Informations Professionnelles (Café N° 76)

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- A la Une : Le budget 2007 sera-t-il supportable dans le secondaire ?

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Dossier spécial : Carte scolaire : réviser, supprimer ou maintenir ?

Édition du 15-10-2006

- François Jarraud -

- A la Une : Le budget 2007 sera-t-il supportable dans le secondaire ?    [ Haut ]

"C'est un budget que je défendrai devant le Parlement en ayant la certitude que les personnels comme les parents comprendront qu'il a été construit dans l'intérêt des jeunes". Le projet de budget 2007 qu'a présenté à la presse Gilles de Robien le 27 septembre risque pourtant de rendre la situation intenable dans le secondaire.

Et ce n'est pas par hasard. Le ministre a relevé que la France dépense plus que les autres pays de l'Ocde pour le secondaire et pas assez pour le supérieur. " La loi de programme pour la recherche de 2006 a justement pour objectif de rééquilibrer l'effort financier en faveur de l'enseignement supérieur dans notre pays. La préparation du budget s'est inscrite dans cette ligne" a affirmé le ministre. Autre source d'inspiration : les rapports d'audits. Donnant la priorité aux comptables, le ministre suit les recommandations des rapports sur les décharges et sur les examens. Cela se traduit pas des suppressions de postes

8 662 postes supprimés."J'entends dire que nous supprimons 8 500 postes d'enseignant : c'est faux ! C'est une présentation totalement mensongère !" G. de Robien se pose volontiers en réformateur du calcul, mais là, le compte n'y est pas ! Une simple addition des chiffres ministériels ne peut dissimuler que 8 662 postes seront supprimés à la rentrée 2007 : 3 606 postes resteront vacants aux concours; 3 256 disparaîtront grâce à la suppression des décharges et à des réaffectations disciplinaires; 2 400 sont supprimés en plus dans les collèges et les lycées. Le total se monte à 9 262 postes supprimés auxquels il faut retirer 600 postes crées dans le primaire. Le budget de l'éducation nationale augmente en euros mais il recule par rapport à la hausse du PIB.

Car la suppression des décharges est confirmée. " La Cour des comptes et le Parlement ont montré depuis plusieurs années que certaines décharges de service n'étaient plus justifiées. L'audit de modernisation est arrivé à des conclusions identiques. On estime - et nous avons vérifié ces estimations - qu'il y a au total pour les décharges l'équivalent de 23 000 emplois de professeur dans l'enseignement secondaire public qui ne sont pas devant les élèves. J'ai demandé que l'on revoie ce système… Le budget 2007 se traduit donc par la remise en cause de 10 % de ces décharges, soit 2 300 équivalents temps plein d'enseignant qui seront invités à faire des cours devant les élèves, ce qui explique la suppression équivalente de 2 300 emplois. C'est de la bonne gestion". Les récupérations de postes par suppressions de décharges devraient ainsi continuer à peser sur les postes mis aux concours dans les années à venir.

D'autres mesures se profilent à l'horizon 2008. " L'audit portant sur la grille horaire en lycée est en cours d'examen contradictoire et sera rendu public dans les prochaines semaines. Deux autres audits n'ont pas été remis à ce jour : l'audit sur la grille horaire en collège et celui sur la carte et les options de l'enseignement professionnel". L'audit portant sur la grille horaire du lycée la juge trop lourde et vise à "dégager les marges de manœuvre budgétaires notamment pour financer les mesures de la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école". En clair il devrait proposer de supprimer une partie des enseignements pour équilibrer le budget de l'éducation nationale. Les autres audits (sur les collèges, l'enseignement agricole et l'enseignement professionnel) ont eux aussi pour seul objectif de diminuer les dépenses.

Les lycées en première ligne.Ces mesures concernent tout l'enseignement secondaire. Mais les lycées seront probablement touchés en priorité pour deux raisons. Si les décharges correspondent à 6% des emplois du secondaire, leur part est plus importante en lycée, car certaines leur sont spécifiques (pondérations de STS par exemple). On peut penser qu'en lycée c'est 10% du personnel enseignant qui pourrait disparaître si cette politique allait à son terme. Cela ne sera pas sans effet sur le climat des établissements.

Mais une autre décision ministérielle, en corrélation avec la question des emplois, va venir frapper les lycées. Il s'agit de la nouvelle procédure d'inscription dans l'enseignement supérieur. Dès cette année, en janvier, les lycéens devront adresser à l'établissement supérieur de leur choix un dossier d'inscription comprenant le bulletin trimestriel du premier trimestre. Au vu du dossier la réponse envoyée au lycéen prendra "la forme soit d'un encouragement à s'inscrire…, soit d'une incitation à s'orienter en direction des formations courtes professionnalisées, en particulier dans les STS qui ont vocation à accueillir prioritairement les bacheliers professionnels mais aussi les bacheliers technologiques tertiaires". Ce n'est sans doute pas par hasard que le mot "IUT" est absent de ce texte. On peut craindre que les universités prennent appui sur ces instructions pour décourager de façon systématique les inscriptions de ces bacheliers et les envoyer en STS… dans les lycées.

Entre grogne des lycéens devant ce qui relève bien d'une sélection et colère des enseignants sommés de travailler gratuitement davantage (1 heure de décharge en moins c'est 2h30 de travail en plus), l'atmosphère des lycées va devenir difficile.

On voit bien la logique strictement budgétaire de ce plan. Mais elle se fait au prix d'incohérences pédagogiques. A quoi bon réformer les filières technologiques, comme en STG, en se fixant comme objectif de faciliter la réussite de ces lycéens dans le supérieur si c'est ensuite pour réduire leur choix ? Comment ne pas voir que le gouvernement, par ces mesures, rend impossible toute avancée sur deux chantiers pourtant prioritaires : la redéfinition du travail et des missions des enseignants et l'éducation à l'orientation des lycéens.
Le projet de budget (MEN)
http://www.education.gouv.fr/cid3999/conference-de-pres[...]
Rappel : la question des décharges
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220906.php
Rappel : les audits
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/74.php

33 379 emplois en moins à l'éducation nationale
Selon le projet de loi de finances, maintenant déposé à l'Assemblée nationale, 33 379 emplois seront supprimés dans l'éducation nationale en 2007. C'est l'essentiel des 43 370 emplois supprimés dans toute la fonction publique. Un seul ministère voit ses effectifs progresser sensiblement : l'Intérieur.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/projets/pl3341.asp
http://www.assemblee-nationale.fr/12/projets/pl3341.asp[...]

Premières réactions au budget 2007
"Pour la première fois, le budget de l’enseignement scolaire est présenté en baisse de 0,23%. L’augmentation de 1,5% « à périmètre constant » invoquée par le ministère ne compense pas les charges dues à l’évolution des prix (1,9% selon l’INSEE). Les annonces pour 2007, l’effet de mesures déjà décidées (augmentations salariales, revalorisation des personnels, effet report des décisions du budget 2006) représentent une charge supplémentaire de près de 2%. C’est donc à une baisse beaucoup plus significative des moyens de l’Education nationale que l’on assiste". Le Se-Unsa condamne également les suppressions de postes. "Dans tous les cas, les principales mesures éducatives de la loi d’orientation ne sont pas financées, à commencer par les Programmes Personnalisés de Réussite Educative".
Communiqué
http://www.se-unsa.org


- Le système scolaire    [ Haut ]

Ecole française : des réussites et un défi
Un peu de bonheur ! Dès la publication des Indicateurs de l'Ocde, un ouvrage qui permet une étude comparative des systèmes éducatifs des pays développés, le Café n'a pas hésité à répercuter les défauts de l'Ecole française. Le 13 septembre nous avons parlé des inégalités sociales dans l'école. Le 20 de la dégradation de la scolarisation en préélémentaire. Aujourd'hui, il est temps de parler des réussites et aussi des défis, tels que les met en évidence le même Indicateur.

Réussites d'abord. La France fait partie des pays de l'Ocde qui ont vu le pourcentage de diplômés du secondaire progresser le plus rapidement. Moins de 60% des 45-54 ans disposent d'un diplôme de ce type. C'est 80% des 25-34 ans. Et il n'y a aucune raison de penser que ces diplômes soient plus aisés à acquérir en France. L'Espagne, la Grèce, le Portugal ont progressé plus vite mais arrivent moins haut. La Belgique et l'Irlande arrivent à faire aussi bien que la France. Seule la Corée du Sud a obtenu un gain nettement supérieur : elle passe de 57 à 97% ! Il y a là un message sur lequel nous reviendrons. On retrouve une progression identique pour le tertiaire (l'enseignement supérieur). Seule la Corée du Sud a progressé plus vite : de 18 à 50% !

Ces résultats sont encourageants. Ajoutons que notre pays a encore de la marge de manoeuvre : il est juste au niveau de la moyenne pour le taux d'obtention d'un diplôme de fin d'études secondaires et il a un taux d'obtention de diplômes tertiaires plutôt faible pour les formations universitaires de type traditionnel (sans les BTS et DUT).

Le défi c'est que certains font mieux. Et d'abord en Asie de l'est. Pour Barbara Ischinger, de l'Ocde, "le plus frappant, toutefois, c’est que l’Europe comme les États-Unis sont de plus en plus dépassés dans le domaine éducatif par les pays de l’Asie de l’Est. L’exemple de la Corée montre qu’il est possible de mettre en place des améliorations à un rythme soutenu : il y a tout juste deux générations, ce pays avait le niveau de vie de l’Afghanistan aujourd’hui et ses performances dans le domaine de l’éducation figuraient parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. Aujourd’hui, 97 % de tous les Coréens âgés de 25 à 34 ans ont achevé le deuxième cycle du secondaire".

Corée et Japon posent un défi qualitatif. Ces deux pays arrivent à faire réussir presque tous les élèves. Il y a là une leçon à retenir à la fois pédagogique et sociale. C'est une réponse à apporter à ceux qui mettent en doute le paradigme de l'éducabilité. C'est aussi la preuve que certains pays savent lutter contre les inégalités sociales à l'école. "Selon l’enquête du PISA, le rôle que joue le milieu social dans la détermination des performances des élèves est encore plus marqué dans des pays comme l’Allemagne, la France et l’Italie qu’aux États-Unis. Par ailleurs, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, les inégalités socioéconomiques sont plus importantes que dans n’importe quel pays d’Asie pour lequel des données comparables sont disponibles" observe l'Ocde.

Compte tenu du poids démographique de certains états (Chine 1,3 milliards d'habitants, Inde 1 milliard), ils posent également un défi quantitatif. Ainsi la Chine a plus que doublé son nombre d'étudiants de 1995 à 2004. Aujourd'hui elle produit deux fois plus de diplômés du secondaire et du tertiaire que l'Union européenne. L'Inde compte autant de diplômés du secondaire chaque année que toute l'Europe.

