Informations Professionnelles (Café N° 71)

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- A la Une : Loi DADVSI : Pétition pour l'exception pédagogique

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Dossier spécial

Édition du 23-03-2006

- François Jarraud -

- A la Une : Loi DADVSI : Pétition pour l'exception pédagogique    [ Haut ]

"Nous avons pris l'initiative de la pétition "Pour une Exception Pédagogique" à l'occasion de l'examen du projet de loi DADVSI pour sortir enfin de l'insécurité juridique dans laquelle nous nous trouvons… En effet, chaque fois que nous passons un film, que nous faisons écouter un morceau de musique ou que nous faisons apprendre une poésie à nos élèves, nous sommes conscients d'être des hors-la-loi, en raison du vide juridique total sur ces questions". Alors que la Commission européenne a prévu une "exception pédagogique" dans sa directive sur le droit d'auteur, le gouvernement semble vouloir la refuser aux enseignants français. C'est ce que pense ce collectif d'enseignants qui lance une nouvelle pétition contre le projet gouvernemental. Ils montrent les limitations du projet de loi, qui rendrait difficile toute réelle éducation à l'image par exemple. Cette pétition rejoint une demande formulée par CineHig, une autre association d'enseignants.

Une autre pétition circule : elle demande le retrait du projet de loi. Impulsée par la Ligue Odebi, la Ligue de l'enseignement, l'UNAF, UFC Que choisir et d'autres organisations, elle a déjà recueilli près de 160 000 signatures. Seule l'interassociation Archives Bibliothèques Documentation semble satisfaite du texte : elle se félicite de l'adoption le 9 mars de l'exception "Documentation".
http://www.politechnicart.net/exception/php/index.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index280206.php
http://eucd.info/index.php?2006/03/09/272-appel-commun-au-r[...]

- Le système scolaire    [ Haut ]

Robien apôtre du déterminisme scientiste ?
"Et de trois ! Il y eut d'abord Xavier Bertrand, ministre de la Santé, s'employant à installer le néocomportementalisme parmi les «quatre catégories» des psychothérapies «validées scientifiquement» (sic). Il y eut ensuite Nicolas Sarkozy, dont on nous apprend qu'il s'inspire d'un rapport du député UMP Jacques-Alain Bénisti et d'un autre de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) pour préparer le dépistage des enfants dès l'âge de la crèche afin de repérer très précocement les futurs délinquants. Et voilà que Gilles de Robien annonce (Libération du 28 février) que les «neurosciences» permettent de «savoir désormais» que la méthode syllabique d'apprentissage de la lecture est la «plus efficace», puisque les approches alternatives «contredisent directement les structures de fonctionnement du cerveau» et que les «signaux chimiques et électriques» (sic) du cerveau permettent désormais de «trancher» cette question. Dans les trois cas, la logique est la même. Il s'agit de présenter des choix politiques singuliers comme découlant nécessairement d'une vérité scientifique dont l'évidence s'imposerait absolument. Ce néoscientisme gouvernemental est inquiétant parce qu'il instrumentalise la science au profit de thèses qui sont autant de choix politiques a priori qui ne résultent en rien de données scientifiques qui sont produites comme des justifications a posteriori". Dans Libération, Jean-Pierre Sueur, député PS, dénonce le choix idéologiques du gouvernement.

" Robien nous annonce en effet que les neurosciences vont prochainement nous expliquer «comment naissent nos pensées». Dédions-lui, en guise de réponse, cette remarque de la philosophe Clotilde Leguil-Badal : «Si l'inconscient de Freud, celui de Lacan, permet justement de penser une sortie au déterminisme ­ une sortie du sujet là où il était l'objet d'un destin ignoré ­, le cerveau des neuroscientistes, quand il prétend s'identifier au psychisme, condamne quant à lui le sujet à un déterminisme définitif.» L'article de Robien en témoigne : dans la nouvelle doxa gouvernementale, le déterminisme règne sur les apprentissages, les perceptions, les comportements et les pensées".
http://www.liberation.fr/page.php?Article=365570

Les neurosciences dernier dada de Robien
"Cette question de la transmission des connaissances agite les hommes depuis des millénaires. Curieusement, depuis quelques décennies, elle a connu un regain de controverses. Le bon sens populaire et l'expérience des professeurs ont été mis en doute par de curieuses «sciences» souvent mêlées de forts a priori idéologiques. Mais voici que la science, la vraie, la science expérimentale, est en train d'investir ce domaine. Cette science toute jeune, c'est la science du cerveau. Sous le nom de «neurosciences cognitives», ces sciences nouvelles commencent à apporter des réponses fermes ­ confirmant bien souvent nos connaissances empiriques ­ et l'explication rigoureuse qui nous manquait".

Ce sont ces merveilleuses découvertes scientifiques que Gilles de Robien veut nous faire partager dans une tribune de Libération. "Nous savons par exemple désormais, grâce aux neurosciences, pourquoi certaines méthodes de lecture sont moins efficaces dans les premiers pas vers la lecture : elles contredisent directement les structures de fonctionnement du cerveau dans l'exercice du décodage. Bref, on sait désormais non seulement que la méthode à départ syllabique est plus efficace, mais l'on sait pourquoi. On en a la preuve. Plus aucune fausse science ne pourra révoquer l'expérience".

Etre ministre de la recherche suffit-il à avoir des compétences scientifiques ? L'affirmation vague et péremptoire du néophyte couvre mal le fait que les scientifiques sur lesquels le ministre prétend s'appuyer ne se reconnaissent pas dans son obstination à imposer la méthode syllabique (on pourra par exemple lire la déclaration de 18 scientifiques le 18 février).

Faut-il s'inquiéter de voir le ministre de l'éducation s'obstiner dans une démarche que l'ensemble des spécialistes condamne ? Le pire est peut-être encore à venir. Après la lecture, G. de Robien semble avoir trouvé la solution à l'apprentissage du calcul. "Les recherches en cours nous éclaireront demain sur la mémoire, le calcul, le raisonnement".

Laissons au ministre le dernier mot. "Les sciences du cerveau n'ont pas fini de nous étonner. A mesure que notre espérance de vie s'allonge, une autre question devient préoccupante. Comment et pourquoi la «matière grise» de certains peut-elle se mettre à dégénérer ?"
http://www.liberation.fr/page.php?Article=363080

Robien veut davantage d'entreprise dans l'éducation nationale
"Cette initiative innovante illustre la volonté de Gilles de Robien de renforcer les liens Ecoles-Entreprises afin d'améliorer l'orientation des jeunes et d'assurer la réussite de l'apprentissage en France pour faire reculer le chômage". En recevant le 27 février 55 directeurs des ressources humaines de grandes entreprises, Gilles de Robien a également annoncé la création de 3 groupes de travail sur "les entreprises au service de l'accompagnement scolaire"", le renforcement des liens des entreprises – éducation nationale par l'apprentissage et les stages et l'insertion professionnelle.
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200622[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index280206.php

Le rapport de l'Inspection sur l'académie de Rouen
"Les visites dans les écoles et les établissements ne permettent pas, pour la plupart, d’anticiper un éventuel refus des équipes de s’engager dans une lutte ciblée contre l’échec scolaire. Sauf exception, le constat est plutôt celui d’un défaut d’imagination dans l’animation et de la timidité dans les exigences". Le rapport de l'Inspection générale sur l'évaluation de l'enseignement dans l'académie de Rouen (réalisé par P. Claus, G. Gaillard, F. Robine, IG, et N. Anglès, J.R. Genty, F. Mallet et O. Roze, IGAEN) conclue sur cet hommage ou cette critique.

