Informations Professionnelles (Café N° 77)

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- A la Une : A propos des audits : Que veut dire la productivité en éducation ?

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Dossier spécial : L'orientation des lycéens et le rapport Hetzel

Édition du 12-11-2006

- François Jarraud -

- A la Une : A propos des audits : Que veut dire la productivité en éducation ?    [ Haut ]

"Une réduction significative des horaires ne pourra être obtenue sans une réforme d’ensemble de l’organisation des enseignements et du pilotage du système éducatif". Extraite des rapports d'audit sur les grilles horaires des lycées et des collèges publiés le 17 octobre (voir article ci-dessous), cette phrase résume le glissement opéré dans l'éducation nationale. L'organisation des enseignements et le pilotage du système sont dirigés par un objectif strictement comptable : la réduction des horaires.

Vous en doutez ? Voici un autre extrait à méditer :" Sous réserve d’une validation indépendante des besoins d’investissements générés par la réforme, la mission recommande la création d’un baccalauréat technologique « sciences et technologies » à la rentrée 2007, simplifiant les spécialités actuelles et allégeant la charge horaire des enseignements". Voilà une brochette d'inspecteurs des finances qui inventent une nouvelle filière de l'enseignement technologique justifiée uniquement par son coût plus réduit que les filières existantes (dont le rapport vante quand même les économies de 5 à 10% !).

Un dernier exemple ? On se souvient que la loi Fillon a décidé le dédoublement des cours de langues en terminale. Une mesure qui a d'ailleurs bien du mal à être appliquée deux ans plus tard. Les auteurs de l'audit sur les lycées ont une solution à ce problème : " l’allègement des structures à 20 élèves en moyenne en terminale générale et technologique en 2006, en première en 2007, devrait s’accomplir au rythme de la réduction du nombre de groupe de langues vivantes inférieurs à 15 élèves". En clair le dédoublement ne serait plus de droit mais résulterait d'un marchandage comptable au niveau académique, histoire de les inciter à mieux gérer. Ainsi a-t-on le privilège de vivre en direct la prise de contrôle de la rive gauche par la rive droite, Grenelle par Bercy.

Les experts qui pilotent cette révolution ne manquent pas d'arguments. Ils ont beau jeu de faire remarquer la hausse des dépenses d'éducation par rapport à la stagnation du taux d'accès au bac ou au brevet. Pour eux, il est clair que les deux courbes auraient dû, au minimum, augmenter de concert. Ils remarquent également que la France dépense davantage que certains pays de l'Ocde pour son système éducatif. Ainsi, l'Ocde a calculé que les dépenses cumulées pour la durée des études primaires et secondaires se montent à 85 084 dollars en France contre 77 204 pour la moyenne des pays de l'Ocde. On dépense en France en moyenne 7 807 dollars par élève contre 6 827 pour la moyenne Ocde. Le système éducatif paraît donc "riche", voir "gras" par rapport à ceux des voisins.

Et ils avancent des idées qui peuvent sembler intéressantes : accorder davantage d'autonomie aux établissements, réduire le taux de redoublement, lutter contre l'émiettement disciplinaire.

Pourtant ces arguments comptables n'emportent pas l'adhésion. L'analyse plus fine des statistiques montre que la situation est plus complexe qu'elle ne paraît. Certes le budget de l'éducation nationale est passé de 55 à 65 milliards d'euros de 2000 à 2005. Mais cette hausse correspond à un simple maintien en terme de PIB (à 3,9% du PIB). La dépense intérieure d'éducation en France, après avoir progressé dans les années 1990, est même orientée à la baisse depuis 1998. Elle est passée de 7,6% du PIB à 7,2% en 2005. De même pourra-t-on remarquer que si la moyenne de l'Ocde monte à 77 204 $ par élève, elle dépasse les 100 000 $ aux Etats-Unis, au Danemark, en Norvège, au Luxembourg, en Italie etc.

Ce qui est certain c'est que la productivité de l'école ne suit pas une logique arithmétique. C'est un fait avéré que les dépenses éducatives progressent avec le niveau de qualification de la population. Si l'alphabétisation a un coût modéré, la réussite de tous dans le secondaire mobilise des moyens de plus en plus importants puisque, pour réduire des "poches" de résistance de plus en plus difficiles, il faut inventer des moyens nouveaux. Parallèlement, le jeu social fait que la demande d'options évolue plus rapidement que les taux de scolarisation. Ainsi tous les pays développés connaissent une hausse rapide de leurs budgets éducatifs. Enfin jouent des particularités françaises comme le fort taux de redoublement.

Mais renvoyons les calculettes : la productivité de l'Ecole c'est autre chose. Pour paraphraser un ancien ministre, on pourrait poser la question : "qu'est ce qu'une scolarité réussie ?" Doit-on déplorer ce que coûte le déploiement de moyens supplémentaires en zep ? Doit-on chiffrer l'existence d'enseignements "inutiles" c'est-à-dire sans rentabilité directe sur le marché du travail ? Doit-on expertiser le prix de l'épanouissement ? Celui des découvertes ? Pour le dire plus clairement, à appliquer à l'Ecole des normes strictes de productivité ne risque-t-on pas de la considérer comme un service et non plus comme une institution ?

Un glissement préjudiciable. Ce glissement apparaît très clairement dans les deux rapports d'audit. Les effets sociaux des mesures proposées ne peuvent que mobiliser fortement les enseignants contre un plan qui aggravera très sensiblement les conditions de travail dans les établissements. Mais cet audit pourrait avoir un effet plus délétère.

Qui ne voit que l'école a besoin de davantage d'autonomie ? Qu'un nouveau découpage du temps scolaire est nécessaire et que certains établissements l'ont réussi ? Qui s'opposerait à une prise en charge plus individualisée des élèves ? Mais comment accepter ces idées quand elles sont utilisées uniquement pour réaliser des économies.

En dénaturant un certain nombre de propositions, en cherchant à imposer une évolution brutale du système, on prend le risque d'empêcher toute évolution d'un système éducatif qui a bien besoin de bouger. Ajoutons que diminuer les moyens sans faire évoluer l'Ecole dans ses pratiques et ses conceptions ne peut qu'aggraver ses difficultés. L'avenir de l'Ecole ne peut pas se régler par des audits financiers.


Deux audits demandent une baisse importante des moyens en lycée et collège
Attendus depuis des semaines, les deux audits sur "la grille horaire des enseignements en lycée général et technologique" et celle du collège demandent des coupes sombres dans les budgets du secondaire. Ces rapports, commandés par le gouvernement, réalisés par des inspecteurs des finances et des inspecteurs généraux de l'éducation nationale, font suite à l'audit sur les décharges horaires des enseignants dont l'application a été quasi immédiate.

Le rapport sur le lycée est exigeant : il fixe comme objectif une baisse de plus de 20% des dépenses. Relevant que "l’investissement massif dans le volume d’heures d’enseignement n’a amélioré ni la performance ni l’équité du lycée français" il en conclut que la baisse des coûts est légitime.

Comment faire ? Il s'agit d'abord de réduire fortement les heures d'enseignement. Le rapport préconise une méthode : "désamorcer les tensions portant sur l’horaire hebdomadaire en considérant que les arrêtés ministériels n’ont plus vocation à sanctuariser des volumes de services d’enseignants négociés entre disciplines, mais à offrir un référentiel national, un point de départ à partir duquel se construisent localement des projets adaptés aux attentes des élèves".

Plus clairement, il s'agit de fixer un plafond horaire pour les 3 niveaux du lycée. Ainsi en seconde les élèves ne pourraient avoir plus de 900 heures d'enseignement annuelles, au lieu des 1 044 à 1 188 actuelles. En première et terminale le plafond serait à 950 heures (par rapport à 1 050 à 1 386 heures actuelles). Ces plafonds seraient calculés sur 36 semaines de cours grâce à l'allongement de deux semaines de l'année scolaire effective.

Comme parallèlement l'enveloppe horaire de chaque discipline serait annualisée, on obtiendrait ainsi une forte économie de postes. Le rapport réorganise donc les enseignements sur ces bases. Par exemple, les horaires de français en seconde passeraient de 4 h 30 hebdomadaires à moins de 3 heures (100 heures annuelles), ceux de langue vivante 1 de 3 heures à 1 h 50 minutes (70 heures annuelles). En première ES, les SES passeraient de 5 heures à moins de 4 heures, l'histoire-géographie de 4 heures à moins de 3 heures.

Les horaires en série technologique semblent mieux satisfaire les auteurs qui se félicitent que les nouveaux programmes de STG aient réduit les frais d'enseignement de 5% et ceux de SMS (ST2S) de 10%. Malgré tout ils envisagent à la rentrée 2007 l'ouverture d'une nouvelle filière, " sciences et technologies" qui permettrait de diminuer davantage les horaires d'enseignement.

En langues, outre la baisse des horaires, les dédoublements accordés en terminale seraient remis en question. Ils ne seraient plus accordés de droit et les rapporteurs préconisent une gestion globale des horaires de langues dans l'établissement. Une façon, semble-t-il, de réduire le nombre des options.

Ces horaires pourraient être complétés par des heures d'études surveillées pour encadrer le travail des élèves qui serait réalisé dans l'établissement (400 à 500 heures annuelles).

Pour les auteurs, il est clair que le tour de vis doit être rapide : il pourrait s'appliquer dès la rentrée 2007 si le ministre suit leurs recommandations.

Au collège, "le coût moyen du collégien a augmenté de 33% entre 1990 et 2004" souligne le rapport, qui montre quand même une stabilisation depuis la fin des années 1990.

Aussi le rapport demande-t-il, comme pour le lycée, une réforme du pilotage " fondé sur les objectifs et l’évaluation des résultats". Il s'agirait d'adopter "une démarche progressive visant à confier nettement plus de responsabilités aux échelons déconcentrés, en contrepartie d’une exigence pédagogique et budgétaire accrue". Ainsi il préconise de libérer 20% des moyens pour les affecter à la réalisation des objectifs de progrès de l'établissement. " Dès la rentrée 2007, l’assouplissement des obligations horaires est amorcé, dans la limite de 20% de la dotation, par les équipes qui souhaitent prendre le risque du changement… Dans un second temps et après évaluation, sont abrogées pour l’ensemble des années au collège les grilles horaires hebdomadaires au profit d’un référentiel qui fixerait pour chaque enseignement une base horaire par cycle (annuelle pour le cycle d’initiation 6e, bi-annuelle pour le cycle central 5e- 4e, annuelle pour le cycle d’orientation 3e). Cette base est inférieure à la dotation actuelle, car elle est appelée à être complétée à hauteur de 20% par des moyens non fléchés".

