Informations Professionnelles (Café N° 59)

Version imprimable Version imprimable

Édition du 11/02/2005

- François Jarraud -

- A la Une : La loi d'orientation    [ Haut ]

La loi d'orientation prend l'eau
Combien d'amendements pour la loi d'orientation sur l'école ? Le Monde du 3 février annonce que certains d'entre eux seraient déposés par l'UMP afin d'améliorer la constitutionnalité du texte. Plusieurs articles, qui relèvent du domaine réglementaire, pourraient être censurés par le Conseil constitutionnel. Déjà rejetée par les syndicats enseignants, refusée par les associations de parents et par les lycéens, la loi Fillon semble techniquement aventurée.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3224,36-396526,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3224,36-396708,0.html

SES : Fillon revoit son projet
Le ministre modifie la loi d'orientation pour permettre le maintien de l'option SES en seconde. Le projet de loi limite le choix des élèves à une seule option ce qui implique qu'ils choisissent entre SES et langue vivante 2. Résultat prévisible : l'enseignement des SES en seconde est menacé de disparaître et l'économie de la filière ES perturbé. Plutôt que donner la possibilité, comme elle existe aujourd'hui, aux lycéens de choisir deux options, F. Fillon a préféré intégrer la LV2 dans le tronc commun des enseignements. Cela donne donc la possibilité aux élèves de choisir l'option SES ou l'IGC en seconde. Les enseignants de SES ont eu raison de se mobiliser. Cela pourrait être entendu des autres adversaires de la loi…
http://info.france2.fr/education/8010118 -fr.php

Pédagogie différenciée : avis de décès
" Fausse «nouveauté» mais véritable régression pédagogique, la pédagogie de soutien fait sortir du quotidien de la classe la question de la prise en compte des différences entre les élèves. A ce titre, elle justifie la pédagogie traditionnelle, l'encourage, lui donne bonne conscience. La loi Fillon sur l'école signe la mort de la pédagogie différenciée, le retour de la pédagogie de soutien et la restauration de la pédagogie traditionnelle. Il restera aux acteurs de l'éducation à se prévaloir de leur prétendue nouvelle «liberté pédagogique d'enseignant» (qui a toujours été leur lot !) pour prendre en compte, au quotidien et autrement, les différences entre les élèves... Une remarquable tribune de Jean Houssaye, Université de Rouen, dans Libération du 25 janvier.
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=270370

Loi d'orientation : le cactus et sa fleur ?
"Assisterons-nous à la création d'une école très diverse suivant les établissements avec les avantages (adaptation plus grande à divers types d'élèves) et les inconvénients (augmentation des inégalités) ? Le système scolaire va-t-il être détruit comme le laisse penser Antoine Prost dans Le Monde (12/2/05)? Je pense, pour ma part, que les tendances homéostatiques du système scolaire le maintiendront encore pour un bon bout de temps dans une forme semblable à l'actuelle, les changement culturels demandant beaucoup de temps (plus que la durée d'un ministre) !" Jacques Nimier fait une lecture optimiste de la loi d'orientation. Il y décèle "l'amorce d'une révolution culturelle dans la gestion de l'Education nationale… On passerait à un pilotage systémique".
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/r eflexions_loi_orientation.htm
http://www.cafepedagogique.net/disci/edi to/58.php

