Informations Professionnelles (Café N° 75)

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- A la Une : Violence scolaire : une politique en mal d'intelligence

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Dossier spécial : carte scolaire et équité

Édition du 15-09-2006

- François Jarraud -

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"Dans l’exercice de leurs fonctions, les personnels et en particulier les enseignants peuvent être victimes ou témoins de faits de violence, à l’intérieur ou aux abords des établissements scolaires. La présente brochure est destinée à apporter à ces personnels une première information sur l’aide qu’ils peuvent recevoir et sur les démarches qu’ils peuvent ou doivent accomplir selon qu’ils sont victimes ou témoins de tels agissements". L'introduction de la nouvelle brochure "Réagir face aux violences en milieu scolaire" illustre les limites de la politique ministérielle à propos de la violence scolaire.

Ce sont pas moins de trois brochures qui sont publiées par le ministère, l'une d'elle devant être distribuée aux enseignants. "Réagir face aux violences en milieu scolaire" résume le "Memento", un document plus important, téléchargeable sur Eduscol. Il présente face à des situations précises les qualifications pénales et apporte des conseils sur la conduite à tenir.

Les chefs d'établissement bénéficient d'un ouvrage particulier "Questions réponses" réalisé avec le ministère de l'intérieur. Il s'agit d'un manuel très concret de collaboration entre les chefs d'établissement et la police qui aborde le signalement d'infractions, la fouille des élèves, la présence policière dans l'établissement, la levée du secret professionnel, le partage d’informations avec la police etc.

Ces documents sont loin d'être inutiles. Ils apportent des informations légales précieuses sur les crimes et délits. Et les établissements ont appris depuis longtemps qu'il est nécessaire d'avoir des relations suivies avec la police.

Mais on ne peut qu'être surpris du caractère très opérationnel du document destiné aux chefs d'établissement. Celui-ci peut y apprendre comment se comporter en vigile : mettre en place un filtrage, fouiller (des yeux !) les sacs par exemple. Il est invité à transmettre des documents internes " Dans le cadre du partenariat entre l’Éducation nationale et la police ou la gendarmerie, les bonnes relations nouées entre les membres de ces institutions, basées sur la confiance et la courtoisie réciproques, doivent permettre un libre échange d’informations. C’est ainsi que, hors le cadre des réquisitions écrites, le chef d’établissement permettra aux enquêteurs l’accès à certains renseignements comme, par exemple, la consultation des fiches individuelles de renseignements afin de connaître l’identité et le domicile d’un élève ou de ses parents s’ils sont séparés, la composition de la fratrie, etc.." Dans le contexte actuel de chasse aux élèves sans papiers, cette opportunité ne peut être accueillie paisiblement…

Ce qui est vraiment confondant c'est la réduction opérée par le ministre. S'agissant d'un thème aussi important que la prévention de la violence scolaire, on pouvait attendre d'un ministre de l'éducation autre chose qu'un rappel du code pénal et un manuel d'apprenti vigile.

Car la prévention de la violence scolaire n'est pas sans rapport avec le fonctionnement même de l'Ecole. C'est ce qu'évoquait Eric Debarbieux dans un entretien accordé au Café. "Tout le monde est d'accord pour dire que la violence scolaire a plusieurs causes. La situation économique, familiale ont leur part mais il y a aussi des facteurs liés à l'institution scolaire. En particulier, il y a une forte corrélation entre la qualité du climat scolaire et la victimisation. Le climat scolaire c'est la qualité des relations entre adultes et élèves et entre adultes; la capacité à avoir un dialogue et non un affrontement avec les élèves. C'est aussi la clarté des règles collectives. Le climat peut se dégrader par exemple quand les punitions diffèrent d'un enseignant à l'autre. Les sentiments d'appartenance collective et de justice sont deux composantes essentielles de ce climat".

Pour s'attaquer à la violence scolaire l'Ecole a bien sûr besoin de s'appuyer sur la police. Elle doit aussi réfléchir à sa relation avec l'élève et avec les parents. Or on doit bien dire que les trois brochures ministérielles donnent à penser que l'élève est vu uniquement comme l'auteur de violence et l'adulte comme la victime alors que la grande majorité des victimes sont les élèves.

Elle doit enfin mettre en place une véritable éducation contre la violence. Selon E Debarbieux des exemples existent "Aux Etats-Unis, il y a un programme efficace contre la colère. On s'est rendu compte que dans 80% des cas, les élèves violents ont des problèmes de conceptualisation. Le programme vise à les aider à comprendre leurs actes pour changer leur comportement. Par exemple on projette un film sur des élèves en colère et on les invite à juger ce comportement. Puis on débat sur les causes de la colère et sur les façons de l'éviter. Enfin les élèves tournent un film sur les solutions qu'ils ont trouvé face à la colère. Et bien ce programme a un impact réel".

Faute de tout cela, ces documents, comme la circulaire ministérielle, laissent à penser que la prévention de la violence scolaire reste une tâche secondaire.
http://eduscol.education.fr/D0203/documents.htm
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/71.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/52.php#192

La circulaire contre la violence scolaire invite la police dans les établissements
Entre la prévention éducative et l'intimidation et le signalement préventif, la circulaire ministérielle sur la violence scolaire s'aligne sur les thèses sarkoziennes." Le chef d’établissement… peut, après en avoir informé son conseil d’administration, en concertation avec les services de police ou les unités de gendarmerie, demander à ceux-ci d’organiser, dans l’enceinte de l’établissement, une permanence d’un agent des forces de l’ordre. Ce dernier sera à même de participer à des actions de prévention, il sera à l’écoute des personnels et des élèves, et pourra intervenir en cas de problème. Les autorités académiques inciteront les chefs d’établissements dans lesquels les actes de violences sont très fréquents à demander la mise en place d’un tel dispositif". La circulaire interministérielle, signée par les ministres de l'éducation nationale, de l'intérieur et de la justice, invite la police à intervenir à l'intérieur des établissements.

Le texte insiste également sur l'information. " L’information des chefs d’établissement et des équipes éducatives sur les procédures à suivre dans des situations de particulière gravité, est souvent parcellaire et insuffisante. Il est nécessaire que tous les personnels puissent disposer d’une information commune, validée par les partenaires impliqués. C’est pourquoi un “Mémento partenarial en cas d’infractions en milieu scolaire” sera diffusé dans les établissements scolaires. Il précise par ailleurs, pour les actes constitutifs d’infractions, les qualifications pénales prévues et les conduites à tenir". Les établissements sont invités à signaler au président du conseil général " les informations relatives aux élèves dont la situation préoccupante laisse apparaître la nécessité, voire l’utilité, de mettre en oeuvre des mesures éducatives".

Le volet éducatif n'est pas absent. Le texte rappelle que " en soi, l’acte pédagogique représente une des premières préventions de la violence". Mais le texte s'intéresse peu aux élèves qui sont pourtant les principales victimes de la violence scolaire. Il rappelle les devoirs de l'Etat envers ses agents. " Il faut tout d’abord assurer aux personnels victimes un soutien sans faille à tous les niveaux de la hiérarchie... Outre la mise en oeuvre d’un soutien juridique, un accompagnement est mis en place et proposé aux victimes. Celui-ci associe les directeurs des ressources humaines, les conseillers techniques sociaux et de santé et les cellules juridiques des rectorats. Cet accompagnement s’exerce dans plusieurs domaines complémentaires : le soutien immédiat de la hiérarchie, l’accompagnement judiciaire (dont les modalités précises sont énoncées dans le Mémento partenarial en cas d’infractions en milieu scolaire), médical, psychologique ou social, administratif (déclaration d’accident de service ou du travail, aide à la rédaction de la demande de protection juridique)... Il convient de ne pas omettre l’accompagnement pédagogique afin que le personnel victime puisse réintégrer sa place dans l’établissement dans les meilleures conditions".

L'information sur les violences est donc au centre des dispositions de ce texte. Les réactions à la publication par Le Point d'une carte des établissements violents, montre pourtant qu'elle reste un sujet très sensible. Le SNPDEN, syndicat des chefs d'établissement, demande à ses membres de ne plus renseigner les enquêtes Signa utilisées pour faire connaître les actes de violence. La Fcpe et la Peep, les deux principales associations de parents d'élèves; ont protesté contre cette publication. Le ministre lui-même estime que le classement du Point n'est pas "pertinent", les donées brutes ne tenant pas compte du nombre d'élèves dans les établissements.
Le B.O. du 31 août
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2006/31/31_v1[...]
Communiqué Fcpe
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=536
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Le Point publie la carte des établissements violents
Selon Le Monde, Le Point devrait publier le 31 août la carte des 334 établissements scolaires connaissant le plus d'actes de violence scolaire. Cette publication stigmatisera-t-elle davantage ces établissements ou générera-t-elle davantage d'aides ?

Le magazine prend le risque d'entretenir les peurs. Pourtant, l'étude officielle sur laquelle s'appuie Le Point, montre un ralentissement de la violence scolaire. " "On enregistre une hausse de 1% (en 2004-2005) par rapport à l’année scolaire 2003-2004, beaucoup plus modérée que celle de 12% enregistrée en 2003-2004. Comme les années précédentes, seule une proportion limitée d’établissements a signalé un grand nombre d’actes : la moitié des incidents sont déclarés par 10% des établissements seulement… Les auteurs et les victimes des actes de violence signalés sont en très grande majorité des élèves".

Pour le sociologue Eric Debarbieux, interrogé par le Café, " en ce qui concerne la montée de la violence, il faut souligner plutôt la stabilité : depuis 1993 en France on n'observe pas une progression globale. C'est ce que nous disent les enquêtes de victimation. La violence est ciblée sur quelques établissements en lien avec l'exclusion sociale".
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-80798[...]
Etude (en pdf)
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2005/ni[...]
Article d'Eric Debarbieux
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/71.php

Le projet de loi sur la délinquance
"Les maires seront plus impliqués dans l’aide et l’orientation des familles en difficulté : ils réuniront un conseil pour les droits et devoirs des familles et pourront désigner un coordonnateur parmi les travailleurs sociaux intervenant en faveur d’une même famille. Le partage du secret professionnel entre travailleurs sociaux sera organisé dans l’intérêt des mineurs ; le maire recevra les informations indispensables à l’exercice de ses compétences… Afin de mieux lutter contre la délinquance des mineurs, qui a augmenté de 80 % en dix ans, le projet de loi adapte l’ordonnance du 2 février 1945 en donnant aux délinquants une réponse individualisée et rapide à chaque acte répréhensible. Il prévoit une diversification des mesures prises par le juge (placement dans un établissement scolaire éloigné du domicile, exécution de travaux scolaires, placement en internat, mesure d’activité de jour, avertissement solennel•••) ainsi que l’extension de la procédure de la composition pénale dès l’âge de 13 ans". Le projet de loi sur la prévention de la délinquance a été présenté au Conseil des ministres du 28 juin.

La question du dépistage des enfants déviants dès 3 ans n'a pas été abordée au Conseil. Selon Le Monde, elle pourrait être intégrée au projet de loi sur la protection de l'enfance qui arrivera lui aussi devant le Parlement à la rentrée.

Tel qu'il est, le projet de loi sur la prévention de la délinquance est vivement critiqué par des magistrats du Syndicat de la magistrature et des syndicat de la protection judiciaire de la jeunesse. La FSU estime que le texte supprime " le caractère éducatif de la prévention". Un "Appel des mille jeunes présumés coupables" a été lancé contre le projet, avce le soutien de la Cgt, Fsu, Ligue des Droits de l'Homme, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des avocats.
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernemen[...]
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-78947[...]
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=4455

- La rentrée    [ Haut ]

Une rentrée rêvée, un adieu peut-être ?
"Tout a été fait pour que ce soit une très très belle rentrée… Tous les moyens sont là… Le temps des querelles est du temps perdu". S'adressant à la presse le 31 août, Gilles de Robien tente un exercice nouveau : prédire une rentrée idéale et sans problème, voire une ère nouvelle pour l'Ecole, tout en confirmant à chaque pas que ses positions sont contestées. Il n'y a pas de problèmes mais ils sont pourtant omniprésents.

