enseignants et de ruser avec les moyens.
Définissant le métier d'enseignant comme un métier d'intellectuel, de concepteur et de cadre responsable, il propose d'apporter des améliorations statutaires. D'abord en favorisant le travail collectif : les enseignants devraient recevoir des bureaux, disposer dans leur temps de service d'une heure hebdomadaire de concertation. Il suggère de créer de nouvelles responsabilités de coordinateur de discipline, de correspondant de formation, de chef de projet TICE, ou de responsable des relations avec les entreprises. Allant plus loin, il encourage le développement de nouvelles capacités : compétences disciplinaires supplémentaires par exemple, mais aussi possibilité pour les enseignants de quitter temporairement leur classe pour travailler dans le secteur privé ou public ou de cumuler des emplois.
Toutes ces modifications seraient coûteuses en emplois. Aussi suggère-t-il d'y suppléer en transformant les aides-éducateurs en véritables auxiliaires ou en annualisant le temps de travail de façon à dégager des postes. Le rapport se termine sur un appel à "modifier les représentations et les pratiques" des enseignants en explicitant "les finalités et les valeurs qui fondent leur contrat avec la nation". Mais toute modification de contrat implique assentiment des deux parties..
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/obin.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html : Pour lire les fichiers PDF

- ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL    [ Haut ]

Concours d'entrée PLP2
Une note de service, parue au B.O. n°17, fixe les conditions de déroulement du concours externe d'entrée en cycle préparatoire au concours externe de PLP2. La note fixe le calendrier des épreuves et les conditions d'inscription.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/perso.htm

Un numéro exceptionnel des Cahiers Pédagogiques
"Enseignante d'EPS, j'ai le privilège de pouvoir travailler aussi bien en LGT qu'en LP ou en collège. Cette chance, car c'en est une, devrait être donnée à tout le monde". Voilà des propos qu'on entend rarement au sujet de l'enseignement professionnel, souvent stigmatisé, et qui montrent l'intérêt, pour tous les enseignants, du numéro d'avril des Cahiers Pédagogiques. Celui-ci est entièrement consacré à l'enseignement professionnel. Coordonné par Elizabeth Thuriet, il s'articule en deux parties. La première présente un état des lieux de l'enseignement professionnel : histoire, identité et fonctionnement de la filière. Françoise Ropé, par exemple, comment s'institue une discrimination ethnique entre LP et CFA. Annette Gonnin-Bolo analyse les relations avec les entreprises. Aziz Jellab analyse le chemin des élèves de LP et leurs rapports avec le monde scolaire. La seconde partie donne la parole à des acteurs de terrain : PLP, chef de travaux, chef d'entreprise, documentaliste... On y trouvera le récit de nombreux projets pédagogiques, des exemples de mise en place de PPCP (projets comparables aux TPE), ou d'ECJS. Cela confirme que l'enseignement professionnel, qui doit faire face à un public rétif aux méthodes traditionnelles, est un lieu riche d'innovations et de compétences. Une table-ronde, réunissant enseignants et chercheurs, clôt ce beau numéro.
http://www.cahiers-pedagogiques.c om

Le CAP rénové
Nous l'avions annoncé : le décret sur le nouveau CAP est paru. Il ouvre le CAP à des publics différents, souvent brouillés avec l'école, en offrant des conditions de passage variées : préparation en un à trois ans sous statut scolaire, préparation en formation continue ou par validation des acquis. Celle-ci prévoit de 12 à 15 semaines de stage en entreprises et intègre maintenant des PPCP. Les projets de programmes d'enseignement général (Français, histoire-géographie, mathématiques, VSP, arts, ECJS) sont maintenant en ligne sur le site Eduscol et la consultation des enseignants commence.
http://www.metiers.gouv.fr/grands -dossiers/cap/sommaire.htm
http://www.eduscol.education.fr/D 0048/CAPprog.htm

Le bac pro questionne les profs
Le bac professionnel a des spécificités tout à fait exceptionnelles par rapport aux autres examens. Il se caractérise par la mise en place d'un contrôle en cours de formation (CCF) qui est tout a fait unique. Celui-ci est établi par une équipe pluridisciplinaire. Il inclue des périodes de formation en entreprises et, par suite, des professionnels participent à la notation. C'est dire que ce bac, tout comme récemment les TPE, ébranle quelques piliers du système éducatif. Il est donc particulièrement intéressant de voir comment réagissent les enseignants.
C'est ce que permet une enquête réalisée par la DPD. Elle montre d'abord une grande diversité dans les travaux d'évaluation d'un établissement l'autre et, par suite, des problèmes d'harmonisation des critères d'évaluation et d'égalité des candidats. L'enquête montre aussi que le travail en équipe pluridisciplinaire est "rarissime" et que les professionnels, quand leur présence n'est pas obligatoire, ne sont pas invités à l'évaluation des candidats.
Pourtant les enseignants trouvent que le CCF améliore le dialogue avec les élèves ainsi que la cohérence de la formation. Le CCF rencontre cependant des résistances : la plupart des enseignants interrogés sont hostiles à son extension.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0214.pdf

Créatif 2002
"Créatif 2002" a réuni le 3 avril à Toulouse la trentaine d'établissements professionnels ayant ouvert des classes PAC et participé au plan pour le développement des arts et de la culture.
http://www.crdp-toulouse.fr:8000/ artsculture/4_actu/creatif.htm

- LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES VUES DE L'ECOLE    [ Haut ]

La planète enseignante secouée par le séisme du 21 avril
Un choc brutal et humiliant, c'est ainsi que les enseignants ont ressenti le résultat de l'élection du 21 avril. La lecture des listes de discussion pédagogiques sur Internet en témoigne. Bruno : "Enseignant français à l'étranger, ma mission est de montrer la grandeur de notre pays... Quel discours vais-je bien pouvoir tenir demain ?". Un professeur d'histoire-géographie : "Si au prochain contrôle je demande le nom de la capitale de la France, tous me répondront : "Vichy, Rome ou Nuremberg". Pour ceux qui rentraient lundi, la journée a été dure. Souvent ils ont du faire face à l'inquiétude des élèves. Ainsi, Christelle : "Ce matin les enfants ne parlaient que des élections. Un petit gars marocain est venu me voir en me disant "madame c'est vrai que les étrangers vont tous devoir quitter la France si Le Pen passe ?". Alors nous avons entamé une grande discussion sur les étrangers... Ils avaient besoin de parler, de comprendre.. moi aussi ! Ca nous a fait du bien à tous !".
Le découragement passé, vient le temps de l'analyse. On se reproche les divisions de la gauche. On incrimine l'abstentionnisme des enseignants ou des élèves. L'auto-critique a aussi sa part. Pour Jean-Michel : "Le Pen m'effraie mais ce sont ceux qui disent qu'il n'y a pas de problèmes qui lui ouvrent la voie. Continuons à traiter de cons (les électeurs du F.N.). C'est ce manque de respect vis à vis de ceux qui n'ont pas les moyens d'échapper à leurs immeubles délabrés qui fait le lit de l'extrême-droite".
Les divisions demeurent aussi sur les solutions. Pour Bruce : "Que choisir (au second tour), la peste ou le choléra ?". Anne lui répond : "Pour le second tour, je ne laisserai pas aux autres le soin de m'assurer que Le Pen sera éliminé... Je me rattraperai aux législatives". C'est le sentiment général. Nombreux sont les enseignants qui appellent à manifester le 1er Mai.
Au-delà, il y a souvent le sentiment que le système éducatif n'a pas réussi l'éducation à la démocratie. Claudine appelle à "réaffirmer nos valeurs avec force. Il y avait beaucoup de choses qui nous paraissaient évidentes. Non les valeurs fondées sur les droits de l'Homme ne sont pas évidentes. Il faut les réaffirmer avec force". Hervé pense qu'il "va falloir faire de très gros efforts pour expliquer les institutions et le poids d'un vote". Catherine, elle, veut "faire vivre la démocratie participative dès l'école". C'est finalement "l'école du respect" qui se projette sur l'avenir.

