Informations Professionnelles (Café N° 44)

Édition du 19-12-2003

- François Jarraud -

- A la Une : Les profs utilisent massivement les TIC en classe affirme une enquête ministérielle    [ Haut ]

Une enquête réalisée par le ministère auprès d'enseignants du primaire et du secondaire le confirme : les enseignants utilisent massivement les TIC. Ainsi 87% des maîtres du primaire, 90% des profs du secondaire utiliseraient les TIC pour leur profession en dehors de la classe. Surtout, l'enquête établit que 87% des instits et 61% des profs du secondaire utilisent les TIC dans leurs cours. Un chiffre très élevé par rapport aux estimations précédentes qui estimaient à 20% la proportion d'enseignants utilisateurs en classe. Mieux encore, 83% des enseignants du primaire et 45% de ceux du secondaire font manipuler les élèves. Dans le primaire la fréquence d'utilisation est particulièrement forte : la moitié des instits s'en servent en classe au moins une fois par semaine. Dans le secondaire, les jeunes enseignants seraient plus actifs en ce domaine que leurs aînés. Parmi les freins évoqués par les collègues pour la pénétration des TIC ne classe, le manque de formation est évoqué par deux collègues sur trois. Dans le secondaire, ce sont les problèmes pédagogiques qui font obstacle : les professeurs mentionnent l'incompatibilité des horaires et la difficulté de gestion des classes. C'est le cadre scolaire qui ralentit l'inévitable pénétration des TICE.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/noteeval/ne0304.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

- Le système scolaire    [ Haut ]

Quel avenir pour les sites académiques et associatifs ?
Deux tribunes des Dossiers de l'ingénierie éducative analysent la place, l'avenir et les rapports ambigus des sites académiques et des sites associatifs d'enseignants. Gérard Puimatto, directeur adjoint du CRDP d'Aix-Marseille, au regard des pratiques de validation utilisées sur ces sites, pose la question de l'avenir des sites académiques : " Le rôle des serveurs académiques pour les échanges professionnels, notamment dans le cadre des sites disciplinaires, nécessite des choix stratégiques clairs. L'objectif est soit de favoriser une appropriation des outils par les enseignants eux-mêmes - et il convient alors de laisser une large place à l'initiative de chaque professionnel qui souhaite contribuer sans l'entraver de contraintes superflues -, soit de disposer d'un outil permettant de relayer la prescription institutionnelle - et la validation retrouve toute sa légitimité... L'absence de choix clair dans ce domaine conduit à préférer d'autres lieux virtuels de mise en commun : associations de spécialistes, sites associatifs, voire ressources réparties dans des architectures de type pair à pair... Les serveurs académiques sont sans doute à la croisée des chemins : faute de devenir l'instrument de fédération professionnel d'une communauté, ils laisseront la place à d'autres solutions". Pour Caroline d'Atabekian, webmestre de Weblettres et rédactrice du Café, "en dépit de leur succès, les sites associatifs ne reposent pas sur un socle solide. En effet, s'ils ont derrière eux l'histoire des communautés virtuelles d'enseignants, leur essor tient bien souvent au dynamisme de quelques-uns qui, poussés par la nécessité commune, mettent leur temps et leur énergie au service de tous. Si certaines associations sont subventionnées, d'autres continuent de fonctionner sans le moindre financement, et, victimes de leur succès qui demande toujours plus de temps et impose des moyens techniques toujours plus importants, risquent à tout moment de perdre pied... Sans soutien de l'institution, ces associations, qui trouvent parfois quelques partenariats pour survivre, disparaîtront". Amen...
http://www.cndp.fr/tice/DossiersIE/

Luc Ferry contre la discrimination positive
"Pour les examens et les recrutements, il ne faut surtout pas de discrimination positive... Mais si la discrimination, c'est faire plus là où il y a moins, alors oui c'est bien et nous continuerons à le faire comme dans les ZEP par exemple". Des propos recueillis par l'AFP à Toulouse.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031208171710.msokhi1b.html

Réforme contestée pour le lycée français de Hong Kong
Selon l'AFP, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger projetterait de faire passer tous les postes d'enseignants du lycée de Hong Kong sous statut local. Actuellement 66 enseignants sont sous ce statut, 27 sont "résidents" et 13 "expatriés". Dans cette perspective, tous les professeurs seraient salariés sous contrat hongkongais par le lycée ce qui ferait passer la charge salariale de l'Etat aux familles et ferait perdre le statut de fonctionnaire à une partie des professeurs.
http://infos.aol.fr/info/ADepeche?id=226 082&cat_id=3

- Le débat sur l'école    [ Haut ]

Le collège en débat
"Chaque jour qui passe, les problèmes du collège et de l'école se trouvent posés en des termes de plus en plus radicaux . Nous allons nous trouver devant le choix d'une sortie par le bas, le retour au passé, ou par le haut, la recherche des voies d'avenir". Devant l'échec du collège, le "collectif du 4 juin 2003", regroupant les principaux mouvements pédagogiques français, organisait samedi 13 décembre un débat national sur "le collège unique outil de promotion collective". A travers une dizaine d'ateliers et deux conférences générales, chaque organisation s'est exprimée, pour demander une autre politique. Ainsi pour l'ICEM Freinet, " Une réforme du collège ne peut se concevoir sans une refonte complète du système éducatif français". Pour l'OZP, une association qui fédère des zones d'éducation prioritaires, "l'école seule ne peut résoudre tous les problèmes de la société, mais renoncer à en faire le lieu privilégié de la construction du lien social serait le signe d'un renoncement plus général. Réintroduire la sélection au collège, c'est prendre son parti de l'exclusion, c'est accentuer les fractures sociales". Pour l'OZP, la réussite de tous passe par des transformations importantes du collège et particulièrement du métier d'enseignant : "une définition large du métier d'enseignant incluant des missions d'éducation, de nouveaux rapports entre l'école et ses partenaires du milieu environnant, le choix d'une culture commune". Pour Jean-Michel Zakhartchouk (CRAP), la transformation du collège peut s'appuyer dans l'immédiat sur la généralisation de certains dispositifs comme les itinéraires de découverte, un outil d'un grand intérêt "pour les disciplines, pour la culture, pour l'indispensable mise au travail des élèves, pour la préparation à leurs tâches futures, professionnelles ou civiques". Or on sait que le ministre souhaite rendre les IDD facultatifs. Alors faut-il changer l'ensemble du système éducatif ou simplement soutenir les éléments innovants déjà présents dans le collège ? Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l'IUFM de Créteil, souligne que l'échec scolaire commence dès le primaire. Les évaluations nationales montrent que le collège atténue les écarts scolaires apparus au CE2. Au niveau du collège, "s'il y a bien une leçon à retenir des diverses tentatives de réformes proposées ces dernières années, c'est que toute réforme du collège ne peut se concevoir seule et doit nécessairement impliquer une articulation meilleure entre le lycée professionnel et le collège... Pour les élèves en difficulté, en phase de démotivation et de décrochage, ne vaut-il pas mieux les orienter dans la voie professionnelle dès la classe de 4e , plutôt que de les laisser, sans projet cohérent, dans des classes " généralistes " ?" Pour lui la solution passe par un corps unique d'enseignant bivalents exerçant du CM1 à la 4ème. C'est là remettre en question l'unanimité sur le collège "unique". Bruno Mattei, IUFM de Lille, va un peu plus loin en demandant une réflexion sur les valeurs de l'école. Veut-on "la réussite de tous" ou "l'égalité des chances" ? "Il serait de courte vue de penser qu'en renonçant au collège unique, en reprofilant les élèves hétérogènes dans des filières, ou des systèmes d'alternance plus conformes aux talents tellement " particuliers " ! des uns et des autres, on va retrouver la paix. Certes " l'élitisme républicain " et " l'égalité des chances " penseront s'en être sorti la tête haute. Sans voir qu'elles ne sont plus que jamais que le cache-misère de la ségrégation scolaire et sociale... N'est-il pas de la responsabilité collective d'une société de ne pas se contenter " d'avoir la paix ", mais au contraire de construire une paix dans une société qui chercherait résolument à créer selon l'expression de Pestallozi au 18ème siècle " des écoles créatrices d'humanité ", c'est-à-dire des écoles où l'on apprendrait à apprendre et à vivre non pas les uns à côté des autres et contre les autres, mais avec les autres par les autres et grâce aux autres". Comment conclure ces échanges ? Dans le court terme, le collectif recommande de "préparer la transformation des esprits et des pratiques dans l'ensemble des collèges.. en soutenant les IDD, comme banc d'essai pour la transdisciplinarité,... en incitant à la mise en place du tutorat,.. en proposant des lieux de réflexion pour la mise en commun de l'expérience". A moyen terme, le collectif envisage la " redéfinition du statut de l'enseignant, sur la base des nouvelles pratiques expérimentées et prenant notamment en compte : le travail en équipe, le temps de présence dans l'établissement hors cours (pour travail en équipe, tutorat, relations avec les parents etc.), le partage des responsabilités dans le projet d'établissement".
On trouvera sur le site du collectif les nombreuses participations au débat et les comptes-rendus des ateliers.
http://www.collegeunique.org

Le débat national mobilise-t-il ?
Le ministère annonce que 14.182 débats ont eu lieu depuis le 17 novembre, et que 212.813 visiteurs ont consulté les pages du site du débat depuis septembre. Pour Luc Bronner et Martine Laronche, dans Le Monde du 15 décembre, le débat "se déroule dans une relative indifférence". Si les enseignants y participent, la rencontre entre enseignants et parents n'a pas lieu. Le quotidien a enquêté en Ile-de-France et en Province et rend compte de réunions, très différentes d'un lieu à un autre, mais qui souvent n'aboutissent à aucune résolution.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-346033,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-346035,0.html

Le débat peut-il accoucher d'une révolution culturelle ?
" On comprend qu'un débat de cette ampleur suppose une dynamique de réflexion citoyenne, au-delà du cadrage gouvernemental, qui ne peut s'initier qu'à la base au sein des communautés éducatives, élargies à toutes les forces vives concernées par l'école, se développant progressivement au niveau local et régional pour conduire, si le souffle en est suffisant, à des états généraux de l'école qui contribueront à orienter la décision politique". André Giordan, Claire Heber-Suffrin, Georges Hervé, Bruno Mattei et Albert Jacquard, invitent tous les acteurs à participer au débat sur l'école. Mais c'est pour le situer sur un point imprévu dans les 22 thèmes du débat. "Si l'on veut vraiment être capable de répondre (aux défis de l'école), alors comment ne pas voir que les changements doivent porter non pas d'abord ou uniquement sur les moyens, l'organisation, la gestion ou la pédagogie, mais tout autant sur la transformation des mentalités qui génèrent des pratiques d'exclusion et des jugements invalidants et arbitraires sur les élèves, leurs potentiels et leur orientation." C'est à une révolution des mentalités qu'ils nous invitent. "Il s'agit de refonder l'école sur une "politique de civilisation" (Edgar Morin), et à travers elle, d'éveiller à un monde commun, désirable et sensé, sans lequel, nous le savons bien, de plus graves périls nous attendent encore".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=161976