L'ère nouvelle ce sont les 7 projets ministériels. Et d'abord le "moment historique" que constitue pour Robien la mise en place du socle commun et des PPRE. "Je l'ai déjà dit : tous doivent connaître le socle. Les élèves naturellement, les enseignants, et aussi les parents". Mais il précise que le socle se résume à un ouvrage vendu en librairie que les futurs enseignants devront connaître. Aucun dispositif particulier n'accompagne également la mise en place des PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative), cet élément clé de la réforme. A la veille de la rentrée, des enseignants s'interrogent sur les listes de discussion : "qui d'entre vous a effectué des heures de PPRE ? Pouvez vous m'en dire plus que les vagues directives officielles ?..."

Le ministre annonce que "seule vaut la méthode d'apprentissage de la lecture qui se fonde au départ sur le déchiffrage syllabique des mots... Méthode globale et semi-globale, tout cela est du passé…". Des affirmations contestées à la fois par la grande majorité des experts, par les pratiques des enseignants et dans une certaine mesure par les textes officiels. De la même façon, "l'égalité des chances" vantée par le ministre qui rappelle la multiplication des bourses au mérite, sonne mal avec la diffusion de l'apprentissage junior et l'appel à l'éviction des élèves gêneurs, deux mesures dont on sait bien qu'elles sont spécifiques aux jeunes des familles défavorisées. Le ministre doit d'ailleurs reconnaître que l'apprentissage junior se diffuse plus lentement que prévu du fait des oppositions régionales.

La lutte contre la violence est un autre point important du programme ministériel, réglé par deux brochures qui seront distribuées dans les établissements, et une circulaire où l'Intérieur s'impose à l'Education. Le ministre annonce également la publication d'un texte sur les parents à l'école (voir plus bas) et un "important plan de développement des TICE" qui devrait être précisé à la mi-septembre.

Il n'est pas fréquent qu'un mouvement d'action soit lancé dès la rentrée. Le ministre n'en a cure : "j'ai conscience des besoins des professeurs et des déclarations… Je fais la distinction entre les situations réelles et les postures". A quelques mois des élections présidentielles, Gilles de Robien se dresse bien en homme seul, même face aux évidences.
La conférence de presse de la rentrée
http://www.education.gouv.fr/cid3859/conference-de-pres[...]

Rentrée : les syndicats promettent le conflit
28 septembre. Les fédérations syndicales Faen, Ferc-Cgt, Fsu, Sgen-Cfdt et Unsa Education appellent les personnels à faire grève le jeudi 28 septembre. Elles dénoncent les " décisions budgétaires du gouvernement pour 2007 qui, s’ajoutant aux coupes intervenues depuis 2003, conduiront à réduire considérablement les moyens du service public. Il s’agit bien d’une politique à courte vue, rétrograde dans ses choix et dangereuse pour l’avenir dont les élèves, les jeunes, notamment ceux qui sont le plus en difficulté, tout autant que les personnels vont payer le prix : dégradation des conditions d’enseignement et de travail, réduction de l’offre d’enseignement, précarité accrue...

Les syndicats jugent sévèrement le discours de rentrée du ministre. "Ces annonces en trompe l’œil ne sauraient masquer la profonde détérioration du service public d’Éducation, l’aggravation des conditions de travail des personnels et la non-prise en compte de mesures permettant la réussite scolaire de tous les jeunes, y compris des enfants des sans papiers" affirme le Sgen Cfdt qui dénonce "improvisation et chaos".

Pour le Se-Unsa "la rentrée scolaire 2006 se fera dans un climat assombri. Loin de la « belle rentrée » évoquée par le ministre de l’Education nationale, la réalité des conditions de scolarisation se place sous le signe des difficultés et des tensions". Le syndicat rappelle les coupes budgétaires depuis 2003 et "la suppression, d’une ampleur jamais vue, de 8701 emplois d’enseignants" en 2007. " Dans de telles conditions, pour le SE-UNSA, le contentieux entre les enseignants et le gouvernement reste entier à cette rentrée scolaire 2006. Les faux-procès professionnels instruits par le ministre de l’Education nationale, dont celui sur une soi-disant utilisation de la méthode globale d’apprentissage de la lecture, contribuent à entretenir la méfiance".

Dans une déclaration à l'AFP, la FSU parle de "situation de conflit ouvert avec le gouvernement".
Appel à la grève
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1[...]
Communiqué Unsa
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=060830
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Les premiers couacs de la rentrée
Dans le Val de marne, le Conseil général a ouvert un site spécial "Sos Rentrée" pour aider les "centaines de jeunes" qui restent sans affectation. Un numéro vert gratuit (0 800 24 24 94) est mis à leur disposition. Le Café avait rendu compte en juin du manque de place dans les établissements et des pratiques d'orientation dans ce département. Dans le 93, le collège (EP2) Jean Jaurès de Saint Denis est occupé pour protester contre les classes chargées et le classement publié par Le Point. Dans les Yvelines, selon l'AFP, des parents ont manifesté dans plusieurs communes pour protester contre des fermetures de classes. En Alsace, au collège Le Ried de Bischheim, c'est un différent entre le principal et les personnels qui nourrit la grève à partir du 4 septembre. Lors de la conférence de presse de rentrée, le ministre a promis qu'il réglerait tous les problèmes et que des moyens étaient réservés.
Sos Rentrée
http://www.cg94.fr/node/1372
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Robien : objectif calcul et grammaire
"Je compte modifier l'apprentissage du calcul et de la grammaire cette année : les programmes seront changés pour 2007" Dans un entretien accordé au Figaro, le ministre annonce son intention de revenir aux méthodes traditionnelles. "Les quatre opérations doivent être apprises le plus tôt possible. Le calcul mental, détrôné par la calculette, doit être mis en valeur. Quant à la grammaire, elle est devenue très jargonnante".

Une prise de position qui s'oppose, une nouvelle fois, à celle des spécialistes. Rémi Brissiaud, Roland Charnay, Joël Briand et David Lefebvre ont montré dans un dossier du Café pourquoi l'apprentissage précoce de la division, s'il est populaire, est néfaste. "Au début de l’année 2006, un sondage a été commandé par le Ministère de l’Éducation Nationale, qui demandait aux personnes sondées si elles étaient pour ou contre la méthode globale d’apprentissage de la lecture. Ce fut évidemment un raz-de-marée de « contre » (environ 90 %). Imaginons qu’on fasse aujourd’hui un sondage en disant aux personnes interrogées qu’il est possible d’enseigner la division au CP parce que ça se faisait il y a quelque temps et en leur demandant si elles désirent que leurs enfants bénéficient de cet enseignement… Quel parent ne souhaite pas que ses enfants apprennent tout ce que l’école est susceptible de leur enseigner ? Supposons que des chercheurs tentent d’expliquer qu’en réalité, c’est toujours le partage qu’il est ainsi proposé d’enseigner aux enfants mais un partage qu’on a « habillé » du langage et des signes arithmétiques de la division. Supposons que ces chercheurs tentent d’expliquer que, ce faisant, certains élèves n’accéderont peut-être jamais au concept de division parce que trop longtemps, ils penseront que division = partage. Ce discours paraîtra bien complexe et il ne trouvera place que dans des médias très spécialisés…"
Article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20060904.FIG000000091_gil[...]
Le dossier calcul du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/calcul[...]


- Le système scolaire    [ Haut ]

L'école se dégrade pour un français sur trois
Selon un sondage CSA publié par Le Parisien, pour 35% des français "la qualité de l'enseignement au collège et au lycée se dégrade". Ce sentiment est nettement adopté par l'électorat d'extrême droite : 41% des sympathisants UMP mais 59% pour le RPF et 87% pour le Front national.
http://www.csa-tmo.fr/dataset/data2006/opi20060830b.htm

Publication du décret sur les droits des parents d'élèves
"Les parents des élèves nouvellement inscrits sont réunis par le directeur d'école ou le chef d'établissement dans les premiers jours suivant la rentrée scolaire. Le conseil des maîtres présidé par le directeur d'école dans le premier degré, le chef d'établissement dans le second degré organisent au moins deux fois par an et par classe une rencontre, qui peut prendre différentes formes, entre les parents et les enseignants. Dans les collèges et les lycées, l'information sur l'orientation est organisée chaque année dans ce cadre". Le J.O. du 29 juillet publie le décret relatif aux droits des parents d'élèves annoncé dans L'Expresso du 6 juillet.

Le texte encadre également les droits des associations d'élèves en ce qui concerne leur communication, qui reste soumise au chef d'établissement, et le calendrier des conseils de classe. " Les heures de réunion des conseils d'école, des conseils d'administration, des conseils de classe et des conseils de discipline sont fixées de manière à permettre la représentation des parents d'élèves. Dans le second degré, le calendrier de ces réunions doit tenir compte des horaires des classes et, selon les périodes, des spécificités de l'établissement, du calendrier des activités scolaires, du calendrier de l'orientation et des examens. Le chef d'établissement, lorsqu'il doit procéder à des adaptations en fonction de ces contraintes, organise une concertation préalable avec les représentants des parents d'élèves après consultation des représentants des enseignants et des élèves".

Début juillet les associations de parents d'élèves avaient salué différemment le texte. La Peep estime que le décret "ouvre la porte de l'école aux parents". Pour la Fcpe, " contrairement à ce qu’avait annoncé le ministre de l’Education nationale à la rentrée 2005, ce décret ne crée pas un statut du parent délégué qui permette aux parents d’élèves élus d’exercer leur mandat dans toutes les instances où les parents d’élèves sont représentés. Sur le terrain, les représentants des parents peinent chaque jour pour obtenir le respect des dispositions instaurant le congé de représentation".
Le décret
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Rappel : L'Expresso du 17 juillet
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index170706.php

PPRE
Voir le dossier spécial dans la rubrique "actualité pédagogique".
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/75.php

Le conseil pédagogique
"Dans chaque établissement public local d’enseignement, est institué un conseil pédagogique. Ce conseil, présidé par le chef d’établissement, réunit au moins un professeur principal de chaque niveau d’enseignement, au moins un professeur par champ disciplinaire, un conseiller principal d’éducation et, le cas échéant, le chef de travaux. Il a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement". Créés par l'article 38 de la loi Fillon, les conseils pédagogiques doivent, selon la circulaire de rentrée, être mis en place à la rentrée 2006 dans les établissements secondaires. EduScol publie une fiche synthétique sur sa mise en place et son rôle.

"Le conseil s'inscrit donc dans un mouvement plus général d'affirmation d'un certain degré d'autonomie des établissements. Quel rôle assumera-t-il face au conseil d'administration d'un coté et des enseignants de l'autre ? Peut-il à lui seul aider à la constitution d'équipes pédagogiques stables ? Dans un système aussi anciennement centralisé que l'Ecole française, l'autonomie pédagogique peut-elle être instituée par des textes ?" interrogeait le 30 mai L'Expresso qui propose une analyse de cette nouvelle structure.
Fiche EduScol
http://eduscol.education.fr/D0182/conseilped.htm
L'Expresso du 30 mai
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index300506.php

Le redoublement français montré du doigt par l'Ocde
" À l’instar des autres formes de différenciation institutionnelle, le redoublement est considéré par certains, en particulier les enseignants et les chefs d’établissement, comme une stratégie permettant de faciliter l’apprentissage et d’améliorer les performances, dans la mesure où les élèves en difficulté sont intégrés dans des classes homogènes et peuvent bénéficier d’un enseignement plus adapté à leur niveau. De nombreuses études montrent que les redoublants ne sont pas plus susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats que leurs condisciples, à niveau égal de compétence. Dans un tiers des pays de l’OCDE, toutefois, le redoublement est fréquent : le pourcentage d’élèves de 15 ans déclarant avoir redoublé au moins une fois va de 7 % en Grèce à 38 % en France". La France championne de l'Ocde en matière de redoublement ! "Regards sur l'éducation " relève cette particularité française dans sa dernière édition. Un trait qui n'est pas sans rapport avec des dépenses éducatives au-dessus de la moyenne de l'Ocde.