Les conséquences économiques de cette marée de diplômés asiatiques seront sans doute très importantes. L'Asie pourra proposer des diplômés de haut niveau à un coût limité et en volume croissant.

Alors le sens de cet éditorial n'est pas de se satisfaire de nos lauriers. Plus que jamais les pays européens vont devoir relever le défi de la qualité et de l'équité.
L'indicateur de l'Ocde
http://www.oecd.org/document/24/0,2340,fr_2649_37455_37[...]
Rappel : L'Expresso du 20/09
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index200906.php
Rappel : L'Expresso du 13/09
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index130906.php

Un rapport officiel appelle à renforcer le poids hiérarchique des inspecteurs d'académie
" L’IA-DSDEN est au cœur de deux mouvements qui entrent en tension : un mouvement de décentralisation qui transfère des compétences et des décisions au plus près des citoyens ; un mouvement de modernisation de l’État et d’optimisation de la dépense publique qui pousse à la reconcentration des services de l’État. La définition des rôles est très inégalement assurée sur le terrain. Cela rend malaisée la situation des inspecteurs d'académie et de leurs services". Partant de ce constat, l'Inspection générale, sous la plume de Jean-Paul Delahaye, Pierre Antonmattei et Martine Safra, appelle à redéfinir et réaffirmer le rôle des inspecteurs d'académie particulièrement auprès des chefs d'établissement.

" La situation de l’IA-DSDEN doit être mieux définie dans ses deux dimensions : il est un collaborateur direct du recteur, membre de l’équipe de direction de l’académie. Il est en même temps le directeur des services départementaux et incarne l’autorité hiérarchique pour les inspecteurs de l’Éducation nationale, chargés d’une circonscription du premier degré, et pour les chefs d'établissement du second degré… La mission propose de faire de l'inspecteur d'académie l'interlocuteur premier des établissements… Il est proposé à cette fin :
- de confier explicitement aux IA-DSDEN l'animation, le suivi et la régulation des EPLE, comme c'est déjà le cas des circonscriptions primaires ;
- de les installer plus nettement, sous l’autorité des recteurs, dans le rôle de responsables des personnels de direction, de la lettre de mission à l'évaluation ;
- d'étendre le cas échéant, après évaluation des expériences conduites dans quelques académies, la politique de déconcentration de la gestion des moyens des lycées vers les inspections académiques".


Les inspecteurs d'académie pourraient voir leur autorité nettement renforcée dans le secondaire. Le rapport invite à "confier aux inspecteurs d'académie la responsabilité d’assurer un pilotage réel des établissements : analyse de leurs performances, évaluation de leur fonctionnement et régulation chaque fois que nécessaire, animation structurée au niveau des bassins". Enfin les inspections académiques deviendraient un guichet unique pour les usagers de l'école.

Le rapport invite donc l'Etat à affermir son pilotage du système en redécouvrant l'importance de l'échelon départemental. Une démarche qui pourrait être contrariée sur le fond par une tendance plus lourde que le rappel de la hiérarchie centralisée : celle de la décentralisation et de l'affirmation des acteurs locaux dans la vie quotidienne des établissements.
http://media.education.gouv.fr/file/69/3/2693.pdf

Grève du 28 : mobilisation assez faible
"Une très large partie des personnels a préféré aujourd'hui rester mobilisée au service des élèves… C'est la meilleure manière e faire bénéficier l'Ecole des nombreuses ressources dont elle dispose". Gilles de Robien se félicite de la mobilisation assez faible du 28 septembre. Le ministère estime que 15 à 18% des enseignants ont fait grève.

Du côté syndical, on chiffre à 29 à 30% le pourcentage de grévistes. "C'est une mobilisation médiocre,il faut le reconnaître, pour autant les problèmes et les inquiétudes demeurent" estime J.-L. Villeneuve, pour le Sgen Cfdt. Pour le Se-Unsa "la mobilisation apparaît globalement modeste… pour autant on constate que les motifs et revendications de cette journée d'action rencontrent un large assentiment des enseignants". Le Snes estime que ces résultats "mettent en évidence la détermination d'une partie importante des personnels".

Les parents de la Fcpe participaient aux cortèges. La Peep, deuxième association de parents d'élèves, "regrette que la grève soit systématiquement utilisée comme moyen de protestation des personnels de l’Education nationale; qu’une nouvelle fois les enfants soient privés de leur droit à l'école; que les familles soient prises en otage et doivent trouver seules des solutions pour la prise en charge de leurs enfants".
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=22[...]
http://www.peep.asso.fr/actualite.php?id_actu=103&PHPSE[...]

Les médecins scolaires en grève le 19
"D’un côté, les pouvoirs publics prônent la prévention, le dépistage des troubles des apprentissages, le repérage des troubles psychiques, l’accueil des enfants malades ou handicapés à l’école et l’aide aux familles, et de l’autre, ils mettent en voie de disparition le corps des médecins de l’Education nationale. Alors qu’il n’y a eu aucune création de postes en 2004 ni en 2005, il n’y a pas de prévision concrète de recrutement en 2006 pour occuper les postes vacants. En outre les politiques rectorales de l’emploi, dans le cadre des nouvelles contraintes budgétaires, se font au détriment de la médecine scolaire et l’on assiste actuellement dans plusieurs académies au licenciement brutal des médecins vacataires de l’Education nationale. Ceux-ci assurent pourtant 40% des tâches et remplissent les mêmes missions que les médecins titulaires. Ainsi des centaines de médecins manqueront à la rentrée dans les établissements scolaires. La situation est catastrophique". Les syndicats Unsa, Fo, Ucsmf des médecins scolaires appellent à une manifestation le 19 octobre.
http://snmsu.unsa-education.org/Petitions/?petition=1

Malgré les amendes l'absentéisme explose en Angleterre
L'absentéisme continue sa progression en Angleterre. Selon BBC News, en 2005-2006, le taux d'absentéisme a légèrement (de 1%) dans le secondaire. Mais il connaît une hausse de 7% dans le primaire. La stabilisation dans le secondaire n'est pas un bon résultat puisque le nombre d'absentéistes est passé de 566 664 élèves en 2001-2002 à 794 877 en 2005-2006.

Des chiffres qui ont un grand intérêt puisque l'Angleterre est le modèle dont s'inspire le gouvernement français sur ces questions. Bien avant l'adoption, ici, du "contrat parental",le gouvernement anglais a créé des sanctions financières pour les parents des absentéistes. Il est même allé plus loin puisque ceux-ci sont passibles de prison. L'échec de ces mesures de responsabilité familiale est patent.
http://news.bbc.co.uk/1/hi/education/5365416.stm
http://news.bbc.co.uk/1/hi/education/5367240.stm
Quatre mois de prison…
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index140806.php

Pas de lycée musulman à Décines
Le Conseil académique de l'éducation nationale a confirmé la décision du recteur de Lyon. Le lycée-collège musulman projeté à Décines (69) n'ouvrira pas. Le recteur avait avancé un problème de sécurité. Depuis l'établissement a perdu son directeur.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index300806.php

Tentations traditionalistes dans l'enseignement catholique
"Adhérant sans réserve, par paresse ou pusillanimité, à une modernité largement marxisée dans son fond comme dans sa forme, l’enseignement catholique est incapable d’appréhender la postmodernité qui se construit et ne peut ainsi comprendre la place qui est offerte à une vraie pédagogie chrétienne". Selon La Croix, l'archevêque d'Avignon, Jean-Pierre Cattenoz, veut "recentrer " l'enseignement catholique dans son diocèse.

Il demande "une catéchèse intégrale" dans les établissements et exige une acceptation de ce projet par les enseignants et les élèves, strictement sélectionnés selon leur démarche religieuse.

Des propos qui rompent avec la réalité et les projets de l'enseignement catholique et qui sont en totale contradiction avec la loi Debré qui conditionne le contrat avec l'Etat à la neutralité religieuse de l'enseignement et du recrutement et avec la récente loi Censi sur le statut (public) des enseignants des établissements sous contrat.
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2282069[...]

Les textes sur l'enseignement privé ne passeront plus par le conseil des ministres
Un décret publié au J.O. du 15 septembre établit une liste de textes relatifs à l'enseignement privé qui n'auront plus besoin de passer en conseil des ministres.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

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PPRE et brevet
Lors de la conférence de presse sur le budget, G. de Robien a annoncé qu'à la rentrée 2007 les PPRE seraient étendus en CM2 et en 5ème. Pour réaliser des économies, les sujets du brevet 2007 seront nationaux et non plus académiques. Les sujets du Cap et du Bep seront également simplifiés pour passer de 20 000 à 5 000. Le ministère souhaite ainsi économiser 400 emplois.
Discours ministériel
http://www.education.gouv.fr/cid3999/conference-de-pres[...]

Réforme des programmes et socle commun
Eduscol publie un calendrier de la rénovation des programmes pour les adapter au socle commun. Ainsi, à la rentrée 2007, entreront en vigueur les programmes de l'école élémentaire "mettant en évidence les éléments du socle"; au collège, les nouveaux programmes de mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la Terre en classe de quatrième, l'application des nouveaux programmes de langues vivantes étrangères Palier 1 en classe de cinquième. En voie professionnelle, entreront en vigueur des programmes des enseignements généraux pour les CAP.
http://eduscol.education.fr/D0231/calendrier.htm

Le Sgen condamne le nombre de postes aux concours
"Il s'agit d'annonces tronquées et démagogiques pour sauver les apparences". Le Sgen critique la "stabilisation" du nombre des places aux concours annoncée par Robien. "Dans le 1er degré et le 2nd degré, le nombre de places aux concours ne couvre pas le nombre de départs en retraite (13 000 départs prévus dans le 1er degré pour 11 250 postes offerts aux concours, 19 000 départs dans le 2nd degré pour 11 745 postes offerts)… Pour la deuxième année consécutive, pas de recrutement dans les disciplines industrielles du CAPET. Quel devenir pour les filières technologique et professionnelle ?" Pour le syndicat, "ces chiffres confirment bien les annonces sur le budget 2007 : 9 000 emplois supprimés dans l'Éducation. Plus que jamais, le Sgen-CFDT appelle les personnels à participer à la journée de grève le jeudi 28 septembre".
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1[...]