Prise de conscience
C'est plus qu'une mobilisation. Suite aux résultats du 21 avril, un vaste mouvement de prise de conscience démocratique traverse les établissements. Les élèves comme les enseignants y participent. Les médias rendent compte des manifestations lycéennes. Internet peut faire connaître ce qui se passe dans les écoles isolées, dans les collèges apparemment sans histoire.
"Et bien moi j'en ai parlé. C'est tout à fait hors programme, mais Nadia avait tellement peur !" dit Marie, professeur de collège. Les angoisses et les réactions des élèves semblent plus intenses qu'au lendemain des élections. Ainsi, dans un autre collège, Sylvette relève que ses sixièmes ont attendu mardi pour se mobiliser pendant la récréation. "La peur, l'indignation étaient là. Les élèves ont semblé soulagés après un temps de parole". Dans le primaire, des professeurs n'hésitent pas à chambouler les horaires officiels pour y glisser des temps d'éducation civique ou réunir les élèves en conseil. La formation à la démocratie vaut la peine : "Dans la petite république qu'est la classe, la prise en compte de la personne et de sa parole, la solidarité et la justice, sont au plus haut niveau de l'échelle des valeurs" affirme Julie, professeur des écoles.

Les élections et l'école
Attitudes contrastées du côté des parents. La FCPE "sera présente partout le 1er mai aux côtés de tous les démocrates pour dire non à l'extrême droite" et appelle "chacun à affirmer cette volonté dans son vote le 5 mai". La PEEP met en cause les insuffisances de l'école : "le système éducatif s'est révélé incapable d'inculquer aux élèves un minimum de valeur républicaine... Si une partie des jeunes qui sont dans la rue avait mis un bulletin dans l'urne dimanche, peut-être n'auraient-ils pas besoin de manifester aujourd'hui". Ce lundi est prévu une manifestation lycéenne à Paris organisée par la FIDL. Jean-Luc Mélenchon appelle, dans Le Monde du 25, à voter pour Chirac au second tour : "Le pire est possible... Le vote d'extrême-droite doit être réduit au minimum par nos propres forces... Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l'essentiel parce que l'effort lui paraît indigne de soi ? Ne pas faire son devoir en raison de la nausée que nous donne le moyen d'action, c'est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l'inconvénient". La campagne électorale n'a pas interrompu les actes antisémites : mercredi soir un car de ramassage scolaire d'une école juive de Yerres (91) a été caillassée à Orly.
Certains enseignants n'ont pas hésité à faire campagne sur leur site. Signalons, par exemple, ce site d'école qui met en garde les parents sur le programme scolaire de Le Pen. Si, vous aussi, vous appelez sur votre site éducatif à faire barrage à l'extrême-droite le 5 mai, merci de nous communiquer son adresse.
http://www.fcpe.asso.fr/fractu1.h tml
http://www.peep.asso.fr/Flash02/f lash16.htm
http://www.lemonde.fr/info/articl e/0,5987,3232--273191-,00.html
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020426-030026105SOCI.html
http://gazayte.free.fr/FN_educati on.htm

Le Pen et les jeunes
Le groupe CSA-TMO publie une première analyse sociologique des résultats des élections du premier tour des présidentielles. Elle donne un résultat troublant. Même s'il ne recueille qu'une minorité des voix, Le Pen est, de loin, le candidat le plus populaire chez les 18-24 ans. Même si de multiples facteurs entrent en jeu, ce résultat, affligeant, ne peut qu'interroger les enseignants. Comment transmettre à tous les jeunes les valeurs démocratiques ?
http://www.csa-tmo.fr/fra/dataset /data2002/opi20020421b.htm

Les syndicats d'enseignants prennent position
Le SGEN CFDT appelle à "battre le plus largement possible le candidat de l'extrême-droite". La FSU appelle "à faire barrage à l'extrême-droite" et à un 1er Mai "d'unité du mouvement syndical et social pour la démocratie". Le Syndicat des enseignants UNSA invite les enseignants "à faire barrage à Le Pen par leur participation aux manifestations syndicales du 1er Mai, par leur bulletin de vote en faveur du candidat républicain" le 5 mai. Le SNALC "en appelle à la responsabilité des élèves et des professeurs pour maintenir la stricte neutralité de l'Ecole Publique".
http://www.sgen-cfdt.org/communiq ues/communiques.html#comm22042002
http://www.fsu-fp.org/actu/2002/0 4avril/020422cp.htm
http://www.syndicat-enseignants.o rg/
http://www.snalc.asso.fr/actualit es/messageinfo.tpl?sku=3228489405711713&s tartat=[startat]

Le Pen, les profs et les jeunes
Allègre et M. Vuaillat ont-ils tué Jospin ? Emmanuel Davidenkoff, dans un article de Libération du 25 avril, relève le faible score du PS chez les enseignants : 22% (contre 31% en 1995). Un désaveu qui trouverait son origine dans les luttes contre les réformes d'Allègre. C'est aussi l'avis de George Dupon-Lahitte, président de la FCPE, pour qui les manifestations contre Allègre ont entraîné "une banalisation dans la bouche d'éducateurs, du rejet de la politique, de discours extrêmes". De son côté, Le Monde montre la mobilisation des professeurs de lycée. Si tel prof de SES reste neutre devant ses élèves, tel autre "n'a pas d'état d'âme : je suis très respectueux de la réserve politique. Mais, à partir du moment où la République est en danger, c'est un devoir pour moi de rompre ce devoir de réserve".
Libération montre une jeunesse divisée : 31% des jeunes se sont abstenus,20% ont voté Le Pen. Pour Nonna Meyer, CEVIPOF, "il y a incontestablement uen fracture au sein de la jeunesse. D'un côté il y a les diplômés. De l'autre les exclus". Et pourtant la mobilisation de ces jeunes s'amplifie : 100.000 lundi, 90.000 mardi, ils sont 200.000 le 25 avril à manifester contre Le Pen. Et le programme de Le Pen, présenté par Libération le 25 avril, devrait les inciter à persister. Le Pen dénonce l'Education nationale "au service d'un projet totalitaire de manipulation psychologique et mentale des enfants". Il souhaite "dépolitiser les manuels et l'enseignement", réformer l'enseignement de l'histoire, rétablir l'examen d'entrée en sixième, abroger la carte scolaire et... interdire le rap et la techno.
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020425-000014127PRES.html
http://elections.lemonde.fr/presi dentielle/actu/aujourdhui/0,,908991,00.ht ml
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020425-000013126PRES.html
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020425-000007113PRES.html

Teach Democracy
Les profs d'anglais de la liste e-teach ont beaucoup discuté ce week-end pour décider de ce que l'on peut faire avec les élèves pour les inciter à voter. Les sites suivants offrent des fiches de travail, des publicités, des animations et des réflexions. (Information : C. Reymond)
http://www.discip.crdp.ac-caen.fr /anglais/documents/cottenceau/yes_no.swf
http://www.rockthevote.org/
http://www.atozteacherstuff.com/t hemes/election.shtml

- L'ANTISEMITISME EN FRANCE    [ Haut ]

Les enseignants contre l'antisémitisme
Dans un message adressé aux enseignants, Jack Lang rappelle que l'école de la République doit "enseigner, sans relâche, les principes d'égalité et de fraternité qui sont le socle de notre coexistence nationale". Il invite les enseignants à rappeler ces principes aux élèves et annonce qu'il encourage "toutes les démarches visant à maintenir, au sein de l'école, le climat de sérénité et de compréhension réciproque qui est l'esprit même de la laïcité républicaine".
http://www.education.gouv.fr/disc ours/2002/lettre.htm

Tolérance
"L'Histoire nous apprend qu'il ne faut jamais tolérer la banalisation des actes violents perpétrés contre un quelconque sous-groupe de la société" Ainsi s'exprime un enseignant, signataire de la pétition contre l'antisémitisme et pour la tolérance et la laïcité.
http://www.lapetition.org

- François Jarraud -

- LA RENTREE ET LES REFORMES    [ Haut ]

Les réformes annoncées seront-elles appliquées ? Le B.O. n°16 publie les circulaires de préparation de la rentrée 2002 pour les écoles comme pour le second degré. Cette rentrée sera marquée par les orientations prises par Jack Lang. Mais certaines décisions particulièrement importantes restent encore en suspens.

