Informations Professionnelles (Café N° 78)

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- A la Une : Une grève évitable mais utile

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Dossier spécial : La formation des maîtres

Édition du 15-12-2006

- François Jarraud -

- A la Une : Une grève évitable mais utile    [ Haut ]

Le ministre de l'éducation nationale met souvent en avant les "24 chantiers" (comme le remplacement des professeurs, la lecture, la grammaire etc.) qui marqueraient son passage rue de Grenelle. Nous lui reconnaissons d'avoir réussi vraiment un 25ème chantier : Gilles de Robien est le premier ministre à avoir réussi à réunir dans une action commune la quasi-totalité des syndicats professionnels de l'enseignement. Tous, soit 15 organisations, malgré leurs oppositions, le Snalc avec le Sgen, le Snlc avec le Snes, Sud-Education avec le Se-Unsa, appellent à faire grève dans le secondaire le 18 décembre.

Des mesures qui ne passent pas.Le motif de la grève est connu. Il s'agit de modifications apportées aux décrets de 1950 sur les "obligations de service des enseignants", principalement sur les décharges dont bénéficient les professeurs dans certains niveaux ou pour certaines activités. Vu de la rue de Grenelle, ces modifications, dont il n'est pas possible de cacher qu'elles ne se justifient que pour des raisons budgétaires (en l'occurrence récupérer 3 000 postes gratuitement) peuvent sembler homéopathiques. Elles le sont par rapport aux mesures envisagées par la suite : récupérer 30 000 postes et diminuer fortement le budget du secondaire. Elles peuvent aussi sembler supportables compte-tenu de l'évolution sociologique du milieu enseignant : féminisation, diminution des ménages composés de deux enseignants. Mais nous pensons au Café que ces mesures ne passeront pas facilement. Nous l'avons expliqué début septembre et, depuis, nous avons vu les associations de spécial
istes
expliquer pourquoi, par exemple en SVT ou en physique, les nouveaux textes sont inacceptables.

Pour autant cette grève était facilement évitable. D'une part les syndicats savent bien qu'une grève à une semaine des fêtes aura du mal à mobiliser. De son côté, le ministère aurait pu relâcher un peu la pression budgétaire et satisfaire telle ou telle catégorie. Ou il aurait pu cibler différemment les victimes. Surtout il lui était facile d'ouvrir des négociations réelles sur les missions des enseignants. Ce n'est pas trahir un secret que dire que les syndicats, unis contre le texte présenté, sont profondément divisés sur les évolutions à apporter au métier d'enseigner. Mais pour cela il faut être capable de négocier… et ce n'est pas une qualité d'un ministre de l'éducation nationale qui semble chercher sa survie politique dans une réputation de "bête noire" des enseignants.

Alors force est de reconnaître à ce mouvement toute son utilité. Nous faisons le pari qu'après un démarrage peut-être lent, il va poser puissamment et définitivement la question du travail enseignant. Indépendamment des nécessités budgétaires, la question devient incontournable à la fois du fait de l'évolution du rapport pédagogique. Les élèves ont de plus en plus besoin d'un accompagnement éducatif qui déborde du cours. Ils supportent de plus en plus mal un temps scolaire haché et éparpillé. Parallèlement, le développement des TIC tend à déplacer le temps scolaire au-delà de celui des cours et cela devrait être amplifié par la construction des ENT. Des événements récents ont mis en évidence que l'idée d'un recadrage du temps enseignant fait son chemin.
La question des décharges
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220906.php

La grève unitaire est votée dans le secondaire
"L’intersyndicale nationale appelle les personnels du second degré à la grève le 18 décembre". L'appel est lancé par 15 organisations représentant 99% des enseignants du secondaire : Cnga, Fep-Cfdt, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Snalc-Csen, Sncl-Faen, Snep-Fsu, Snes-Fsu, Snetaa Eil, Snfolc, Snpefp-Cgt, Snuep-Fsu, Sud-Education, Sundep et Unsen-Cgt.

A l'origine de cette union sans précédent, le projet de décret sur "les obligations de service des enseignants" qui remet en question les décharges. "L’objectif premier de ce texte est de supprimer des postes dans le cadre d’une logique budgétaire qui a déjà conduit à une dégradation sans précédent des enseignements de second degré. Le ministre a clairement exprimé, lors de l’audience qu’il a accordée à l’intersyndicale au bout de 5 semaines, le 29 novembre, qu’il n’entendait pas tenir compte de cette opposition. Le ministre a choisi de passer en force en convoquant le Comité technique paritaire ministériel (CTPM) le 11 décembre et en inscrivant à son ordre du jour le projet de décret. Devant le refus de siéger de la parité syndicale, il re-convoque le CTPM le 18 décembre sur le même ordre du jour. L’intersyndicale réunie le 11 décembre décide en conséquence d’appeler les personnels du second degré à la grève le 18 décembre et à manifester partout en France. Les personn
els signifieront ainsi au Ministre leur double exigence de retrait du projet de décret et d’ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la nécessaire prise en compte des réalités du métier et que soient améliorées les conditions de son exercice".


Grève du 18 décembre : mais que dit le projet de décret ?
"Le projet de décret me concerne-t-il ?"L'Expresso du 12 décembre a rendu compte de l'appel à la grève dans le secondaire, lancé par 15 syndicats enseignants (Cnga, Fep-Cfdt, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Snalc-Csen, Sncl-Faen, Snep-Fsu, Snes-Fsu, Snetaa Eil, Snfolc, Snpefp-Cgt, Snuep-Fsu, Sud-Education, Sundep et Unsen-Cgt) pour le 18 décembre. Depuis vous êtes nombreux à nous écrire pour nous demander des précisions sur ce texte difficilement déchiffrable.

Que dit le projet de décret ? Il réduit de façon drastique l'attribution de l'heure de première chaire aux seules classes préparant une épreuve du bac, excluant les autres classes de lycée et les BTS.

Le calcul des majorations horaires ne se fait plus sur une classe mais sur une "division". Par exemple, tout professeur qui enseigne 8 heures ou plus devant des divisions de moins de 20 élèves voit son service majoré d'une heure. Le cumul de ces deux mesures va frapper de plein fouet certaines sections technologiques par exemple…

Les heures de laboratoire d'histoire-géographie ne donnent plus droit à majoration. Celles de SVT et physique-chimie, suite aux réactions des associations professionnelles, semblent momentanément sauvées. Momentanément, car un nouveaux texte met à la discrétion du recteur la gestion d'heures pour des actions d'éducation et de formation sous contrôle précis de l'administration. Si l'on suit les recommandations des audits qui sont à l'origine du projet de décret, ce texte devrait permettre d'attribuer à des enseignants des tâches administratives, de coordination ou d'appui aux corps d'inspection, générant ainsi une suppression de postes administratifs.

Les professeurs en perte de service et les TZR pourront se voir imposer d'enseigner dans une autre discipline. La bivalence sera d'ailleurs encouragée par des primes spéciales (mais en temps effectif).

En EPS, les 3 heures d'activités sportives ne sont plus de droit mais soumises à contrôle et acceptation par le chef d'établissement. Les heures de coordination rentrent dans le système de déclaration rectorale évoqué ci-dessus.

Le texte répond-il au besoin de faire évoluer le métier ? A l'origine de ce texte, un audit commun aux ministère des finances et de l'éducation nationale. En aboutissement, dans la loi de finances 2007, la récupération de 3 000 emplois d'enseignants à la rentrée 2007. C'est dire que la logique budgétaire encadre totalement le texte.

Mais l'audit a aussi programmé l'avenir. La suppression de toutes les décharges est prévue dans un planning budgétaire établi jusqu'en 2010. Deux faits motivent cette pression budgétaire. D'une part la volonté d'augmenter le budget de l'université sans toucher à celui de l'éducation. D'autre part les besoins en postes d'enseignants créés par la loi Fillon. Cette loi est adoptée et impose des créations de postes que le gouvernement n'envisage de financer que par des économies : ces suppressions de décharges mais aussi une réduction des heures d'enseignement, voire la suppression de certains enseignements.

Même si le texte prétend permettre à une modernisation du métier, son contenu, la nature des décisions, leur histoire, le refus de la réflexion collective, la nature même des mesures prises par ailleurs par le ministre (sur la lecture, la grammaire etc.), tout cela atteste d'une volonté de maintenir l'école traditionnelle en en abaissant le gabarit plutôt qu'un désir de rénovation. On chercherait en vain dans ce texte une définition nouvelle du métier prenant en compte les nouvelles missions des enseignants.

Les syndicats accepteraient-ils une nouvelle définition du métier ? Pour l'intersyndicale " l’objectif premier de ce texte est de supprimer des postes dans le cadre d’une logique budgétaire qui a déjà conduit à une dégradation sans précédent des enseignements de second degré… (Par cette grève) les personnels signifieront au Ministre leur double exigence de retrait du projet de décret et d’ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la nécessaire prise en compte des réalités du métier et que soient améliorées les conditions de son exercice."

Mais si l'intersyndicale a pris une position commune, chaque syndicat motive différemment l'appel à faire grève. Pour le Sgen-Cfdt par exemple, "une définition du service des enseignants basée uniquement sur les heures passées face à une classe n’est plus adaptée aux besoins de l’École d’aujourd’hui. L’urgence est bien la prise en compte générale de toutes les missions des enseignants dans la définition des services". Pour le Snes, " nous sommes particulièrement attachés au calcul du service en heures d’enseignement et la prise en compte des différentes tâches constitutives du métier par une intégration forfaitaire dans le service".
Le projet de décret
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=23[...]
A décrypter à l'aide de l'ancien (pdf)
http://labolycee.org/annexe3_decret50_MinorationService[...]
Un dossier du Café pour y voir plus clair
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/77.php

- Le système scolaire    [ Haut ]

Nouvelle baisse de la dépense d'éducation en 2005
"En 2005, la France a consacré 117,9 milliards d’euros à son système éducatif, soit 6,9% de son produit intérieur brut (PIB) et 1 880 euros par habitant. Hors formation continue, la France, avec 6,3%du PIB, se situe en 2003 au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (5,9 %). La dépense d’éducation est pratiquement stable en euros constants depuis 2003". Voilà ce que nous dit la dernière note d'information du ministère.

En y regardant de plus prêt : la dépense d'éducation représentait 7,6% du PIB en 1995, 7,3% en 2000, 7% en 2004 et 6,9% en 2005. A ce rythme là on rejoindra bientôt le niveau du début des années 1980.
http://media.education.gouv.fr/file/61/7/3617.pdf
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index181006.php

Quand Robien flingue Sarkozy…
" L'Education, c'est un sujet trop sérieux, trop complexe pour tolérer le simplisme, l'à-peu-près, les contre-vérités ou les trous de mémoire !... Un candidat veut rompre avec le règne de l' "idéologie folle" à l'école et dans les I.U.F.M. Eh bien, c'est ce qui sera fait, dès mars 2007, en restaurant une approche réaliste et pragmatique, centrée sur les savoirs fondamentaux : la lecture, la grammaire, le calcul". Mardi 5 décembre, le ministre de l'éducation nationale a convoqué la presse pour l'entendre critiquer trois candidats à la présidence de la République, oubliant au passage, d'ailleurs, Le Pen.

Evidemment il est assez habituel de voir un ministre prendre à partie les candidats de l'opposition. Mais chacun reconnaîtra dans ce premier exemple Nicolas Sarkozy. Fait sans précédent, un ministre de la majorité réunit la presse pour dénigrer le candidat de la majorité ! Celui-ci bénéficie encore d'une seconde correction dans le discours de Robien qui enfonce un ultime clou : "certains ont donc peut-être besoin de cours de rattrapage. Le ministère est à leur disposition pour un soutien individualisé !"

L'événement est aussi imprévisible qu'unique. Quel bel exemple de solidarité gouvernementale ! On aimerait savoir ce que le ministre de l'intérieur et celui de l'éducation nationale vont se dire le 5 au Conseil des ministres…
http://www.education.gouv.fr/cid4274/debat-sur-l-educat[...]

Robien souhaite ouvrir l'école aux entreprises
"Le ministre souhaite que se développent des actions concrètes en faveur des élèves des établissements d'Éducation prioritaire ou des élèves les plus modestes, pour leur permettre de découvrir les différents métiers du monde de l'entreprise, les aider à trouver des stages et bénéficier de bourses, d'accompagnement scolaire ou d'actions de parrainage et de tutorat". Le ministre de l'éducation nationale présentera le 13 décembre une "Charte d'engagement des entreprises au service de l'égalité des chances dans l'éducation". Bouygues, Carrefour, Suez, Accor, L'Oréal, Coca Cola et bien d'autres entreprises participeront à cette Charte.
http://www.education.gouv.fr/cid4293/rapprochement-ecol[...]

Ecole rurale : Le dossier mensuel du Café
Alors que la désertification et l'urbanisation progressent, l'école rurale reste au cœur des interrogations du système éducatif. Ce n'est pas le moindre de ses paradoxes.

"Comment faire pour que les élèves de classes rurales aient des orientations comparables à tous leurs congénères ?" interroge Pierre Champollion. Quelle marque de fabrique impose-t-elle aux élèves ? Celle-ci est-elle positive, comme le laisse entendre S. Connac ? Quelle est globalement son efficacité ? Quelle est son histoire ?

Le Café tente une réponse et vous invite à découvrir ce nouveau dossier mensuel.
Le dossier
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/rurale06/

Convention avec l'Ordre des architectes
" Avec des architectes, les collégiens réfléchiront sur la ville et son architecture, dans une perspective de développement durable. L'Ordre des architectes assistera l'équipe pédagogique dans la mise en oeuvre d'un projet d'éducation à l'environnement urbain et d'ouverture culturelle au patrimoine local. C'est une belle opportunité pour les élèves de découvrir toute la richesse de notre patrimoine, de comprendre l'architecture qui les entoure". Une convention de partenariat a été signée entre le ministère de l'éducation nationale et l'Ordre des architectes pour faciliter ces projets. "Elle permettra également à l'Ordre de parrainer des collégien sélectionnés pour leur motivation pour les métiers de l'architecture" précise le ministère.
http://www.education.gouv.fr/cid4273/partenariat-avec-l[...]