Des nouveautés pour les mutations
Le Se-Unsa publie des informations sur les nouvelles procédures de mutation en 2007. " Qu’y aura-t-il donc de nouveau en 2007 ? Au-delà de mesures positives qui favorisent le rapprochement de conjoint, déplafonnent les bonifications pour enfants, le ministère intègre des décisions du conseil d’état qui font jurisprudence. A la demande d’un syndicat d’agrégés, la NS 2005 a été annulée : le ministère était trop prescriptif pour les recteurs. Cette décision donne un appui supplémentaire au ministère pour intégrer des dispositions qui, en renforçant le pouvoir des recteurs, fragilise un peu plus l’équité pour les personnels…. De plus, le ministère étend aux opérations de mutation ce qu’il a instauré pour l’avancement de grade, la NGP : les recteurs sont invités à « valoriser sur le plan académique le classement des demandes de mutation des enseignants qui ont accompli des efforts de mobilité disciplinaire ou fonctionnelle », tout un programme !".

Selon le Se-Unsa, les Pacs ne seraient plus reconnus que si le couple peut produire une déclaration d'impôt commune.
http://www.se-unsa.org

La question des décharges
A quelques jours d'une grève nationale soutenue par les principaux syndicats de l'enseignement, la question de la suppression des décharges des enseignants peut sembler secondaire. En ce début d'année, les syndicats tentent de mobiliser pour la grève du 28 septembre sur le thème plus général du budget. Ils rappellent que si 1 383 postes ont été supprimés dans le secondaire à la rentrée 2006, ce sont 8 700 postes en moins qui sont prévus pour la rentrée 2007. Ils prévoient que cette saignée entraînera des classes plus chargées, des options et des filières supprimées, des conditions de travail beaucoup plus difficiles pour les enseignants et pour les élèves.

Les suppressions de décharge sont évidemment un élément de cette politique. Le 13 juin, dans le cadre du projet de loi de finances 2007, le ministre annonçait que sur 15 000 postes de fonctionnaires supprimés au budget 2007, 8 700 seraient pris sur le budget de l'éducation nationale. Il se répartiront ainsi : 3 600 postes en moins aux concours, 1 800 emplois supprimés dans le secondaire et 3 000 postes "récupérés" en supprimant des décharges.

De quoi s'agit-il ? D'un fatras (plus de 80 catégories différentes !) d'avantages acquis à des époques différentes, selon des modalités différentes, et qui apportent à une grande partie des enseignants du second degré une majoration salariale ou une réduction légère de la charge de travail. C'est le cas par exemple des "heures de première chaire", payées aux enseignants qui enseignent 6 heures en 1ère, terminale ou BTS, des "pondération de STS" (majoration pour les enseignants des BTS), des associations sportives, des CCPN, des heures de laboratoire (pour gérer le matériel pédagogique dans plusieurs disciplines), de la coordination EPS etc. Toutes cumulées elles représentent un alléchant trésor correspondant à 28 000.

Un rapport d'audit publié en mai dernier et validé par le ministère, avance des arguments bien sentis pour leur suppression. Ainsi, pour la pondération en STS, " le régime dont bénéficient les enseignants dans les sections de techniciens supérieurs (STS) trouve sa justification initiale dans le travail supplémentaire demandé aux enseignants du fait du public de ces classes. Cependant, le dispositif ne tient pas compte de la durée réelle de la période d’enseignement. En effet, l’année scolaire (36 semaines) est amputée, en premier lieu, du fait des examens qui sont organisés tout au long du mois de mai et, en second lieu, par les stages des étudiants d’une durée moyenne autour de huit semaines (quatre à seize semaines selon les spécialités)". Les heures d'animation d'association sportive "ne recouvrent pas toutes une activité réelle ou suffisante". Avec un certain cynisme, le rapport estime à propos des heures de première chaire "qu'avec l’ouverture très large de l’enseignement du second degré depuis la fin des années soixante à des publics nouveaux, socialement et culturellement moins favorisés que ceux du lycée d’antan, les défis pédagogiques à relever et l’obligation de résultat assignée aux enseignants ne se concentrent plus dans la phase ultime de la scolarité secondaire : les difficultés à surmonter se rencontrent, pour les élèves comme pour les professeurs, tout au long de celle-ci" et, par conséquent l'heure de première chaire n'est pas légitime…

Tous ces arguments sont fallacieux parce qu'ils omettent l'essentiel. Ces décharges sont le produit des tensions sociales dans le système éducatif. Elles ne sont pas davantage justifiables que les innombrables primes et avantages qui se sont multipliés dans tous les corps des services publics au fil de leur histoire pour augmenter les salaires sans avoir l'air d'y toucher. Et qui, semble-t-il, continuent à apparaître pour des catégories plus privilégiées au sein même de l'éducation nationale… Supprimer les décharges revient à demander aux enseignants de travailler davantage pour un salaire identique.

On pourra peut-être objecter que le temps de travail des enseignants dans le secondaire est si faible que cet effort est insignifiant. En fait il ne se réduit pas au temps de présence en classe (14 à 18 heures par semaine). Il comprend également les corrections, les préparations, la concertation avec les collègues, les rencontres avec les familles et les élèves etc. Tout cela a été calculé par le ministère et se situe bien au-delà des 35 heures hebdomadaires : 39 h 47 en moyenne pour tous les profs avec une variation de 35h30 à 42h55 selon les disciplines. Un temps de travail qui empiète aussi sur les vacances : trois semaines de congé sont en fait travaillés.

Ces chiffres ne sont pas très populaires chez les enseignants qui souvent trouvent dans la liberté de gérer leur temps de travail une motivation pour ce métier. Et beaucoup ne comptent pas leur temps de travail. Mais on aurait tort de penser que pour autant ils acceptent d'être la seule catégorie de salariés à voir leur durée de travail augmenter au pays des 35 heures.

En ce sens, à terme, le temps que les enseignants fassent leur rentrée, s'informent et comprennent que cette mesure est inscrite à la loi de finances 2007, qu'elle est prévue pour équilibrer le prochain budget, la question des décharges pourrait devenir un élément important de mobilisation.

La mesure est-elle donc totalement "scélérate" ? On peut lui trouver au moins un avantage : celui de poser la question du travail enseignant, c'est-à-dire de définir les missions des enseignants. La question devient incontournable à la fois du fait de l'évolution du rapport pédagogique et de celle du temps scolaire. Les élèves ont de plus en plus besoin d'un accompagnement éducatif qui déborde du cours. Ils supportent de plus en plus mal un temps scolaire haché et éparpillé. Parallèlement, le développement des TIC tend à déplacer le temps scolaire au-delà de celui des cours. Cette évolution est inscrite dans le développement des ENT qui doivent permettre contacts, échanges, accompagnement à distance. Il y a là un chantier utile pour l'Ecole. Mais qui croira que cette occasion puisse être saisie ?
Le rapport d'audit
http://www.performance-publique.gouv.fr/pdf/audit/audit[...]
Les décharges dans le Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/r2006/gen23.php
Le temps de travail des enseignants
http://media.education.gouv.fr/file/62/1/2621.pdf

Décharges : les heures de première chaire supprimées ?
On sait que le projet de loi de finances pour 2007 prévoit la suppression de 2 300 postes remplacés par l'annulation d'exactement 10% du volume global des différentes décharges horaires des enseignants. Restait une inconnue : comment le ministre allait-il faire concrètement pour effectuer cette retenue de 10% ?

Selon Le Monde, le ministère devrait à la fois viser certaines catégories d'enseignants et se débarrasser du problème sur les chefs d'établissement. En premier lieu, les heures de première chaire devraient disparaître en classe de première, sauf pour les professeurs de français, et en BTS. Elles seraient par contre maintenues en classes prépas et étendues assez paradoxalement, pour un dispositif présenté comme injustifié, aux sections technologiques et professionnelles.

D'après Le Monde, les heures de cabinet (histoire-géo, sciences physique, SVT etc.) seraient supprimées en bloc mais chaque académie disposerait d'un volant d'attribution réduit. Un projet de décret devrait être rédigé très prochainement.

Par ces procédés, le ministère entend peut-être diviser les enseignants. Mais ce qui apparaît surtout c'est que cette arithmétique complexe ne se justifie que par son objectif comptable (atteindre le chiffre de 10%) et qu'on s'éloigne des justifications de début (les décharges sont injustifiées). La suppression totale de toutes les décharges et la récupération ultime des 23 000 postes reste, sans aucun doute, l'objectif gouvernemental. Les enseignants auront à faire savoir s'ils entendent travailler davantage gratuitement.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-81818[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220906.php

Le projet de décret sur les décharges
Le Snes publie des extraits du projet de décret qui remplacerait le texte de 1950. Il prévoit la disparition des heures de première chaire pour les professeurs qui n'enseignent pas 6 heures dans une discipline préparant à une épreuve du bac en première ou terminale. Elle est également supprimée en STS. Disparaissent aussi les heures de laboratoire.

Le texte prévoit encore d'autres économies. Les professeurs enseignant plus de 8 heures dans des divisions ou groupes de moins de 20 élèves verraient leur service majoré d'une heure. Pour le Snes, "cela conduit (compte tenu de la suppression de l'heure de première chaire) à un service majoré de 2 heures pour les enseignants des disciplines technologiques intervenant en STS".

Le texte envisage d'enseigner sur plusieurs communes et même, pour les TZR, "si impossibilité de compléter dans un autre établissement de la même ville, si les besoins du service l'exigent, participation à un enseignement différent de la manière la plus conforme aux compétences et goûts d'enseigner". C'est-à-dire que les professeurs pourront enseigner n'importe quelle discipline pour compléter leur service.

En contrepartie le décret amorce un début de réflexion sur les missions des enseignants. L'encadrement d'activités pédagogiques, la coordination d'une discipline, l'accompagnement d'enseignants pourraient être pris en compte dans le temps de service. Mais pour cela il faudrait un autre budget.
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=22[...]

Les profs du secondaire et le malaise enseignant
Le malaise des enseignants serait-il en baisse ? C'est ce que donne à penser une enquête publiée le 18 septembre par le ministère. Alors que 60% des professeurs de collège et lycée se sentaient personnellement atteints par ce sentiment de malaise en 2004, ils ne sont plus que 53% en 2005. On ne sera pas surpris d'apprendre que les agrégés en souffrent moins que les PLP, les hommes que les femmes, et les jeunes profs que les anciens.