Primaire : Mettre en oeuvre les nouveaux programmes
A la rentrée 2002, les nouveaux programmes sont mis en oeuvre en première année d'école maternelle, G.S. d'école maternelle et en C.E. 2. L'enseignement des langues devient obligatoire en CE2. Le B2i le devient également dans les écoles disposant de matériel informatique. Les nouveaux programmes donnent la priorité à la maîtrise du français. Pour leur application, la circulaire invite à attribuer les crédits pédagogiques prioritairement aux bibliothèques scolaires, aux équipements scientifiques et informatiques.
Toutes ces mutations exigent une nouvelle gestion des enseignants. La circulaire invite à la mise en place d'une carte des langues. Elle utilisera des maîtres compétents en langues étrangères dont le poste sera crée par "profilage".
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Collège : La réforme avec les IDD
La circulaire confirme la mise en place des nouvelles grilles horaires en 6ème et 5ème et des itinéraires de découverte (IDD) en 5ème.
En sixième la dotation globale passe à 28 heures. Deux heures pourront être utilisées pour accompagner les élèves dans leur travail. L'emploi du temps prévoira également dix "heures de vie de classe" annuelles.
En cinquième, une nouvelle évaluation en maths et français aura lieu en début d'année. La dotation horaire passe à 26 heures. Le grand chantier est évidemment la mise en place des IDD qui bénéficient de deux heures hebdomadaires. La circulaire annonce la publication prochaine de nouveaux textes sur leur organisation. Mais d'ores et déjà une annexe fixe les principes guidant les IDD et les grandes lignes de leur organisation. Ainsi il est confirmé que les professeurs participant aux IDD doivent "dans la mesure du possible" être des volontaires et que les IDD doivent compter des temps de concertation entre enseignants comme des temps de travaux en classe entière ou en groupe. Dans le cadre de la rénovation des SEGPA, celles-ci sont invitées à organiser également des IDD.
Une autre réforme mérite d'être soulignée : la globalisation des moyens. A partir de la rentrée, la totalité des moyens affectés à un établissement est globalisée dans une même enveloppe gérée par le collège. Cela leur donnera plus de souplesse. Ainsi en 5ème une heure hebdomadaire n'est pas attribuée. L'établissement peut l'utiliser par exemple pour alléger l'enseignement de son choix. D'autres heures sont attribuées pour faire face à de scas particuliers : dispositifs pour élèves "décrocheurs", difficultés scolaires lourdes en sixième et cinquième.
Les dernières innovations concernent les sciences et la technologie et les TICE. Le B2i sera généralisé dès cette rentrée. Le collège devra à la fois valider le niveau 1 pour les élèves de sixième ne l'ayant pas obtenu à l'école et celui de niveau 2 en fin de collège. Pour cela le ministère rappelle que ces validations concernent les enseignants de toutes les disciplines. En sciences et technologie, des travaux en groupe allégés sont mis en place en sixième. Il s'agit d'encourager le développement de démarches expérimentales.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Lycée général : Les TPE toujours gelés
La circulaire le reconnaît : bien que facultatifs, les lycéens ont plébiscité les TPE en terminale : "un premier bilan statistique montre que les TPE ont suscité l'adhésion d'un fort pourcentage d'élèves de terminale se situant entre 35% et 55% selon les académies". Malgré cela, "les décisions concernant le statut des TPE à la rentrée 2002 n'interviendront qu'après le bilan de l'épreuve facultative". Ce nouvel ajournement renvoie l'arbitrage au prochain ministre et démontre malheureusement la fragilité et les limites de la réforme des lycées.
Curieusement, la circulaire annonce la suppression du dispositif d'évaluation nationale en seconde, tout en appelant les enseignants à continuer ces évaluations. Elle institue, à titre expérimental, un dispositif permettant aux élèves de seconde de bénéficier d'un "droit à l'erreur" et de modifier leur orientation en cours d'année.
Sur d'autres points, elle amplifie les efforts précédents. Elle insiste particulièrement sur l'aide individualisée qui sera dotée de moyens supplémentaires. Elle souligne la nécessité de former les élèves aux TICE en s'appuyant sur les capacités des réseaux d'établissement. Un B2i de niveau lycée est annoncé. Il précisera les compétences que les élèves doivent maîtriser dans le domaine des TICE. est en cours de préparation.
La rentrée 2002 verra de nouveaux programmes en terminale. En série S, la circulaire laisse une grande liberté aux établissements sur l'organisation de l'horaire de philosophie et rend obligatoire l'évaluation des capacités expérimentales en SVT.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Lycée technologique : TPE et ECJS en suspens
De nouveaux programmes entrent en application en EPS, arts, physique-chimie (STI). La dérogation accordée aux élèves issus de LP au bac STT de remplacer l'épreuve de LV2 par une épreuve de LV1 renforcée est prolongée d'un an.
Les TPE et l'ECJS sont en cours d'expérimentation en série STT. La circulaire ne précise pas s'ils seront généralisés à la rentrée prochaine. Le prochain ministre décidera. Curieusement, la circulaire annonce, dans les dispositions communes aux séries générales et technologiques, la mise en place d'un conseil d'enseignement de l'ECJS dans chaque lycée...
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Lycée professionnel : Redéployer l'offre
Adapter le L.P. à des publics différents, tel est l'objectif numéro un de la rentrée. Pour cela le ministre souhaite créer de nouvelles sections de bac pro, faciliter l'accès des bacheliers professionnels en BTS grâce à de nouveaux aménagements pédagogiques, ouvrir de nouveaux CAP (totalement rénovés), multiplier les troisièmes professionnelles et accueillir plus largement des sections d'apprentissage en L.P.
Sur le plan pédagogique, les PPCP bénéficieront d'une heure hebdomadaire de concertation des enseignants. Le dispositif national d'évaluation en seconde est supprimé mais, comme en lycée général, les enseignants sont invités à maintenir des évaluations de rentrée.
La circulaire invite les établissements à développer de nouveaux liens technologiques avec les entreprises de leur secteur.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/encart.htm

Roule le train des réformes
C'est presque un bilan que publie le ministère avec une étude sur "La mise en oeuvre des réformes dans les lycées et collèges". Premier enseignement : le train des réformes est bien parti. Ainsi, au lycée, les TPE sont un réel succès. Ils ont été introduits en première dans 90% des LEGT et l'expérience se déroule de façon satisfaisante dans 4 établissements sur 5. En terminale, où ils sont facultatifs, 35% des élèves de L et ES et 42% des lycéens de S y participent. L'aide individualisée est offerte dans 96% des lycées et 40% des élèves en bénéficient. Quant aux TICE, environ 2 enseignants sur 3 les utilisent au moins occasionnellement (mais 10% seulement dans les disciplines littéraires).
Mais ces chiffres occultent de gros écarts entre lycées. On peut dégager quatre types d'établissements. Dans environ la moitié, les TPE et les autres dispositifs innovants sont bien accueillis et implantés. Ce sont plutôt des lycées polyvalents de taille moyenne. Dans un lycée sur trois, l'implantation des TPE et de la réforme se fait lentement. Dans un dixième des établissement, les plus élitistes, offrant des CPGE, particulièrement en Ile-de-France, on observe une résistance sérieuse des enseignants et des proviseurs aux TPE, voire un refus. A l'opposé, un autre dixième est composé de petits établissements en difficulté, en région parisienne, accueillant un public difficile, qui semblent endormis et s'impliquent peu dans les TPE, les CVL, les modules, ou l'aide individualisée.
La situation en collège est un peu similaire. Ainsi, en sixième, c'est dans les établissements ayant les élèves les plus difficiles que les mesures d'accueil des élèves sont les plus faibles. Les itinéraires de découverte ont eu lieu dans 19% des collèges cette année. Ils sont prévus dans 82% des établissements l'an prochain. Mais ce sont les collèges accueillant un public favorisé ou au contraire des élèves "en retard", qui organisent le moins les IDD. Et ce sont ceux qui accueillent un public populaire mais pas "difficile" qui se lancent le plus hardiment dans ces projets.
On le voit, si le bilan est positif, les réformes sont un autre révélateur des inégalités entre établissements. Il ne faudrait pas qu'elles deviennent un outil supplémentaire de sélection.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0218.pdf

