Informations Professionnelles (Café N° 72)

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- A la Une : Bercy vise l'éducation

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Dossier spécial : Le mouvement anti-CPE

Édition du 26-04-2006

- François Jarraud -

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"Les audits doivent identifier les économies potentielles et documenter les gains de productivité". Lors d'une conférence de presse,le 13 avril, Jean-François Copé, ministre du budget, a annoncé le lancement de nouveaux audits destinés à diminuer les dépenses de l'Etat. Ils n'épargnent pas l'éducation.

Deux audits réalisés en 2006 annoncent des réductions drastiques dès la rentrée 2007. L'audit sur les "décharges statutaires" des enseignants établit que "la pertinence de toutes les réductions de service n'est pas avérée". Il envisage "pour la rentrée 2007, (de) maîtriser le volume des décharges". Le rapport annexe de la loi Fillon envisageait déjà de remettre en cause les décharges horaires. Le projet est relancé par Bercy. Un autre audit a porté sur a grille horaire du lycée, jugée trop lourde avec pour objectif de "dégager les marges de manœuvre budgétaires notamment pour financer les mesures de la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école". Ses résultats devraient être connus prochainement.

D'autres audits viennent d'être lancés par le ministre. Ils portent sur l'enseignement agricole, du professionnel et des collèges. Il s'agit à chaque fois de diminuer les dépenses. Ainsi dans le premier il va "analyser la répartition des enseignements… notamment les taux d'heures d'enseignement dispensés devant moins de 10 élèves". Celui sur les collèges copie le texte sur les lycées et annonce un allègement des horaires.
Conférence de presse
http://www.minefi.gouv.fr/actus/actu2.php

- Le système scolaire    [ Haut ]

La circulaire de rentrée
" Promouvoir l’égalité des chances et améliorer les conditions de la réussite scolaire pour une meilleure insertion sociale et professionnelle des jeunes sont les deux priorités pour la rentrée 2006" affirme la circulaire de préparation de la rentrée 2006 publiée au B.O. du 31 mars. Une fois décryptée, cette phrase montre la place que prend l'enseignement professionnel et l'apprentissage dans le projet ministériel : accueillir massivement les élèves en difficulté.

A l'école primaire, le texte annonce la généralisation de l'évaluation de début de Ce1 et de la mise en place des PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative) selon des conditions encore à préciser mais qui n'engageront aucun moyen supplémentaire : " La mise en place des PPRE sera assurée par l’optimisation des moyens actuellement consacrés à l’expérimentation des CP dédoublés et par la mobilisation des enseignants spécialisés des réseaux d’aide existants, ainsi que des maîtres surnuméraires dans les établissements de l’éducation prioritaire". L'enseignement d'une langue étrangère devra être étendu à toutes les classes du cycle des approfondissements.

Au collège, les principaux changements concernent les nouveaux programmes en maths et sciences (5ème) et langues et la création d'une note de vie scolaire trimestrielle, prise en compte au brevet. La circulaire prévoit le financement des collèges prioritaires (zep) par prélèvement d'une demi-heure hebdomadaire sur les horaires des 5èmes et 4èmes. Le texte énumère les dispositifs en alternance en 4ème, la 3ème "découverte professionnelle", les 3èmes d'insertion.

La voie professionnelle a déjà été largement évoquée au collège. Le ministère entend favoriser l'accès aux stages, les relations avec les entreprises et développer l'apprentissage en EPLE. " Pour les élèves âgés d’au moins 14 ans qui en feront la demande, des parcours d’initiation aux métiers pourront être proposés dans les lycées professionnels et dans les centres de formation d’apprentis gérés par les EPLE. Ils permettront à ces élèves de poursuivre l’acquisition du socle commun de connaissances et compétences tout en découvrant dans l’établissement de formation et en entreprise l’exercice de différents métiers". Un défi qui paraît irréalisable.

Au lycée, la circulaire rappelle les nouveaux programmes : maths en terminale L et Stg, philosophie en séries technologiques, histoire-géo en première Stg; eco-droit et enseignements technologiques en terminale stg.

Les établissements (EPLE) sont invités à mettre en place les conseils pédagogiques" prévus par la loi Fillon. Sa composition sera déterminée par chaque Eple en veillant à ce que " les choix qui seront opérés en la matière fassent l’objet du plus large consensus possible de la part des équipes pédagogiques". Les attributions du conseil paraissent des plus floues. La remarque vaut également pour "le projet d'établissement" dont chaque Eple devra se doter.

Les langues vivantes font l'objet de l'attention du ministère qui annonce la généralisation des "groupes de compétence" et l'extension des dédoublements aux terminales technologiques et professionnelles (pour la première langue). S'y ajoutent des incantations : " les recteurs veilleront à mettre en œuvre les moyens permettant d’atteindre dans les prochaines années les deux objectifs suivants : une augmentation de 20 % des sections européennes en collèges et en lycées et une augmentation de 20 % de la part des élèves apprenant l’allemand".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/13/MENE0600903C.htm

La circulaire sur l'éducation prioritaire
Publiée au B.O. n°14, la circulaire sur l'éducation prioritaire reprend les orientations du "plan de relance" des Zep présenté le 8 février. Elle porte d'abord sur l'organisation des réseaux zep. D'ici le 1er mai, des "comités exécutifs" seront constitués dans les 249 "réseaux ambition réussite". Ce sera le cas avant la rentrée 2007 dans les autres réseaux. Chaque comité comprendra le principal du collège sur lequel s'appuie le réseau et les directeurs des écoles du secteur. Le comité assurera le pilotage du réseau : " Le comité exécutif prépare, harmonise, régule les mesures destinées à faire vivre le réseau et rend compte de son activité aux conseils d’administration des EPLE, aux conseils d’école et aux autorités académiques".

Plus d'autonomie Chacun prépare un "contrat ambition réussite" ou un "contrat d'objectifs scolaires" qui se substituent aux "contrats de réussite scolaire" actuels en lien avec les partenaires (collectivités locales par exemple). " Dans le cadre de cette contractualisation, des expérimentations pourront être proposées… notamment l’organisation de la journée et de la semaine scolaires, ainsi que le développement de passerelles entre les premier et second degrés, qui feront l’objet d’un soin particulier".

Pour la mise en œuvre de ces contrats, les réseaux ambition réussite bénéficieront de 1000 enseignants "supplémentaires", financés en fait par la réduction des horaires d'enseignement dans les collèges. Ces enseignants "expérimentés" auront au moins un mi-temps de libre pour appuyer le réseau et par exemple suivre les PPRE. " Les enseignants supplémentaires affectés dans les réseaux “ambition réussite” pourront prendre part aux PPRE, co-intervenir dans les classes, partager leur service entre le premier et le second degré, intervenir dans le cadre de services croisés et en lien avec les maîtres surnuméraires du premier degré, le cas échéant participer à l’éducation à la citoyenneté, prendre le service d’enseignants afin de permettre à l’ensemble des membres du réseau de profiter de la nouvelle organisation et de libérer du temps pour le travail en équipe..." Qui seront-ils ? Comme le laissait entendre la conférence de presse de février, ces professeurs expérimentés seront simplement les moins jeunes des enseignants de zep actuels. " La notion de professeurs “expérimentés” n’implique pas nécessairement un nombre précis d’années de service. En effet, nombre de jeunes professeurs ont acquis, après quelques années d’enseignement, une véritable expérience de terrain qui témoigne de leur investissement en faveur de la réussite de leurs élèves". Il pourrait aussi s'agir de PLP bivalents affectés en collège. D'une façon générale les enseignants des réseaux ambition réussite bénéficieront d'une mobilité géographique facilitée. Ces réseaux disposeront également de 3 000 assistants pédagogiques qui feront de l'accompagnement scolaire, de l'aide au travail personnel.