Reste à comprendre d'où vient ce malaise. D'après l'enquête ministérielle, "les principales causes de ce sentiment de malaise seraient… « la non-prise en compte des difficultés concrètes du métier » (64 %) à laquelle les enseignants d’EPS, de philosophie-lettres et du secteur industriel accordent beaucoup d’importance (75 %), ainsi que les PLP et les professeurs comptant au moins vingt ans d’ancienneté (70 %). Le sentiment « d’une dégradation de l’image des enseignants dans la société »est partagé par 50%des enseignants, en particulier ceux de mathématiques, d’histoire-géographie et philosophie-lettres (55 %), les agrégés (57%) et les très jeunes enseignants (58 %). Vient ensuite le sentiment « d’impuissance face à l’idéal de réussite de tous » partagé par 46 % des professeurs des lycées et collèges, qui touche davantage les femmes (48%) que les hommes (42%), les professeurs de LV (54 %), les jeunes enseignants (50 %), ceux de collège et de ZEP (49 %) plus que les professeurs de LP (37 %)".

D'où une critique induite sur la formation des enseignants qui tombe à propos au moment où le ministre va proposer une réforme de la formation. Les professeurs trouvent qu'ils n'ont pas eu assez de conseils pour gérer les situations difficiles, pas assez d'analyses de pratiques professionnelles, pas assez d'échanges avec les enseignants en poste pendant la formation et pas assez d'éclairages sur la psychologie de l'adolescent. Toutes remarques qui semblent parfaitement justifiées. On n'a d'ailleurs jamais trop d'expérience et de connaissances face à des adolescents.

Reste qu'on est frappé devant les limites apportées à l'observation. D'abord par rapport au cadre d'exercice du métier. Tout se passe comme si le "malaise" ne pouvait venir que d'une impréparation personnelle au métier (au pire une préparation mal assurée par le système). Celle-ci devrait automatiquement disparaître si l'enseignant était un parfait professionnel.

Or c'est oublier que, sous la pression de la société et des politiques, le métier d'enseignant connaît une évolution rapide si ce n'est chaotique, ballotté d'une réforme l'autre. Une réalité que Christian Maroy (Université de Louvain) lie justement à la génèse du malaise enseignant. " On assiste à une diversification et à un accroissement du nombre de tâches demandées formellement aux enseignants dans la plupart des pays européens investigués par Eurydice. Au niveau du travail réel, la littérature semble de plus s'accorder sur un constat d'intensification et de complexification du travail des enseignants. L'intensification se marque moins par un allongement de la durée du travail, que par un alourdissement et une extension des tâches à réaliser, et par une complexification du travail en classe qui constitue le cœur du métier. Simultanément, on peut se demander si on n'assiste pas aussi à une différenciation assez nette des conditions d'exercice du métier selon le type d'établissement où l'on enseigne". Aussi pour lui, le "malaise" est une forme de résistance au politique. "Le malaise enseignant face aux politiques de professionnalisation et aux changements du " métier " enseignant, nous semble plus profondément lié à des formes de retrait ou de résistance face aux réformes, lorsqu'elles accentuent la déprofessionalisation des enseignants".

Peut-être est-ce le moment d'évoquer un autre malaise : celui des élèves. Car, selon Pisa, la France a la particularité de compter 81% d'élèves qui se sentent mal à l'Ecole, pratiquement le double de la moyenne Ocde. On touche là à un autre choix de l'étude : considérer que l'Ecole telle qu'elle est peut être vécue sans malaise. Pourtant, cette étude, comme une précédente sur les attentes des enseignants du primaire ouvre des pistes vers une évolution de l'école. Les professeurs attendent davantage de soutien des parents, davantage de relations avec leurs collègues, du travail d'équipe.

C'est avouer que le "malaise enseignant" reflète l'extraordinaire isolement dans lequel sont tenus les professeurs et reconnaître l'impact des réseaux éducatifs. Un effet également souligné par une récente étude américaine sur les établissements performants. Peut-être parce que la formation d'un enseignant ne doit pas se penser acquise à la sortie d'un institut mais comme une construction humaine c'est à dire sociale.

On pourra nous objecter que si l'Ecole doit certainement changer, si le taux de malaise doit baisser, l'enseignement peut-il être totalement sans épreuve ?
Etude ministérielle
http://www.education.gouv.fr/cid3961/les-enseignants-de[...]
Recherche de C. Maroy
http://www.girsef.ucl.ac.be/Cahiers_CREF/042cahier.pdf
Qu'est ce qui fait le succès de certains établissements ?
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index240706.php

Robien compte réformer les Iufm avant de partir
Selon l'AFP, le ministre de l'éducation nationale s'est donné jusqu'à la fin de l'année 2006 pour fixer un nouveau cadre pour les Iufm. Le HCE devrait rendre son avis très prochainement.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/dossier_formateu[...]

Le nouveau B2i
Les feuilles de position du nouveau B2i sont disponibles sur Educnet. Pour chaque niveau (école, collège et lycée) et pour chacun des 5 domaines, elles proposent des objectifs, capacités et feuilles de position précises.
Les feuilles
http://www.educnet.education.fr/chrgt/b2i/B2i_tableau_s[...]
Le blog B2i
http://www.cafe-b2i.net/

Stage de préparation de directeur d'établissement spécialisé
Le B.O. précise les modalités de recrutement des candidats au stage de préparation au diplôme de directeur de centre d'éducation spécialisée. Date limite : le 10 novembre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/34/MENE0602274N.ht[...]

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Lecture : L'éviction de Roland Goigoux est-elle justifiée ?
L'éviction de Roland Goigoux suscite un vif émoi dans le monde éducatif (et jusqu'au blog du Café !) et nous sommes bien obligés de revenir sur ce sujet.

Rappelons les faits : Roland Goigoux, professeur d'Université en Sciences de l'Éducation à l'IUFM d'Auvergne, assurait depuis 10 ans la formation sur l'enseignement de la lecture des inspecteurs de l'éducation nationale organisée par l'Ecole supérieure de l'éducation nationale (ESEN). Il vient d'en être écarté. Jean David, directeur de l'Esen, justifie sa décision en mettant en cause R. Goigoux : "pour la formation des cadres il est normal que les intervenants fassent preuve de la plus grande loyauté envers le ministre". Il lui reproche "des positions pas toujours favorables au ministre". Pour Roland Goigoux c'est Gilles de Robien qui a demandé sa tête.

Les positions sur l'apprentissage de la lecture de Roland Goigoux sont exposées dans un petit livre, "Apprendre à lire à l'école", qu'il vient de publier, avec Sylvie Cèbe, aux éditions Retz. Que dit Roland Goigoux ? "Si la science ne tranche pas (sur la méthode d'apprentissage), les programmes, eux, ne laissent pas le choix aux enseignants. Leur dernière version (2006) stipule sans ambiguïté qu'il faut recourir aux deux procédures, plaçant "hors jeu" et la méthode synthétique qui exclut l'analyse, et la méthode globale qui exclut la synthèse. Il ne faut pas croire ceux qui affirment que la méthode syllabique est préconisée. Ce sont les approches combinant analyse et synthèse que le ministre recommande aujourd'hui. L'arrêté du 24 mars 2006, signé de sa main, exige, en effet, "le recours à deux types d'approches complémentaires pour identifier les mots écrits". Un peu plus loin il estime que cet arrêté est "heureux".

C'est dire que l'accusation de "manque de loyauté" mérite d'être regardée de plus près. L'ouvrage de R. Goigoux et S. Cèbe s'appuie sur le texte de mars 2006. Il le rend accessible aux parents et lui rend hommage. Ce faisant, il montre l'écart entre les propos de Gilles de Robien qui, sur les médias, affirme imposer le retour à la méthode syllabique, et le texte officiel du ministre. Cette position, le ministre de l'éducation nationale ne peut l'assumer puisque la nocivité de la méthode traditionnelle syllabique a été établie par la recherche et dans les propres publications ministérielles.

Ce n'est pas la première fois qu'un chercheur est sanctionné pour avoir véhiculé des idées entrant en conflit avec une position politique. On se souvient, par exemple, de l'ouvrage de T. Piketty, directeur d'études à l'EHESS, retiré de la vente 24 heures après sa publication en avril 2006. Il défendait une thèse intéressante, mais contradictoire aux choix ministériels, sur l'éducation prioritaire.

Cependant, la décision qui touche R. Goigoux est particulièrement injustifiée. D'une part parce qu'elle jette le discrédit sur ses travaux et met en cause son travail scientifique. C'est un déni dangereux pour la crédibilité du travail des chercheurs et surtout pour la qualité de la formation des inspecteurs et des cadres de l'éducation nationale. Ensuite parce que l'apprentissage de la lecture est un sujet sérieux qui devrait être à l'abri du combat politique. Enfin parce que cette sanction aggrave le trouble jeté dans une institution scolaire qui mériterait d'être soutenue par son ministre. Elle vise à mettre fin au débat professionnel alors que celui-ci est, toujours, nécessaire. Elle symbolise le choix du ministre de soumettre l'Ecole et ses acteurs à l'idéologie au lieu de lui donner force et cohérence.
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220906.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/70.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index130406.php

Lecture : "croisade contre l’intelligence"
"C’est dans le même esprit que je vous encourage à poursuivre le dialogue que vous avez entamé aujourd’hui, sous forme d’échanges réguliers et ciblés, à mesure que les connaissances scientifiques avancent. Car dans notre monde si complexe du 21e siècle, nous avons tous à gagner dans ce dialogue, peut-être contradictoire, mais finalement toujours fructueux". Concluant un séminaire national sur la lecture, Gilles de Robien appelle au dialogue scientifique. La phrase prend tout son sens quelques jours après l'expulsion de l'Esen de Roland Goigoux pour pensée non-conforme, alors que certaines publications du ministère manient avec dextérité les ciseaux dans les discours scientifiques pour en changer le sens. Le Café vient de le démontrer justement à propos du DVD sur la lecture. Gilles de Robien a également annoncé qu'il modifierait l’apprentissage du calcul.

A la sortie du séminaire, 17 organisations professionnelles (Ageem - Afef - Crap - Gfen - Icem - Occe - Sgen-Cfdt - Se-Unsa - Unsa-Education - Sup’recherche - Si.En Fsu - Snuipp - Snes - Snesup – Snpi – Ligue de l'enseignement – Airdf) manifestaient contre le renvoi de Roland Goigoux et les propos ministériels. Pour elles, " l’actuelle décision ministérielle confirme l’émergence d’une pensée officielle visant à faire taire les pensées critiques et à mettre au pas la Recherche et les corps d’inspection. Au-delà de la seule formation des cadres, c’est la formation des enseignants qui est menacée d’appauvrissement, et avec elle, à terme, la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves. Parce qu’il n’est pas dans la tradition de l’enseignement public de confondre formation et conformation, les organisations signataires rappellent leur attachement au respect de la mission des enseignants-chercheurs, dont l’indépendance garantit la qualité scientifique. Les organisations signataires s’inquiètent de la propension du ministre à entretenir le trouble dans l’opinion sur l’apprentissage de la lecture. Elles réaffirment que l’intérêt des élèves ne réside pas dans une opposition démagogique entre parents et enseignants, mais dans une relation de coopération et de confiance mutuelle nourrie par le dialogue".