Table-ronde sur l'Ecole du SE-Unsa
"Optimisme délirant, non. Battu, non". Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa conclue sur ces mots la table-ronde consacrée au projet de loi d'orientation sur l'école. Elle réunit, à Paris, le 26 janvier, Antoine Prost, historien de l'éducation, Yves Durand, secrétaire national du PS pour l'éducation et Pierre-André Périssol, député UMP et membre de la commission Thélot. En ouverture, le SE-Unsa publie les premiers résultats d'un sondage sur la loi Fillon mené auprès de 3.000 enseignants. Si certains aspects de la loi séduisent, l'idée du socle commun, du "contrat individuel de réussite éducative"(CIRE), du conseil pédagogique dans les établissements, d'une partie de contrôle continu au bac; les enseignants jugent négativement le texte : seulement 3% pensent que les mesures contenues dans le projet de loi permettront d'atteindre les objectifs visés. Même condamnation (à 70%) de l'intégration des IUFM en université. Ils proposent la scolarisation obligatoire dès 3 ans et demandent une redéfinition des missions des enseignants englobant l'aide aux élèves. La ligne du SE-Unsa est ainsi posée : le syndicat souhaite amender la loi Fillon. Une position partagée par Antoine Prost. Pour lui, "le problème de l'Ecole c'est d'abord ce que doivent savoir les 20% d'élèves qui la quittent sans rien". L'idée du "socle commun " lui semble positive. Jugement plus réservé sur le CIRE qui peut être "la meilleure des choses s'il veut dire pédagogie individualisée et différenciée" ou la pire s'il sert à exclure en le culpabilisant l'élève en échec. Antoine Prost estime que l'intégration des IUFM en université est possible à condition de sauvegarder leur autonomie de gestion. Pierre-André Périssol plaide pour l'amélioration de la loi en se basant sur le rapport Thélot. Yves Durand voit dans le projet de loi Fillon "une supercherie et un renoncement". Supercherie car "derrière les objectifs annoncés il y a dans les faits l'inverse de ces ambitions". Les moyens ne permettent pas l'individualisation annoncée, le projet ne prend pas en compte la dimension sociale des inégalités scolaires. Le projet rompt avec l'enseignement obligatoire jusqu'à 16 ans et la logique des cycles, voilà pour le renoncement. Que faire alors face au projet ? Pour Yves Durand la loi passera avec des amendements qui n'en altéreront pas l'esprit. Mais rejetée par les enseignants et les parents elle ne sera ni durable ni appliquée. Luc Bérille regrette que le ministre n'ait su saisir l'opportunité d'un véritable consensus sur l'Ecole.
http://www.se-unsa.org

Négatif ou sourdingue ?
" Les syndicats aujourd'hui sont d'accord pour l'union du non mais ils ne sont pas d'accord pour une union du oui. Ils ont une negative attitude, ils n'ont pas une positive proposition" a affirmé, dans un style "jeune", le premier ministre sur France Inter. Le SE-Unsa rétorque : " Le Premier ministre gagnerait à s’interroger sur les raisons pour lesquelles le projet de loi d’orientation ne déclenche que scepticisme ou rejet dans une communauté éducative dont les composantes sont pourtant, d’habitude, riches de leurs diversités d’approches. La « sourdingue attitude » du gouvernement peut confiner au mépris".
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_050207075323.u51eg2yh.html
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page. php?id=050207

Fillon et la note de conduite
Peut-on parler d'innovation ? La loi Fillon prévoit une note de comportement au brevet qui risque de secouer l'école. Bernard Gorce, dans un article de La Croix, montre que la profession rejette cette mesure. Pour le SNPDEN, " il ne faut surtout pas mélanger l’évaluation du travail scolaire et la discipline. Ce sont deux registres qui n’ont rien à voir. Les règlements intérieurs des établissements sont précisément là pour permettre de cadrer les comportements". Pour Education & Devenir, " si c’est pour traquer les mauvais gestes de l’élève qui met le doigt dans son nez, on va retomber dans la note de conduite du XIXe siècle". Mais si c'était l'objectif ?
http://www.la-croix.com/article/index.js p?docId=2190683&rubId=4076


- La réforme du bac    [ Haut ]

Le Sgen refuse la réforme du bac
Après le Snes et le Se-Unsa, le Sgen-Cfdt intervient sur le dossier de la réforme du bac en interpellant le ministre. Le Sgen "n’accepte pas que la «modernisation» du bac se résume à une simple division par deux du nombre d’épreuves terminales". Il refuse " des «réformes» trompe l’œil ayant comme objectif essentiel des considérants budgétaires" et demande une véritable refonte de l'examen.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article748 .html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index200105.php