Ainsi pour le cycle central, on n'aurait plus que 250 heures de français pour les deux années, 230 de maths, 280 de langues, 100 de SVT, le tout sur 36 semaines. S'y ajouteraient 200 heures annuelles de dotation non affectée. Les horaires de langues seraient fusionnés et la carte des langues "rationalisée". Chaque établissement aurait le choix d'offrir ou non une seconde langue en cinquième.

Toujours pour diminuer les coûts, le redoublement serait "plafonné" par établissement.

Ces mesures ont-elles une chance d'être appliquée dès 2007 ? Probablement non, ne serait-ce que parce que le budget 2007, qui a retenu les propositions d'un autre audit sur les décharges, est déjà bouclé.

Certaines propositions semblent embarrasser le ministère. Ainsi, au lycée, le décalage des examens sur l'été, nécessaire pour assurer 36 semaines de cours, semble difficile. Le ministre relève que " la clôture de la session, symbolisée par les résultats du second groupe d’épreuves du baccalauréat et intervenant mi-juillet, serait reportée au 31 juillet. Une telle mesure serait susceptible de soulever des réticences de la part des parents d’élèves et des enseignants, de même que des organisations professionnelles du tourisme". En ce qui concerne les langues, le ministère relève que la mesure proposée " risquerait de conduire à la disparition de l’enseignement de toutes les langues, à l’exception de l’anglais et de l’espagnol" ce qui va contre des engagements politiques internationaux.

Enfin, " la remise en cause du caractère hebdomadaire de l’obligation réglementaire de service des professeurs, constituerait un véritable bouleversement à la fois pédagogique et structurel, dont la mise en œuvre reposerait sur une décision politique forte, entreprise sur la durée et qui devrait tenir compte de négociations et de consultations importantes, notamment des enseignants, des chefs d’établissement et des fédérations de parents d’élèves".

Faut-il pour autant l'écarter. Certainement pas. En effet, ces rapports ont été réalisés pour faire face à un besoin réel : le financement des mesures inscrites à la loi Fillon qui doit se faire à moyens constants et la volonté gouvernementale de dégager de la productivité dans l'éducation nationale.

Une application programmée. Aussi contiennent-ils des prévisions budgétaires éclairantes jusqu'en 2010. L'application intégrale de ces rapports, comme de celui sur les décharges, est programmée et devrait être appliquée sauf bouleversement politique. Leur impact est calculé : 9 203 emplois récupérés en lycée par réduction des horaires élèves, 9 609 par suppression des dédoublements au seul lycée, 3 000 emplois en langues par révision des dédoublements, 2 282 emplois du fait de la réduction des redoublements et un nombre non calculé de postes venus de la réduction du nombre d'options. " Au total, l’application des recommandations de la mission permettrait de dégager près de 24 000 ETP, sans compter les économies générées par une révision du système des décharges. Une partie de ces marges de manœuvre supporterait le coût de déploiement de la loi d’orientation, une autre partie permettrait de piloter le système en redéployant des moyens en fonction d’objectifs pédagogiques exigeants, et enfin une partie représenterait des gains de productivité qu’un plan de gestion des ressources humaines adapté pourrait concrétiser pendant la période 2006-2010".
Audit lycées
http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/performa[...]
Audit collèges
http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/performa[...]


Retour sur la question de la productivité en éducation
La France est-elle le Ghana ? La question peut surprendre mais j'essaierai de montrer que les deux derniers audits gouvernementaux approchent la question de la productivité en éducation comme peut le faire le gouvernement ghanéen.

En effet, les récents audits gouvernementaux ne saisissent la question de la productivité de l'Ecole que dans sa dimension comptable. Ce qui compte pour eux c'est de maintenir le taux de scolarisation pour un moindre coût. Et pour cela ils utilisent 3 voies classiques : augmenter la durée du travail des professeurs (par exemple en rallongeant de deux semaines gratuitement l'année scolaire), diminuer leur salaire (par exemple en supprimant les décharges), augmenter le volume d'enseignés en réduisant le nombre d'heures d'enseignement (c'est l'essentiel des propositions des audits). C'est exactement ce que pratique le Ghana (voir l'article un peu plus bas) qui doit faire face à un brutal afflux d'élèves. Et ça provoque d'ailleurs une grève des enseignants dans ce pays.

Il me semble que la situation scolaire française est différente de celle du Ghana. Et je voudrai montrer ici des approches de la productivité scolaire que nos inspecteurs des finances n'ont peut-être pas aperçues.

Et si on augmentait la productivité culturelle de l'Ecole ? Une expérience mérite ici de trouver place : celle du "lycée du matin" mis en place au lycée du Mirail. Dans cet établissement les cours s'arrêtent à 14 heures. Les élèves s'inscrivent l'après-midi à des activités diverses (danse, sport, théâtre, auto-école, théâtre, photo etc.) selon un "contrat d'activités personnalisées" signé par les parents. Les élèves ont aussi accès à leurs professeurs en "libre-service" pour répondre à leurs questions. Il s'agit à la fois de responsabiliser le jeune par rapport à sa formation et de faciliter son épanouissement.

Nous avons demandé à Philippe Misandeau, professeur de français dans ce lycée, de faire un rapide bilan du dispositif. "La convivialité est certaine et appréciée (les élèves ont bâti ici une "vie de quartier" qu'ils ne peuvent bâtir chez eux). Les élèves marquent leur intérêt pour des ouvertures culturelles diverses (cinéma, théâtre, photo, danses.), caritatives et humanitaires (collectes alimentaires, visites dans les hôpitaux.). Ils participent de plus en plus nombreux aux ateliers. L'utilisation des espaces pédagogiques (CDI, classes, salles vidéo, salle multimédia.) est beaucoup mieux rentabilisée. L'établissement a vu le nombre d'élèves augmenter sensiblement. Les résultats scolaires (bac) n'ont jamais été en baisse. Mais la hausse n'est pas celle que l'on pouvait espérer". L'ensemble de ce dispositif s'est fait à moyen constant en s'appuyant sur le tissu associatif local.

Et si on cherchait la productivité scolaire ? Le récent rapport sur l'académie de Lille soulignait le fait que certains collèges obtenaient des résultats très supérieurs à d'autres. Cet effet établissement a été étudié dans l'académie de Nantes. "L’analyse comparée des résultats aux évaluations à l’entrée en sixième pour tous les collèges de l’académie (de Nantes) a montré qu’il existait une disparité importante entre établissements sur le territoire académique mais aussi… qu’il n’y avait pas de corrélation systématique entre les scores obtenus par les élèves et leur origine sociale… Ainsi, des collèges présentant des taux de PCS défavorisées supérieurs à la moyenne académique figuraient parfois dans le peloton des établissements où les élèves réussissaient bien, voire très bien les tests d’évaluation… Là où une forme de fatalité sociale aurait laissé attendre des résultats faibles, on se trouvait au contraire face à de véritables réussites scolaires, en français comme en mathématiques". C'est le cas par exemple d'élèves venus d'écoles comptant 69% de PCS défavorisées et 35% d'élèves étrangers.

L'étude réalisée par le rectorat de Nantes a pu mettre en avant quelques facteurs expliquant la réussite de ces établissements. La qualité de la relation avec les parents, les efforts menés pour les intégrer dans la vie de l'école apparaissent comme des conditions de réussite. D'autres facteurs relationnels sont également importants : les établissements ont des équipes enseignantes stables, qui collaborent facilement et qui ont de bonnes relations avec des municipalités bienveillantes. Reste la partie strictement pédagogique. " La place et la spécificité de chaque discipline sont nettement prises en compte, mais on insiste beaucoup à chaque fois sur l’activité langagière : comme il a été dit par une équipe « tout se tient dans le langage »". Les enseignants s'attachent également à donner du sens aux apprentissages, à développer des liens contractuels avec les élèves, qu'il s'agisse des codes de vie ou même du travail scolaire. Des stratégies qui n'ont là aussi aucun impact financier.

Quel rapport avec le Ghana ? Le problème du Ghana est celui de la première scolarisation. C'est prioritairement une question de locaux, de personnel, d'aides versées aux familles. La scolarisation dépend proportionnellement de l'investissement. La situation de l'école française est tout autre. Des financements identiques aboutissent à des résultats scolaires différents. La productivité de l'Ecole est aussi à mesurer en termes culturels et d'épanouissement individuel. Et là on s'éloigne encore davantage de l'approche comptable. La réponse ordonnée par les deux audits gouvernementaux pourrait être compréhensible dans le cas du Ghana. Mais la France n'est pas le Ghana.
http://lemirail.free.fr/HTM/MATIN/ORGAN.HTM
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/pole_peda/reussite/in[...]


Des dizaines de milliers d'enseignants victimes de baisses de salaires dès 2007
"Ce projet permet de mieux prendre en compte l'évolution du système éducatif en redéfinissant le régime des décharges d'enseignement ; en prenant en compte la diversité des missions liées à l'enseignement ; en reconnaissant les mentions complémentaires qui permettent d'enseigner une autre discipline". Le ministre présente ainsi son projet de décret sur les décharges des enseignants. Mais, dans une dépêche AFP, le directeur général des ressources humaines du ministère est plus direct. " Cela concerne 100.000 enseignants : 30 % vont perdre cette heure". Le projet de décret a été rendu public le 13 octobre.

Rappelons que ce texte résulte d'un audit ordonné l'année dernière et qui a conclu à la suppression totale de toutes les décharges qui existent dans le système éducatif. Fin septembre, Gilles de Robien a annoncé qu'il en supprimerait 10% à la rentrée 2007. La décision est incluse dans le projet de budget où elle correspond à la suppression de plus de 2 000 postes budgétaires.

La mesure frappe donc d'abord les enseignants au portefeuille. Comme ces heures sont généralement payées en heures supplémentaires, pour ceux-là, l'audit qui préconise cette mesure a déjà fait le calcul : cela correspond à une diminution de salaire de 1 480 euros par an. Soit environ 6% en moins sur la fiche de paie. Ce qui n'est pas rien.

D'autant que, dans des cas assez nombreux, cette perte sera dédoublée par d'autres mesures. Ainsi, les professeurs enseignant plus de 8 heures dans des divisions ou groupes de moins de 20 élèves verront leur service majoré d'une heure. C'est un cas assez fréquent en BTS où les enseignements technologiques nécessitent souvent de petits groupes. Pour le Snes, "cela conduit (compte tenu de la suppression de l'heure de première chaire) à un service majoré de 2 heures pour les enseignants des disciplines technologiques intervenant en STS". Autre cas : les professeurs d'histoire-géographie perdront, en plus de l'heure de première chaire, sauf en terminale, l'heure de laboratoire. Dans ce cas également c'est 10% du salaire qui s'envole.