Mais les propos les plus cinglants viennent des inspecteurs du Sien. " Après s’être fait le pourfendeur d’une méthode de lecture morte depuis longtemps (si tant est qu’elle ait vécu), le ministre de l’Education nationale décide aujourd’hui d’en finir une bonne fois pour toute avec l’intelligence. Qu’on ne s’y trompe pas : c’est bien d’une guerre totale, d’une croisade contre l’intelligence qu’il est question aujourd’hui… Pour réussir le tour de force consistant à faire oublier des dizaines d’années de recherche et d’amélioration constante des compétences professionnelles des enseignants, la solution consiste manifestement à remplacer les écoles de formation par des centres de formatage. Le SI.EN-UNSA Education n’accepte pas cette sinistre perspective d’un asservissement des esprits au dogme réducteur qui se met en place brutalement. Il demande donc instamment au ministre de cesser ses attaques contre l’école et d’accepter enfin d’entendre des discours plus mesurés que les vociférations de quelques passéistes acharnés".

Un tel fossé entre le ministre et ses cadres pourrait être dramatique pour l'application d'une réforme. Mais, selon les opposants, c'est bien là que l'ambiguïté réside : les programmes de 2006 ne soulèvent aucune opposition. Ce qu'ils reprochent, c'est l'interprétation médiatique qui en est donnée par le ministre. Elle soulève cette fronde parce qu'elle appelle à une méthode rejetée par les propres instructions officielles, qu'elle méprise les travaux des chercheurs, et qu'elle mobilise les parents contre les maîtres. A l'évidence Gilles de Robien a su mettre le feu à l'école, jetant parents contre instits, cadres contre ministère, profs contre cadres. Les élèves doivent-ils être sacrifiés aux intérêts électoraux ?
Communiqué
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1176.htmlCommuniqu[...] ministériel
http://www.education.gouv.fr/cid4013/intervention-du-mi[...]
Communiqué Sien
http://www.unsa-education.org/sien/divers/CompressGoigo[...]

Lecture : Robien durcit le ton
"J'ai pris les textes qu'il fallait pour que les consignes soient suffisamment claires. On commence à apprendre à lire par l'apprentissage des lettres et des sons. B A ça fait BA. Et quand on sait dire BA deux fois, ça fait Baba. Et le cas échéant on peut dire "au rhum"." Le 10 octobre, le ministre de l'éducation nationale a fait bénéficier les auditeurs de France Inter de cette forte contribution scientifique.

Répondant aux questions de Nicolas Demorand, Gilles de Robien a voulu marquer son autorité. "Quand on est fonctionnaire de l'Etat, on obéit aux textes de l'Etat… La décision que j'ai prise c'est qu'on commence dès les premiers jours par la méthode syllabique et qu'ensuite on passe à des phrases qui ont un sens".

Le problème c'est que ce n'est pas ce que disent les programmes officiels de mars 2006, signés du ministre : " On utilise deux types d'approches complémentaires : analyse de mots entiers en unités plus petites référées à des connaissances déjà acquises, synthèse à partir de leurs constituants, de syllabes ou de mots réels ou inventés".
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuftrente[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Pierre Frackowiak menacé de sanctions par Gilles de Robien
"Le recteur de l'académie de Lille a constaté récemment que, s'exprimant à titre professionnel et par voie de presse, un inspecteur de l'éducation nationale a marqué son opposition à des instructions ministérielles relatives au programme d'enseignement de la lecture. Une procédure disciplinaire a été engagée afin d'établir la réalité et la portée des faits. Elle débouchera le cas échéant sur une sanction adaptée… La procédure disciplinaire est en cours ; elle ne peut pas faire l'objet de commentaire avant son terme". On le sait maintenant, la procédure vise Pierre Frackowiak, inspecteur dans le Nord Pas-de-Calais.

P. Frackowiak a notamment eu à affronter le ministre et MM. Brighelli et Le Bris dans une émission de France 2 récemment. Il avait souligné l'opposition entre les propos de Robien sur la syllabique et les programmes officiels signés du ministre. Voilà que l'affrontement continue, hors antenne, par la voie disciplinaire.

"Ca me surprendrait que cette émission de télévision n'y soit pour rien" a déclaré au Café Pierre Roumagnac, secrétaire général du Sien – Unsa, le syndicat de P. Frackowiak. "D'autres inspecteurs se sont exprimés sur l'apprentissage de la lecture et les déclarations du ministre sans être menacés de sanctions. Donc je pense que si Gilles de Robien choisit P. Frackowiak, ce n'est pas par hasard".

Le Sien "a indiqué au ministère que Pierre Frackowiak s'exprimait en tant que représentant syndical du Sien et qu'on ne comprendrait pas qu'il puisse être sanctionné. A défaut on irait vers un conflit majeur".

Pour le Sien, le ministre "essaie de faire passer un message d'autorité pour ne pas dire d'autoritarisme. On l'a vu aussi avec R Goigoux. Or ce que fait P. Frackowiak c'est essayer de rassurer les enseignants et de les convaincre de la confiance que l'institution leur fait. Car nous n'avons pas d'état d'âme avec les nouveaux programmes de 2006".
http://www.education.gouv.fr/cid4045/procedure-discipli[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index091006.php

Les inspecteurs se rebiffent
Après le Sien-Unsa (voir L'Expresso du 10 octobre), le Snpi – Fsu, autre syndicat d'inspecteurs, se solidarise avec P. Frackowiak. "La récente annonce de l'ouverture d'une procédure disciplinaire à l'encontre d'un inspecteur montre que le ministère a décidé de pousser les fers et de mettre au pas l'ensemble des personnels. Les enseignants, les formateurs, les inspecteurs… n'accepteront pas de se laisser traiter ainsi".
http://www.snpi-fsu.org/

P. Frackowiak : La confiance est en berne
Mis en cause encore ce matin par le ministre, Pierre Frackowiak, inspecteur de l'éducation nationale, a fait part de son étonnement au Café. "A ce jour, je n'ai toujours pas reçu la moindre lettre m'annonçant une procédure et me présentant les griefs précis. ".

Après avoir rappelé qu'il s'exprimait en tant que représentant " de son syndicat et de 12 autres organisations qui ont publié un texte de synthèse sur l'apprentissage de la lecture: "Apprendre à lire, pas si simple", il confirme ses déclarations. "Pour moi et pour la grande majorité des IEN, le texte de référence est les nouveaux programmes de 1992 avec la modification par arrêté du 24 mars 2006, cet arrêté annulant de fait la circulaire du 3 janvier. Ces textes s'imposent à tout fonctionnaire… Les discours, lettres, plaquettes, journaux du ministre ne valent pas texte officiel Ils sont des actes de communication, voire de propagande, pas des instructions officielles. Et il est vrai qu'il y a de grandes différences entre les textes et discours médiatisés et la réalité des programmes officiels. Cet arrêté prescrit deux types d'approche complémentaires: la démarche analytique et la démarche synthétique".

P. Frackowiak déplore que "les enseignants (soient) mis en cause dans leur dignité, dans leur compétence. Sont ainsi balayés, niés, des dizaines d'années d'efforts pour améliorer la réussite scolaire. Le découragement et la démotivation gagnent. Certains maîtres chevronnés, excellents, ne veulent plus exercer au CP compte tenu de la suspicion rampante, de la pression des parents dont certains n'hésitent pas à contrôler si le b-a ba est appliqué. Ils ne méritent pas cela… Ce climat détestable nuit fortement au climat des écoles... L'école a besoin de confiance, celle des enfants et celles des parents, celle de ses partenaires. Elle a besoin d'intelligence et de sensibilité, elle a besoin de la confiance de la nation, elle a besoin de liberté. Or, la confiance est aujourd'hui en berne".

Devanne répond à Robien
"En l'état actuel des pratiques de l'école maternelle, des exemples de cet ordre, évidemment nombreux et répétés année après année, continueront à démontrer l'inverse de la « démonstration » que vous attribuez aux scientifiques". Bernard Devanne, Professeur à l'IUFM de Basse-Normandie, répond aux propos de Gilles de Robien sur France Inter le 10 octobre.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/devann[...]
Rappel : B. Devanne : le journal d'une grande section de maternelle
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i7l.ph[...]
Rappel : Le dossier sur la lecture du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/index.p[...]

DVD Lecture : de la communication scientifique à la propagande médiatique...
Le DVD "Apprendre à lire" est désormais disponible dans toutes les circonscriptions et écoles primaires. Il a pour but d’accélérer la mise en œuvre de la « pensée Robien » sur la lecture dans toutes les écoles de France. Sans en faire un décryptage complet, une première évidence : une fois de plus, M. Robien (ou ses petites mains) censure ce qui le dérange, même chez les chercheurs qu'il invite à parler. A découvrir en détail ici.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/dvdlec[...]

Les directeurs d'école hésitent entre deux modèles
57% des directeurs d'école souhaitent rester professeurs, 47% souhaiteraient ne plus avoir de classe et exercer seulement la fonction de direction. Ce sont plutôt des hommes, en fin de carrière, et en poste dans des écoles de plus de 6 classes en Ile-de-France. C'est ce qu'indique un sondage réalisé par le Gdid, une association nationale de directeurs d'école.

En même temps, les directeurs reconnaissent que la charge ne les emploie que partiellement : moins de 10 heures hebdomadaires pour 66% d'entre eux.

La clarification de leur statut semble s'imposer : 95% le demandent. Seulement 1% sont satisfaits des mesures Robien prises en leur faveur.
http://dirlo.net/documents/rapportifop.pdf

Le sous-équipement informatique persiste dans le primaire
Ce titre nous l'avions déjà utilisé il y a un an… Le ministère de l'éducation nationale publie les résultats de l'enquête Etic 2006 qui évalue l'équipement informatique des établissements.

Selon elle, dans le primaire, il y aurait de 10 à 23 élèves par ordinateurs en élémentaire, de 22 à 43 en maternelle. Dans le secondaire, on compterait 6 élèves par ordinateur au collège, 4 en lycée et 3 en L.P.

On constate une amélioration de la situation dans le secondaire, alors que les disparités restent fortes et l'équipement insuffisant dans le primaire. Rappelons que l'équipement des établissements est financé par les collectivités locales.
http://www2.educnet.education.fr/sections/plan/etic/
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index050905.php
1999-2002
http://www.educnet.education.fr/equip/archives/chiffres[...]