Le caractère inopérant du redoublement a pourtant été attesté par plusieurs études scientifiques en France même. Mais sa pratique est largement acceptée aussi bien chez les enseignants que chez les parents.
Etude Ocde (en pdf)
http://www.oecd.org/dataoecd/51/25/37392770.pdf
Le redoublement inopérant mais socialement efficace
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index040906.php
Le dossier spécial du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/52.php#135

Le décret sur le socle commun est publié
Le Journal officiel du 12 juillet publie le décret sur le socle commun. Conformément aux recommandations du HCE, le socle comporte 7 piliers. Le premier concerne "la maîtrise de la langue française" réduite à la lecture, l'apprentissage de l'orthographe et la grammaire, c'est-à-dire aux dictées et à la leçon de grammaire, des procédés dont la performance est contestée. Le pilier mathématique concerne les 4 opérations, le calcul mental, les théorèmes de la géométrie plane, les équations du premier degré. Le troisième pilier concerne "la culture humaniste" : "il s’agit de donner des repères solides. Ce qui suppose évidemment un apprentissage de la chronologie en histoire et de la cartographie en géographie". Viennent ensuite la langue étrangère, la maîtrise des TIC, des compétences civiques et sociales, enfin, à la demande du HCE, le développement de l'autonomie et l'initiative de l'élève. Le décret avait été rejeté par le CSE le 8 juin.
Au J.O.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Dossier spécial sur le socle
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/72.php#254
Analyse du décret
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/73.php#0

Le socle commun au B.O.
Le décret sur le socle commun est publié au B.O. du 20 juillet. Le Café l'a présenté le 11 mai et annoncé sa parution au J.O. le 13 juillet.
Le décret au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/29/MENE0601554D.ht[...]
L'Expresso du 11 mai
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index110506.php
Rappel : dossier spécial
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/72.php#254


Le B.O. publie la circulaire sur la prévention des risques
Présentée dans L'Expresso du 17 juillet, la circulaire interministérielle sur la prévention des risques paraît dans le B.O. du 27 juillet.

Ce texte prévoit la mise en œuvre de cette éducation de l'école au lycée. Elle " doit principalement répondre aux objectifs suivants : assurer la connaissance des risques et des mesures de prévention et de protection dans les différentes actions ou activités de la vie quotidienne, face à l'incendie et aux risques majeurs…, donner une information sur l'organisation et les missions des services de secours pour que chacun puisse alerter de la manière la plus appropriée à la situation rencontrée; garantir l'apprentissage des gestes élémentaires de survie à pratiquer en attendant l'arrivée des secours organisés; développer des comportements civiques et solidaires, le sens de la responsabilité individuelle et collective, à partir de situations concrètes et intelligibles". Le tout "dans le cadre des programmes". Aux enseignants de se débrouiller…
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/30/MENE0601175C.ht[...]
Rappel : L'Expresso du 17/07/06
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index170706.php

Cinq nouveaux recteurs
Le conseil des ministres du 12 juillet a nommé 5 nouveaux recteurs. Bernard Dubreuil, recteur de Nantes, quitte cette ville pour Lille. Il y est remplacé par Paul Desneuf. Jean-Baptiste Carpentier quitte Caen pour Rennes; Micheline Hotyat l'y remplace. Marie Reynier est nommée rectrice de la Martinique.
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20[...]

Création d'un délégué à l'orientation
"Le délégué interministériel à l'orientation coordonne les actions de l'Etat dans les domaines de l'information sur les métiers, de l'orientation scolaire et dans les établissements d'enseignement supérieur, de la préparation à l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes. Il veille, en tant que de besoin, à l'articulation de ces actions avec celles des collectivités territoriales et des entreprises. Il est chargé de la mise en place et du suivi d'un schéma national de l'orientation et de l'insertion professionnelle". Un décret publié au Journal Officiel du 12 septembre institue un "délégué interministériel à l'orientation".

Le 26 juin, le président de la République avait demandé la création d'un " un service public de l'orientation".. Le nouveau délégué disposera des services de l'éducation nationale. Il pourra faire appel à ceux de plusieurs autres ministères (intérieur, défense, justice, industrie santé Pme etc.).
Le décret
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Rappel : L'orientation dans le Guide parents de la rentrée
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/r2006/genp61.ph[...]

Huit projets retenus pour l'accompagnement scolaire en Zep
Huit projets portés par des collectivités locales, des associations éducatives ou des éditeurs sont retenus dans le cadre de l'appel à propositions "accompagnement à la scolarité, égalité des chances et TIC". Ces projets visent à aider scolairement des élèves en difficulté de la fin de l'école primaire au début du collège.

Ainsi le projet proposé par le Conseil général de la Somme (qui est également repris par le C.G. du Val d'Oise) s'appuiera sur l'équipement des collèges en salles multimédia, des ressources numériques (Kne, Cns, Paraschool, Lesite.tv) et un ENT (espace numérique de travail) pour piloter l'ensemble. Le projet déposé par la Vile de Lyon avec le Crdp propose d'équiper 30 écoles et 30 associations en matériel informatique et de créer des ateliers parents – enfants. Odile Jacob et Domicours s'associent pour proposer des stages tutorés de soutien scolaire qui associent les logiciels d'O. Jacob et les moyens de Domicours. Les autres projets retenus ont été déposés par l'Afev, le Cemea, le Cned et Maxicours et l'Inspection académique de la Moselle.

Le début de mise en œuvre de ces projets interviendra en septembre. Mais le gouvernement a décidé le 11 juillet, lors du Cisi, d'étendre cette opération à tous les quartiers Zep dès la rentrée 2007.

"L’accompagnement à la scolarité ayant pour objectif central la réussite scolaire, l’éducation nationale doit s’y impliquer avec détermination. Elle pourra y trouver sa place et jouer le rôle majeur qui lui revient à travers ses compétences et son expertise propres, qu’elle doit mobiliser en faveur de la réussite du dispositif. Afin d’éviter d’être confrontée à un constat d’empilement d’actions nées d’initiatives locales parfois désordonnées, il lui appartient de promouvoir un mode de pilotage fondé sur le principe de subsidiarité". Dans un rapport remis en juin dernier, les inspecteurs généraux Jean-Michel Bérard, Christian Loarer, Guy Menant (IGEN), Alain-Maie Bassy, Jean-Yves Dupuis et Robert Jammes (IGAEN) préconisaient une intervention déterminée de l'Etat dans le secteur de l'accompagnement scolaire, appuyée sur l'utilisation des TICE. " Si elles ne sont pas la panacée, il est clair que les TICE peuvent constituer un levier puissant des politiques d’accompagnement à la scolarité, comme d’ailleurs plus globalement des politiques éducatives, et qu’elles peuvent contribuer à « universaliser » le soutien scolaire pour tous à des coûts et des conditions de solvabilité jugés intéressants".
http://www.educnet.education.fr/actu/actualite.php?th=a[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/amiens/
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index090606.php

Les centres Défense deuxième chance vivement critiqués
Le Monde dresse un bilan très critique du dispositif "Défense deuxième chance".

Ils étaient 393 jeunes participant à "Défense deuxième chance" invités à la garden party de l'Elysée le 14 juillet. Mesure phare du gouvernement, "Défense deuxième chance" s'adresse aux jeunes de 18 à 21 ans, sans diplôme ni emploi, en risque de marginalisation : "il a pour objectif leur insertion sociale et professionnelle à travers un programme de formation adapté sensé insérer des jeunes des quartiers difficiles" affirme l'EPIDe, organisme gestionnaire des centres.

Pour cela, selon une brochure officielle, "les jeunes sont soumis à une discipline stricte, définie par le règlement intérieur des centres . Les cours sont à effectif réduit : 12 élèves par classe en moyenne…La formation dispensée comprend : une remise à niveau des fondamentaux scolaires : français, orthographe, mathématiques, … une formation civique et comportementale incluant des cours et une mise en pratique quotidienne, une formation professionnelle dans des secteurs d’activités qui recrutent : hôtellerie, restauration, transport, logistique/magasinage, espaces verts, BTP, sécurité, aides à la personne, …. S’y ajoutent une formation aux premiers secours, une initiation à l’informatique, des activités physiques, une participation aux tâches quotidiennes liées à la vie en collectivité ainsi que le respect de l’autorité".

Le Monde relève de sérieux dérapages dans la formation suivie dans ces centres. "La formation comportementale ne doit pas être confondue avec une formation paramilitaire… J'interdis donc tout exercice de self defense, tout "déplacement en ambiance tactique", tout usage de technique de camouflage, qui ne s'insèrent en rien dans la charte pédagogique... Je proscris désormais le port de repères galonnés, de barrettes de décorations" précise une note interne à l'établissement. Le Monde laisse aussi entendre que l'encadrement n'est pas au dessus de tout soupçon : enseignants sans expérience et mal payés d'un coté, cadres originaires d'un organisme à la gestion criticable.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-79554[...]
http://www.defense.gouv.fr/sites/epide/

La médecine scolaire menacée ?
"D’un côté, les pouvoirs publics prônent la prévention, le dépistage des troubles des apprentissages, le repérage des troubles psychiques, l’accueil des enfants malades ou handicapés à l’école et l’aide aux familles et, de l’autre, mettent en voie de disparition le corps des médecins de l’Education nationale". Le syndicat de la médecine scolaire et universitaire de l’UNSA-Education lance une pétition pour le développement de la médecine scolaire. Il relève qu'il n'y a eu aucune création de poste en 2004 et 2005 et qu'aucun recrutement n'est prévu en 2006.

Parallèlement "on assiste actuellement dans plusieurs académies au licenciement brutal des médecins vacataires de l’Education nationale. Ceux-ci assurent pourtant 40% des tâches et remplissent les mêmes missions que les médecins titulaires… des centaines de médecins manqueront à la rentrée dans les établissements scolaires. La situation est catastrophique" affirme le syndicat.
http://www.se-unsa.org
http://snmsu.unsa-education.org/Petitions/index.php?pet[...]

Pas de lycée musulman à Lyon
Selon Libération, le recteur de Lyon a refusé l'ouverture d'un lycée musulman à Décines (69). La raison invoquée est technique : un grillage usé, une conduite de gaz dangereuse. " Si les scrupules dont je fais preuve avaient toujours été observés en France, nous aurions échappé à certaines catastrophes".
Article de Libération
http://www.liberation.fr/actualite/societe/200786.FR.ph[...]

Une proposition de loi pour faire bénéficier l'Islam du droit concordataire
"Est-il acceptable qu’en 2006, les musulmans, également citoyens et contribuables, soient exclus du droit applicable en Alsace-Moselle au seul motif qu’ils n’étaient pas présents sur le territoire en 1801 ?" Le député UMP François Grosdidier a déposé deux projets de loi, l'un demandant un traitement égal entre les cultes catholique, protestant, juif et musulman en Alsace Lorraine; l'autre permettant aux collectivités locales de participer aux frais de construction d'édifices cultuels et donc d'aider au financement des mosquées.

Rappelons qu'en Alsace Lorraine la loi de 1905 ne s'applique pas. L'Etat subventionne les cultes reconnus ainsi que l'instruction religieuse dans les établissements publics.
Proposition de loi
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3[...]

Une étudiante voilée gagne son procès contre un CFA
Selon l'AFP, une étudiante d'un CFA, exclue pour port du voile, a gagné son procès devant le tribunal correctionnel de Créteil. Le CFA a été condamné pour discrimination. La loi du 15 mars 2004 ne concerne que les écoles, collèges et lycées publics.
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

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Concours : Les modalités d'inscription pour 2007
Le B.O. spécial concours vient de sortir (B.O. spécial n°6). Il reprend les arrêtés publiés au J.O. du 9 juillet que L'Expresso du 10 juillet avait présenté.

La note de service précise les dates et modalités d'inscription pour les concours du premier et second degré (du 14 septembre au 24 octobre). Elle indique les pièces justificatives à fournir et apporte des précisions sur les centres d'examen. Un document que tout candidat aux concours du premier ou du second degré doit lire.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/special6/default.h[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index100706.php

Concours d'enseignement du secondaire : le calendrier
Les inscriptions à l'agrégation auront lieu du 14 septembre au 24 octobre. Les épreuves se dérouleront du 11 au 25 avril pour l'externe et du 30 janvier au 2 février pour l'interne.

Le Capes partage les dates d'inscription. Les épreuves sont prévues du 13 au 30 mars pour l'externe, le 7 février pour l'interne et du 13 au 30 mars pour le 3ème concours. Pour le Capet, l'externe est les 27 et 28 février, l'interne le 8 février.