Les 10 propositions du CRAP
Au moment où les établissements organisent leur participation au débat national, le CRAP diffuse 10 propositions susceptibles d'animer et d'orienter le débat. Le CRAP se prononce pour un véritable "collège pour tous". Il défend les pratiques interdisciplinaires de type IDD ou TPE et demande leur extension aux voies technologiques. Plus fondamentalement, il estime que "le lire, écrire et compter n'est plus suffisant face à la demande sociale mais aussi pour répondre aux besoins de culture de citoyens en devenir. Le partage des connaissances en disciplines scolaires... est artificiel et a contribué à créer des groupes de pressions qui ont œuvré à la juxtaposition et à l'accumulation de connaissances. Il conviendrait de raisonner en termes de culture" . Aussi il recommande un nouveau découpage disciplinaire : "une culture sémiologique : une grammaire des signes qui permette de lire et produire des textes sous toutes leurs formes, une culture scientifique et technique : conduisant à la maîtrise des systèmes de logique, de la démarche scientifique, une culture humaine et sociale : en termes de philosophie, d'histoire, d'économie, de droit, ou de politique afin de construire le citoyen, une culture du corps, des sens et de la santé : permettant à chacun de se connaître et de respecter autrui. Le CRAP souhaite le développement d'alternatives au redoublement par la mise en place de pédagogies différenciées.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/actu /propocrap.html

Le SE UNSA et la loi de 1989
"Il vaudrait mieux un amendement ou un toilettage de la loi de 89 qu'une remise en cause de ses grands principes". Selon une enquête menée par le syndicat, rapportée par l'AFP, 90% des enseignants trouvent que les grands principes de 1989, comme le droit à l'éducation garanti pour tous, doivent rester. Mais d'autres points, et particulièrement les éléments innovants de 1989, sont moins bien acceptés comme l'objectif de 80% au bac, soutenu par seulement 53% des profs, le projet d'école ou la mise ne place des cycles.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031203191144.mkqgsgwz.html

L'ICEM - Freinet refuse le débat
"On nous assure que cette grande concertation, élargie à toute la nation, va décider des orientations
de l'École pour les 15 ans à venir. Mais on sait déjà... que tout cela conduira à coup sûr à l'abrogation de la loi
de 1989, accusée d'être à la source de tant de maux".
C'est pour mieux défendre la loi d'orientation de 1989 que l'ICEM Freinet "ne peut cautionner.. ce qui s'annonce comme un ersatz de débat". L'ICEM appelle "à l'instauration d'une contre-culture" et défend une école "laïque et populaire, émancipatrice et coopérative".
http://www.icem-freinet.info

Le collège unique, projet démocratique pour F.Dubet
"Le vrai projet démocratique est de faire travailler ensemble des élèves qui sont différents. Dans une société où les inégalités se creusent, où les mômes sont perdus, où les problèmes d'identité culturelle sont de plus en plus forts, je dis qu'il est essentiel de souder une génération, jusqu'à l'âge de seize ans, autour d'une culture commune". Dans une tribune accordée à l'Humanité du 10 décembre, le sociologue souligne l'importance sociale du maintien d'un collège unique. " Le collège doit-il être une école primaire supérieure ou un petit lycée ? Dans le premier cas, on définit des connaissances que nul ne doit ignorer, quel que soit son avenir. C'est ce que fait l'école primaire. Qu'ils deviennent agriculteurs ou ingénieurs, tous les élèves y acquièrent les mêmes compétences de base. Dans le second cas, on vise l'excellence pour tous, avec un collège qui ne prépare, finalement, qu'aux formations générales... Et qui laisse de côté les 30 % d'élèves qui n'arrivent pas à suivre. C'est ce qui se passe aujourd'hui".
http://www.humanite.fr/journal/2003-12-1 0/2003-12-10-384230

- Le débat sur le voile    [ Haut ]

Contestation de la loi sur le voile
Selon un sondage du Parisien, annoncé par l'AFP, 69% des Français seraient favorables à une loi interdisant les signes religieux ostensibles à l'école et 58% à l'instauration de jours fériés juif et musulman. Pourtant l'hostilité à la loi se renforce. Ainsi la FCPE, Education & Devenir, la FERC CGT, la FSU, la Ligue des Droits de l'homme, la Ligue de l'enseignement, le MRAP, le SGEN CFDT et l'UNL demandent, dans une lettre ouverte, au président de la République de ne pas proposer une loi. Ces organismes rappellent leur attachement à la laïcité, mais " refusant toute stigmatisation d'une partie de la population, restent attachés à l'équilibre défini par la loi de 1905 conciliant la liberté individuelle d'expression d'une conviction et le nécessaire respect par tous des libertés fondamentales et des personnes, principes qui doivent s'appliquer à tous et partout dans la République". Dans Le Monde du 16 décembre, Janine Mossuz-Lavau, CNRS, estime que "si l'on exclut demain les filles voilées, et notamment celles qui sont contraintes de l'être et qui seront doublement victimes, de leur famille et de la loi, on perd toute chance de faire progresser la situation des femmes dans une partie importante de notre société, et qui est celle qui en a sans doute le plus besoin".
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031216200512.kpcplexz.html
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id= 327
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3232,36-346168,0.html

La Commission Stasi favorable à une loi sur le voile
Ce n'est pas vraiment une surprise. La Commission sur la laïcité dirigée par B. Stasi s'est finalement prononcée pour un loi sur la laïcité afin "de rappeler les obligations qui s'imposent aux administrations, de supprimer les pratiques publiques discriminantes et d'adopter des règles fortes et claires". A l'école, la Commission souhaite voir interdits les signes religieux ostensibles : " Dans le respect de la liberté de conscience et du caractère propre des établissements privés sous contrat, sont interdits dans les écoles, collèges et lycées, les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse ou politique. Toute sanction est proportionnée et prise après que l'élève a été invité à se conformer à ses obligations" ; cette disposition serait inséparable de l'exposé des motifs suivant : "Les tenues et signes religieux interdits sont les signes ostensibles, tels que grande croix, voile ou kippa. Ne sont pas regardés comme des signes manifestant une appartenance religieuse les signes discrets que sont par exemple médailles, petites croix, étoiles de David, mains de Fatimah, ou petits Coran". Par contre les fêtes de l'Aïd-El-Kebir et du Kippour deviendraient des jours fériés dans les écoles. La commission demande également la suppression des enseignements des langues et cultures d'origine (ELCO). " Unique pays européen à ne pas dispenser un enseignement spécifique des religions, la France est aujourd'hui la seule à pousser la logique de séparation jusqu'à envisager une législation sur le port de signes religieux". Dans Le Monde du 11 décembre, H. Tincq rappelle que la conception française de la laïcité est exceptionnelle et présente la situation des relations entre Etat et religions dans les autres pays d'Europe.
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=164597
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345570,0.html
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/b rp/notices/034000725.shtml

Le MRAP contre la loi sur le voile
" Faire une loi qui interdirait à ces enfants de s'émanciper grâce à Voltaire, Rousseau et Montesquieu, c'est les aliéner de façon définitive". Interrogé par L'Humanité, Moulous Aounit, secrétaire général du MRAP, estime la loi sur le voile "inutile". "Les filles qui sont contraintes sont des victimes. La loi va donc victimiser des victimes en les excluant, alors que l'école pourrait et devrait les protéger. La loi fera céder à la facilité. Il n'y a eu que quatre cas d'exclusion parce qu'existait l'effort de dialogue. Mais demain, j'ai peur qu'on choisisse l'application à la lettre d'un texte, parce que c'est plus simple que de dialoguer. Les conséquences en seront terribles".
http://www.humanite.presse.fr/journal/20 03-12-11/2003-12-11-384292

L'école sanctuaire défendue par H. Pena-Ruiz
Dans L'Humanité du 11 décembre, le philosophe H. Pena-Ruiz approuve la loi sur le voile." Au nom de l'ouverture de l'école sur la vie, on a laissé entrer en son sein des groupes de pression politico-religieux et même d'intérêts commerciaux. Depuis 1905, avec les diverses jurisprudences, la France a desserré les exigences laïques. À partir du moment où l'école devient un champ clos d'affrontement, où l'on y importe les conflits de la société civile, elle ne peut plus remplir sa mission d'émancipation. Nous devons à présent édicter des règles, car celles-ci ont été perdues de vue ou brouillées... L'école était le dernier rempart où s'enseignait l'idée que les hommes ont énormément de choses en commun. L'interdit est quelquefois complètement libérateur. Pour moi, bannir les signes religieux à l'école prend la même signification que l'interdiction des licenciements abusifs dans les entreprises ou du travail des enfants".
http://www.humanite.presse.fr/journal/20 03-12-11/2003-12-11-384297

Paul Ricoeur et le foulard
Les philosophes Paul Ricoeur et Monique Canto-Sperber éclairent à leur tour le débat sur le voile dans Le Monde du 10 décembre. "La laïcité, c'est l'engagement de garantir à chacun la possibilité de s'émanciper de ses appartenances et de ses origines. L'école peut conduire l'enfant à un tel affranchissement, non l'exiger de lui au départ. L'école... n'a pas pour fonction de refléter la société, mais d'affirmer ses propres normes. Mais ces valeurs qui la distinguent du monde extérieur, elle doit les mettre en œuvre par son mode de fonctionnement, non par des conditions d'entrée. L'école donne l'expérience concrète des valeurs du dialogue et de la connaissance, libres de toute autorité religieuse. C'est une telle expérience qui forme les esprits à la laïcité, plus efficacement qu'une obligation préalable souscrite sans adhésion aucune". Avec un brin d'ironie, les philosophes démontent les peurs liées au foulard et démontrent l'impossibilité de son application. Pour eux, le maintien à l'école, même en portant le voile, est la condition de la liberté des filles. "Dans l'enceinte scolaire, le principe de la non-discrimination entre fille et garçon est fondateur. Le foulard y porte directement atteinte. Peut-on déduire de ce constat qu'il faut l'en bannir ainsi que les filles qui le portent ? L'école n'est-elle pas le lieu où ces jeunes filles pourront faire l'expérience de l'égalité entre filles et garçons ? Le foulard les stigmatise comme femmes, mais les professeurs et les autres élèves les traitent comme égales. Ce seul rappel suffit à convaincre qu'il est d'autant plus nécessaire qu'elles suivent le même enseignement que les autres enfants de leur âge. Car le sens le plus profond de l'exigence d'égalité à l'école est bien là : permettre aux jeunes filles voilées d'accéder à cette forme de vie où elles sont traitées pareillement aux garçons. Les exclure, c'est ... décider délibérément de ne pas les traiter comme les autres".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345441,0.html

Foulard : une réalité voilée ?
Combien de voiles islamiques dans les écoles ? Le Monde du 10 décembre confronte les chiffres existants et tente d'expliquer les incohérences. Car, les chiffres officiels sont très bas : 1256 jeunes filles voilées, 20 cas difficiles, 4 exclusions pour N. Sarkozy. Mais le recteur de Strasbourg a recensé près de 400 cas de port du voile dans sa propres académie. Pour P. Guittet, secrétaire général du syndicat des chefs d'établissement, le communautarisme a fait un "saut qualitatif" au moins aussi grave que le saut quantitatif. Le quotidien fait le point sur les positions des syndicats d'enseignants. Si la CFDT est hostile à une loi, le SNPDEN UNSA et le SNALC y sont favorables. F.O. a une autre solution : le syndicat demande l'abrogation de l'article reconnaissant la liberté d'expression des élèves.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345420,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345422,0.html