La FIDL quitte la commission bac
Après la FSU et le Sgen, le syndicat lycéen FIDL quitte la commission mise en place par F. Fillon pour une réforme du bac. Pour la FIDL, "le ministre ne veut en aucun cas discuter". Dans un communiqué du 17 janvier, l'Union nationale des lycéens "s’indigne du peu de considérations accordées aux propositions de modernisation faites par les partenaires sociaux".
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_050202140555.y5cakvko.html
http://www.fidl.org/
http://www.unl-fr.org/actualite/actu0078 .html

Bac : vers un examen renouvelé ?
"L’évaluation doit porter notamment sur les compétences transversales nécessaires, soit à la poursuite d’études, soit à l’insertion professionnelle". La FCPE, l'UNL, l'Unsa Education acceptent de rester dans le groupe de travail qui prépare le nouveau bac mais entendent élargir sa mission et préparer un bac réellement nouveau. Ils demandent également que l'évaluation comprenne " une part du contrôle continu ou de CCF permettant tout à la fois d’améliorer l’évaluation et de respecter l’équité entre les candidats".
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id= 417

- Le système éducatif    [ Haut ]

Stabilité de la dépense d'éducation en 2003
Selon une étude ministérielle, la dépense d'éducation a atteint 111 milliards d'euros, soit 7,1% du PIB, un chiffre quasiment stable. L'Etat prend en charge 65% de ces dépenses dont 57% pour le ministère de l'éducation nationale. Un pourcentage en chute : c'était 61% en 1980. L'effacement de l'Etat est porté par les collectivités locales. Leur part est passé de 14 à 19%.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/ni/ni2005/ni0505.pdf

La grève du 20 janvier
Selon l'AFP, la mobilisation devrait être forte jeudi lors de la grève lancée par la FSU, le SE Unsa et le Sgen. Les syndicats lycéens et les associations de parents soutiennent le mouvement.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_050118150747.vrw6qxo8.html

Nouvelle journée d'action en mars
Selon Associated Press, la Fsu, le Ferc-Cgt, le Sgen-Cfdt, l'Unsa-Education et la Faen préparent une journée nationale d'action des enseignants en mars. La date n'est pas encore connue.
http://permanent.nouvelobs.com/social/20 050208.FAP2988.html?1703

Fillon et les TPE mobilisent les lycées
"Ca gronde dans les lycées". Sous ce titre, Le Parisien ne fait pas allusion à la grève des profs mais au mécontentement des lycéens. " Le ministre dit vouloir une école plus juste mais il prépare le contraire" affirme un jeune. " La suppression prochaine des travaux personnels encadrés (TPE) déplaît beaucoup. « Avec les TPE, l'élève n'est plus passif mais actif. Cela change des cours magistraux parfois assommants" confie un lycéen au Parisien. La réforme du bac mécontente également.
http://www.leparisien.fr/home/info/vivre mieux/article.htm?articleid=245971672
http://www.leparisien.fr/home/info/vivre mieux/article.htm?articleid=245971668
http://www.leparisien.fr/home/info/vivre mieux/article.htm?articleid=245971671

Une mission sur la lecture
F. Fillon a annoncé le 2 février qu'il donnait mission à l'écrivain Erik Orsenna et à l'inspecteur général Borne d'établir l'état des avoirs sur les méthodes d'apprentissage de la lecture afin de redéfinir la formation des enseignants. Il donne ainsi à penser que la solution au problème de l'illettrisme vient de l'utilisation d'une méthode erronée. Rappelons que l'excellent site ministériel Bien lire ! a déjà réuni un nombre important de travaux théoriques qui montrent la complexité de l'illettrisme, de sa remédiation et même de sa définition. Sur ce terrain là aussi, la décision ministérielle semble ignorer les travaux des chercheurs et partir à l'aventure.
http://www.education.gouv.fr/actu/elemen t.php?itemID=200523116
http://www.bienlire.education.fr/