La suppression de ces heures prend d'ailleurs à rebours la politique suivie par le ministère. En histoire-géographie, on envisageait d'utiliser cette heure pour faciliter l'usage des tice dans la discipline en passant du laboratoire au laboratoire informatique. En physique-chimie, l'association des professeurs de physique et de chimie souligne qu'elle correspond à des tâches que seuls des enseignants peuvent exercer : dialogue avec les régions, choix du matériel, organisation des épreuves d'évaluation des capacités expérimentales du bac.

Mais le ministre va plus loin en s'attaquant à ce qui fait l'identité même des enseignants du secondaire : la compétence disciplinaire. Le projet de décret prévoit d'imposer à n'importe quel professeur d'enseigner n'importe quelle discipline. Ainsi, par exemple, " l’enseignant d’éducation physique et sportive qui ne peut compléter son service selon les modalités prévues au premier alinéa, peut être tenu, si les besoins du service l’exigent, de dispenser un enseignement dans une autre discipline dans son établissement d’affectation". On pourra donc bientôt voir des profs d'EPS enseigner les mathématiques, des profs de lettres assumer des cours de chimie et les profs d'allemand emmener les élèves à la piscine.

Le projet de décret rogne encore quelques sous à droite et à gauche, par exemple en imposant sans compensation d'enseigner sur plusieurs établissements.

En contrepartie le décret amorce un début de réflexion sur les missions des enseignants. L'encadrement d'activités pédagogiques, la coordination d'une discipline, l'accompagnement d'enseignants pourraient être pris en compte dans le temps de service. Mais pour que cette mesure puisse avoir un semblant d'exécution, il faudrait un autre budget.

Sur le modèle de la loi No Child Left Behind du gouvernement américain, la loi Fillon prévoyait un pilotage du système éducatif par les résultats. Pour cela la loi a fixé des objectifs à atteindre, défini un "socle commun de connaissances et compétences" ainsi que des instruments d'évaluation. La comptabilité même du ministère, avec la Lolf, a été réorganisée en fonction de missions.

Avec l'instauration par Robien de l'apprentissage à 14 ans, on a d'abord vu disparaître le socle commun. On voit mal en effet comment ces jeunes, déjà en difficulté, déscolarisés de fait dès 14 ans, c'est-à-dire souvent avec un niveau de 6ème ou de 5ème, pourraient prétendre au niveau de leurs camarades. Les jeunes des milieux populaires qui ont franchi ce premier cap pourraient bien être rattrapés par M. de Robien. On verra à la fin de l'année scolaire comment les lycéens des sections technologiques et professionnelles feront les frais du nouveau système de sélection à l'entrée dans le supérieur.

On assiste maintenant à une inversion du dispositif. Ce que nous disent ces décisions, les 10% de décharges supprimées (pourquoi pas 20% ??) ou les attributions de professeurs sans aucun rapport avec leurs compétences, c'est que le pilotage du système éducatif ne se fait plus en fonction de missions. Il se fait en fonction d'objectifs budgétaires.

Ces objectifs sont connus : il faut trouver dans le secondaire les moyens nécessaires aux universités, c'est-à-dire, à terme, diminuer d'un quart le budget du secondaire.

Ajoutons qu'on n'a sans doute pas fini de voir cette logique en application. Les 3 audits attendus devraient nous faire connaître très bientôt les enseignements supprimés ou "recadrés" dans les collèges et les lycées.

Le mouvement du 28 septembre a pu donner à penser au ministre que ces attaques, qui ne concernent que certains enseignants du secondaire, pourraient passer sans difficulté.

Elles pourraient pourtant s'additionner à d'autres difficultés. D'abord les lycéens qui vont voir diminuer leurs possibilités d'orientation en faculté sans pour autant trouver davantage de place en STS. Ensuite l'exaspération montante des enseignants du primaire pris à partie suite à la promotion par Robien de la méthode syllabique et rétifs à l'autoritarisme sans précédents du ministre.
Le projet de décret
http://www.snes.edu/snesactu/IMG/pdf/Projet_Decret_ORS_[...]
Une mise ne perspective parle Café
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220906.php
Une lecture du projet de décret
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061006.php


Unanimité syndicale pour refuser la suppression des décharges
"Inacceptable". Le mot résume la position des fédérations syndicales de l'éducation nationale (Snetaa Eil, Snfolc, Sud, Se-Unsa, Sncl-Faen, Snep-Fsu, Snalc-Csen, Suep-Fsu, Unsen-Cgt, Sgen-Cfdt et Snes-Fsu) sur le projet de décret présenté parle ministre. "Nous demandons le retrait de ce projet. Nous demandons en même temps que s’ouvrent de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la nécessaire prise en compte des réalités du métier et que soient améliorées les conditions de son exercice".

Inspiré d'un audit, le texte supprime arbitrairement 10% de la masse globale des décharges horaires. La seule justification est l'économie réalisée : plus de 2000 postes. Mais le texte frappe durement les lycées et spécialement certaines catégories d'enseignants touchées par la suppression de plusieurs dispositifs qui vont perdre de 6 à 12% de leur salaire. Les associations professionnelles des professeurs de physique – chimie et de biologie ont fait part de leur refus de ce texte.

S'agissant des deux derniers audits sur les grilles horaires de collège et lycées, le Sgen, qui appelait le ministère à ouvrir une négociation, précise qu'il " n'accepte pas que la logique budgétaire soit l'entrée déterminante pour engager une réforme dans le système éducatif. Il faut inverser la logique : ce sont les missions que la société assigne à son système éducatif qui doivent permettre de déterminer les transformations nécessaires.".
Communiqué
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=22[...]
Rappel: L'Expresso du 16/10
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index161006.php
Rappel: L'Expresso du 18/10
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index181006.php


Audits du secondaire : l'avis de J. Nimier
"Je pense que cette nécessité d'économie dans le secondaire va , à plus ou moins longue échéance, poser le problème des objectifs de l'enseignement secondaire, des contenus enseignés et des méthodes d'enseignement et que cela est une bonne chose. Cela amènera, encore, à se poser davantage la question du mode d'enseignement… Tout cela pourrait favoriser un réel changement du métier d'enseignant". Sur son site Jacques Nimier évoque l'impact des rapports d'audit sur le collège et le lycée.

Tout en rejetant "l'opposition inconditionnelle habituelle", il estime que les enseignants ne sont pas préparés et qu'il faut négocier. "Ce changement imposerait l'organisation d'un véritable accompagnement des enseignants (groupes d'analyse de pratique, formation clinique, heures de concertation, coaching pour certains...) pour un changement moins douloureux, plus progressif, plus collectif". Mais Robien est-il capable de le faire ?

Dans un autre domaine, à voir également sur son site l'utilisation du jeu de rôle pour aider les enseignants à débloquer des situations pénibles.
http://perso.orange.fr/jacques.nimier/


- Le système scolaire    [ Haut ]

L'exaspération monte d'un cran dans le premier degré
"J'ai reçu hier le pli recommandé annonçant que le ministre "envisage de m'infliger une sanction du premier groupe". Même "du premier groupe", je n'accepte pas cette sanction compte tenu des principes et du droit syndical, de mes états de service, de mon engagement au service de l'Ecole, y compris en tant que syndicaliste". Inspecteur de l'éducation nationale, Pierre Frackowiak a osé contredire le ministre sur un plateau de télévision sur les programmes d'enseignement de la lecture. Cette affaire fait suite à l'affaire Goigoux, un chercheur – formateur sanctionné alors qu'il avait critiqué les positions ministérielles devant Robien sur France Inter.
"J'ai appris", ajoute P. Frackowiak,"que mes incursions sur le terrain du bon sens agacent en haut lieu…. Je les maintiens. Je maintiens aussi que, en tant que fonctionnaire, j'applique les programmes officiels de 2002 avec le décret de mars 2006 que je distingue des discours médiatiques du ministre et des documents de communication. En tant que syndicaliste, en tant que pédagogue, en tant que militant politique, j'ai le droit de m'exprimer. Je souhaite qu'il soit mis rapidement un terme à cette crise qui porte un préjudice considérable à l'école et aux maîtres".

Les syndicats et les mouvements pédagogiques avaient mis en garde le ministre de l'éducation nationale et dénoncé son autoritarisme. Celui-ci a répondu par une surenchère.

Depuis une nouvelle provocation fait monter la pression. L'association Sos – Education, une association ultra conservatrice, dans des publicités insérées dans la presse écrite, appelle les parents à dénoncer les enseignants qui n'utilisent pas la méthode syllabique. Sos Education s'était plaint que les programmes de mars 2006 n'imposent pas cette méthode et souhaite visiblement faire lever cet obstacle. Le Snuipp,le Sgen , le Se-Unsa demandent publiquement que Gilles de Robien "condamne vigoureusement ce qui s’apparente à de la délation, apporte son soutien aux enseignants mis en cause et affirme que les manuels utilisés en classe sont conformes aux programmes".

C'est qu'un peu partout sur le terrain, des enseignants sont soumis aux pressions de parents qui croient d'autant plus que l'instituteur de leur enfant utilise la méthode globale que le ministre laisse croire qu'une seule méthode est autorisée.

Utiliser les parents contre les enseignants. Faire des inspecteurs des chiens de garde jetés sur les profs. Dresser les profs contre leur ministre et l'institution. La politique suivie par Gilles de Robien pervertit le fonctionnement de l'éducation nationale. Faudra-t-il changer de ministre ou voir se dissoudre l'Ecole ? Il est clair maintenant qu'une riposte syndicale se prépare.
http://www.snuipp.fr/spip.php?article4047
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index111006.php

Installation du Comité d'orientation des programmes
Le ministre de l'éducation nationale a procédé le 18 octobre à l'installation du Comité d'orientation des programmes (COP). Le Cop, qui remplace le Conseil national des programmes, est chargé d'adapter les programmes au "socle commun" défini par le Haut conseil de l'éducation.

Outre des représentants de l'administration, le Cop est composé de personnalités qui animeront chacune un groupe de travail autour d'un des 7 piliers du socle. Les programmes de français sont confiés à Pierre Brunel, un universitaire, et Martine Safra, inspectrice générale. La culture scientifique revient à Jean-François Bach, secrétaire de l'académie des sciences. On se rappelle que celle-ci soutient une expérimentation de fusion des enseignements scientifiques au collège. Le groupe de travail sur les Tice sera présidé par Guy Menant, inspecteur général. Celui sur la culture humaniste, un pôle qui regroupe par exemple l'histoire et la géographie, dépend de Marc Fumaroli, académicien et ancien président de l’Association pour la sauvegarde des enseignements littéraires, dont Pierre Brunel est également un responsable. Le groupe langues est dirigé par l'inspectrice générale Geneviève Gaillard. Monique Canto-Sperber, directrice de l'ENS, participe également au comité 'orientation.
http://www.education.gouv.fr/cid4083/installation-du-co[...]