Dès le 1er février, adieu salle et cour fumeur
Le Journal officiel du 16 novembre publie le décret interdisant de fumer dans les lieux publics. Dès le 1er février 2007 il est interdit de fumer "dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public ou qui constituent des lieux de travail ; dans les moyens de transport collectif ; dans les espaces non couverts des écoles, collèges et lycées publics et privés, ainsi que des établissements destinés à l'accueil, à la formation ou à l'hébergement des mineurs". A partir de cette date, les élèves et les adultes ne pourront plus fumer dans la cour de l'établissement.

La salle des profs fumeurs va-t-elle subsister ? "L'interdiction de fumer ne s'applique pas dans les emplacements mis à la disposition des fumeurs au sein des lieux mentionnés… Ces emplacements ne peuvent être aménagés au sein des établissements d'enseignement publics et privés, des centres de formation des apprentis, des établissements destinés à ou régulièrement utilisés pour l'accueil, la formation, l'hébergement ou la pratique sportive des mineurs et des établissements de santé".

Si beaucoup de lycées ont trouvé un compromis consistant à laisser les élèves fumer sur le trottoir, la seconde mesure va toucher les profs privés de salle fumeur. Mais c'est pour leur bien.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Le décret sur l'interdiction de fumer publié au B.O.
Dès le 1er février 2007 il sera interdit de fumer "dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public ou qui constituent des lieux de travail ; dans les moyens de transport collectif ; dans les espaces non couverts des écoles, collèges et lycées publics et privés, ainsi que des établissements destinés à l'accueil, à la formation ou à l'hébergement des mineurs". A partir de cette date, les élèves et les adultes ne pourront plus fumer dans la cour de l'établissement. Les "emplacements mis à la disposition des fumeurs" ne seront plus admis dans les établissements d'enseignement publics et privés, les centres de formation des apprentis, les établissements destinés à ou régulièrement utilisés pour l'accueil, la formation, l'hébergement ou la pratique sportive des mineurs". L'Expresso du 17 novembre avait publié cette information.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/43/SANX0609703D.ht[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index171106.php

Interdiction de fumer : Comment l'appliquer ?
Le tabac est une drogue mortelle et la décision d'interdire totalement de fumer dans les établissements scolaires est sans aucun doute cohérente avec la mission d'un établissement scolaire. Pourtant, justement parce que le tabac est une drogue, son application dans les établissements risque d'être délicate.

Le ministère a annoncé qu'il mettrait en place un site Internet où les chefs d'établissement pourraient télécharger des documents de signalisation. C'est bien. Mais c'est un peu court ! A l'évidence, nombre de chefs d'établissement se demandent comment ils vont, en quelques semaines, réussir à appliquer une politique qui jusque là a été rejetée à de nombreux endroits.

Un lecteur du Café pourrait bien les y aider. Il nous signale une brochure québécoise qui prend à bras le corps le problème et indique des pistes pour chasser le tabac des établissements. Au Québec aussi, le problème s'est posé de façon urgente : la loi interdisant le tabac a été adoptée en juin 2005 avec application au 1er septembre 2006. Elle prévoit une amende pour le fumeur mais aussi pour l'autorité gérant l'établissement si un élève ou un professeur fume, ou si du tabac est échangé dans l'établissement.

Une philosophie : l'approche Ecole en santé. La lutte contre le tabagisme s'ancre au Québec dans une philosophie plus large que le Café pédagogique avait présenté en mars 2006 : l'école en santé. "L’approche suggère d’agir simultanément sur l’ensemble des facteurs-clés du développement des jeunes (estime de soi, compétences sociales, saines habitudes de vie, comportements sains et sécuritaires, environnements favorables, services préventifs)…Basée sur une démarche de planification globale et concertée entre l’école, la famille et la communauté, l’approche vise à construire, à partir des acquis et de meilleures pratiques, une complémentarité et une continuité au sein des interventions".

Cette approche suppose donc du transdisciplinaire et des liens (on va le voir) avec les parents. Il y a aussi l'idée que les adultes doivent être des modèles. "Ce que les éducateurs et les administrateurs font dans une école parle aussi fort, plus parfois, que ce qu’ils disent. Les jeunes découvrent des façons d’être chez les adultes qui comptent pour eux. La mise en cohérence des matières à l’étude avec les façons d’étudier et d’être notés, avec le climat d’une école ou avec les apports des services complémentaires, a une tout autre portée que des exhortations périphériques".

Pour que l'interdiction de fumer soit effective, le rapport québécois met en évidence l'importance de convaincre des groupes clés : le conseil d'établissement, les parents et le conseil des élèves.

Intéressons-nous aux délégués élèves. " Dans l’esprit d’une démarche concertée, la collaboration des jeunes de l’école est essentielle à l’élaboration et à la mise en œuvre de la stratégie. Il est reconnu que leur implication directe dans l’organisation d’actions de sensibilisation auprès de leurs pairs est des plus efficaces pour mobiliser ceux-ci et avoir un effet positif sur leurs attitudes et comportements… La stratégie devrait être conçue de manière à refléter la réalité et les préoccupations du milieu à l’égard du tabac tout en tenant compte des ressources et des activités déjà en place. Les individus qui se reconnaîtront dans les principes de la stratégie trouveront une plus grande motivation à lui apporter leur soutien que ceux qui n’y verront qu’une simple application de mesures restrictives".

Pour le rapport il ne s'agit pas seulement d'élaborer une échelle de réparations pour les fumeurs. Il faut partir de leur sentiment réel. Et pour cela il incite à organiser un sondage chez les adultes et chez les élèves sur leur attitude face au tabac et à l'interdiction. Ces documents serviront également à évaluer l'efficacité des mesures prises.

Enfin il faut aider ceux qui veulent arrêter de fumer et pour cela leur proposer des solutions : parrainages, lien avec les ressources anti-tabac du secteur etc.

Des documents. Le ministère québécois propose les documents capables d'accompagner la stratégie. Lettres aux parents, au personnel et aux élèves. Mémos pour les uns et les autres. Mais aussi des exemples de sondage auprès des grands et des petits pour construire une conscience communautaire sur ce problème.

A l'école québécoise, le tabac pourrait avoir au moins cet avantage indirect : faire évoluer nos représentations et peut-être nos pratiques ?
http://msssa4.msss.gouv.qc.ca/fr/document/publication.n[...]
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index130306.php

Une circulaire rappelle l'interdiction totale de fumer dans les établissements scolaires
"L'interdiction, à partir du 1er février 2007, de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif concerne tout particulièrement les établissements d'enseignement et de formation. En effet, ceux-ci, de par leur vocation même, se doivent d'être des lieux d'exemplarité, de prévention et d'éducation à la santé. A compter de cette date, il sera totalement interdit de fumer dans les enceintes (bâtiments et espaces non couverts) des établissements d'enseignement et de formation, publics ou privés, destinés à l'accueil, à la formation ou à l'hébergement des mineurs, notamment les écoles, collèges et lycées publics et privés, y compris les internats, ainsi que les centres de formation d'apprentis. Cette interdiction s'applique aux personnels comme aux élèves. Le décret réaffirme l'interdiction de fumer dans les espaces non couverts des écoles, collèges et lycées publics et l'étend aux centres de formation d'apprentis. Aucun fumeur ne devra plus être toléré dans les cours de réc
réati
on. De plus, le décret interdit d'aménager des espaces réservés aux fumeurs au sein des établissements d'enseignement"
. L'Expresso du 24 novembre avait attiré l'attention sur cette interdiction totale suite à la publication du décret.

Le ministre la rappelle dans une circulaire publiée au Journal Officiel du 5 décembre. Il invite les chefs d'établissement à apposer une signalisation dans les locaux scolaires, à modifier le cas échéant le règlement intérieur et à informer les personnels et les élèves.

Le tabac est bien une drogue mortelle et le bien fondé de cette mesure ne se discute pas. Cependant, justement parce que le tabac est une drogue, son application dans les établissements risque d'être délicate. On ignore pour le moment si le ministre entend prendre ou préconiser des mesures d'accompagnement. Le site gouvernemental prévu pour procurer des exemples de signalisation (www.tabac.gouv.fr) n'est toujours pas ouvert.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index241106.php

Une circulaire redéfinit les missions du CESC
" L’acquisition des compétences sociales et civiques, déclinée à tous les niveaux de la scolarité dans le cadre des contenus disciplinaires, constitue l’un des piliers du Socle commun de connaissances et de compétences". Une circulaire publiée au B.O. du 7 décembre définit les missions et la composition du Comité d'Education à la Santé et à la Citoyenneté.

Le CESC s'occupe de la prévention de la violence, de l'aide aux parents en difficulté, de l'éducation à la santé et la sexualité. Il comprend le chef d'établissement, les personnels de santé et d'éducation de l'établissement, des élus des enseignants et des élèves, des représentants des collectivités locales. " La mise en réseau des CESC garantit la cohérence et la nécessaire continuité d’une action éducative efficace sur un territoire de la maternelle au lycée, sans pour autant remettre en question les priorités définies dans le cadre de l’établissement à partir du diagnostic éducatif".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/45/MENE0602019C.ht[...]

Crise systémique à l'éducation nationale ?
Directeurs d'école, principaux, proviseurs : cette semaine de novembre va connaître les manifestations de tous les corps intermédiaires de l'éducation nationale. Que tous ces "personnels de direction" (on ne nous en voudra pas d'y inclure les directeurs d'école) manifestent au même moment éveille évidemment l'intérêt.

Ecoutons d'abord leurs revendications pour mieux comprendre ces mouvements. Les directeurs d'école demandent une revalorisation salariale mais ils veulent aussi davantage de reconnaissance pour la fonction et la levée des menaces de sanctions. La situation des principaux et proviseurs est différente. A la différence des premiers, ils ont obtenu d'être un corps particulier. Cela ne les empêche pas de plaider pour l'autonomie, la confiance, la reconnaissance et aussi une revalorisation financière. Les deux mouvements témoignent de tensions accrues avec la hiérarchie. Du côté des directeurs on évoque des menaces de sanction suite à la grève administrative. Du côté des proviseurs on dénonce le "harcèlement textuel" et l'autoritarisme des inspections académiques.

Il faut voir en effet les attentes que l'institution porte sur les personnels de direction. Un récent rapport de l'Inspection générale met carrément le chef d'établissement en position de manager. "Demain plus encore qu’aujourd’hui, un responsable d’EPLE devra être capable d’impulser les choix pédagogiques de l’établissement, d’assurer une gestion financière affinée, pour se dégager des marges de manœuvre dans le cadre de la LOLF, de négocier des conventions locales équilibrées, voire avantageuses avec la collectivité territoriale de rattachement, d’animer des équipes dépendant de plusieurs employeurs". Il deviendrait ainsi à la fois le gestionnaire avisé d'un établissement autonome, le responsable pédagogique de l'établissement et l'interlocuteur des acteurs locaux.

Les personnels de direction se trouvent ainsi au centre de l'évolution du système éducatif. Enseignants d'une école républicaine au départ, ils doivent enfiler le costume de manager sur les injonctions d'une autorité étatique qui semble se désengager.

C'est ce qu'Anne Barrère expliquait dans un article donné récemment au Café. "Les chefs d’établissement sont au centre de ces tensions justement, parce qu’une partie d’entre elles ne sont plus du tout régulées d’en haut par la hiérarchie. Elles viennent aussi largement des configurations locales, de la capacité d’action et de pression des familles, ou d’un état de concurrence larvaire entre établissements créé d’ailleurs en large partie par la diffusion des indicateurs chiffrés. Moderniser, manager au mieux son établissement, cela peut être alors protéger certaines parties du public et non d’autres, ou accepter des élèves en dérogation qui manqueront au collège voisin plus en difficulté…"

Le mouvement des personnels de direction manifeste la crise plus globale de l'Ecole française qui hésite entre plusieurs modèles sans arriver à porter plus longtemps le modèle traditionnel.

La plupart de nos voisins ont opté pour le modèle managérial et l'autonomie des établissements sans qu'on puisse assurer qu'il assure plus de réussite et d'équité dans le système éducatif.
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/76.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index051205.php

Succès de la manifestation du 26 novembre
"Trop souvent, le rapport entre les autorités académiques et les personnels de direction est resté celui de l'ordre et de l'injonction, du harcèlement textuel avec des circulaires inapplicables ou des enquêtes multiples voire des menaces". Le Snpden, principal syndicat des chefs d'établissement (principaux et proviseurs) oppose à cette évolution sa conception de l'encadrement : autonomie et cohérence.

Il dénonce par exemple l'utilisation des Tic : "les nouveaux systèmes informatiques mis en place servent plus de moyens de contrôle des rectorats et des inspections académiques qu'une gestion améliorée des EPLE. Cette conception est inefficace et insupportable".

Le Snpden organisait le 26 novembre, à Paris, une manifestation nationale pour obtenir des moyens, des responsabilités clarifiées, de la confiance et une revalorisation financière.

Succès : un tiers des chefs d'établissement avaient fait le voyage à Paris.
http://www.snpden.org/0_bienvenue/Manif%20SNPDEN%20du%2[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/76.php

Conseil pédagogique : Le belle équipe ne se commande pas
Alors que le premier trimestre se termine, deux mesures Robien cherchent leur chemin dans les établissements : la note de vie scolaire, évoquée dans L'Expresso du 1er décembre, et le conseil pédagogique. Si la première génère plus de troubles que d'apports aux communautés éducatives, la mise en place des conseils pédagogiques semble se faire dans une relative indifférence. Pour autant cette nouvelle structure peut-elle atteindre ses objectifs ? On peut en douter.

Enfin un lieu pour une réflexion pédagogique ! A l'origine du conseil, un rapport de l'inspectrice Ghislaine Matringe qui montrait fin 2005 l'effet positif de structures comparables dans les établissements. "L’enquête de terrain qui a été conduite a permis de découvrir que de nombreux établissements ont progressivement mis en place des structures légères de concertation avec les enseignants, souhaitant dynamiser leur projet d’établissement. Les établissements déjà engagés dans le conseil pédagogique dressent un bilan positif de l’expérience. Plusieurs d’entre eux font état du rôle mobilisateur de ce conseil qui a joué un rôle majeur dans la définition d’une politique pédagogique en faveur de la réussite des élèves" (Voir L'Expresso du 13 octobre 2005).