La Ligue et la FCPE refusent la loi sur le voile au nom de la République
"Nous portons et défendons l'héritage des femmes et des hommes qui, par leur combat, ont contribué à faire de la France une République laïque". C'est au nom de ces valeurs que José Fouque, président d'Education & Devenir, un mouvement pédagogique, Jean-Michel Ducomte, président de la Ligue de l'enseignement et Georges Dupon-Lahitte, pour la FCPE, confirment leur refus d'une loi sur le voile. Pour eux, "le problème qui est posé à l'Ecole par les jeunes filles portant un foulard ne saurait se résoudre par une loi. Non seulement toute loi serait impossible d'application, elle conduirait encore à aborder l'un des défis majeurs de notre société par le petit bout de la lorgnette. Par ailleurs, que pensez d'une loi qui punirait les victimes ?". Les associations laïques craignent que la loi, et les exclusions qui suivront, aggravent le repli communautaire. "Ces jeunes filles trouveront vite, autorisées par la loi, les institutions religieuses fondamentalistes dont elles sortiront amputées de leur féminité, privées de l'appareil critique indispensable à la conquête de leur autonomie, renforcées dans un repli identitaire dont le rapport essentiel à l'islam reste à prouver... Le meilleur moyen d'amener ces jeunes filles à refuser cette coutume, symbole d'un effacement social de la féminité, reste l'action éducative et pédagogique". Mais elle doit être soutenue par une politique de lutte contre la ghettoïsation et le racisme. Les trois présidents appellent également l'Ecole à prendre espoir en ses valeurs et sa capacité à intégrer : "pour que l'Ecole participe à l'intégration de tous les citoyens dans une culture commune laïque respectueuse des convictions de chacun, les enseignants doivent être convaincus de l'importance de leur rôle comme transmetteurs des valeurs fondatrices de la laïcité. La formation des personnels de l'éducation est la condition pour affronter ces turbulences sociétales avec détermination et sérénité... Quand l'Ecole accueille, sans gommer les différences, les enfants de la République et leur apporte les outils de la réflexion critique, elle ne met pas la laïcité en danger. Espace pour un véritable dialogue social inspiré par la raison, elle montre sa force et l'exemple d'une laïcité en acte, libératrice".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=163314

Les églises contre une loi sur le voile
" Toute loi qui serait sentie comme discriminante par un certain nombre de Français risquerait d'avoir à court terme des conséquences plus néfastes que les bienfaits escomptés". D'après Le Monde du 9 décembre, les églises catholique, protestante et orthodoxe françaises envoient une lettre commune au président de la République. Elles estiment que " refuser l'exclusion au profit de la médiation et du dialogue, récuser les amalgames assimilant tout port d'un signe religieux à un trouble de l'ordre public, redire ce qui fonde la laïcité, en faire une règle du vivre ensemble et non un principe de négation du religieux, voilà qui mérite temps et pédagogie, voilà qui prépare l'avenir avec réalisme".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345089,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345090,0.html

La J.P.A. contre une loi sur le voile
"Une loi qui interdirait le port du voile à l'École n'est pas nécessaire. La loi de 1905 relative à la séparation des Églises et de l'État et tous les autres décrets et circulaires qui régissent le fonctionnement de nos établissements scolaires sont suffisants. Malgré tout, il n'est pas simple de définir le caractère ostentatoire d'un signe, c'est pourquoi il ne faut pas laisser les personnels éducatifs seuls face à la résolution des problèmes. Les décisions doivent se prendre au niveau académique ou rectoral, hors de la pression locale. L'exclusion ne peut être que l'ultime recours, quand la phase de dialogue a été épuisée". Après la Ligue de l'enseignement et la FCPE, La Jeunesse au plein air, sous la plume de son secrétaire général Jacques Henrard, intervient dans le débat sur le voile. Pour la J.P.A., "Pour que le principe de laïcité puisse être intégré par tous, son application demande de la souplesse. Le but est d'amener tous les enfants et les jeunes à bénéficier de l'École publique et laïque. Renvoyer toutes ces jeunes filles sous la tutelle de leurs pères, de leurs frères ou de religieux fanatiques constituerait un échec pour la société. Le principe de laïcité ne signifie pas rejet, mais intégration et respect des convictions de chacun". La J.P.A. prône le dialogue.
http://www.jpa.asso.fr

Pour ou contre la loi sur le voile ?
Le 5 décembre, la Mission Debré d'information sur la question du port des signes religieux à l'école a publié son rapport. Elle se prononce pour un loi, tout comme, selon un sondage CSA, 57% des Français. Cela alimente le débat. Dans Le Monde du 5 décembre, Louis Favoreu ((Aix Marseille III) plaide pour la loi : " seule une loi peut opérer une conciliation entre deux principes constitutionnels dont les exigences sont contradictoires : le principe de laïcité, d'une part, affirmé à l'article premier de la Constitution et par le préambule de la Constitution de 1946, et la liberté de religion, d'autre part, consacrée par les textes constitutionnels de 1789, 1946 et 1958".. Le quotidien donne aussi la parole à Roger Errera (Conseil d'Etat) pour qui " Une telle loi serait un acte de discrimination et une atteinte à la liberté religieuse de tous. Elle serait inutile et nuisible". Pour lui, une loi "contredirait la politique officielle d'intégration et s'ajouterait aux autres discriminations dont ces populations sont l'objet. Elle ne ferait que susciter et renforcer le communautarisme que le gouvernement, à juste titre, rejette". Mais R. Errera en dénonce surtout les aspects liberticides : " il s'agit de restreindre deux libertés publiques, la liberté d'expression et la liberté religieuse" ce qui pourrait être en contradiction avec la Convention européenne des droits de l'homme. Pour lui d'autres moyens doivent être utilisés pour lutter contre le communautarisme.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3232,36-344805,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3232,36-344806,0.html
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dos siers/laicite.asp

La loi sur le voile sous le feu des critiques
"Dans les lycées on a des élèves majeurs, donc qui votent. Ca va être compliqué de leur interdire d'exprimer sous quelque forme que ce soit leur opinion". Le Monde du 12 décembre met l'accent sur la dimension liberticide de la loi annoncée sur le voile. Elle prétend également interdire tout signe politique, ce qui devrait augmenter les rangs des mécontents. C'est cette dimension que soulève également Pierre Birnbaum, sociologue, Paris I, à propos des signes religieux : "lorsqu'on a voté la Déclaration des droits de l'homme qui édicte que nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public, il y a eu un grand débat. Certains ne voulaient pas de la seconde partie de la phrase. On souhaitait à la fois affirmer le principe de la liberté d'opinion et en même temps fixer une limitation. A l'époque, comme aujourd'hui, la question était : qui constate le trouble, et comment l'évaluer ? Et c'est cette question qui permet, au fond, tous les errements. On peut porter atteinte très facilement aux principes en donnant un sens trop large au trouble". Un danger que signale également, dans Le Monde, Emile Poulat, EHESS, : " La notion d'ordre public est beaucoup plus pertinente que celle de signes ostentatoires. A partir du moment où vous déplacez ce qui relève de l'ordre public, c'est-à-dire des fonctions régaliennes de l'Etat, vers les problèmes de signes religieux, vous vous engagez dans une nouvelle guerre de religions. Nous vivons dans une société qui ne sait pas gérer ses conflits, mais les envenime". Libération rend compte des jugements négatifs portés par la presse européenne sur cette affaire française. Ainsi, le Berliner Zeitung voit dans cette interdiction du voile "le symptôme de l'échec de l'intégration (des musulmans) conduisant les exclus directement dans les bras des écoles confessionnelles".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=164995
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3224,36-345686,0.html
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=164844

Le débat sur le voile
Les critiques continuent à pleuvoir sur le projet de loi sur le voile. Dans Libération, Jean Bauberot (EPHE) met en doute l'efficacité laïque d'une interdiction du voile. "Qu'en est-il de l'unité de la République quand celle-ci se prépare à interdire le foulard à l'école publique et à financer les futures écoles privées sous contrat, qui vont se créer précisément pour recevoir les jeunes filles à foulard ? Ne vaut-il pas mieux tolérer un port discret du foulard dans l'école de tous (en se donnant les moyens de faire respecter les limites énoncées par le Conseil d'Etat) plutôt que se préparer à financer leur port ostensible dans des écoles particulières ?" Quant à la FCPE, elle renouvelle son opposition : "Tout en affirmant la nécessité d'éduquer aux principes laïques, (le rapport Stasi) envisage d'exclure ceux-là mêmes qui devraient bénéficier de cette éducation et en somme de sanctionner les victimes... Ainsi, il renvoie celles et ceux qui souhaiteraient exprimer leurs convictions sans volonté de prosélytisme vers des écoles privées confessionnelles qui constitueraient alors le seul espace de liberté. C'est dénier à l'école publique son rôle éducatif, l'obligation qu'elle a d'accueillir tous les jeunes sans distinction... La proposition d'une loi interdisant également les signes d'engagement politique, philosophique ou pour une cause particulière porte en germe une restriction des droits des lycéens, droits inscrits dans la loi d'orientation pour l'éducation et qu'il faut préserver... Si le rapport pose clairement la question sociale, en revanche une loi interdisant les signes "ostensibles" dans la seule école publique ne règle en rien les défis et les enjeux de l'intégration et du respect des populations issues de l'immigration dans une société laïque permettant à tous de vivre ensemble".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=165132
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id= 325

- Vie professionnelle    [ Haut ]

Semaine de grève au CNDP
Depuis décembre 2002, l'intersyndicale du CNDP s'oppose au projet de délocalisation à Chasseneuil-du-Poitou. L'anniversaire pourrait être célébré par une grève des personnels CNDP à l'issue d'une assemblée générale convoquée mardi. Pour l'intersyndicale, la délocalisation s'apparente à un démantèlement.
http://www.nodeloc.net

Eduquer contre la haine
Tout est parti de l'air du temps et du message d'une mère de famille adressé au Café : " Face à des propos de moqueries, d'intolérance et de racisme échangés dans la cour de l'école primaire et maternelle, il nous semble urgent à nous parents d'ouvrir les yeux à nos chérubins. Nous recherchons des idées pour aborder ces sujets sous une forme simple voire ludique dans le but de présenter nos "recherches" aux instits et pouvoir travailler ensemble". Le développement du racisme, de l'antisémitisme, du machisme, nous l'avons tous constaté dans nos établissements. Certains ont su mettre en place des dispositifs éducatifs pour y faire face. D'autres cherchent encore. Le Café pédagogique ouvre un forum pour échanger sur nos pratiques d'éducation contre la haine. Faites connaître vos expériences et aidez-nous à défendre les valeurs démocratiques à l'école.
http://www.cafepedagogique.net/forums/lu tte/
http://www.media-awareness.ca/francais/e njeux/haine_sur_internet/index.cfm
http://www.cp.asso.fr/querbes/eedpr/inde x.htm

27 Janvier : Journée de la mémoire de l'holocauste
" Cette journée de la mémoire devra faire prendre conscience que le mal absolu existe et que le relativisme n'est pas compatible avec les valeurs de la République". Alors que l'antisémitisme fleurit dans les cours de récréation, c'est le 27 janvier que sera commémorée la Journée européenne de la mémoire de l'Holocauste. A cette occasion, le Café pédagogique mettra en ligne des ressources pédagogiques. Nous souhaitons faire connaître vos projets pour cette journée. Merci de nous les communiquer.
Contact : redaction@cafepedagogique.net
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/46/ MENE0302682N.htm

- Vie scolaire    [ Haut ]

Modification des conseils de discipline
Le Conseil supérieur de l'éducation, réuni le 16 décembre, a adopté (par 18 voix pour, 7 contre, 1 abstention et 8 refus de vote) la modification de la composition des conseils de discipline. La nouvelle composition renforce le poids des enseignants avec l'entrée au conseil de l'adjoint du chef d'établissement et de deux enseignants supplémentaires. Pour le ministre il s'agit de"rétablir la place des enseignants.. afin de réaffirmer et conforter leur autorité". La FCPE s'était élevée contre cette mesure accusée d'introduire "une logique suicidaire d'affrontement".
http://www.cafepedagogique.net/disci/arc hives.php3?numero=40&discipline=parents