L'adaptation des parcours scolaire voulue par le ministre concerne spécifiquement les PPRE et la découverte du monde professionnel. " Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) est l’un des dispositifs qui doit permettre de conduire la totalité d’une classe d’âge à la maîtrise des connaissances et compétences constitutives du socle commun, à la fin de la scolarité obligatoire. Son usage doit être privilégié. Il constitue tout autant une modalité de prévention de la difficulté scolaire, visant à empêcher un redoublement, qu’un accompagnement de celui-ci lorsqu’il n’a pu être évité" affirme la circulaire. Un livret de compétences suivra chaque élève. " L’ouverture de l’école sur la société sera favorisée. Des interventions de spécialistes (universitaires, chercheurs, professionnels, scientifiques, artistes...) et des actions (visites, mini-stages, projets...) conféreront à l’enseignement une dimension concrète et favoriseront des choix d’orientation ouverts (lycées généraux et technologiques, lycées professionnels, centre de formation d’apprentis, ...)". Enfin le ministre maintient une mesure qui a été très critiquée : " dès la rentrée 2006, les élèves des collèges “ambition réussite” ayant obtenu une mention très bien au diplôme national du brevet auront la faculté de demander leur affectation dans un lycée de leur choix parmi les lycées de leur académie". Au risque de déséquilibrer davantage les lycées de la zone…

L'ouverture sur la société est un des leitmotiv du plan. L'idée est bonne mais cette partie de la circulaire est souvent peu convaincante. " Une convention de partenariat sera signée au plus tard à la rentrée 2007 avec une institution culturelle, un complexe sportif de haut niveau, un laboratoire d’université, un organisme de recherche ou éventuellement avec une personnalité reconnue. Cela permettra d’insuffler un nouvel esprit en développant chez les élèves un sentiment fort d’appartenance et de fierté pour leur établissement et en donnant à chaque réseau une dimension d’excellence… Pour faciliter l’accès aux stages obligatoires en milieu professionnel des élèves scolarisés en troisième, en lycée professionnel ou en formation postbac, les entreprises d’un bassin d’emploi inscrites dans l’opération “objectif stage” s’engagent, dans une relation de confiance avec les établissements scolaires, à accueillir les jeunes qui n’auraient pas trouvé de stage par eux-mêmes". On voit mal comment l'éducation nationale pourrait apporter ces garanties.

La coordination avec la politique de la ville semble laissée dans un flou relatif. " L’action engagée à l’école et au collège a vocation, ici plus qu’ailleurs, à être en lien avec les activités hors-temps scolaire et notamment avec les différents dispositifs qui, selon des modalités diverses, tendent vers un développement de l’autonomie et des compétences des élèves. Une réflexion globale doit être menée afin d’inventorier l’existant (aide aux devoirs, études surveillées, Contrat Éducatif Local ou Contrat Urbain de Cohésion Sociale, Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité, Dispositif de Réussite Éducative, École ouverte, “Espaces ludiques en milieu scolaire”...), et de définir les publics prioritaires pour chacun des dispositifs en réponse au contexte local. Une cohérence devra être trouvée entre les différentes modalités de prise en charge, en mettant notamment en regard les besoins spécifiques des enfants et la nature de l’accompagnement et de l’encadrement proposé".

L'ensemble du Plan a été débattu au moment de sa publication. On trouvera les éléments du débat dans le dossier ci-dessous.
La circulaire
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/14/MENE0600995C.htm
Rappel : dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/70.php#280
Rappel : Entretien avec C Paillard (andev)
http://www.cafepedagogique.net/disci/tribune/69.php

L'Unsa Education condamne les mesures gouvernementales
"Le regard que porte le gouvernement sur la jeunesse est inquiétant. Les projets et les mesures qu'il défend marquent autant de ruptures que de renoncements. Ils s'inscrivent dans une cohérence qui, de la prévention précoce de la délinquance au Contrat de première embauche en passant par le retour de l'apprentissage à 14 ans, jette le plus grand trouble, suscite la plus vive colère. Ces projets déstabiliseront à court terme la société ; ils signent la fin de l'ambition éducative qui, depuis des décennies, voulait démocratiser davantage l'accès à l'éducation et à la formation". Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, dénonce un projet social inégalitaire. "La société redessinée par ces projets n'aura plus le même visage. Inclus contre exclus, gagnants contre perdants, elle ne sera plus une « société de semblables »".
http://www.fen.fr/

Robien annonce de la grammaire et du calcul
"Le chantier de la rénovation de l’enseignement de la grammaire sera très prochainement ouvert, avec le retour à des leçons d’apprentissage des règles. Il en sera de même pour le calcul". Dans un communiqué présenté au Conseil des ministres du 12 avril sur le socle commun, le ministre de l'éducation annonce une réforme de l'enseignement de la grammaire et du calcul.

"Après avoir jeté le doute sur les compétences professionnelles de milliers d’enseignants pour apprendre à lire, Monsieur de Robien s’apprête-t-il à recommencer sur la grammaire et les mathématiques ? D’un ministre de l’Education nationale, les enseignants sont en droit d’attendre d’autres préoccupations qu’une démagogie politicienne simpliste". Le Se-Unsa, qui n'a pas oublié les déclarations ministérielles sur la lecture, voit dans les propos de Robien une nouvelle provocation et avertit le ministre. "Le travail d’évaluation, l’écoute et la connaissance du terrain, la concertation sont assurément indispensables en politique, comme le CPE l’a démontré. En pédagogie, encore plus".

Le ministre semble ne pas entendre. Malgré ses échecs sur la lecture et sur le Cpe, dans Le Figaro du 12 avril il pose en dresseur de syndicats. "Comme certains, j'aurais pu flatter les syndicats. On peut durer longtemps comme ça ici. Mais ce n'est pas ma façon de voir les choses". Ce n'est peut-être pas non plus une façon de durer…
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernement/co[...]
http://www.lefigaro.fr/france/20060412.FIG000000083_gilles_[...]

Robien menace les profs
"Nous avons identifié quelques cas d'enseignants ayant mis dans le carnet scolaire des enfants un message leur demandant d'aller manifester. C'est un déni d'esprit républicain. Ils sont en passe d'être sanctionnés pour non-respect du devoir de réserve des fonctionnaires. Des avertissements ou des blâmes sont envisagés à leur encontre". Dans Le Figaro, Gilles de Robien donne à croire que les professeurs manipulent leurs élèves et menace de les sanctionner.

Pour le Sgen, " il y aurait du pathétique dans l'attitude du ministre si la situation n'était pas aussi grave. Le ministre ignore le degré de conscience des jeunes, s'imagine qu'un seul claquement de doigt les fait agir. Curieuse conception de l'apprentissage de la citoyenneté. Quant aux menaces de sanctions proférées contre les enseignants accusés de prosélytisme, elles s'ajoutent à la panoplie de la provocation. Le ministre de l'Éducation utilise comme seul argument le bâton".
http://www.figaro.fr/france/20060331.FIG000000256_robien_je[...]
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1061

Robien a-t-il censuré la Dep ?
Nouveau cas de censure ? Les explications fournies par le ministère de l'éducation nationale pour expliquer le retrait du dossier 173 de la Dep ne sont pas convaincantes. Selon le ministère, le retrait s'explique par la nécessité d'imprimer de nouvelles pages de couverture afin de mentionner que l'étude de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire n'engage pas le ministère. Mais cette mention apparaît déjà clairement en page 4, sous le titre du dossier : "Les résultats de cette étude n’engagent que leurs auteurs, et ne sauraient en aucun cas engager la DEP". D'autre part, le ministère est incapable de dire quand l'étude sera remise en circulation. On peut donc se demander si ce n'est pas plutôt le contenu de cette étude qui gêne le ministre.

En effet, l'étude de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire établit, en se basant sur une étude des effets de seuil, qu'une baisse sensible des effectifs élèves en Zep aurait un effet très positif sur les résultats scolaires. Et l'affirmation tombe juste au moment où le ministère publie son plan Zep. Un plan qui investit peu de moyens supplémentaires dans les zep.

Thomas Piketty ne comprend pas le subit changement de position du ministère. L'étude est toujours consultable sur son site personnel.
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index050406.php
http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/PikettyVa[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index070406.php

Une nouvelle proposition de loi pour l'école privée
"Si au moment du vote de cette disposition en 2004, la volonté du législateur était d'aligner les règles de participation des communes à la scolarisation des enfants dans les écoles privées sur les règles applicables aux écoles publiques, il paraît surprenant que les exceptions prévues pour celles-ci ne s'appliquent pas aux écoles privées et que les communes de résidence soient obligées de participer à leur financement alors même qu'elles peuvent accueillir les élèves dans leurs écoles publiques". La loi du 13 août 2004 n'en finit pas de susciter des inquiétudes et des réactions. Yves Détraigne, député Udf, a déposé une proposition de loi " afin de rétablir l'équité, pour les communes, entre les conditions dans lesquelles elles doivent financer la scolarisation d'un enfant dans une école publique autre que celle de sa commune de résidence et les conditions dans lesquelles elles doivent financer la scolarisation d'un enfant dans une école privée".
La proposition de loi
http://www.senat.fr/leg/ppl05-284.html
Sur ce sujet l'analyse de l'Andev
http://www.andev.com.fr/depart.html

Un rapport épingle des écoles hors contrat
Signalé dans la Lettre mensuelle du site Laïcité La Ligue, le rapport du Cercle laïque pour la prévention du sectarisme met en cause les écoles hors contrat du mouvement Steiner et certaines écoles catholiques traditionnalistes. Ce document s'appuie sur des rapports d'inspection de l'éducation nationale, obtenus souvent difficilement.