La loi Fillon, puis la circulaire de rentrée 2006 ont imposé la création du conseil dans les lycées et collèges. "Dans chaque établissement public local d'enseignement, est institué un conseil pédagogique. Ce conseil… a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l'évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d'établissement".

Ni la loi, ni la circulaire ne fixent précisément sa composition. Elles laissent ainsi une opportunité au chef d'établissement pour l'adapter. Le rôle du conseil pédagogique est aussi fonction des besoins locaux. "Le conseil pédagogique a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l'évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d'établissement. Dans ce cadre, le choix des sujets traités et du fonctionnement interne est laissé à l'appréciation du conseil pédagogique, dans le respect de la liberté pédagogique des enseignants et du champ de compétence des personnels de direction". Cette dernière phrase illustre déjà une partie des difficultés qui attendent le conseil…

Là où il existe, le conseil s'occupe de la vie pédagogique de l'établissement. Ainsi, selon un atelier organisé par le Cemea (merci à Maurice Mazalto pour cette information !), le conseil peut traiter du brevet blanc, des résultats des conseils de classe, de l'évaluation. Dans un collège rural il se réunit pour aborder la note de vie scolaire, l'accompagnement scolaire extérieur.

Une structure souvent perçue négativement…. Dès la loi Fillon, le Snes a marqué sa désapprobation devant un texte qui est accusé d'être un instrument d'encadrement des enseignants. Le Snes s'y oppose "refusant que cette structure ne constitue une hiérarchie intermédiaire pédagogique sous la tutelle du chef d’établissement, qu’elle n’élargisse, de fait, les compétences et les interventions des chefs d’établissement dans le domaine pédagogique, et qu’enfin ce ne soit un outil de remise en cause de la liberté pédagogique des enseignants".

Des craintes que l'on retrouve dans les contributions arrivées au Café pédagogique. Ainsi un responsable de formation estime que le conseil va "renforcer le pouvoir du management au détriment des structures de délibération légitimes des établissements… Il confisque la parole". Une documentaliste pose la question de la liberté pédagogique des enseignants menacée par les "petits chefs" du conseil pédagogique. D'où de vives réactions en début d'année dans plusieurs établissements voire parfois au niveau régional.

…mais qui répond à des besoins. Pourtant le conseil est aussi perçu dans certains établissements comme une réponse à des besoins. " Besoins d'échanger sur le métier, de confronter des pratiques entre des équipes de cycles différents, de faire des évolutions de propositions d'évolution du règlement intérieur en fonction des évolutions des publics et des circonstances, besoin d'évaluer en interne un fonctionnement collectif, besoin de trouver des réponses communes" nous dit cette proviseure-adjointe d'un lycée de l'est. Pour une TZR de français, le conseil "est une réelle avancée. Ca nous oblige à"mettre les mains dans le cambouis" et à sortir de nos classes. On peut parler de parcours éducatifs pour les élèves en difficultés, prendre en charge leur orientation, définir les modalités des PPRE, les activités d'aide et de soutien et les activités périscolaires".

Peut-on imposer l'équipe sans la faire exister ? L'établissement où travaille cette enseignante avait déjà, avant la loi Fillon, une structure comparable au conseil. C'est le cas également du lycée de l'est. En fait le conseil se met en place réellement là où le travail d'équipe préexistait. Partout ailleurs il semble que l'installation du conseil soit pure formalité.

C'est que la loi et la circulaire de rentrée ont souhaité la concertation entre les profs mais sans lui donner les moyens de fonctionner. " Dans notre collège, un certain nombre de collègues, dont je suis, sont bien conscients que nous manquons de concertation, notamment en ce qui concerne les projets et actions diverses et leur évaluation : B2i, EEDD, sorties, dossier unique,... Cependant nous refusons le conseil pédagogique car nous comprenons qu'il nous demandera encore du temps… Or il est évident qu'aucune décharge horaire n'est possible pour cette mission. Les collègues qui seraient intéressés sont déjà pleinement investis dans la vie du collège...." écrit une documentaliste.

Pire encore, les réductions de moyens ont énormément diminué la marge de manoeuvre des établissements au point d'assécher les gisements qui auraient pu donner un peu d'air au conseil pour agir sur les horaires élèves. "Le ministère a une curieuse conception de l’autonomie des établissements qu’il met en avant tout au long de ses circulaires surtout quand il s’agit de ne pas fixer les moyens nécessaires à la mise en œuvre des dites circulaires" écrit le Sgen Cfdt. Un problème qui finit par être récurrent dans le système éducatif. On proclame la nécessité d'équipes pédagogiques mais on ne leur reconnaît ni existence réglementaire ni moyens de fonctionnement. On souhaite améliorer l'orientation des élèves mais les professeurs principaux n'ont ni statut ni moyens et la documentation publique sur l'orientation reste payante. On veut renforcer l'encadrement des jeunes mais on diminue le nombre d'adultes dans les établissements…

Pour autant des moyens suffiraient –ils à faire vivre les conseils pédagogiques ? Il faudrait également que le travail en équipe soit institué dans la formation des enseignants, comme le prévoit le projet de cahier des charges, et une autre organisation du travail enseignant. Une perspective qui plaide pour un recadrage général.

Si cette réforme profonde se faisait, il resterait à organiser la liaison entre le conseil et le monde extérieur à l'établissement. Car le conseil peut aussi être utilisé pour refermer l'école sur elle-même. "Dans un petit collège ambition réussite, le conseil pédagogique ne change rien" nous écrit un professeur. "Nous essayons de travailler avec nos partenaires : parents d'élèves, services éducatifs de la ville. Il ne faut pas les évacuer avec un nouveau dispositif". Décidément la concertation a du mal à pénétrer le système éducatif.
http://eduscol.education.fr/D0182/conseilped.htm
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index131005.php
http://www.cafe-leblog.net/index.php?2006/10/27/36-cons[...]

Les pinardiers à l'assaut de l'Ecole : acte II
" La santé est un facteur essentiel de la réussite scolaire et universitaire" affirmait Robien le 28 novembre lors de la Première rencontre de l'éducation nationale pour la santé. Un message qu'il devrait passer à la majorité parlementaire.

Selon Le Monde, deux députés UMP, Philippe-Armand Martin et Gérard Voisin, proposent dans un rapport d'informer les élèves sur "les effets bénéfiques du vin". Il s'agit de montrer "l'originalité et la supériorité du vin français" et de veiller à la santé des enfants en les incitant à la consommation alcoolique. Un programme scolaire spécifique devrait, selon eux, être mis en place.

Cette proposition scandaleuse ne mériterait pas ces lignes si elle n'était la deuxième tentative du lobby viticole d'imposer sa loi à l'Ecole. En juin dernier le ministre de l'agriculture avait menacé de sanctions l'auteur d'un sujet d'examen qui avait osé évoquer les "dangers du vin".
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-84019[...]
Rappel : L'Expresso du 19/06/06
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index190606.php

Le Sgen contre la délation envers les absentéistes
"Sous prétexte d’améliorer la lutte contre l’absentéisme scolaire, un article de loi vient d’être adopté par l’Assemblée nationale permettant aux maires de constituer un fichier informatisé des données à caractère personnel concernant les élèves et leurs familles. Le Sgen-CFDT s’élève très vivement contre le rôle ainsi confié aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement dans la transmission d’informations pour constituer ce fichier. Ceci ne pourra qu’affecter gravement le climat de confiance nécessaire aux bonnes relations entre l’école et les familles". Pour le Sgen, "le réel problème de l’absentéisme scolaire ne sera certainement pas réglé par la stigmatisation ou par ce qui peut s’apparenter à la « délation »"
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1247.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index241106.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index140906.php

Les députés UMP (ré)inventent le B2i
"Je vous propose d’instaurer une initiation pédagogique et juridique de l’outil Internet aux élèves de l’enseignement secondaire. Cette initiation se fera selon leur âge et leur besoin mais aussi en fonction de leur utilisation et consommation d’Internet. Elle comprendra une mise en garde des dangers et une information juridique". Déposée par le député UMP Christian Decocq cette proposition de loi a été signée par une soixantaine d'élus UMP dont on mesurera le sérieux : l'exposé des motifs de ce texte qui veut éduquer les jeunes à Internet n'évoque à aucun moment le B2i, brevet informatique et internet, qui assure depuis des années cette éducation y compris dans sa dimension citoyenne.

De toute façon nos élus n'envisagent pas de la confier à l'éducation nationale. "Elle pourra être dispensée par des professionnels (juristes, gendarmes, police nationale...) qui sont confrontés quotidiennement dans leur mission aux conséquences d’une mauvaise utilisation d’Internet".
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3[...]

Echec du dispositif Défense Seconde Chance
Sur 494 jeunes intégrés lors de la première année des centres Défense Seconde Chance, seulement 215 ont obtenu un emploi ou sont en apprentissage, annonce Libération. Mesure phare du plan gouvernemental pour l'emploi, le dispositif "est destiné à des jeunes identifiés en difficulté scolaire… Sur la base d’un volontariat, ces jeunes ont l’opportunité d’obtenir une formation validée par l’Education Nationale afin de les aider à trouver un emploi dans la vie active". Le budget des centres se monte à 37 millions d'euros.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/221456.FR.ph[...]
http://www.defense.gouv.fr/sites/defense/votre_espace/j[...]
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/interventio[...]

L'UMP publie son programme
Une partie concerne l'éducation. Selon Le Monde, le projet de l'UMP propose "réduction de moitié des élèves par classe dans les établissements scolaires en zone difficile ; droit pour les meilleurs élèves de ces établissements, dans la limite de 5 %, d'intégrer une classe préparatoire ; ouverture d'un internat-réussite dans chaque ville ; liberté pédagogique des enseignants ; autonomie des établissements dont l'évaluation sera rendue publique ; mise en place d'études dirigées dans tous les établissements ; suppression de la carte scolaire ; liberté d'installation pour les établissements privés ; doublement des heures de sport… ; création d'un service civique de six mois ; généralisation du CV anonyme".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-833[...]

Les précaires symboles d'une politique budgétaire
"Des précaires gérés par d'autres précaires : bel exemple d'égalité des chances et d'école républicaine ! " Depuis la rentrée 2006, selon leur collectif, les précaires de l'éducation nationale se sentent lâchés. Ils dénoncent les licenciements massifs en conséquence de la réduction du budget de l'éducation nationale, les contrats de vacation qui remplacent les CDD (200 heures par an soit 3 mois) : l'éducation nationale préfère employer trois précaires par an sur un poste qu'assurer un minimum de continuité pédagogique. Dans l'administration les contrats ne sont plus que de 10 mois.

Des conditions qui seraient difficilement acceptables dans une entreprise privée et qui fleurissent au sein de l'éducation nationale. Les précaires entendent ne pas être oubliés et multiplient leurs interventions.
Le site du collectif
http://cdnt.idf.free.fr/

L'événement : Succès du Salon de l'éducation
"Avec 530 000 visiteurs de tous âges et de tous horizons, la huitième édition du Salon de l’éducation, organisé par la Ligue de l’enseignement confirme son succès" estime la Ligue de l'enseignement.

Elle souligne la richesse et la variété de cette édition : Carrefour du commerce équitable, espaces des livres et des arts, ceux de l’école, le centre de loisirs et l’espace de l’Europe, ou encore les espaces particuliers comme Educatec et Educatice.

Pour le Café, le Salon de l'éducation est un moment précieux pour rencontrer ses lecteurs et échanger avec eux.

La 9ème édition du salon aura lieu du jeudi 22 novembre au dimanche 25 novembre 2007.
http://www.salon-education.org/
Au Salon, les lecteurs ont la parole

Les sectes et l'éducation
"Enfermement psychologique"Les membres de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes ont inspecté la communauté de Tabitha's Place à Sus (64). Cette communauté fondamentaliste ne scolarise pas ses enfants et ceux-ci vivraient coupés du monde et même, selon Le Monde, dans la peur du monde extérieur. La commission a découvert 4 enfants non déclarés comme suivant leur scolarité à domicile.

Cette affaire relance le débat sur la scolarisation à domicile. Les autorités ont souvent à composer entre le risque sectaire et la peur de perdre de vue les enfants. Ainsi, en octobre dernier, la découverte fortuite d'une école clandestine dans une secte au Québec avait entraîné la fuite d'une dizaine d'enfants.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-83750[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/inter/76.php#48

Le Snes appelle à manifester le 20 janvier
Le Snes a arrêté le principe d'une manifestation nationale le 20 janvier contre les projets du ministre de l'éducation nationale. D'ici là, le syndicat fera du29 novembre une "journée nationale d'expression publique" durant laquelle il invite les établissements à organiser des actions.
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=23[...]

Selon La Croix Le Point a tué Signa
"La publication d’un classement des lycées et collèges « les plus dangereux » de France dans le magazine Le Point du 31 août a fait une victime : le logiciel informatique Signa. Cet outil de recensement avait été mis en place à la rentrée 2001 pour centraliser l’ensemble des faits de violence commis dans les établissements scolaires. Chaque année, le ministère publiait un état statistique anonyme (sans citer les établissements) de la violence scolaire. On imagine le choc provoqué par la publication du palmarès… Depuis lors, la plupart des chefs d’établissement ne transmettent plus au ministère les fiches de signalement administratives". Dans La Croix, Bernard Gorce révèle la fronde des chefs d'établissement outrés de cette publication. Du coup on s'interroge sur un autre outil de mesure de la violence scolaire.
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2287752[...]

- Enseignement prioritaire    [ Haut ]

Quelles politiques pour les zones prioritaires ?
Le "Manifeste" lancé par les enseignants de l'Observatoire des zones prioritaires (OZP) vient heureusement réveiller un débat éducatif entraîné ces derniers jours vers des débats qui tiennent plus du comptoir que de la chaire universitaire.