L'enseignement préélémentaire oublié du débat scolaire
"Un nombre croissant de pays accorde une priorité élevée à l'éducation des tout jeunes enfants ainsi qu'à la qualité des services. Les premières années sont de plus en plus considérées comme l'une des clés de la réussite des politiques sociales, familiales et éducatives". Avec une nouveau rapport sur la préscolarisation, "Petite enfance, Grands défis", l'Ocde met aujourd'hui l'accent sur le développement de l'enseignement préélémentaire dans les pays membres de l'organisation.

Ce consensus est porteur de motivations parfois bien différentes, souligne l'Ocde. En effet, se mêlent dans cet intérêt pour la petite enfance des préoccupations économiques, favoriser le travail des femmes, démographiques, faciliter la natalité, et sociales, lutter contre l'inégalité devant l'école. Car tous les pays reconnaissent que la préscolarisation a un effet bénéfique sur les résultats scolaires des enfants des milieux défavorisés. Alors que la pauvreté des enfants augmente dans 17 pays de l'Ocde (sur 24), le rapport rappelle que "l'enseignement préscolaire facilite l'intégration des familles qui ont de jeunes enfants. Elle contribue fortement à préparer l'enfant à l'école". Et l'organisation recommande le développement de systèmes nationaux pour le préélémentaire, même si elle critique la conception française trop proche de l'école et pas assez attentive à la psychologie du petit enfant, et invite à utiliser du personnel formé et bien payé.

C'est clairement demander un effort financier. L'Ocde cite en exemple les pays scandinaves qui consacrent 1,5 à 2% de leur PNB (Danemark) à la préscolarisation. Pour une fois la France apparaît bien classée avec 1% du PNB (loin devant les Etats-Unis ou les grands pays d'Europe qui n'y consacrent que 0,5% du PIB), un taux de scolarisation de 100% à partir de 3 ans et l'utilisation d'enseignants diplômés pour s'occuper des plus petits. Cette particularité française est historique : on frôlait déjà les 90% en 1980. L'école maternelle est d'ailleurs souvent citée comme l'un des points forts de notre système éducatif.

Pourtant c'est oublier une autre spécificité française : la France est le seul pays développé où le taux de scolarisation en préélémentaire régresse. Depuis 2003, la France va à rebours des efforts des autres pays. Cela s'explique par la baisse de la scolarisation à deux ans : le taux est passé de 35% en 2000-2001 à 24% en 2005-2006 (chiffres MEN).

Cette régression s'explique d'abord par des nécessités budgétaires. Pour un gouvernement qui veut réduire le budget de l'éducation nationale, la tentation est forte d'opérer une ponction sur un enseignement qui n'est pas obligatoire et qui n'est pas considéré comme un dû par les familles. On peut ici prélever des crédits pour les utiliser ailleurs, par exemple dans une université mise à mal par le développement concurrentiel des prépas.

Elle s'explique également, il faut le dire, par une vive contestation de son principe même. L'association française de psychiatrie et l'ancienne défenseure des enfants se sont élevés contre elle, l'assimilant pratiquement à un mauvais traitement infligé à l'enfant. Pour eux, la troisième année de la vie achève un cycle de développement important pour la construction de l'identité. La scolarisation précoce perturberait celle-ci et serait responsable de comportements violents à l'adolescence. Pour le linguiste Alain Bentolila, les enfants scolarisés trop tôt manquent de vocabulaire ce qui nuit à l'apprentissage de la lecture.

Pourtant d'autres travaux ont mis en évidence les retombées positives de la scolarisation à deux ans. Une étude de l'Institut d'éducation de l'université de Londres affirme que " La scolarisation avant 6 ans.. améliore le développement de l'enfant. Ses effets sur le développement social et intellectuel de l'enfant sont évidents durant les premières années de l'école primaire". En France plusieurs travaux (J.P. Caille par exemple) insistent sur ses retombées scolaires positives. L'enfant entré après 3 ans à l'école maternelle a beaucoup plus de chance de redoubler son CP. "En ce qui concerne l’impact sur la scolarité élémentaire, entrer à l’école maternelle à deux ans au lieu de trois améliore les chances d’accès au CE2 sans redoublement, mais ne le fait que faiblement… S’agissant des évaluations des acquis cognitifs à l’entrée du CP, cette scolarisation précoce apparaît comme globalement bénéfique. Cet avantage, qui se retrouve dans plusieurs domaines : compréhension orale, familiarité avec l’écrit, familiarité avec le nombre, est cependant faible".

Si l'impact global est positif mais faible, il est très nettement favorable pour les enfants des milieux défavorisés. "À l’entrée en CP, les évaluations cognitives des élèves montrent que ce sont les élèves des catégories sociales défavorisées, mais aussi ceux des catégories sociales les plus favorisées qui bénéficient le plus de la scolarisation précoce. Elle est également plus bénéfique en ZEP que hors ZEP. Concernant l’accès au CE2 sans redoublement, également, l’effet positif associé à une scolarisation à deux ans s’observe principalement chez les enfants de cadres et d’ouvriers, et bénéficie particulièrement aux élèves de nationalité étrangère ou de parents immigrés".

L'effondrement de la scolarisation à deux ans se fait donc globalement aux dépens des familles les plus modestes. D'autant, on le sait, que leurs enfants entrent déjà moins souvent à l'école maternelle : " parmi les élèves en cours préparatoire en 1997, les enfants de père ou de mère immigré n’étaient qu’un sur quatre à avoir été scolarisés à deux ans, alors que c’était le cas de près de un sur trois de leurs condisciples" affirme une étude officielle. Il faudrait donc veiller à ce que l'offre soit au minimum maintenue dans les banlieues et les zones urbaines. Un simple regard à la carte publiée par Education & formations fin 2003 montre que c'est la France rurale qui bénéficie d'un bon taux de scolarisation à deux ans. Avec un peu de méchanceté on pourrait insinuer qu'exclu de l'école à 2 ans grâce à Fillon, le gosse des cités à quelque chance de bénéficier de l'apprentissage à 14 ans grâce à Robien…

Terminons par une note plus positive. Un sondage Sofres publié lui aussi le 19 septembre, montre que 87% des mamans ayant scolarisé leur enfant de moins de trois ans sont satisfaites. 45% des mères souhaiteraient le faire.
http://www.oecd.org/document/55/0,2340,fr_2649_201185_3[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/primaire/57.php#29[...]
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/revue66/ques[...]
http://www.tns-sofres.com/etudes/consumer/190906_scolar[...]

L'enseignement des langues à Paris
" La diffusion auprès des décideurs politiques et l'augmentation de la prise de conscience de l'importance de ces questions linguistiques sont un défi". Pourtant cette étude réalisée par des étudiants de Sciences Po pour l'Unesco, dresse un tableau assez positif de l'enseignement des langues dans les écoles primaires parisiennes. " On constate qu’il y a une cohérence entre les textes et la réalité sur le terrain, une majorité du cycle3 de l’école primaire reçoit un enseignement régulier de langue vivante et l’enseignement y est considéré comme une matière à part entière donnant priorité à l’oral et adoptant une pédagogie ludique".

Mais l'étude signale aussi des points faibles. Et d'abord l'absence de liaison entre école et collège. Ensuite le déséquilibre au bénéfice de l'anglais qui domine très largement (offert par 90% des écoles contre 29% pour l'allemand). "L’éventail des langues étrangères offertes est plus limité que celui proposé dans la législation. Plusieurs raisons expliquent cet écart entre la théorie et la pratique ; une des principales causes est un nombre insuffisant d’élèves pour pouvoir organiser le cours d’une langue particulière, dans une logique pragmatique il est aussi moins facile d’assurer la continuité des enseignements lorsque les professeurs sont plus rares. Mais aussi des critères plus subjectifs comme la demande exprimée par la majorité des parents".

Aussi elle invite à développer la formation des enseignants et à accorder davantage de moyens. " La généralisation de l’apprentissage des langues étrangères nécessite également une augmentation des moyens matériels ce qui implique un renforcement significatif des moyens financiers. Une solution serait aussi de mettre en commun des moyens matériels et supports pédagogiques consacrés aux langues entre écoles d’une même zone".
http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001471/147169f.pd[...]


- Collège    [ Haut ]

Apprentissage à 14 ans : ça ne marche pas
Ouest France souligne l'échec de l'apprentissage à 14 ans. En Bretagne une seule classe d'apprentis a été crée dans un lycée privé. Au lieu des 15 000 apprentis annoncés, on n'en compterait que 2 000 tous installés en Alsace. Les 21 autres régions, où la gauche est majoritaire, se sont abstenues. Ce sont elles qui pilotent la formation professionnelle.
http://www.ouest-france.fr/ofinfosgene.asp?idDOC=335695[...]

- Lycée    [ Haut ]

Face aux redoublements de seconde
"De façon schématique, la classe de seconde comporte quelques moments clés qui vont influencer la décision prise et in fine la réussite de cette classe. Parmi ces moments, nous avons choisi d’en privilégier 4 : l’accueil des élèves, le diagnostic des difficultés des élèves, la remédiation et la construction de la décision". On le sait, l'année de seconde est la plus difficile de tout le système éducatif. Un jeune sur sept redouble, un sur deux seulement va en première générale. L'écart entre les demandes des familles et les décisions du conseil de classe sont énormes : 5% seulement des familles demandent le redoublement, 64% demandent une première générale.

L'académie de Nantes propose des fiches pédagogiques pour améliorer la réussite des élèves. Pour cela il faut placer les élèves au cœur du processus d'orientation, les accueillir, travailler leurs représentations, remédier…
Le dossier
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/pole_peda/redoublemen[...]
L'orientation en seconde : guide du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/r2006/genp61.ph[...]
L'orientation en seconde (Eduscol)
http://eduscol.education.fr/D0123/bilan2005-seconde.htm

Une procédure filtrera les inscriptions en fac dès cette année
Selon Le Monde, une procédure de pré-inscription sera mise en place dès cette année pour les inscriptions en université des lycéens de terminale. Le lycéen devra déposer une demande dès le mois de février. En fonction du livret scolaire, elle sera acceptée ou non par l'université. Dans ce dernier cas, le jeune sera convoqué à un entretien d'orientation où un autre choix lui sera proposé. S'il maintient son choix initial, il pourra s'inscrire dans la filière demandée mais à condition d'avoir suivi la démarche exigée.