Les arts et la culture dans le second degré
Le plan de développement des arts et de la culture à l'école est-il appliqué dans le second degré ? Une étude ministérielle apporte un bilan contrasté. "Si dans un collège sur trois et dans un lycée sur six au moins un quart des élèves participent à ces activités, à l'inverse, dans un quart des collèges et dans la moitié des LP ou LEGT, moins de 10% des élèves y participent". En fait la mise en place des classes à PAC est plus rapide dans les établissements "difficiles". Elle est liée au développement d'autres dispositifs pédagogiques innovants. Elle évolue au rythme d'une évolution plus générale du métier d'enseignant. Et le B2i ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0213.pdf

- LE SYSTEME EDUCATIF    [ Haut ]

Indispensables aides-éducateurs
Deux études, réalisées par l'université Jean Monnet de Saint-Etienne et l'université de Toulouse Le Mirail, rendent compte des activités des aides -éducateurs. Elles font apparaître l'importance de leur rôle dans les établissements aussi bien pour le soutien scolaire que la gestion des BCD ou de salles informatique. Reconnus par les élèves, les aides-éducateurs sont proches d'eux et sont généralement compétents. Pour D. Glasman (Univ. Jean Monnet) "les aides éducateurs ont apporté une indéniable contribution - parfois de grande qualité tant sur le plan "technique" qu'en termes de "convivialité" au sein de l'établissement -, ils ont aussi joué un rôle de révélateurs critiques du fonctionnement" de ceux-ci". Au point que l'on ne voit pas comment les établissements pourraient maintenant se passer de leurs services.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/aedetudes.htm

Des droits pour les emplois-jeunes
Le ministère constate enfin que les emplois-jeunes, de par leur statut original, ont dans certains cas à la fois moins de droits que les fonctionnaires et que les salariés du privé. Une circulaire, parue au B.O. spécial du 25 avril, améliore les droits des emplois-jeunes en matière de protection sociale, de congés et de professionnalisation. Parmi ces avancées sociales : le paiement des trois jours de carence en cas de maladie et le maintien du salaire en cas d'accident du travail.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/special9/texte.htm

C.P.E. la RTT enfin !
L'accord sur la mise en oeuvre de l'ARTTT pour les C.P.E. et les conseillers d'orientation sera soumis au comité technique paritaire le 2 mai.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/arttcpecp.htm

Des directeurs d'un nouveau type
Le B.O. du 11 avril présente les nouvelles conditions de détachement dans le corps des personnels de direction d'établissement. La note de service précise qu'il s'agit d'ouvrir plus largement l'accès au corps des personnels de direction afin d'en varier les éléments : "l'élargissement du vivier.. permettra la prise en compte d'expériences et de compétences plus diversifiées". Sont concernés les enseignants et personnels d'administration, mais aussi les autres fonctionnaires d'Etat de catégorie A.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/15/perso.htm

L'innovation et l'institution
"L'innovation se trouve partout dans le système éducatif... Pourtant elle est insaisissable, mouvante et incertaine. Il est vrai qu'au-delà des discours elle a été rarement encouragée". C'est ainsi que le Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire présente sa tâche au début de son rapport annuel. Celui-ci présente l'expérience de 20 structures ou projets expérimentaux nouveaux reconnus en 2002, particulièrement dans les académies de Caen, Grenoble, Rennes et Versailles. Des structures que le Conseil veut rendre "prophètiques", visibles et utilisables par tous. Ce qui pose la question de leur évolution et de leur pérennisation avec une question forte : l'innovation peut-elle s'institutionnaliser ?
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/innovation/default.htm

A la découverte de l'innovation
EduScol met en ligne plus de 500 monographies d'actions innovantes recensées dans les académies. Ces études correspondent au troisième programme national d'innovation et couvrent les années 1999-2001. Elles s'organisent autour de six axes : l'aide de l'élève, les apprentissages, le développement d'une culture scientifique et technique, les langues, les comportements, l'apprentissage de la démocratie. On a là un vivier important d'expériences qui mériterait un outil de consultation plus commode d'autant que les liens vers certaines académies sont parfois brisés.
http://www.eduscol.education.fr/D 0092/acc_pni3.htm

Quels effectifs en 2002 et 2003 ?
Deux études ministérielles estiment l'évolution des effectifs d'élèves pour les deux prochaines rentrées. Dans le premier degré, la rentrée 2002 verra une légère baisse des effectifs en 2002 suivie d'une remontée sensible (+ 38500) en 2003. Dans le second degré, la baisse des effectifs va continuer en premier cycle (- 18.300 en 2002 et - 30.600 en 2003). Le second cycle professionnel continuera sa croissance du fait du prolongement des études après le BEP. Le second cycle générale et technologique verra ses effectifs augmenter.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0220.pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0221.pdf

L'école et les projets de ville
Pendant longtemps, on a "fait porter à la seule institution scolaire l'ensemble de la charge et de la responsabilité de l'éducation des enfants... L'école est bien le lieu de la transmission des savoirs.. Mais le lien avec tous ceux qui travaillent auprès des enfants en dehors de l'école doit être renforcé". Le rapport Leydier - Mouchard-Zay et Mourlet propose une nouvelle vision, plus globale, de l'éducation pour casser les spirales de l'échec dans les quartiers difficiles. Parmi les 38 propositions de ce rapport officiel, la volonté de mieux associer les parents au parcours scolaire de leurs enfants, par exemple en créant des lieux d'accueil des parents et des cours pour adultes dans les établissements; celle de considérer les établissements comme des pôles culturels de quartier, par exemple en ouvrant certains locaux hors temps scolaire; la volonté de créer de nouveaux espaces de vie pour les élèves et les professeurs dans les établissements de façon à ce qu'ils ne soient pas de simples lieux de passage. Le rapport cite des exemples : le dédoublement du collège L. Michel à Clichy, la maison des parents de Garges-les-Gonesse, l'opération "perdu de vie" à Vénissieux.
http://www.ville.gouv.fr/pdf/actu alite/gpe.pdf

Rapport Hébrard
Le ministère publie le rapport de Jean Hébrard sur "La mixité sociale à l'école et au collège". Un rapport dérangeant : il décrit avec précision comment les inégalités sociales s'insinuent dans l'école républicaine à travers les stratégies parentales ou les dispositifs "gris" mis en place par les établissements. Il termine en faisant 12 propositions, dont l'application des règles de sectorisation à l'école privée, le développement de l'enseignement spécialisé, accentuer l'identité des établissements de façon à passer d'une concurrence sociale à des spécialisations de formation.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/hebrard.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html

Une maison pour les langues
Jack Lang annonce la création d'une "maison des langues" qui est confiée au C.I.E.P. Située Bd. Saint-Germain à Paris, elle aura pour but d'informer le grand public sur les possibilités d'apprentissage des langues en France et d'organiser des animations sur les langues.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/maisonlangdp.htm

La Villa Média recrute
La Villa Média, résidence européenne du multimédia éducatif, est un lieu de création, de recherche et de formation sur les nouveaux arts d'apprendre et d'enseigner. Inaugurée il y a peu, elle est installée à Grenoble. Elle accueillera en 2002 une dizaine de résidents et lance dès maintenant une procédure de recrutement des résidents. Les candidats peuvent être de jeunes chercheurs, des enseignants, ou des éducateurs. Mais tous doivent travailler sur le développement de services ou de produits multimédia innovants pour l'éducation ou la formation. Si vous êtes intéressé à participer à cette nouvelle aventure culturelle, votre dossier de candidature doit parvenir avant le 15 mai.
Contact Villa Média : lavilla media@la-metro.org

Le label "Ecole de l'Internet"
Le label "école de l'Internet" va permettre la multiplication des formations supérieures à Internet. Le décret du 25 avril fixe les conditions d'attribution.
http://www.legifrance.gouv.fr/cit oyen/jorf_nor.ow?numjo=INDI0220116D

L'université française s'européanise
Jack Lang a annoncé le 5 avril une réforme d'ampleur de l'université. Elle concerne d'abord l'européanisation des formations. Les universités pourront traduire leurs cursus en crédits ECTS qui permettent d'établir aisément des comparaisons de formation entre université européennes. Mais, plus profondément, c'est l'architecture des diplômes universitaires qui est remaniée. En lieu et place du trio DEUG - Licence - Maîtrise, les principaux grades universitaires seront dorénavant la licence, le master et le doctorat. DEUG, DUT et maîtrises sont maintenus mais à l'intérieur de cursus réorganisés.
Seconde réforme importante : la reconnaissance de la pédagogie à l'université. Jusque là seule la recherche permettait d'y faire carrière. En première année, le ministre souhaite la mise en place "d'équipes de formation" qui coordonneront les enseignements et dont les membres bénéficieront de progression de carrière. L'enjeu est la démocratisation de l'université.
http://www.education.gouv.fr/disc ours/2002/changuniv.htm