CNDP : c'est (encore) l'impasse
Nouvel épisode dans le conflit qui oppose l'intersyndicale et la direction du CNDP. Faute d'accord et de médiateur, celle-ci a élaboré un contre-projet d'établissement en alternative au texte de la direction générale. "Après 6 mois de médiation, le processus.. débouche sur une impasse". L'intersyndicale du CFDT dénonce un durcissement dans l'attitude gouvernementale : la délocalisation complète à Chasseneuil-du-Poitou, le village du premier ministre, n'est plus mise en doute.
http://www.nodeloc.net

- Vie professionnelle    [ Haut ]

Quelle responsabilité pour les maîtres ?
Les enseignants sont-ils pénalement responsables des accidents survenus involontairement sous leur responsabilité ? Le Monde présente deux cas contradictoires : dans un cas l'enseignant est relaxé dans l'autre il est condamné à 5 mois de prison avec sursis.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-395808,0.html
http://www.maif.fr/site2/conseils/cprass coenspenal.htm

L'Acelf se penche sur les chefs d'établissement
Sous le titre "Administrateurs, administratrices scolaire et identité professionnelle, le numéro 2 de la revue canadienne de l'ACELF étudie l'évolution de l'identité professionnelle des chefs d'établissements scolaires. Sont abordés les thèmes de la professionnalisation, du partenariat décisionnel et de la gestion scolaire. Au-delà des différences, des réflexions qui valent peut-être pour les deux rives de l'Atlantique ?
http://www.acelf.ca/c/revue/32-2-2004/in dex.html

Plaintes des candidats aux concours
Le Café avait signalé en décembre la demande de plusieurs candidats aux concours de recrutement qui, selon eux, n'avaient pu confirmer leur inscription sur Internet du fait d'une panne de serveur. Ils avaient été exclus de l'examen. Selon Le Monde du 21 janvier, le tribunal administratif de Paris a ordonné au ministère d'inscrire 7 candidats. Une décision qui pourrait faire boule de neige.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-395130,0.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index101204.php

La retraite s'éloigne des pères de 3 enfants
Une récente modification du Code des pensions ne permet plus aux pères de 3 enfants de partir en retraite au bout de 15 ans de service. L'article 136 du Code des pensions permettait aux fonctionnaires ayant 3 enfants et 15 ans de service de partir en retraite anticipée. Cet article, prévu initialement pour les mères de famille, avait été utilisé par des pères. La loi de finances 2005 le modifie pour en réserver l'usage aux fonctionnaires ayant bénéficié d'un congé de maternité.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/IMG/pdf/re traites.pdf

Concours réservés 2005
Le B.O. n°5 fixe au 1er mars l'envoi du rapport de l'épreuve orale d'admission au concours réservé ainsi que le calendrier des épreuves.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/5/M ENP0500043N.htm

- La question de la formation    [ Haut ]

Pétition pour la formation
"La formation continue du second degré a été cassée, celle du premier degré est en train de subir le même sort. On s'en prend aujourd'hui à la formation initiale. Dissous dans des universités de rattachement souvent très pauvres, que restera-t-il aux IUFM de leur autonomie juridique et financière -donc pédagogique- pour organiser de manière cohérente et intégrée l'ensemble de la formation ?" Une pétition nationale est lancée contre la réforme des IUFM voulue par F. Fillon. Elle demande que les personnels concernés soient associés aux discussions sur l'intégration des IUFM en université et qu'ils puissent participer à la rédaction du cahier des charges de la formation des enseignants. En enjeu : la formation universitaire et la professionnalisation des milliers d'enseignants qui remplaceront ceux du baby boom.
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/p etition_iufm.htm
http://www.cafepedagogique.net/disci/art icle/58.php