L'Ecole luttera contre le tabagisme et les souffrances psychiques
Une circulaire, parue au B.O. du 11 décembre, établit un plan quinquennal de prévention et d'éducation à la santé. Il met l'accent sur certains risques et introduit de nouveaux outils. Ainsi, le dépistage des souffrances psychiques devient une des priorités. Selon le ministère, une jeune fille sur cinq déclarerait aux infirmières scolaires une tentative de suicide. La circulaire invite tous les personnels à repérer les signes d'un mal-être. Un nouveau carnet de santé sera diffusé en 2004. Il intégrera des données sur la santé psychique des enfants. La lutte contre le tabagisme devient une autre priorité. Les établissements sont invités à appliquer la loi Evin. Les infirmières scolaires seront autorisées à délivrer des substituts nicotiniques aux élèves. La circulaire est accompagnée d'exemples d'actions menées dans des établissements et des conventions passées par le ministère avec différents organismes.
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/46/ MENE0302706C.htm

- Primaire    [ Haut ]

Les recommandations du PIREF
C'est une contribution importante à la pédagogie de la lecture et de l'écriture que publie le PIREF. L'Expresso du 10 décembre a attiré l'attention sur les conférences du PIREF qui ont vu les chercheurs venir présenter leurs travaux à des groupes de travail constitués d'environ 300 enseignants. A l'issue de ces conférences, un jury a rédigé des "recommandations" qui synthétisent les apports des chercheurs sur la pédagogie de la lecture et de l'écriture utilisables par les enseignants. En premier lieu, "le jury a constaté que plusieurs méthodes d'enseignement sont compatibles avec les acquis de la recherche. La seule méthode qu'on doive écarter est la méthode dite " idéo-visuelle ", parce qu'elle refuse le travail systématique sur la correspondance phonème/graphème dont les recherches disponibles indiquent sans ambiguïté qu'elle est indispensable à la reconnaissance des mots". Le jury pose aussi la question des progressions, pour laquelle les experts " partisans d'une progression claire n'en tirent pas pour autant un découpage en phases strictement définies". Ils insistent sur l'absolue nécessité d'une automatisation de la reconnaissance des mots : sans elle il n'y a pas de travail sur le sens possible. Pour eux, "il est important de mener simultanément des activités sur le code et sur le sens. Les activités de lecture dans le cadre scolaire doivent s'inscrire en effet dans la perspective, pour chaque élève, d'entrer dans la culture écrite". Ils recommandent 4 types d'activité : la familiarisation avec les textes écrits ou acculturation, la production de textes, la compréhension de textes, et l'identification et la production de mots (connaissance graphique et phonologique). Un autre apport important est la mise en évidence par les chercheurs de la nécessité d'enseigner la compréhension. " Plusieurs travaux attestent que l'enseignement de ce que les chercheurs appellent les processus métacognitifs de la compréhension (contrôle et connaissance) améliore les performances des élèves dans ce domaine". Et le jury va jusqu'à proposer des pistes pour enseigner la compréhension, par exemple la confrontation de points de vue sur un texte. Le jury s'est intéressé aux élèves "en difficulté" pour en établir une typologie. Il propose des démarches pour les aider. Ainsi le PIREF réussit, par cette contribution qui les associe en partenaires, à bâtir un pont entre les chercheurs et les enseignants. Une construction remarquable. Nous invitons les enseignants à l'emprunter.
http://www.bienlire.education.fr/01-actu alite/document/recommandations.rtf
http://www.bienlire.education.fr/01-actu alite/c-En-parle06.asp
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index.php3?express=266

Pas de fermetures de classe avec les réseaux
"Nous ne fermerons pas d'école au motif qu'il y a des réseaux, bien au contraire le but des réseaux c'est de maintenir (des écoles) partout où cela sera possible". Cet engagement de X. Darcos fait suite au plan de regroupement des écoles en réseaux présenté début novembre et aux inquiétudes qu'il a éveillé. Le réseau devrait permettre un meilleur partage des moyens pédagogiques particulièrement en zone rurale.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031216162632.d3gktyfa.html
http://www.cafepedagogique.net/disci/arc hives.php3?numero=42&discipline=actu

Lecture : les spécialistes questionnés par les praticiens
C'est une démarche très originale que lance le PIREF (Programme incitatif de recherche en éducation et formation). Il demande à des enseignants de questionner les chercheurs puis de rédiger des recommandations professionnelles destinées aux enseignants. Les conclusions seront publiées le 15 décembre. Mais dès maintenant on peut découvrir les questions posées et les réponses des experts. Parmi les thèmes abordés : les processus mis en oeuvre dans l'apprentissage de la lecture, la planification de l'enseignement de la lecture et de l'écriture, la compréhension des textes, les obstacles rencontrés par les élèves. Les communications, à la fois très riches et très brèves (jamais plus de 15 minutes), font le point sur la recherche en science de l'éducation. Avant même le 15 décembre, nous en recommandons la lecture.
http://www.bienlire.education.fr/01-actu alite/c-En-parle06.asp

Un instituteur reconnu coupable de la mort d'une élève
Le tribunal de Bobigny a reconnu coupable de la mort d'une fillette l'instituteur qui avait en charge la classe et l'a condamné à 5 mois de prison avec sursis et 120.000 euros d'indemnité. La fillette était tombée par la fenêtre pendant les heures de cours. Cette décision contredit la jurisprudence habituelle.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031210134359.ykt81vdt.html

Les résultats de l'évaluation en CE2
Les résultats des évaluations de rentrée en CE2 viennent d'être publiés. Il s'agit pour le moment des résultats bruts. Cependant ils témoignent du maintien d'un écart sensible entre établissements ZEP et hors ZEP. A noter également, en maths, le fort écart entre activités géométriques et numériques et la faiblesse des scores quand il s'agit de justifier une réponse ou d'analyser une démarche. Une faiblesse déjà mise en évidence l'an dernier.
http://evace26.education.gouv.fr/

- Collège    [ Haut ]

Les résultats de l'évaluation en 6ème
Les résultats des évaluations de rentrée en 6ème sont elles aussi en ligne sous forme brute (sans synthèse officielle). Elles témoignent de l'action de l'école : les écarts entre types d'exercices se sont réduits aussi bien en français qu'en maths. Par contre l'écart entre établissements demeure. Et près d'un élève sur trois a un score médiocre ou faible en maths.
http://evace26.education.gouv.fr/

- Lycée    [ Haut ]

Guides d'équipement des lycées
Comment aménager et équiper les locaux pour faciliter la formation des élèves ? EduScol publie une vingtaine de guides d'équipement couvrant les formations des filières de mécanique, matériaux, électronique, électrotechnique, bois, arts appliqués, tertiaire, sciences physiques, tourisme, SVT, informatique etc. Ces guides n'ont pas valeur d'obligation. Mais les enseignants peuvent s'en inspirer et s'en recommander. A noter dans les nouveaux documents, des "repères" pour le CAP conduite de systèmes industriels et pour le bac pro maintenance des matériels agricoles, ainsi qu'un guide pour le BTS informatique de gestion.
http://www.eduscol.education.fr/D0036/gu ides_lycee.htm#maintenance

- Professionnel    [ Haut ]

Education & Devenir dénonce le consensus sur la formation
C'est le 3 février, au Sénat, qu'Education & Devenir organisera sa 11ème "Journée du Sénat". Elle abordera le thème "la formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis". Pour l'association, "tous les partenaires sociaux ont signé à l'automne 2003 l'Accord National Interprofessionnel qui refonde la formation continue... Tout le monde approuve.. mais personne n'a demandé leur avis aux acteurs de la formation initiale...Or l'ANI condamne les contrats de qualification, qui ressortissent officiellement à la formation continue, mais qui étaient devenus une voie de formation pour beaucoup de jeunes... Enfin, si l'on peut acquérir un diplôme tout en gagnant sa vie dans une entreprise, certaines universités, certains lycées même, n'ont-ils pas du souci à se faire ?"
http://education.devenir.free.fr/Documen ts/senat_2004.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Convention de stage type
EduScol met en ligne un modèle de convention de stage pour les périodes de formation en entreprise des élèves de L.P. et une nouvelle convention-type pour les stages à l'étranger des élèves en formation professionnelle des niveaux V et VI.
http://www.eduscol.education.fr/D0046/PP FCON01.htm

Internet et les pratiques pédagogiques en L.P.
Comment les enseignants, les documentalistes et les chefs de travaux de lycée professionnel se documentent-ils ? Une enquête officielle jette un regard précis sur les pratiques. Ainsi seulement 38% des enseignants et 15% des documentalistes cherchent des ressources documentaires principalement ailleurs que sur Internet. Ce sont les sites académiques qui sont les plus fréquemment utilisés (par 42% des enseignants de L.P.), devant les sites de collègues (34%). SavoirsCDI est incontournable chez les documentalistes (70%) et Chef-de-travaux.net pour les chefs de travaux (32%). Par contre, seulement un enseignant sur dix utilise les sites ministériels (EduScol, Educnet ou Educasource). L'enquête révèle également une plus grande demande de séquences pédagogiques élaborées que de ressources documentaires. Mais les manuels scolaires, les encyclopédies, la presse restent encore les principaux outils de préparation des séquences pédagogiques en L.P loin devant les ressources en ligne.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/noteeval/ne0303.pdf

Convention avec la CGPME pour les stages élèves
Selon une dépêche AFP, Luc Ferry et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises ont signé une convention afin de développer les stages en alternance des collégiens de 4ème et 3ème des classes de préparation à la voie professionnelle.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031203121124.jpk18hv4.html

Partenariat Education nationale - groupe Accor
Accor, leader européen du tourisme, avait signé en 1999 un premier accord avec le ministère de l'éducation nationale. Une nouvelle convention ouvre l'accès à des stages dans des établissements Accor en France et en Europe à près de 5000 collégiens et lycéens. De nouveaux diplômes supérieurs seront créés et adaptés aux besoins de l'industrie touristique. Ils permettront de renforcer la qualification du personnel Accor.
http://www.education.gouv.fr/actu/elemen t.php?itemID=2003129109

Deux nouveaux diplômes
Le Journal Officiel publie les arrêtés modifiant les épreuves du BEP outillages et du BP préparateur en pharmacie.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnT exteDeJorf?numjo=MENE0302626A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnT exteDeJorf?numjo=MENE0302627A

L'EcoGestion a un nouveau site
L'académie de Versailles ouvre le CERPEG, Centre de ressources pour l'enseignement professionnel en économie-gestion. Le Cerpeg est un des centres nationaux de ressources. Il propose des ressources pédagogiques, des informations ainsi que les textes officiels relatifs à cette discipline.
http://www.ac-versailles.fr/cerpeg/

- Le Café    [ Haut ]

Le Café : Le Café en "Une" du Monde
Le Monde du 15 décembre met le Café pédagogique en "Une". "Depuis plusieurs mois, le Café pédagogique, un site Internet associatif, connaît un succès d'audience étonnant : grâce au bouche à oreille, il est devenu un des principaux lieux indépendants d'information et de débat sur l'école.... "Nous bénéficions du fait que les enseignants sont aujourd'hui bien informatisés, ce qui, en passant, démonte l'image d'un monde enseignant rétrograde", explique François Jarraud, rédacteur en chef du site... Son audience révèle le besoin de débat de la communauté enseignante. Et la faiblesse de l'information officielle".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3208,36-345990,0.html