Les syndicats dénoncent l'autoritarisme de Robien
" Méthode de sinistre mémoire : au ministère de l'Éducation nationale, on travaille désormais sur des listes. On diligente l'inspection générale. S'opposer à la parole du ministre sur l'apprentissage de la lecture, serait-ce un crime ? Pourtant, de paroles, le ministre en abuse, quitte à nier les apports scientifiques comme les programmes nationaux qu'il a lui-même édictés ! Une seule tête, une seule méthode. Voilà donc un ministre en guerre contre ses enseignants, sabrant publiquement leurs compétences professionnelles, jetant le trouble parmi les parents. Au-delà de l'absurde querelle sur les méthodes d'apprentissage de la lecture faite aux collègues de Cp, c'est la conception même du métier d'enseignant, à quelque niveau qu'on l'exerce, qui est ici attaquée". Dans L'Enseignant n°99, Luc Bérille, secrétaire général du Se-Unsa, fustige Robien. Même son de cloche dans Profession Education, la revue du Sgen Cfdt, sous la plume de J.-L. Vileneuve. "Le ministre entretient le trouble dans l'opinion, stigmatise la profession, organise ce qui peut s'apparenter à une "chasse aux sorcières".

Le Snesup-Fsu en appelle à la défense des libertés universitaires. " Nous sommes indignés par l’agression du ministre de l’Education Nationale qui vise tant les enseignants et les chercheurs dans leur travail que les élèves dans leurs apprentissages. Nous condamnons les propos insultants tenus à l’encontre de Roland Goigoux… et son éviction… Nous ne pouvons admettre l’autoritarisme du Ministre qui va jusqu’à menacer les enseignants du premier degré d’une enquête et de sanctions au cas où ils ne se conformeraient pas à la méthode imposée, et à intenter des poursuites disciplinaires contre un inspecteur. Nous sommes scandalisés par le détournement ou la caricature de travaux de chercheurs".
http://www.se-unsa.org/page_enseig.html
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1191.html
http://www.snesup.fr/navigation/general/page.php?ndoc=2[...]

Frackowiak : le dossier est vide
Deux poids, deux mesures. Mais en aucun cas matière à sanction. Un dossier vide". Pierre Fackowiak est cet inspecteur victime d'une procédure de sanction disciplinaire pour s'être exprimé librement à propos de l'apprentissage de la lecture.

Il a pu consulter son dossier administratif. Pour lui, le dossier est vide. Il comprend des appréciations élogieuses de se supérieurs hiérarchiques depuis 1978, un rapport de même nature de l'inspecteur d'académie et un rapport plus nuancé du recteur qui estime que "il semble que je n'ai pas vraiment réalisé que mon statut de responsable syndical et mon engament dans des mouvements pédagogiques ne me mettent pas au-dessus des devoirs et des obligations qui s'imposent à tout fonctionnaire d'autorité et à tout cadre du système éducatif.

La dernière pièce est l'extrait du magazine Femina où P. Frackowiak était opposé à Marc Le Bris. Pour P. Frackowiak, celui-ci y reconnaît ne pas appliquer les textes officiels, ce qui ne l'empêche pas de bénéficier d'une décharge complète de service… L'article n'est en rien une critique des instructions officielles.

Pour Pierre Frackowiak, " comment sortir de cette situation dans le respect de chacun: respect du ministre qui a commis des erreurs mais qui est ministre, respect de Roland Goigoux qui n'est pas un chauffard comme l'a qualifié le ministre mais un chercheur et un formateur reconnu, respect de moi-même qui subit un préjudice moral considérable? Le ministre peut-il faire marche arrière ?... Il conviendrait de le faire d'urgence, avant que le premier ministre et le Président de la République ne se saisissent du problème, car le trouble et la colère des enseignants augmentent chaque jour. Situation complexe qui, au-delà des personnes, porte un préjudice considérable à l'Ecole, entame dangereusement la confiance de la Nation pour son Ecole".

Les médecins scolaires en grève
"La diminution de 1/3 des crédits de vacations service a conduit au licenciement de centaines de médecins vacataires qui travaillent depuis le plus souvent plusieurs années à l’Education nationale. 40% des moyens du service étaient assurés jusqu’à maintenant par des médecins vacataires… A ce licenciement inhumain de nos collègues s’ajoute le fait qu’il n’y ait pas eu de concours de recrutement en 2005/2006 et donc un nombre important de départs à la retraite non remplacé. Dans le dossier de presse j’ai mis un courriel d’une collègue qui lance un SOS. Dans son département, il aura 1 médecin pour 16 400 élèves !... Dans la majorité des académies le service médical est mis en difficulté." Les syndicats Unsa, Fo et Ucsmf des médecins scolaires ont manifesté le 19 octobre pour demander des postes.
http://snmsu.unsa-education.org/ACTION%20DU%2019%20OCTO[...]

Finalement 105 postes aux concours de médecin scolaire
Un arrêté paru au Journal officiel du 3 novembre fixe à 105 le nombre de postes de médecins scolaires mis aux concours. Le 19 octobre, les médecins scolaires avaient fait grève pour dénoncer "une situation catastrophique... des centaines de médecins manqueront".
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index091006.php

Des french doctors aux french teachers
Ce titre est emprunté à Martine Storti, inspectrice générale en charge d'une mission sur l'éducation en urgence. " En quelques années, l'idée a fait son chemin, tant les besoins sont immenses et les crises nombreuses et durables. Pour ma part, j'ai pu prendre la mesure de l'extrême importance de l'éducation, en situations de conflit, de crises et d'immédiat post-crise, à travers différentes missions effectuées au Kosovo, en Afghanistan, en Indonésie, au Sri Lanka, au Moyen-Orient, en Afrique, missions d'évaluation des besoins, de reconstruction et d'équipement d'établissements scolaires, de formations d'enseignants..."

Pour s'en convaincre rien de tel que lire les pages du blog de M. Storti et les documents qui l'enrichissent. Ainsi elle nous invite à découvrir un numéro spécial de la revue Migration forcée qui offre de nombreux exemples sur les politiques éducatives menées après les conflits (Libéria, Soudan, Afghanistan mais aussi Irlande du Nord, etc.). Il fait ainsi réfléchir au lien entre éducation et guerre.
http://www.martine-storti.fr/
http://www.migrationforcee.org/pdf/EducationSup/full.pd[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index170105.php

L'Etat se fera payer les blessures des profs
Le prof trinque, l'Etat encaisse. "Désormais, outre la plainte qui sera systématiquement déposée en justice, toute personne agressant un personnel de l'éducation nationale recevra une facture correspondant au montant de la rémunération versée pendant la période d'arrêt de travail provoqué par l'agression". C'est la principale mesure annoncée par Gilles de Robien lors du séminaire "Etat, prévention et sécurité" présidé par le premier ministre.

Le ministre de l'éducation nationale a également rappelé les mesures préconisées par le Guide remis aux chefs d'établissement, un document déjà présenté par le Café, qui les invite à collaborer étroitement avec la police notamment en transmettant des informations confidentielles.

Robien a également soutenu le projet de loi sur la prévention de la délinquance. Le texte augmente le contrôle des élus locaux sur les familles. " Le chef d'établissement signalera au maire de la commune où sont domiciliés les élèves les exclusions temporaires ou définitives ainsi que les abandons en cours d'année des élèves mineurs de 16 ans. Le Maire pourra alors proposer un accompagnement parental. L'inspecteur d'académie communiquera au maire la liste des élèves domiciliés dans sa commune pour lesquels il aura adressé un avertissement pour absentéisme" a souligné le ministre.
Communiqué ministériel
http://www.education.gouv.fr/cid4148/seminaire-etat-pre[...]
Rappel : Le Café 75
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/75.php


- Vie professionnelle    [ Haut ]

Conseil pédagogique : comment ça se passe ?
"Dans chaque établissement public local d’enseignement, est institué un conseil pédagogique. Ce conseil, présidé par le chef d’établissement, réunit au moins un professeur principal de chaque niveau d’enseignement, au moins un professeur par champ disciplinaire, un conseiller principal d’éducation et, le cas échéant, le chef de travaux. Il a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement". Créés par l'article 38 de la loi Fillon, les conseils pédagogiques doivent, selon la circulaire de rentrée, être mis en place depuis la rentrée 2006 dans les établissements secondaires.

Ni la loi, ni la circulaire ne fixent précisément leur composition. Elles laissent ainsi une opportunité au chef d'établissement pour composer son conseil pédagogique. Selon la circulaire, " il appartient à chaque établissement de déterminer sur cette base (la loi) la composition précise du conseil pédagogique et les conditions de désignation de ses membres. Il convient de veiller cependant à ce que les choix qui seront opérés en la matière fassent l’objet du plus large consensus possible de la part des équipes pédagogiques".

Le rôle du conseil pédagogique est aussi fonction des besoins locaux. "Le conseil pédagogique a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement. Dans ce cadre, le choix des sujets traités et du fonctionnement interne est laissé à l’appréciation du conseil pédagogique, dans le respect de la liberté pédagogique des enseignants et du champ de compétence des personnels de direction".

Qu'en est-il dans votre établissement ? Le conseil existe-il ? Qui le compose ? Quel est son rôle ? Comment est-il perçu par les enseignants ? Aidez nous à faire le point en témoignant sur le blog du Café ou en nous envoyant un message à redaction@cafepedagogique.net.
http://www.cafe-leblog.net/index.php?2006/10/27/36-Cons[...]

Concours : présidents de jurys
Le B.O. du12 octobre publie la liste des présidents des jurys des concours de l'enseignement. Et un rectificatif concernant les épreuves de l'agrégation d'espagnol et de physique.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/37/MENH0602446A.ht[...]
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/37/MENH0601556Z.ht[...]

La fonction de direction
Comment évolue la fonction de chef d'établissement en France et en Europe ? Quels sont les textes de référence ? Comment piloter un établissement ? Odile Jouanne, Crdp du Centre, propose une bibliographie analytique.
http://crdp.ac-orleans-tours.fr/home.php?num_niv_1=1&nu[...]
Article du Café 76
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/76.php

La santé des profs au Salon de l'éducation
" Qui sont celles et ceux qui débutent ou exercent depuis moins de cinq ans leur métier d’enseignant à l’Éducation nationale ? Comment vivent-ils cette prise de fonction ? Sont-ils satisfaits des réalités professionnelles ? Sont-elles conformes à leurs attentes ? Quels besoins suscitent-elles notamment sur le plan de la santé ?" La Mgen, les grandes fédérations syndicales (Fsu, Unsa, Sgen-Cfdt) organisent le 17 novembre un débat au Salon de l'éducation. Il publiera les résultats d'une enquête épidémiologique sur la santé des enseignants.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/IMG/pdf/affiche_salonMGEN[...]
http://www.salon-education.org/articles.php?lng=fr&pg=8[...]