Un cahier des charges pour les IUFM
Rédigé par la Conférence des directeurs d'IUFM, ce Cahier des charges de la formation professionnelle des enseignants en IUFM fixe un certain nombre de principes. Les directeurs défendent le principe d'une formation longue allant de la licence à la seconde année d'exercice et donc celui d'un accompagnement. Il mettent l'accent sur la particularité de cette formation : "former des enseignants est un métier… Les dispositifs de formation sont encadrés par des équipes de formateurs pluri-catégorielles dont l'IUFM assure la professionnalisation", ce qui implique l'autonomie des IUFM au sein de l'université. . C'est dire qu'ils défendent l'idée de la professionnalisation : " Les trois grands ensembles constitutifs de la formation (culture disciplinaire, compétences pédagogiques, formation du fonctionnaire du service public de l’éducation) sont pris en compte en première et deuxième année de façon différenciée. En première année dans le cadre de la préparation aux concours, en seconde année pour construire les compétences formalisées dans le référentiel". Un texte qui vient relancer le débat sur le projet de loi Fillon qui prévoit l'intégration pure et simple des IUFM en université et qui semble ne voir dans la formation que la culture disciplinaire, la pédagogie relevant de la simple autorité personnelle.
http://www.iufm.fr/actualites/portail/IM G/pdf/Cahier_des_charges.pdf


Tribune : Formation des enseignants : J-L. Auduc : on tourne le dos aux besoins
Les différentes interviews du ministre et le contenu du rapport annexé à la loi d’orientation m’inquiètent beaucoup concernant la formation des enseignants. La logique sous-jacente tourne le dos aux besoins du système éducatif et aux défis que représente le renouvellement de 40% des enseignants dans les 6 ans qui viennent. Le rattachement des IUFM aux universités porte le risque d’une modélisation du concours de recrutement des professeurs des écoles sur celui des professeurs du second degré.

Rien n’est dit du contenu des concours :

Est-ce que les concours de recrutement tels qu’ils sont conçus actuellement répondent aux défis posés par l’exercice du métier enseignant ? La réponse apparaît négative face à ce qu’est aujourd’hui la réalité du travail enseignant et les exigences d’une professionnalisation accrue des enseignants. Les concours de recrutement, notamment ceux du second degré, devraient ne plus être exclusivement tournés vers l’amont de la formation universitaire, mais comprendre des épreuves tournées vers l’aval, c’est-à-dire, vers le métier qu’ils doivent exercer.

C’est l’inverse qui semble se préparer.

Quand François FILLON dit dans son interview à l’Express le 10 janvier 2005 : « ( en première année) la formation académique est très importante. Mais le temps de stage en seconde année doit s’accompagner d’une vraie formation pédagogique dispensée par des praticiens de terrain », il continue à se situer à l’inverse de la plupart des pays européens dans une perspective de formation SUCCESSIVE.

La formation des enseignants est une véritable exception française.
La formation en France est organisée historiquement sur le mode SUCCESSIF, notamment pour le second degré où les concours ont un âge respectable : l’Agrégation date de 1772 et le CAPES de 1950……

1) On reçoit d’abord une formation académique à l’Université, puis, après, une formation professionnelle à l’IUFM. Cette organisation impose au stagiaire un changement de posture radicale d’une année sur l’autre..
Il doit ainsi se montrer capable de transmettre des savoirs, de mettre des élèves en apprentissage alors que l’année précédente, ils cultivaient les savoirs pour eux-mêmes hors de toute perspective éducative.

2) Dans d’autres pays européens, on a une formation SIMULTANEE. On se forme en même temps pendant la durée de ses études dans les domaines académique et professionnel sans changement radical de posture.

Les projets actuels apparaissent tourner le dos à ce qui existe dans la majeure partie des pays européens, auxquels pourtant on se réfère dans le projet de loi et risquent d’accentuer la distorsion entre formation académique et formation professionnelle.

Le rapport annexé laisse sur sa faim concernant la professionnalisation des enseignants.

Il faut permettre au futur enseignant de se construire une identité professionnelle qui s’appuie sur des savoirs, des savoir-faire, et des gestes professionnels. Ceux-ci se construisent dans deux pôles :
- A l’IUFM, pour acquérir des savoirs scientifiques et disciplinaires, la connaissance des programmes d’enseignement, des compétences techniques ; il analyse ses pratiques et échange avec les formateurs et les autres professeurs stagiaires.
- Dans des établissements scolaires , il assure d’une part des enseignements et exerce, avec les soutiens nécessaires, la responsabilité dans une classe et prend, d’autre part, sa place dans un établissement particulier. A ce titre, l e professeur stagiaire acquiert une capacité propre d’expertise.