Et il cite un exemple précis. "Les « recettes » de l’école maternelle Maurice-Utrillo sont d’une évidente simplicité : les cours à deux niveaux pour le suivi des élèves pendant deux ans et pour le tutorat des petits par les plus grands, l’accueil des parents dans la classe, le prêt de livres le soir à rapporter le lendemain, l’emploi systématique du récit pour faire parler les enfants, tout est pensé par les enseignantes pour compenser la « fracture scolaire » entre le milieu familial, non francophone, et l’école. Cette expérience est trop rare, elle devrait être diffusée à d’autres écoles maternelles et prolongée à l’école élémentaire".

Et c'est à un meilleur pilotage qu'appelle le rapport. Ainsi dans l'enseignement primaire, " il faut responsabiliser les cadres de l’enseignement primaire, élargir leur responsabilité en matière de gestion des personnes et des moyens en s’inspirant de concepts pratiqués dans la gestion de l’enseignement secondaire". Car l'académie a aussi ses points faibles : un taux de réussite au bac inférieur à la moyenne nationale, des redoublements très supérieurs à celle-ci en seconde et première, des orientations massives en professionnel au collège.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/20060301_eval_rouen.pdf

Ecole : caporalisation en marche selon le Se-Unsa
"Chers collègues, il y a danger ! Lorsque les politiques disent quels doivent être le contenu des programmes et les méthodes d’enseignement, cela s’appelle menacer gravement notre autonomie professionnelle d’enseignant, notre liberté pédagogique". Pour le Se-Unsa, une "caporalisation" de l'enseignement est en marche. Le syndicat dénonce ainsi la tentative d'imposer le "rôle positif du colonialisme" dans les programmes d'histoire, et surtout, maintenant, les pressions ministérielles pour imposer une seule méthode d'apprentissage de la lecture.

Le Se-Unsa demande aux enseignants de s'exprimer sur le rôle des élus en matière d'éducation et sur la liberté pédagogique des enseignants.
http://www.se-unsa.org/index.htm

CPE : C'est le conflit
"Devant l’obstination du gouvernement, les organisations syndicales d’étudiants, de lycéens et de salariés appellent à amplifier la mobilisation". Réunis lundi 20 mars en fin d'après-midi, les syndicats (UNEF, Cé, UNL, FIDL, CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA) ont mis peu de temps à se mettre d'accord. "Les organisations syndicales de salariés soutiennent la mobilisation du 23 mars initiée par les étudiants et lycéens et appellent à contribuer à sa réussite. L’ensemble des organisations syndicales appelle le 28 mars à une journée d’action interprofessionnelle avec arrêts de travail, grèves et manifestations".

Pendant ce temps, le premier ministre et le ministre de l'éducation nationale s'affichaient médiatiquement avec quelques jeunes démontrant leur refus de toute négociation. La semaine risque d'être difficile dans les établissements.
http://www.snuipp.fr/article.php3?id_article=3267
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

Les syndicats appellent à soutenir le mouvement anti-CPE
"Le CPE, outre qu'il s'attaque au Code du travail s'inscrit dans le cadre de la loi dite « Egalité des chances » qui instaure notamment l'apprentissage dès 14 ans et qui confirme l'abandon de toute politique éducative ambitieuse. Le CPE s'inscrit dans cette politique du renoncement au droit à l'éducation et à un emploi stable pour tous. En tant qu'enseignants des écoles, nous voulons un autre avenir pour la jeunesse". Net durcissement au Snuipp où le conflit contre le CPE semble s'élargir à une remise en question de la politique éducative du gouvernement. Le Snuipp invite les personnels à " assurer la réussite des manifestations du 23 mars, y compris en recourant à la grève".

Le Sgen et le Se Unsa affirment leur soutien à la manifestation du 23 mars. Ils appellent, comme le Snuipp à une "participation massive à la grève" le 28 mars.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1044
http://www.snuipp.fr/article.php3?id_article=3268
http://www.se-unsa.org/page_cpe.html

CPE : Le mouvement s'étend encore
Selon le ministère de l'éducation nationale, 814 lycées (sur 4330) étaient bloqués le 21 mars ainsi que 57 universités (sur 84). La Fidl estime à plus de 1000 le nombre d e lycées perturbés et l'Unef revendique 68 facs occupées. Le 20 mars, le ministère annonçait 44 facs et 313 lycées bloqués. Des manifestations ont eu lieu le 21 mars à Paris, Nancy, Rennes, Clermont, Nantes.

Selon l'AFP, le principal syndicat des chefs d'établissement, le Snpden estime que "la réponse du gouvernement a tendance à radicaliser le mouvement… Les jeunes sentent bien qu'il n'y a pas de vrai dialogue, qu'il n'y a pas eu de concertation avant la mise en place du CPE, qu'il y a eu passage en force au Parlement, ils n'ont pas confiance en ce dialogue qu'on leur propose". Le syndicat craint " situation de tension extrême qui semble s'inscrire dans la durée".
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

Les chefs d'établissement contre la suppression de la carte scolaire
"Le libéralisme à l’Ecole et la concurrence entre les établissements renforceraient les inégalités sociales et culturelles" affirme le Snpden, principal syndicat des chefs d'établissement. Il s'élève contre la volonté de l'UMP, affirmée lors de sa convention, de supprimer la carte scolaire et de développer l'enseignement privé.
http://www.snpden.org/2_infos_bref/

18 Mars : CPE : Après la mobilisation, l'attente
La forte mobilisation du 18 mars peut-elle faire plier Villepin ? Selon l'AFP les manifestants étaient nettement plus nombreux le 18 mars que le 7 mars. Mobilisation réussie donc même si les chiffres divergent. La police a compté précisément 530 600 personnes, soit 150 000 de plus que le 7 mars, là où les syndicats ont vu 1,5 million de manifestants.

Les cortèges les plus imposants ont eu lieu à Paris (80 000 manifestants selon la police, soit le double du 7 mars, 350 000 selon la CGT), 130 000 à Marseille selon les organisateurs, 50 000 à Toulouse, 35 000 à Rennes, 25 000 à Lyon etc.
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2009
http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_interne[...]