Pour le ministre de l'enseignement supérieur, il s'agit de limiter l'échec en université et de mieux orienter les élèves. Un véritable problème en université où de nombreux bacheliers professionnels et technologiques sont en situation d'échec. Il sera sans doute nécessaire d'observer le fonctionnement du dispositif. Car, au vu de ce qui se pratique déjà dans certains IUT, et compte tenu des sélections déjà autorisées dans certaines universités, il est à craindre que les universités s'engagent dans une démarche élitiste.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-81534[...]
Rappel : Article de M. Duru-Bellat dans le Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/72.php

Les redoublants au bac
Le Journal officiel du 21 septembre publie deux arrêtés relatifs aux épreuves du bac des redoublants. S'agissant des élèves handicapés se présentant aux épreuves anticipée du bac générale et technologique, " les élèves qui recommencent une classe de première et qui, en application de l'article D. 351-27 du code de l'éducation, sont autorisés à étaler sur plusieurs sessions le passage des épreuves de l'examen du baccalauréat général ou de l'examen du baccalauréat technologique peuvent conserver les notes obtenues aux épreuves anticipées qu'ils ont présentées l'année précédente. Les notes obtenues à l'épreuve écrite et à l'épreuve orale de français sont indissociables".

Au bac STG, "Les candidats à l'examen du baccalauréat en « série sciences et technologie de la gestion » (STG) qui sont autorisés à conserver des notes dans les conditions fixées par les articles D. 336-13 et D. 336-14 du code de l'éducation, et qui se présentent après avoir échoué à l'examen du baccalauréat en « série sciences et technologies tertiaires » (STT), peuvent conserver les notes, épreuve par épreuve". Le texte précise les conditions selon les épreuves. " Les notes obtenues en français, histoire-géographie, philosophie, économie-droit, éducation physique et sportive, langue vivante 1, langue vivante 2, mathématiques sont conservées quelle que soit la spécialité choisie en série STG ; les notes obtenues aux épreuves facultatives une et deux sont conservées quelle que soit la spécialité choisie et quelle que soit la matière d'option ; la note obtenue en éducation physique et sportive de complément est conservée quelle que soit la spécialité choisie en série STG, cette disposition concernant uniquement les candidats scolaires ; et, s'agissant de l'épreuve de spécialité, la moyenne sur vingt points des deux notes, indissociables, obtenues aux épreuves pratiques et d'étude de cas des spécialités « action et communication commerciales », « action et communication administratives », « comptabilité et gestion », « informatique et gestion », de la série STT, peut être conservée respectivement pour l'épreuve de spécialité de « mercatique », « communication et gestion des ressources humaines », « comptabilité et finances d'entreprise », « gestion des systèmes d'information ». Sont dispensés, à leur demande, de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 de la série STG pour la session 2007 de l'examen, les candidats qui se présentent à l'examen dans cette série après avoir échoué à l'examen dans la série STT et qui ont été réglementairement autorisés à remplacer l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 de la série STT par une épreuve de langue vivante 1 renforcée".
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

- Professionnel    [ Haut ]

Olympiades des métiers
Véritables jeux olympiques des métiers, les Olympiades regroupent 50 métiers dans un concours international. Les sélections départementales auront lieu le 24 novembre. Suivront des sélections régionales puis nationale avant la finale mondiale à Numazu au Japon. Les inscriptions sont reçues jusqu'au23 octobre.
http://www.cofom.org/
En 2003, la 37eme Olympiade
http://www.cafepedagogique.net/divers/olymp2003/index.p[...]

Agricole : Quelles évolutions pour l'enseignement agricole ?
" Les agriculteurs ne sont plus majoritaires dans certaines zones rurales. Leur nombre comme celui des exploitations agricoles baisse inexorablement, alors que parallèlement de nouveaux métiers émergent et que le salariat agricole semble trouver un nouvel élan. De plus l’arrivée de nouveaux ruraux entraîne une modification du profil socioprofessionnel des populations et génère de nouveaux besoins. Dans l’enseignement agricole les futurs agriculteurs ne représentent plus qu’environ 20% des effectifs scolarisés. Pourtant le système continue à baser son approche sur le modèle du chef d’exploitation alors que les autres filières sont loin d’occuper au sein de l’enseignement agricole la part qui est la leur dans le tissu économique… Quelles sont les incidences de l'arrivée de nouveaux ruraux sur l'évolution des offres de service, ou sur les métiers qui traditionnellement n’existaient pas dans les zones rurales ? La formation de ces nouveaux futurs acteurs ou la redéfinition de certains métiers au regard de ces évolutions est-elle correctement prise en charge par les appareils de formation ?" Pour réfléchir à ces questions et aussi à l'innovation dans l'enseignement agricole, le Sgen-cfdt organise le 24 octobre une journée nationale de réflexion.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1180.html

Mention européenne au bac pro
Un arrêté fixe les conditions d'attribution de la mention européenne au bac professionnel.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/34/MENE0602013A.ht[...]

Quatre Cap modifiés
Le Journal officiel du 27 septembre publie 4 arrêtés modifiant le règlement d'examen des cap "mouleur-dénoyauteur", "doreur à la feuille",menuisier et "ferronnier". Première session en 2008.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Formation : La formation est elle bien au service du développement des compétences ?
524 responsables de formation ou de ressources humaines ont répondu en ligne à une enquête commanditée par des partenaires tels que la chambre de commerce et d'industrie de Paris, Centre Inffo ou Inffolor. La synthèse publiée en ligne montre une tendance lourde des pratiques de gestion des ressources humaines vers le court et le moyen terme. Dans ce type de gestion, la formation répond en priorité à des besoins individuels, en lien avec le poste occupé. Elle n'anticipe pas les évolutions de carrière. L'analyse des besoins de formation est réalisée par l'encadrement, le plan de formation élaboré ensuite de façon descendante, souvent en "juste à temps". Les effets de la formation sont rarement mesurés. L'enquête souligne donc la nécessité de développer avant toute chose une véritable culture de la gestion des compétences dans les entreprises.
http://www.inffolor.org/Actualite-manif/archives/restit[...]

Formation : Pourquoi les moins qualifiés se forment ils moins ?
A la demande de l'Observatoire et de l'Exclusion Sociale, la DARES produit un document d'études pour vérifier et expliquer le phénomène de "la formation continue va aux formés".

En effet, "le taux d'accès à la formation continue des moins qualifiés est de près de trois à quatre fois moindre que celui des plus qualifiés". Pour mieux analyser le phénomène, les auteurs distinguent les salariés et les demandeurs d'emploi. Pour les salariés, la situation varie en fonction de la taille de l'entreprise, du secteur d'activités et du type de contrat. Dans une grande entreprise, utilisant de la haute technologie, un salarié faiblement qualifié en contrat à durée indéterminée aura plus de chances d'accéder à la formation et d'améliorer son niveau de qualification. De plus, les moins qualifiés entreraient d'autant plus volontiers en formation si celle-ci se traduit par une amélioration salariale. Les demandeurs d'emploi peu qualifiés ont également un faible taux d'entrée en formation. En premier lieu, les politiques publiques de l'emploi privilégient les contrats aidés pour augmenter leur niveau de qualification. Ensuite, l'entrée en formation pour un public adultes se heurte souvent à des difficultés financières ou familiales (nécessité de partir loin du domicile pour se former, par exemple). Les projets d'action personnalisés (PAP) proposés aux demandeurs d'emploi débouchent souvent sur des préconisations de formation sans que pour autant elles se traduisent par une action réelle.

Les nouvelles orientations de la formation, avec la loi sur la formation tout au long de la vie de mai 2004 ou la VAE (validation des acquis de l'expérience) doivent répondre à ces difficultés d'accès à la formation pour les publics peu qualifiés. Pourtant, elles ne semblent pas pour le moment marquer une forte évolution des pratiques. La VAE, par exemple, bénéficie principalement à des postulants pour un diplôme de niveau III. La nécessité de passer par l'écrit, le manque d'information ou la complexité de la démarche laissent encore à la porte les moins diplômés. Des évolutions de pratiques sont annoncées, souhaitons qu'elles soient efficaces pour démocratiser l'accès à la qualification pour tous, un enjeu social mais aussi hautement économique.
Pourquoi les moins qualifiés se forment ils moins ?, Camille Bonaïti, André Fleuret, Patrick Pommier, Philippe Zamora ; Dares, juillet 2006
http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/DE116_zamora_version[...]

Dossier spécial    [ Haut ]
- Carte scolaire : réviser, supprimer ou maintenir ?

Carte scolaire : à qui profite la mixité sociale ?
Le débat sur la carte scolaire a au moins l'avantage d'amener le public à s'intéresser aux systèmes éducatifs de nos voisins et particulièrement à leur réponse à la ségrégation sociale. Car tous sont touchés. Ainsi Libération met en évidence l'échec des politiques d'assouplissement ou de suppression de la carte scolaire. Le pire est atteint aux Pays-Bas où s'opposent écoles blanches et écoles noires… "Nous sommes forcés de constater une augmentation des inégalités entre les différentes écoles, en termes de résultats scolaires" déclare une responsable éducative suédoise.

Ce qui revient à poser la question de l'efficacité scolaire de la carte scolaire. La mixité sociale est-elle rentable à l'Ecole ? Permet-elle de tirer les résultats vers le haut ?

"On peut avoir l'équité et l'excellence" affirme J. Douglas Willms dans une récente publication de l'Unesco,"Learning Divides". En se basant sur les tests internationaux Pirls et Pisa, qui correspondent à la fin du primaire et la fin du collège, il montre que si, partout, il y a une corrélation entre milieu social élevé et bons résultats scolaires, "les écoles à succès sont celles qui aident les élèves de milieu défavorisé. Les pays qui ont les meilleures performances sont ceux qui réussissent non seulement à élever le niveau mais à le rendre plus équitable".

Une constatation que confirme, avec nuance, une étude de M. Duru-Bellat et S.Landrier, publiée par l'Iredu en décembre 2003, sur " Les effets de la composition scolaire et sociale du public d’élèves sur leur réussite et leurs attitudes". Pour ces chercheurs la composition sociale des établissements a bien un effet sur les résultats scolaires. "En français, toutes choses égales par ailleurs, les élèves des écoles à recrutement social élevé progressent davantage que ceux des écoles à recrutement social faible. En maths, les lycéens d'établissements à recrutement privilégié progressent davantage que ceux des établissements populaires... Les élèves des établissements socialement mixtes progressent davantage que ceux des établissements populaires". La mixité sociale a donc un effet positif, particulièrement net en maths. Cela s'explique par l'attitude face à l'école : les lycéens de milieu populaire des établissements privilégiés ont davantage confiance dans leurs avenir scolaire que ceux des établissements populaires.

Faire respecter la carte scolaire, assurer la mixité sociale dans les établissements permettrait de lutter efficacement contre l'échec scolaire. Inversement, ne plus prendre en compte cet objectif de mixité sociale augmenterait l'échec des plus défavorisés.