Une meilleure articulation entre ces pôles de formation est indispensable. Il faut permettre au jeune enseignant de « penser le local » en ayant présent à l’esprit la politique nationale de l’institution à laquelle il appartient : le service public de l’éducation nationale qui doit assurer une même qualité d’enseignement, dans le respect de programmes et de règlements nationaux sur tout le territoire. Il faut ensuite que l’IUFM soit le lieu des réponses que le professeur stagiaire se pose , mais aussi le lieu où il est en mesure de faire état de ses premiers choix comme autant de parcelles d’un savoir professionnel légitimé par l’expérience.

Jean-Louis AUDUC

Directeur-adjoint IUFM de Créteil

Jean-Lous Auduc est l'auteur de "Parents ne restez pas sur le trottoir de l'école" chez Nathan.

- Vie scolaire    [ Haut ]

Une Ecole sans drogue
"Dans toutes les classes où j'enseigne, il y a toujours deux ou trois élèves gravement atteints par la consommation de cannabis. Cela concerne tous les milieux… On n'en parle pas assez. Il y a une sorte de fatalité. Tout le monde fait comme si ça n'existait pas. Même les parents". A l'occasion d'une campagne publicitaire initiée par le ministère de la santé, Le Monde publie plusieurs témoignages d'enseignants qui attestent, si besoin était, de la diffusion et de la gravité du phénomène. Pour le quotidien, " le plan Douste-Blazy serait encore plus utile et efficace s'il était porté et défendu, conjointement, par le ministre de l'éducation nationale. De même que pour d'autres problèmes de comportement personnel, comme ceux qui touchent à la sexualité, la consommation de psychotropes devrait faire l'objet d'une information plus large dans les collèges et dans les lycées. Ce qui est fait, dans ce domaine, est bien, mais insuffisant. Cette pédagogie-là, elle aussi, devrait être systématique". Le plan annonce une école sans tabac, sans complaisance vis-à-vis du cannabis et offrant une éducation préventive. On en est encore loin. Les établissements n'ont souvent pas les moyens pour faire cette éducation. Il y a pire : comment affirmer cette politique alors que chez plusieurs de nos voisins européens le cannabis est toléré ou légalisé ?
http://www.drogues.gouv.fr/fr/cannabis/c annabis.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-396536,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3208,36-396550,0.html

5% d'élèves absentéistes
En moyenne un élève sur vingt pratique l'absentéisme au moins 4 demi-journées par mois. Mais, selon une étude ministérielle, la situation varie beaucoup d'un établissement à l'autre. Alors qu'un cinquième des établissements ne connaissent pas d'absentéisme, 10% des établissements ont un taux d'au moins 15%. Les lycées professionnels, les gros collèges sont les plus concernés.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/ni/ni2005/ni0504.pdf

- Primaire    [ Haut ]

L'Ecole doit apprendre à lutter contre le sexisme
"De nombreux indices laissent penser.. qu’à cinq ans, l’assignation de sexe est déjà incorporée.. Les conduites de l’entourage à l’égard de l’enfant diffèrent selon qu’il appartient à l’un et l’autre sexe. Dans l’imaginaire familial et plus largement social partagé par les institutrices, filles et garçons ne s’éduquent pas de la même manière… La pesanteur des normes de conformation sociale qui traversent l’école doit être interrogée en prenant acte que l’action pédagogique des enseignants s’enracine d’abord dans leur expérience personnelle". Signalée par Le Monde du 3 février, l'étude de Leila Achar sur "Filles et garçons à l'école maternelle" interpelle tous les enseignants. Elle montre comment l'Ecole transmet, elle aussi, les stéréotypes sexistes. La solution : " Cela suppose la mise en débat d’une éthique du métier d’enseignant qui interroge à partir de la notion de « neutralité », leurs pratiques et celles des familles. Car la méconnaissance des effets discriminants de la « neutralité » scolaire les renforce dans un rapport au métier essentiellement centré sur la transmission des savoirs et non sur la prégnance des inégalités entre les filles et les garçons, vécus comme « simples différences »… Ces actions renvoient à des valeurs démocratiques qui impliquent au premier chef les enseignants en tant qu’acteurs politiques participant de la formation civique et citoyenne des enfants". Un remarquable travail à découvrir.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3226,36-396722,0.html
http://www.droits-femmes-lr.fr/pdf/mater nelle.pdf