7 Mars : Un million contre le CPE
"Je cherche un appartement: avec un CDD, les loueurs ne veulent déjà rien savoir, avec le CPE ça va être pire". "On ne peut pas prendre et jeter les gens comme ça, sans aucune raison". Deux témoignages relevées par l'AFP sur le trajet de la manifestation parisienne. Comme d'habitude police et syndicats s'opposent sur le chiffrage. La police a compté 396 000 manifestants contre le CPE, les syndicats un million. Les plus gros cortèges étaient à Paris (200 000), Marseille (100 000), Bordeaux (50 000). Mais des cortèges ont traversé toutes les villes moyennes du pays. Quelque soit l'évaluation, le nombre de manifestants a plus que doublé depuis le 7 février. Le ministère comptait 15% de grévistes dans l'éducation. La FSU revendique le double.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

CPE : Les présidents d'université appellent une initiative gouvernementale
"Les présidents constatent qu'existe une réelle inquiétude des étudiants sur leur avenir et ils la partagent. De fait, même si les diplômes facilitent l'insertion professionnelle, nos étudiants sont aussi touchés par les problèmes de chômage et de précarité. Ils ressentent le CPE comme un instrument d'aggravation de ces problèmes et de fragilisation de leurs formations. Les présidents d'université ne peuvent adhérer sans réserves à quelque mesure que ce soit qui entretiendrait cette inquiétude et mènerait à une dégradation de la reconnaissance des diplômes universitaires". 46 présidents d'université sur 49 ont adopté ce texte le 15 mars. Ils invitent le gouvernement à agir. "Il leur apparaît absolument indispensable que le gouvernement prenne une initiative significative attendue par beaucoup dans la communauté universitaire et, afin de débloquer la situation, que la discussion soit relancée, Le retour à une situation normale suppose que soit renoué le dialogue avec les organisations syndicales concernées. Cette initiative peut concerner le texte même du CPE".
http://www.cpu.fr/ActU/Actu.asp?Id=1088&Inst=CPU

Installation du CTEN
Créé par la loi du 13 août 204, le Conseil territorial de l'éducation nationale vise à améliorer la concertation entre l'Etat et les collectivités publiques dans le domaine éducatif. Le ministre l'a installé le 15 mars.
http://www.latribune.fr/News/News.nsf/AllByID/IDD825BF14B94[...]*-Premier-Ministre---Installation-du-Conseil-territorial-de-l-Education-nationale?OpenDocument

Adoption de la loi sur les DDEN
Selon l'AFP, après le Sénat, la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à autoriser les délégués départementaux de l'éducation nationale à exercer leur activité dans les établissements scolaires de leur commune, à condition qu'ils n'y exercent pas de mandat municipal. Ce texte devrait être adopté le 14 mars par l'assemblée. Il modifierait alors la loi du 23 avril 2005.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

Robien rallume la guerre au Cndp
"Le maintien et le développement d’un pôle éditorial en Ile-de-France, qui constituait le cœur du projet d’établissement proposé par les personnels il y a un an, avait été considéré dans la communauté éducative comme le point de départ d’une solution positive à cette affaire de délocalisation, si mal engagée par les gouvernements qui se sont succédés depuis son annonce en décembre 2002… Ce pôle éditorial est tout à coup balayé par le ministre". L'intersyndicale du Cndp s'oppose à la direction du Cndp depuis le projet de délocalisation vers Chasseneuil du Poitou lancé par J.P. Raffarin en 2003. L'arrivée de Robien au ministère semblait avait laissé l'espoir d'un accord. Selon l'intersyndicale, une réponse du ministre à une question posée par une députée relance le conflit.
http://www.nodeloc.net

CNDP : c'est la rupture
L'intersyndicale du Cndp ne participera pas aux réunions sur l'avenir du Scéren organisées du 28 au 31 mars. "Comment construire un projet d'établissement en 4 jours, sauf à se contenter d'une note formelle et bâclée" reproche l'intersyndicale. Le conflit au Cndp a commencé en 2002.
http://www.nodeloc.net

Le ministère s'appuie sur les CCI pour faire évoluer l'orientation
"L’orientation doit tenir compte à la fois de l’élève, de sa liberté de choix, de ses aptitudes, de ses compétences... et de ses résultats scolaires ; de son environnement, et en particulier de la réalité économique et sociale". Le ministère de l'éducation nationale publie un accord de partenariat avec l'Assemblée des chambres de commerce signé en novembre dernier.

Ce texte vise à soutenir les objectifs gouvernementaux, particulièrement l'apprentissage et les classes de découverte professionnelle. Il s'agit notamment de " renforcer la connaissance par les professeurs et les conseillers d’orientation du monde économique".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/11/MENE0600074X.htm

Premières mesures scolaires contre la grippe aviaire
Par une lettre adressée aux recteurs le 22 février, le ministère de l'éducation nationale demande que des précautions soient prises dans les établissements contre la grippe aviaire. Et d'abord il demande aux professeurs de SVT "de ne pas manipuler jusqu'à nouvel ordre d'oiseaux sauvages ou de produits dérivés". Une autre recommandation est plus générale : "il est demandé à tous les enseignants de ne pas procéder à des élevages d'oiseaux à but éducatif et d'éviter toute activité externe… de nature à mettre les élèves au contact direct avec des oiseaux sauvages". Les enseignants sont invités à expliquer aux élèves qu'il faut s'abstenir de manipuler un oiseau mort et qu'il faut signaler cette découverte. La note donne également des instructions à suivre en cas de découverte ou de manipulation.

- Vie professionnelle    [ Haut ]

Stages des lauréats des concours
Le B.O. n°9 publie une note précisant les modalités d'affectation et de stage à la rentrée scolaire des lauréats des concours de recrutement externes et internes de l'agrégation, du Capes, du Capet, du Capeps, du Caplp, de CPE et de conseillers d'orientation.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/9/MENP0600600N.htm

Les sujets des concours
Le Crdp de Nice publie les sujets des concours 2006 : arts, documentation, histoire-géo, maths, philosophie, SVT, physique-chimie, eps etc. Capes, agrégation, Capeps, capet, caplp, cpe : tous y sont.
http://www.crdp-nice.net/bouquet/doc_ad/listing_sujets.php?[...]

Les médecins scolaires contre le rapport Inserm
"Les médecins scolaires travaillent depuis des années à l'accueil des enfants avec des besoins particuliers: handicaps, maladies chroniques, difficultés scolaires, souffrance psychique, troubles de conduite. Mais ils ne veulent pas être les auxiliaires d'une police sociale ou médicale et à une utilisation politique de l'expertise de l'Inserm". A son tour le syndicat des médecins scolaires (SNMSU) prend position contre le rapport de l'Inserm sur "le trouble de conduites". Une position déjà adoptée par les psychologues scolaires et par de nombreux enseignants et pédopsychiatres. Leur pétition atteint maintenant 75 000 signatures.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index160206.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index230905.php
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/

- Primaire    [ Haut ]

Semaine de la coopération à l'école
Du 20 au 26 mars 2006, l’OCCE et le GNC organisent, pour la quatrième année consécutive, la Semaine de la Coopération à l’Ecole. Elle est l’occasion, pour les entreprises coopératives et l’OCCE, de s’associer pour promouvoir la coopération en tant que projet éducatif, social et économique. La Semaine de la Coopération est ouverte à tous les élèves du primaire et du secondaire, de la maternelle au lycée.

Cette opération vise à mieux faire connaître la coopération auprès des enseignants et de leurs élèves, en aménageant des rencontres entre les classes et les acteurs de la coopération adulte, qui mettent en œuvre et partagent les mêmes principes : démocratie (« une personne, une voix »), libre adhésion, solidarité, caractère non partageable des bénéfices qui restent acquis à la coopérative, engagement, responsabilité et autonomie…

Parmi les actions de cette année, il faut souligner l'envoi à près de 8000 enseignants de SES d'un support de cours sur le secteur coopératif comprenant cours et exercices. Il peut être complété par des documents pédagogiques réalisés par les associations départementales de l'OCCE sur les coopératives et particulièrement le monde agricole.

Pour le premier degré, la Semaine a mis en ligne des jeux coopératifs de la maternelle au CM2.
http://www.semaine.coop/
http://www.entreprises.coop/UPLOAD/rubrique/pages/130/130_r[...]
http://www.entreprises.coop/UPLOAD/rubrique/pages/138/138_r[...]