Édition du 19-12-2003

- François Jarraud -

- A la Une : Les profs utilisent massivement les TIC en classe affirme une enquête ministérielle    [ Haut ]

Une enquête réalisée par le ministère auprès d'enseignants du primaire et du secondaire le confirme : les enseignants utilisent massivement les TIC. Ainsi 87% des maîtres du primaire, 90% des profs du secondaire utiliseraient les TIC pour leur profession en dehors de la classe. Surtout, l'enquête établit que 87% des instits et 61% des profs du secondaire utilisent les TIC dans leurs cours. Un chiffre très élevé par rapport aux estimations précédentes qui estimaient à 20% la proportion d'enseignants utilisateurs en classe. Mieux encore, 83% des enseignants du primaire et 45% de ceux du secondaire font manipuler les élèves. Dans le primaire la fréquence d'utilisation est particulièrement forte : la moitié des instits s'en servent en classe au moins une fois par semaine. Dans le secondaire, les jeunes enseignants seraient plus actifs en ce domaine que leurs aînés. Parmi les freins évoqués par les collègues pour la pénétration des TIC ne classe, le manque de formation est évoqué par deux collègues sur trois. Dans le secondaire, ce sont les problèmes pédagogiques qui font obstacle : les professeurs mentionnent l'incompatibilité des horaires et la difficulté de gestion des classes. C'est le cadre scolaire qui ralentit l'inévitable pénétration des TICE.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/noteeval/ne0304.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

- Le système scolaire    [ Haut ]

Quel avenir pour les sites académiques et associatifs ?
Deux tribunes des Dossiers de l'ingénierie éducative analysent la place, l'avenir et les rapports ambigus des sites académiques et des sites associatifs d'enseignants. Gérard Puimatto, directeur adjoint du CRDP d'Aix-Marseille, au regard des pratiques de validation utilisées sur ces sites, pose la question de l'avenir des sites académiques : " Le rôle des serveurs académiques pour les échanges professionnels, notamment dans le cadre des sites disciplinaires, nécessite des choix stratégiques clairs. L'objectif est soit de favoriser une appropriation des outils par les enseignants eux-mêmes - et il convient alors de laisser une large place à l'initiative de chaque professionnel qui souhaite contribuer sans l'entraver de contraintes superflues -, soit de disposer d'un outil permettant de relayer la prescription institutionnelle - et la validation retrouve toute sa légitimité... L'absence de choix clair dans ce domaine conduit à préférer d'autres lieux virtuels de mise en commun : associations de spécialistes, sites associatifs, voire ressources réparties dans des architectures de type pair à pair... Les serveurs académiques sont sans doute à la croisée des chemins : faute de devenir l'instrument de fédération professionnel d'une communauté, ils laisseront la place à d'autres solutions". Pour Caroline d'Atabekian, webmestre de Weblettres et rédactrice du Café, "en dépit de leur succès, les sites associatifs ne reposent pas sur un socle solide. En effet, s'ils ont derrière eux l'histoire des communautés virtuelles d'enseignants, leur essor tient bien souvent au dynamisme de quelques-uns qui, poussés par la nécessité commune, mettent leur temps et leur énergie au service de tous. Si certaines associations sont subventionnées, d'autres continuent de fonctionner sans le moindre financement, et, victimes de leur succès qui demande toujours plus de temps et impose des moyens techniques toujours plus importants, risquent à tout moment de perdre pied... Sans soutien de l'institution, ces associations, qui trouvent parfois quelques partenariats pour survivre, disparaîtront". Amen...
http://www.cndp.fr/tice/DossiersIE/

Luc Ferry contre la discrimination positive
"Pour les examens et les recrutements, il ne faut surtout pas de discrimination positive... Mais si la discrimination, c'est faire plus là où il y a moins, alors oui c'est bien et nous continuerons à le faire comme dans les ZEP par exemple". Des propos recueillis par l'AFP à Toulouse.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031208171710.msokhi1b.html

Réforme contestée pour le lycée français de Hong Kong
Selon l'AFP, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger projetterait de faire passer tous les postes d'enseignants du lycée de Hong Kong sous statut local. Actuellement 66 enseignants sont sous ce statut, 27 sont "résidents" et 13 "expatriés". Dans cette perspective, tous les professeurs seraient salariés sous contrat hongkongais par le lycée ce qui ferait passer la charge salariale de l'Etat aux familles et ferait perdre le statut de fonctionnaire à une partie des professeurs.
http://infos.aol.fr/info/ADepeche?id=226 082&cat_id=3

- Le débat sur l'école    [ Haut ]

Le collège en débat
"Chaque jour qui passe, les problèmes du collège et de l'école se trouvent posés en des termes de plus en plus radicaux . Nous allons nous trouver devant le choix d'une sortie par le bas, le retour au passé, ou par le haut, la recherche des voies d'avenir". Devant l'échec du collège, le "collectif du 4 juin 2003", regroupant les principaux mouvements pédagogiques français, organisait samedi 13 décembre un débat national sur "le collège unique outil de promotion collective". A travers une dizaine d'ateliers et deux conférences générales, chaque organisation s'est exprimée, pour demander une autre politique. Ainsi pour l'ICEM Freinet, " Une réforme du collège ne peut se concevoir sans une refonte complète du système éducatif français". Pour l'OZP, une association qui fédère des zones d'éducation prioritaires, "l'école seule ne peut résoudre tous les problèmes de la société, mais renoncer à en faire le lieu privilégié de la construction du lien social serait le signe d'un renoncement plus général. Réintroduire la sélection au collège, c'est prendre son parti de l'exclusion, c'est accentuer les fractures sociales". Pour l'OZP, la réussite de tous passe par des transformations importantes du collège et particulièrement du métier d'enseignant : "une définition large du métier d'enseignant incluant des missions d'éducation, de nouveaux rapports entre l'école et ses partenaires du milieu environnant, le choix d'une culture commune". Pour Jean-Michel Zakhartchouk (CRAP), la transformation du collège peut s'appuyer dans l'immédiat sur la généralisation de certains dispositifs comme les itinéraires de découverte, un outil d'un grand intérêt "pour les disciplines, pour la culture, pour l'indispensable mise au travail des élèves, pour la préparation à leurs tâches futures, professionnelles ou civiques". Or on sait que le ministre souhaite rendre les IDD facultatifs. Alors faut-il changer l'ensemble du système éducatif ou simplement soutenir les éléments innovants déjà présents dans le collège ? Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l'IUFM de Créteil, souligne que l'échec scolaire commence dès le primaire. Les évaluations nationales montrent que le collège atténue les écarts scolaires apparus au CE2. Au niveau du collège, "s'il y a bien une leçon à retenir des diverses tentatives de réformes proposées ces dernières années, c'est que toute réforme du collège ne peut se concevoir seule et doit nécessairement impliquer une articulation meilleure entre le lycée professionnel et le collège... Pour les élèves en difficulté, en phase de démotivation et de décrochage, ne vaut-il pas mieux les orienter dans la voie professionnelle dès la classe de 4e , plutôt que de les laisser, sans projet cohérent, dans des classes " généralistes " ?" Pour lui la solution passe par un corps unique d'enseignant bivalents exerçant du CM1 à la 4ème. C'est là remettre en question l'unanimité sur le collège "unique". Bruno Mattei, IUFM de Lille, va un peu plus loin en demandant une réflexion sur les valeurs de l'école. Veut-on "la réussite de tous" ou "l'égalité des chances" ? "Il serait de courte vue de penser qu'en renonçant au collège unique, en reprofilant les élèves hétérogènes dans des filières, ou des systèmes d'alternance plus conformes aux talents tellement " particuliers " ! des uns et des autres, on va retrouver la paix. Certes " l'élitisme républicain " et " l'égalité des chances " penseront s'en être sorti la tête haute. Sans voir qu'elles ne sont plus que jamais que le cache-misère de la ségrégation scolaire et sociale... N'est-il pas de la responsabilité collective d'une société de ne pas se contenter " d'avoir la paix ", mais au contraire de construire une paix dans une société qui chercherait résolument à créer selon l'expression de Pestallozi au 18ème siècle " des écoles créatrices d'humanité ", c'est-à-dire des écoles où l'on apprendrait à apprendre et à vivre non pas les uns à côté des autres et contre les autres, mais avec les autres par les autres et grâce aux autres". Comment conclure ces échanges ? Dans le court terme, le collectif recommande de "préparer la transformation des esprits et des pratiques dans l'ensemble des collèges.. en soutenant les IDD, comme banc d'essai pour la transdisciplinarité,... en incitant à la mise en place du tutorat,.. en proposant des lieux de réflexion pour la mise en commun de l'expérience". A moyen terme, le collectif envisage la " redéfinition du statut de l'enseignant, sur la base des nouvelles pratiques expérimentées et prenant notamment en compte : le travail en équipe, le temps de présence dans l'établissement hors cours (pour travail en équipe, tutorat, relations avec les parents etc.), le partage des responsabilités dans le projet d'établissement".
On trouvera sur le site du collectif les nombreuses participations au débat et les comptes-rendus des ateliers.
http://www.collegeunique.org

Le débat national mobilise-t-il ?
Le ministère annonce que 14.182 débats ont eu lieu depuis le 17 novembre, et que 212.813 visiteurs ont consulté les pages du site du débat depuis septembre. Pour Luc Bronner et Martine Laronche, dans Le Monde du 15 décembre, le débat "se déroule dans une relative indifférence". Si les enseignants y participent, la rencontre entre enseignants et parents n'a pas lieu. Le quotidien a enquêté en Ile-de-France et en Province et rend compte de réunions, très différentes d'un lieu à un autre, mais qui souvent n'aboutissent à aucune résolution.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-346033,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-346035,0.html

Le débat peut-il accoucher d'une révolution culturelle ?
" On comprend qu'un débat de cette ampleur suppose une dynamique de réflexion citoyenne, au-delà du cadrage gouvernemental, qui ne peut s'initier qu'à la base au sein des communautés éducatives, élargies à toutes les forces vives concernées par l'école, se développant progressivement au niveau local et régional pour conduire, si le souffle en est suffisant, à des états généraux de l'école qui contribueront à orienter la décision politique". André Giordan, Claire Heber-Suffrin, Georges Hervé, Bruno Mattei et Albert Jacquard, invitent tous les acteurs à participer au débat sur l'école. Mais c'est pour le situer sur un point imprévu dans les 22 thèmes du débat. "Si l'on veut vraiment être capable de répondre (aux défis de l'école), alors comment ne pas voir que les changements doivent porter non pas d'abord ou uniquement sur les moyens, l'organisation, la gestion ou la pédagogie, mais tout autant sur la transformation des mentalités qui génèrent des pratiques d'exclusion et des jugements invalidants et arbitraires sur les élèves, leurs potentiels et leur orientation." C'est à une révolution des mentalités qu'ils nous invitent. "Il s'agit de refonder l'école sur une "politique de civilisation" (Edgar Morin), et à travers elle, d'éveiller à un monde commun, désirable et sensé, sans lequel, nous le savons bien, de plus graves périls nous attendent encore".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=161976