Journée mondiale de lutte contre le sida
Cette année encore, le 1er décembre sera l'occasion de sensibiliser les élèves aux risques du Sida. L'association Sidaction, avec le soutien du ministère de l'éducation nationale, de la Ligue de l'enseignement et de France 5, renouvelle l'opération « Pour la vie ».

Les lycées devraient recevoir courant novembre un DVD présentant un film de 26 minutes sensibilisant les jeunes au risque. Une documentation pédagogique accompagne le film. Enfin France 5 ouvre un site remarquable sur le Sida qui lui aussi propose des pistes pédagogiques.
http://www.sidaction.org/pourlavie/index_html
http://education.france5.fr/sida

Villepin veut "réorienter" les conseillers d'orientation
En marge du rapport Hetzel, le premier ministre a annoncé son intention de réformer le système d'orientation et de "réorienter les conseillers d'orientation". La formule reste vague mais il est clair que les enseignants-chercheurs seront appelés à jouer le rôle de conseillers d'orientation.

Selon l'AFP, le ministère de l'enseignement supérieur annonce dès maintenant que le millier d'emplois supplémentaires affecté aux universités en 2007 sera réparti entre les universités qui mettront en place le rapport Hetzel. Celui-ci est donc déjà adopté ?
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

18ème Semaine de la presse et des médias
L'événement réunit plus de 4 millions d'élèves, 400 000 enseignants, 13 000 établissements, et 1391 médias pour faire découvrir les médias libres aux élèves. La 18ème Semaine de la presse et des médias aura lieu du 19 au 24 mars sur le thème "Découvrir le monde avec les médias". Durant cette semaine, les enseignants sont invités à monter des projets et des activités en lien avec les médias locaux et nationaux. Ils y sont aidés par les conseils pédagogiques du Clemi. Les établissements pourront s'inscrire du 9 janvier au 2 février.

Le B.O. du 26 octobre présente l'opération. L'Expresso l'a annoncé le 8 septembre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/39/MENL0602639C.ht[...]

Manifestation contre l'expulsion d'un prof
A Strasbourg, Amidou Cissé, citoyen malien, enseigne depuis 2005 l'allemand à l'école privée sous contrat simple Michaël, une école Steiner-Waldorf. Il a reçu une invitation à quitter le territoire pour le 12 octobre. Selon l'AFP, une manifestation de soutien a eu lieu à Strasbourg. Le professeur a pourtant reçu l'agrément du rectorat.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Classement des établissements
Le B.O. spécial du 12 octobre publie le classement des collèges, lycées et L.P.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/special7/default.h[...]

- Primaire    [ Haut ]

Un rapport de l'inspection souligne le trouble créé chez les professeurs d'école
"Les dernières semaines ont créé, chez les parents comme chez les maîtres, un trouble préjudiciable à un fonctionnement serein de l'école. Il est aujourd'hui nécessaire de rassurer les parents et de conforter l'action des professionnels de terrain en disant clairement la confiance dans le travail réalisé". Demandé par Gilles de Robien au début de l'année, en pleine campagne médiatique sur la méthode syllabique, le rapport de l'Inspection générale sur "l'application de la circulaire du 3 janvier 2006 et de l'arrêté du 24 mars 2006 sur l'apprentissage de la lecture", rédigé par Viviane Bouysse, Philippe Claus, Michèle Leblanc et Martine Safra, ne cache rien du trouble qui touche les enseignants.

Il souligne autant l'impact de la campagne de Sos Education que les dérapages ministériels. " Au-delà des incidents internes à l’Éducation nationale, qui ne sont pas sans effets sur les personnels enseignants et sur les inspecteurs - tensions dans certains conseils d'IEN, questions vigoureuses dans les instances paritaires -, c'est la publication dans la presse quotidienne régionale d'encarts de l'association SOS éducation qui a suscité de réelles inquiétudes sur le terrain4. L'amalgame fait entre manuel et "méthodes", la mise en cause explicite des enseignants ne sont évidemment pas acceptés de professionnels qui font leur métier sérieusement. Les maîtres se sentent sous surveillance ou remis en cause par des parents inquiets".

Il atteste du sérieux du travail des enseignants. Certes, "la prise en charge de l'hétérogénéité des élèves demeure délicate…, la continuité des apprentissages entre grande section de maternelle et CP est mal assurée". Mais "le temps consacré à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture dépasse souvent ce qui est demandé dans les programmes… les enseignants ont conduit une vraie réflexion sur les supports de l'apprentissage de la lecture…, (ils) ont engagé le travail sur le code qui leur est demandé".

Le ministre a-t-il vraiment changé l'enseignement de la lecture ? L'Inspection sauve les apparences : " Les maîtres du cours préparatoire sont très conscients de la responsabilité qui est la leur. Ils travaillent avec un grand sérieux et prennent à cœur leur mission. La circulaire du 3 janvier 2006 et l'arrêté modificatif des programmes ne leur ont pas posé de problème. Ils mettent en place un apprentissage structuré, probablement davantage et plus tôt qu'ils ne le faisaient, et engagent pour la plupart l'étude systématique des relations graphèmes phonèmes".

Mais ce que montre surtout le rapport c'est que les enseignants ont continué la réflexion amorcée autour des programmes de 2002. Les injonctions du ministre de changer de manuels sont restées lettre morte. Ne cherchez pas de méthode syllabique dans les classes. Selon l'inspection, qui acquiesce à ces choix, les maîtres utilisent Ribambelle, Ratus, Abracadalire, Mika ou Que d'histoires, des ouvrages qui permettent des approches mixtes.

Très logiquement l'Inspection invite au calme. Pour elle, il faut " poursuivre le travail engagé sur le terrain en évitant dans l'immédiat la publication de nouveaux textes". La dernière recommandation sonne fort rue de Grenelle. " Aider les enseignants à retrouver de la sérénité : faire confiance aux maîtres de CP et aux cadres intermédiaires, qui ont montré dans leur immense majorité leur engagement et leur sérieux. Si possible, en communication publique, tendre à corriger les représentations mécanistes qui ont pu s'installer dans le grand public… Les maîtres doivent mobiliser des stratégies et des techniques variées pour prendre en charge la variété des fragilités, des difficultés, des atouts et richesses de leurs élèves. C’est là leur responsabilité, c’est là que réside leur expertise professionnelle, qui peut certes être perfectionnée mais qui doit être respectée".

Le rapport de l'Inspection amènera-t-il le ministre à condamner la campagne de Sos Education ?
http://media.education.gouv.fr/file/39/9/3399.pdf

Réactions au rapport de l'Inspection générale
"Avec le style diplomatique et la réserve traditionnelle de l'inspection générale, ce rapport sera un temps fort et peut-être un point final à un débat qui a fait du tort à l'école primaire, et finalement aux élèves" a déclaré au Café pédagogique un inspecteur très engagé dans le débat actuel sur l'apprentissage de la lecture.

"Au moment où l'un des leurs est toujours sous le coup d'une procédure disciplinaire, le corps des inspecteurs du premier degré est considérablement mis en valeur. Son action, sa détermination, la qualité des initiatives prises en accord avec les inspecteurs d'académie, les outils apportés et les aides conçues avant même la diffusion des documents du ministère, sont justement soulignés.

Au moment où la médiatisation des débats conduit à une simplification extrême des questions d'apprentissage, le rapport rappelle que l'apprentissage de la lecture est complexe, qu'il nécessite un engagement inscrit dans la durée, avec de la formation, avec un accompagnement des inspecteurs et conseillers pédagogiques, que les pratiques pédagogiques s'élaborent progressivement, sous entendant qu'il n'est pas possible de les modifier brutalement sur injonction.

Les points faibles soulignés dans la rapport sont connus depuis longtemps: l'articulation maternelle / CP, la place de l'écriture aussi bien dans le domaine du graphisme que dans celui de la production d'écrits, les faiblesses au niveau de la compréhension et la prise en compte de l'hétérogénéité des élèves. Ils font l'objet de recherches, de formations, d'animations pédagogiques spécifiques, de productions, depuis de nombreuses années et les injonctions sur la pratique du b-a ba dès la rentrée seraient plutôt contre productives pour la résolution des problèmes posés.

Un chapitre important est consacré au malaise engendré dans les écoles par les débats et les campagnes de dénigrement de groupuscules ou d'individus qui ne respectent ni l'Ecole ni les enseignants ont fait des dégâts dont il est encore impossible aujourd'hui de mesurer l'ampleur. Aussi la première recommandation de l'Inspection Générale, dans sa grande sagesse, est de souhaiter que le travail engagé, donc depuis longtemps, "se poursuive sur le terrain en évitant dans l'immédiat la publication de nouveaux textes" et que des mesures soient prises pour "aider les enseignants à retrouver la sérénité" Si le ministre pouvait entendre ses inspecteurs généraux.... "


De son coté, Sos Education dénonce "le discours mensonger" de l'Inspection générale.
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index081106.php
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Journée d'action des directeurs le 22 novembre
"Contrairement à ce qu’affirme le ministère, le mouvement des directeurs et directrices d’écoles se poursuit". Le Snuipp et le Sgen-Cfdt réagissent à la déclaration du ministère annonçant la fin du mouvement des directeurs. Ils soulignent que "30% des enquêtes de rentrée, malgré les pressions du ministère, sont toujours bloquées". Les deux syndicats, qui n'ont pas signé le protocole d'accord proposé par le ministère, demandent une meilleure reconnaissance de la fonction de directeur.

Le Snuipp-Fsu et le Sgen-Cfdt appellent "leurs organisations départementales à faire du mercredi 22 novembre une journée nationale d’actions".
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1219.html

L'Université d'automne de La Londe refait l'Ecole
Ca fait six ans que ça dure, et manifestement ça ne se guérit pas. Plus de 400 enseignants des écoles qui traversent la France et paient leur place pour aller entendre, trois jours durant, une quarantaine de chercheurs en éducation… L'attrait de la mer et de l'été indien varois ? Certes, le bonus est apprécié. Mais il faut attendre la fin de la soirée (ou parfois la nuit) pour voir errer quelques grappes prenant l'air. Parce que de 8h 30 du matin à 22h, ça carbure… Toutes les deux heures, changement de cavalière. Le speed-dating de la pédagogie, le coq-à-l'âne professionnel : les maths, l'EPS, le sexisme à l'école, la maternelle la littérature de jeunesse, la place de l'art à l'école, la notation, l'informatique, l'école rurale, l'usage de sa voix (eh oui, c'est le premier outil professionnel…), la liaison CM2-6e… Comment choisir ?