Les maîtres surnuméraires
Les maîtres surnuméraires ont-ils un effet positif sur les scolarités ? Fenêtres sur cours, la revue du Snuipp, analyse positivement le déploiement de maîtres surnuméraires dans les écoles maternelles et élémentaires. "C’est un grain de sable qui oblige à modifier les pratiques pédagogiques (on travaille différemment à deux ou trois ) et améliore la compréhension des élèves par le croisement des regards portés sur eux. Et d’ailleurs —on a posé la question— aucune école ne préfèrerait voir sacrifier ces postes pour faire diminuer ses effectifs par classe. Tout le monde a expérimenté qu’on est plus intelligent à plusieurs !" affirme Evelyne Collin-Rovélas, inspectrice. L'enquête ministérielle, évoquée dans Le Café n°49, montre la difficulté à évaluer ses effets.
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/Fsc266.pdf
http://www.cafepedagogique.net/disci/pri maire/49.php
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Prix Main à la Pâte
F. Fillon a remis le 1er février les prix Main à la pâte à 8 écoles élémentaires et maternelles. Elles ont mené des activités scientifiques expérimentales selon les objectifs de la Main à la Pâte. Initié par G. Charpak, la Main à la pâte promeut une initiation à la démarche scientifique à l'école primaire.
http://www.education.gouv.fr/actu/elemen t.php?itemID=2005211021
http://www.inrp.fr/lamap/

L'ICEM dénonce l'instrumentalisation de l'école par la police
"L'école que défend l'ICEM – Pédagogie Freinet est celle où chaque enfant est accueilli quelle que soit son histoire, dans le respect de la Convention des Droits de l'Enfant. Nous appelons tous les professionnels de l'enfance à vérifier auprès des services judiciaires adéquats qu'il s'agit de mesures de protection avant de répondre à des demandes de l'institution". L'ICEM entend protester contre l'utilisation de l'école par les services de police dans des affaires d'immigration ou de lutte anti-terroriste.
http://freinet.org/icem/actualite/Vigila nce.html

Le grenier de Sarah
Comment sensibiliser les enfants à l'histoire de la Shoah ? Peut-être en leur racontant, avec les mots de leur âge, l'histoire d'enfants de leur âge, cachés, pourchassés, aidés aussi parfois. C'est ce que propose "Le grenier de Sarah". Conçu pour être utilisé facilement par les enfants, le site évoque le destin authentique de cinq enfants juifs en mêlant témoignage sonore, documents d'époque et de belles animations. Ainsi découvre-t-on l'histoire de Francine déportée, d'Irène cachée, d'Albert le jeune maquisard, de Rachel cachée et d'Anne Frank. L'univers visuel est celui des ouvrages pour enfants mais ponctué de documents authentiques et accompagné d'un récit sonore. Ainsi l'enfant s'identifie à l'enfant pourchassé et partage ses sentiments tout en gardant son intelligence éveillée par les documents. Les histoires font découvrir la réalité de la Shoah et apportent les explications dont l'enfant a besoin. Un "épilogue" clôt l'histoire. Les autres parties du site donnent de façon très ludique des clés de compréhension de la culture yiddish terriblement laminée par la Shoah. Un espace documentaire est ouvert aux enseignants où ils peuvent télécharger les récits. Ce site développé par le Mémorial de la Shoah, avec le soutien du ministère, est absolument remarquable. A découvrir et à faire découvrir aux élèves pour la Journée du 27 janvier.
http://www.grenierdesarah.org/
http://www.cidem.org/cidem/parcours/parc ours_civiques/27_jan/2005/pdf/lettre_fill on.pdf
http://www.cafepedagogique.net/disci/his toire/58.php#55