L'OZP pose avec raison la question du pilotage du système éducatif. Il a d'autant plus raison de le faire qu'une sorte de fatalité abandonner la question sociale à elle-même dans le pays. Il n'est pas certain que le dur réveil de novembre 2005 suffise à impulser durablement ce souci social qui manque singulièrement à nos dirigeants. Inutile de rappeler que la loi Fillon "personnalise" les difficultés sociales…

L'OZP a raison également de rappeler que certains établissements zep obtiennent des résultats très supérieurs à d'autres et même à des établissements de centre ville. On peut, par exemple, citer des collèges de l'académie de Nantes où, selon une brochure académique, "des collèges présentant des taux de PCS défavorisées supérieurs à la moyenne académique figuraient parfois dans le peloton des établissements où les élèves réussissaient bien, voire très bien les tests d’évaluation… Là où une forme de fatalité sociale aurait laissé attendre des résultats faibles, on se trouvait au contraire face à de véritables réussites scolaires, en français comme en mathématiques". Et l'OZP indique justement qu'une clé du succès c'est l'existence d'équipes enseignantes stables et communicantes. Un des points positifs du plan Ambition réussite lancé par Gilles de Robien l'année dernière est justement, grâce aux crédits d'heures du "professeur référent", de faciliter le fonctionnement d
e ces
équipes là où elles existent. Il s'est par contre avéré incapable de les faire apparaître ailleurs.

Faut-il pour autant s'en tenir au programme de l'OZP ? L'Observatoire est parfois moins convaincant.

Ainsi peut-on omettre dans les difficultés des zep celles qui sont générées par les établissements eux-mêmes ? Agnès van Zanten, dans L'école de la périphérie, a montré comment,par exemple, les établissements zep étaient amenés pour garder une certaine mixité sociale à hiérarchiser leurs classes et de fait à créer à côté d'une classe "d'excellence",marquée par des options spéciales, des classes faibles où se regroupent les difficultés.

Doit-on également écarter, comme le dit l'OZP, l'effet lié à la taille des classes ? Si certains travaux vont en ce sens, d'autres concluent en sens inverse. C'est le cas des travaux de Thomas Piketty, visés par l'OZP, mais aussi d'études plus anciennes comme celles du programme Star aux Etats-Unis. Elles concluent sur l'intérêt des classes çà effectif réduit pour relever les résultats scolaires. Disons que cela peut être au moins une condition minimum pour une éducation nationale qui se soucierait pas uniquement des filières d'excellence mais aussi des enfants des classes défavorisées.

Et nous revoilà dans la question sociale. Car si l'OZP se soucie de pédagogie, au point de penser, probablement avec raison si on en juge par l'histoire de l'éducation, que ce sont justement les zep qui peuvent faire avancer l'Ecole dans son ensemble, on ne saurait retirer à la question de l'inégalité scolaire ses déterminants sociaux.

Dans "Améliorer l'école (PUF 2006), Marie Duru-Bellat montre "le développement (de l'enfant) est social dès la première heure, avec pour conséquences que les pratiques éducatives parentales exercent une forte influence. Or ces dernières portent la marque des inégalités matérielles ou culturelles qui caractérisent les familles". Ce sont aussi les choix et les stratégies familiales qui creusent les écarts sociaux. Marie Duru-Bellat a beau jeu de rappeler que, au secondaire, "les enfants de milieu populaire visent moins haut que leurs camarades de milieu plus favorisé" et que "les élèves de milieu populaire fréquentent les (établissements) les moins efficaces". Ce qui l'amène logiquement à proposer, pour lutter contre les inégalités, "des politiques dépassant le cadre de l'école, pour rendre les familles moins inégales".

Rien ne semble donc pouvoir se faire sans un effort de justice sociale qui dépasse l'Ecole. Celle-ci, et l'exemple assez réussi du programme anglais "Excellence en ville" le montre également, a besoin d'un pilotage effectif et de marges de manoeuvre en termes d'équipe et de moyens sur le terrain.

Or on voit bien que le modèle de l'école traditionnelle arrive en fin de course et que celui de grand-père, qu'on essaie de nous convaincre d'utiliser, n'apporte pas de réponse. En zep comme ailleurs il faut sans doute concevoir une nouvelle école. Il n'y a pas lieu d'opposer la question des moyens et celle du pilotage. La République devra à la fois mettre de réels moyens dans les zep et oser la réforme scolaire.
nantes
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/pole_peda/reussite/in[...]

Dans un Manifeste, l'OZP plaide pour davantage d'équipe en ZEP et non davantage de moyens
"Donner le meilleur est plus important que donner plus" affirme l'OZP (Observatoire des zones prioritaires), une association qui regroupe des enseignants et cadres éducatifs des zep. L'affirmation résume la pensée de l'OZP : il faut mettre de l'argent dans le fonctionnement et la formation des équipes enseignant en zep plutôt que dans l'allègement des effectifs élèves.

Estimant "qu'il faut tirer les leçons de 25 ans d'expérience", l'OZP estime que " dans les zones où il n’y a pas de projet local adapté, inter degrés et partenarial, la réduction des effectifs par classe n’entraîne pas à elle seule de progrès décisif, contrairement aux conclusions de certaines études. Des mesures dérogatoires de gestion des ressources humaines sont nécessaires pour garantir la présence, dans les territoires les plus en difficulté, d’équipes capables de travailler collectivement autour d’un projet. Ces équipes ont plus besoin de temps et d’accompagnement que de primes compensant la pénibilité du travail… Resserrer l’éducation prioritaire, ce n’est pas d’abord concentrer les moyens budgétaires, c’est garantir aux territoires très défavorisés que, grâce à un dispositif dérogatoire, des pratiques susceptibles de réussir y seront mises en oeuvre".

Pour l'OZP, " Il faut généraliser les pratiques pédagogiques qui ont réussi dans certaines ZEP et développer une véritable innovation pédagogique pour que les besoins spécifiques de tous les élèves soient mieux pris en compte. Il s’agit de développer le travail en équipe et une démarche de projet, en particulier pour enseigner à des groupes hétérogènes ; former l’ensemble des équipes à l’analyse de pratiques, à l’évaluation, au travail en partenariat ; placer des projets culturels forts au cœur des apprentissages, à l’opposé de tout repli frileux sur les apprentissages fondamentaux ; faire vivre des dispositifs pédagogiques tels que les cycles à l’école primaire, les Programmes Personnalisés de Réussite éducative (PPRE), les Itinéraires de Découverte, etc.", toutes choses qui relèvent davantage d'un changement de perspective pédagogique que de moyens supplémentaires.

L'OZP appelle à différencier les zep. " Une action encore beaucoup plus radicale que celles proposées ci-dessus sera nécessaire dans les quelques territoires très peu nombreux où tout est réuni pour que l’exclusion sociale, la grande pauvreté et maintenant les clivages ethniques se transmettent de génération en génération. Dans ces territoires en détresse, que l’OZP nomme Sites Urbains Prioritaires en Education (SUPE), c’est l’ensemble de l’équipe pédagogique qui pourra être constituée par rassemblement autour d’un projet. La contribution de la politique de la Ville y sera décisive".

Ainsi pour l'OZP, les zep pourraient devenir une sorte de laboratoire pour l'éducation nationale où se prépareraient des réformes pour l'ensemble de l'Ecole.
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=[...]

La situation scolaire continue à se dégrader en ZUS
" En ce qui concerne les indicateurs de réussite scolaire, le pourcentage d’élèves en retard de deux ans ou plus en 6e, a diminué dans les mêmes proportions dans les collèges en ZUS et dans ceux situés hors de ces quartiers. Par contre, les écarts se sont creusés au détriment des ZUS pour la plupart des autres indicateurs, qu’il s’agisse, du devenir des élèves de 3e qui avaient été orientés vers une seconde professionnelle, de la proportion d’élèves redoublant la seconde ou du taux de réussite au brevet en 2004-2005, nettement plus faible dans les collèges des ZUS, avec près de 13 points d’écart par rapport aux autres collèges. Pour ce dernier indicateur, l’écart de réussite entre filles et garçons, en faveur des premières est particulièrement net en ZUS". Le rapport 2006 de l'Observatoire national des Zones urbaines sensibles (ZUS), les quartiers les plus défavorisés de France, montre quela situation scolaire ne s'améliore pas.

Les Zus sont caractérisés par des enseignants plus jeunes et une spécialisation renforcée des classes post-bac vers les STS. En lycée, la proportion d'élèves orientés vers la série S a encore baissé en 2004-2005 alors que les redoublements en fin de seconde ou les orientations en L.P. augmentent.

La situation sociale ne s'améliore pas non plus. " Sur l’année 2005, le taux de chômage dans les ZUS est plus de deux fois supérieur à celui des autres quartiers. Il atteint ainsi 22 %, soit une progression d’environ deux points par rapport à 2003, alors que le niveau du chômage est resté sensiblement stable dans les autres quartiers des villes comportant une ZUS (10,5 % en 2005). Sur cette période, le « surchômage » dans les ZUS tend donc à s’accentuer, mais cette aggravation ne concerne en fait que la population masculine de moins de 50 ans, et parmi celle-ci davantage les moins de 25 ans que les plus âgés, alors qu’elle semble épargner la population féminine".
Rapport (en pdf)
http://www.ville.gouv.fr/pdf/editions/observatoire-ZUS-[...]
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

- Vie professionnelle    [ Haut ]

Le travail des profs dans la campagne politique
Du décret sur les décharges à la vidéo pirate de Ségolène Royal, le travail des enseignants est devenu un argument de campagne. Est-il utile de rappeler le dernier épisode ? Une vidéo pirate circule sur Internet. Elle met en scène des éléments d'un échange entre S. Royal et des militants socialistes en janvier dernier à Angers. Dans cette discussion, la candidate à l'investiture socialiste propose "que les enseignants restent 35 heures au collège". Elle dénonce les enseignants qui travaillent pour des entreprises de soutien scolaire. "Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et ils n'ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements solaires ?"

Ajoutons qu'une seconde vidéo, plus complète mais elle aussi tronquée, circule depuis quelques heures où Mme Royal nuance ses propos. Celle-ci a déclaré à l'AFP que l'on avait déformé ses propos. "Ministre de l'Enseignement scolaire, je me suis battue contre le ministre des Finances de l'époque (un autre candidat socialiste) pour qu'on rouvre des classes en milieu rural, mette en place des infirmières scolaires, soutienne des ZEP. J'ai mis en place des heures de soutien scolaire en 6e et 5e, parfois au-delà des 35 heures et qui étaient rémunérées".

Dans cette chaude atmosphère, on ignore pourtant encore si l'objectif de cette manœuvre vise l'investiture socialiste ou à éliminer la présence d'un candidat de gauche au second tour des présidentielles. Ce qui est sûr c'est qu'elle a un certain écho chez les professeurs et particulièrement chez les profs de collège ciblés par les propos de la vidéo.

Autant le dire tout de suite : évoquer cette vidéo pirate ne se fait pas sans gêne. Car, sa forme même, la façon dont elle a été mise en circulation attestent une manipulation politique. En parler ou pas, c'est de toute façon participer de la manipulation.

Nous voulons ici revenir sur deux points qui nous semblent cruciaux pour les semaines à venir : le travail enseignant et le coût de l'enseignement.

Lançons une première affirmation : il est ridicule de demander aux enseignants de travailler 35 heures par semaine : ils en font déjà 40. Le travail des enseignants est très officiellement évalué par le ministère. Une enquête ministérielle a établi qu'un enseignant du secondaire travaille en moyenne 39 h 47 par semaine dont 20 h 27 hors de la présence des élèves. Il consacre en moyenne 7 h 40 par semaine à la préparation des cours, 6 h 10 à la correction de devoirs, 2 heures aux contacts avec les parents et les élèves, 2 h 17 en documentation. Plus de la moitié de ce temps (13 h 25) est passé au domicile. Evidemment ces données varient selon la discipline enseignée dans une fourchette qui va de 35 h 30 à 42 h 55 hebdomadaires. La question de faire travailler les enseignants 35 heures par semaine est absurde : les professeurs dépassent déjà largement cet horaire. On peut même ajouter qu'alors que toutes les catégories de salariés ont connu une baisse sensible de leur temps de travail, le leur est resté inchangé.

Profitons en pour évoquer les salaires. Si les salaires enseignants ne sont pas les plus bas, ils ont connu une baisse réelle de 2% de 2003 à 2004. Ils sont aussi, en France, parmi les plus bas des pays de l'Ocde (20ème rang sur 30). Selon l'Ocde, le salaire brut de mi-carrière d'un enseignant français dépasse à peine 30 000 dollars contre 45 000 aux Etats-Unis, 50 000 en Allemagne, 80 000 au Luxembourg. La perspective pour 2007 est pire encore puisque en réduisant les décharges horaires de 10%, le gouvernement vise à récupérer en moyenne 1 480 euros par an sur le dos d'environ 30 000 enseignants, selon les données mêmes de l'audit ministériel.

Tout cela nous autorise à dire qu'une grande partie du débat actuel est tout simplement indigne. Il est honteux de donner à entendre que les professeurs sont paresseux. Il est scélérat d'insinuer qu'ils se sucrent sur le dos des familles. Il est inadmissible de faire des professeurs les boucs émissaires des difficultés financières de l'Etat.

L'enseignement secondaire coûte-il trop cher ? Depuis deux ans, c'est devenu une rengaine à la mode : la France dépense trop pour ses collèges et lycées et pas assez pour ses universités. Effectivement l'Ocde a calculé que les dépenses cumulées pour la durée des études primaires et secondaires se montent à 85 084 dollars en France contre 77 204 pour la moyenne des pays de l'Ocde. On dépense en France en moyenne 7 807 dollars par élève contre 6 827 pour la moyenne Ocde. Le système éducatif paraît donc "riche", voir "gras" par rapport à ceux des voisins.

Pourtant ces arguments comptables n'emportent pas l'adhésion. L'analyse plus fine des statistiques montre que la situation est plus complexe qu'elle ne paraît. Certes le budget de l'éducation nationale est passé de 55 à 65 milliards d'euros de 2000 à 2005. Mais cette hausse correspond à un simple maintien en terme de PIB (à 3,9% du PIB). La dépense intérieure d'éducation en France, après avoir progressé dans les années 1990, est même orientée à la baisse depuis 1998. Elle est passée de 7,6% du PIB à 7,2% en 2005. De même pourra-t-on remarquer que si la moyenne de l'Ocde monte à 77 204 $ par élève, elle dépasse les 100 000 $ aux Etats-Unis, au Danemark, en Norvège, au Luxembourg, en Italie etc.

Mais, de toute façon, la productivité de l'éducation ne peut pas progresser avec le taux de scolarisation comme le souhaiteraient quelques commissaires aux comptes. Au fur et à mesure des progrès de la scolarisation, il faut mettre de plus en plus de moyens pour faire réussir les élèves qui restent en échec. Refuser de voir cette réalité c'est accepter de laisser tomber les élèves de milieu défavorisé.