Comment démocratiser l'Université ?
Jack Lang vient de prendre plusieurs décisions qui vont dans le sens d'une démocratisation de l'enseignement supérieur. Ce n'est pas sans lien avec la publication du rapport de Rolande Figuière-Lamouranne sur "l'ouverture sociale dans l'enseignement post-baccalauréat". Celui-ci révèle que si l'université a multiplié par 2,5 le nombre des étudiants depuis 1987,les enfants d'ouvriers ne représentent encore qu'un septième des effectifs étudiants (contre un tiers des 17-19 ans). Il décrit plusieurs dispositifs mis en place par les universités pour intégrer des jeunes venus d'établissements difficiles et fait plusieurs recommandations : améliorer la coordination des enseignements secondaire et supérieur, former les étudiants à la méthodologie universitaire et aider socialement les étudiants.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/lamouranne.pdf

Vers des discriminations positives en faveur des sciences ?
Guy Ourisson a remis au ministre son rapport sur la désaffection des étudiants pour les études scientifiques. Celle-ci varie selon les domaines mais frappe durement certains enseignements universitaires, comme la physique -chimie. Le rapport préconise une discrimination positive en faveur des filles et des jeunes venus de quartiers en ZEP dans l'attribution des bourses. Il appelle aussi à une refonte de l'enseignement des sciences en collège et lycée en s'inspirant pédagogiquement de l'exemple de La main à la pâte. Enfin G. Ourisson propose de regrouper en une seule discipline les 3 spécialités scientifiques indépendantes du collège.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/ourisson/default.htm

La lutte contre la drogue
Eduscol publie une brochure sur la lutte contre la drogue dans l'éducation nationale. Elle contient un court exposé du professeur Got sur les consommations de produits psycho-actifs, d'alcool et de tabac chez les jeunes ainsi qu'une présentation des dispositifs institutionnels de prévention.
http://www.eduscol.education.fr/D 0004/

La mission de M. Storti en Afghanistan
Le site ministériel publie le rapport de mission de Martine Storti (IG) en Afghanistan du 13 au 27 mars. Il témoigne de l'extraordinaire redémarrage de l'appareil éducatif afghan. Partout on se presse dans de rares écoles et les élèves s'y succèdent par tranches toutes les 3 heures devant des enseignants peu ou pas payés. Tel établissement prévu pour 200 élèves peut en accueillir 2000 ou 3000 ! L'enthousiasme dépasse largement les moyens disponibles. On manque de locaux, de mobilier, d'enseignants. Pourtant il faudrait peu de choses : le coût moyen d'une école de 12 classes est estimé à 30.000 ?. Martine Storti relève que "cette mission confirme s'il en était encore besoin la nécessité d'inclure l'éducation dans l'action d'urgence et d'inventer un dispositif d'action et surtout des procédures de financement qui permettent effectivement des interventions rapides. Ce n'est pas le cas dans le système expérimental mis actuellement en place sous forme de subventions à des associations présentes sur le terrain. La lenteur et la sophistication du traitement des dossiers par les services administratifs ordinairement jamais sollicités pour des actions d'urgence empêchent les effets concrets. Si des fonds avaient été réellement disponibles dès le mois de janvier et attribués dès cette période aux partenaires associatifs concernés, la plupart des établissements auraient été réhabilités pour la rentrée scolaire. Ce qui n'est hélas pas le cas !"
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/aghanistan/afgha2.htm

- LES ENSEIGNANTS    [ Haut ]

Bien payer les profs est un investissement rentable
Voilà un sujet qui revient régulièrement sur le tapis. La revue du Kiel Institute for World Economics publie une recherche effectuée par Ludger Wössmann et Martin R. West (Harvard) sur l'effet de la réduction du nombre d'élèves par classe sur les résultats des élèves dans 18 pays, incluant la France.
Elle montre de grandes inégalités entre pays : ainsi en Grèce et en Islande la réduction des effectifs par classe améliore le niveau des élèves, alors que le contraire se produit au Japon et à Singapour et qu'aucun effet ne peut être démontré dans 11 pays. Le cas français est particulier : on obtient de meilleurs résultats en maths avec de petits effectifs alors que c'est le contraire en sciences ! Comment expliquer ces différences d'un pays à l'autre ? Pour les chercheurs la clé est dans la formation des enseignants. Les pays où "l'effet classe" ne joue pas sont les pays où le salaire enseignant et le niveau universitaire des maîtres sont élevés. Inversement, la Grèce et l'Islande ont des enseignants payent et forment mal leurs enseignants. En conclusion, il vaut mieux augmenter les salaires des enseignants pour en avoir de meilleurs que diminuer les effectifs des classes.
http://www.uni-kiel.de/ifw/pub/ka p/2002/kap1099.htm

L'état doit faire confiance aux enseignants
Dans un entretien accordé à l'Agence Education Formation, Serge Pouts-Lajus, directeur de l'O.T.E., critique "la vieille politique basée sur l'impulsion d'un plan gouvernemental". Pour réussir l'introduction des TICE dans le système éducatif, l'Etat doit "faire davantage confiance aux enseignants". Une position que le Café partage..
http://bd.educnet.education.fr/ae f/html/aef-24754.htm

Une formation rénovée pour les enseignants ?
Le B.O. n°15 publie une circulaire fixant les modalités d'organisation de la deuxième année de formation dans les IUFM. Alors que la moitié des enseignants seront renouvelés dans les années à venir, elle définit quatre compétences essentielles pour les futurs maîtres : être un spécialiste des apprentissages, prendre en charge la dimension éducative du métier, connaître la diversité des réalités scolaires et connaître le statut de fonctionnaire. La formation met l'accent sur des stages : stage en responsabilité (9 semaines en primaire, service tout au long de l'année dans le second degré), stage de pratique accompagnée, stage en école pour les stagiaires du second degré et en collège pour les professeurs des écoles, enfin stage en entreprise dans le technique et le professionnel. Les enseignements dispensés comprennent tous l'apprentissage des TICE. Mais elle semble bien courte : ainsi, dans le primaire, 15 heures sont prévues pour la "maîtrise des outils de l'enseignant" : à la fois le corps, la voix et les outils technologiques.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/15/encart.htm

De nouveaux contenus en ligne pour les enseignants
Le ministère annonce le développement d'une étude sur "l'Espace numérique européen d'éducation". Enjeu : faire une offre cohérente de services et de contenus éducatifs pour les enseignants. L'étude sera menée auprès des IUFM et d'un panel d'établissements scolaires. D'ores et déjà le ministère annonce la prochaine libération de droits de cartes IGN, données INSEE et INSERM, etc.
http://www.educnet.education.fr/a ctu/infmin.htm

Les troisièmes concours au J.O.
Les textes réglementant les "troisièmes concours" pour l'accès aux corps d'enseignants (CAPES, CAPET et PLP) sont parus au J.O. du 31 mars. Ils permettent aux aides-éducateurs ayant 4 ans d'ancienneté et seulement bac +2 de devenir enseignants. 800 postes de P.E. et 800 de certifiés, PLP ou CPE sont prévus. Le B.O. du 25 avril présente l'organisation des concours de recrutement des CPE, certifiés, professeurs des écoles, PLP. http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/troisieme.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/perso.htm

Le rapport Caspar
Pierre Caspar a rédigé un rapport sur "la formation des formateurs en IUFM". Son travail vise aussi bien le moyen terme que le court terme. Dans l'immédiat, P.Caspar souhaite professionnaliser le groupe de formateurs par exemple en modifiant le recrutement et en facilitant l'accès aux formations de type DEA, ouvrir les IUFM à des formations nationales et internationales par exemple à travers des colloques, mieux intégrer les TIC par exemple en favorisant les recherches liées aux usages des TIC et modifier les dispositifs de pilotage et d'évaluation.
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/caspar.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html

Vous avez du courrier
Lancé par le ministère, "Flash Educ" arrive directement dans les boîtes aux lettres électroniques ouvertes dans le cadre de l'opération "@ mèl ouvert". Le premier numéro propose une vingtaine d'adresses de sites institutionnels et une présentation du service @ mèl ouvert.