Si l'on a ce souci, existe-il une politique de rechange ? Oui sans doute. Ce serait investir réellement dans les écoles des quartiers défavorisés. C'est ce que recommande T. Piketty. Cet économiste a démontré qu'en diminuant fortement le nombre d'élèves par classe en zep on pouvait hisser les résultats scolaires. Une proposition qui semble avoir irrité la rue de Grenelle puisque l'étude de T.Picketty a disparu quelques heures après sa publication… Décidément, la liberté des parents a un prix.
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1[...]
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/[...]
http://www.lefigaro.fr/france/20060920.FIG000000006_car[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index120906.php

Toujours la carte scolaire
Les Français sont-ils favorables à "l'assouplissement" de la carte scolaire ? Oui et non répondent les sondages. Selon un sondage du 11 septembre Ifop pour Valeurs actuelles, 73% des français sont favorables à sa suppression, et cela tous milieux sociaux confondus. Que nenni répond un autre sondage, réalisé par Louis Harris pour "20 Minutes" et RMC le 15 septembre : 50% des français sont favorables à son maintien, 42% jugent la carte négativement.

Pendant ce temps les déclarations politiques continuent. Dans une tribune du Monde, le ministre de l'intérieur affirme son intention de la faire disparaître. "La carte scolaire, qui était effectivement autrefois l'outil de la mixité, est devenue l'instrument de la ségrégation. Face à cette situation, certaines familles peuvent s'émanciper de la carte scolaire en faisant le choix du privé, en s'installant dans des quartiers huppés, ou tout simplement en contournant la carte par la mobilisation de leur réseau relationnel. 30% des enfants sont ainsi scolarisés en dehors de leur collège de rattachement. Les autres sont tenus de se plier à une règle qui vaut pour les uns, mais pas pour tout le monde. Cette réalité est choquante".

Et le ministre lie la suppression de la carte à l'autonomie des établissements et à un système d'évaluation à l'anglaise. "Qui dit autonomie dit évaluation. Je propose que nous nous dotions d'un organisme d'évaluation de chaque établissement scolaire. Il doit s'agir d'évaluations détaillées, allant bien au-delà de la seule mesure des résultats des élèves, et s'intéressant également à la qualité du projet éducatif, à sa capacité à faire progresser tous les élèves, à l'ambiance au sein de l'établissement, etc. Ces évaluations aideront les établissements à remédier à leurs insuffisances. Elles seront évidemment à la disposition des parents".

Il faut quand même noter que si les parents britanniques ont accès aux inspections d'établissement, d'une part les procédures d'inscription des élèves ont été récemment modifiées pour éviter les pratiques discriminatoires, d'autre part le système scolaire britannique est infiniment plus complexe que le français puisqu'il offre une gamme d'une dizaine de types d'établissements différents avec une offre éducative qui est tout sauf nationale et uniforme. Ajoutons qu'il a ses faiblesses, par exemple un taux de décrochage record en Europe que les sanctions financières (autre mesure envisagée par le ministre) et même l'emprisonnement des parents n'arrivent pas à faire baisser.

Des voix se font entendre également pour critiquer l'impact même du contournement de la carte scolaire. Si 30% des élèves dérogent à certains endroits à la carte, remarque Louis Maurin, " sur ces 30 %, les 20 % sont des familles qui optent vers le privé et pour qui la suppression de la carte scolaire, par définition, ne change rien. Il reste 10 % de dérogations, 8 % à Paris… Ces passe-droits sont choquants. Est-ce suffisant pour abandonner la carte scolaire ? Raison médicale, frère, sœur ou parent inscrit dans l’établissement, proximité du domicile, les raisons de ces dérogations peuvent être nombreuses. Rien ne dit que toutes sont injustifiées. Admettons que la moitié des dérogations – ce qui est déjà une forte proportion – le soit : on compterait au total 5 % de « tricheurs ». Lever l’hypocrisie consiste donc à généraliser une pratique très minoritaire". Et de contre attaquer : " Le réel problème de l’école aujourd’hui, c’est qu’elle est pour une bonne part formatée sur le modèle des catégories favorisées : importance démesurée accordée aux humanités contre les techniques, orientation de plus en plus précoce, qui dirige les enfants (fils et filles de catégories populaires) vers les filières qui leur sont prédestinées, évaluation trop fréquente et peu formatrice qui fragilise les plus fragiles, jusque l’introduction d’une « note de vie scolaire » pour stigmatiser encore plus les enfants en difficulté, inégalité considérable de moyens entre université et grandes écoles, etc. Depuis plus de dix ans, les politiques éducatives vont à l’inverse de l’égalité des chances".

Gilles de Robien a annoncé qu'il recevrait les syndicats et les associations de parents sur ce sujet à partir du 20 septembre.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-81361[...]
http://www.inegalites.fr/spip.php?article567

Assouplir la carte scolaire pour les plus démunis ?
" Si assouplir veut dire que tout le monde peut choisir son établissement, cela aurait plus d’inconvénients que d’avantages. Cela renforcerait la nature ségrégative de l’offre scolaire ainsi que les inégalités entre établissements". Dans L'Humanité, le sociologue Georges Felouzis prend parti pour un assouplissement ciblé de la carte scolaire. "Alors que faire ?.. Si on assouplit la carte il faut le faire dans l’intérêt des plus faibles et non pas des plus forts. Cela signifie donner la possibilité aux élèves les plus défavorisés, et notamment à ceux qui sont dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), d’être les seuls à pouvoir choisir leur établissement. Par contre, les autres ne choisiront pas. Bien sûr, cela ne résoudrait pas les problèmes de l’école ni de la société, mais c’est la seule réforme acceptable dans la mesure où elle se fonderait sur le souci des plus faibles".

Une réflexion qu'éclaire la récente thèse de Guy Lapostolle sur "la démocratisation de l'enseignement secondaire sous les deux septennats de F.Mitterrand". Elle montre que la question de la démocratisation qualitative de l'Ecole a été au cœur des objectifs et des difficultés des ministres de F. Mitterrand et particulièrement de Savary et de Jospin. Ayant échoué à l'imposer, pour G.Lapostolle ils ont légitimé de nouvelles exigences des familles, essentiellement celle de la liberté de choix. " Dès lors que l’école n’est plus guidée par l’idéal d’égalité des chances, en d’autres termes qu’elle n’œuvre plus en faveur de la mobilité sociale ou qu’elle avoue son impuissance à cet égard, les parents sont en droit d’en attendre d’autres services. La place est faite à d’autres principes susceptibles de guider son action. La liberté comme un moyen de régulation d’un certain marché et le communautarisme comme possibilité d’y exercer ses libertés viennent du fait qu’elle n’a pas répondu aux espoirs mis en elle. Ces autres aspects de la démocratisation revendiqués apparaissent donc en partie comme des conséquences possibles de cet échec de la concrétisation de l’égalité réelle… Or, à la fin de la décennie 1990, de nombreux travaux scientifiques montrent que la liberté laissée tant au niveau du choix des options qu’à celui du choix de l’établissement est un véritable obstacle à la démocratisation qualitative. Danièle Trancart, Marie Duru-Bellat, Sylvain Broccolichi, Agnès Van Zanten1 montrent tous que des disparités se sont accentuées entre les établissements scolaires".

C'est dans les années 1980 que le débat entre liberté de choix des parents et exigence de démocratisation a eu lieu. Dès les années 1990, il est apparu que ces deux principes étaient antithétiques comme l'atteste ce texte,prophétique, de Robert Baillion qui date de 1991. " Depuis quelques années, l’Etat se désengage en matière d’éducation. De plus en plus il renvoie à la base le traitement des problèmes et se comporte comme si leur résolution ne pouvait découler que d’arrangements locaux. Le politique s’efface devant la société civile. Le choix de l’établissement scolaire par les familles illustre les dérives que peut entraîner ce repli de l’action publique au bénéfice des logiques sociales dominantes. A l’Etat d’intervenir pour fixer les règles du jeu… Si l’Etat ne se préoccupe pas au premier chef de la recherche d’équité et de justice sociale, l’éducation, loin d’être le domaine où la société essaie d’actualiser ses valeurs, deviendra peut-être plus encore que le terrain économique, un espace de soumission à l’ordre des choses, un terrain de luttes et de production d’inégalités".
http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-09-16/2006-0[...]
http://tel.ccsd.cnrs.fr/halshs-00005205
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/49.php

Carte scolaire : contre la ségrégation, une autre école
"Certains considèrent qu’il faudrait casser la carte scolaire. À mon sens, ce serait une erreur fondamentale, et un aveu d’échec de la société française dans son ensemble. Tout d’abord, avec ou sans carte scolaire, les stratégies d’évitement demeurent. En outre, cela ne favoriserait pas pour autant le renouvellement. Enfin, il s’agirait d’une mesure alibi, qui formaliserait les clivages sociaux dans notre société. Le fond du problème est ailleurs : il ne s’agit pas tant de casser la carte scolaire, mais de supprimer les ghettos". Jean-Christophe Lagarde,maire Udf de Drancy, partage son expérience d'élu local à l'occasion du colloque "Ségrégation urbaine, ségrégation scolaire", organisé par l'Agence nationale de rénovation urbaine en juin 2006.

Le grand intérêt de ce colloque était justement de mettre autour de la table des sociologues de l'éducation, un économiste, des élus locaux, un urbaniste, un inspecteur d'académie. Pour J.-C. Lagarde, la ségrégation n'est pas que géographique elle est aussi pédagogique. "Le débat sur la ségrégation scolaire, à mon sens, ne doit pas se résumer à un problème de moyen. La Seine Saint-Denis, en 1998, a bénéficié d’un vaste plan de rattrapage, avec la création de 3 000 postes. Les moyens mobilisés ont certes été importants, mais pour quels résultats, quelle progression scolaire ? Il y a lieu, à mon avis, de revoir l’organisation de l’école, et l’adapter aux élèves. Nous fonctionnons, force est de le constater, comme si tous les élèves constituaient un bloc homogène et avançaient au même rythme. Dès lors, ils devaient être instruits au même rythme. Or la réalité est tout autre !" Un domaine où l'élu local a peu d'influence.

Jean-Paul Fitoussi, Ofce, défend l'idée de la mobilité. "S’il existe une solution à ce problème, elle consiste, sans nul doute, à remettre en marche la mobilité multidimensionnelle : la mobilité dans l’espace, la mobilité professionnelle et la mobilité sociale (au seul sens d’une mobilité sociale ascendante)".
Les actes du colloque (pdf)
http://www.anru.fr/IMG/pdf/Actes_du_colloque_-_Segregat[...]
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

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