Promotions prof des écoles dans le privé
Le J.O. du 12 mars fixe le nombre (3514) et la répartition départementale des promotions à l'échelle de rémunération de professeur des écoles pour les maîtres du privé sous contrat.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]

Filles et garçons : tout se joue au primaire
"En 2005, les filles et les garçons n’ont toujours pas les mêmes parcours à l’école. Les filles réussissent mieux scolairement que les garçons et ce quel que soit le niveau d’enseignement et quelle que soit la filière ou discipline considérée". Une étude ministérielle met en évidence les fortes inégalités entre filles et garçons dans le système éducatif.

En France comme dans la plupart des pays développés, les filles obtiennent de meilleurs résultats : 8 filles sur 10 obtiennent le bac contre 6 garçons, une sur deux un diplôme du supérieur contre 40%. Mais finalement "les filles se retrouvent dans des filières moins rentables à la fois scolairement et économiquement. Ainsi, si les filles ont de meilleurs taux de réussite au BTS, quel que soit le domaine, que les garçons, elles ont un taux global de réussite au BTS plus faible car elles sont plus nombreuses en BTS services où le taux de réussite est plus faible qu’en BTS production, alors que les garçons sont sur-représentés en BTS production".

Comment expliquer ce paradoxe ? Par des disparités observées dès le primaire. "Les filles entrent en CP avec de meilleurs acquis que les garçons mais les évolutions entre le CP et la sixième sont très différentes selon que l’on examine les mathématiques ou le français. À même niveau de compétence à l’entrée en CP, une fille progresse plus qu’un garçon en français et l’écart fille-garçon qui existait à l’entrée en CP se creuse donc. C’est le contraire en mathématiques". Plus tard, au collège comme au lycée, les filles choisissent des options différentes. Comment ne pas y voir l'influence des stéréotypes sociaux ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni0606.pdf

L'éclipse du 29 mars
"La lune tourne autour de la Terre. Le jour elle se recharge en lumière grâce au soleil". "Les questions que je me pose : Que fait la lune la journée pendant que le soleil est là ?" Ces questions d'enfants sont tirées de l'excellent dossier proposé par l'IUFM de Lyon sur l'éclipse de soleil du 29 mars 2006. " Cette éclipse totale de Soleil pourra être vue comme assez fortement partielle en France métropolitaine, avec une grandeur d'autant plus importante que l'observateur sera situé proche du Sud-Est, en milieu de journée" annonce l'Observatoire de Paris.

Le dossier donne des exemples fort intéressants de représentations (sans doute parfois définitives !) d'élèves sur la lune ou les éclipses. Il montre très concrètement le parti que les enseignants peuvent tirer de la prochaine éclipse pour faire observer les élèves et les faire réfléchir et étudier. Remarquable. Il est temps de commander vos lunettes spéciales !
http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Cadrans/activpedago/TextesCour[...]
http://www.lesia.obspm.fr/solaire/eclsol/ecl290306.html

Un forum sur la littérature de jeunesse étrangère
Primlangues lance un nouveau forum du 6 mars au 9 mai sur le thème : "comment exploiter la littérature de jeunesse étrangère en classe de langue ?" Des experts répondront aux questions des enseignants qui bénéficient également d'une bibliographie.
http://www.primlangues.education.fr/php/


- Collège    [ Haut ]

Deux collèges du 92 refusent l'offre de N. Sarkozy
Selon l'AFP, les C.A. de deux collèges de Clichy qui devaient expérimenter un "policier référent" ont voté contre leur installation dans le collège. La mesure est critiquée par des syndicats enseignants et la FCPE.

Celle-ci évoque "la pédagogie du père Fouettard". " Quel message est, une fois de plus, adressé aux jeunes ? Sont-ils des délinquants en puissance que la police doit surveiller jusque dans l’Ecole parce que ceux qui sont chargés de les y encadrer ne sont pas à la hauteur ? Quelle crédibilité accorder désormais à l’autorité du chef d’établissement et de l’équipe éducative, dès lors que tout incident sera susceptible d’être renvoyé à l’intervention du policier référent ? Et quid du dialogue avec la famille ?... Est-il bien raisonnable d’enseigner aux élèves le « vivre ensemble » dans un établissement où le dialogue, la médiation, seront court-circuités par un policier en uniforme pouvant intervenir « pour faire cesser tout trouble ou différend » ?"
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=487

Des CPE protestent contre la police dans les établissements
" Il apparaît beaucoup plus judicieux, et probablement beaucoup plus payant électoralement, de faire croire qu'un policier dans chaque école va comme par magie, transformant sa matraque en baguette, résoudre par la «peur du gendarme» tout ce mal-être exprimé dans l'école mais né hors de son enceinte des frustrations générées par un modèle social et économique assis sur l'injustice et les discriminations". Dans une tribune publiée par Libération, trois CPE dénoncent une politique qui vise à retirer les adultes des établissements scolaires et à les remplacer par la police.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=365283

Le Snes porte plainte contre les policiers dans les collèges
Dans un communiqué, le Snes annonce qu'il saisit le tribunal administratif à propos des "policiers référents" mis en place dans des collèges des Hauts-de-Seine par le conseil général. Le Snes rappelle "qu'il n’est pas hostile par principe à l’existence de coopérations entre les autorités chargées du maintien de l’ordre et les autorités chargées de la gestion des collèges" mais "ne peut accepter un dispositif qui créera des contraintes aux collèges concernés, et aura des conséquences importantes sur l’organisation de la vie scolaire, le dialogue entre les jeunes et les adultes, les rapports avec les parents d’élèves, sur fond de développement d’une politique exclusivement sécuritaire".

Pour le Snes, "le protocole empiète sur les compétences des collèges et de leurs personnels. Il délègue et contractualise illégalement le pouvoir de police de ces dernières".
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=1980

- Lycée    [ Haut ]

Le livret du bac modifié
Le B.O. n°9 publie une modification au livret scolaire du bac général : adaptation à la nouvelle épreuve de TPE.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/9/MENE0600432A.htm

Calendrier du Dpecf, Decf et Descf
Un arrêté publié au J.O. du 15 mars fixe les dates d'inscription et des épreuves du Decf, Dpecf et Descf. Date de fermeture des inscriptions : le 3 avril.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]

Le bac dans les DOM
Le B.O. du 16 mars publie le calendrier de la session 2006 du bac général et technologique dans les DOM.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/11/MENE0600749N.htm

Calendrier du concours général
Le concours général des lycées aura lieu du 9 au 24 mai.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/11/MENE0600747N.htm

- Enseignement professionnel    [ Haut ]

Les recherches sur l'enseignement professionnel
"Jusqu'il y a quelques années, l'enseignement professionnel fut un sujet délaissé par la recherche. Il fut en effet longtemps victime de sa mauvaise image… Au cours de ces dernières années, la situation économique (chômage, exclusion...) a fait de l'enseignement professionnel une des premières préoccupations de l'État. La recherche concernant ce sujet s'est alors densifiée… Les différentes recherches portant sur l'enseignement professionnel sont représentatives de sa structure, de son mode de fonctionnement (externe et interne) et de ceux (enseignants...) qui le constitue". Sur le site de l'INRP, Xavier Sido publie son mémoire sur la recherche pédagogique dans l'enseignement professionnel.