Cette année encore, il a bien fallu constater que la potion a pris. Certes, les débats ne se sont pas forcément limités à l'empathie, thème de la conférence en plénière de Boris Cyrulnik : Goigoux ne s'est pas gêné pour discuter en toute franchise de ce qui fâche en lecture, Guérin a prôné le changement de structures scolaires en essuyant les doutes de la salle devant les carences de pilotage institutionnel, MC Courteix a défendu bec et ongle la nécessité de l'intégration des élèves handicapés, face à une salle confrontée chaque jour aux manques de moyens d'accompagnement, Garcia-Debanc a prôné un enseignement exigeant de l'ORL, Brissiaud et Charnay ont développé avec verve leurs options pour les maths…

Découvrez le dossier spécial du Café sur l'université d'automne du Snuipp.
http://cafepedagogique.net/dossiers/univsnuipp06/

Robien boutefeux de l'Ecole pour les instits
"Depuis près d’un an, vous entretenez le trouble dans l’opinion publique sur l’apprentissage de la lecture et professez le simplisme pédagogique en la matière. Vos prises de position, souvent caricaturales et aux fondements scientifiques contestés, s’opposent aux contenus même des programmes que vous avez signés. Comment pouvez-vous déclarer en effet que « seule la synthèse (méthode syllabique) doit être employée à l’exclusion de toute autre » alors que les programmes indiquent sans ambiguïté qu’il faut recourir à deux procédures : l’approche synthétique (des lettres vers le mot) et l’approche analytique (du mot vers les lettres) ? Comment pouvez-vous prétendre, monsieur le ministre, que la méthode syllabique est la meilleure méthode d’apprentissage de la lecture alors que, par le passé, avant même que l’on parle d’approche globale de la lecture, près d’un jeune sur deux sortait de l’école sans aucun diplôme ?"

Ils sont tous là : les mouvements pédagogiques (Crap, Afef, Ageem, Icem, Gfen etc.), les syndicats du primaire (des maîtres Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Snuipp, des inspecteurs Si.en-Unsa, Snpi-Fsu), parents de la Fcpe, Ligue de l'enseignement à dénoncer l'aventurisme de Robien.

"Monsieur le ministre, vous affichez publiquement des positions qui sont en contradiction avec celles des programmes que vous avez signés. Vous déformez délibérément les résultats aux différentes évaluations pour pouvoir prétendre que les élèves ne savent plus lire et que l’Ecole est en danger. Vous écartez des chercheurs reconnus des dispositifs de formation sous prétexte que leur parole n’est pas en conformité avec votre discours. Vous menacez les enseignants du premier degré d’une enquête pour vérifier s’ils appliquent vos consignes et à l’inverse, vous soutenez officiellement les promoteurs du retour aux méthodes pédagogiques d’il y a un siècle et qui sont en contradiction avec les programmes officiels actuels. Vous engagez les parents à dénoncer les maîtres qui n’appliqueraient pas une méthode exclusivement syllabique, alors qu’ils n’ont pas les compétences pour identifier la méthode utilisée et que ce n’est pas leur rôle. Jusqu’où irez-vous monsieur le ministre, dans le dénigrement des enseignants et le mépris des parents ? Jusqu’où ira votre acharnement ?... Aussi, nous vous demandons, monsieur le ministre, de cesser de caricaturer l’apprentissage de la lecture, de mettre en cause la formation des enseignants et d’entretenir la suspicion au sein de notre système éducatif, car en faisant cela, c’est vous qui mettez l’Ecole en danger".
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=061012

Deux chercheurs évoquent le "charlatanisme" de Robien
[img=ouzou.jpg: André Ouzoulias Photo CP]
"Lorsqu’il fait croire aux français que c’est la recherche scientifique qui l’a conduit à imposer aux maîtres de CP la méthode syllabique, Gilles de Robien commet une charlatanerie". Dans un texte envoyé au Café, Rémi Brissiaud, maître de conférence de psychologie cognitive et André Ouzoulias, professeur à l'Iufm de Versailles, ne mâchent pas leurs mots.

Après avoir démontré l'inanité des propos ministériels sur l'apprentissage de la lecture, ils en montrent les conséquences. "Gilles de Robien veut apparaître comme le ministre qui a rendu obligatoire la méthode syllabique à l’école. Cette campagne fait les délices de nombreux médias. Hélas, elle est efficace : qui peut s’opposer à un ministre qui défend la « bonne méthode », celle qui est recommandée par la science ?... Et pour bien montrer sa détermination, le ministre n’hésite pas à faire preuve d’autoritarisme : menaces de sanctions, enquêtes disciplinaires, évictions… Tous les procédés sont bons pour se forger l’image du « ministre de l’éducation nationale qui, enfin, ose réformer l’école ». Mais l’opinion doit savoir que la méthode qu’il présente comme un remède miracle, par le passé, a prouvé sa nocivité. Elle doit savoir de plus qu’un climat détestable s’est installé dans de nombreuses écoles, où certains parents d’élèves, se sentant encouragés par le ministre, jettent le soupçon sur les maîtres de CP et cherchent à exercer un contrôle pédagogique tatillon. Cela ne peut que nuire à la réussite des élèves dans l’apprentissage de la lecture. Celui-ci, en effet, exige la coopération de l’école et des familles, dans le cadre d’un dialogue authentique mais confiant".

Hier Jean-Emile Gombert, professeur de Psychologie du développement cognitif, appellait ses collègues à la grève contre les errements ministériels. Aujourd'hui deux spécialistes réagissent sans ambiguïté. Demain ?...
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/lectur[...]

Le web plus fort que Robien ? Première grève des sites éducatifs du primaire
"On assiste à l'institutionnalisation d'un "pédagogiquement correct" purement idéologique, porté par un mouvement de "c'était-mieux-avant-ma-brave-dame" particulièrement irrationnel (et clairement hostile à l'école publique). Il est très difficile de contrer un discours populiste et réducteur de style "yaka-fokon" et l'on voit bien que les enseignants, les didacticiens ou même les IEN qui se risquent à le faire y laissent des plumes. Un pas supplémentaire a été franchi avec cet appel à la délation d'un autre temps. Les partisans de "Sauvez les lettres" qui naviguent, même si certains s'en défendent, dans la même mouvance que SOS Education, ont déjà commencé à pointer les sites Web qui leur déplaisent. Il est évident que ce n'est qu'une question de temps avant qu'une campagne de mise à l'index de ces sites soit proposée. Par ailleurs, cette action est un moyen de faire savoir aux enseignants de CP que certains de leurs collègues qui enseignent à d'autres niveaux sont conscients des responsabilités que d'aucuns cherchent à leur faire porter, et des pressions qu'ils subissent".

Pour Bruce Demaugé-Bost, webmestre du "petit abécédaire de l'école", la décision de fermer son site ce 18 octobre s'impose. Ainsi plus d'une trentaine de sites français dirigés par des instits sont en berne aujourd'hui. Motif invoqué : " Les enseignants tentent aujourd'hui de travailler, tant bien que mal, dans un climat détestable : entre la "com" d'un ministre qui contredit les textes officiels signés par ce ministre lui-même et les travaux des chercheurs en didactique tronqués de manière éhontée, un élément fondamental de notre métier est attaqué : la liberté pédagogique. C'est cette composante qui permet aux enseignants d'adapter au mieux leurs pratiques aux besoins de leurs élèves. Aujourd'hui, un nouveau pas est franchi par une association populiste… Via la presse régionale, "SOS Education" engage les parents à dénoncer les enseignants qui n’appliqueraient pas à la lettre les « recommandations médiatiques » du ministre.

Or, ces recommandations se trouvent éloignées du réel contenu des textes officiels qui cadrent notre travail. La chasse aux sorcières est lancée : formateurs, inspecteurs, manuels et enseignants sont lapidés dans l’arène médiatique. Combien de temps faudra-t-il attendre pour qu'une chasse aux sites "subversifs" soit engagée ? Cette situation devient intolérable et détruit peu à peu les relations de confiance que nous essayons de construire avec les parents. D’autre part, certains de nos collègues ne prennent pas la mesure de l’inquiétude des enseignants des classes de CP. Il est temps de jouer un rôle dans ce débat".

Le petit abécédaire de l'école
http://bdemauge.free.fr/

40 sites pédagogiques fermés le 18 octobre
Nous en avons compté 44. Plus de quarante sites pédagogiques ont suivi l'appel lancé par quelques enseignants du primaire et fermé leur site mercredi 18 octobre. Parmi eux, des serveurs très connus des enseignants du primaire comme, par exemple, le site de l'association des formateurs Tice, Le petit abécédaire de l'école, Maternailes, L'encrier, le bulletin de la Pmev, siteinstit, pragmatice etc. Cette grève virtuelle est une forme d'action nouvelle. Elle s'est imposée spontanément.

Les participants ont dénoncé "le discours populiste et réducteur" du ministre à propos de la lecture, son autoritarisme ainsi que la campagne de délation menée par Sos Education.

" Je souhaite juste faire mon travail, mettre en oeuvre les instructions officielles par les chemins les plus adaptés aux enfants, tous différents au sein d'une classe, tous différents d'un quartier à un autre, d'une banlieue à une autre" nous explique Christine, webmestre de Maternailes. " Sans la confiance des familles, que ce climat rogne petit à petit, les enfants de nos classes auront bien du mal à s'engager dans des apprentissages potentiellement "suspects".

Elle a reçu des messages de soutien de collègues : "Je vous remercie pour cette action et pour ce papier qui fait du bien". C'est une phrase qu'on a retrouvé souvent sur les forums du premier degré. Oui, l'enseignante de terrain que je suis a mal à l'école : savoir qu'on est pas seule réchauffe un peu. Mais celui qui paie le prix fort de ce climat de méfiance, c'est l'élève".
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--info[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index181006.php

Lecture : les chercheurs contredisent Robien
" Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l'enseignant prend soin d'enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l'automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.

Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n'y a donc pas lieu d'exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n'y a notamment pas lieu de leur imposer l'usage d'une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique")"
. A l'initiative de F. Ramus et R. Brissiaud, vingt deux chercheurs (dont M. Fayol, R. Goigoux, J.-E. Gombert, L. Sprenger-Charolles etc.) condamnent les déclarations du ministre de l'éducation nationale en faveur de la méthode syllabique. Ils démentent particulièrement ses affirmations selon lesquelles il ne ferait qu'appliquer les résultats des travaux des scientifiques.

Certains s'étaient exprimés sur ce sujet ces derniers jours sur le site des Cahiers pédagogiques en prenant des distances avec les propos ministériels. Depuis il y a eu l'appel à la dénonciation de Sos Education et la mise en route de la procédure contre P. Frackowiak. Ce nouveau texte clarifie leur position.

Cette déclaration est-elle susceptible d'arrêter les provocations, les menaces et les sanctions ? Est-il de nature à rassurer les parents et à ramener la confiance dans les écoles ? On peut en douter. En février 2006, dans un article publié par le Café, dix-huit chercheurs avaient déjà condamné la méthode syllabique.
http://www.lscp.net/persons/ramus/lecture/lecture2.html
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_art[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/ramus.[...]