Aux premières est reprochée la faiblesse des apprentissages. " Aucun enfant n’est capable de lire, un seul semble pouvoir déchiffrer mais nous fait la confidence que cet apprentissage se réalise à la maison ou a été commencé au sein d’une école publique. Pour les autres, on perçoit la connaissance de quelques lettres mais uniquement en majuscules d’imprimerie, aussi sont-ils incapables de faire la correspondance avec les lettres scripts proposées dans les livres de lecture. (…)Les approches mathématiques de la numération se limitent à quelques chiffres de 1 à 10, aucune situation problème n’est visible" relève un rapport d'inspection. " Dans aucune des classes, nous n’avons pu repérer de signe de développement de l’esprit critique et de pratique de l’argumentation".

La situation est différente dans les écoles intégristes où " les contenus s’inspirent des programmes officiels mais avec une orientation idéologique précise". Ainsi Zola, Nietzsche, Diderot, Voltaire seraient bannis des études. " l’éducation à la citoyenneté, élément essentiel, constitue sans doute le point sur lequel les orientations idéologiques de l’école (cf charte) conduisent à des insuffisances qui sont à la fois réelles et difficiles à mettre en évidence". Le Clps estime que les contrôles sur ces établissements sont trop compréhensifs.
http://www.laicite-laligue.org
http://www.laicite-laligue.org/laligue/laicite-laligue/rubr[...]

De jeunes allemands agressés dans le 93
Selon Le Monde, de jeunes élèves allemands venus, dans le cadre d'échanges pédagogiques, dans des collèges de Seine-Saint-Denis ont été victimes les 21, 22 et 30 mars d'insultes et de violences. Ainsi au collège Jorissen de Drancy ils ont reçu des pierres et ont été poursuivis par des jeunes.

Pour le rectorat, "il semble peu probable que leur acte ait été motivé par la nationalité des victimes".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-757287@51-757389,0.html

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Evaluation et titularisation des stagiaires
Le B.O. n°13 publie les modalités d'évaluation et de titularisation des stagiaires lauréats des concours de recrutement des enseignants et du personnel d'éducation et d'orientation du second degré. Elle précise le fonctionnement des jurys académiques et le cas des stagiaires non titularisés à l'issue de la première délibération.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/13/MENP0600873N.htm

Une enseignante fait condamner l'Etat suite à des violences
Selon l'AFP, une enseignante, traumatisée par des violences verbales et physiques commises par des élèves, a obtenu du tribunal administratif de Caen la condamnation de l'Etat à 10 000 euros d'indemnité.
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

Des officiers rempilent à l'Ecole
Selon le Journal Officiel du 28 mars, l'éducation nationale intégrera en 2006 dans le corps des certifiés 9 officiers.
Au J.O.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]

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Protocole d'accord sur les directions
La négociation avec le ministère a repris le 11 avril avec de légères avancées. L'indemnité de sujétion spéciale serait revalorisée de 20% (au lieu de 15 proposés le 10 avril). La nécessité d'une assistance administrative des directeurs est actée et un emploi vie scolaire sera recruté à la rentrée 2006.

Le Se-Unsa met en ligne l'ensemble des documents de la négociation et le protocole d'accord. Il lance une consultation en ligne auprès des enseignants. Le Snuipp publie une synthèse des propositions ministérielles et organise, lui aussi, une consultation.
http://www.se-unsa.org
http://www.snuipp.fr/

L'EPS à l'école
"Comment enseigner l’EPS à l’école ?" Fenêtres sur cours, la revue du Snuipp, ouvre un intéressant dossier dans son numéro 283. Pour Didier Delignières, université Montpellier 1, "l' E.P.S peut être un marche-pied pour les élèves qui vivent un échec dramatique dans leur cursus parce que le sport peut jouir d’une représentation plus favorable à leurs yeux. Mais le sport et l’éducation nécessitent de faire des efforts et de travailler pour réussir. Qu’est-ce que l’école a à apprendre d'autre que cela ?". Il estime que "l'enseignant doit avoir une connaissance de l'activité qui permette d'en comprendre le sens et les émotions, de lire et traduire le comportement de l'élève pour lui permettre d'apprendre. Plus que la connaissance de techniques, les apprentissages en E.P.S relèvent de l'intuition, la perception, le réflexe et se construisent dans la pratique". De ces pratiques, le dossier rend compte à travers les projets de plusieurs écoles.
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc283.pdf

Les maths à l'école
Comment enseigner les maths à l'école primaire ? L'Esen publie un important dossier documentaire sur cette question. Il mêle bibliographie et webographie dont plusieurs vidéos de Roland Charnay. Le sujet est d'autant plus intéressant que, après leur échec sur la lecture, la prochaine offensive des réactionnaires de l'Ecole pourrait se porter sur le calcul.
http://www.esen.education.fr/documentation/liste.phtml?idRP[...]

Lecture : Les nouveaux programmes publiés
Le Journal Officiel du 30 mars publie les modifications apportées aux programmes de l'école primaire sur la lecture.
Au J.O.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]
Rappel : le texte au CSE
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index100306.php
Rappel : le dossier Lecture du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/71.php#200

Lecture : L'offensive ministérielle analysée par Jacques Fijalkow
"Pour bien comprendre ce qui se passe depuis décembre 2005, il importe de comprendre au prime abord que la lecture dont parle le ministre n’est pas la lecture au sens où l’entendent les enseignants, les formateurs ou les chercheurs, mais bien l’idéologie de la lecture, c’est-à-dire les idées que l’on peut avoir à son sujet, indépendamment des faits pédagogiques ou scientifiques. Dans l’idéologie les faits ne comptent pas - à la différence des pratiques professionnelles ou de la recherche - ce qui compte c’est les idées. Le débat ainsi ouvert est donc un débat d’idées, un débat qui n’a rien à voir avec les faits, mais plutôt avec les valeurs et les intérêts de ceux qui défendent ces idées. Ainsi, par exemple, le fait que dans la réalité des classes aujourd’hui il n’y ait ni méthode globale ni méthode syllabique importe peu. Ce qui importe est de mobiliser une fraction de l’opinion contre l’autre. En d’autres termes, le champ de la lecture dans lequel nous place le discours du ministre est un champ de bataille idéologique. La lecture est transformée en objet politique. C’est dans ce champ, plutôt que dans le champ technique ou scientifique qui est le nôtre, que nous nous placerons donc pour analyser comment le retour au b, a, ba est devenu une question d’actualité". Sur le site d'Education et Devenir, Jacques Fijalkow, Université de Toulouse-le Mirail, analyse le discours ministériel et le situe dans un mouvement plus ample : celui d'un nouveau conservatisme qui, s'appuyant sur un tissu associatif et politique, investit l'Ecole.

"La thèse que nous soutenons est qu’il existe un courant de recherche, positiviste et mécaniciste, qui, prenant modèle sur la biologie en tant que science et sur la médecine en tant que pratique, a envahi de façon massive les universités puis les sphères décisionnelles de l’Éducation nationale. C’est de ce même courant qu’émanent les rapports de l’INSERM relatifs aux psychothérapies et aux troubles de la conduite enfantine, qui ont suscité maints débats parallèles à celui qui nous occupe ici. L’offensive dont la lecture fait l’objet n’est donc qu’un cas particulier dans un combat qui, sur d’autres fronts – psychothérapies, prévention de la délinquance – tentent de faire reculer l’Éducation des lieux qui lui sont réservés pour y implanter des structures et des pratiques relevant de la Santé". Un texte à découvrir pour comprendre les enjeux du débat sur la lecture.
http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm#fijalkow
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/

Lecture : Les syndicats protestent contre le double discours ministériel
"Nos organisations protestent contre le double discours ministériel qui prévaut en ce moment sur le sujet de l’apprentissage de la lecture, sujet pourtant crucial pour l’avenir des jeunes. D’un côté… le projet d’arrêté que vous nous proposez marque plusieurs évolutions par rapport à sa version initiale soumise à la commission spécialisée des écoles : l'existence de deux types d'approche complémentaire, “ analyse de mots entiers en plus petites unités référées à des connaissances déjà acquises et synthèse à partir des constituants ”, est rétablie; le rôle de la maternelle et celui du CE1 sont précisés, rétablissant implicitement ainsi la notion de cycle; la nécessaire conjugaison du travail de lecture et d'écriture est rappelée. Mais d’un autre coté, le Ministre fait comme si ce nouveau projet n’existait pas. La confusion est totale entre ce projet et les récentes déclarations ministérielles".

Lors du CSE du 22 mars, la Fcpe, le Sgen Cfdt, le Se-Unsa, le Snuipp-Fsu, la Ligue de l'enseignement,la Fep-Cfdt et la Fsu ont demandé au ministre l'organisation d'une évaluation scientifique sur l'apprentissage de la lecture.