"Ce travail, que l'on peut qualifier de « travail-répertoire », est un outil pour, d'une part, que le chercheur ait connaissance des travaux existants, et, d'autre part, qu'il puisse les retrouver et ainsi les consulter par le biais de la bibliographie".
http://www.inrp.fr/vst/Dossiers/Ens_Professionnel/sommaire.[...]

Le Sénat impose la lutte contre les discriminations dans les CFA
"Certains CFA sont connus pour écarter presque systématiquement les candidatures de jeunes issus de l'immigration". C'est un directeur de centre qui témoigne dans Le Monde d'une pratique bien connue dans l'enseignement professionnel qui oppose les LP et certains CFA.

Selon Le Monde, le Sénat a adopté un amendement à la loi sur l'égalité des chances qui impose aux CFA un contrôle sur leur politique de lutte contre les discriminations.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-748292@51-737534,0.html
http://www.senat.fr/dossierleg/pjl05-203.html

Les entreprises veulent-elles concurrencer l'éducation nationale ?
"Si on parvenait à former 500 000 apprentis, ça changerait la face des choses. Le système éducatif traditionnel imploserait. Il y aurait moins de monde dans les collèges et les lycées. Et ça ne serait pas plus mal. .. L’apprentissage développe un savoir-faire et un savoir-être que l’Éducation nationale n’est pas en mesure d’assurer". Lors des "1ères Assises de l'apprentissage" organisées par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) Henri Lachmann, PDG de Schneider Electric et président de la Mission ministérielle de valorisation de l'apprentissage ne mâche pas ses mots et fixe un objectif qui ne peut pas laisser insensible le monde enseignant.

La CCIP forme déjà 4000 apprentis mais il est vrai exclusivement dans l'enseignement supérieur "de la classe préparatoire aux masters". On est très loin des apprentis de 14 ans… Elle soutient le programme gouvernemental de développement de l'apprentissage.

Pour développer l'apprentissage dans les grandes entreprises la CCIP propose aux rectorats franciliens des partenariats "en vue d'organiser des actions de sensibilisation et d'information sur l'apprentissage" et souhaite qu'on valorise les maîtres de stage et les entreprises qui dépassent les quotas d'apprentis.
http://www.ccip.fr/index.asp?idlangue=5&idmetapage=131#3
http://www.orientation-metiers.ccip.fr/

Deux nouveaux bacs en filière bois
Le J.O. du 4 mars publie deux arrêtés créant un bac professionnel "technicien de fabrication bois et matériaux associés" et "technicien de scierie" en lieu et place du bac "productique bois". Première session en 2008.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]

Le Sénat amende l'apprentissage à 14 ans
Le Sénat a modifié le texte de loi créant l'apprentissage à 14 ans en demandant qu'un tuteur accompagne le jeune tout au long de sa formation.
http://www.senat.fr/dossierleg/pjl05-203.html

Dossier spécial    [ Haut ]
- Lecture : Débat et solutions, un dossier du Café pédagogique

Depuis le début de l'année la polémique fait rage sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. G. de Robien a publié une circulaire, assortie d'une grande campagne médiatique, qui a suscité de vives réactions. Comment y voir clair ?

Le Café pédagogique publie un dossier qui met en parallèle les arguments du ministre et ceux des scientifiques. Il fait le point sur les réactions suscitées par le texte ministériel et rappelle le contenu des programmes de 2002 actuellement en vigueur. En quelques pages, le dossier fait connaître les arguments des uns et des autres. Enseignant ou parent, spécialiste ou pas, faites-vous votre propre opinion !
Le dossier
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/index.php
Le dossier imprimable (en pdf)
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/lecture.pdf
L'affichette pour le faire connaître
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/afflect.pdf

Le dossier d'Education et Humanisme
"L’affirmation d’un ministre prétendant « faire baisser le nombre d’illettrés en 6e » par « les effets » de sa circulaire serait grotesque, si elle n’était pas scandaleuse". Dans l'introduction à ce copieux dossier "Lecture" d'Education & Devenir, Jean-François Launais dresse le portrait d'un Robien en Lyssenko (une assimilation qui s'était déjà imposée au Café). "Le « pur pragmatique », comme il se définit, est en fait la marionnette d’un puissant lobby idéologico-réactionnaire dont les groupes se disputent d’ailleurs la paternité de la parole ministérielle condamnant « la méthode globale et assimilée »".

Mais l'essentiel du dossier reprend des échanges, plus que des contributions, de chercheurs. Franck Ramus, Jean-Emile Gombert, Jonathan Grainger, Liliane Sprenger-Charolles, Roland Goigoux, André Giordan, par exemple, participent de ce débat et mettent en évidence à la fois la complexité de la recherche sur les apprentissages et les réductions abusives du ministre.

Un dossier riche, complété par des témoignages de praticiens, que le Café vous recommande (à coté de notre propre dossier).
http://education.devenir.free.fr/Documents/lecture.pdf

9 mars : Robien cède mais…
"Les enseignants dans l’exercice quotidien de leur métier savent que l’on ne peut réduire la question de la lecture à une seule méthode et qu’enseigner ce n’est pas exécuter des gestes ordonnés par d’autres". Réunis à Paris le 9 mars, les trois principaux syndicats du primaire (Snuipp, Se-Unsa, Sgen-Cfdt), six mouvements pédagogiques ou éducatifs (l'Agiem (maternelles), le Crap –Cahiers pédagogiques, l'AIRDF, l'Icem, le Gfen, l'Afef, la Ligue de l'enseignement), la principale association de parents d'élèves (la Fcpe), accompagnés de plusieurs chercheurs (R. Goigoux, P. Joutard, A. Ouzoulias, R. Brissiaud, P. Meirieu) ont fait le point sur le conflit qui les oppose au ministre de l'éducation nationale sur la lecture. Début janvier, G. de Robien relançait le débat, enterré depuis 2002, des méthodes de lecture et publiait un texte interdisant la méthode globale au Cours Préparatoire. En même temps il multipliait les interventions médiatiques préconisant la seule méthode syllabique. Enfin début mars il proposait au Conseil supérieur de l'éducation un projet de programme imposant ses vues. Les chercheurs, y compris ceux qui étaient mis en avant par le ministre, et les syndicats prenaient position contre ce texte.

"Manifestement l’isolement et les interventions conjuguées des professionnels, des chercheurs, des formateurs et des universitaires ont porté leurs fruits. (Le ministre) a évolué. La phrase précisant l’existence de deux types d’approche complémentaire à savoir l’analyse de mots entiers en plus petites unités référées à des connaissances déjà acquises et la synthèse à partir des constituants est rétablie. Le rôle de la maternelle est précisé comme celui du CE1, rétablissant ainsi la notion de cycle qu’avait exclue le projet précédent. La conjugaison du travail de lecture et d’écriture est rappelée". Le projet de programme proposé par le ministère revient donc largement sur les déclarations ministérielles et préconise des approches variées. Il reconnaît également l'importance des apprentissages à l'école maternelle.