Les 10 propositions du CRAP
Au moment où les établissements organisent leur participation au débat national, le CRAP diffuse 10 propositions susceptibles d'animer et d'orienter le débat. Le CRAP se prononce pour un véritable "collège pour tous". Il défend les pratiques interdisciplinaires de type IDD ou TPE et demande leur extension aux voies technologiques. Plus fondamentalement, il estime que "le lire, écrire et compter n'est plus suffisant face à la demande sociale mais aussi pour répondre aux besoins de culture de citoyens en devenir. Le partage des connaissances en disciplines scolaires... est artificiel et a contribué à créer des groupes de pressions qui ont œuvré à la juxtaposition et à l'accumulation de connaissances. Il conviendrait de raisonner en termes de culture" . Aussi il recommande un nouveau découpage disciplinaire : "une culture sémiologique : une grammaire des signes qui permette de lire et produire des textes sous toutes leurs formes, une culture scientifique et technique : conduisant à la maîtrise des systèmes de logique, de la démarche scientifique, une culture humaine et sociale : en termes de philosophie, d'histoire, d'économie, de droit, ou de politique afin de construire le citoyen, une culture du corps, des sens et de la santé : permettant à chacun de se connaître et de respecter autrui. Le CRAP souhaite le développement d'alternatives au redoublement par la mise en place de pédagogies différenciées.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/actu /propocrap.html

Le SE UNSA et la loi de 1989
"Il vaudrait mieux un amendement ou un toilettage de la loi de 89 qu'une remise en cause de ses grands principes". Selon une enquête menée par le syndicat, rapportée par l'AFP, 90% des enseignants trouvent que les grands principes de 1989, comme le droit à l'éducation garanti pour tous, doivent rester. Mais d'autres points, et particulièrement les éléments innovants de 1989, sont moins bien acceptés comme l'objectif de 80% au bac, soutenu par seulement 53% des profs, le projet d'école ou la mise ne place des cycles.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031203191144.mkqgsgwz.html

L'ICEM - Freinet refuse le débat
"On nous assure que cette grande concertation, élargie à toute la nation, va décider des orientations
de l'École pour les 15 ans à venir. Mais on sait déjà... que tout cela conduira à coup sûr à l'abrogation de la loi
de 1989, accusée d'être à la source de tant de maux".
C'est pour mieux défendre la loi d'orientation de 1989 que l'ICEM Freinet "ne peut cautionner.. ce qui s'annonce comme un ersatz de débat". L'ICEM appelle "à l'instauration d'une contre-culture" et défend une école "laïque et populaire, émancipatrice et coopérative".
http://www.icem-freinet.info

Le collège unique, projet démocratique pour F.Dubet
"Le vrai projet démocratique est de faire travailler ensemble des élèves qui sont différents. Dans une société où les inégalités se creusent, où les mômes sont perdus, où les problèmes d'identité culturelle sont de plus en plus forts, je dis qu'il est essentiel de souder une génération, jusqu'à l'âge de seize ans, autour d'une culture commune". Dans une tribune accordée à l'Humanité du 10 décembre, le sociologue souligne l'importance sociale du maintien d'un collège unique. " Le collège doit-il être une école primaire supérieure ou un petit lycée ? Dans le premier cas, on définit des connaissances que nul ne doit ignorer, quel que soit son avenir. C'est ce que fait l'école primaire. Qu'ils deviennent agriculteurs ou ingénieurs, tous les élèves y acquièrent les mêmes compétences de base. Dans le second cas, on vise l'excellence pour tous, avec un collège qui ne prépare, finalement, qu'aux formations générales... Et qui laisse de côté les 30 % d'élèves qui n'arrivent pas à suivre. C'est ce qui se passe aujourd'hui".
http://www.humanite.fr/journal/2003-12-1 0/2003-12-10-384230

- Le débat sur le voile    [ Haut ]

Contestation de la loi sur le voile
Selon un sondage du Parisien, annoncé par l'AFP, 69% des Français seraient favorables à une loi interdisant les signes religieux ostensibles à l'école et 58% à l'instauration de jours fériés juif et musulman. Pourtant l'hostilité à la loi se renforce. Ainsi la FCPE, Education & Devenir, la FERC CGT, la FSU, la Ligue des Droits de l'homme, la Ligue de l'enseignement, le MRAP, le SGEN CFDT et l'UNL demandent, dans une lettre ouverte, au président de la République de ne pas proposer une loi. Ces organismes rappellent leur attachement à la laïcité, mais " refusant toute stigmatisation d'une partie de la population, restent attachés à l'équilibre défini par la loi de 1905 conciliant la liberté individuelle d'expression d'une conviction et le nécessaire respect par tous des libertés fondamentales et des personnes, principes qui doivent s'appliquer à tous et partout dans la République". Dans Le Monde du 16 décembre, Janine Mossuz-Lavau, CNRS, estime que "si l'on exclut demain les filles voilées, et notamment celles qui sont contraintes de l'être et qui seront doublement victimes, de leur famille et de la loi, on perd toute chance de faire progresser la situation des femmes dans une partie importante de notre société, et qui est celle qui en a sans doute le plus besoin".
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031216200512.kpcplexz.html
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id= 327
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3232,36-346168,0.html

La Commission Stasi favorable à une loi sur le voile
Ce n'est pas vraiment une surprise. La Commission sur la laïcité dirigée par B. Stasi s'est finalement prononcée pour un loi sur la laïcité afin "de rappeler les obligations qui s'imposent aux administrations, de supprimer les pratiques publiques discriminantes et d'adopter des règles fortes et claires". A l'école, la Commission souhaite voir interdits les signes religieux ostensibles : " Dans le respect de la liberté de conscience et du caractère propre des établissements privés sous contrat, sont interdits dans les écoles, collèges et lycées, les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse ou politique. Toute sanction est proportionnée et prise après que l'élève a été invité à se conformer à ses obligations" ; cette disposition serait inséparable de l'exposé des motifs suivant : "Les tenues et signes religieux interdits sont les signes ostensibles, tels que grande croix, voile ou kippa. Ne sont pas regardés comme des signes manifestant une appartenance religieuse les signes discrets que sont par exemple médailles, petites croix, étoiles de David, mains de Fatimah, ou petits Coran". Par contre les fêtes de l'Aïd-El-Kebir et du Kippour deviendraient des jours fériés dans les écoles. La commission demande également la suppression des enseignements des langues et cultures d'origine (ELCO). " Unique pays européen à ne pas dispenser un enseignement spécifique des religions, la France est aujourd'hui la seule à pousser la logique de séparation jusqu'à envisager une législation sur le port de signes religieux". Dans Le Monde du 11 décembre, H. Tincq rappelle que la conception française de la laïcité est exceptionnelle et présente la situation des relations entre Etat et religions dans les autres pays d'Europe.
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=164597
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345570,0.html
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/b rp/notices/034000725.shtml

Le MRAP contre la loi sur le voile
" Faire une loi qui interdirait à ces enfants de s'émanciper grâce à Voltaire, Rousseau et Montesquieu, c'est les aliéner de façon définitive". Interrogé par L'Humanité, Moulous Aounit, secrétaire général du MRAP, estime la loi sur le voile "inutile". "Les filles qui sont contraintes sont des victimes. La loi va donc victimiser des victimes en les excluant, alors que l'école pourrait et devrait les protéger. La loi fera céder à la facilité. Il n'y a eu que quatre cas d'exclusion parce qu'existait l'effort de dialogue. Mais demain, j'ai peur qu'on choisisse l'application à la lettre d'un texte, parce que c'est plus simple que de dialoguer. Les conséquences en seront terribles".
http://www.humanite.presse.fr/journal/20 03-12-11/2003-12-11-384292

L'école sanctuaire défendue par H. Pena-Ruiz
Dans L'Humanité du 11 décembre, le philosophe H. Pena-Ruiz approuve la loi sur le voile." Au nom de l'ouverture de l'école sur la vie, on a laissé entrer en son sein des groupes de pression politico-religieux et même d'intérêts commerciaux. Depuis 1905, avec les diverses jurisprudences, la France a desserré les exigences laïques. À partir du moment où l'école devient un champ clos d'affrontement, où l'on y importe les conflits de la société civile, elle ne peut plus remplir sa mission d'émancipation. Nous devons à présent édicter des règles, car celles-ci ont été perdues de vue ou brouillées... L'école était le dernier rempart où s'enseignait l'idée que les hommes ont énormément de choses en commun. L'interdit est quelquefois complètement libérateur. Pour moi, bannir les signes religieux à l'école prend la même signification que l'interdiction des licenciements abusifs dans les entreprises ou du travail des enfants".
http://www.humanite.presse.fr/journal/20 03-12-11/2003-12-11-384297

Paul Ricoeur et le foulard
Les philosophes Paul Ricoeur et Monique Canto-Sperber éclairent à leur tour le débat sur le voile dans Le Monde du 10 décembre. "La laïcité, c'est l'engagement de garantir à chacun la possibilité de s'émanciper de ses appartenances et de ses origines. L'école peut conduire l'enfant à un tel affranchissement, non l'exiger de lui au départ. L'école... n'a pas pour fonction de refléter la société, mais d'affirmer ses propres normes. Mais ces valeurs qui la distinguent du monde extérieur, elle doit les mettre en œuvre par son mode de fonctionnement, non par des conditions d'entrée. L'école donne l'expérience concrète des valeurs du dialogue et de la connaissance, libres de toute autorité religieuse. C'est une telle expérience qui forme les esprits à la laïcité, plus efficacement qu'une obligation préalable souscrite sans adhésion aucune". Avec un brin d'ironie, les philosophes démontent les peurs liées au foulard et démontrent l'impossibilité de son application. Pour eux, le maintien à l'école, même en portant le voile, est la condition de la liberté des filles. "Dans l'enceinte scolaire, le principe de la non-discrimination entre fille et garçon est fondateur. Le foulard y porte directement atteinte. Peut-on déduire de ce constat qu'il faut l'en bannir ainsi que les filles qui le portent ? L'école n'est-elle pas le lieu où ces jeunes filles pourront faire l'expérience de l'égalité entre filles et garçons ? Le foulard les stigmatise comme femmes, mais les professeurs et les autres élèves les traitent comme égales. Ce seul rappel suffit à convaincre qu'il est d'autant plus nécessaire qu'elles suivent le même enseignement que les autres enfants de leur âge. Car le sens le plus profond de l'exigence d'égalité à l'école est bien là : permettre aux jeunes filles voilées d'accéder à cette forme de vie où elles sont traitées pareillement aux garçons. Les exclure, c'est ... décider délibérément de ne pas les traiter comme les autres".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345441,0.html

Foulard : une réalité voilée ?
Combien de voiles islamiques dans les écoles ? Le Monde du 10 décembre confronte les chiffres existants et tente d'expliquer les incohérences. Car, les chiffres officiels sont très bas : 1256 jeunes filles voilées, 20 cas difficiles, 4 exclusions pour N. Sarkozy. Mais le recteur de Strasbourg a recensé près de 400 cas de port du voile dans sa propres académie. Pour P. Guittet, secrétaire général du syndicat des chefs d'établissement, le communautarisme a fait un "saut qualitatif" au moins aussi grave que le saut quantitatif. Le quotidien fait le point sur les positions des syndicats d'enseignants. Si la CFDT est hostile à une loi, le SNPDEN UNSA et le SNALC y sont favorables. F.O. a une autre solution : le syndicat demande l'abrogation de l'article reconnaissant la liberté d'expression des élèves.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345420,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345422,0.html