Les agrégés déboutés
Le syndicat des agrégés de l'enseignement supérieur avait porté plainte contre l'affectation de certifiés dans l'enseignement supérieur. Le Conseil d'Etat vient de rejeter leur demande.
http://www.rajf.org/article.php3? id_article=652

- LES ELEVES    [ Haut ]

L'orientation est sexuée
"Dans le rapport à leur scolarité, les filles apparaissent souvent dans une position paradoxale. D'une part elles réussissent en moyenne mieux que les garçons... Mais d'autre part, au moment des grands choix d'orientation, elles s'engagent dans les filières les moins rentables professionnellement". Une étude de la DPD (ministère de l'éducation nationale) établit le caractère fortement sexué de l'orientation scolaire. Ainsi, dans l'enseignement professionnel, les filles limitent leurs choix à quatre filières. En série générale on les retrouve beaucoup plus en L et ES qu'en S. Et cela continue dans l'enseignement supérieur. Comment expliquer cette situation ? Si l'on en croit ce numéro des Notes d'information, sans doute cela tient-il d'abord aux choix parentaux. Mais c'est aussi le résultat des demandes des jeunes filles qui ont, plus souvent que les garçons, un projet professionnel arrêté. Le système scolaire observe ces inégalités. Faudra-t-il qu'il institue des discriminations positives ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0212.pdf

Les enfants précoces et l'échec scolaire
Le ministère s'inquiète de la place des "enfants précoces" dans le système éducatif français. Environ 200.000 élèves de 6 à 16 ans ont un QI qui dépasse 130. Selon un rapport officiel, les deux tiers de ces enfants rencontrent de sérieuses difficultés scolaires. Le ministre propose une série de mesures pour les aider : donner la possibilité de sauter une classe au collège, pratiquer une pédagogie différenciée, former les enseignants.
http://www.education.gouv.fr/pres se/2002/scolprecdp.htm

Election des CAVL
Une circulaire parue au B.O. du 4 avril, précise l'organisation des élections aux Conseils académiques de la vie lycéenne.
http://www.education.gouv.fr/bo/m entor/word//2002/bo14/r4.rtf

Suicide et mal-être des jeunes
Dans un rapport remis au ministre de la santé, évoqué dans Le Monde du 24 avril, le psychiatre Xavier Pommereau révèle que 7% des jeunes scolarisés (11-19 ans) ont fait une tentative de suicide. Le taux double chez les jeunes décrocheurs. X. Pommereau demande la création de postes d'infirmières à temps plein dans tous les établissements secondaires.
http://www.lemonde.fr/article/0,5 987,3226--272892-,00.html

La difficile intégration des jeunes en entreprise
On en parle pas. Mais, selon Le Monde du 25 avril, les vols, les violences se multiplient aussi en entreprise. Mis en cause : les jeunes des quartiers sensibles. Mais aussi la multiplication des situations de précarité. "Comment faire comprendre à un jeune que lui sera exclu à la fin de sa mission et pas son copain ?". Mais les entreprises redoutent aussi les abandons de poste.
http://www.lemonde.fr/article/0,5 987,3234--273038-,00.html

- PRIMAIRE    [ Haut ]

PRIMAIRE

Une nouvelle donne pour l'école ?
Le ministère publie le rapport Bottin sur l'évolution du métier d'enseignant. Le rapport dresse d'abord le portrait d'un métier difficile. Il évoque le bruit, le stress, la violence qui touche certaines écoles. Sur le plan pédagogique, il souligne l'isolement et les difficultés à mettre en place le travail en équipe (47% des écoles ont moins de 4 classes) ainsi que les limites de la polyvalence des maîtres. Dans les propositions, notons la création des "établissements primaire publics locaux d'enseignement". Calqués sur les EPLE du secondaire, les EPPLE faciliteraient le travail en réseau et ouvriraient de nouvelles responsabilités aux maîtres. Il lui paraît également nécessaire d'augmenter les moyens dont dispose l'école (dépense de 21.854 F par écolier contre 38.743 F par collégien) bien que "l'attribution de moyens supplémentaires n'apparaît pas actuellement corrélée aux progrès et à la réussite des élèves".
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/bottin.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html : Pour lire les fichiers PDF

Portrait des nouveaux professeurs des écoles
En 2000, 55.457 candidats se sont présentés aux concours de recrutement de professeurs des écoles. 13.427 (23,9%) ont été admis. 47.024 se sont présentés au concours externe et 10.075 y ont été admis. 23% ont un niveau de diplôme supérieur à la licence. 83% sont des femmes.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0219.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html : Pour lire les fichiers PDF

Rémunération et 21 heures
Le B.O. n°17 fait connaître lemontant des rémunérations pour travaux supplémentaires effectués par les enseignants des écoles à compter du 1er mars 2002 : 16,18 € l'heure d'enseignement pour un instituteur, 17,80 € pour un instituteur exerçant en collège, 18,19 € pour un professeur des écoles. La note fixe aussi le montant de l'étude surveillée (14,56, 16,01 et 16,37 €) et de l'heure de surveillance (9,71, 10,68 et 10,91 €). L'horaire hebdomadaire de service des instituteurs et professeurs des écoles enseignants en SEGPA ou dans l'enseignement adapté est porté à 21 heures à compter du 1er septembre 2002.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/trait.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/perso.htm

Les programmes
Les ouvrages " Qu'apprend-on à l'école maternelle ? " et " Qu'apprend-on à l'école élémentaire ?" présentant les nouveaux programmes sont disponbibles en téléchargement sur le site du CNDP.
http://www.cndp.fr/ecole/quappren d/accueil.htm

Les sciences à l'école
Pourquoi enseigner les sciences ? En effet, de Tchernobyl à la vache folle, les sciences font peur. Elles sont aussi combattues par la mode du paranormal. Le CNDP publie un compte-rendu du 3ème colloque sur les sciences à l'école qui s'est tenu à Antibes en février en présence de G. Charpak. C'était l'occasion de faire un premier bilan de La main à la pâte c'est à dire d'un enseignement fondé sur l'investigation libre. L'occasion aussi d'annoncer l'introduction de l'enseignement scientifique dès le cycle 1 et la diffusion prochaine (à la rentrée) de séquences d'activités reprenant les thèmes des nouveaux programmes.
http://www.cndp.fr/ecole/sciences /colloque/colloque.htm

- COLLEGE    [ Haut ]

Enquête sur l'orientation
La DESCO publie les résultats d'une enquête sur les décisions d'orientation au collège (6ème, 4ème et 3ème) et au lycée (2de). Elle permet de comparer les décisions aux voeux des parents et de saisir comment s'opère l'orientation selon les sexes. Première constatation : un fort écart entre les taux de redoublement décidés par les conseils de classe et les voeux des parents : ainsi en seconde 5% des familles demandent le redoublement alors que l'institution le décide dans 17% des cas. Autre écart significatif pour les passages : toujours en seconde 66% des familles demandent une première générale qui n'est accordée que dans 56% des cas. L'orientation reste encore nettement différenciée entre garçons et filles et l'école intervient peu pour modifier ces écarts. Une étude fort intéressante mais qui oublie les autres critères sociaux comme l'origine ou la catégorie socio-professionnelle.
http://www.eduscol.education.fr/D 0119/

- LE LYCEE    [ Haut ]

Le bac
Quelles nouveautés dans le baccalauréat 2002 ? Comment s'inscrire ? Quel coefficient pour telle discipline ? Autant de questions qui trouvent réponse sur la page consacrée au bac sur le site ministériel.
http://www.education.gouv.fr/sec/ baccalaureat/default.htm

Calendrier BTS
Le calendrier des épreuves du BTS est paru au B.O. du 18 avril.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/16/default.htm

Evaluation des lycées
Le ministère publie les indicateurs de performance des lycées : taux de réussite au bac, taux d'accès de seconde au bac et proportion de bacheliers selon les sortants. Un effort de transparence intéressant même s'il n'entraîne aucune action de soutien aux établissements en difficultés.
http://www.education.gouv.fr/ival /