Soulagés, les organisateurs réaffirment leur accord avec les programmes de 2002. "Nous considérons que les principaux éléments des programmes de l’école maternelle et élémentaire publiés en 2002 après de larges consultations conservent toute leur pertinence. Des difficultés demeurent. Il faut les réduire. L’apprentissage initial de la lecture peut et doit être amélioré. C’est en procédant à des recherches rigoureuses, en renforçant la formation et l’accompagnement des enseignants, en organisant une réelle évaluation du travail effectué dans les classes, en prenant en compte les élèves dans leur diversité en améliorant les conditions d’enseignement et d’apprentissage que l’école peut développer les compétences des élèves en lecture". Roland Goigoux rappelait l'importance de la lutte contre l'illettrisme et l'orientation actuelle des travaux de recherche. Pour les chercheurs, les difficultés dans l'apprentissage de la lecture apparaissent en grande section et en moyenne section de maternelle. C'est là que l'effort doit être porté ainsi qu'en cycle 3.

La guerre de la lecture est-elle pour autant terminée ? Probablement pas. D'une part, le soir du 9 mars, lors du séminaire national, G. de Robien retrouvait un ton offensif pour vanter la méthode traditionnelle. Cas unique de double langage, dans la même journée, il arrivait à la fois à exhorter les instits à revenir à la méthode syllabique de grand-papa et à publier un projet de programme qui maintient des approches variées et associatives. Ultime baroud, posture médiatique ou obstination ? Pour Gilles Moindrot, du Snuipp, "La lecture n'est que prétexte idéologique. On aurait voulu sciemment instaurer la méfiance, la défiance même vis à vis de notre professionnalisme qu'on aurait pas mieux fait". Pour Jean-Luc Villeneuve, du Sgen-Cfdt, "le ministre joue sur le velours, utilisant les angoisses des familles pour manipuler l'opinion. C'est facile de dire que tout est de la faute des méthodes et des pédagogues et éluder ainsi les vrais problèmes de société".

Car le double langage du ministre laissera des traces durables. D'une part chez les militants UMP fortement mobilisés contre les enseignants et pour le retour des méthodes pédagogiques les plus archaïques, comme nous avons pu le constater lors de la convention UMP. Croire que cette mobilisation sera sans effet et que les dirigeants UMP pourront contenir leurs troupes est peut-être un pari dangereux. Il semble que dès maintenant les dérapages se multiplient.

D'autre part, le ministre n'a cessé de jeter le discrédit et la défiance sur les instits et l'institution scolaire. Il continue à inviter les parents à demander des comptes aux enseignants. Ceux-ci vont avoir à faire face à des pressions d'autant plus redoutables que l'angoisse des parents est réelle et que la réponse pédagogique est forcément nuancée et adaptive. Les organisateurs de la réunion annoncent "une campagne de pétitions, de réunions locales menées au plan local et départemental". Et la FCPE fait part de son intention d'y participer. L'issue de la crise est à chercher dans la qualité de la relation entre enseignants et parents. Or c'est une faiblesse connue de l'institution scolaire française que de laisser peu de place à cette relation et les parents hors de l'école. Jeudi 9 mars, on aurait aimé entendre des propositions concrètes d'action pour jeter des ponts entre les uns et les autres. Seule une forte mobilisation des organisations de l'Ecole peut relever le défi lancé par de Robien.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1028
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/

9 mars : Le séminaire national sur la lecture
"Le ministre, fidèle à son image, reste droit dans ses bottes. Est-ce un discours de façade pour ne pas perdre la face ou l’expression d’une volonté de ne pas dévier sa route ? Dans son discours, les choses sont à appliquer sans discussion ni état d’âme : le déchiffrage sera la seule activité du CP citée dans son discours de clôture. Avec une vision simplissime de l’idée de cycle : à la maternelle, on apprend à parler et on enseigne le vocabulaire (un mot par jour !), au CP on décode, au CE1 on comprendra. Aux cadres intermédiaires d’appliquer la ligne !" Patrick Picard a assisté au Séminaire national sur la lecture. Il rend compte des propos du ministre (vous pouvez les écouter) et des contributions scientifiques. Le séminaire met-il un terme au conflit sur la lecture ?
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/semlec/index.php
Journée ONL du 8 mars 2006
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/onl/

Enseigner la langue : 8 mars : la Journée de l'ONL
"Il ne peut y avoir d’expression sans maîtrise préalable des règles d’orthographe. Il est illusoire d'en faire l'économie, car c'est la formation même de la pensée qui est en jeu". Ouvrant le 8 mars les travaux de la Journée de l'Observatoire National de la Lecture (ONL), à Paris, devant des centaines d'enseignants, Gilles de Robien a encore invité au retour de la tradition en demandant "un apprentissage systématique, progressif et exhaustif des conjugaisons et des règles de la grammaire".

" On pourrait ainsi encore à peu de frais améliorer une orthographe relativement efficace du point de vue du compromis qu’elle offre au lecteur, au scripteur, à l’apprenant débutant" estime J.-P. Jaffré. Les spécialistes (B. Combettes, M. Fayol, J.-P. Jaffré, J. David) se sont attachés à montrer les difficultés d'apprentissage de la grammaire et de l'orthographe. Retrouvez leurs contributions et le compte-rendu de la Journée dans le dossier spécial du Café pédagogique.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/onl/index.php
Jaffré
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/index.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/

14 Mars : Blocage du CSE sur la lecture
"Nous demandons au Ministre l’organisation d’une évaluation scientifique du travail effectué dans les classes concernant l’apprentissage de la lecture afin d’appréhender leur efficacité respective. Dans l’attente des résultats de cette évaluation, nous vous demandons de surseoir à toute modification des programmes". Le 14 mars, la Fcpe, les principaux syndicats du primaire (Sgen-Cfdt, Se-Unsa, Snuipp Fsu), la Ligue de l'enseignement, la Fep Cfdt (enseignement privé), la Cgt, l'Unsa Education et la Fsu, ont quitté la réunion du Conseil supérieur de l'éducation chargée d'étudier le projet de programme pour l'apprentissage de la lecture. Ils ont empêché sa réunion, le quorum n'étant pas atteint.

C'est que ces organisations ne décolèrent pas devant "le double discours ministériel qui prévaut en ce moment sur le sujet de l’apprentissage de la lecture, sujet pourtant crucial pour l’avenir des jeunes". Elle relèvent que d'un coté le ministre a modifié son projet de programme et tenu compte des interventions des syndicats et des mouvements pédagogiques mais que de l'autre il continue un campagne médiatique en faveur de la méthode syllabique.

Ils soulignent par exemple que le nouveau texte proposé par G. de Robien rétablit "l'existence de deux types d'approche complémentaire, « analyse de mots entiers en plus petites unités référées à des connaissances déjà acquises et synthèse à partir des constituants »; qu'il reconnaît le rôle de la maternelle et du CE1, enfin qu'il rappelle " la nécessaire conjugaison du travail de lecture et d'écriture".

Mais pour ces organisations "la confusion est totale entre ce projet et les récentes déclarations ministérielles. Le maintien de la circulaire du 5 janvier et les déclarations publiques sur le rétablissement de la méthode syllabique ou l’interdiction d'autres méthodes révèlent en effet la volonté d'imposer une démarche idéologique qui se sert de l’apprentissage de la lecture comme alibi : cette démarche, sous couvert de restauration de l'autorité, vise à faire de l'élève un individu passif auquel on ordonne d'apprendre, comme si l'injonction suffisait à le faire entrer dans les apprentissages. Elle jette du trouble dans l’opinion publique, du doute, de la défiance vis-à-vis de l’école. Elle est inadmissible".