Lecture : l'appel du mouvement Freinet
"Nous, éducateurs, formateurs, enseignants, parents, militants de mouvements pédagogiques et d’éducation populaire, nous ne tiendrons pas compte de la circulaire du Ministre de l’Éducation nationale préconisant une méthode de lecture contraire à la visée émancipatrice de l’Éducation et aux résultats des recherches que nous conduisons". A l'appel de l'Icem, de l'AFL, du Gfen et des Cemea, plus d'un millier d'enseignants ont signé cette pétition. Ses initiateurs estiment que le nouveau programme présenté au CSE le 22 mars, même adouci par rapport au premier projet ministériel, restreint leur liberté et prend le risque d'une fracture sociale. "Des méthodes d’apprentissage où l’enfant est chercheur à celle où l'enfant est dressé, le choix idéologique est limpide : lui refuser dès le plus jeune âge de penser, lui ôter le désir de questionner, de comprendre, de connaître, lui imposer une obéissance passive en l’enfermant d’abord dans des exercices répétitifs et mimétiques... Au-delà de l'apprentissage de la lecture, c'est bien la volonté d'agir sur les capacités réflexives et complexes de la compréhension du monde de toute une jeunesse ! Une jeunesse qui déchiffre et une jeunesse qui lit… Les jeunes des milieux populaires en sauront toujours bien assez pour déchiffrer les programmes de télévision, la publicité et les messages utiles à la consommation".
La pétition
http://www.freinet.org/

Lecture : Mars en grande section de Zep
Nous retrouvons en mars, les écoliers de grande section de maternelle suivis par Bernard Devanne. Les enfants progressent aussi bien en connaissances lexicales que syntaxiques "par voie directe". Bernard Devanne soulève un problème posé par le "tout combinatoire" aux enfants d'origine étrangère. "Si la langue maternelle de ces enfants est quelquefois le français, ce n'est pas le français prononcé comme langue maternelle, mais comme langue seconde. Il suffit de fréquenter une classe comme celle-ci pour se rendre compte que les classiques oppositions "sourdes/sonores" ([p/b], [t/d], [k/g], etc.), qui font la base de bien des leçons des manuels de lecture, placeront ces élèves dans une situation phonologique inextricable (et ce n'est qu'un exemple). Et je suis profondément désolé de ne voir jamais cet argument majeur utilisé pour contester, de manière radicale, la pertinence de la "méthode phonétique-synthétique".
Le Journal de mars
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i5l.php

"Graines de sciences" avec La Map
D'où viennent les nouvelles maladies ? Pourquoi le ciel est-il bleu ? Comment faire comprendre par les écoliers la recherche et la démarche scientifiques ? Pour la huitième fois, "La main à la pâte" organisera pendant les vacances de la Toussaint une session de formation scientifique intitulée “Graines de sciences”. Destinée aux enseignants de l'école élémentaire et maternelle, elle réunira, à Cargèse en Corse, du 30 octobre au 4 novembre, une trentaine d'enseignants avec des chercheurs.

Parmi les thèmes abordés : les maladies émergentes; changement global et biodiversité ; l'effet de serre ; le magnétisme au quotidien ; la turbulence ; les couleurs du ciel ; les matériaux de construction ; science et religion. Durant le stage, les scientifiques, avec les enseignants, écriront un ouvrage qui sera édité dans la collection "Graines de sciences" aux éditions Le Pommier. Le nombre de places pour ce stage passionnant est limité et vous pouvez dès maintenant faire acte de candidature.
http://www.inrp.fr/lamap/?Page_Id=22&Element_Id=170

L'éclipse du 29 mars
"La lune tourne autour de la Terre. Le jour elle se recharge en lumière grâce au soleil". "Les questions que je me pose : Que fait la lune la journée pendant que le soleil est là ?" Ces questions d'enfants sont tirées de l'excellent dossier proposé par l'IUFM de Lyon sur l'éclipse de soleil du 29 mars 2006. " Cette éclipse totale de Soleil pourra être vue comme assez fortement partielle en France métropolitaine, avec une grandeur d'autant plus importante que l'observateur sera situé proche du Sud-Est, en milieu de journée" annonce l'Observatoire de Paris.

Le dossier donne des exemples fort intéressants de représentations (sans doute parfois définitives !) d'élèves sur la lune ou les éclipses. Il montre très concrètement le parti que les enseignants peuvent tirer de la prochaine éclipse pour faire observer les élèves et les faire réfléchir et étudier. Remarquable. Il est temps de commander vos lunettes spéciales !
Le dossier de l'IUFM de Lyon
http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Cadrans/activpedago/TextesCour[...]
Observatoire de Paris
http://www.lesia.obspm.fr/solaire/eclsol/ecl290306.html

Des jeux pour découvrir l'hôpital
"Parce que c'est pas du jeu d'être malade", l'association Sparadrap aide les enfants, les parents et les professionnels de santé lorsqu'un enfant est hospitalisé. Sparadrap ouvre maintenant un nouvel espace qui présente le monde de l'hôpital aux enfants. Très coloré, le site permet une visite de l'hôpital à travers des témoignages et des dessins d'enfants. Des jeux aident aussi les enfants à se préparer à un séjour en hôpital. Le site est soutenu par la région Ile-de-France.
Sparadrap
http://www.sparadrap.org/

- Collège    [ Haut ]

Le CSE vote contre la note de vie scolaire et la réduction des horaires
"La Note de Vie Scolaire introduite par la loi Fillon et étendue aujourd’hui à toutes les classes du collège constitue une mesure rétrograde qui ne répond en rien aux difficultés actuelles". Ce vœu, présenté par les syndicats Snes, Snuipp, Sgen, Cgt, FO et Se-Unsa, ainsi que par les parents de la Fcpe et les lycéens de l'Unl, a été adopté par le CSE par 43 voix pour et 1 contre. Pour les organisations, "elle modifiera considérablement le rapport des élèves aux règles de vie dans l’établissement car elle institue une double peine pour les élèves qui auront déjà fait l’objet de punitions et de sanctions scolaires. La prise en compte de cette note dans un diplôme, le futur brevet des collèges, accentue la confusion entre ce qui relève de l’acquisition des savoirs et des méthodes, et le comportement social".

Le CSE a aussi émis un avis négatif sur la réduction d'une demi-heure des horaires du collège par 38 voix contre et 3 pour. Cette réduction, d'après le ministère, représente 1400 emplois nécessaires aux collèges "ambition réussite" et pour le déploiement des Programmes personnalisés de réussite éducative. Quelle matière sera affectée dans les collèges par cette réduction : on peut craindre que ce soit les itinéraires de découverte…
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2016

Recrutement d'assistants pédagogiques en zep
Le plan zep du ministre a prévu le recrutement de 3 000 "assistants pédagogiques". Une circulaire fixe leur mission, leur recrutement et leurs conditions d'emploi. Ils auront à charge l'accompagnement pédagogique dans les établissements (écoles et collèges). Ils seront recrutés par les collèges au niveau bac + 2 pour un travail à mi-temps (17h15 par semaine).
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/15/MENP0600930C.htm

- Lycée    [ Haut ]

Les premiers sujets du bac 2006
Non pas de "fuite" ! Chaque année le bac commence à Pondichéry. Là-bas le bac a commencé le 30 mars et le lycée français publie les sujets des séries générales et des filières Stt Cog et Aca. L'intérêt de cette publication c'est qu'elle donne une indication des intentions des jurys. Même si les sujets des autres centres d'examen sont (évidemment) différents, ces sujets montrent les préoccupations des auteurs.

Ainsi on découvrira les sujets de philosophie, Lv1 et Lv2. En série S on trouvera également les sujets de Svt, Maths, Physique-chimie. En L, l'épreuve de littérature, et d'histoire-géo. En ES, celles de Ses et Histoire-géo. En série STT l'épreuve d'éco droit est en ligne. A suivre pour les autres sujets.
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc-francais-pondichery/

Le gouvernement prépare des mesures pour attirer les jeunes des quartiers en Cpge
" La période allant d’avril à juin est cruciale pour recenser et attirer des jeunes qui ne se seraient pas portés spontanément candidats en classes préparatoires aux grandes écoles dans le cadre de cette procédure complémentaire. L’action conjointe des recteurs et des chefs d’établissement est donc indispensable". Le B.O. du 13 avril publie une circulaire sur l'admission des étudiants en clases préparatoires aux grandes écoles (cpge).

Elle insiste sur "l'égalité des chances" et annonce un souci spécifique pour la procédure complémentaire sensée faciliter l'accès des jeunes des quartiers défavorisés en cpge.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/15/MENS0600973C.htm

Les 1ères Assises des lycées ruraux en collectif
" En réduisant l'offre de formation dans les lycées ruraux, ainsi que le nombre d'options, c'est un coup dur porté à ces établissements de petite taille. Dès lors, leur survie même est menacée. Pour le Rectorat de Dijon, les petits établissements doivent se concentrer sur les filières générales, mais nous constatons tous localement que si nous n'offrons pas des parcours diversifiés et complets, notre attractivité diminue très fortement". A Surgy (58) le 8 avril, les premières Assises des lycées ruraux ont donné naissance à un "Collectif national des lycées ruraux" qui défendra les intérêts de ces établissements nécessaires à la vie des régions rurales.