Enseigner dans 10 ans
C'est le titre du rapport de Jean-Pierre Obin, publié sur le site ministériel. Le rapport est centré sur les difficultés de recrutement des enseignants : "Tout laisse à craindre qu'un manque d'attraction du métier se conjugue avec une désaffection croissante de ceux qui l'exercent et la volonté de le quitter dès qu'une occasion se présente". Cela implique de rendre le métier plus attrayant. Pour cela l'auteur propose à la fois de donner de nouvelles libertés aux enseignants et de ruser avec les moyens.
Définissant le métier d'enseignant comme un métier d'intellectuel, de concepteur et de cadre responsable, il propose d'apporter des améliorations statutaires. D'abord en favorisant le travail collectif : les enseignants devraient recevoir des bureaux, disposer dans leur temps de service d'une heure hebdomadaire de concertation. Il suggère de créer de nouvelles responsabilités de coordinateur de discipline, de correspondant de formation, de chef de projet TICE, ou de responsable des relations avec les entreprises. Allant plus loin, il encourage le développement de nouvelles capacités : compétences disciplinaires supplémentaires par exemple, mais aussi possibilité pour les enseignants de quitter temporairement leur classe pour travailler dans le secteur privé ou public ou de cumuler des emplois.
Toutes ces modifications seraient coûteuses en emplois. Aussi suggère-t-il d'y suppléer en transformant les aides-éducateurs en véritables auxiliaires ou en annualisant le temps de travail de façon à dégager des postes. Le rapport se termine sur un appel à "modifier les représentations et les pratiques" des enseignants en explicitant "les finalités et les valeurs qui fondent leur contrat avec la nation". Mais toute modification de contrat implique assentiment des deux parties..
http://www.education.gouv.fr/rapp ort/obin.pdf
http://www.adobe.fr/products/acro bat/readstep.html : Pour lire les fichiers PDF

- ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL    [ Haut ]

Concours d'entrée PLP2
Une note de service, parue au B.O. n°17, fixe les conditions de déroulement du concours externe d'entrée en cycle préparatoire au concours externe de PLP2. La note fixe le calendrier des épreuves et les conditions d'inscription.
http://www.education.gouv.fr/bo/2 002/17/perso.htm

Un numéro exceptionnel des Cahiers Pédagogiques
"Enseignante d'EPS, j'ai le privilège de pouvoir travailler aussi bien en LGT qu'en LP ou en collège. Cette chance, car c'en est une, devrait être donnée à tout le monde". Voilà des propos qu'on entend rarement au sujet de l'enseignement professionnel, souvent stigmatisé, et qui montrent l'intérêt, pour tous les enseignants, du numéro d'avril des Cahiers Pédagogiques. Celui-ci est entièrement consacré à l'enseignement professionnel. Coordonné par Elizabeth Thuriet, il s'articule en deux parties. La première présente un état des lieux de l'enseignement professionnel : histoire, identité et fonctionnement de la filière. Françoise Ropé, par exemple, comment s'institue une discrimination ethnique entre LP et CFA. Annette Gonnin-Bolo analyse les relations avec les entreprises. Aziz Jellab analyse le chemin des élèves de LP et leurs rapports avec le monde scolaire. La seconde partie donne la parole à des acteurs de terrain : PLP, chef de travaux, chef d'entreprise, documentaliste... On y trouvera le récit de nombreux projets pédagogiques, des exemples de mise en place de PPCP (projets comparables aux TPE), ou d'ECJS. Cela confirme que l'enseignement professionnel, qui doit faire face à un public rétif aux méthodes traditionnelles, est un lieu riche d'innovations et de compétences. Une table-ronde, réunissant enseignants et chercheurs, clôt ce beau numéro.
http://www.cahiers-pedagogiques.c om

Le CAP rénové
Nous l'avions annoncé : le décret sur le nouveau CAP est paru. Il ouvre le CAP à des publics différents, souvent brouillés avec l'école, en offrant des conditions de passage variées : préparation en un à trois ans sous statut scolaire, préparation en formation continue ou par validation des acquis. Celle-ci prévoit de 12 à 15 semaines de stage en entreprises et intègre maintenant des PPCP. Les projets de programmes d'enseignement général (Français, histoire-géographie, mathématiques, VSP, arts, ECJS) sont maintenant en ligne sur le site Eduscol et la consultation des enseignants commence.
http://www.metiers.gouv.fr/grands -dossiers/cap/sommaire.htm
http://www.eduscol.education.fr/D 0048/CAPprog.htm

Le bac pro questionne les profs
Le bac professionnel a des spécificités tout à fait exceptionnelles par rapport aux autres examens. Il se caractérise par la mise en place d'un contrôle en cours de formation (CCF) qui est tout a fait unique. Celui-ci est établi par une équipe pluridisciplinaire. Il inclue des périodes de formation en entreprises et, par suite, des professionnels participent à la notation. C'est dire que ce bac, tout comme récemment les TPE, ébranle quelques piliers du système éducatif. Il est donc particulièrement intéressant de voir comment réagissent les enseignants.
C'est ce que permet une enquête réalisée par la DPD. Elle montre d'abord une grande diversité dans les travaux d'évaluation d'un établissement l'autre et, par suite, des problèmes d'harmonisation des critères d'évaluation et d'égalité des candidats. L'enquête montre aussi que le travail en équipe pluridisciplinaire est "rarissime" et que les professionnels, quand leur présence n'est pas obligatoire, ne sont pas invités à l'évaluation des candidats.
Pourtant les enseignants trouvent que le CCF améliore le dialogue avec les élèves ainsi que la cohérence de la formation. Le CCF rencontre cependant des résistances : la plupart des enseignants interrogés sont hostiles à son extension.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dp d/ni0214.pdf

Créatif 2002
"Créatif 2002" a réuni le 3 avril à Toulouse la trentaine d'établissements professionnels ayant ouvert des classes PAC et participé au plan pour le développement des arts et de la culture.
http://www.crdp-toulouse.fr:8000/ artsculture/4_actu/creatif.htm

- LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES VUES DE L'ECOLE    [ Haut ]

La planète enseignante secouée par le séisme du 21 avril
Un choc brutal et humiliant, c'est ainsi que les enseignants ont ressenti le résultat de l'élection du 21 avril. La lecture des listes de discussion pédagogiques sur Internet en témoigne. Bruno : "Enseignant français à l'étranger, ma mission est de montrer la grandeur de notre pays... Quel discours vais-je bien pouvoir tenir demain ?". Un professeur d'histoire-géographie : "Si au prochain contrôle je demande le nom de la capitale de la France, tous me répondront : "Vichy, Rome ou Nuremberg". Pour ceux qui rentraient lundi, la journée a été dure. Souvent ils ont du faire face à l'inquiétude des élèves. Ainsi, Christelle : "Ce matin les enfants ne parlaient que des élections. Un petit gars marocain est venu me voir en me disant "madame c'est vrai que les étrangers vont tous devoir quitter la France si Le Pen passe ?". Alors nous avons entamé une grande discussion sur les étrangers... Ils avaient besoin de parler, de comprendre.. moi aussi ! Ca nous a fait du bien à tous !".
Le découragement passé, vient le temps de l'analyse. On se reproche les divisions de la gauche. On incrimine l'abstentionnisme des enseignants ou des élèves. L'auto-critique a aussi sa part. Pour Jean-Michel : "Le Pen m'effraie mais ce sont ceux qui disent qu'il n'y a pas de problèmes qui lui ouvrent la voie. Continuons à traiter de cons (les électeurs du F.N.). C'est ce manque de respect vis à vis de ceux qui n'ont pas les moyens d'échapper à leurs immeubles délabrés qui fait le lit de l'extrême-droite".
Les divisions demeurent aussi sur les solutions. Pour Bruce : "Que choisir (au second tour), la peste ou le choléra ?". Anne lui répond : "Pour le second tour, je ne laisserai pas aux autres le soin de m'assurer que Le Pen sera éliminé... Je me rattraperai aux législatives". C'est le sentiment général. Nombreux sont les enseignants qui appellent à manifester le 1er Mai.
Au-delà, il y a souvent le sentiment que le système éducatif n'a pas réussi l'éducation à la démocratie. Claudine appelle à "réaffirmer nos valeurs avec force. Il y avait beaucoup de choses qui nous paraissaient évidentes. Non les valeurs fondées sur les droits de l'Homme ne sont pas évidentes. Il faut les réaffirmer avec force". Hervé pense qu'il "va falloir faire de très gros efforts pour expliquer les institutions et le poids d'un vote". Catherine, elle, veut "faire vivre la démocratie participative dès l'école". C'est finalement "l'école du respect" qui se projette sur l'avenir.