Lecture : 6 mars : Quatre organisations quittent le CSE
"Contrairement à la démarche qui avait prévalu pour l’élaboration des programmes de 2002, le ministre n’a engagé aucune réflexion approfondie avant d’élaborer le projet d’arrêté qui se rapporte à l’apprentissage de la lecture. Sur ce sujet, pourtant crucial pour l’avenir de tous les jeunes, aucune expertise sérieuse n’a été conduite… Aucune évaluation des pratiques des enseignants sur le terrain n’a été engagée. Au contraire, les résultats des recherches pouvant apparaître contradictoires avec l’opinion du ministre ont été ignorés ou même discrédités. Ce projet de modification des programmes s’inscrit pour nous dans une démarche beaucoup plus idéologique que pragmatique". Lundi 6 mars, la Fcpe, le Sgen-Cfdt, le Se-Unsa et le Snuipp-Fsu ont quitté la réunion du CSE où était présenté le projet de modification des programmes de l'école primaire de 2002.

Pour ces organisations, le projet "ignore que les enfants ont des manières différentes d’entrer dans la lecture et supprime d’un trait de plume tous les acquis professionnels engrangés dans le domaine de l’apprentissage de la lecture par les maîtres avec l’aide des chercheurs depuis quarante ans. Le déchiffrage comme seule base d’apprentissage de la lecture a été mis en cause à la fin des années 60 parce qu’il ne garantissait pas la compréhension. C’est pour cette raison que les enseignants ont multiplié leurs efforts, se sont mobilisés, pour transformer leurs pratiques afin d’améliorer les performances des élèves. Il s’agit donc aujourd’hui, avec ce projet de texte, d’un considérable retour en arrière".

Présenté dans L'Expresso du 6 mars, le nouveau texte tente de raboter toute référence à d’autres possibilités que la pure méthode syllabique. Là où l’ancienne formulation acceptait d’entendre que toute méthode pouvait avoir des points forts et des points faibles, De Robien ne veut voir qu’une tête. Prépare-t-il ainsi la préconisation unique de sa très chère « Léo et Léa » ?
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=489
La pétition
http://www.fcpe.asso.fr/petition_detail.aspx?id=474
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index060306.php

6 Mars : Robien voulait modifier les programmes
Le ministre de l’Education persiste et signe en demandant aujourd’hui, lundi 6 mars, au Conseil Supérieur de l’Education (CSE) de modifier plusieurs passages des programmes de 2002, dans la partie consacrée à l’apprentissage de la lecture au cycle II.

Pour le non-spécialiste, certaines modifications pourront paraître mineures : on supprime la phrase qui précisait que "la plupart des "méthodes" de lecture proposent aujourd’hui des programmes de travail équilibrés" entre l’identification des mots et la recherche de la compréhension. Pour autant, la définition de la lecture comme une double activité sur ces deux niveaux n’est pas remise en cause (comment pourrait-elle l’être ?). Dans la même veine, on supprime la phrase qui précise que "la plupart des méthodes proposent deux types d'abord complémentaires ; analyse de mots entiers en unités plus petites référées à des connaissances déjà acquises ; synthèse, à partir de leurs constituants, de syllabes ou de mots réels ou inventés". Pour autant, le paragraphe suivant précise toujours la place des activités d’analyse (dans "manteau", je vois le "man" de "maman", le "t" de "table", le "eau" de "beau").

Mais la troisième modification tente de raboter toute référence à d’autres possibilités que la pure méthode syllabique. Là où l’ancienne formulation acceptait d’entendre que toute méthode pouvait avoir des points forts et des points faibles, De Robien ne veut voir qu’une tête. Prépare-t-il ainsi la préconisation unique de sa très chère « Léo et Léa » ?

En limitant le « toilettage » des programmes à trois articles, le ministre souhaite peut-être laisser croire qu’il prend une position "raisonnable", répondant ainsi au texte des "18 scientifiques" qui, en même temps qu’ils prenaient leurs distances avec l’instrumentation ministérielle, lui proposaient les modifications présentées aujourd’hui.

C’est bien ce qui heurte tous ceux qui, dans leur classe ou dans les laboratoires universitaires, tentent d’imaginer des pédagogies plus efficaces pour les élèves en difficultés : tous savent que ce qui pose souci dans l’apprentissage est complexe. C’est notamment ce que Rémi Brissiaud, défendant d’autres méthodes d’apprentissage de la lecture, affirme dansune contribution au Café. "Les scientifiques doivent se garder de trancher entre des pratiques pédagogiques qui n'ont pas encore fait l'objet d'une telle étude scientifique. Le rôle du scientifique n'est pas de conformer les pratiques humaines à celles qu'il a déjà étudiées et qui lui paraissent les plus recommandables. Il doit accepter que l'objet qu'il étudie soit plus complexe que le modèle provisoire que sa communauté scientifique en a élaboré et accepter que l'impression de certitude que fournit un tel modèle, soit relativisée par l'expérience des praticiens. Il doit même accepter que l'expérience des praticiens prime quand lui-même manque d'informations !"

Après tout, ces 18 scientifiques écrivent eux-mêmes que "les études scientifiques dont (ils font) état n'explorent qu'une infime partie des paramètres sur lesquels on pourrait jouer pour améliorer encore l'enseignement de la lecture. La recherche scientifique appliquée à l'éducation doit donc encore être développée et soutenue. Toutes les pratiques pédagogiques en vigueur à l'école sont largement perfectibles, encore faut-il disposer d'études fiables pour fonder les évolutions".

En tout cas, le collectif organisé autour du texte "Apprentissage de la lecture : assez de polémiques, des réponses sérieuses" (AGIEM, CRAP, ICEM, FCPE, GFEN, Ligue de l'enseignement, SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT) manifestera sans doute son opposition à la méthode proposée au CSE. Il organise une conférence de Presse le 9 mars, le même jour que l’intervention que fait le ministre sur la lecture devant tous les inspecteurs d’académie.

La difficulté sera sans doute, dans les semaines à venir, de trouver des moyens d’information de l’opinion qui permettent aux parents et aux enseignants de pouvoir débattre. "La syllabique, c’est pas automatique, parlez-en à votre instit !" écrivait R. Goigoux dans une récente contribution. Assurément, une voie à suivre, aussi complexe que l’apprentissage de la lecture elle-même… (P. Picard)
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/ramus.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/brissiaud.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/goigoux2.php


En débat

Journal d'une grande section : Février
"Comme les autres enfants, Y... vit quotidiennement ce corps à corps avec des situations d’écriture, qui induisent un rapport physique, on peut dire sensuel, à la langue écrite. Quand on voit comment ces enfants construisent, chacun selon ses propres cheminements, leur identité de sujet de langage dans ces moments d'écriture répétés, on ne peut ignorer qu’ils occupent déjà le coeur même de leurs apprentissages fondamentaux. Leur engagement, leur jubilation pourraient en faire réfléchir plus d’un sur ce qu’est une SITUATION D'APPRENTISSAGE" . En février, Bernard Devanne nous fait encore partager les apprentissages de ces enfants de grande section en ZEP. Une découverte passionnante de la lecture et de l'écriture qui donne une autre perspective que la circulaire ministérielle.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i4l.php