"Un lycée en milieu rural est un établissement qui regroupe à lui seul la totalité de l'offre de formation secondaire disponible sur le territoire qu'il polarise… A ce titre son rôle est déterminant pour toutes les familles dont les enfants poursuivent des études au-delà du collège" affirmaient les organisateurs des Premières assises nationales des lycées ruraux. Ils s'expliquent sur cette page spéciale du Café.
Page spéciale du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lycrur/index.php
Le Blog du Collectif
http://soslyceesruraux.hautetfort.com/
Rappel : L'Expresso du 30 mars
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index300306.php

Les lycées face aux manifs anti-cpe
L'ordre donné le 29 mars par le ministre de l'éducation nationale aux proviseurs de rouvrir les lycées, y compris en usant de la force, a été rarement appliqué. Par exemple à Paris un seul établissement, le lycée Fénelon, a été dégagé par la police sans incidents. Mais l'annonce a réussi à réunir lycéens, parents et chefs d'établissement. Ainsi Le Monde signale en Seine Saint-Denis tel proviseur qui ne prévoit d'obéir qu'à un ordre écrit ou tel lycée où les parents se sont spontanément mobilisés à 8 heures pour protéger leurs enfants contre une éventuelle intervention policière. Selon le ministère, 556 lycées et 58 universités restaient bloqués ou perturbés jeudi 30 mars.

Le pire a peut-être eu lieu à Nantes où une milice parentale a attaqué violemment un piquet de grève lycéen. Dans un communiqué, le président du Conseil régional des Pays de la Loire, Jacques Auxiette, dénonce les "provocations de certains leaders de la droite et en premier lieu du ministre de l’Education Nationale qui appellent les parents à contre manifester contre les étudiants en grève". Estimant la situation "explosive", il demande au président de la République d'intervenir. "Il est indispensable de trouver des solutions permettant aux jeunes d’avoir leur place dans la société. Manifestement le CPE n’est pas à la hauteur de l’enjeu et les conditions dans lesquelles le gouvernement l’a élaboré et imposé le condamnaient d’entrée. Il est indispensable aujourd’hui de l’abandonner et, en concertation avec les organisations syndicales et professionnelles, de reprendre l’ensemble de ce dossier pour apporter des réponses de nature à redonner confiance à la jeunesse".

Bertrand Delanoë, maire de Paris, a manifesté également ses inquiétudes. "En demandant aux proviseurs de rouvrir tous les lycées, quitte à recourir à l'intervention de la police et à affronter les jeunes manifestants, le Gouvernement a pris un risque irresponsable. Je l'invite à revenir à plus de lucidité… Je m'inquiète profondément de cette tension croissante".
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-755971@51-725561,0.html
Le Monde : témoignage d'un proviseur
http://www.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0@2-734511,31-756456@51-725561,0.html

CPE : Les personnels de direction inquiets
"Dans une situation de radicalisation, les personnels de direction sont bien seuls". Le SNPDEN, syndicat des chefs d'établissement, dénonçait le 22 mars les "risques" que fait peser la situation sur ses membres. Le 23 mars le Sgen Cfdt fait savoir que "les personnels sont inquiets tant pour la sécurité des élèves que pour la leur". " Pour le Sgen-CFDT, dans le contexte social actuel, les personnels de direction attendent, pour le moins, tant du ministre que des recteurs, des consignes claires et un soutien effectif qui ne se résument pas à des circulaires ou à des déclarations à l’emporte-pièce".

Enfin, dans Le Monde, Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, demande la suspension du CPE. " Nos universités sont en train d'être cassées. Tout cela nous semble beaucoup trop cher payé pour le CPE… Il y a extrême urgence à agir. La stratégie du pourrissement n'est pas acceptable". Mais il pose aussi la question de la valeur des diplômes. " On aurait pu penser que ce mouvement mettrait dans la rue des jeunes non diplômés. Le fait qu'on y voie principalement de jeunes universitaires est révélateur d'une interrogation sur la valeur des diplômes. Je pense que la qualité des diplômes universitaires et de ceux à caractère professionnel s'est beaucoup améliorée ces quinze dernières années. Il n'en reste pas moins qu'il y a encore des efforts à faire". Les présidents d'université demandent à être reçus par le président de la République.
http://www.snpden.org
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-753845@51-725561,0.html

- Enseignement professionnel    [ Haut ]

Deux nouveaux bacs pro
Le B.O. du 31 mars publie les arrêts de création des bacs pro "technicien de scierie" et "technicien de fabrication bois". Ils ont été annoncés dans L'Expresso du 6 mars.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/13/MENE0600645A.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/13/MENE0600647A.htm
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index060306.php

Cap conducteur d'engins
Le Journal officiel du 5 avril publie l'arrêté créant le CAP "conducteurs d'engins, travaux publics et carrières". Première session en 2008. Le CAP "conduite d'engins de travaux publics" disparaîtra en 2007.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ME[...]

Explosion des licences professionnelles
Crée en 2000, la licence professionnelle n'a cessé de se développer affirme une étude de la Dep. En 2005, on compte un millier de licences professionnelles et près de 27 000 étudiants, soit 12% des étudiants de licence. Elles offrent un débouché aux étudiants de Bts ou Dut et couvrent particulièrement la gestion, la communication, les services aux personnes. Dernière particularité : un très fort taux de réussite (83%).
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni0612.pdf

Le CSE évoque la réforme des études comptables
Le ministère a présenté au CSE du 22 mars des projets de décrets supprimant le DPECF,le DECF et le DESCF et créant deux diplômes (DCG) et (DSCG) du niveau licence et master. Le projet permettrait d'intégrer ces diplômes dans le système LMD. Mais il pourrait également réserver ces formations aux universités.
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2016

Mise en œuvre des UFA
Le B.O. publie n°12 une circulaire visant à faciliter la mise en oeuvre des Unités de Formation par Apprentissage (UFA). Tout établissement peut créer un UFA par convention avec un CFA. Le gouvernement veut ainsi porter de 370 000 à 500 000 en 5 ans le nombre d'apprentis.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/12/MENE0600465C.htm

Nouveaux lycées des métiers
Le B.O. publie la liste de nouveaux "lycées des métiers".
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/16/MENE0600887A.htm

Dossier spécial    [ Haut ]
- Le mouvement anti-CPE

10 avril : La victoire des anti-CPE

Le Cpe abrogé par l'Assemblée
La proposition de loi sur l'"accès des jeunes à la vie active en entreprise" a été adoptée par l'Assemblée nationale le 12 avril. Elle annule le CPE. "Après avoir écouté les représentants de dix-neuf organisations impliquées dans le débat suscité par l'article 8 de la loi précitée, les auteurs de la présente proposition de loi considèrent qu'il convient de remplacer ce dispositif par des mesures immédiates de soutien en faveur de l'accès à la vie active, pour les jeunes qui connaissent des difficultés particulières d'insertion. Ils proposent également l'ouverture, à l'initiative du Gouvernement, d'une large concertation avec les partenaires sociaux et les représentants des organisations étudiantes et de jeunesse sur l'insertion professionnelle des jeunes".

Selon l'AFP, L'Humanité devrait lancer le 13 avril une pétition demandant l'arrêt des poursuites engagées contre les manifestants anti-Cpe.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3013.[...]
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/acces_jeunes_[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

CPE : La victoire sonne-t-elle la fin du conflit ?
"Sur le rapport des présidents des groupes parlementaires et des responsables de la majorité, j'ai proposé au président de la République, qui l'a accepté, le remplacement de l'article 8 de la loi pour l'égalité des chances par des mesures en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes les plus en difficulté. La nouvelle proposition de loi sera présentée dès ce matin". Le premier ministre a annoncé le 10 au matin la suppression du Cpe. Une proposition de loi devait être déposée par l'Ump à l'Assemblée nationale le 10 au soir. Elle sera examinée le 11.

Pour le syndicat des chefs d'établissement, Snpden, cité par l'AFP, "c'est une sage décision qui, prise plus tôt, aurait évité le développement d'une longue crise de deux mois dont nous avons mesuré l'ampleur et la gravité en même temps que les effets". Les syndicats crient victoire. Pour l'Unsa, "après plus de deux mois de mobilisation intense les douze organisations syndicales d’étudiants, de lycéens et de salariés viennent de remporter une grande victoire… Cette victoire a été possible grâce à l’unité exemplaire des douze organisations syndicales durant cette période. Cette unité reposait moins sur un accord total que sur un rapport de force. Mais désormais se pose une question : que faire de cette victoire ? Au-delà du refus du CPE, le syndicalisme doit désormais imposer ses réflexions et travailler à des propositions de réforme visant à transformer notre modèle social. Plus ces propositions seront communes, plus elles seront fortes et crédibles". Pour le Snes, "cette victoire renforce notre détermination et notre capacité à agir pour remettre en cause les autres aspects régressifs de la politique gouvernementale en matière économique et sociale ( loi sur l’école, loi sur la recherche, CNE, « apprentissage junior »,loi sur « l’égalité des chances »,... .)".