Faut-il couper court au débat sur le travail enseignant ? Nous ne le pensons pas. Ce que nous dit l'Ocde c'est que la France se classe dans les pays qui donnent le plus d'heures de cours aux élèves du primaire et du secondaire. Pourtant il est clair que les familles font davantage appel au soutien scolaire. Ce que nous savons c'est que la société demande à l'Ecole de transmettre davantage de compétences, d'intervenir de façon plus profonde dans l'éducation des enfants. Ce qui apparaît également c'est qu'il existe d'autres façons d'accompagner les élèves dans l'acquisition des connaissances et dans la construction de leur personnalité.

Ce débat là, sur les missions des enseignants, n'est pas contraire au compromis républicain et à la tradition de l'Ecole. Il mérite d'être poursuivi une fois balayées les formes abjectes du populisme. Tentons le.

Vidéo côté blanc

A vrai dire c'est une vieille question. Qui se rappelle qu'en 1982, le rapport Legrand préconisait une généralisation du tutorat au collège ? Chaque professeur aurait eu en charge une dizaine d'élèves pour qui il aurait été l'adulte référent dans l'établissement, qu'il aurait pu soutenir et qui aurait également été l'interface entre l'Ecole et les parents. A l'époque cette réforme, lancée par la gauche, avait été écartée sous la pression de la droite qui y voyait l'emprise de l'Etat sur les enfants, une quasi soviétisation des esprits...

Or cette question de l'accompagnement des enfants revient en tête des priorités éducatives. Pas seulement parce que les TIC sont en train de déplacer les frontières de la classe et du temps scolaire. Pas seulement parce qu'elle correspond à un besoin des familles, qui dépensent des fortunes en accompagnement scolaire, et à une nécessité pour les nombreux enfants en difficulté. Mais aussi parce que le socle commun et la loi Fillon introduisent une notion de personnalisation de l'enseignement. Celle-ci implique fatalement des adaptations dans le fonctionnement des établissements. Personnaliser, différencier : deux formules qu'on retrouve également dans les recommandations du HCE qui appellent à professionnaliser la formation des enseignants. S'ils doivent toujours exceller dans leur discipline, le rapport du HCE leur demande de maîtriser 9 autres compétences parmi lesquelles prendre en compte la diversité des élèves, gérer une classe, travailler en équipe, coopérer avec les partenaires de l'Ecole. Le temps semble donc venu pour l'Ecole d'une redéfinition du métier d'enseignant. C'est bien ce que veut dire "professionnalisation".

Evidemment elle se heurte à la conception traditionnelle du métier qui limite le rôle du professeur à la transmission de connaissances et valorise l'identité disciplinaire. Celle-ci est en cohérence avec une certaine vision de l'élève, issue du XIXème siècle, comme un apprenant indifférencié, un futur citoyen noyé dans l'égalité républicaine. Or des travaux déjà un peu anciens ont attaqué le mythe. André Chervel a pu montrer que les disciplines se sont constituées en dehors des savoirs savants, qui souvent ne se reconnaissent pas dans les savoirs scolaires, et en lien avec les pratiques d'enseignement. Et l'équité républicaine n'est plus forcément perçue dans la stricte égalité. Là aussi la gauche a innové en instaurant les zep et l'idée de "donner plus" pour assurer l'égalité.

Il y a à peu près un mois, nous avions montré comment certains établissements organisent déjà autrement les cours et les rapports entre profs et élèves. Ainsi au "lycée du matin" mis en place au lycée du Mirail. Dans cet établissement les cours s'arrêtent à 14 heures. L'après-midi, les élèves s'inscrivent à des activités diverses (danse, sport, théâtre, auto-école, théâtre, photo etc.) ou ont accès à leurs professeurs en "libre-service" pour répondre à leurs questions. D'une part le dispositif n'a pas fait chuter le niveau scolaire des élèves, d'autre part, selon un professeur de l'établissement "les élèves marquent leur intérêt pour des ouvertures culturelles diverses (cinéma, théâtre, photo, danses.), caritatives et humanitaires (collectes alimentaires, visites dans les hôpitaux.). Ils participent de plus en plus nombreux aux ateliers. L'utilisation des espaces pédagogiques (CDI, classes, salles vidéo, salle multimédia.) est beaucoup mieux rentabilisée". On trouverait facilement d'autres expériences d'encadrement des enfants qui se sont installées ces dernières années dans les établissements.

Dans la fameuse vidéo Ségolène Royal propose de négocier un compromis avec les syndicats pour ensuite avancer un programme et faire évoluer l'Ecole. Ce n'est pas forcément une mauvaise démarche.

La première vidéo
http://www.dailymotion.com/search/royal/video/xm4ph_pro[...]
La seconde
http://www.49avecsego.org/blog/
Rapport Ocde (pdf)
http://www.oecd.org/dataoecd/20/25/35345692.pdf

Un site pour penser à sa carrière : Aide aux profs
Quel enseignant n'a pas eu envie de faire le point sur sa carrière, de connaître les diverses possibilités d'évolution professionnelle (mobilité interne et/ou externe), voire de s'engager dans une démarche d'évolution professionnelle ? Pourtant la question est encore tabou et les profs ont bien du mal à trouver appui et conseil. Créée par Rémi Boyer, l'association Aidoprofs regroupe des enseignants passionnés de conseil en formation et en accompagnement. Elle écoute et aide les enseignants à réfléchir à leur choix de carrière, éventuellement à quitter l'enseignement.

Par exemple, elle prospecte les emplois disponibles dans l'administration accessibles à des enseignants qui voudraient prendre du recul avec la classe et accompagne les collègues qui veulent s'engager dans cette voie.

"Pour 65% des personnes qui nous ont contactés jusqu’ici", déclare Rémi Boyer au Café, "le souhait d’évoluer professionnellement ne correspondait qu’à une démotivation passagère et notre information a permis de les remotiver. Pour 25% des personnes, les difficultés sont réelles (maladie, dépression) et Aidoprofs n’a pu répondre à leur attente, puisque les postes prospectés sur le web requièrent tous une bonne santé. Pour 10% des personnes, l’évolution professionnelle résulte d’une véritable réflexion personnelle, avec un réel projet, et le travail des conseillers-bénévoles est d’écouter, d’informer, d’accompagner la personne dans sa démarche pour lui permettre d’aboutir dans les 12 mois qui suivent (sans le garantir toutefois), quelle que soit le type de mobilité professionnelle choisi. Parmi ces 10%, 65% sont des enseignants du 1er degré".
http://www.aideauxprofs.fr

Fatigue et manque de soutien
Selon une enquête de la MGEN auprès des jeunes enseignants, la moitié d'entre eux ont pris un arrêt maladie dans l'année scolaire. Ils se plaignent du manque de soutien pédagogique (73%) et psychologique (49%) et de l'indiscipline des élèves (38%).
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Mutations 2007
Le B.O. spécial n°8 précise les règles du changement de département dans le primaire et du mouvement national à gestion déconcentrée dans le secondaire pour 2007.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/special8/default.h[...]

Procédure d'affectation dans le supérieur
Le B.O. du 23 novembre publie une note publiant les emplois d'enseignants du second degré dans le supérieur et rappelant la procédure à suivre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/43/MENH0602743N.ht[...]

Sorties scolaires : le parcours du combattant
"Apprendre en dehors de la salle de classe doit être au cœur des activités des écoles. Les enfants peuvent apprendre énormément de visites culturelles à l'étranger ou simplement dans le voisinage". Le ministre anglais de l'éducation, Alan Johnson, mettait ses actes en rapport avec ses propos en annonçant le 28 novembre la création d'un Conseil indépendant chargé de faciliter les voyages scolaires. Doté de 4 millions d'euros, ce Conseil aidera au montage financier des voyages et assistera les enseignants dans la prévention des risques. L'initiative est bien accueillie par le Nasuwt, syndicat enseignant, et on devrait voir arriver sur le continent davantage de jeunes Britanniques.

Happy End ? Pas vraiment. Car vérité d'un coté de la Manche, erreur en deçà… Ecoutons un enseignant de la région Centre (en lycée) : "cette année, le voyage que j'ai monté pour la section européenne aura lieu en faisant "les fonds de tiroir" (reliquats de précédents voyages, fonds du projet d'établissement) mais pour l'an prochain, le problème est entier… Du coup, avec les collègues de langue, nous avons décidé de ne pas proposer de voyages l'an prochain".

Depuis l'année dernière les enseignants sont confrontés à des difficultés pour assurer le financement des voyages. En effet, plusieurs Chambres régionales des comptes ont remis en question une pratique fréquente pour financer les voyages scolaires : faire bénéficier les accompagnateurs de la gratuité, le coût de leur voyage étant pris en compte dans les versements des familles. Ces décisions ont fait grand bruit. Si dans certains établissements les enseignants ont l'habitude de payer leur part, dans la plupart des cas ils refusent de payer pour accompagner les élèves en arguant que l'accompagnement est un travail qui dépasse largement l'horaire habituel du professeur.

Le ministère a publié cet été une mise au point où il rappelle les décisions des Chambres régionales des comptes. "Il est important de rappeler que ces observations ne constituent, en aucune façon, une remise en cause de la gratuité de ces voyages pour les accompagnateurs, qu'ils soient enseignants ou bénévoles" affirme la Desco. "En effet, les enseignants accompagnateurs, qui exercent une mission au service de l'établissement, sont considérés comme étant en activité de service, tout comme les accompagnateurs bénévoles qui contribuent occasionnellement au fonctionnement du service public. Le financement des voyages pour les accompagnateurs doit donc être recherché parmi les modalités mentionnées précédemment (à l'exception de la participation des familles)".

Les établissements sont invités à puiser dans leur budget (au détriment d'autres dépenses), les fonds du Foyer socio-éducatif (en clair : les enseignants doivent se débrouiller pour organiser des animations qui rapportent pour financer le voyage), à demander l'aide d’une collectivité locale (mais souvent celles-ci davantage sollicitées ont cessé leurs aides), ou à solliciter "les subventions d'entreprises privées" . Encore cette dernière solution semble remise en question dans au moins une académie où le rectorat s'est opposé à un don d'un voyagiste au FSE correspondant aux frais des accompagnateurs. Le don doit profiter à tous…

Comme si ces difficultés ne suffisaient pas, un nouveau frein est apparu dans certains établissements où le chef d'établissement exige pour autoriser un voyage que les collègues remplacent les enseignants absents. " Notre principale était partie en voyage scolaire l'an dernier, je me demande comment elle organiserait son propre remplacement !" commente un professeur…
http://eduscol.education.fr/D0176/seconddegre.htm
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index201005.php

La région Centre aide aux voyages scolaires
"Depuis l'année dernière les enseignants sont confrontés à des difficultés pour assurer le financement des voyages. En effet, plusieurs Chambres régionales des comptes ont remis en question une pratique fréquente pour financer les voyages scolaires : faire bénéficier les accompagnateurs de la gratuité, le coût de leur voyage étant pris en compte dans les versements des familles. Ces décisions ont fait grand bruit. Si dans certains établissements les enseignants ont l'habitude de payer leur part, dans la plupart des cas ils refusent de payer pour accompagner les élèves en arguant que l'accompagnement est un travail qui dépasse largement l'horaire habituel du professeur" écrivions nous le 5 décembre. De fait ces mesures obligent les établissements soit à puiser dans d'autres budgets soit à annuler les voyages.

A ce problème la région Centre apporte une réponse avec "Trans'Europe Centre". La région prend en charge le séjour scolaire de chaque lycéen une fois durant sa scolarité. Le séjour éducatif doit durer cinq jours minimum et être fait dans un pays de l'Union européenne.

Expérimenté en 2005-2006 dans 14 lycées de la région, Trans'Europe Centre vient d'être étendu à tous les lycées. Pour le Conseil régional, ce dispositif " renforce l’égalité des chances de tous les lycéens par la gratuité d’accès aux séjours éducatifs européens. Il permet la mobilité internationale, en développant l’ouverture culturelle et sociale des jeunes sur l’Europe. Il conforte l’intérêt pour les échanges linguistiques, et contribuera, par une plus grande ouverture sur le monde, à l’orientation et à l’insertion professionnelle des jeunes de la région Centre".
http://www.regioncentre.fr/home.php?num_niv_1=3&num_niv[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index051206.php

B2i : Des feuilles de position
En principe, cette année, le B2i doit être préparé aussi bien au primaire que dans les collèges et les lycées. Un arrêté de juin 2006 a fixé les domaines et les niveaux requis. La Desco met enligne des modèles de feuilles de position pour chaque niveau (école, collège, lycée).
http://eduscol.education.fr/D0053/documents.htm
http://www.cafe-b2i.net/
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/b2i2004/index.p[...]

Le Journal d'un remplaçant
" Ce n'est pas souvent qu'un professeur met son journal de bord, et son quotidien en ligne, qui plus est en BD. Le "Journal d'un remplaçant" de Martin Vidberg retrace les quelques mois d'un jeune prof des écoles, en prise avec des élèves difficiles. Graphismes simples, images claires, et commentaires écrits à la main, soignés. On y retrouve mêlés espérances, désarroi, ambitions et questionnements". Signalé par un lecteur du Café, ce "Journal d'un remplaçant" est à fois drôle et touchant. On ne peut que le recommander.
http://bluecity.free.fr/instit/index.htm
http://www.bulledair.com/everland/

Les prix 2006 de l'innovation pédagogique
Deux collèges, une école, un lycée professionnel ont reçu le 16 novembre les Prix de l'innovation éducative des mains de Philippe Meirieu. Initiative conjointe de la Ligue de l'enseignement et de l'association "Pour l'école", les prix de l'innovation éducative sont destinés à distinguer et à valoriser des actions innovantes dans les domaines pédagogique et éducatif conduites par des équipes éducatives.

Cette année, le jury "récompense les trans" précise P. Meirieu : transgénérationnels, transdisciplinaires, transculturels. En effet les 4 projets de l'école maternelle P. Picasso de Perpignan, du collège Laplace de Créteil, du collège Vilar de Grigny et du L.P. de Tinqueux (51) lancent des ponts entre les hommes pour le plus grand bien des élèves.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/innov0[...]