Le Capeps externe aura lieu les 15 et 16 février ( [...] .

Pour le Caplp, les épreuves d'admissibilité au concours externe auront lieu les 15 et 16 février et les 1er et 2 mars; l'interne les 8 et 9 février; le 3èem concours les 15 et 16 février et les 1er et 2 mars.
Agrégation
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Capes
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Caplp
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Les concours de professeurs des écoles
Les épreuves d'admissibilité aux concours externes, externes spéciaux, seconds concours internes, seconds concours internes spéciaux et 3èmes concours auront lieu les 3 et 4 mai 2007. Les inscriptions seront reçues du 14 septembre au 24 octobre comme pour les autres concours.

Les épreuves des premiers concours internes auront lieu le 7 mars. Les dates des épreuves du concours d'accès aux cycles préparatoires aux 2ds concours internes seront communiquées parles rectorats.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Concours de CPE
Les épreuves d'admissibilité du concours externe de CPE auront lieu les 13 et 14 février. Inscriptions du 14 septembre au 24 octobre.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Mention complémentaire
Un arrêté fixe les conditions d'organisation des mentions complémentaires introduites au Capes et Capeps pour encourager la bivalence.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Concours de direction
Un arrêté publié au J.O. du 22 août fixe les modalités d'organisation et les épreuves des concours de recrutement des personnels de direction : épreuve écrite d'admissibilité et épreuve orale d'admission.

Une note fixe l'organisation des concours de personnels de direction. Inscription sur internet avant le 25 septembre.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MEND0602228N.ht[...]

Concours : Les présidents des jurys
Le B.O. n°30 publie la liste des présidents des jurys des concours d'enseignement.
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/30/encart.htm

Formations pour l'intégration scolaire
EduScol met en ligne la liste des stages nationaux pour l'adaptation et l'intégration scolaire. Parmi les thèmes : modalités de scolarisation des enfants et adolescents instables, hyperactifs et présentant des troubles de l'attention, l'unité pédagogique d'intégration (UPI) pour élèves présentant des troubles importants des fonctions cognitives, modalités de scolarisation des adolescents présentant des troubles spécifiques du langage etc.
Programme
http://eduscol.education.fr/D0034/min.htm

Programme de formation des personnels d'encadrement
Le B.O. du 29 juin publie le programme national de pilotage de la formation continue des personnels d'encadrement.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/26/MEND0601406N.ht[...]

L'échec des remplacements Robien
"Des protocoles ont été mis au point et formalisés dans 95 % des établissements scolaires du second degré. Un million d’heures de cours ont été assurées au titre du remplacement des absences prévisibles de courte durée, soit deux fois plus que l’année scolaire précédente". En juin dernier, G. de Robien présentait le remplacement des professeurs absents comme le "chantier numéro 1" de son bilan annuel.

"Il est "bien difficile d'afficher un taux exact de couverture des absences". Le Monde du 2 août relativise nettement ce "succès". Le quotidien publie des extraits d'un rapport interne de l'Inspection générale. Selon lui, " les observations recueillies dans deux académies incitent à une certaine prudence quant à l'interprétation de ces chiffres". De nombreux chefs d'établissement ne signaleraient pas toutes les absences. Une forte proportion des protocoles de remplacement serait purement formelle, les chefs d'établissement ayant à faire face à la résistance des enseignants. Pour l'Inspection, "tout se jouera sur des relations de confiance". Et avec un autre ministre ?
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-80037[...]
Communiqué ministériel (en pdf)
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/actu/2006/bilan/[...]

Indemnités et travaux supplémentaires
Le B.O. du 31 août publie les taux des travaux supplémentaires effectués par les enseignants des écoles : étude surveillée, heure de surveillance etc. Le même B.O. publie également les taux des indemnités indexées sur le point fonction publique : professeur principal, ISO etc.
Le B.O. en pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2006/31/31_v1[...]

Les personnels de direction sont fatigués
"Le moral des directeurs d'école est pire que ce que l'on craignait. Il est au 36ème dessous". Selon une dépêche AFP, une étude de la MGEN, réalisée par G. Fotinos, met en évidence leur surcharge de travail et une grande crise identitaire. 52% des directeurs sont satisfaits contre 74% des chefs d'établissement du secondaire.

Ceux-ci vont-ils mieux ? Leur principal syndicat, le Snpden, annonce une grève le 26 novembre. Les chefs d'établissement se plaignent de semaines de 48 à 50 heures, de réformes incohérentes et de n'être jamais consultés sur les textes alors qu'ils sont en première ligne pour les faire appliquer.

Ce malaise des chefs d'établissement rejoint celui des inspecteurs. En février 2006, le SIEN avait écrit au ministre" aider les enseignants à obtenir de meilleurs résultats en lecture est leur quotidien ; (les inspecteurs) continueront à s’engager dans cette démarche et rechercheront les moyens de progresser en ce domaine. Pour réussir, ils ont plus besoin de sentir votre confiance que d’entendre vos consignes. Vous leur avez récemment promis que leurs conditions de travail s’amélioreraient ; des évolutions significatives en ce domaine seraient d’un bon impact pour les mobiliser, mais à ce jour rien ne vient concrétiser vos propos".

On aurait peut-être tort de ne voir dans ces manifestations que la traditionnelle défense d'avantages matériels. Dans l'atmosphère de guerre scolaire où baigne l'Ecole depuis deux ans, les corps intermédiaires, pris entre deux feux, se plaignent d'être mis à rude épreuve.

Mais on aurait tort aussi de réduire la crise de ces corps à un conflit aussi passager qu'un ministre. Le mal-être qu'ils éprouvent tient principalement à une évolution profonde du métier qui remet en cause sa légitimité et l'image de soi.

La crise qui affecte les directeurs d'école tient d'abord au fait qu'on leur demande de ne plus être seulement les premiers des maîtres sans pour autant les laisser devenir de véritables chefs d'établissement. Les difficultés de ces derniers font l'objet d'un ouvrage récent de Anne Barrère (Anne Barrère, Sociologie des chefs d'établissement, Puf).

Elle relève la profonde évolution du métier. "Diriger un établissement, ce n'est plus alors ni seulement faire ce que demande la hiérarchie ni se donner comme objectif une meilleure efficacité… Cela consiste toujours à le"faire tourner" mais c'est aussi et surtout le "faire bouger". Les chefs d'établissement veulent encore réconcilier ce qui, pour d'autres, a définitivement divorcé : la modernisation et le projet républicain". Ils incarnaient la République, on leur demande de représenter le management.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://www.unsa-education.org/sien/dossiers/systeduc/pr[...]

Une étude ministérielle souligne des lacunes dans la formation des enseignants
"Le premier constat… est la critique fortement exprimée d’une formation jugée insuffisante pour exercer le métier. Si les enseignants en soulignent l’insuffisance, c’est que l’attente exprimée est forte notamment dans l’articulation théorie-pratique et les stages suivis pendant la formation, jugés insuffisamment préparés ou exploités". L'étude sur "les enseignants des écoles publiques et la formation", publiée par le ministère au moment où le ministre va engager une réforme des IUFM, apporte pourtant peu de solutions.

Elle insiste sur" le malaise enseignant" et sur l'insatisfaction tout en reconnaissant que "les reproches adressés aux I.U.F.M sont récurrents depuis leur création".

Soulignons pourtant quelques apports de cette étude. Elle montre que le principal apport reconnu aux formations est " un enrichissement des pratiques pédagogiques individuelles via les échanges d'expériences entre enseignants…. Le soutien des parents est souhaité en premier lieu, avant celui des inspecteurs et des autres collègues de l’école".

C'est avouer que le "malaise enseignant" reflète l'extraordinaire isolement dans lequel sont tenus les professeurs et reconnaître l'impact des réseaux éducatifs. Un effet également souligné par une étude américaine sur les établissements performants. Peut-être parce que la formation d'un enseignant ne doit pas se penser acquise à la sortie d'un institut mais comme une construction humaine c'est à dire sociale.
L'étude (en pdf)
http://media.education.gouv.fr/file/25/6/2256.pdf
Etude américaine
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index240706.php

Et si l'on inspectait autrement ?
"L'étude montre que presque tous les élèves ont accès aux lettres des inspecteurs et que la plupart les lisent. Dans les écoles primaires, certains parmi les plus jeunes ont des difficultés pour les comprendre. Mais la plupart des élèves trouvent que c'est une bonne idée". L'Ofsted, une sorte d'inspection générale anglaise, publie une étude sur une pratique qui peut surprendre le lecteur français : le compte-rendu d'inspection rédigé pour les élèves.
Selon cette étude, cette pratique, qui est systématique, est perçue positivement aussi bien par les élèves que par 90% des chefs d'établissement. Du coté des élèves, affirme l'Ofsted, "certains y voient une preuve d'estime car leur contribution à l'inspection se retrouve dans la lettre". Des établissements réunissent les élèves pour échanger sur ce rapport. Une minorité des écoles recueille officiellement les opinions des élèves. Ailleurs, et particulièrement dans le primaire, il est discuté en classe par exemple en éducation civique.

Voilà qui surprend le lecteur français habitué à des rapports d'inspection qui brossent en quelques minutes des caricatures de professeurs et dont très peu sont simplement publiables. Comment un rapport d'inspection peut-il devenir objet de débat et même de projet d'établissement ?

C'est que le rapport d'inspection anglais est une analyse collective portant sur une équipe d'établissement. Prenons, au hasard, celui du lycée et collège Selsdon de Croydon, près de Londres. Comme tous les rapports il est accessible très facilement sur Internet. En une quarantaine de pages c'est un véritable audit de l'établissement, rédigé par une équipe de 15 inspecteurs.

Il analyse les résultats obtenus par chaque catégorie d'élèves. Ainsi ce lycée est classé simplement comme "satisfaisant" car ses résultats sont en dessous des moyennes nationales et au niveau de celles des établissements comparables. Le rapport examine des éléments de la vie scolaire : absentéisme par exemple mais aussi qualité de la relation avec les parents ou fonctionnement du système d'élèves tuteurs ("Big Brother, Big Sister") mis en place pour accompagner les nouveaux élèves. Les inspecteurs rendent compte de leurs observations en classe. "91% des leçons sont satisfaisantes, 11% sont bonnes". Un avis aussi précis est possible puisque l'équipe d'inspection a observé pas moins de 135 cours ! Cela leur permet de proposer une analyse fine des points forts et faibles dans chaque discipline. Ainsi on apprend que l'enseignement des TIC est satisfaisant, qu'il s'appuie sur des partenaires extérieurs mais que le niveau en 4ème et 3ème doit s'améliorer. Discuté avec les enseignants, la direction et les élèves, le rapport d'inspection est nuancé et traduit une réelle expertise. Il facilite une autre évolution intéressante : le lycée Selsdon développe une culture d'auto-évaluation. L'inspection contribue à créer un climat de confiance dans l'équipe éducative et au-delà entre profs, parents et élèves. Un ingrédient indispensable, lui aussi, au progrès de tous. Elle est un véritable instrument

L'inspection "à l'anglaise" est-elle un cas unique ? C'est plutôt le système français qui est singulier en Europe. Et il n'échappe pas à la critique au sein même de l'Education nationale. Ainsi, en 2003, un rapport réalisé pour le Haut conseil de l'évaluation de l'école par Yves Chassard et Christian Jeanbrau, dénonçait un système " injuste, incohérent et inefficace" et préconisait une inspection de l'équipe éducative. "Nous sommes parvenus à la conclusion qu'une réforme de l'appréciation des enseignants devrait chercher à satisfaire deux objectifs prioritaires : dépasser le cadre étroit de l'inspection individuelle pour les aider, par un conseil et un soutien pédagogique judicieux, dans l'exercice de leur métier, leur ménager davantage de possibilités de mobilité en cours de carrière; et n'y parviendrait qu'en en poursuivant un troisième : renforcer l'encadrement intermédiaire de l'école". Plus récemment le rapport annuel 2005 de l'Inspection générale s'attachait à montrer l'intérêt d'une approche territoriale de l'évaluation. " Pour qui souhaite évaluer le fonctionnement du système, la prise en compte du niveau infra-académique et même infra-départemental apparaît comme une nécessité".