Pour les lycéens de l'Unl, "c'est une grande victoire… historique face à une attaque qui elle-même était historique contre les jeunes… Aujourd'hui, il faut qu'on revienne sur les mesures imposées de la même manière que le CPE". La Fcpe estime aussi que " certaines mesures de la loi dite pour « l’égalité des chances » sont à combattre. La FCPE continuera à se battre dans les collèges contre l’apprentissage à 14 ans et son corollaire le travail de nuit dès 15 ans. Elle engage ses représentants dans tous les établissements à être particulièrement vigilants sur le contrat de responsabilité parentale, véritable dispositif de répression des familles en particulier des plus démunies".

Après une mobilisation de cette ampleur, le conflit va-t-il s'arrêter ? Lycéens et étudiants maintiennent leur appel à manifester aujourd'hui 11 avril. Certains députés Ump ont déjà annoncé qu'ils ne voteraient pas l'abrogation du Cpe.
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2066
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventions-p[...]
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=503

Le mouvement démobilise
"Après plus de deux mois d’intenses mobilisations pour obtenir le retrait du CPE, les organisations syndicales de lycéens, d’étudiants et de salariés, se félicitent de la décision enfin annoncée de faire disparaître le CPE de la loi. C’est un authentique succès". Les 12 organisations syndicales (Unef, Cé, Unl, Fidl, Cfdt, Cgc, Cftc, Cgt, Fo, Fsu, Solidaires, Unsa) qui ont mené ensemble le mouvement anti-Cpe ont manifesté… leur satisfaction. "Ce succès remporté sur le CPE donnera à tous la confiance et la dynamique nécessaires pour permettre que les questions de l’emploi des jeunes, de la formation et de la précarité du travail trouvent rapidement des réponses, ainsi que les questions posées par toutes les organisations syndicales concernant le Contrat Nouvelles Embauches".

La manifestation du 11 avril, organisée par les syndicats étudiants et lycéens, a marqué en creux ce succès. Les cortèges étaient minces. La police les estime à 41 000 personnes, soit dix fois moins que le 23 mars. A Marseille on est passé de plusieurs centaines de milliers de manifestants à quelques centaines. C'est aussi une réponse à ceux qui doutaient que la mobilisation soit mûrement réfléchie. L'abrogation du Cpe était bien la condition pour que le calme revienne. Il reste maintenant au gouvernement à tenir compte du nouveau rapport de forces créé début avril.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1072

Vos photos des manifestations
De Toulon à Dunkerque, en passant par Amiens, la ville dont le maire est G. de Robien, vos photos des cortèges anti-CPE le 4 avril. Des barbus vénérables aux jeunes filles en fleur, tout un peuple dans la rue… Un grand merci et un coup de chapeau aux photographes.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/040406/


De mars à avril : deux mois de protestation

23 Mars

Avec la violence arrive la peur
Mobilisation réussie aujourd'hui pour les anti-CPE. Les cortèges étudiants et lycéens ont réuni de 220 000 à 450 000 manifestants. On estime qu'il y avait de 20 000 à 50 000 personnes à Paris, 10 à 50 000 à Marseille, 10 à 16 000 à Toulouse, 7 à 15 000 à Bordeaux, 6 à 12 000 à Grenoble, 5 à 10 000 à Clermont-Ferrand par exemple. La mobilisation gagne de nouveaux lycées : à Paris la moitié des établissements sont perturbés.

Parallèlement le mouvement se radicalise. Depuis mardi plusieurs établissements ont été attaqués (mardi Camille Sée à Paris, mercredi et jeudi à Savigny sur Orge ou à Nantes par exemple). Des violences ont émaillé les cortèges jeudi 23 à Paris, où des manifestants ont été agressés et dépouillés par des "casseurs", et en banlieue (93, 91 et 95). Le spectre d'une relance du mouvement des banlieues s'est éveillé.

Le premier ministre semble céder et propose aux syndicats "une réunion de travail à votre convenance le plus rapidement possible… avec un ordre du jour nullement limitatif". Rendez-vous a été pris entre la Cgt, FO, la Cftc, la Cfdt et la Cgc vendredi après-midi. La Fsu ,les syndicats étudiants et lycéens n'étaient toujours pas conviés le 23 au soir.L'UNL est invitée par Robien.
http://www.lefigaro.fr/france/20060323.WWW000000386_cpe_la_[...]
http://www.lefigaro.fr/france/20060323.FIG000000143_les_ban[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

Les parents divisés sur la journée d'action
Alors que la FCPE, première organisation de parents d'élèves, appelle les parents "à accompagner lycéens et étudiants dans les manifestations" ou à garder leurs enfants à la maison, la Peep "s'inquiète pour la sécurité des lycéens qui participent aux manifestations" et rappelle quels examens approchent…

Les deux organisations ont lancé des actions bien différentes. La Peep, qui avait invité le 25 mars G. de Robien, a lancé une pétition contre le blocage des établissements.

La Fcpe propose aux parents un modèle de lettre pour contester auprès des autorités académiques d'éventuelles sanctions qui seraient prises par des chefs d'établissement contre des lycéens absents pour manifestation.

L'Unapel, qui regroupe des parents de l'enseignement privé appelle au dialogue. " Il faut d'urgence… retrouver le chemin de la confiance qui est nécessairement celui du dialogue".
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=495
http://www.peep.asso.fr/actualite.php?id_actu=73&PHPSESSID=[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

28 Mars

La France en grève mardi 28 mars
Le Snuipp estime à 60% le taux de grévistes dans le primaire, avec des pointes à 80% dans certains départements (Dordogne, Puy-de-Dôme par exemple). Douze organisations syndicales (Cgt, Cfdt, Fo, Cgc, Fsu, Unsa, Unef, Confédération étudiante, Fidl, Unl) appellent à la grève interprofessionnelle. Plus de 130 manifestations sont prévues dans toute la France. La plus importante pourrait partir de la Place d'Italie à Paris à 14 h 30. Les transports, la poste, EDF devraient être perturbés ainsi que les banques, la métallurgie, les télécoms. Pour les anti-CPE la journée devrait être décisive.
http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_interne[...]

Des manifestants par millions
1 055 000 manifestants selon l'Intérieur, plus de 3 millions selon les syndicats : l'intersyndicale Cgt, Cfdt, Fo, Unef, Cftc, Fsu, Unsa, Solidaires, Unl, Fidl a relevé le défi. Les cortèges anti-cpe ont accueilli près de deux fois plus de manifestants que le 18 mars. Le cortège parisien a réuni entre 300 000 et 700 000 personnes. On notait dans ses rangs de nombreux lycéens (la moitié des lycées parisiens étaient fermés) et professeurs. Participation énorme également en Province : à Marseille de 30 000 à 250 000 manifestants, Bordeaux de 30 à 100 000; Lille et Nantes de 40 à 60 000; Nancy, Rennes et Grenoble Toulouse de 20 à 50 000; Rouen, Lyon, Limoges et Pau de 20 à 40 000.

"Nous sommes plus de 3 millions aujourd'hui dans les rues, c'est historique, il est impensable que le premier ministre reste arc-bouté sur sa position" déclare au Monde le secrétaire général de la CGT. Pourtant D. de Villepin construit son personnage de présidentiable dans le costume du chef d'une droite inflexible.

Celle-ci veut-elle endosser l'habit ? Il semble que non. Selon l'AFP, les députés UMP, par la bouche de leur président de groupe, appellent le gouvernement et les syndicats au dialogue.

Du côté syndical, Gérard Aschieri (FSU) parle d'aveuglement "On est devant une mobilisation d'ampleur exceptionnelle, ce qui nous permet de dire qu'il y aura des suites. Si le Premier ministre ne prend pas la mesure de ce qui se passe dans la population, il va au devant d'une crise sociale d'ampleur... Un tel aveuglement me laisse pantois."
Le reportage du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/cpe06/
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-755248@51-725561,0.html
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

Grève et fermetures d'établissement
Selon le ministère de l'éducation nationale, 42% des professeurs des écoles étaient en grève le 28 mars, 42% des professeurs en collège, 37% en lycée et 32% en lycée professionnel. Le Snuipp estime lui que 60% des professeurs des écoles ont fait grève. De toute façon ces chiffres sont très supérieurs à ceux du 7 mars : selon le ministère, 15% en lycée, 16% en collège et 11% dans le primaire.