Le Se-Unsa dénonce les nouvelles règles de la "hors classe"
"Encore une fois, le droit à un déroulement de carrière complet incluant la hors classe n’est plus assuré". Selon le Se-Unsa,le projet de note de service sur l'avancement de grade dans le second degré remettrait en question les règles habituelles.

"On voit par exemple apparaître clairement la volonté de « casser » l’ancienneté en introduisant de façon complètement théorique des quotas de jeunes enseignants décrétés excellents pour le barème des agrégés (on doit connaître les noms pour avoir ainsi pu caler les chiffres !)"
Communiqué
http://www.se-unsa.org/page_cadres.php?id=39

Le décrochage contré par le code barre ?
"Tiens 12345 67890 est absent aujourd'hui ?" Selon l'AFP, un lycée de Nîmes a mis en place un système de contrôle des absences reposant sur l'enregistrement des codes barres des élèves. Les professeurs scannent les codes des élèves. Ils sont recueillis par un ordinateur qui expédie un SMS aux parents des numéros absents. On laissera au lecteur le soin d'apprécier et d'imaginer les prolongements possibles du traitement informatique…
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
Le système Coba
http://www.ard.fr/sources/lours/absences.asp

Accord de prévoyance des maîtres du privé
Un arrêté publié au J.O. du 22 novembre rend obligatoire l'accord de prévoyance des 16/11/2005 et 19/5/2006.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

- Primaire    [ Haut ]

Le rapport sur l'enseignement des maths au primaire
L’inspection générale rend public sur son site le rapport attendu sur l’enseignement des mathématiques à l’Ecole primaire. En ces temps polémistes, allait-il préparer un nouvel affrontement médiatique, ou être un outil pour faire un point de situation, quelques années après la publication des programmes de 2002 ? Disons le sans ambages, le travail est sérieux, documenté, mesuré, et devrait être utile aux enseignants et aux cadres de l’Education Nationale, même si tel ou tel point peut évidemment entrer en discussion.

Après un rappel historique de l’évolution des programmes et des prescriptions internationales (dont le conseil de Lisbonne en 2000, une des origines du « socle commun »), le rapport cite les recommandations récentes du Haut Conseil de l’Education (2006) pour les maths : résolution de problèmes à partir de situations proches de la réalité, automatismes de calcul, démonstration, probabilités, proportionnalité, représentations graphiques, avec la définition de « compétences-clé » à rechercher dans les évaluations.

Le rapport pose ensuite la question qui fâche : quid du niveau des élèves ? Qu’on compare avec 1920 ou 1980, pas d’évolution sensible, disent les inspecteurs, d’autant plus qu’on mesure aujourd’hui les compétences d’une cohorte complète d’élèves.

Le regard des inspecteurs : à améliorer. Le rapport prend un angle de regard intéressant, en s’intéressant à ce que disent les rapports d’inspection des IEN. D’abord, un sur deux seulement aborde les maths, quand la totalité parle de la maîtrise de la langue. Si on s’en tient à ce que racontent les rapports, les grands domaines sont plutôt traités correctement : pas d’impasse en géométrie ou en mesure. Cependant, petite alerte du côté du calcul mental, pas assez souvent cité (une séance sur six seulement).

Petite pique ou problème réel, le rapport pointe le manque d’analyse didactique des situations par les IEN, sans doute du fait de leur compétence « plus généraliste que polyvalente ». Les conseils restent pédagogiques, mentionnent finalement peu les programmes, ont du mal à dépasser le « constat » des évaluations CE2 ou 6e. C’est sans doute pour cette raison qu’une des propositions du rapport des inspecteurs généraux est de renforcer le travail commun des IEN et des IPR (inspecteurs du second degré) dans un pilotage académique plus appuyé.

Les pratiques des maîtres Selon le rapport, les enseignants enseignent effectivement les grands domaines du programme, mais les préconisations des instructions officielles et les démarches pédagogiques préconisées ont du mal à prendre corps dans les classes, ce qui nécessiterait un effort conséquent de formation. Travailler à partir des connaissances réelles des élèves en s’appuyant sur leurs erreurs, différentier, mieux organiser le travail personnel, utiliser les cahiers de brouillons, constituerait « un changement majeur du système éducatif et donnerait un maximum de chances à chaque élève ». Le rapport note que le travail de groupe est « souvent confus et peu efficace », les temps de travail oraux pour comparer des méthodes difficile à mettre en œuvre , l’usage des TICE ou des calculettes insuffisamment répandu. Plus généralement, la démarche de « résolution de problème » pose souvent aux enseignants des soucis de gestion de la classe, accrus lorsque l’enseignant cherche trop vite à aller à la solution qu’il a prévue sans prendre en compte les difficultés de chacun ou les « procédures personnelles » utilisées par certains élèves.

Mais une difficulté majeure semble être l’insuffisance de l’automatisation des procédures de calcul qui empêchent les élèves de libérer la mémoire de travail nécessaire pour se concentrer sur la résolution réelle du problème.

L’accompagnement des nouveaux programmes Malgré la parution de nombreux « documents d’accompagnements » par la DESCO, les difficultés posées par les programmes restent insuffisamment accompagnées, notamment par l’offre de formation ou un travail plus approfondi dans la liaison école-collège. 5 à 6% seulement des journées de formations sont consacrées aux maths, contre 35% au français et 10% aux langues vivantes. Et encore, dans ces formations, la place du calcul, de la géométrie ou de la numération sont plus que modestes. Pour l’Inspection Générale, il est urgent « d’étoffer l’offre de formation et de la rendre plus conforme à la totalité des programmes ». De même, l’animation des circonscriptions est jugée « faible » pour les mathématiques. Dans l’ensemble, le système peine donc à compenser le niveau de formation initiale des maîtres, souvent issus de filières où le rapport aux maths n’est pas prioritaire.

Des conclusions ambitieuses Sans tirer le signal d’alarme, les conclusions de l’Inspection Générale sont pertinentes : parce que les maths peuvent être un domaine qui met en difficulté certains élèves dès le cycle II, notamment s’ils n’acquièrent pas correctement la difficile construction de la numération décimale, un système éducatif qui entend se préoccuper de la réussite de tous doit mieux faire. Cela passe par une formation des enseignants et un travail exigeant de proximité et de suivi permettant aux enseignants de faire le point sur leurs difficultés et celles de leurs élèves, « en situation réelle de classe ».

Sans l’investissement de tous les niveaux (national, académique, départemental, circonscription, secteur de collège), on risque de continuer à ne pas pouvoir faire bénéficier les enseignants des récents apports de la didactique des maths et des travaux de psychologie cognitive, qui insistent notamment sur l’articulation permanente entre les différents niveaux d’activité de l’élève : automatisation des procédures et des tables de calcul (y compris l’addition), verbalisations et échanges dans la classe, travail sur la complexité des problèmes en prenant en compte l’hétérogénéité de la classe.
Le rapport
http://www.education.gouv.fr/cid4172/l-enseignement-des[...]
Voir aussi le récent dossier calcul du Café :
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/calcul/

Le rapport : qu'en pensent-ils ?
"Mesuré, et tout à fait juste" Ou "visions simplistes… rapport sévère pour les initiatives du ministre" ? Formateurs, chercheurs ils analysent le rapport de l'Inspection.

Pour François Boulé, Cnefei, le rapport est "mesuré, et tout à fait juste… Ce texte, s'il est bien compris, devrait être de nature à tempérer les intentions réformatrices (réactionnaires) du Ministre que la rumeur fait craindre". Pour Didier Missenard, IUFM d'Antony, "constats et préconisations devraient intéresser les maîtres, aussi bien à l’Ecole qu’au collège".

Rémi Brissiaud a une vision plus critique : "Le texte de l’Inspection Générale est bien dans l’« air du temps » : le rejet d’un constructivisme radical s’y accompagne d’un appel à l’ « automatisation ». Malheureusement, cette notion, comme d’autres qui ont partie liée avec elle, celle de « mémoire de travail », par exemple, est largement débattue aujourd’hui en psychologie cognitive expérimentale. Et les personnes qui devraient utiliser ces notions avec la plus grande circonspection sont précisément les pédagogues. En effet, un défaut de « mémoire de travail », par exemple, est souvent évoqué pour « expliquer » l’échec scolaire, mais l’inconvénient de cette notion théorique est qu’elle permet de clore l’analyse des causes et leur traitement pédagogique au sein de l’école. Il y a cinquante ans, on disait de tels élèves qu’ils manquent d’intelligence et cette affirmation permettait de ne plus se questionner sur d’autres causes éventuelles de l’échec ; serait-ce un progrès considérable si l’on affirmait aujourd’hui qu’ils ont une mémoire de travail défaillante ?

Une analyse de l’échec scolaire en termes de défaut de conceptualisation offre bien d’autres perspectives pédagogiques. On ne peut donc que regretter que le texte de l’inspection générale n’aborde pas l’automatisation en relation avec la question de la conceptualisation arithmétique et laisse ainsi le champ libre à des visions simplistes de l’accès à l’automatisation".


Enfin Joël Briand, maître de conférences en mathématiques IUFM d'Aquitaine, revient sur les programmes actuels pour proposer une progression et en souligner l'intérêt. "Les programmes de 2002, par leurs documents d’accompagnement, offrent de bonnes pistes en prenant en compte « l’élève », ce que les programmes du XX siècle ne faisaient pas. Toutefois les décisions qu’un enseignant doit prendre (planification sur l’année) supposent pour lui un travail lourd que les programmes laissent à sa charge. C’est pour cela que je propose de faciliter la lecture des programmes. Le tableau que j’ai proposé est une façon de travailler, mais il y en a d’autres… Une dernière remarque : il serait apaisant que les décideurs cessent de changer les programmes trop souvent : cela a un effet pervers : les enseignants ne « suivent plus ». La parole officielle est, de fait, discréditée".
Découvrez l'intégral des analyses
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/maths06/index.p[...]

Rémunérations pour travaux supplémentaires
Directeurs, études surveillées, surveillances etc. : le B.O. du 30 novembre publie les nouveaux taux des travaux supplémentaires.
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/44/MENF0602792N.ht[...]

Les directeurs grévistes se rappellent à la rue de Grenelle
Un millier de directeurs d'école ont manifesté le 22 novembre devant le ministère à l'appel du Snuipp et du Sgen –Cfdt, faisant la preuve que, quoiqu'en dise le ministre, la grève administrative continue. Les syndicats demandent davantage de reconnaissance pour la fonction et la levée des menaces de sanctions.

Le ministère rappelle le protocole signé en mai 2006 avec le Se-Unsa qui a attribué une décharge partielle aux directeurs d'école de 4 classes ou plus, augmenté leur indemnité et attribué un emploi de vie scolaire pour les tâches administratives.

Début novembre, les négociations avaient repris rue de Grenelle entre le ministère et les 3 syndicats pour aboutir à une rupture. Deux réunions sont programmées les 29 et 30 novembre sur l'organisation des écoles et le statut des directeurs. Permettront-elles de mettre fin à un mouvement qui dure depuis des années ?
http://www.education.gouv.fr/cid4209/directeurs-d-ecole[...]
http://www.snuipp.fr/spip.php?article4155

Le ministre veut créer un statut d'emploi pour des directeurs
Peu de syndicats ont siégé aux deux réunions ministérielles des 29 et 30 novembre sur la direction d'école. Le Snuip et le Sgen-Cfdt avaient fait savoir qu'ils seraient absents tant que les menaces de sanctions contre les directeurs grévistes ne seraient pas levées.

Le Se-Unsa rend compte des deux réunions. Il apparaît que le ministère va expérimenter 6 ou 7 "Etablissements publics d'enseignement primaire". A moyens constants, il réfléchit également à la création d'un statut d'emploi de directeur pour les plus grosses écoles primaires.
http://www.se-unsa.org/page_cadres.php?id=41

Le colloque de l'Association des Formateurs Tice
L'AFT-RN organise pour la seconde fois un colloque national ouvert à tous les formateurs TICE les vendredi 26 et samedi 27 janvier 2007 au CDDP des Hauts-de-Seine à Boulogne-Billancourt (92).

Cette année, le rassemblement aura pour thème : "Accompagner les Tice : de l'animateur au formateur". Conférences, débats, ateliers, tables rondes et moment plus conviviaux rythmeront ces deux jours. Un temps important sera réservé aux échanges entre collègues.

Parmi les ateliers : Primtice : L.Odic, l'ENT : PORTEE, les logiciels libres avec Framasoft, le C2i niveau 2 (C.Courtaux), les TBI (BY Cochain), le pôle de compétences du premier degré ( Michèle Dreschler), Internet, enseignants et responsabilité juridique, etc. Les inscriptions sont ouvertes.
http://aft-rn.net

Testez l'indice du climat de votre école
Le climat scolaire est-il bon dans votre école ? La Mgen vous propose de l'évaluer en répondant à un questionnaire interactif. L'exercice est facile, rapide et serait prédictif.
http://www.mgen.fr/mgen/questionnaire/indice.asp

- Collège    [ Haut ]

Les parents demandent la suppression de la note de vie scolaire
"A l’approche des premiers conseils de classe, la confusion règne dans les collèges au sujet de la note de vie scolaire" déclarent dans un communiqué commun la Fcpe, principale association de parents d'élèves, et le Snes.

Les deux organisations dénoncent l'injustice de cette note qui instaure une double peine en frappant deux fois les élèves astreints à une sanction disciplinaire, son inefficacité et la précipitation dans l'élaboration de barèmes locaux forts différents d'un établissement à l'autre. "Les barèmes connus confirment l’inégalité de traitement d’un établissement à l’autre, ce qui ne peut qu’être préjudiciable aux élèves de 3ème tant pour l’obtention du brevet que pour leur affectation en lycée l’année suivante".
http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-1852[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index011206.php

Que faire au collège face aux élèves en grande difficulté ?
"Les élèves en grande difficulté, lorsqu'ils entrent au collège, ont souvent été déjà accompagnés au mieux à l'école primaire. Mais les enjeux de notre société de la connaissance sont tels que les élèves en difficultés se sentiront parfois abandonnés au cours des différents cycles du collège… Les exemples que vous lirez se veulent non exhaustifs et modestes, mais ils me conduisent à valider cette démarche collégiale et expérimentale au regard d’une méthode commune qui engage des résultats observables". Ouvrant cette brochure d'une cinquantaine de pages, la rectrice d'Amiens souligne la dimension collective du travail de ces enseignants.