Faut-il brûler la méthode idéovisuelle sans examen ?
Sur le site du Snuipp 89, Gilles Mondémé dénonce le discours consensuel contre la méthode "idéovisuelle" et la "chasse aux sorcières" dont seraient victimes ses partisans. " La Globale serait donc cette maladie infantile ou sénile, honteuse, quasi nosocomiale de la pédagogie de la lecture. Et pourtant... qui pourrait argumenter en pleine connaissance de cause contre la théorie de la forme, la gestalt, dont elle s’inspire quand on sait que l’écrit est d’abord un langage pour l’œil parce qu’il se développe dans l’espace laissant le message permanent contrairement à l’oral qui se développe dans le temps et dont le message s’efface au fur et à mesure de son énonciation ?... On pourrait au moins être d’accord sur le fait que des recherches (qui ne soient pas que des recherches in vitro) doivent continuer sur la maîtrise de l’écrit dans une pluralité garantie".
http://89.snuipp.fr/article.php3?id_article=493

M. Fayol invite à varier les méthodes
"Il est sage de dire qu'aujourd'hui nous ne savons pas bien si certaines approches sont nettement plus sûres que d'autres". Dans Fenêtres sur cours, Michel Fayol, membre de l'Observatoire national de la lecture, montre la complexité de l'apprentissage de la lecture. " La phase d'apprentissage de la lecture au CP est intense et doit donc être préparée en amont : elle se situe dans une dynamique qui porte aussi bien sur la compréhension, le traitement de l'oral, la connaissance et la manipulation des lettres".

Pour lui, "la pratique est parfois en avance sur la théorie. Il faudrait s'interroger empiriquement et calmement, notamment en se demandant si des enfants différents ne réagissent pas différemment à des approches elles-mêmes différentes".
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc281.pdf
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/index.php

Des instits répondent à Robien
Chassé croisé dans Le Monde. C'est en durcissant le ton que Gilles de Robien reprenait les arguments en faveur de la méthode syllabique déjà développés dans une récente tribune de Libération. "Il faut sans doute revenir sur l'idéologie selon laquelle l'élève doit "construire lui-même ses savoirs" et le professeur "se mettre à l'école de son élève". Au nom de cette idéologie, on a déconsidéré les apprentissages élémentaires systématiques. Je crois profondément que les enseignants, et les instituteurs en particulier, ne se satisfont nullement de cette évolution, qui leur a été imposée au nom du "pédagogisme"…. Les travaux des chercheurs démontrent que les méthodes à départ global sont beaucoup moins efficaces que les méthodes à départ syllabique, et qu'elles sont même néfastes pour les enfants les plus fragiles. Elles expliquent en partie les difficultés que l'on observe chez les élèves qui ne savent pas lire en 6e". Un pourcentage qu'il fixe à "15 à 20%", très haut dessus des chiffres des chercheurs : 4% d'élèves en très grande difficulté…

De "simples" instits ont pris la peine de répondre au ministre. "Le ministre de l'éducation nationale affirme que l'école pourrait mieux réussir l'enseignement de la lecture ; nous le pensons aussi. Il considère qu'il n'y a pas de lecture maîtrisée si l'élève ne manipule pas avec aisance "les correspondances entre les lettres et les sons" ; nous aussi. Mais il y a différentes façons d'y parvenir, et notre expérience de plusieurs années de CP nous a appris qu'enseigner le "b.a.-ba" dès le début de septembre est loin d'être le procédé le plus efficace".

Ces enseignants (Luc Bentz (école Pauline-Kergomard, 95 Sarcelles), Martine Castier (62 Helfaut), Annie Cobes (Ecole ouverte des Bourseaux, 95 St-Ouen-L'Aumône), Michel Colas (école Célestin-Freinet, 49 Saint-Lambert-du-Lattay), Sylvain Connac (Ecole coopérative, 34 Balard), Christian Deligne (école Pierre-Curie, 95 Pierrelaye), Catherine Foucher (école des Charruaud, 33 Libourne), Isabelle Lescouarch (école de Mont-Cauvaire, 76), Florence Suire (école des Boulingrins, 95 Vauréal), Danielle Thorel (école Hélène- Boucher, 59 Mons-en-Baroeul), précisent leur démarche. "Nous n'enseignons pas le "b.a.-ba" au début du CP. Nous ne pratiquons pas non plus ce que l'on dénomme "méthode globale". Dès le début de l'année, en revanche, nous mettons à la disposition de nos élèves les outils qui les rendent progressivement autonomes dans l'écriture de textes dont ils sont les auteurs".

Pour eux, "en rectifiant les programmes pour y énoncer l'obligation de pratiquer le "b.a.-ba" dès le début du CP, le ministre nous empêcherait d'emprunter cette voie originale et féconde qui vise à ce que les enfants s'approprient parallèlement la maîtrise des codes : le code grapho-phonologique certes, mais aussi le code orthographique, grâce auquel le lecteur repère plus directement le sens des mots (sept, cette, Sète, set) et leur rôle dans la phrase (Quand elles lui content des histoires, il est content). L'usage précoce du "b.a.-ba" conduit en effet de nombreux élèves à produire d'emblée l'écriture des mots "comme on les entend" (par ex. : jé fé un cado a ma seur) plutôt que d'utiliser les outils qui les aident à développer leurs connaissances orthographiques, indispensables à une lecture aisée et à la compréhension des textes. Si le ministre maintient son projet, nous serons contraints à la désobéissance pour pouvoir continuer à faire écrire les enfants, pratique pédagogique sur laquelle se fonde l'essentiel de leurs acquisitions en lecture".
http://www.lemonde.fr/web/article/0[...]
http://www.lemonde.fr/web/article/0[...]

Lecture : L'AFEF condamne la circulaire Robien
"Nous croyons plus à la fréquentation précoce de l’écrit sous toutes ses formes qu’au déchiffrage pour atteindre ces objectifs. L’introduction de la littérature, de jeunesse ou patrimoniale, dès l’école maternelle et élémentaire, est essentielle pour préparer les futurs lecteurs du collège et du lycée. Nous avons assez insisté, depuis quelques années, sur la nécessité de fonder le sens d’un texte sur une analyse réflexive et non copiée-collée, une analyse systémique et non systématique pour croire que le déchiffrage décontextualisé soit la voie royale pour former de meilleurs lecteurs". Viviane Youx, présidente de l'Association française des enseignants de français, prend position contre l'obligation de la méthode syllabique.

" La focalisation sur les méthodes est pour le moins étonnante, comme s’il suffisait d’introduire un antidote miracle et égalitaire pour effacer d’un coup de gomme les difficultés d’apprentissage ; les petits (et grands) Français auraient la chance, enfin, de tous savoir lire !"
http://www.afef.org/blog/index.php/2006/03/06/26-[...]

Lecture : Appel aux 18 scientifiques
"Il y a peu, André Ouzoulias et moi-même avons déjà essayé de vous alerter sur les « dommages collatéraux » qu’engendrerait une obligation d’enseigner le Be-A -> BA dès les premiers jours du CP : les enseignants utilisant une méthode d’écriture-lecture, c’est-à-dire la méthode naturelle de Freinet ou une méthode plus systématique comme celle de Micheline Daumas (Ecrire pour lire ; Nathan 1990), se retrouveraient obligés d’enseigner dans la clandestinité. Vous vous demandez peut-être pourquoi ces enseignants refuseraient de mener en parallèle, dès le début de l’année, l’enseignement du Be-A -> BA et des activités de production d’écrit ? Ce refus peut se motiver de deux façons". Dans une tribune publiée par Education & Devenir, Rémi Brissiaud invite les "18 scientifiques" à se mobiliser davantage contre le projet Robien.
http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm#adresse
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/ramus.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/brissiaud.php

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