Un lycée sur trois (1372) est officiellement touché par le mouvement ainsi que 69 universités (sur 83). Pour Karl Stoeckel (UNL), "plus de la moitié des lycées sont bloqués en France. La mobilisation va s'amplifiant, on a encore beaucoup de marge avec les lycéens. Villepin devra réagir après cette journée, il ne peut pas être en décalage avec ce qui se passe dans le pays".
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
Communiqué
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200632[...]
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

La manif du 28 mars
Photos et morceaux choisis de la manifestation du 28 mars.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/cpe06/

31 Mars

J. Chirac choisit la stratégie du désordre
" Le Parlement, les élus de la Nation, ont voté la loi sur l'égalité des chances et le Conseil constitutionnel vient de juger cette loi en tout point conforme aux principes et aux valeurs de la République. En démocratie, cela a un sens et doit être respecté. C'est pourquoi j'ai décidé de promulguer cette loi mais aussi parce que je pense que le contrat première embauche peut être un instrument efficace pour l'emploi. Mais j'ai entendu également les inquiétudes qui s'expriment, chez de nombreux jeunes et chez leurs parents. Et je veux y répondre. C'est pourquoi je demande au Gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi sur les points qui ont fait débat. La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi. Enfin, je demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'en pratique, aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l'ensemble de ces modifications".

Le discours présidentiel du 31 mars a-t-il une chance d'apaiser la rue ? Dès le 31 au soir des manifestations spontanées, hostile au CPE, ont éclaté dans les grandes villes françaises. Le Monde publie les réactions, "irritées", des organisations syndicales. Pour l'éducation retenons celles-ci. "Ubuesques", c'est l'adjectif utilisé par la FCPE pour qualifier les propos présidentiels. "Après avoir récusé toute idée de retrait d'une loi votée par le Parlement au motif du respect des institutions, le Président de la République promulgue la loi en demandant qu'elle ne soit pas appliquée". L'association de parents d'élèves appelle donc les parents à manifester le 4 avril. Pour le Snes, "le Président de la République ne répond pas à l’attente des millions de jeunes, de salariés et de citoyens qui sont dans l’action pour le retrait du CPE. Décidant de promulguer la loi, il rejette l’exigence portée massivement par le mouvement en cours. Il a même développé un nouveau plaidoyer en faveur du CPE. De façon contradictoire, il propose de ne pas appliquer la loi et de la modifier immédiatement ! Pourquoi alors promulguer ce texte ?". Pour Karl Stoeckel, de l'UNL, premier syndicat lycéen, ""cette promulgation va renforcer la mobilisation et la radicalisation du mouvement… On continue, le gouvernement reste isolé et Jacques Chirac est déconnecté de la jeunesse et de la population".

Les syndicats organisateurs de la journée d'action du 4 avril, Unef, Cé, Unl, Fidl, Cfdt, Cfe Cgc, Cftc, Cgt, Fo, Fsu, Solidaires, Unsa, maintiennent l'appel à manifester et à faire grève le 4 avril. Ils doivent se rencontrer lundi 3 avril.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-756936@51-734527,0.html
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2049

2 avril

La loi "pour l'égalité des chances"est promulguée
Le Journal Officiel du 2 avril publie la "loi pour l'égalité des chances" qui devient donc exécutoire. Du fatras que constituent les 52 articles du texte (qui concernent aussi bien les cafetiers que le code des impôts), trois points concernent directement l'Ecole.

La loi institue l'apprentissage dès l'âge de 14 ans (article 2). Elle instaure le Contrat Première Embauche (CPE) (article 8). Enfin elle crée le "contrat de responsabilité parentale" (article 48). " En cas d'absentéisme scolaire, tel que défini à l'article L. 131-8 du code de l'éducation, de trouble porté au fonctionnement d'un établissement scolaire ou de toute autre difficulté liée à une carence de l'autorité parentale, le président du conseil général, de sa propre initiative ou sur saisine de l'inspecteur d'académie, du chef d'établissement d'enseignement, du maire de la commune de résidence du mineur, du directeur de l'organisme débiteur des prestations familiales ou du préfet, propose aux parents ou au représentant légal du mineur un contrat de responsabilité parentale ou prend toute autre mesure d'aide sociale à l'enfance adaptée à la situation. Ce contrat rappelle les obligations des titulaires de l'autorité parentale et comporte toute mesure d'aide et d'action sociales de nature à remédier à la situation… Lorsqu'il constate que les obligations incombant aux parents ou au représentant légal du mineur n'ont pas été respectées ou lorsque, sans motif légitime, le contrat n'a pu être signé de leur fait, le président du conseil général peut : 1° Demander au directeur de l'organisme débiteur des prestations familiales la suspension du versement de tout ou partie des prestations afférentes à l'enfant".

Ce texte, présenté "pour l'égalité des chances", est globalement contesté par de nombreux mouvements éducatifs pour qui il stigmatise et menace les familles populaires et instaure davantage d'inégalité sociale.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SO[...]

4 fédérations de l'Education appellent à la grève le 4 avril
" Ignorant totalement la mobilisation exceptionnelle du 28 mars avec d’importants taux de grévistes dans l’Éducation et la Recherche publique, le gouvernement continue envers et contre tous de maintenir le CPE. Les provocations du ministre de l’Éducation, minimisant la mobilisation ou voulant rouvrir des établissements scolaires par la force ne peuvent qu’aggraver la situation". Quatre fédération de l'éducation, Ferc-Cgt, Fsu, Sgen-Cfdt et Unsa Éducation, " appellent l’ensemble des personnels de l’Éducation et de la Recherche publique à une nouvelle grève et aux manifestations avec les jeunes et les salariés le 4 avril".
Communiqué
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1055

4 Avril

Le printemps des anti-Cpe
Plus fort que le 28 mars ! Les manifestations du 4 avril ont réuni 935 000 manifestants hors Paris selon la police, plus de 3 millions selon les syndicats ! Le discours du président de la République, les menaces du ministre de l'éducation nationale n'ont fait qu'augmenter la mobilisation.

A Paris, la manifestation a réuni autant de monde que le 28 mars (entre 350 et 700 000). Marseille a connu un énorme cortège d'environ 250 000 personnes. A Bordeaux et Nantes ils étaient de 50 à 110 000; à Nancy, Rennes et Toulouse de 25 à 50 000; à Grenoble 30 à 60 000; et à Lyon, Clermont-Ferrand et Rouen de 15 à 50 000. Le Havre, Tours, Poitiers, Angers, Perpignan ont aussi connu des cortèges imposants (de 10 à 20 000). Manifestations aussi à La Réunion avec de 5 à 12 000 personnes.

Le taux de grévistes est lui légèrement en recul mais reste important. Le ministère annonce 24% de grévistes en lycée (contre 39% le 28 mars), 27% en collège (41%), 28% dans le primaire (43%). La Fsu indique un taux moyen de 42% (56%), le Se-Unsa de 45% et le Snuipp pour le primaire parle de 50% (60%).

Ce mardi 4 avril, 60 universités étaient bloquées ou perturbées (sur 84. ) ainsi que 559 lycées, selon le ministère. Des chiffres en progression. Pendant ce temps, les premiers CPE étaient signés par des employeurs. Le Cpe n'est pas abrogé…
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-757737@51-725561,0.html
Une carte
http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-734511,54-757969@51-725561,0.html

Les réactions
"La première réponse c'est d'abroger le CPE si on veut revenir à un pays qui ouvre le dialogue social, et organiser l'entrée des jeunes dans le monde du travail" a déclaré à l'AFP le président de la Fcpe, M. Dupon-Lahitte. Pour Tristan Rouquier (Fidl), "nous restons sur la seule et même voie : continuer à manifester jusqu'à son retrait". François Chérèque, de la CFDT, estime que "on voit bien que le gouvernement et les politiques sont en train de lâcher, il faut aller jusqu'au bout". Pour Jean-Claude Mailly (FO), "il faut que le Cpe soit zappé. Il faut qu'ils dévoilent leurs positions rapidement pour ne pas qu'ils nous amènent jusqu'au mois de mai parce qu'alors ce serait une entourloupe".