Comment aider les élèves en grande difficulté au collège ? Tous les exemples recueillis dans l'ouvrage montrent que la réussite est toujours celle d'équipes d'enseignants. Ces équipes posent quelques postulats : faire le lien avec l'école élémentaire, au moins pour le repérage, et mettre en place des outils de communication entre élève, enseignants et familles. Cela peut prendre la forme d'un cahier qui n'est pas un simple cahier de correspondance mais un outil d'expression pour l'élève. "L'élève peut écrire ce qu'il pense, ressent , ses difficultés, ses envies, ses réussites, ses plaisirs".

Il y a aussi souvent des ajustements horaires : temps imparti à la méthodologie, études encadrées par des surveillants formés, horaires renforcés dans certaines disciplines.

Mais il y a aussi tout ce qui ne relève pas des moyens : des enseignants qui se parlent et communiquent, des profs qui écoutent voire qui réfléchissent à ce que veut dire écouter (" Ecouter c’est permettre à celui qui parle d’entendre ce qu’il dit").

Des expériences originales décrites dans cette brochure se distingue aussi un stage de préparation au brevet effectué en 3ème qui alterne mise en confiance, révisions et relaxation.
http://www.ac-amiens.fr/academie/actualite/pub/eleves.e[...]
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Collège numérique dans le Morbihan
Le CDDP et le Conseil général du Morbihan ont organisé mercredi 15 novembre une journée consacrée aux nouveaux outils et aux pratiques innovantes dans les collèges du département. Plus de 200 personnes, enseignants, chefs d'établissements, membres de l'inspection et invités ont participé à cette manifestation. Le matin était consacré à des présentations en plénière, l'après-midi à des échanges en ateliers. Retrouvez le compte-rendu de cette journée sur notre site.
Collège 56
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/morbih[...]

- Lycée    [ Haut ]

Que faire de la série L ?
"Les enjeux ne sont pas minces. Derrière le déclin de cette formation se profile en effet une autre menace, celle de voir disparaître un pan essentiel de notre tradition et de notre culture. Or, ce patrimoine représente une certaine vision du monde, un mode d’expression original de l’expérience humaine. Plus simplement, il nourrit une approche intellectuelle profitable à un fonctionnement social équilibré – particulièrement utile dans un monde où l’information et la communication exercent un rôle décisif". Sous la direction de Philippe Forstmann et Catherine Becchetti-Bizot, le rapport de l'Inspection générale sur la revalorisation de la série littéraire du lycée apparaît bien comme une dernière chance.

Car en quarante ans, la série littéraire est passée de 50% des élèves des lycées généraux à près de 10%. Ce déclin extrêmement rapide l'amène tout près de l'extinction. Déjà nombre d'établissements ferment ces sections ou ont le plus grand mal à les maintenir. Parallèlement la filière s'est féminisée à outrance et offre des débouchés réduits aux élèves titulaires du bac L.

Que faire ? L'inspection analyse différents scénarios : fondre toutes les séries d'enseignement général, réunir les séries ES et L ou encore rénover la filière littéraire. C'est finalement cette dernière option qui a leur préférence.

Ils proposent d'abord de redonner aux maths et aux sciences plus de place dans la filière L de façon à en réaffirmer le caractère général. Mais pour cela il faudrait "adapter leurs programmes et leur pédagogie". Parallèlement la série serait structurée autour de 5 options majeures clairement identifiables à des débouchés : "communication et maîtrise des langages", "arts et cultures", "littératures et civilisations", "sciences humaines", "institutions et droit".

Mais le succès de cette série passe aussi par une réorganisation en aval et en amont. En amont il s'agit de repenser les options de seconde pour y faire une place à cette orientation. En aval, de favoriser l'accès des bacheliers de la nouvelle série à des études supérieures porteuses d'emploi.

Parmi les obstacles mis en avant par l'Inspection, le caractère individualiste des enseignants de la série qui freinerait les évolutions pédagogiques. La série L est celle est la plus rétive aux TPE alors que pour l'Inspection l'approche transdisciplinaire est nécessaire pour les enseignements dominants de la série.
http://media.education.gouv.fr/file/63/8/3638.pdf

Redoublants au bac STG
Le B.O publie un arrêté relatif à la conservation des notes et aux dispenses d'épreuves des candidats au bac STG ayant échoué au bac STT. Au bac STG, "Les candidats à l'examen du baccalauréat en « série sciences et technologie de la gestion » (STG) qui sont autorisés à conserver des notes dans les conditions fixées par les articles D. 336-13 et D. 336-14 du code de l'éducation, et qui se présentent après avoir échoué à l'examen du baccalauréat en « série sciences et technologies tertiaires » (STT), peuvent conserver les notes, épreuve par épreuve". Le texte précise les conditions selon les épreuves. " Les notes obtenues en français, histoire-géographie, philosophie, économie-droit, éducation physique et sportive, langue vivante 1, langue vivante 2, mathématiques sont conservées quelle que soit la spécialité choisie en série STG ; les notes obtenues aux épreuves facultatives une et deux sont conservées quelle que soit la spécialité choisie et quelle que soit la matière d'option ; la note obtenue en éducation physique et sportive de complément est conservée quelle que soit la spécialité choisie en série STG, cette disposition concernant uniquement les candidats scolaires ; et, s'agissant de l'épreuve de spécialité, la moyenne sur vingt points des deux notes, indissociables, obtenues aux épreuves pratiques et d'étude de cas des spécialités « action et communication commerciales », « action et communication administratives », « comptabilité et gestion », « informatique et gestion », de la série STT, peut être conservée respectivement pour l'épreuve de spécialité de « mercatique », « communication et gestion des ressources humaines », « comptabilité et finances d'entreprise », « gestion des systèmes d'information ». Sont dispensés, à leur demande, de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 de la série STG pour la session 2007 de l'examen, les candidats qui se présentent à l'examen dans cette série après avoir échoué à l'examen dans la série STT et qui ont été réglementairement autorisés à remplacer l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 de la série STT par une épreuve de langue vivante 1 renforcée". L'Expresso avait fait connaître ce texte le 22 septembre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/42/MENE0602291A.ht[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220906.php

- Professionnel    [ Haut ]

Concours général des métiers
Une note publiée au B.O. du 30 novembre précise l'organisation du Concours général des métiers en 2007. Le concours est ouvert à 17 spécialités professionnelles. Inscription avant le 29 décembre.
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/44/MENE0602777N.ht[...]

CAP maintenance sur système d'aéronefs
Un arrêté publié au J.O. du 1er décembre modifie le CAP maintenance sur système d'aéronefs. Application à la session 2007.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]

Dossier spécial    [ Haut ]
- La formation des maîtres

Formation des enseignants : De nouveaux profs ?
"En définissant la formation des enseignants comme un ensemble de compétences professionnelles, le HCE redéfinit en fait l'exercice même du métier. Il inclut dans le métier des savoirs d'ingénierie éducative. Il fait des maîtres des agents communicants. Il les installe à l'intérieur d'équipes éducatives" écrivions nous le 6 novembre suite à la publication du rapport du HCE sur la formation des maîtres. Alors que le ministre vient de rendre public un projet de cahier des charges sur la formation des enseignants qui reprend les recommandations du HCE, cette remarque devient interrogation. Comment le (futur ?) ministre reconnaîtra-t-il les nouvelles dimensions du métier induites officiellement par la réforme de la formation ?

Mais laissons de coté cette question pour le gouvernement d'après avril 2007. Soulignons ici une affirmation et trois questions.

Il faut le dire : le projet Robien apporte un enrichissement réel à la formation des enseignants. On aurait pu craindre une conception très traditionaliste du métier. Le ministre a en fait suivi l'avis du HCE. Certes il y a des scories, des traits qui peuvent prêter à la critique (les nouveaux profs n'auront pas de master, le stage en entreprise risque d'être un gadget, le mémoire professionnel est supprimé) et même des petitesses économiques qui portent la trace ministérielle (ainsi les stages filés seront rallongés pour "payer" les remplacements des professeurs en formation continuée). Mais la réforme impose une vision de l'enseignant qui va bien au-delà de la transmission disciplinaire.

Restent trois questions. La première concerne le pilotage même du dispositif. Pour vérifier la formation des enseignants, le ministre crée une Commission d'évaluation de la formation des enseignants qui aura pour tâche de valider les dispositifs conçus par les universités. Elle aura un rôle d'autant plus important que la forme de la formation est ouverte (par exemple plus de mémoire professionnel pour attester d'une réflexion didactique). Sa composition pèsera sur la qualité des formations.

Ce paramètre sera d'autant plus important qu'il ne suffira pas de changer la formation initiale pour faire s'évanouir la conception traditionnelle du métier. Celle-ci est puissamment ancrée dans l'histoire de notre Ecole. Elle correspond à une conception des parents et de l'élève. Elle s'appuie sur une économie de l'Ecole (horaires, classes etc.) qui restent inchangée et qui a été renforcée par Fillon et Robien. On voit mal comment les compétences mises en avant dans le projet (ouverture de l'école, rapports avec les parents etc.) peuvent coexister avec l'école traditionnelle. Or rien n'est prévu ni symboliquement ni matériellement pour changer les choses.

Cela amène la troisième interrogation. Récemment, l'OCDE écrivait : "On admet en général qu'une excellente formation initiale est nécessaire mais ne suffit pas pour assurer l'efficacité permanente des enseignants. Étant donné la très grande rapidité avec laquelle évoluent les exigences auxquelles les établissements scolaires sont soumis et progresse la connaissance, il est essentiel que tous les enseignants bénéficient d'un perfectionnement professionnel permanent. Dans le passé, la politique de l'éducation privilégiait en général la formation initiale plutôt que la formation en cours d'emploi, mais à présent cette situation s'inverse. La carrière enseignante est de plus en plus considérée dans une optique de " formation tout au long de la vie". Or on comprend bien que les modifications apportées à la formation initiale, les tensions qu'elles devraient générer dans les établissements vont imposer une montée en puissance de la formation continue. Aujourd'hui la France se distingue parmi les pays de l'OCDE par la faiblesse de son dispositif. Elle est même tout à fait en queue de peloton. Aucun effort en ce domaine n'a été annoncé par le ministère.
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/formation/index[...]

Formation des enseignants : Robien applique les recommandations du HCE
" La condition de tout changement dans l’Education nationale, c’est une formation des maîtres adaptée au socle commun des connaissances". Lundi 27 novembre, trois semaines seulement après la publication des recommandations du Haut Conseil de l'Education (HCE), Gilles de Robien présentait sa réforme de la formation des enseignants. Il articule intégration des IUFM dans les universités avec un cahier des charges définissant la formation.

Les IUFM intégrés d'ici 2008." Cette intégration sera effective, pour plusieurs IUFM, dès janvier 2007" affirme le ministre qui cite en exemple Cergy et Versailles qui ont déjà voté le principe et Reims, La Réunion, Limoges, Aix-Marseille, Versailles, Créteil et Grenoble qui pourraient le faire début 2007. .Le ministre souhaite que le processus soit accompli d'ici 2008.

Une formation définie par ses compétences. " Le cahier des charges définit 10 grandes compétences, qui correspondent à celles qui m’ont été recommandées par le Haut Conseil de l’Education ". Le cahier des charges qui sera remis aux universités devrait retenir les 10 compétences professionnelles annoncées par le HCE. Celles-ci définissent l'enseignant comme un spécialiste de sa discipline mais aussi comme un pédagogue capable de gérer sa classe et de dialoguer avec son environnement. Enfin, "les deux premières compétences énoncent ce qui est requis de tout enseignant… agir de façon éthique et responsable et maîtriser la langue française". L'évaluation finale, élaborée sous le contrôle d'une Commission d'évaluation de la formation des enseignants, vérifiera l'acquisition des compétences selon le modus operandi élaboré par chaque université. Robien confirme d'ailleurs la suppression de l'épreuve de mémoire professionnelle, qui attestait d'une réflexion didactique sans qu'on sache très bien par quoi elle sera remplacée. Mais si, sur ces points, Robien suit les recommandations du HCE, il impose davantage sa marque sur l'organisation de la formation.

Une formation de terrain. "Trois grandes caractéristiques : une formation plus concrète, plus ouverte au monde ; une formation plus continue ; une formation mieux évaluée". Plus ouverte dans l'esprit du ministre veut dire plus en relation avec la classe et avec le monde économique. "Le grand principe de la formation en IUFM doit être l’alternance : le va-et-vient entre l’expérience en situation, le contact avec la classe, la formation en IUFM, la recherche universitaire". Les stagiaires auront davantage de stage en responsabilité et seront encadrés par des formateurs eux-mêmes en contact avec le terrain. "Pour apprendre à enseigner aux professeurs stagiaires, il est indispensable que les formateurs aient eux-mêmes une solide et fréquente expérience des élèves, de la classe et des établissements" affirme Robien.

A ces stages professionnels, le ministre veut ajouter un stage en entreprise qui deviendra obligatoire. C'est clairement une position idéologique du ministre. En quoi deux semaines de visite d'entreprise peuvent aider les enseignants à accomplir leur tâche ? Le ministre a du mal à l'expliquer.

Une formation continuée.. "Le second grand principe du cahier des charges, c’est la continuité de la formation. La continuité, cela veut dire que la formation professionnelle du jeune enseignant doit être préparée en amont, avant le concours de recrutement ; qu’on va mieux aussi l’accompagner en aval, après son année de formation, une fois que le jeune professeur sera placé en situation d’autonomie devant les élèves". Comme le recommandait le HCE, la formation sera nettement allongée. Avant le concours, l'étudiant suivra un cursus universitaire pré-professionnalisant avec stage d'observation en classe. Après le concours, la formation professionnelle sera étalée sur trois ans. Le stagiaire demandera une académie à l'issue du concours et il restera trois ans en contact avec le même IUFM. On a là sans doute un des points les plus novateurs de la réforme Robien. Durant les deux premières années de poste, le jeune professeur effectuera des stages à l'IUFM.

