Informations Professionnelles - N°79

Édition du 15-01-2007

- François Jarraud - Rémi Boyer - Catherine Terseur -

 

- A la Une : Les emplois à la rentrée 2007

Le Comité technique paritaire du 11 janvier a examiné le projet de répartition des moyens présentés par le ministre.

Il se traduit par des coupes sombres. Dans le 1er degré, 500 postes d'enseignants sont créés alors que le ministère annonce 24 000 élèves supplémentaires, soit un prof pour 48 élèves. Parallèlement 300 emplois d'intervenants extérieurs en langues vivantes sont supprimés.

Dans le second degré, 5 060 postes sont supprimés, 2 000 en raison de la baisse du nombre d'élèves, 3 060 correspondants à des heures de décharges. Les académies de Lille, Versailles, Créteil, Dijon, Nancy-Metz, Strasbourg sont particulièrement touchées : - 667 emplois à Lille, - 463 à Versailles, - 342 à Créteil. Le volume d'heures supplémentaires (HSE) est lui aussi fortement amputé.
Le projet
http://www.sudeducation.org/IMG/pdf/Point_7_Repartition_des_moyens_de_l_enseignement_scolaire_1.pdf
Le projet
http://www.sudeducation.org/IMG/pdf/Point_7_Repartition_des_moyens_de_l_enseignement_scolaire_2.pdf
L'Expresso du 28/9/06
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index280906.php
Que veut dire la productivité en éducation ?
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/77.php

Bonne année 2007-2010 !
En ce début d'année 2007, nous voudrions souhaiter à tous nos lectrices et nos lecteurs une excellente année pour eux et pour leur famille. Nos vœux sont réellement ardents. Ce n'est pourtant pas cette flamme qui nous pousse à les renouveler 4 fois de 2007 à 2010. Mais tout simplement l'actualité que les enseignants ont retrouvé le 8 janvier. Deux faits ont marqué la première semaine de l'année : la réunion de l'intersyndicale pour faire face au décret sur le statut des enseignants et la conférence de presse du ministre sur les suites données au rapport Hetzel sur l'orientation des lycéens. Et ces deux dossiers vont engager des orientations à long terme pour l'Ecole.

Du rapport Hetzel à la sélection sociale Pour lutter contre l'échec des lycéens des milieux populaires en université, le rapport Hetzel recommande une procédure d'orientation au cours de l'année de terminale. Ainsi les lycéens des filières technologiques et professionnelles seraient dirigés sur les formations courtes jugées plus accessibles. Ceux qui se seraient inscrits en université contre l'avis de la commission d'orientation siégeant en terminale en seraient exclus à la fin du premier semestre universitaire.

Le rapport tire une force certaine du fait qu'une majorité de ces lycéens échoue effectivement à obtenir le Deug et que cela constitue un gâchis humain et financier scandaleux. Ce dispositif a pu être présenté comme social par le recteur Hetzel car il s'accompagne d'un plan de développement des filières supérieures courtes.

Pourtant il nous apparaît que s'il répond au gaspillage financier de ces formations avortées, il aggrave le gâchis humain et creuse les inégalités sociales. En effet si les lycéens des filières technologiques et professionnelles s'inscrivent en université c'est souvent faute d'avoir trouvé une place dans une filière courte gratuite de l'enseignement public. Si le ministre n'annonçait pas mercredi l'ouverture rapide de milliers de places dans ces filières, et on voit mal comment il les financerait, il ne ferait que leur fermer tout accès à l'enseignement supérieur. Dans cette perspective, l'application du rapport Hetzel signifierait simplement que le ministre dégage des moyens pour des universités fréquentées par les enfants des familles aisées sur le dos des enfants des milieux défavorisés. Une perspective qui ne laisserait ni les lycéens, ni les enseignants, ni les parents indifférents.

Des décharges au blocage On ne reviendra pas ici sur la question des décharges. Leur suppression diminuera fortement le salaire de dizaines de milliers d'enseignants. Sous prétexte de justice catégorielle, l'éducation nationale finance son fonctionnement en rackettant les enseignants. Dans la plupart des cas cela se traduira par une perte de revenu de 6%. Nous avons pu montrer que dans certains cas cela sera beaucoup plus lourd.

Dés septembre nous avons annoncé que cette question mobiliserait les enseignants. Partout cette ponction est ressentie comme une injustice inadmissible. Pire encore, elle pose dans les pires termes la question des missions des enseignants et risque d'entraîner une crispation à long terme.