Selon l'Unsa Education "le gouvernement est désormais dessaisi du dossier. Les parlementaires du parti majoritaire à l’Assemblée nationale sont érigés, faute de mieux, en interlocuteurs des partenaires sociaux. Un seul message leur est adressé par l’ensemble des organisations : pour sortir de la crise, le CPE doit être retiré. Il faut cesser de louvoyer et d’utiliser, afin de ne pas contrarier des ambitions personnelles, les faux semblants". Le Snes propose des Etats Généraux de la jeunesse. "Le SNES propose avec la FSU qu’une fois l’abrogation du CPE décidée, soient organisés des Etats Généraux pour l’avenir de la jeunesse qui permettraient de discuter et traiter tous les problèmes posés à l’occasion de la crise du CPE comme de celle des banlieues, notamment l’emploi, la formation et la qualification des jeunes. Le SNES s’adressera dans ce sens aux groupes parlementaires".
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2054

Vos photos des manifestations
De Toulon à Dunkerque, en passant par Amiens, la ville dont le maire est G. de Robien, vos photos des cortèges anti-CPE le 4 avril. Des barbus vénérables aux jeunes filles en fleur, tout un peuple dans la rue… Un grand merci et un coup de chapeau aux photographes.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/040406/


Des mises en perspective

Alain Touraine
" Deux crises graves viennent de se succéder presque coup sur coup et on ne voit pas pourquoi la décomposition ne s'accélérerait pas". Dans Le Figaro, Alain Touraine estime que " La plupart des embauches de jeunes concernent des emplois précaires ; le CPE n'y fait pas exception ; même s'il ouvre une possibilité de solution, mais qui est laissée à la seule décision de l'employeur. On ne peut cependant pas dire qu'il aggrave la situation actuelle… La vérité est que la France et ses gouvernements successifs se sentent impuissants devant les problèmes d'éducation. Cette impuissance est une des raisons pour lesquelles s'est tellement répandue l'idée que notre société est divisée entre deux camps dont les intérêts et les objectifs sont inconciliables : ceux qui défendent l'économie de marché, le capitalisme et la globalisation s'opposent nécessairement à la recherche de la justice sociale et aux luttes contre l'inégalité".

Pour lui, "il faut, certes, résoudre les problèmes un par un, par des compromis, des reculs ou des remises à un avenir indéfini des problèmes qui semblent insolubles. Mais il faut en même temps comprendre que la France – et donc chacun de nous – court de graves dangers, s'isole dans une pensée et des méthodes dont tous nos voisins se sont débarrassés depuis longtemps".
http://www.lefigaro.fr/debats/20060324.FIG000000186_eviter_[...]

François Dubet
Dans Ouest-France, François Dubet évoque "l'incroyable hypocrisie du système scolaire piège les jeunes… L'école ne tient plus ses promesses. Depuis trente ans, faire des études passe pour être la meilleure garantie contre le chômage. Mais cela dépend du diplôme que l'on obtient. Les filières « de masse », lettres-sciences humaines et sociales-langues-droit, ne marchent que pour une minorité, ceux qui vont au bout du parcours".

Et il prône son ouverture au monde. "Soit elle est capable de se saisir de cette culture zapping, soit elle reste cantonnée au Lagarde et Michard et considère que le reste du monde est barbare. Or, le reste du monde propose une puissance, une jouissance, un sentiment de liberté face auxquels le monde scolaire est toujours perdant. D'ailleurs, dans les bons établissements, les élèves vivent avec un ordinateur du matin au soir".
http://www.ouest-france.fr/ofmagazine.asp?idDOC=290192&idCL[...]

DSK et Rocard proposent
"L’emploi des jeunes passe par une réforme en profondeur de notre système éducatif. Dans une économie de la connaissance, la clé de la réussite, c’est la capacité à apprendre, la « capacité cognitive ». Elle s’acquiert dès la petite enfance. C’est pourquoi j’ai proposé la création d’un service public de la petite enfance, sur le modèle nordique. L’autre clé, c’est le niveau de qualification. La France est très en retard : seulement 25% d’une classe d’âge est diplômée de l’enseignement supérieur, contre 50% aux Etats-Unis, 80% en Corée. Nous investissons peu dans l’enseignement supérieur : à peine 1.4% de notre richesse nationale, contre 3% aux Etats-Unis… Nous continuons à former les contremaîtres de l’usine de 1945, pas les cadres et les ingénieurs du monde de demain. C’est une véritable révolution éducative que nous devons mettre en œuvre : démocratisation de l’enseignement supérieur et concentration financière prioritaire sur l’université". Sur son blog, Dominique Strauss-Kahn propose "une alternative au CPE". Outre l'effort éducatif, il s'agit d'un triptyque : "ne laisser aucun jeune sur le bord de la route grâce un contrat de transition vers l’emploi ; développer de façon massive la formation en alternance ; inciter par la fiscalité les entreprises à embaucher des jeunes".

Pour Michel Rocard "le sauvetage de l'Europe et celui de nos emplois et de notre cohésion sociale sont un seul et même combat. Il est urgent de le comprendre et de le livrer. Faute de quoi, la société de la peur aura eu raison de toutes nos espérances depuis un demi-siècle, et de notre destin". Pour lui la lutte contre la précarité ne peut plus se livrer au niveau national. " A vouloir régler en France le problème de la précarité contemporaine du travail, on s'interdit de la combattre là ou il le faudrait, c'est-à-dire au niveau mondial et en usant de l'énorme puissance potentielle de l'Europe. Cette précarité du travail, elle est à l'évidence le fruit de la mutation profonde qu'a subi le capitalisme depuis trente ans… (Ces évolutions) font du droit du travail une peau de chagrin, du travail une marchandise dont il faut abaisser le coût et des travailleurs des objets interchangeables dont le besoin de sécurité n'est qu'un empêchement à faire du profit. Tel est l'étau dont il faut se dégager. Mais ce jeu pervers est mondial. Vouloir s'en dégager par l'isolement national, c'est à coup sûr ne plus pouvoir exporter, s'attirer la défiance des marchés financiers, voir sa propre croissance locale ralentie et son chômage augmenter. Personne ne peut se le permettre… La seule bataille qui ait du sens c'est de modifier la régulation du système. Limiter les paradis fiscaux, contrôler strictement les OPA, donner plus grand poids aux salariés et aux syndicats dans les décisions des entreprises, limiter par la taxation le champ de la spéculation, relancer la croissance par un endettement sage et limité puisque l'Europe n'a pas de dettes, telles sont quelques pistes qu'il est urgent d'explorer".
http://www.blogdsk.net/
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-755756,0.html

Jean Baudrillard : Place aux événements voyous (Libération du 14 avril 2006)
" Rendons grâce à M. de Villepin de se sacrifier sur l'autel du pouvoir, non seulement par ambition personnelle mais pour faire la preuve qu'il y a encore du pouvoir, et en sauver l'idée, dans une scène politique en pleine décomposition. Et, dans son cas, cela est d'autant plus pathétique qu'il le fait au nom du libéralisme mondial, celui-là même qui, justement, met fin un peu partout à l'exercice du pouvoir proprement politique. En face, et c'est toute l'ironie de la situation, les jeunes et les étudiants se battent eux aussi pour sauver une vieille idée, celle de la révolte, et laisser croire qu'il y a encore, au fond de cette société stagnante et croupissante, dont les seuls idéaux sont devenus ceux du confort, de la performance et de la sécurité, une force vive et irréductible, de refus et de subversion. Mais le plus drôle et le plus pathétique là aussi, c'est qu'ils le font en revendiquant exactement les modèles de vie et de société, de programmation économique de travail et d'existence qui sont à l'origine de l'ennui et du désenchantement de cette même société.

Donc, à ce niveau d'interprétation, le bilan est plutôt consternant : on a affaire à un événement farce, où l'un se joue le mélodrame du pouvoir et les autres, celui de la révolte, sans que personne fasse véritablement figure d'acteurs historiques".

http://www.liberation.fr/page.php?Article=374785

Félouzis, Fize et Roudet dans La Croix
La Croix du 14 mars interroge trois sociologues, Michel Fize, Georges Felouzis et Bernard Roudet, sur la signification du mouvement anti-CPE.
"Il faut parler d’individualisation plutôt que d’individualisme. L’individualisme renvoie à une attitude qui pourrait s’exprimer comme suit : “Je ne pense qu’à moi et je suis prêt à marcher sur les pieds des autres pour arriver.” Ce n’est pas le cas de cette génération. Mais elle a tendance à faire des choix et à affirmer ses valeurs en dehors de ce que pourraient vouloir leur imposer les institutions traditionnelles que sont la famille, l’école, l’Église ou les organisations politiques. De ce point de vue, on assiste, c’est vrai, à une certaine déconnexion intergénérationnelle.

Cela ne veut pas dire pour autant que les jeunes ne sont pas engagés et qu’ils n’ont pas une forme de conscience collective. Leur prise de distance avec le monde politique les a rendus paradoxalement souvent plus compétents sur les grands problèmes de société et de relations internationales. Mais leur système de valeurs est plus hétérogène et leur engagement prend des formes différentes. Ce n’est plus un engagement à long terme fondé sur la défense d’un idéal. Il est plus ponctuel, plus axé sur un projet particulier, et prend une forme essentiellement protestataire avec une recherche d’efficacité immédiate".

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2261866&rub[...]


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