Attachons nous alors à estimer ce que peuvent être les obstacles à une nouvelle forme d'évaluation. Il y a bien sûr la tradition administrative centralisée. Il y a la maigreur des corps d'inspection et des corps intermédiaires dans leur ensemble. Mais, plus fort que cela, il y a un changement de nature du métier d'enseignant qui ne se limiterait plus à un simple face à face disciplinaire avec les élèves mais qui situerait le professeur comme un acteur d'une communauté éducative ayant une mission d'éducation. Demander une autre forme d'inspection, ce n'est pas poser la seule question du rôle de l'Etat. C'est surtout formuler celle de la place de l'élève dans l'Ecole.
Etude Ofsted
http://www.ofsted.gov.uk/publications/index.cfm?fuseact[...]
Le rapport de l'IG 2005
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics[...]
Le rapport Chassard Jeanbrau
http://cisad.adc.education.fr/hcee/documents/rapport_Ch[...]

Un arrêté pour les professeurs "référents"
" L'enseignant référent est, au sein de l'éducation nationale, l'acteur central des actions conduites en direction des élèves handicapés. Il est l'interlocuteur privilégié des parents". Un arrêté publié au Journal officiel du 20 août définit le rôle et le secteur d'intervention du professeur référent, cheville ouvrière de l'intégration des enfants handicapés dans les écoles.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Candidatures à l'AEFE et à la mission laïque
Trois notes de service précisent les conditions de candidatures à un poste d'enseignement ou d'encadrement dans un établissement de l'AEFE et à un poste d'encadrement à la Mission laïque, deux structures de l'enseignement français à l'étranger.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MENH0602027N.ht[...]
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MEND0601905N.ht[...]
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MENH0602029N.ht[...]

Les vacances en questions dans Profession éducation
"La durée du temps scolaire n'est pas adaptée à l'âge des élèves. Il me semble aberrant de faire passer autant de temps à l'école aux enfants de 6-7 ans qu'à ceux de 10-11 ans, voire même plus qu'aux collégiens". Dans Profession éducation de juin-juillet, François Testu, université de Tours, répond à Karl Stoeckel, président de l'UNL, Faride Hamana, président de la FCPE et Raymonde Piecuch, secrétaire générale adjointe du Sgen Cfdt. Pour celle-ci "une meilleure organisation du temps scolaire, si elle est bénéfique aux élèves, se traduirait par de meilleures conditions de travail pour les personnels".

Dans son dossier "vacances", le magazine revient sur l'histoire des vacances scolaires et sur leur marchandisation.
Sgen
http://www.sgen-cfdt.fr

Retraite des maîtres du privé
Le Journal officiel du 29 juillet publie deux décrets et un arrêté concernant le régime de retraite des enseignants du privé sous contrat. Le premier précise leurs conditions de cessation d'activité. Le second décret relève les taux. L'arrêté fixe les taux de cotisation du régime additionnel de retraite. La loi du 5 janvier 2005 a créé un régime additionnel visant à diminuer progressivement sur 30 ans l'écart entre les régimes de retraite du privé et du public.
Au J.O.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

La chronique juridique de l'Esen
Punitions, blogs, obligations professionnelles : la chronique juridique de l'Esen (Ecole supérieure de l'éducation nationale) éclaire bien des aspects peu connus du métier. Deux affaires récentes renvoient à l'utilisation des Tic. S'agissant d'un blog réalisé par un élève, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a estimé que " la diffusion de propos injurieux par un élève sur son blog visant des professeurs et des élèves de son établissement est de nature à justifier légalement le prononcé d’une sanction disciplinaire, alors même que ces propos ont été tenus à l’extérieur de l’enceinte scolaire. Par leur caractère diffamatoire et injurieux, ils étaient "de nature à perturber le bon fonctionnement du service public". Cependant la sanction décidée par l'établissement et validée par le recteur a été annulée car jugée disproportionnée.

L'Esen se penche également sur un détournement de messagerie électronique commis par un inspecteur général pour rappeler que celui-ci est " astreint à un comportement professionnel irréprochable".
La chronique Esen
http://www.esen.education.fr/documentation/liste.phtml?[...]

- Primaire    [ Haut ]

Les stages des professeurs des écoles réorganisés
Le B.O. n°31 publie une circulaire sur l'organisation des stages proposés aux professeurs des écoles dans le cadre de leur professionnalisation. " Le stage en responsabilité se décompose en trois périodes distinctes : un stage filé qui s’effectue sur l’ensemble de l’année à raison d’une journée par semaine dans un des cycles de l’école primaire et deux stages groupés de trois semaines qui, comme dans la précédente disposition, se déroulent dans les deux autres cycles. L’ensemble permet de ménager la construction des compétences et connaissances attendues d’un enseignant aux trois cycles de l’école et l’exigence d’une véritable alternance".
Le B.O. en pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2006/31/31_v1[...]

Direction : la grève administrative continue
"Les mesures mises en place dans la précipitation par le Ministère ne répondent pas aux attentes des équipes enseignantes des écoles primaires". Le Snuipp et le Sgen Cfdt dénoncent les limites de l'accord sur les directions, signé par le Se-unsa, qui apporte une décharge partielle des directeurs et une aide administrative (EVS). "La mise en place de décharge dans les écoles à 4 classes constitue des réponses bien trop limitées et reposent sur de mauvaises solutions : la création d’emplois précaires pour une durée de 10 mois (EVS) et la remise en cause de la formation continue et initiale". Les deux syndicats appellent à continuer la grève administrative.
Communiqué
http://www.snuipp.fr/spip.php?article3804
Rappel : L'Expresso du 11 mai
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index110506.php

Majoration de l'indemnité des directeurs
C'est officiel : le BO du 7 septembre publie l'arrêté d'augmentation de 20% de l'indemnité de sujétions spéciales des directeurs d'école.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MENF0602184A.ht[...]

Les décharges de direction au B.O.
Le B.O. du 29 juin publie une note précisant le régime des décharges d'enseignement des directeurs d'école à compter de la rentrée 2006. Décharge complète à partir de 14 classes primaires ou 13 classes de maternelle.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/26/MENH0601560N.ht[...]

Le Se-Unsa met en garde contre Base élèves
"Alerté par de nombreux directeurs, le Se-Unsa demande aux collègues de ne pas remplir les champs relatifs à l'entrée sur le territoire français pour les élèves de nationalité étrangère". Le Se-Unsa est le seul syndicat à avoir signé l'accord ministériel sur les directions et à ne pas inviter les directeurs à la grève administrative. Il s'inquiète, dans "le contexte actuel de chasse aux sans-papiers", d'une information "qui n'a aucun intérêt sur le plan pédagogique, pas plus que sur le plan administratif pour la gestion de l'école". Cet appel vient quelques jours après la publication d'un document ministériel destiné aux chefs d'établissement qui les invite à transmettre des informations aux forces de police. " Dans le cadre du partenariat entre l’Éducation nationale et la police ou la gendarmerie, les bonnes relations nouées entre les membres de ces institutions, basées sur la confiance et la courtoisie réciproques, doivent permettre un libre échange d’informations. C’est ainsi que, hors le cadre des réquisitions écrites, le chef d’établissement permettra aux enquêteurs l’accès à certains renseignements comme, par exemple, la consultation des fiches individuelles de renseignements afin de connaître l’identité et le domicile d’un élève ou de ses parents s’ils sont séparés, la composition de la fratrie, etc.".
L'Enseignant n°97
http://www.se-unsa.org/page_enseig.html
Rappel : L'expresso du 6 septembre
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index060906.php

Directeurs, le Gdid vous propose un sondage
Le Groupement de Défense des Intérêts des Directeurs, une association de directeurs et directrices d'école, a demandé à l'Ifop d'organiser un sondage auprès des 42 000 directeurs français. L'étude est lancée au moment où d'autres sondages font part de la baisse de moral des directeurs. Elle porte sur les conditions de travail et les mesures à mettre en oeuvre pour remédier à cette situation.
Annonce du sondage
http://www.dirlo.org/modules.php?name=Kalender&op=view&[...]
Rappel : L'Expresso du 8 septembre
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index080906.php

Lecture : De la GS au CP, B. Devanne dénonce les dangers des consignes ministérielles
" Au vu des directives très pressantes qui arrivent en cette fin juin dans les écoles, la question se pose avec une acuité nouvelle : que vont vivre ces élèves au CP durant les premiers mois de l’année scolaire, alors qu’il s’agit de la seconde année d’un cycle d’apprentissages ? A suivre donc, en espérant que ce ne sera pas avec une immense amertume". Dans une tribune, Bernard Devanne réagit à l'envoi par le ministère d'un guide sur l'apprentissage de la lecture. Tout au long de l'année il nous a fait suivre, sur le site du Café, les progrès en lecture des enfants d'une grande section de Zep. C'est la question de leur avenir, et globalement de la continuité des apprentissages de la GS vers l'école élémentaire, que pose B. Devanne. Car, n'en déplaise au ministre, l'apprentissage de la lecture ne débute pas au cours préparatoire…
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/devann[...]

Kids University
" Stimuler l’intérêt pour la recherche et la science auprès des enfants européens. Souligner son aspect international. Montrer que la science est accessible à tous, y compris aux femmes. Mettre en évidence les impacts de la science sur le quotidien. Montrer que les universités sont des partenaires d’apprentissage tout au long de la vie". Les 23 et 24 septembre, à Genève, le 9 octobre à Strasbourg, du 7 au 21 octobre à Liège, les écoliers sont invités sur les campus universitaires pour participer à des ateliers et rencontrer des chercheurs. Le thème de cette année est le changement climatique. Attention : il faut s'inscrire dès maintenant.
Genève
http://www.unige.ch/presse/leru-kids/2006/
Strasbourg
http://science-ouverte.u-strasbg.fr/KUSweb/
Site du Léru
http://www.leru.org/?cGFnZT0xODk=


- Collège    [ Haut ]

Le nouveau brevet redouble
Promis pour 2007, le nouveau brevet est officiellement prévu pour 2008. Eduscol présente les quelques changements apportés au brevet à cette rentrée, comme la note de vie scolaire. En 2008, le nouveau brevet devra " attester la maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences, conformément à l'article 32 de la loi d'orientation du 23 avril 2005".
Le dossier d'Eduscol
http://eduscol.education.fr/D0071/accueil.htm

La note de vie scolaire évaluera le respect du règlement
"L’apprentissage de la civilité et l’adoption de comportements civiques et responsables constituent des enjeux majeurs pour le système éducatif. La note de vie scolaire s’inscrit dans cette démarche éducative qui concerne toute la scolarité au collège. Elle devient une composante à part entière de l’évaluation des élèves, y compris pour l’obtention du diplôme national du brevet. Elle contribue, en donnant des repères aux élèves, à faire le lien entre la scolarité, la vie scolaire et la vie sociale. Elle est destinée à valoriser les attitudes positives vis-à-vis de l’école et vis-à-vis d’autrui. Comme toutes les notations qui sanctionnent un apprentissage, elle évalue aussi les progrès réalisés par l’élève tout au long de l’année scolaire". Une circulaire publiée au B.O. du 29 juin précise les conditions d'attribution de la note de vie scolaire.

La note est attribuée par le chef d'établissement en concertation avec le professeur principal et le Cpe chaque trimestre de la 6ème à la 3ème. Elle évalue 4 choses : l'assiduité, le respect du règlement intérieur, "la participation de l'élève à la vie de l'établissement" et l'obtention de l'Assr et de l'attestation de formation aux premiers secours. Ces deux derniers aspects peuvent donner des points supplémentaires.

"La note de vie scolaire est prise en compte pour l’obtention du diplôme national du brevet, dans les mêmes conditions que les résultats aux disciplines évaluées en contrôle en cours de formation. Elle est la moyenne affectée d’un coefficient 1 des notes de vie scolaire obtenues par l’élève chaque trimestre en classe de troisième".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/26/MENE0601604C.ht[...]

Les dispositifs relais recadrés par le ministère
Le B.O. du7 septembre publie une circulaire précisant l'organisation, le pilotage et les modalités de fonctionnement des ateliers et classes relais. Le texte insiste sur les liens avec les services départementaux et incite à chercher des partenariats avec les entreprises.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MENE0602165C.ht[...]