Prise de conscience
C'est plus qu'une mobilisation. Suite aux résultats du 21 avril, un vaste mouvement de prise de conscience démocratique traverse les établissements. Les élèves comme les enseignants y participent. Les médias rendent compte des manifestations lycéennes. Internet peut faire connaître ce qui se passe dans les écoles isolées, dans les collèges apparemment sans histoire.
"Et bien moi j'en ai parlé. C'est tout à fait hors programme, mais Nadia avait tellement peur !" dit Marie, professeur de collège. Les angoisses et les réactions des élèves semblent plus intenses qu'au lendemain des élections. Ainsi, dans un autre collège, Sylvette relève que ses sixièmes ont attendu mardi pour se mobiliser pendant la récréation. "La peur, l'indignation étaient là. Les élèves ont semblé soulagés après un temps de parole". Dans le primaire, des professeurs n'hésitent pas à chambouler les horaires officiels pour y glisser des temps d'éducation civique ou réunir les élèves en conseil. La formation à la démocratie vaut la peine : "Dans la petite république qu'est la classe, la prise en compte de la personne et de sa parole, la solidarité et la justice, sont au plus haut niveau de l'échelle des valeurs" affirme Julie, professeur des écoles.

Les élections et l'école
Attitudes contrastées du côté des parents. La FCPE "sera présente partout le 1er mai aux côtés de tous les démocrates pour dire non à l'extrême droite" et appelle "chacun à affirmer cette volonté dans son vote le 5 mai". La PEEP met en cause les insuffisances de l'école : "le système éducatif s'est révélé incapable d'inculquer aux élèves un minimum de valeur républicaine... Si une partie des jeunes qui sont dans la rue avait mis un bulletin dans l'urne dimanche, peut-être n'auraient-ils pas besoin de manifester aujourd'hui". Ce lundi est prévu une manifestation lycéenne à Paris organisée par la FIDL. Jean-Luc Mélenchon appelle, dans Le Monde du 25, à voter pour Chirac au second tour : "Le pire est possible... Le vote d'extrême-droite doit être réduit au minimum par nos propres forces... Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l'essentiel parce que l'effort lui paraît indigne de soi ? Ne pas faire son devoir en raison de la nausée que nous donne le moyen d'action, c'est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l'inconvénient". La campagne électorale n'a pas interrompu les actes antisémites : mercredi soir un car de ramassage scolaire d'une école juive de Yerres (91) a été caillassée à Orly.
Certains enseignants n'ont pas hésité à faire campagne sur leur site. Signalons, par exemple, ce site d'école qui met en garde les parents sur le programme scolaire de Le Pen. Si, vous aussi, vous appelez sur votre site éducatif à faire barrage à l'extrême-droite le 5 mai, merci de nous communiquer son adresse.
http://www.fcpe.asso.fr/fractu1.h tml
http://www.peep.asso.fr/Flash02/f lash16.htm
http://www.lemonde.fr/info/articl e/0,5987,3232--273191-,00.html
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020426-030026105SOCI.html
http://gazayte.free.fr/FN_educati on.htm

Le Pen et les jeunes
Le groupe CSA-TMO publie une première analyse sociologique des résultats des élections du premier tour des présidentielles. Elle donne un résultat troublant. Même s'il ne recueille qu'une minorité des voix, Le Pen est, de loin, le candidat le plus populaire chez les 18-24 ans. Même si de multiples facteurs entrent en jeu, ce résultat, affligeant, ne peut qu'interroger les enseignants. Comment transmettre à tous les jeunes les valeurs démocratiques ?
http://www.csa-tmo.fr/fra/dataset /data2002/opi20020421b.htm

Les syndicats d'enseignants prennent position
Le SGEN CFDT appelle à "battre le plus largement possible le candidat de l'extrême-droite". La FSU appelle "à faire barrage à l'extrême-droite" et à un 1er Mai "d'unité du mouvement syndical et social pour la démocratie". Le Syndicat des enseignants UNSA invite les enseignants "à faire barrage à Le Pen par leur participation aux manifestations syndicales du 1er Mai, par leur bulletin de vote en faveur du candidat républicain" le 5 mai. Le SNALC "en appelle à la responsabilité des élèves et des professeurs pour maintenir la stricte neutralité de l'Ecole Publique".
http://www.sgen-cfdt.org/communiq ues/communiques.html#comm22042002
http://www.fsu-fp.org/actu/2002/0 4avril/020422cp.htm
http://www.syndicat-enseignants.o rg/
http://www.snalc.asso.fr/actualit es/messageinfo.tpl?sku=3228489405711713&s tartat=[startat]

Le Pen, les profs et les jeunes
Allègre et M. Vuaillat ont-ils tué Jospin ? Emmanuel Davidenkoff, dans un article de Libération du 25 avril, relève le faible score du PS chez les enseignants : 22% (contre 31% en 1995). Un désaveu qui trouverait son origine dans les luttes contre les réformes d'Allègre. C'est aussi l'avis de George Dupon-Lahitte, président de la FCPE, pour qui les manifestations contre Allègre ont entraîné "une banalisation dans la bouche d'éducateurs, du rejet de la politique, de discours extrêmes". De son côté, Le Monde montre la mobilisation des professeurs de lycée. Si tel prof de SES reste neutre devant ses élèves, tel autre "n'a pas d'état d'âme : je suis très respectueux de la réserve politique. Mais, à partir du moment où la République est en danger, c'est un devoir pour moi de rompre ce devoir de réserve".
Libération montre une jeunesse divisée : 31% des jeunes se sont abstenus,20% ont voté Le Pen. Pour Nonna Meyer, CEVIPOF, "il y a incontestablement uen fracture au sein de la jeunesse. D'un côté il y a les diplômés. De l'autre les exclus". Et pourtant la mobilisation de ces jeunes s'amplifie : 100.000 lundi, 90.000 mardi, ils sont 200.000 le 25 avril à manifester contre Le Pen. Et le programme de Le Pen, présenté par Libération le 25 avril, devrait les inciter à persister. Le Pen dénonce l'Education nationale "au service d'un projet totalitaire de manipulation psychologique et mentale des enfants". Il souhaite "dépolitiser les manuels et l'enseignement", réformer l'enseignement de l'histoire, rétablir l'examen d'entrée en sixième, abroger la carte scolaire et... interdire le rap et la techno.
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020425-000014127PRES.html
http://elections.lemonde.fr/presi dentielle/actu/aujourdhui/0,,908991,00.ht ml
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020425-000013126PRES.html
http://www.liberation.fr/quotidie n/semaine/020425-000007113PRES.html

Teach Democracy
Les profs d'anglais de la liste e-teach ont beaucoup discuté ce week-end pour décider de ce que l'on peut faire avec les élèves pour les inciter à voter. Les sites suivants offrent des fiches de travail, des publicités, des animations et des réflexions. (Information : C. Reymond)
http://www.discip.crdp.ac-caen.fr /anglais/documents/cottenceau/yes_no.swf
http://www.rockthevote.org/
http://www.atozteacherstuff.com/t hemes/election.shtml

- L'ANTISEMITISME EN FRANCE    [ Haut ]

Les enseignants contre l'antisémitisme
Dans un message adressé aux enseignants, Jack Lang rappelle que l'école de la République doit "enseigner, sans relâche, les principes d'égalité et de fraternité qui sont le socle de notre coexistence nationale". Il invite les enseignants à rappeler ces principes aux élèves et annonce qu'il encourage "toutes les démarches visant à maintenir, au sein de l'école, le climat de sérénité et de compréhension réciproque qui est l'esprit même de la laïcité républicaine".
http://www.education.gouv.fr/disc ours/2002/lettre.htm

Tolérance
"L'Histoire nous apprend qu'il ne faut jamais tolérer la banalisation des actes violents perpétrés contre un quelconque sous-groupe de la société" Ainsi s'exprime un enseignant, signataire de la pétition contre l'antisémitisme et pour la tolérance et la laïcité.
http://www.lapetition.org

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