Evaluation nationale de CE1 : exercices mal ciblés ou trucage délibéré ?
Les résultats sont-ils en baisse ou les exigences en hausse ? Pour la première année, les évaluations des élèves de CE1 sont généralisées dans toutes les écoles de France. Et les premiers résultats inquiétants.

De nombreux témoignages recueillis depuis quelques semaines nous permettent d’ores et déjà de pointer un problème majeur : les épreuves retenues (et les instructions en matière de codage de résultats) mettent en difficulté une proportion d’élèves sans commune mesure avec les résultats des années précédentes. De nombreuses classes affichent un pourcentage d’élèves identifiés " en grande difficulté " supérieur à 60%.

Résultat, ici, un inspecteur prend conscience du malaise et suspend toute passation. Là c'est un inspecteur d'académie qui fait état publiquement de ses doutes sur la validité du protocole retenu. Partout, les circonscriptions sont débordées par la demande de livrets « B » supplémentaires.

Pour certains items, la distorsion est flagrante avec le protocole de l’an passé. Ainsi la double page de l’exercice 1, demandant aux élèves de choisir les mots correctement orthographiés en dessous de leur image, également présente dans les évaluations de CE2, est massivement échouée, en particulier du fait du codage prescrit : zéro défaut imposé.

Evidemment, quelques âmes mal pensantes suspectent la manipulation, en ces temps de polémique médiatique sur la lecture : le meilleur moyen de pouvoir dire n’importe quoi sur la question, c’est de casser l'échelle du thermomètre pour ignorer l’état de la fièvre. Annoncer publiquement une inflation de difficultés scolaires en début de CE1, ne serait-ce pas le dernier argument d’un ministre acculé à la gesticulation médiatique pour assurer son propos sur " tout fout le camp " ?

"Pourtant", explique Michèle, suivant depuis plusieurs années ses élèves en cycle II en ZEP, "les résultats de la cohorte de cette année ne sont ni pires ni meilleurs que ceux de l’an passé. Mais je suis sûre que les exercices choisis et la manière de coder entraînent une performance aux tests bien plus négative".

Pour ne pas céder à la paranoïa, il faut revenir sur la genèse de cette évaluation. Sa construction a été produite, de 2002 à 2004, par un groupe très hétérogène autour de la Desco (Direction de l’Enseignement Scolaire du ministère de l'éducation nationale) et de la Dep (Direction de l’Evaluation et de la Prospective). Constitué de chercheurs (linguistes, psychologues, didacticiens), de représentants de l’Inspection Générale, d’acteurs de terrain (IEN, CPC, enseignants), ce groupe s’est posé toutes les questions nécessaires pour "cadrer" cet exercice. Quelle part pour la numération ? Et les pseudo-mots ? La production d’écrit ? Les activités de compréhension ? Quel niveau de vocabulaire exiger pour les textes proposés à la lecture des élèves ? Quel niveau de langue ? Quel codage des items ? Combien de temps de passation ? Selon quelles modalités ? Quels items sont réellement basiques, prédicteurs des difficultés ?… Le codage des résultats a été lui aussi au centre de discussions passionnées : à quel niveau d’échec va-t-on demander à l’élève de passer la partie complémentaire de l’évaluation ? 3/ 15 ? 5/15 ? 8/15 ?

A partir du travail statistique réalisé dans cette première phase, les items retenus avaient été choisis pour arriver, en moyenne, à un taux de réussite de 85% de bonnes réponses à la première épreuve, afin de bien identifier ces 15% d’élèves dont on sait qu’ils posent problème à l’Ecole. Evidemment, ce 15% est inégalement réparti sur le territoire national : dans certaines ZEP, on peut arriver parfois à 50%.

Mais cette année, les résultats semblent montrer une aggravation conséquente des résultats : hors ZEP, les élèves en difficulté sont souvent 30 à 40%, pour monter à 80% dans les zones ZEP. Dans ces conditions, il y a fort à parier que l'évaluation nationale ne puisse aider en rien les enseignants pour adapter leur enseignement.

Difficile de savoir qui a décidé de la forme finale que prendrait le protocole. La Desco est aux abonnés absents et le groupe de pilotage qui avait monté le protocole initial a été dispersé. Pour le moment, au ministère, on affirme attendre les remontées du terrain pour la mi-novembre. On veut croire que les enseignants ont peur de la nouveauté. Comme si ce genre d'évaluation était inédit.

Si le ministère veut montrer que ce dérapage est autre chose qu’une manipulation supplémentaire pour truquer les chiffres, il va falloir qu’il fasse rapidement quelque chose. S’il ne dit rien d’audible, il sera une fois de plus contreproductif, faisant douter encore plus les enseignants de l’utilité de centrer leur activité sur les évaluations diagnostics, qui sont pourtant un outil efficace pour accompagner les maîtres dans la compréhension des difficultés des élèves. (Avec Patrick Picard)
L'évaluation en CE1 sur le site de la Desco
http://eduscol.education.fr/D0069/aide-evaluation-ce1.h[...]
Quelles difficultés ont les enseignants avec les évaluations institutionnelles ? (pdf)
http://zep89.ouvaton.org/pp/DiffEvalEnseign.pdf
Le même document, avec les annexes (pdf 3 Mo)
http://zep89.ouvaton.org/pp/PICARD_CE1_EVAL_COMPLET.pdf

Les inspecteurs en grève du zèle pour soutenir P. Frackowiak
"Les inspecteurs suspendront toute action de formation ou d’information dans le domaine de la lecture-écriture. Enfin, ce message de soutien à notre collègue sera lu en préambule de toute réunion institutionnelle (CAPD, CTP, CAPA, conseil d’inspecteurs), puis les inspecteurs préciseront qu’à l’issue de ce message ils n’ont rien d’autre à dire tant que l’honneur de notre collègue n’aura pas été totalement lavé, et en conséquence ils seront présents mais se tairont !" Il est rarissime que les cadres du système éducatif en viennent à des actions de ce genre. L'exaspération est à son comble au Sien-Unsa, le principal syndicat d'inspecteurs de l'éducation nationale, après les menaces de sanction contre P. Frackowiak.

Le ministère reproche à cet inspecteur des propos critiques envers la politique ministérielle d'apprentissage de la lecture dans une revue régionale. Celui-ci maintient ses propos et rappelle qu'il les a tenus également en tant que représentant syndical. Il bénéficie du soutien des mouvements pédagogiques et des organisations syndicales, dont un syndicat d'IPR. "Si les inspecteurs sont par nature loyaux et prêts à défendre les réformes nécessaires pour que tous les élèves réussissent mieux à l’école, ils ne peuvent accepter les diktats et le mépris qui prévalent actuellement au plus haut niveau de l’Etat" ajoute le Sien-Unsa.

Une nouvelle affaire attise les braises : les publicités publiées par Sos Education dans plusieurs quotidiens. Le Sien et l'association nationale des conseillers pédagogiques (Ancp) "dénoncent le caractère dogmatique et mensonger de la publicité insérée dans plusieurs quotidiens régionaux par l’association SOS Education. Sous couvert d’une pseudo-légitimité résultant d’une lecture orientée des consignes ministérielles, les responsables de cette association incitent les usagers de l’école à une forme particulièrement répugnante de délation. Cette démarche choquante fait fi du dialogue entre enseignants et parents que les programmes officiels présentent comme une priorité. Elle n’est pas sans rappeler des heures sombres de notre histoire, impression confirmée par la malhonnêteté des arguments avancés".
http://www.unsa-education.org/sien/

Lecture : Robien recule
"Suite à un courrier de Pierre Frackowiak, le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a pris acte de ses regrets et a pris bonne note de l'affirmation de sa loyauté à l'égard des textes officiels". Le communiqué du 31 octobre de G. de Robien ne promet pas l'enterrement de la procédure disciplinaire lancée contre Pierre Frackowiak, cet inspecteur de l'éducation nationale poursuivi pour avoir critiqué la méthode préconisée par le ministre. Mais pour l'intéressé, il "va dans le sens de l'apaisement… Je (l)'interprète comme un pas vers une issue positive de la procédure disciplinaire".

Le même jour, selon l'AFP, Roland Goigoux a appris qu'il pourrait participer à deux séminaires officiels de formation sur la lecture.

Récemment 22 chercheurs avaient publié un communiqué contredisant les déclarations ministérielles. Depuis plusieurs semaines, les interdits lancés contre R. Goigoux et P. Frackowiak avaient mobilisé les syndicats. Le Sien (Unsa), principal syndicat des inspecteurs, avait lancé un mouvement d'action inédit dans les rectorats.
http://www.education.gouv.fr/cid4127/le-ministre-prend-[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index201006.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index191006.php

Convention avec l'Usep
Le ministère publie la convention ne liant à l'Union sportive de l'enseignement du premier degré (Usep). Elle prévoit l'organisation de rencontres sportives et le développement de l'apprentissage à la vie civique et associative.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/37/MENE0602407X.ht[...]


- Collège    [ Haut ]

La séquence d'observation en milieu professionnel
Organisée en troisième, elle est obligatoire pour tous les élèves. Sur EduScol, une page présente les textes officiels et le calendrier d'organisation.
http://eduscol.education.fr/D0072/sequobs3e.htm

Le ministère a programmé la suppression des IDD pour 2007
"La suppression des itinéraires de découverte en 5e … est censée intervenir en 2007 au moment où serait introduite la seconde langue vivante". Cette information est cachée en page 70 du rapport d'audit sur la grille horaire des lycées. Le document analyse les prévisions budgétaires du ministère de l'éducation nationale.

La Direction des affaires financières du ministère a prévu de récupérer les 3 600 équivalents temps plein correspondant aux IDD pour financer le déploiement de la seconde langue en 5ème. Comme les TPE, largement amputés l'an dernier, les IDD sont un dispositif innovant qui invite les élèves à effectuer une recherche sur un thème croisant deux disciplines. Il leur permet de se familiariser avec les outils de recherche et d'accéder à davantage d'autonomie dans leur travail.
L'audit
http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/performa[...]

Sections internationales : admission et évaluation
Le B.O n°38 publie trois textes qui fixent les conditions d'admission, d'organisation et d'évaluation dans les sections internationales de l'école au lycée. Ainsi, au collège, "le dossier doit comporter les pièces justifiant les conditions d'admission suivantes : pour les élèves français, être issus d'une section internationale d'école ou avoir effectué tout ou partie de leur scolarité dans un pays où est parlée la langue de la section ou attester d'un niveau suffisant dans la langue de la section ; pour les élèves étrangers, attester d'une connaissance suffisante de la langue de la section et du français". Un arrêté définit les épreuves de l'option internationale au bac. L'Expresso a annoncé ces textes le 2 octobre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/38/MENE0601957D.ht[...]
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/38/MENE0601959A.ht[...]
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/38/MENE0601958A.ht[...]