Des élèves sans manuels dans les collèges à la rentrée
"Pourquoi le ministre change-t-il les programmes s'il ne nous donne pas les moyens de les appliquer ?" s'interroge une collègue sur le blog du Café. Elle témoigne que dans son collège, "dans ma matière, l'anglais, nous changeons de méthode (presque de programme) pour nous mettre au niveau des exigences européennes. Pas un sou pour changer les manuels".

Des messages similaires sont arrivés des académies de Strasbourg, Limoges, Lille, Orléans-Tours et Poitiers. Dans le Nord, un père d'élève, membre du conseil d'établissement, témoigne que le collège dispose de 6 500 euros pour renouveler les manuels (10 500 euros), acheter les carnets de correspondance (1 300 euros), payer les droits de reprographie (1 150 euros) et les frais de stage et les actions pédagogiques. Dans le Pas-de-Calais, la dotation d'un collège est passée de 11 055 euros à 4 190 en un an. Pour changer les manuels de 5ème dans les trois disciplines scientifiques (tant pis pour l'anglais !), il faudrait 3 400 euros et il n'y a que 2 700 euros.

Dans un collège Zep de l'académie de Poitiers, un professeur remarque qu'il y aura un ordinateur pour 2 élèves mais un manuel pour 4. Le ministre attend-il des manuels électroniques ?
http://www.cafe-leblog.net/index.php?2006/04/14/33-autr[...]

Un nouveau texte pour les Segpa
Le B.O du 7 septembre publie une circulaire qui précise les modalités d'admission en segpa et détaille les conditions de l'individualisation du parcours de formation. A noter : " Compte tenu de la spécificité de la SEGPA et du public qui y est scolarisé, chaque division ne devrait pas excéder 16 élèves. Les collégiens qui reçoivent un enseignement adapté participent comme tous les autres collégiens à la vie de l’établissement et aux activités communes du collège : CDI, clubs, foyer socio-éducatif, association sportive, travaux des délégués, actions éducatives ..." Le document contient une grille horaire des enseignements.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MENE0602028C.ht[...]

La formation d'apprenti junior au B.O.
Un encart au B.O. du 6 juillet réunit plusieurs textes relatifs à la formation d'apprenti junior et particulièrement la circulaire d'application du décret du 30 juin 2006. Celle-ci précise les procédures d'ouverture des formations, le déroulement de la formation et l'accompagnement du dispositif.

On en retiendra la marginalisation scolaire de ces jeunes et les obligations pour les enseignants de collège. " L’apprenti junior inscrit dans un lycée professionnel ou un centre de formation d’apprentis reste rattaché à son collège d’origine pendant toute la durée de sa formation (article D. 337-163 du code de l’éducation) où il figure sur une liste spécifique" rappelle la circulaire qui invite les principaux à désigner " un professeur référent connaissant le jeune, plus particulièrement chargé de suivre la formation de l’apprenti junior rattaché à l’établissement".

Si le texte prévoit le retour au collège des apprentis juniors souhaitant quitter la filière, il lui apporte des limites. " L’apprenti junior en parcours d’initiation aux métiers ou entré en apprentissage à l’issue de ce parcours peut, jusqu’à 16 ans, à sa demande, reprendre sa formation en collège… Le retour au collège s’effectue en priorité dans le collège d’origine. Il peut aussi s’effectuer au sein d’un collège du bassin de formation choisi pour sa situation géographique et son engagement à mettre en œuvre des modalités de formation adaptées aux élèves ou apprentis qui interrompent leur formation d’apprenti junior".

"Lorsqu’un élève de moins de 16 ans, à l’issue d’un parcours d’initiation aux métiers d’une année scolaire, n’est pas prêt à effectuer le choix d’un métier et d’une formation, il peut prolonger ce parcours et son projet pédagogique personnalisé doit alors être adapté en conséquence. S’il atteint 16 ans pendant la prolongation du parcours d’initiation aux métiers, il peut poursuivre celui-ci jusqu’à la fin de l’année scolaire en cours. Toutefois, passé 16 ans, il perd le droit de reprendre, sur simple demande de sa part, sa formation dans un collège. À l’issue du parcours d’initiation aux métiers, l’élève qui ne souhaite pas entrer dans une formation par apprentissage fait le choix d’une formation qui, en fonction de son âge et de son projet, peut se dérouler en collège ou en lycée professionnel. Tout élève qui, à la fin du parcours d’initiation aux métiers, ne choisit ni la poursuite de ce parcours ni l’entrée en apprentissage doit se voir obligatoirement proposer une affectation dans un établissement scolaire".
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/27/encart.htm
Le débat sur l'apprentissage junior
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/68.php#0
Rappel : Le guide pédagogique de l'apprenti
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index090506.php

Les apprentis juniors toucheront 20% du Smic
"Lorsqu'un stage en milieu professionnel… excède une durée de 20 jours de présence dans la même entreprise, y compris de manière discontinue, il donne lieu, à l'issue de cette période, au bénéfice de l'apprenti junior au versement par cette entreprise d'une gratification correspondant à 20 % du salaire minimum de croissance par heure d'activité, sans préjudice du remboursement éventuel par l'entreprise des frais de nourriture et de transport". Un décret publié au J.O. du 1er juillet crée cette prime qui pourrait inciter les familles les plus démunies à pousser leur enfant sur cette voie.

Le même texte précise que "à l'issue de chaque phase de formation, les éléments du socle commun de connaissances et de compétences acquis par l'apprenti junior sont validés et inscrits dans un livret d'apprenti junior". Le texte n'impose pas la maîtrise du socle. Il est vrai qu'avec moins de la moitié de l'horaire d'enseignement normal (60 heures de français par an en moyenne par exemple) on voit mal comment ces apprentis, déjà en difficulté, pourraient atteindre les objectifs du socle.
Le décret
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Rappel : le guide de l'apprenti junior
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index090506.php

- Le lycée    [ Haut ]

Le bac 2006 : 82% de réussite
Avec 81,9% de reçus, le bac 2006 dépasse de 1,7% celui de 2005 : c'est le taux le plus élevé de l'histoire du bac. Il varie fortement d'une série à une autre (89% en S, 84% en ES, 83 en L) et d'une filière à une autre (77% pour les bacs technologiques, 76,8% pour les professionnels). La plus forte progression est pour les bacs généraux (+2,6%). Le bac technologique n'augmente que de 1,1% et le bac professionnel de 1,7%. On retrouve cette année encore des écarts sensibles d'une académie à une autre : Grenoble, Nantes et Rennes dépassent les 90% de reçus au bac général, alors que Créteil est à 81% et la Guyane à 72%.
Le communiqué officiel
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20[...]
Les statistiques 2006 (en pdf)
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni[...]

Le bac 2006 était-il trop facile ?Dans Libération des enseignants n'évoquent pas de bac au rabais. Pour G. Piétryk, doyen des sciences physiques, interrogé par Le Monde, " aucune consigne de quelque nature que ce soit n'a été donnée dans l'élaboration des sujets. Mais nous avons le souci, depuis quelques années, de faire des sujets de plus en plus appliqués, qui prennent appui sur du concret". Le doyen de mathématiques, J. Moisan, estime que "le sujet n'était pas forcément plus facile, mais les professeurs préparent de mieux en mieux les élèves à la réforme introduite en 2004". Les listes de discussion d'enseignants ou le courrier envoyé au Café ont manifesté plus d'inquiétudes face à la sévérité de certains sujets que de dénonciation de sujets jugés trop faciles.
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-79463[...]
Article de Libération
http://www.liberation.fr/actualite/societe/192882.FR.ph[...]

Comment expliquer ce taux après les grèves du mouvement anti-CPE ?Il semble que les quelques semaines qui ont suivi les grèves aient été mises à profit pour bachoter. Finalement les grèves ont amené les enseignants à axer davantage leur enseignement sur la seule préparation au bac, peut-être au détriment d'apprentissages plus larges.

Le bac est-il donné à tout le monde ?La légère hausse de 2006 ne change rien à la tendance forte que l'on observe depuis dix ans : en France le taux d'accès au bac stagne depuis 1995. 62,7 des jeunes ont eu le bac en 1995, 62,5% en 2005, 63,8% en 2006. Cette stabilité n'est due qu'à l'expansion lente des bacs professionnels 8% en 1995 contre 11,5% en 2005). Le bac général régresse : il touchait 37% d'une génération en 1995 contre 34% en 2005. On observe également de forts écarts entre groupes sociaux : le taux de réussite au bac est de 87% pour les élèves dont les parents sont cadres, 76% pour des parents ouvriers. On observe également un fort écart entre sexes.
L'évolution du taux d'accès au bac
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/actu/2006/bac/st[...]
La réussite au bac par catégorie sociale
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/rers2005/cha[...]

Il y a-t-il trop de diplômés ? Deux thèses s'affrontent. Pour certains la pression vers l'acquisition de diplômes de plus en plus élevés, ce que Marie Duru-Bellat appelle"l'inflation scolaire", ne se justifie pas par des nécessités économiques et renforce les inégalités sociales. Dans cette course, les enfants des familles favorisées creusent davantage l'écart et les enfants des milieux populaires sortent frustrés de leurs efforts. Pour d'autres, le déploiement de l'économie de l'information nécessite une main d'œuvre de mieux en mieux formée. La montée des diplômés correspond à une nécessité économique et participe de l'enrichissement de tous.
Dossier spécial sur l'inflation scolaire
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/71.php#200
Article de M. Duru-Bellat dansle Café 72
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/72.php

La France a-t-elle davantage de bacheliers que ses voisins ? Selon les statistiques de l'Unesco, le taux brut de diplômés de fin du secondaire s'établit à 51% en France contre 92% en Finlande, 73% aux Etats-Unis, 74% en Italie. Le taux brut de diplômés du supérieur est à 38% en France contre 62% aux Etats-Unis, 74% en Finlande, 55% en Italie. Publiée en juillet 2006, l'étude de Danielle Shaienks, Judy Eis-Culkin et Patrick Bussière analyse le cheminement d'études des jeunes Canadiens de 18 à 20 ans. Dans ce pays, le pourcentage de jeunes ayant un diplôme de fin du secondaire est passé de 75% en 1999 à 90% en 2003. Trois jeunes sur quatre entreprennent des études supérieures : 62% en 1999, 76% en 2003. La proportion de diplômés du supérieur chez les jeunes est passée de 32% en 1991 à 53% en 2003. Des chiffres très supérieurs aux chiffres français. Une ombre persiste dans le paysage : le taux de décrocheurs du secondaire, ces jeunes qui quittent le lycée sans aucun diplôme, reste stable : 11% en 1999, 10% en 2003.
Les statistiques Unesco
http://www.uis.unesco.org/TEMPLATE/pdf/ged/2006/GED2006[...]
Etude canadienne
http://www.statcan.ca/francais/research/81-595-MIF/81-5[...]

Que deviennent les bacheliers ? Selon une étude ministérielle, près de 90% des bacheliers poursuivent leurs études. Mais tous ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Si 3% seulement des étudiants en STS se réorientent au bout d'un an, c'est le cas de la moitié des élèves des prépas littéraires ou de 16% des étudiants en université. Comment expliquer ces décalages ? Le type de bac joue fortement : ainsi en université 83% des bacheliers généraux ne changent pas d'orientation à la fin de la première année, contre la moitié des bacheliers technologiques ou professionnels. Comment l'expliquent-ils ? Plus d'un étudiant en université a du mal à s'organiser dans son travail et un sur trois manque d'intérêt pour les matières étudiées. Ces facteurs d'échec viennent bien avant les difficultés matérielles. On mesure là l'importance de dispositifs comme les TPE qui justement apprennent à gérer le temps (ça va être beaucoup plus difficile avec les TPE sur une seule demi-année !) et donnent du sens aux disciplines. Mais l'encadrement est aussi en cause. Ainsi seulement un étudiant en université sur cinq trouve du soutien pédagogique dans l'établissement.