La Ligue et la FCPE refusent la loi sur le voile au nom de la République
"Nous portons et défendons l'héritage des femmes et des hommes qui, par leur combat, ont contribué à faire de la France une République laïque". C'est au nom de ces valeurs que José Fouque, président d'Education & Devenir, un mouvement pédagogique, Jean-Michel Ducomte, président de la Ligue de l'enseignement et Georges Dupon-Lahitte, pour la FCPE, confirment leur refus d'une loi sur le voile. Pour eux, "le problème qui est posé à l'Ecole par les jeunes filles portant un foulard ne saurait se résoudre par une loi. Non seulement toute loi serait impossible d'application, elle conduirait encore à aborder l'un des défis majeurs de notre société par le petit bout de la lorgnette. Par ailleurs, que pensez d'une loi qui punirait les victimes ?". Les associations laïques craignent que la loi, et les exclusions qui suivront, aggravent le repli communautaire. "Ces jeunes filles trouveront vite, autorisées par la loi, les institutions religieuses fondamentalistes dont elles sortiront amputées de leur féminité, privées de l'appareil critique indispensable à la conquête de leur autonomie, renforcées dans un repli identitaire dont le rapport essentiel à l'islam reste à prouver... Le meilleur moyen d'amener ces jeunes filles à refuser cette coutume, symbole d'un effacement social de la féminité, reste l'action éducative et pédagogique". Mais elle doit être soutenue par une politique de lutte contre la ghettoïsation et le racisme. Les trois présidents appellent également l'Ecole à prendre espoir en ses valeurs et sa capacité à intégrer : "pour que l'Ecole participe à l'intégration de tous les citoyens dans une culture commune laïque respectueuse des convictions de chacun, les enseignants doivent être convaincus de l'importance de leur rôle comme transmetteurs des valeurs fondatrices de la laïcité. La formation des personnels de l'éducation est la condition pour affronter ces turbulences sociétales avec détermination et sérénité... Quand l'Ecole accueille, sans gommer les différences, les enfants de la République et leur apporte les outils de la réflexion critique, elle ne met pas la laïcité en danger. Espace pour un véritable dialogue social inspiré par la raison, elle montre sa force et l'exemple d'une laïcité en acte, libératrice".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=163314

Les églises contre une loi sur le voile
" Toute loi qui serait sentie comme discriminante par un certain nombre de Français risquerait d'avoir à court terme des conséquences plus néfastes que les bienfaits escomptés". D'après Le Monde du 9 décembre, les églises catholique, protestante et orthodoxe françaises envoient une lettre commune au président de la République. Elles estiment que " refuser l'exclusion au profit de la médiation et du dialogue, récuser les amalgames assimilant tout port d'un signe religieux à un trouble de l'ordre public, redire ce qui fonde la laïcité, en faire une règle du vivre ensemble et non un principe de négation du religieux, voilà qui mérite temps et pédagogie, voilà qui prépare l'avenir avec réalisme".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345089,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-345090,0.html

La J.P.A. contre une loi sur le voile
"Une loi qui interdirait le port du voile à l'École n'est pas nécessaire. La loi de 1905 relative à la séparation des Églises et de l'État et tous les autres décrets et circulaires qui régissent le fonctionnement de nos établissements scolaires sont suffisants. Malgré tout, il n'est pas simple de définir le caractère ostentatoire d'un signe, c'est pourquoi il ne faut pas laisser les personnels éducatifs seuls face à la résolution des problèmes. Les décisions doivent se prendre au niveau académique ou rectoral, hors de la pression locale. L'exclusion ne peut être que l'ultime recours, quand la phase de dialogue a été épuisée". Après la Ligue de l'enseignement et la FCPE, La Jeunesse au plein air, sous la plume de son secrétaire général Jacques Henrard, intervient dans le débat sur le voile. Pour la J.P.A., "Pour que le principe de laïcité puisse être intégré par tous, son application demande de la souplesse. Le but est d'amener tous les enfants et les jeunes à bénéficier de l'École publique et laïque. Renvoyer toutes ces jeunes filles sous la tutelle de leurs pères, de leurs frères ou de religieux fanatiques constituerait un échec pour la société. Le principe de laïcité ne signifie pas rejet, mais intégration et respect des convictions de chacun". La J.P.A. prône le dialogue.
http://www.jpa.asso.fr

Pour ou contre la loi sur le voile ?
Le 5 décembre, la Mission Debré d'information sur la question du port des signes religieux à l'école a publié son rapport. Elle se prononce pour un loi, tout comme, selon un sondage CSA, 57% des Français. Cela alimente le débat. Dans Le Monde du 5 décembre, Louis Favoreu ((Aix Marseille III) plaide pour la loi : " seule une loi peut opérer une conciliation entre deux principes constitutionnels dont les exigences sont contradictoires : le principe de laïcité, d'une part, affirmé à l'article premier de la Constitution et par le préambule de la Constitution de 1946, et la liberté de religion, d'autre part, consacrée par les textes constitutionnels de 1789, 1946 et 1958".. Le quotidien donne aussi la parole à Roger Errera (Conseil d'Etat) pour qui " Une telle loi serait un acte de discrimination et une atteinte à la liberté religieuse de tous. Elle serait inutile et nuisible". Pour lui, une loi "contredirait la politique officielle d'intégration et s'ajouterait aux autres discriminations dont ces populations sont l'objet. Elle ne ferait que susciter et renforcer le communautarisme que le gouvernement, à juste titre, rejette". Mais R. Errera en dénonce surtout les aspects liberticides : " il s'agit de restreindre deux libertés publiques, la liberté d'expression et la liberté religieuse" ce qui pourrait être en contradiction avec la Convention européenne des droits de l'homme. Pour lui d'autres moyens doivent être utilisés pour lutter contre le communautarisme.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3232,36-344805,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3232,36-344806,0.html
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dos siers/laicite.asp

La loi sur le voile sous le feu des critiques
"Dans les lycées on a des élèves majeurs, donc qui votent. Ca va être compliqué de leur interdire d'exprimer sous quelque forme que ce soit leur opinion". Le Monde du 12 décembre met l'accent sur la dimension liberticide de la loi annoncée sur le voile. Elle prétend également interdire tout signe politique, ce qui devrait augmenter les rangs des mécontents. C'est cette dimension que soulève également Pierre Birnbaum, sociologue, Paris I, à propos des signes religieux : "lorsqu'on a voté la Déclaration des droits de l'homme qui édicte que nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public, il y a eu un grand débat. Certains ne voulaient pas de la seconde partie de la phrase. On souhaitait à la fois affirmer le principe de la liberté d'opinion et en même temps fixer une limitation. A l'époque, comme aujourd'hui, la question était : qui constate le trouble, et comment l'évaluer ? Et c'est cette question qui permet, au fond, tous les errements. On peut porter atteinte très facilement aux principes en donnant un sens trop large au trouble". Un danger que signale également, dans Le Monde, Emile Poulat, EHESS, : " La notion d'ordre public est beaucoup plus pertinente que celle de signes ostentatoires. A partir du moment où vous déplacez ce qui relève de l'ordre public, c'est-à-dire des fonctions régaliennes de l'Etat, vers les problèmes de signes religieux, vous vous engagez dans une nouvelle guerre de religions. Nous vivons dans une société qui ne sait pas gérer ses conflits, mais les envenime". Libération rend compte des jugements négatifs portés par la presse européenne sur cette affaire française. Ainsi, le Berliner Zeitung voit dans cette interdiction du voile "le symptôme de l'échec de l'intégration (des musulmans) conduisant les exclus directement dans les bras des écoles confessionnelles".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=164995
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3224,36-345686,0.html
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=164844

Le débat sur le voile
Les critiques continuent à pleuvoir sur le projet de loi sur le voile. Dans Libération, Jean Bauberot (EPHE) met en doute l'efficacité laïque d'une interdiction du voile. "Qu'en est-il de l'unité de la République quand celle-ci se prépare à interdire le foulard à l'école publique et à financer les futures écoles privées sous contrat, qui vont se créer précisément pour recevoir les jeunes filles à foulard ? Ne vaut-il pas mieux tolérer un port discret du foulard dans l'école de tous (en se donnant les moyens de faire respecter les limites énoncées par le Conseil d'Etat) plutôt que se préparer à financer leur port ostensible dans des écoles particulières ?" Quant à la FCPE, elle renouvelle son opposition : "Tout en affirmant la nécessité d'éduquer aux principes laïques, (le rapport Stasi) envisage d'exclure ceux-là mêmes qui devraient bénéficier de cette éducation et en somme de sanctionner les victimes... Ainsi, il renvoie celles et ceux qui souhaiteraient exprimer leurs convictions sans volonté de prosélytisme vers des écoles privées confessionnelles qui constitueraient alors le seul espace de liberté. C'est dénier à l'école publique son rôle éducatif, l'obligation qu'elle a d'accueillir tous les jeunes sans distinction... La proposition d'une loi interdisant également les signes d'engagement politique, philosophique ou pour une cause particulière porte en germe une restriction des droits des lycéens, droits inscrits dans la loi d'orientation pour l'éducation et qu'il faut préserver... Si le rapport pose clairement la question sociale, en revanche une loi interdisant les signes "ostensibles" dans la seule école publique ne règle en rien les défis et les enjeux de l'intégration et du respect des populations issues de l'immigration dans une société laïque permettant à tous de vivre ensemble".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=165132
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id= 325

- Vie professionnelle    [ Haut ]

Semaine de grève au CNDP
Depuis décembre 2002, l'intersyndicale du CNDP s'oppose au projet de délocalisation à Chasseneuil-du-Poitou. L'anniversaire pourrait être célébré par une grève des personnels CNDP à l'issue d'une assemblée générale convoquée mardi. Pour l'intersyndicale, la délocalisation s'apparente à un démantèlement.
http://www.nodeloc.net

Eduquer contre la haine
Tout est parti de l'air du temps et du message d'une mère de famille adressé au Café : " Face à des propos de moqueries, d'intolérance et de racisme échangés dans la cour de l'école primaire et maternelle, il nous semble urgent à nous parents d'ouvrir les yeux à nos chérubins. Nous recherchons des idées pour aborder ces sujets sous une forme simple voire ludique dans le but de présenter nos "recherches" aux instits et pouvoir travailler ensemble". Le développement du racisme, de l'antisémitisme, du machisme, nous l'avons tous constaté dans nos établissements. Certains ont su mettre en place des dispositifs éducatifs pour y faire face. D'autres cherchent encore. Le Café pédagogique ouvre un forum pour échanger sur nos pratiques d'éducation contre la haine. Faites connaître vos expériences et aidez-nous à défendre les valeurs démocratiques à l'école.
http://www.cafepedagogique.net/forums/lu tte/
http://www.media-awareness.ca/francais/e njeux/haine_sur_internet/index.cfm
http://www.cp.asso.fr/querbes/eedpr/inde x.htm

27 Janvier : Journée de la mémoire de l'holocauste
" Cette journée de la mémoire devra faire prendre conscience que le mal absolu existe et que le relativisme n'est pas compatible avec les valeurs de la République". Alors que l'antisémitisme fleurit dans les cours de récréation, c'est le 27 janvier que sera commémorée la Journée européenne de la mémoire de l'Holocauste. A cette occasion, le Café pédagogique mettra en ligne des ressources pédagogiques. Nous souhaitons faire connaître vos projets pour cette journée. Merci de nous les communiquer.
Contact : redaction@cafepedagogique.net
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/46/ MENE0302682N.htm

- Vie scolaire    [ Haut ]

Modification des conseils de discipline
Le Conseil supérieur de l'éducation, réuni le 16 décembre, a adopté (par 18 voix pour, 7 contre, 1 abstention et 8 refus de vote) la modification de la composition des conseils de discipline. La nouvelle composition renforce le poids des enseignants avec l'entrée au conseil de l'adjoint du chef d'établissement et de deux enseignants supplémentaires. Pour le ministre il s'agit de"rétablir la place des enseignants.. afin de réaffirmer et conforter leur autorité". La FCPE s'était élevée contre cette mesure accusée d'introduire "une logique suicidaire d'affrontement".
http://www.cafepedagogique.net/disci/arc hives.php3?numero=40&discipline=parents