- Lycée    [ Haut ]

Concours général
Une note publiée au BO du 18 octobre fixe le calendrier des épreuves du Concours général. Deux innovations cette année : le chinois en série générale et la fixation d'un maximum de 8% de candidats par lycée.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/38/MENE0602516N.ht[...]

- Professionnel    [ Haut ]

Quatre Cap modifiés
Le B.O. n°37 publie 4 arrêtés modifiant le règlement d'examen des cap "mouleur-noyauteur", "doreur à la feuille", menuisier et "ferronnier". Première session en 2008. Ils avaient été annoncés dans L'Expresso du 28 septembre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/37/default.htm

Dossier spécial    [ Haut ]
- L'orientation des lycéens et le rapport Hetzel

Rapport Hetzel : de l'orientation au sens unique
Commandé en avril 2006, le rapport de la Commission du débat national université – emploi, présidée par le recteur Hetzel, doit apporter des réponses à l'angoisse des étudiants et des lycéens devant leurs difficultés d'accès à l'emploi. Sensé éteindre les feux de la lutte anti-CPE, il risque pourtant de mobiliser les lycéens et les étudiants.

Un rapport nécessaire."Les taux d’échec dans certaines filières, ou l’existence d’effectifs importants dans des filières avec très peu de débouchés, constituent un gâchis humain et fragilisent l’ensemble de notre système d’enseignement supérieur" Le rapport Hetzel a évidemment raison de souligner le fort taux d'échec dans l'enseignement supérieur : 80 000 sorties sans diplôme .universitaire par an, un étudiant sur trois contraint de redoubler ou se réorienter. La situation des bacheliers technologiques et professionnels est encore pire. Seulement 39% des premiers réussissent à décrocher un Deug. Un taux qui descend pour les seconds à 17% ! Il est évident qu'une réaction s'impose devant un tel gâchis.

Mais, puisque le rapport prétend apporter une réponse au problème de l'accès à l'emploi, il faut souligner que ces chiffres, issus du rapport, ne résument pas la situation de la jeunesse lycéenne et étudiante. En mars 2006, au début des manifestations du CPE, quelques mois après la révolte des banlieues, le sociologue Louis Chauvel dénonçait "le sacrifice des jeunes". "Les nouvelles générations connaissent une désespérance profonde et leur soutien au système se délite progressivement : les adolescents des banlieues voient qu'ils n'ont rien à attendre ; les étudiants en licence constatent que leurs diplômes ne leur donnent pas la place que leurs parents auraient eue avec un baccalauréat". Les étudiants ne souffrent pas que de difficultés d'orientation. Ils sont d'abord victimes de l'inflation scolaire qui diminue fortement la valeur de leur diplôme et les contraint à des études de plus en plus longues sans forcément décrocher de diplôme ou de perspectives d'emploi intéressantes. Or il faut bien remarquer que le rapport évacue cette question ou plutôt qu'il la traite de façon déflationniste.

La tentation de la sélection. Car Villepin a beau promettre qu'il refuse la sélection (" Pourquoi entrer dans une logique de sélection? L'essentiel est de faire de tous les diplômes universitaires un passeport de la réussite" affirme le premier ministre dans Le Monde), le rapport Hetzel met fin au bac ticket d'entrée dans le supérieur. Il demande à ce qu'on identifie dès le second trimestre de terminale les élèves qui n'ont pas leur place en université. S'ils s'obstinent et franchissent les obstacles, un bilan les guette à la fin du premier semestre universitaire avec une décision sans appel. Assez hypocritement, le rapport peut promettre qu'il n'y aura pas de sélection à l'entrée en université. Celle-ci est repoussée 3 ou 4 mois après la rentrée universitaire.

Ainsi le rapport Hetzel, s'il était suivi, transformerait profondément la nature du bac et ramènerait les bacs technologiques et professionnels au statut de grades non-universitaires.

Car le problème c'est d'abord les bacheliers technologiques et professionnels. Il apparaît clairement dans le rapport que tout sera fait pour leur barrer l'entrée en université. Cette intention était déjà fortement perceptible avant la publication du rapport dans les annonces ministérielles sur la procédure d'inscription mise en œuvre cette année.

Il faut reconnaître au bénéfice de ce rapport qu'il ne partage pas l'hypocrisie des déclarations ministérielles qui affectent de croire que ces bacheliers arrivent en université par manque d'informations. En réalité, la plupart de ces jeunes savent à quoi ils s'attendent et s'inscrivent en université un peu n'importe où parce qu'ils n'ont pas trouvé de place en IUT ou en STS. Il faut donc saluer le rapport Hetzel quand il demande d'augmenter de 50 000 unités le nombre de places dans ces filières. Dans les perspectives budgétaires actuelles de l'enseignement secondaire on peut douter qu'il soit écouté.
En même temps il faut se demander si cela suffirait pour répondre aux demandes des étudiants. Car le taux d'échec des bacheliers professionnels en STS est de 60%. Celui des bacheliers technologiques en DUT est de 45%. Des taux qui ne sont pas si différents que cela du taux d'échec en université.

Réformer pour ne rien changer. D'autres perspectives s'offraient-elles ? Sans doute une réforme de l'enseignement professionnel et technologique pour faciliter l'intégration de ses élèves dans l'enseignement supérieur court ou long. Quelque chose qui n'est pas forcément utopique puisque, par exemple, la récente réforme de la série STG, la principale filière technologique, est justifiée par cet objectif.

En préférant la sélection grise des conseils au diplôme national, en "oubliant" la question de la misère étudiante (source d'1 abandon sur 10), en n'offrant aucune perspective sérieuse aux lycéens technologiques et professionnels et en laissant planer la menace d'une sélection à bac + trois mois, le rapport Hetzel semble avoir accumulé les risques.

Alors que la France se singularise déjà par un faible nombre d'étudiants dans les filières supérieures longues et un pourcentage élevé de jeunes dans le supérieur professionnel, le dogme de la professionnalisation ne semble pas capable d'aider les jeunes à améliorer leur accès à l'emploi. Les jeunes méritent mieux que la sélection précoce et plus ou moins occulte.


Le rapport Hetzel veut revoir l'orientation des bacheliers
" Les taux d’échec dans certaines filières, ou l’existence d’effectifs importants dans des filières avec très peu de débouchés, constituent un gâchis humain et fragilisent l’ensemble de notre système d’enseignement supérieur. Les propositions que nous formulons dans le cadre de la commission Université-Emploi, visent à réduire drastiquement les taux d’échec en redéfinissant les procédures d’orientation pré et post Bac et à améliorer la dimension professionnelle des formations universitaires par le rapprochement durable de l’université et du marché de l’emploi". Remis au premier ministre le 24 octobre, le rapport Hetzel "De l'université à l'emploi" demande une refonte de l'orientation des étudiants pour améliorer le lien entre entreprises et université.

Relevant le fort taux d'échec en université (80 000 sorties ans diplôme universitaire, un étudiant sur trois qui redouble ou se réoriente à la fin de la 1ère année de fac), le rapport veut apporter des réponses immédiates : certaines pourraient être mises en place dès juillet 2007. Une partie des mesures préconisées par le rapport, comme l'instauration d'un dossier unique d'orientation visé par le conseil de classe, avaient d'ailleurs été annoncées par le ministre de l'éducation nationale fin septembre. Elles devraient arriver dans les lycées dès la fin 2006 :

Dès la terminale, le dispositif d'orientation est revu. Le rapport prévoit une séquence d'orientation qui englobe pré-bac et post bac et couvre les 18 mois de terminale et du premier semestre de fac. Au cours du premier trimestre de terminale, l'élève est sensibilisé à son orientation post bac. En février, chaque élève constitue un dossier unique d'accès à l'enseignement supérieur. En mars, chaque lycée réunit soit une commission d'orientation soit un conseil de classe élargi à des représentants de l'université et des entreprises. Sur la base du dossier de l'élève il se prononce sur les voeux de l'élève. " Le dossier unique d’accès à l’enseignement supérieur comportera un avis du conseil de classe. Les rubriques seront les suivantes : filières STS, filières IUT, filières universitaires hors IUT, CPGE. Pour chacune de ces catégories, le conseil de classe donnera un avis : favorable – réservé – défavorable". Le futur étudiant sera informé sur les taux de réussite dans les filières universitaires.

Le rapport demande que soient pris des décrets privilégiant l'accès des bacheliers professionnels en STS et les bacheliers technologiques en IUT.

Il envisage également d'utiliser les TPE de première pour faire travailler les lycéens sur leur orientation.

En juillet, après le bac, les élèves s'inscrivent en université. Ceux qui sont identifiés comme "posant un problème d'orientation" passent devant une commission universitaire qui leur fait d'autres propositions. "En tout état de cause, c'est l'étudiant qui conserve la possibilité de choisir sa formation" assure le rapport. Mais un contrat est établi entre l'étudiant et l'université. " Chaque université restera libre d’élaborer ses propres contrats types. Ils comporteront explicitement les obligations réciproques. Ce contrat engagera les deux parties à l’élaboration d’un projet de formation et d’insertion".

Cependant, à l'issue du premier trimestre un bilan est effectué. Il débouchera soit sur la poursuite des études, soit sur un redoublement du premier semestre, soit sur une réorientation. Ce qui est privilégié ici c'est la réorientation des lycéens de L.P. vers les STS et celle des bacheliers technologiques vers les IUT. Le rapport demande qu'on ouvre 50 000 places supplémentaires en 5 ans dans ces filières. Seront privilégiés également les dispositifs de formation par alternance.

Professionnaliser les universités. Le rapport préconise également de renforcer les liens entre le monde professionnel et les universités. Par exemple il souhaite rendre obligatoire un module "projet professionnel personnalisé" dans toutes les licences ou encore inciter les universités à développer des dispositifs qui permettent de combiner études et travail.

Le rapport se fixe un délai de 5 ans pour atteindre ses objectifs. " Les conditions minimales du succès consistent à mobiliser plus de moyens et de les assortir de véritables dispositifs d’évaluation. Un plan sur plusieurs années est souhaitable (probablement cinq ans) car la mise en œuvre efficace du rapprochement Université/Emploi ne peut probablement se faire que par la juxtaposition d’objectifs à long terme et d’évolutions programmées".
Le rapport (pdf)
http://www.debat-universite-emploi.education.fr/fichier[...]
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html


Villepin demande un dossier d'orientation dès la 3ème
"Nous allons instaurer un dossier unique d'orientation pour chaque élève : il lui permettra sur une base volontaire d'être éclairé dans ses choix, dès la troisième et jusqu'en terminale" Dans un entretien accordé au Monde, le premier ministre annonce l'élaboration d'un dossier d'orientation dès la classe de 3ème.
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-82692[...]




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