Que devient-on sans le bac ?
Sans le bac, rien n'est perdu ! Outre le redoublement et la préparation à distance, il est possible de préparer un bac professionnel, de choisir l'alternance, ou d'entrer en fac sans bac avec une capacité en droit ou en gestion ou encore en passant le diplôme d'accès aux études universitaires (DAEU).
Les résultats de 2005
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni[...]
Le devenir des bacheliers
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2005/ni[...]
Que faire sans le bac ?
http://www.education.gouv.fr/sec/baccalaureat/sans.htm

Remise des prix du concours général
On devrait dire des concours généraux car en fait il y a deux concours : un pour les lycées généraux et technologiques et un pour l'enseignement professionnel. 11 510 candidats ont participé au premier. Il y a 87 lauréats dont 52 garçons. 2108 se sont présentés au second. Il y a 48 lauréats dont 41 garçons. Le bon vieux concours général refuse encore l'école mixte.
Communiqué
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20[...]
Palmarès
http://eduscol.education.fr/D0073/palmares.htm

Parrains de talent : les grands distributeurs "aident" les élèves
"« Parrains de talents », permettra de donner, dès début 2007 - au moment des choix d'orientations - un coup de pouce à des jeunes, issus des terminales S.T.G. et de Bac Pro, détectés au préalable par les établissements scolaires des régions concernées et capables d'une poursuite d'études, mais insuffisamment informés, motivés ou soutenus moralement comme financièrement". Le 6 juillet le ministère de l'éducation nationale a signé une convention avec la Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution (F.C.D.). Pour le ministère il s'agit d'aider des jeunes à poursuivre leurs études.
Communiqué
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20[...]

Culture générale en prépa
Le Journal Officiel du 8 juillet publie un arrêté fixant le programme de culture générale des prépas économiques et commerciales de 2de année. Le thème retenu est la science.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

- Professionnel    [ Haut ]

Le parcours du combattant des bacheliers professionnels
"Chaque année, 6 à 7 % des bacheliers professionnels s'inscrivent à l'université et vont, pour la plupart d'entre eux, à l'échec" rappelle Martine Laronche dans Le Monde du 17 juillet. Ils ont deux chances sur trois d'échouer. Enjeu de cette situation : la transparence des critères d'intégration dans les BTS et la définition du bac professionnel, normalement diplôme de fin d'étude mais qui légalement donne le droit d'entrer en université.
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-79606[...]
Rappel : L'Expresso du 7 juillet 2005
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index070705.php

De nouveaux bacs pros
Le B.O. 31 publie les arrêtés de création des bacs professionnels "environnement nucléaire", industries des pâtes, papiers et cartons" et "technicien aérostructure". Ces textes ont été annoncés dans L'Expresso du 31 juillet.
Le B.O. en pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2006/31/31_v1[...]
L'Expresso du 31 juillet
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index310706.php

Mention section européenne
Le J.O. du 30 août publie un arrêté relatif à la mention "section européenne" du bac pro.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

BTS technico-commercial
Le J.O. publie un nouveau référentiel pour le BTS technico commercial. Première session en 2008.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Actes du séminaire sur le management
" L'emploi n'est pas la finalité de l'entreprise. Le groupe SEB a été créé par des humanistes dont les valeurs subsistent encore au sein du groupe. L'ancien président du groupe SEB avait affirmé lors d'un séminaire interne sur l'entreprise citoyenne "L'entreprise est une cellule sociale, elle doit contribuer à servir l'homme, cela ne veut pas dire que l'entreprise doit être assimilée à une association philanthropique ou caritative." La création d'emplois ne doit pas être considérée ni comme notre ultime finalité, ni même comme un objectif a priori. Cela ne veut pas dire qu'elle s'en désintéresse. Il n'y a pas d'entreprise qui vaille et qui se désintéresserait de l'homme. Son but est la création de richesses dont le réinvestissement sera facteur de création d'emplois". Christian Pin, DRH de Seb; a clos ce séminaire national sur le management qui s'est tenu du 23 au 26 août 2005 à Paris. EduScol publie l'intégralité des interventions.
http://eduscol.education.fr/D0217/grh_actes.htm

Professionnel: La Plasturgie ouvre un site
La plasturgie regroupe les entreprises qui conçoivent et fabriquent des produits en matière plastique. En France elle compte 4 000 entreprises et 150 000 salariés. La Fédération de la Plasturgie ouvre un site pour informer sur les métiers, les établissements de formation et les diplômes. " Aucun diplôme ne se limite à un métier, le point fort de la plasturgie est d’offrir, quel que soit le niveau de recrutement, des possibilités d’évolutions valorisantes" affirme la Fédération.
Plasturgie Education
http://www.plasturgieducation.org

Agricole : La note de vie scolaire introduite
Deux textes publiés au Journal Officiel du 22 août fixent les modalités d'attribution de la note de vie scolaire au brevet agricole.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Agricole : Un nouveau diplôme, 175 000 élèves
175 000 élèves entrent le 4 septembre dans l'enseignement agricole. Cette rentrée est marquée par la création d'un nouveau diplôme, le bac STAV.
Article de Web Agri
http://www.web-agri.fr/outils/fiches/Fichesdetail.asp?i[...]
Les nouveautés dans le Guide du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/r2006/agro.php

Pas de progrès aux examens agricoles
L'enseignement agricole ne partage pas la hausse des résultats constatés dans l'éducation nationale. Sur 7 examens, seulement trois connaissent un taux de réussite supérieur : le bac S (+ 7%),le bac pro (+1%) et le BTS (+1%). Les résultats sont en baisse en Cap (-1%), Bep (-1%), BTA (-8%) et bac technologique (-2%).
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/leministere.leminis[...]

Formation des adultes : 23 milliards pour rien ?
"Opaque, éclaté, complexe et trop peu transparent pour assurer efficacement l'adaptation de la main d'œuvre et la promotion sociale". Selon Le Monde, c'est le portrait du système de la formation professionnelle dressé par deux économistes, Pierre Cahuc et André Zylberberg, dans une étude à paraître de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.

Pour eux, les 23 milliards d'euros de la formation professionnelle sont gaspillés pour des stages "n'ayant, dans la plupart des cas, aucun impact avéré sur les parcours professionnels". Ils relèvent également un problème récurrent de la formation professionnelle : l'inégalité dans l'accès. Ils demandent la suppression du système actuel et la création d'une agence publique.
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-81214[...]
Le document est annoncé sur le site de la CCIP
http://www.coe.ccip.fr/document_travail.asp?arb_n_id=46

La VAE aide réellement les salariés en difficulté
"Ces candidats (à la VAE) comptent une large majorité de femmes et bon nombre sont des demandeurs d’emploi. La plupart d’entre eux vise l’obtention d’un diplôme correspondant aux premiers niveaux de qualification. La VAE semble donc bien là répondre à l’une des vocations que lui avaient assignées ses promoteurs, à savoir soutenir les personnes les plus en difficultés sur le marché du travail". Selon une étude du Céreq, sur les 40 000 dossiers de validation des acquis de l'expérience (VAE) présentés en 2004, on compte deux tiers de femmes et un tiers de chômeurs. 42% des candidats visent un diplôme de niveau V (cap – bep), 23% de niveau IV (bac pro), 25% de niveau III (bac +2). Les diplômes les plus demandés sont "assistant de vie", secrétaire et maçon. Dans les rectorats, ce sont les validations au niveau III qui l'emportent avec 42%.

Le gouvernement entend lancer une campagne de promotion de ce dispositif et simplifier les démarches administratives. En effet, aujourd'hui, la moitié des personnes intéressées abandonnent.
Etude Céreq (pdf)
http://www.cereq.fr/pdf/b230.pdf
Plan VAE du gouvernement (pdf)
http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/DOSSIER_DE_PRESSE_VA[...]


- Le Café    [ Haut ]

Près de 130 000 abonnés
L'été c'est le moment des comptes : il y a maintenant 127 569 abonnés aux éditions du Café, un chiffre à comparer à celui d'août 2005 : 104 554. Vous êtes également 400 à 500 000 à visiter le site chaque mois.
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Dossier spécial    [ Haut ]
- La carte scolaire menacée

"Les familles doivent avoir la liberté du choix de l'établissement" promet N. Sarkozy. "Il faut desserrer la contrainte de la carte scolaire" propose Ségolène Royal. "La carte scolaire a un petit côté privatif de liberté qu'il faut assouplir" estime de Robien. La carte scolaire est maintenant un élément de la campagne électorale.

Créée pour lutter contre la ghettoïsation de certains établissements et assurer la mixité sociale, elle est critiquée comme injuste et inefficace. Certes elle est largement contournée (15% de dérogations en 6ème à Paris) par les classes privilégiées. Elle n'empêche pas la constitution de véritables ghettos scolaires : sait-on qu'à Clichy-sous-bois, en ZUS, par exemple, " la population scolarisée est caractérisée par un taux de retard important… Le pourcentage des 15 ans et plus sans diplôme est de 27,7%. La part des élèves inscrits en 6ème, ayant 2 ans de retard ou plus est de 11,3% (5,7% sur le département). Cette statistique passant à 26,3% en 3ème(13,2% pour le département)". Il est vrai que ces enfants ont d'autres problèmes : " des problèmes d’obésité (13%) et/ou de dénutrition (2%)… Les troubles sensoriels (visuels et auditifs) ne sont traités que pour 41% des enfants dépistés, ces enfants appartenant dans 60% des cas à des familles nombreuses. Un enfant sur huit présente une anémie par carence en fer. Enfin 41% des enfants âgés de 5 ans et plus présentaient des caries dentaires".

Faut-il pour autant casser la règle de la carte scolaire ? Georges Felouzis, qui a dénoncé les ghettos ethniques des collèges français, estime, dans un article accordé au Café en 2004, que " pour casser les ghettos il faut rendre plus attractifs les établissements en concentrant sur eux les efforts de l’Etat et des collectivités territoriales. On peut renforcer les équipes pédagogiques, l’encadrement, mettre en place de l’aide aux devoirs etc. Toutes les pistes n’ont pas été explorées en ce domaine. Quant à la carte scolaire, il faut la garder car elle limite la ségrégation, même si elle est en contradiction avec les valeurs de la société. Partout notre société demande aux gens de choisir, sauf en ce qui concerne l’école. On comprend que les familles aient du mal à accepter cette situation alors que les enjeux sont importants. Actuellement les stratégies de contournement de la carte scolaire, qui sont très anciennes, se démocratisent et finissent par concerner même les familles des classes populaires. C’est cette massification qui pose problème".

Car la demande de suppression de la carte scolaire s'accorde avec des tendances de fond de la société : celle de "la ville franchisée" : des agglomérations sectorisées qui séparent davantage riches et pauvres, le repli familial face aux valeurs collectives et sociales, la personnalisation, l'école perçue comme un service et non une institution collective. Le projet trouve un appui dans la politique budgétaire gouvernementale : faire sauter la carte scolaire c'est aussi mettre fin à toute gestion des moyens.

Pour Christian Forestier, membre du HCE, interrogé par Libération," pour régler le problème de Clichy-sous-Bois, faut-il permettre à la bourgeoisie des centres-ville d'accentuer ses privilèges et de choisir encore plus ses établissements ? Pour régler un problème que je ne conteste pas, faut-il remettre en cause un principe républicain fort, la mixité sociale ? Après l'abandon du service militaire, l'école est désormais le dernier endroit où l'on peut espérer avoir un peu de mixité".
Article de Georges Felouzis
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/49.php
Article de Libération
http://www.liberation.fr/vous/education/202700.FR.php
Données sur la zus de Clichy
http://www.clichy-sous-bois.fr/download/rapportZUS2005.pdf

L'aménagement de la carte scolaire et le plan Ambition réussite
"Aujourd’hui il y a aussi un débat sur la carte scolaire. C’est un débat légitime… Pour ma part, je suis profondément attaché au principe de mixité sociale. C’est un gage de cohésion de notre pays… La suppression totale de la carte scolaire ne me paraît pas la bonne solution : elle conduirait inévitablement tous les parents à vouloir inscrire leurs enfants dans les mêmes établissements. Comment ferait-on alors le choix entre les enfants ? Sur la base de quels critères ? On courrait le risque de l’arbitraire. Je préfère avancer dans deux voies pragmatiques : améliorer le niveau des établissements les plus en difficulté comme nous le faisons avec les collèges « ambition-réussite » ; assouplir les règles de la carte scolaire… Vous le voyez, je suis pour une carte scolaire aménagée… Cet aménagement ne peut se faire qu’en concertation étroite avec tous les acteurs du système éducatif". S'exprimant à Thionville 8 septembre, le premier ministre a annoncé le lancement d'une concertation sur la carte scolaire "dans les prochaines semaines".