L'Ecole luttera contre le tabagisme et les souffrances psychiques
Une circulaire, parue au B.O. du 11 décembre, établit un plan quinquennal de prévention et d'éducation à la santé. Il met l'accent sur certains risques et introduit de nouveaux outils. Ainsi, le dépistage des souffrances psychiques devient une des priorités. Selon le ministère, une jeune fille sur cinq déclarerait aux infirmières scolaires une tentative de suicide. La circulaire invite tous les personnels à repérer les signes d'un mal-être. Un nouveau carnet de santé sera diffusé en 2004. Il intégrera des données sur la santé psychique des enfants. La lutte contre le tabagisme devient une autre priorité. Les établissements sont invités à appliquer la loi Evin. Les infirmières scolaires seront autorisées à délivrer des substituts nicotiniques aux élèves. La circulaire est accompagnée d'exemples d'actions menées dans des établissements et des conventions passées par le ministère avec différents organismes.
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/46/ MENE0302706C.htm

- Primaire    [ Haut ]

Les recommandations du PIREF
C'est une contribution importante à la pédagogie de la lecture et de l'écriture que publie le PIREF. L'Expresso du 10 décembre a attiré l'attention sur les conférences du PIREF qui ont vu les chercheurs venir présenter leurs travaux à des groupes de travail constitués d'environ 300 enseignants. A l'issue de ces conférences, un jury a rédigé des "recommandations" qui synthétisent les apports des chercheurs sur la pédagogie de la lecture et de l'écriture utilisables par les enseignants. En premier lieu, "le jury a constaté que plusieurs méthodes d'enseignement sont compatibles avec les acquis de la recherche. La seule méthode qu'on doive écarter est la méthode dite " idéo-visuelle ", parce qu'elle refuse le travail systématique sur la correspondance phonème/graphème dont les recherches disponibles indiquent sans ambiguïté qu'elle est indispensable à la reconnaissance des mots". Le jury pose aussi la question des progressions, pour laquelle les experts " partisans d'une progression claire n'en tirent pas pour autant un découpage en phases strictement définies". Ils insistent sur l'absolue nécessité d'une automatisation de la reconnaissance des mots : sans elle il n'y a pas de travail sur le sens possible. Pour eux, "il est important de mener simultanément des activités sur le code et sur le sens. Les activités de lecture dans le cadre scolaire doivent s'inscrire en effet dans la perspective, pour chaque élève, d'entrer dans la culture écrite". Ils recommandent 4 types d'activité : la familiarisation avec les textes écrits ou acculturation, la production de textes, la compréhension de textes, et l'identification et la production de mots (connaissance graphique et phonologique). Un autre apport important est la mise en évidence par les chercheurs de la nécessité d'enseigner la compréhension. " Plusieurs travaux attestent que l'enseignement de ce que les chercheurs appellent les processus métacognitifs de la compréhension (contrôle et connaissance) améliore les performances des élèves dans ce domaine". Et le jury va jusqu'à proposer des pistes pour enseigner la compréhension, par exemple la confrontation de points de vue sur un texte. Le jury s'est intéressé aux élèves "en difficulté" pour en établir une typologie. Il propose des démarches pour les aider. Ainsi le PIREF réussit, par cette contribution qui les associe en partenaires, à bâtir un pont entre les chercheurs et les enseignants. Une construction remarquable. Nous invitons les enseignants à l'emprunter.
http://www.bienlire.education.fr/01-actu alite/document/recommandations.rtf
http://www.bienlire.education.fr/01-actu alite/c-En-parle06.asp
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index.php3?express=266

Pas de fermetures de classe avec les réseaux
"Nous ne fermerons pas d'école au motif qu'il y a des réseaux, bien au contraire le but des réseaux c'est de maintenir (des écoles) partout où cela sera possible". Cet engagement de X. Darcos fait suite au plan de regroupement des écoles en réseaux présenté début novembre et aux inquiétudes qu'il a éveillé. Le réseau devrait permettre un meilleur partage des moyens pédagogiques particulièrement en zone rurale.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031216162632.d3gktyfa.html
http://www.cafepedagogique.net/disci/arc hives.php3?numero=42&discipline=actu

Lecture : les spécialistes questionnés par les praticiens
C'est une démarche très originale que lance le PIREF (Programme incitatif de recherche en éducation et formation). Il demande à des enseignants de questionner les chercheurs puis de rédiger des recommandations professionnelles destinées aux enseignants. Les conclusions seront publiées le 15 décembre. Mais dès maintenant on peut découvrir les questions posées et les réponses des experts. Parmi les thèmes abordés : les processus mis en oeuvre dans l'apprentissage de la lecture, la planification de l'enseignement de la lecture et de l'écriture, la compréhension des textes, les obstacles rencontrés par les élèves. Les communications, à la fois très riches et très brèves (jamais plus de 15 minutes), font le point sur la recherche en science de l'éducation. Avant même le 15 décembre, nous en recommandons la lecture.
http://www.bienlire.education.fr/01-actu alite/c-En-parle06.asp

Un instituteur reconnu coupable de la mort d'une élève
Le tribunal de Bobigny a reconnu coupable de la mort d'une fillette l'instituteur qui avait en charge la classe et l'a condamné à 5 mois de prison avec sursis et 120.000 euros d'indemnité. La fillette était tombée par la fenêtre pendant les heures de cours. Cette décision contredit la jurisprudence habituelle.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031210134359.ykt81vdt.html

Les résultats de l'évaluation en CE2
Les résultats des évaluations de rentrée en CE2 viennent d'être publiés. Il s'agit pour le moment des résultats bruts. Cependant ils témoignent du maintien d'un écart sensible entre établissements ZEP et hors ZEP. A noter également, en maths, le fort écart entre activités géométriques et numériques et la faiblesse des scores quand il s'agit de justifier une réponse ou d'analyser une démarche. Une faiblesse déjà mise en évidence l'an dernier.
http://evace26.education.gouv.fr/

- Collège    [ Haut ]

Les résultats de l'évaluation en 6ème
Les résultats des évaluations de rentrée en 6ème sont elles aussi en ligne sous forme brute (sans synthèse officielle). Elles témoignent de l'action de l'école : les écarts entre types d'exercices se sont réduits aussi bien en français qu'en maths. Par contre l'écart entre établissements demeure. Et près d'un élève sur trois a un score médiocre ou faible en maths.
http://evace26.education.gouv.fr/

- Lycée    [ Haut ]

Guides d'équipement des lycées
Comment aménager et équiper les locaux pour faciliter la formation des élèves ? EduScol publie une vingtaine de guides d'équipement couvrant les formations des filières de mécanique, matériaux, électronique, électrotechnique, bois, arts appliqués, tertiaire, sciences physiques, tourisme, SVT, informatique etc. Ces guides n'ont pas valeur d'obligation. Mais les enseignants peuvent s'en inspirer et s'en recommander. A noter dans les nouveaux documents, des "repères" pour le CAP conduite de systèmes industriels et pour le bac pro maintenance des matériels agricoles, ainsi qu'un guide pour le BTS informatique de gestion.
http://www.eduscol.education.fr/D0036/gu ides_lycee.htm#maintenance

- Professionnel    [ Haut ]

Education & Devenir dénonce le consensus sur la formation
C'est le 3 février, au Sénat, qu'Education & Devenir organisera sa 11ème "Journée du Sénat". Elle abordera le thème "la formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis". Pour l'association, "tous les partenaires sociaux ont signé à l'automne 2003 l'Accord National Interprofessionnel qui refonde la formation continue... Tout le monde approuve.. mais personne n'a demandé leur avis aux acteurs de la formation initiale...Or l'ANI condamne les contrats de qualification, qui ressortissent officiellement à la formation continue, mais qui étaient devenus une voie de formation pour beaucoup de jeunes... Enfin, si l'on peut acquérir un diplôme tout en gagnant sa vie dans une entreprise, certaines universités, certains lycées même, n'ont-ils pas du souci à se faire ?"
http://education.devenir.free.fr/Documen ts/senat_2004.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Convention de stage type
EduScol met en ligne un modèle de convention de stage pour les périodes de formation en entreprise des élèves de L.P. et une nouvelle convention-type pour les stages à l'étranger des élèves en formation professionnelle des niveaux V et VI.
http://www.eduscol.education.fr/D0046/PP FCON01.htm

Internet et les pratiques pédagogiques en L.P.
Comment les enseignants, les documentalistes et les chefs de travaux de lycée professionnel se documentent-ils ? Une enquête officielle jette un regard précis sur les pratiques. Ainsi seulement 38% des enseignants et 15% des documentalistes cherchent des ressources documentaires principalement ailleurs que sur Internet. Ce sont les sites académiques qui sont les plus fréquemment utilisés (par 42% des enseignants de L.P.), devant les sites de collègues (34%). SavoirsCDI est incontournable chez les documentalistes (70%) et Chef-de-travaux.net pour les chefs de travaux (32%). Par contre, seulement un enseignant sur dix utilise les sites ministériels (EduScol, Educnet ou Educasource). L'enquête révèle également une plus grande demande de séquences pédagogiques élaborées que de ressources documentaires. Mais les manuels scolaires, les encyclopédies, la presse restent encore les principaux outils de préparation des séquences pédagogiques en L.P loin devant les ressources en ligne.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/noteeval/ne0303.pdf

Convention avec la CGPME pour les stages élèves
Selon une dépêche AFP, Luc Ferry et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises ont signé une convention afin de développer les stages en alternance des collégiens de 4ème et 3ème des classes de préparation à la voie professionnelle.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_031203121124.jpk18hv4.html

Partenariat Education nationale - groupe Accor
Accor, leader européen du tourisme, avait signé en 1999 un premier accord avec le ministère de l'éducation nationale. Une nouvelle convention ouvre l'accès à des stages dans des établissements Accor en France et en Europe à près de 5000 collégiens et lycéens. De nouveaux diplômes supérieurs seront créés et adaptés aux besoins de l'industrie touristique. Ils permettront de renforcer la qualification du personnel Accor.
http://www.education.gouv.fr/actu/elemen t.php?itemID=2003129109

Deux nouveaux diplômes
Le Journal Officiel publie les arrêtés modifiant les épreuves du BEP outillages et du BP préparateur en pharmacie.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnT exteDeJorf?numjo=MENE0302626A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnT exteDeJorf?numjo=MENE0302627A

L'EcoGestion a un nouveau site
L'académie de Versailles ouvre le CERPEG, Centre de ressources pour l'enseignement professionnel en économie-gestion. Le Cerpeg est un des centres nationaux de ressources. Il propose des ressources pédagogiques, des informations ainsi que les textes officiels relatifs à cette discipline.
http://www.ac-versailles.fr/cerpeg/

- Le Café    [ Haut ]

Le Café : Le Café en "Une" du Monde
Le Monde du 15 décembre met le Café pédagogique en "Une". "Depuis plusieurs mois, le Café pédagogique, un site Internet associatif, connaît un succès d'audience étonnant : grâce au bouche à oreille, il est devenu un des principaux lieux indépendants d'information et de débat sur l'école.... "Nous bénéficions du fait que les enseignants sont aujourd'hui bien informatisés, ce qui, en passant, démonte l'image d'un monde enseignant rétrograde", explique François Jarraud, rédacteur en chef du site... Son audience révèle le besoin de débat de la communauté enseignante. Et la faiblesse de l'information officielle".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3208,36-345990,0.html

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