Bivalence et économies. Le nouveau dispositif correspond donc à une formation de niveau master. Pour autant les enseignants ne bénéficieront pas d'un master : cette reconnaissance universitaire aurait peut-être entraîné une revalorisation de carrière… Autre souci d'économie : le dispositif privilégiera la bivalence des enseignants du secondaire, une qualité qui pourrait se justifier pédagogiquement mais dont on voit bien que le vrai moteur est dans la gestion des postes. La bivalence ne sera pas imposée mais les certifiés bivalents bénéficieront de postes réservés.

Un projet bouclé avant Noël. Pour le ministre, il reste deux étapes à franchir. Dans les jours à venir il soumettra par écrit son projet au HCE. Le texte sera ensuite proposé pour adoption au Conseil Supérieur de l'Education le 14 décembre.
http://www.education.gouv.fr/cid4233/projet-de-cahier-d[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/formation/index[...]

Formation des enseignants : l'exemple vient du Québec
" C'est pourquoi un accent plus fort est mis non seulement sur une meilleure intégration entre les cours à visée théorique et ceux de nature plus pratique mais aussi entre ces derniers et les conditions réelles d'exercice de la profession dans lesquelles le futur maître aura à travailler. À titre d'exemple, les savoirs de nature plus disciplinaire doivent être en lien avec les contenus du programme de formation à enseigner à l'école. Des situations éducatives doivent être prévues pour permettre la mobilisation de ces savoirs dans le contexte du développement d'une compétence professionnelle, telle la conception d'une situation d'apprentissage pour des élèves. Enfin, cette compétence doit pouvoir s'exercer dans un contexte réel, celui de la classe, lors des stages. Cela suppose que les formateurs universitaires travaillent davantage sur le terrain pour pouvoir accompagner les stagiaires dans le développement de leurs compétences". Extrait du discours de Robien sur le cahier des charges de la formation des maîtres ? Non ! Ce texte provient des orientations pour "la formation à l'enseignement" élaborées en 2001 par le ministère de l'éducation du Québec.

Le document exige des enseignants 12 compétences : la maîtrise des connaissances disciplinaires et de la langue française, la capacité à concevoir des situations d'apprentissage, à évaluer les élèves, à gérer le groupe classe, à utiliser les tice en cours, à travailler en équipe et à coopérer avec les parents, à se former et à agir de façon éthique.

On aura reconnu dans ce document de 2001 l'essentiel des recommandations du HCE et du projet Robien.
http://www.mels.gouv.qc.ca/dftps/interieur/PDF/formatio[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index281106.php

Formation des maîtres : attention dangers !
Pour Jean-Louis Auduc "Si le référentiel des dix compétences professionnelles recommandé par le Haut Conseil de l’Education et repris dans le projet d’arrêté apparaît extrêmement intéressant, le texte reste globalement marqué par l’ambivalence des propositions qui ne s’inscrivent pas dans une démarche répondant efficacement aux exigences du métier enseignant". Dans une tribune accordée au Café pédagogique, Jean-Louis Auduc, directeur de l'IUFM de Créteil, montre du doigt des insuffisances du cahier des charges pour la formation des enseignants élaboré par le ministère.

Il critique d'abord le caractère successif de la formation disciplinaire et pédagogique. "Un tel découpage traditionnel dans le système français : On reçoit d’abord une formation académique à l’Université, puis, après, une formation professionnelle à l’IUFM., est l’inverse des autres systèmes européens où l’on préfère une formation en SIMULTANE sur les compétences nécessaires à l’exercice du métier enseignant".

Du coup, "les concours de recrutement d’enseignants continuent donc encore plus à être exclusivement tournés vers l’amont de la formation universitaire effectuée, sans comprendre aucune épreuve tournée vers l’aval, c’est-à-dire, vers le métier que les candidats veulent exercer". Jean-Louis Auduc plaide également pour le mémoire professionnel " curieusement totalement absent du projet d’arrêté alors que cette modalité d’évaluation se rencontre dans la majeure partie des formations en alternance préparant à d’autre métiers que l’enseignement".
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/auduc.[...]

Formation : Le dossier de Jacques Nimier
"Ce texte marque des avancées, principalement dans l'officialisation d'un champs de compétences plus large de la fonction enseignante, de la nécessité d'une formation pas seulement disciplinaire… Il modifie l'identité professionnelle du métier d'enseignant. C'est une avancée importante". Jacques Nimier étudie le cahier des charges de la formation des maîtres, un domaine qu'il connaît bien pour avoir dirigé un IUFM, et émet un satisfecit.

Certes, il trouve également quelques points critiques. " Les compétences relationnelles sont définies à minima… Le texte paraît renforcer le caractère purement disciplinaire du concours sous le prétexte que les étudiants n'ont pas d'expérience d'enseignement, il exclut même les questions didactiques et administratives… On est dans l'idéologie des "bonnes pratiques".Or une pratique dépend pour beaucoup de celui qui l'applique; à la fois de sa personnalité (elle peut marcher avec certains enseignants et pas avec d'autres). Elle dépend aussi de "l'enthousiasme" avec lequel elle est appliquée (c'est le phénomène bien connu des innovateurs qui réussissent mais dont la méthode ne peut être généralisée)".

Jacques Nimier interroge Alain Bouvier, membre du Haut conseil de l'éducation (HCE) qui a fixé les objectifs du cahier des charges. Pour lui, la principale avancée est dans la définition de compétences professionnelles. " C'est un message qui est envoyé directement aux enseignants : "Votre métier est important car vous avez à assurer un large spectre d'actions ; vous n'avez pas à faire un " geste professionnel " et un seul. Il faut donc se préparer à maîtriser toutes les compétences indispensables. Il n'y a pas de hiérarchie entre elles. Pas de compensation possible. Comme pour le " socle commun ", l'évaluation est essentielle".
http://perso.orange.fr/jacques.nimier/

Formation des profs : Un modèle dépassé ?
"L'articulation théorie / pratique a toujours été évoquée, invoquée, affirmée, rappelée… Mais elle n'a jamais fait l'objet d'une réelle formation. On fait le pari que le formateur va exploiter les observations effectuées sur "le terrain" alors qu'il ne le peut pas". Pour Pierre Frackowiak, si le cahier des charges de la formation des maîtres innove sur certains points, il reste attaché à une conception dépassée de la formation.

"Contrairement à ce qui se dit parfois, il est impossible d'exploiter en cours à l'IUFM la masse des informations accumulées durant les stages… Si l'on veut réellement changer la formation des enseignants, il faut avoir le courage d'affirmer que le modèle dit applicationniste (déroulement de séquences à reproduire, observations centrées sur le maître) a bien vécu et qu'il a vécu. Il faut aussi reconnaître que la pédagogie n'est pas sans importance…"
Lire l'intégralité
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/formation06/ind[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index281106.php

Le Sgen Cfdt contre la suppression du dossier professionnel
"Le Sgen-CFDT ne partage pas l’idée d’une première année IUFM réduite à la préparation des concours et n’est pas favorable à l’évolution proposée des concours supprimant les épreuves professionnalisantes". Reçu au ministère, le Sgen accueille favorablement plusieurs recommandations du HCE.

Pour le Sgen-CFDT, "le cahier des charges de la formation des maîtres doit se décliner en fonction d’un référentiel unique de compétences professionnelles. Il a proposé qu’une compétence soit centrée sur la vie de l’établissement et la prise en charge des projets. La notion d’un cadrage national ne doit pas être évacuée. Concernant l’organisation d’un mouvement spécifique à l’issue des deux premières années d’exercice, au-delà de la faisabilité, le Sgen-CFDT rappelle son exigence de deux années pleines de formation après le concours".
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1228.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php

Le Snuipp dénonce des lacunes
"Le projet indique seulement que la formation à l’université pourrait donner lieu à des ECTS. Pour le SNUipp, la reconnaissance universitaire de la formation doit se traduire par l’obtention d’un master à l’issue de cette formation" dénonce le Snuipp dans un communiqué. Autres "lacunes" signalées par le syndicat : "L’allongement du temps passé sur le terrain lors de l’année de stagiaire est confirmé par la mise en place du stage filé sans qu’aucun bilan n’ait été effectué. La suppression du mémoire remet en cause l’articulation entre enseignement à l’IUFM et stage professionnel. La spécificité de la formation des enseignants du premier degré est largement sous-estimée".
Communiqué
http://www.snuipp.fr/spip.php?article4188

Les syndicats réagissent au projet d'arrêté sur la formation des enseignants
"Le projet d’arrêté concernant le cahier des charges de la formation des maîtres introduit de graves dispositions qui n’avaient jamais été évoquées lors des discussions avec le ministre et son Cabinet" affirme le Sgen-Cfdt. "Le projet d’arrêté, s’il reprend le principe du référentiel unique de compétences professionnelles, le réduit à néant". Le Sgen dénonce particulièrement "la rupture brutale de l’équilibre de la formation initiale au détriment du temps en IUFM : stage filé entériné sans évaluation pour le 1er degré, 8 h de stage soit deux classes à prendre en charge pour les stagiaires 2nd degré,.. la poursuite de la formation professionnelle pendant les deux premières années d’exercice sans apporter aucune garantie de moyens budgétaires nouveaux, ce qui conduira à assécher les moyens de la formation continue ou à faire supporter les départs en stage par les collègues des établissements,.. le rétablissement, au détour d’une phrase, de la bivalence des ense
ignan
ts au collège alors que ce sujet n’a jamais été abordé, la dénaturation de la place faite à la recherche en éducation, le transfert de pans entiers de la formation professionnelle initiale vers les établissements sans aucune contrepartie"
. Pour le Sgen-Cfdt, " ce projet d’arrêté n’est ni amendable, ni acceptable. Il faut le reprendre de fond en comble".

Même refus mais motivé différemment pour le Snes. " Concevoir la formation sur la durée, tant en amont qu’en aval, est une nécessité depuis longtemps proposée par le SNES mais la financer par une augmentation du stage en responsabilité (porté à huit heures) reviendrait à alourdir la charge de travail des stagiaires et développer l’idée que nos métiers s’acquièrent essentiellement par mimétisme ne laissant guère de temps à la réflexion et le retour sur les pratiques… Le développement prôné de la bivalence, déconnecté de tout lien avec les parcours universitaires et les cohérences disciplinaires relève d’une mesure purement gestionnaire au détriment de la qualité de l’enseignement dispensé. La création de CAPES bivalents, destinés aux enseignants de collège reviendrait à scinder le corps des certifiés et retrouver une situation révolue, antinomique avec l’accès élargi d’une classe d’âge au baccalauréat et aux études supérieures".

Le Se-Unsa est moins critique. " Il constate avec satisfaction que le ministère l’a rédigé en s’inspirant largement des recommandations du HCE. Le Se-Unsa approuve la démarche qui centre la formation initiale des enseignants sur les compétences professionnelles qu’ils doivent acquérir, quel que soit leur niveau d’exercice. Il soutient la démarche de pré-professionnalisation dès l’université qui permet d’asseoir l’orientation des étudiants vers le métier d’enseignant. Dans le cadre contraint d’une formation initiale professionnelle d’une seule année après le concours, il adhère à la proposition de sa poursuite durant les deux années qui suivent la titularisation". Cependant le texte doit " préciser quels moyens (temps, formation, rémunération) seront alloués à ces formateurs, sans quoi on se limiterait à une pétition de principe inefficace et démobilisatrice".

Le texte final doit être soumis au CSE du 14 décembre.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1240.html
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=061129a
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index281106.php

Le Snes appelle à des actions dans les IUFM
"Le métier d’enseignant est attaqué par une formation pensée comme un compagnonnage, sans contenus, déconnectée de la recherche et de ses apports, déqualifiée par la mise en place de la bivalence et par l’absence de reconnaissance dans le cursus universitaire". Le Snes appelle à une semaine d'action dans les IUFM contre le cahier des charges de la formation des maîtres.
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=23[...]

Formation des enseignants : Le HCE publie ses observations
Le Haut Conseil de l'Education demande à Robien de revoir son arrêté sur certains points. Si son avis est globalement positif (voir L'Expresso du 5/12), le HCE l'accompagne de plusieurs observations.

Une d'entre elles concerne les PLP : "Une distinction devrait être faite entre les enseignants des disciplines technologiques et les professeurs qui enseignent dans la voie professionnelle les disciplines liées aux métiers : ces derniers, s’ils n’ont pas d’expérience professionnelle, devraient faire un stage long d’un semestre en situation d’exercice de ces métiers avant de se présenter au concours, ou, à défaut, pendant les deux premières années d’exercice".

L'autre demande une déclinaison précise des compétences : "L’énoncé des dix compétences professionnelles des professeurs gagnerait en lisibilité et en efficacité soit s’il était abrégé autour de finalités essentielles, soit si chaque compétence était déclinée en connaissances, capacités et attitudes, comme pour le socle commun. Le Ministre a indiqué au Haut Conseil de l’Education qu’un groupe d’experts réalisera cette déclinaison. Ce groupe d’experts devrait aussi, simultanément, définir le niveau de maîtrise de chacune des compétences nécessaire pour la titularisation et proposer un mode d’évaluation des compétences". Enfin le HCE demande qu'en tête des compétences soit inscrite la maîtrise de la discipline.
http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/20/37.pd[...]

Les parents soutiennent les recommandations du HCE sur la formation des enseignants
" La FCPE, la PEEP et l’UNAPEL saluent l’approche du Haut conseil de l’éducation sur la formation des enseignants". Unies dans un communiqué, les trois associations de parent d'élèves explicitent leur soutien. " La définition d’un référentiel de compétences va dans le sens positif d’une reconnaissance du métier d’enseignant et de sa nécessaire professionnalisation. En effet, enseigner ne se limite pas à la transmission des connaissances et à la maîtrise des savoirs disciplinaires - ce qui doit être acquis à l’université - mais comprend également les compétences spécifiques pour animer une classe, construire des partenariats, développer des projets éducatifs, travailler en équipe, tout en renforçant une pratique déontologique du métier. Toute évolution de la formation des enseignants qui prenne en compte ces compétences ne peut que rassurer les parents et développer des relations de confiance".

Les demandes des parents appuient la démarche du HCE en demandant la bivalence des enseignants. Les parents demandent plus d'efforts sur trois points : "assurer la formation à l’accueil des enfants handicapés…, développer la bivalence pour les enseignants…, faciliter la relation avec les familles, clé de voûte incontournable pour la réussite de chaque enfant".
http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-1546[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/formation/index[...]

Le dossier spécial du numéro 77
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/77.php#291

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