L'initiative fait suite aux déclarations de N. Sarkozy et S. Royal. Aussi, pour les associations de parents apparaît-elle comme une manœuvre pré-électorale. La Peep estime cependant qu'il "faut réellement traiter ce problème, peut-être en l'assouplissant". La Fcpe "rappelle son refus de voir instaurer une concurrence scolaire hasardeuse… Supprimer la sectorisation aurait immanquablement pour conséquence de créer une véritable désorganisation du système éducatif et du territoire".

Les syndicats accueillent négativement la proposition. Le Snpden, qui représente les chefs d'établissement annonce qu'il ne négociera que "si la base des discussions, ce n'est pas la suppression mais une ouverture de la carte". Pour l'Unsa-éducation, selon l'AFP, "on essaie de vendre aux parents un principe de libertés alors qu'on va créer plus d'inégalités". Pour le secrétaire général de la FSU, " la question de la carte scolaire ne peut pas se régler uniquement à travers la question de l'Ecole parce que cela renvoie à toute la politique de la ville, du logement social: quand on a des ghettos urbains, on a aussi des ghettos scolaires".

Dans Le Monde, les sociologues François Dubet et Marie Duru-Bellat estiment qu'il "n'y a pas à être scandalisé par la remise en question de la carte scolaire et l'on peut même se féliciter que les réalités s'imposent pour une fois aux slogans et aux principes que les pratiques trahissent tous les jours". Mais ils soulignent les risques de creusement des inégalités. "Il ne suffit pas de dénoncer la carte scolaire pour proposer une politique et, plus encore, une politique plus juste que celle que l'on condamne. La seule suppression de la carte scolaire serait probablement un remède pire que le mal. En effet, on imagine aisément que, comme sur n'importe quel marché, les acteurs ayant le plus de ressources et d'informations s'en tireront nettement mieux que les autres et que, une fois encore, les plus démunis auront moins de choix, moins d'opportunités et moins encore de chances de réussir dans l'école. D'ailleurs les pays qui ont choisi cette solution de "rupture" ont vu les inégalités s'accroître, et s'accroître aussi la délinquance, la marginalité, les fossés entre les groupes sociaux et les cultures".

Peut-on lutter contre ce mouvement ? Les spécialistes chiffrent avec l'aggravation de la ghettoïsation sociale, l'écart des résultats scolaires entre les zep et les autres. Cette réalité rend inévitable le sauve-qui-peut des familles. Les géographes observent la fragmentation croissante de nos villes qui va de pair avec la ségrégation sociale. Les aides publiques elles-mêmes poussent les ménages à quitter la ville pour s'installer dans un pavillon en grande banlieue. Le plan type des lotissements actuels vise à les isoler de la circulation de passage : ses rues sont souvent des impasses. Les quartiers clos se multiplient en Ile-de-France et dans le sud du pays à l'image des "gated communities" américaines. Ce mouvement spontané nous dit à quel point notre société fuit l'urbanité et ce qu'elle implique comme brassage social. L'objectif de la mixité sociale semble s'éloigner chaque jour. Le débat sur la carte scolaire a au moins l'avantage de poser la question du tissu social dans le débat politique.

Sans perspective de ce côté, la réponse à un assouplissement de la carte scolaire ne peut se trouver que dans un effort d'égalité, c'est-à-dire des moyens supplémentaires pour les zep. C'est la condition préalable à tout assouplissement de la carte scolaire.

Finalement, la première victime de ce débat pourrait bien être le ministre de l'éducation nationale. Car ce qui est mis en évidence c'est l'insuffisance de la politique d'éducation prioritaire du gouvernement. Quelques jours après de fracassantes déclarations sur la "relance" des Zep, G. de Robien est invité à revoir sa copie.
Discours du premier ministre
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventions_[...]
Francois Dubet et Marie Duru-Bellat
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-811039,0.html
Communiqué Fcpe
http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-1521.php[...]

L'Unesco plaide pour la mixité sociale à l'Ecole
"On peut avoir l'équité et l'excellence". C'est le message que délivre J. Douglas Willms, en conclusion de l'ouvrage de l'Unesco "Learning Divides".

L'auteur s'appuie sur deux tests internationaux : Pirls, qui analyse les résultats des écoliers de Cm1, et Pisa qui concerne ceux des adolescents de 15 ans. Il les interroge pour répondre à 10 questions tournant autour du rapport entre performances et équité des systèmes éducatifs.

Et les réponses sont claires. Oui le niveau éducatif diffère d'un pays à l'autre. Oui il y a partout une relation entre catégorie sociale élevée et bonne performance scolaire. "Les écoles à succès sont celles qui aident les élèves de milieu défavorisé. Les pays qui ont les meilleures performances sont ceux qui réussissent non seulement à élever le niveau mais à le rendre plus équitable. Ce qui est vrai au niveau des pays se retrouve à celui des écoles.

Ainsi les enfants de milieu défavorisé qui sont dans des écoles où existe un brassage social ont de meilleurs résultats que ceux qui sont dans des écoles socialement ségrégatives. Et l'auteur montre du doigt les systèmes éducatifs qui sélectionnent précocement comme l'Allemagne, qui vient pourtant d'inspirer à la France l'apprentissage - junior. "Il n'est pas forcément avantageux d'avoir un recrutement socialement homogène".

Chiffres à l'appui, les conclusions de l'étude invitent donc à la mixité sociale à l'Ecole. Mais ce n'est pas tout. Elle insiste sur l'importance du facteur social dans les difficultés scolaires et invite les établissements à avoir une politique spécifique en direction de ces élèves. Une réflexion qui est aux antipodes de l'approche personnalisée de la difficulté scolaire qui se met en place actuellement en France.

La mixité scolaire suffirait-elle à effacer l'échec scolaire ? Pirls et Pisa montrent également l'importance de facteurs pédagogiques propres aux établissements. "Le facteur le plus important pour expliquer la réussite en lecture, c'est l'expérience du maître, le climat qui règne dans la classe et le soutien parental. Dans Pisa c'est le taux d'encadrement, la formation des enseignants, le moral des enseignants et le climat de l'établissement."

Plus de mixité sociale, moins de sélection, davantage de formation et de pédagogie : telle est la recette que propose l'Unesco. L'organisation serait-elle pour la carte scolaire ?
http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001470/147066e.pdf

L'Ocde dénonce l'inégalité sociale dans l'Ecole française
"Dans les pays de l’OCDE, les élèves issus des milieux les plus défavorisés sont en moyenne 3,5 fois plus susceptibles que ceux issus des milieux les plus privilégiés d’obtenir de faibles performances en mathématiques, c’est-à-dire de se classer au niveau 1 de l’échelle PISA, voire en deçà. En France, parmi les élèves issus de milieux défavorisés, 32 % se classent au niveau 1… Par opposition, parmi les élèves issus de milieux privilégiés, seuls 10 % se classent au niveau 1 ou en deçà. Ainsi, en France, un élève issu d’un milieu défavorisé a 4,3 fois plus de risques qu’un élève issu d’un milieu privilégié de se situer au bas de l’échelle d’aptitudes en mathématiques. Ce chiffre se situe légèrement au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE". Avec "Regards sur l'éducation" l'Ocde met en parallèle les résultats et les caractéristiques des systèmes éducatifs des pays membres de l'organisation. Et elle épingle la France sur l'inégalité sociale devant l'Ecole.

A vrai dire ce n'est pas la première fois. En mars 2006, Andreas Schleicher, directeur de l'éducation de l'Ocde, avait souligné cette tare française. "C'est peut-être la plus grande déception des systèmes éducatifs européens. Nombre d'entre eux font des déclarations ambitieuses sur l'équité dans l'éducation. Mais l'étude PISA révèle que l'origine sociale joue un rôle plus fort dans les résultats scolaires en Allemagne, en France et en Italie qu'aux Etats-Unis." On observe également en France que les élèves faibles en maths ont relativement une probabilité plus grande d'avoir des difficultés également en lecture que dans les autres pays Ocde.

Après l'Unesco, qui pense que "on peut avoir l'équité et l'excellence" voilà l'Ocde qui insiste sur l'insuffisance de l'éducation prioritaire française. Le plan Ambition réussite est-il susceptible d'inverser cette situation ? On peut en douter.

Certes certains soulignent que le plan, avec le millier de professeurs référents, favorise la constitution d'équipes pédagogiques stables, ce qui est un facteur clé d'amélioration des performances. Mais cet effort semble éloigné des besoins réels et est décrit par certains acteurs de terrain comme un simple saupoudrage de moyens.

On peut craindre que d'autres mesures aillent accentuer l'inégalité sociale à l'Ecole. C'est le cas par exemple de l'apprentissage junior. Ce dispositif vise à écarter de l'Ecole les jeunes des milieux défavorisés en les orientant précocement vers ce qui ressemble fort à une voie d'exclusion. Enfin le débat sur la carte scolaire n'est pas sans rapport avec cette question. Une libéralisation de la carte sans augmentation nette des moyens des zep ne ferait qu'aggraver la ghettoïsation de ces établissements et creuser le fossé social.

Il peut sembler paradoxal que ce soit l'Ocde qui ramène la dimension sociale dans le débat scolaire français. C'est particulièrement nécessaire au moment où celle-ci est évacuée au bénéfice d'une personnalisation de la réussite et de l'échec.
http://www.oecd.org/dataoecd/51/25/37392770.pdf
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index140306.php

Bruxelles demande aussi un effort d'équité à l'Ecole
" Des systèmes d’éducation et de formation efficaces peuvent avoir un effet bénéfique important sur notre économie et notre société mais les inégalités de ces systèmes ont des coûts occultes considérables qui apparaissent rarement dans les comptes publics. Si nous oublions la dimension sociale de l’éducation et de la formation, nous risquons de payer un prix élevé pour redresser la situation plus tard. La communication d’aujourd’hui invite les Etats membres à accroître leurs efforts pour améliorer tant l’efficacité que l’équité de leurs systèmes d’éducation et de formation, afin que tous les citoyens, notamment ceux qui sont défavorisés, puissent pleinement jouer leur rôle dans la société et dans l’économie". Ján Figel’, commissaire européen chargé de l’éducation, souligne 2 priorités pour l'enseignement scolaire.

Il faut renforcer l'enseignement préscolaire "c’est le moyen le plus efficace de jeter des bases pour un apprentissage ultérieur, la prévention des abandons scolaires, l’obtention de résultats plus équitables et le relèvement des niveaux généraux de compétence".

La Commission demande également qu'on n'oriente pas trop précocement les élèves : "cette pratique accentue les effets du contexte socio-économique sur le niveau d’instruction et qu'elle n’améliore pas l’efficacité à long terme". Une remarque qui pourrait concerner l'apprentissage junior.
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/1159[...]

Carte scolaire : Le scandale n'est pas là…
"Le vrai problème soigneusement dissimulé n'est pas celui de la discrimination sociale par la carte scolaire, c'est l'obligation d'accepter les pédagogies décidées selon le seul bon vouloir des enseignants" estime Bernard Collot, ancien instituteur, dans Libération. "Si, dans un même secteur, des parents pouvaient choisir entre un établissement aux pédagogies traditionnelles et un établissement aux pédagogies modernes, il est certain que les choix ne s'effectueraient plus sur des critères sociaux, prétexte mis en avant par les défenseurs de la carte scolaire. Tant que les parents sont exclus de l'élaboration des stratégies éducatives des établissements de leurs quartiers (ce qui sera un jour une vraie révolution culturelle), tant qu'ils sont soumis à laisser leurs enfants à partir de 5 ans dans une institution hors du contrôle des citoyens, on ne peut pas continuer, dans une société démocratique, à les obliger à subir les choix d'enseignants (ou d'un ministre) dont chacun sait qu'ils ne dépendent que d'appréciations individuelles (puisqu'elles peuvent toutes être contestées) et qu'ils auront des conséquences sur le développement cognitif, psychologique et citoyen de l'enfant".
http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/203798.FR.php

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