Les instits sauvent Maziamo
Maziamo est ce petit garçon angolais de 10 ans qui était menacé d'expulsion avec son frère. Les démarches effectuées par les enseignants et les parents de l'école P. Larousse de Paris (14ème) ont porté leurs fruits : le frère aîné devrait obtenir des papiers et Maziamo rester dans sa classe.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_050119154831.2qp2vh1x.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index100105.php

- Collège    [ Haut ]

Le passage école- collège
Dans Le Parisien, Daniel Charbonnier, inspecteur général, montre le choc du passage de l'école primaire au collège : " En passant de l'une à l'autre, ce n'est pas une classe que l'enfant franchit mais un monde, qui se caractérise par un véritable trou noir. En fait, ce sont deux univers qui s'ignorent profondément. Dans cette étape charnière, par exemple, l'institution perd la mémoire de ses élèves : même quand leur livret scolaire est transmis, il n'est pas pris en compte par ces nouveaux professeurs, un peu comme si l'élève n'avait pas eu d'histoire avant son entrée au collège".
http://www.leparisien.fr/home/info/vivre mieux/article.htm?articleid=245977915

ASSR nouveaux documents
De nouveaux tests, des entraînements pour l'attestation de sécurité routière sont proposés en téléchargement. Le livret de préparation 2004-2005 est également disponible en ligne.
http://eduscol.education.fr/D0187/telech argements.htm
http://eduscol.education.fr/D0162/fichpe daASSR.htm

- Lycée    [ Haut ]

Consultation sur les programmes en STG
EduScol publie les projets de programme de maths et philosophie de la future terminale STG (remplaçant les STT) et ouvre une consultation nationale sur ces textes.
http://eduscol.education.fr/D0167/defaul t.htm

Résultats du bac le 4 juillet
Une note de service, parue au B.O. n°4, avance d'une journée la date de publication des résultats des bacs technologiques et généraux : elle est fixée au 4 juillet.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/4/M ENE0402459Z.htm

- Enseignement professionnel    [ Haut ]

BTS et IUT des filières bien différentes
Formations supérieures courtes, les IUT et les BTS s'opposent pourtant par le recrutement. Une récente étude ministérielle met en évidence l'écart entre les BTS et les IUT dans le recrutement des étudiants. Plus féminisées, les classes de STS acceptent plus facilement des candidats en retard ou ayant un bac professionnel. Les IUT se caractérisent par un pourcentage plus important de jeunes issus de milieux favorisés.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/ni/ni2005/ni0502.pdf

Programme de culture générale en BTS
Le J.O. du 28 janvier publie les programmes de culture générale et expression pour les BTS. Application à la rentrée 2005. Première épreuve en 2007. Ces référentiels devraient paraître dans le B.O. du 17 février.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnT exteDeJorf?numjo=MENS0402812A

[ Haut ]

Archives de la rubrique Informations Professionnelles :

Café  n°1 - n°2 - n°3 - n°4 - n°5 - n°6 - n°7 - n°8 - n°9 - n°10 - n°11 - n°12 - n°13 - n°14 - n°15 - n°16 - n°17 - n°18 - n°19 - n°20 - n°21 - n°22 - n°23 - n°24 - n°25 - n°26 - n°27 - n°28 - n°29 - n°30 - n°31 - n°32 - n°33 - n°34 - n°35 - n°36 - n°37 - n°38 - n°39 - n°40 - n°41 - n°42 - n°43 - n°44 - n°45 - n°46 - n°47 - n°48 - n°49 - n°50 - n°51 - n°52 - n°53 - n°54 - n°55 - n°56 - n°57 - n°58 - n°59 - n°60 - n°61 - n°62 - n°63 - n°64 - n°65 - n°66 - n°67 - n°68 - n°69 - n°70 - n°71 - n°72 - n°73 - n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78 -

 
  La rubrique Informations Professionnelles dans les archives :
 • Les dernières éditions du Café :
n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78
 • Les archives complètes


 • Envoyer une info
 • Nous écrire


 • S'abonner à cette rubrique
 • Nous connaître
 • Nous aider
 • Version imprimable