L'avenir de l'Ecole peut-il se lire dans les rapports d'audits ?D'autant qu'il suffit de lire les rapports d'audits pour se persuader que cette mesure n'est qu'un pas timide sur un chemin qui nous mène jusqu'à 2010. Car si Gilles de Robien dans tous les cas de figure vit ses dernières semaines de ministre de l'éducation nationale, les prévisions budgétaires annexées aux audits sur les décharges, le lycée et le collège courent jusqu'en 2010. Et on ne peut qu'inviter les enseignants à les découvrir.

Ils y verront qu'ils vont bien au-delà de la suppression de toutes les décharges. Le rapport d'audit sur les collèges prévoit de diminuer de 20% les heures d'enseignement. Ainsi pour le cycle central, on n'aurait plus que 250 heures de français pour les deux années, 230 de maths, 280 de langues, 100 de SVT, le tout sur 36 semaines. S'y ajouteraient 200 heures annuelles de dotation non affectée. Au lycée, par exemple en seconde, les élèves ne pourraient avoir plus de 900 heures d'enseignement annuelles, au lieu des 1 044 à 1 188 actuelles. En première et terminale le plafond serait à 950 heures (par rapport à 1 050 à 1 386 heures actuelles). Ces plafonds seraient calculés sur 36 semaines de cours grâce à l'allongement de deux semaines de l'année scolaire effective. Comme parallèlement l'enveloppe horaire de chaque discipline serait annualisée, on obtiendrait une forte économie de postes. Le rapport réorganise les enseignements sur ces bases. Par exemple, les horaires de français en seconde passeraient de 4 h 30 hebdomadaires à moins de 3 heures (100 heures annuelles), ceux de langue vivante 1 de 3 heures à 1 h 50 minutes (70 heures annuelles). En première ES, les SES passeraient de 5 heures à moins de 4 heures, l'histoire-géographie de 4 heures à moins de 3 heures.

L'application intégrale de ces rapports permettrait de dégager "près de 24 000 ETP, sans compter les économies générées par une révision du système des décharges. Une partie de ces marges de manœuvre supporterait le coût de déploiement de la loi d’orientation, une autre partie permettrait de piloter le système en redéployant des moyens en fonction d’objectifs pédagogiques exigeants, et enfin une partie représenterait des gains de productivité qu’un plan de gestion des ressources humaines adapté pourrait concrétiser pendant la période 2006-2010".

Des perspectives devant lesquelles le ministre, dans une lettre du 15 décembre, déclare "rester prudent". Mais pas au point de n'avoir fait étudier par ses services précisément l'utilisation des moyens dégagés pour les 4 années à venir.

2007 : Faut-il faire toujours payer les jeunes ?. C'est dire que 2007 sera une année importante pour l'Ecole. Depuis des années elle accumule les blocages : démocratisation et réussite de tous les élèves, intégration des tic, éthique professionnelle, révision des programmes, évolution des missions des enseignants, place des parents dans l'Ecole etc.

Ce qui se prépare tire partie de ces difficultés pour un terrible ajustement par le bas. La réduction drastique des horaires d'enseignement dans le secondaire, celle de la scolarisation à deux ans, l'apprentissage à 14 ans pour les plus faibles, la sélection à l'entrée du supérieur, toutes ces mesures ont un point commun : elles sacrifient la jeunesse populaire. Voilà l'enjeu de 2007.
Sur le rapport Hetzel
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/77.php
L'audit lycée
http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/performance/audit_ci.php?idref=25
L'audit collège
http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/performance/audit_ci.php?idref=42



- Le système scolaire

Violence scolaire : calme plat pour le ministère
"Le nombre moyen de signalements par établissement public est resté à peu près stable, mais il a augmenté de 7% dans les établissements de l’éducation prioritaire. Les incendies et les jets de pierres ou autres projectiles ont très fortement progressé, alors que les signalements par les chefs d’établissement de consommations et de trafics de stupéfiants ont continué de diminuer. Les actes à motivation raciste et antisémite sont toujours en baisse. Sur une plus longue période, on observe une augmentation des atteintes à autrui et une exposition plus grande des personnels, surtout des enseignants. Parallèlement, la proportion d’incidents donnant lieu à suite interne a augmenté de près de 10 points depuis 2002-2003, alors que le taux de plainte est passé de 7%à 5 %".

C'est sans doute la dernière année de publication des chiffres du logiciel Signa. Il devrait être remplacé début 2007 par un nouvel outil. Mais que valent ces chiffres de 2005-2006 ? Si les trois quarts des établissements ont transmis des données, dans nombre d'établissements l'année scolaire a été écourtée sensiblement par les émeutes puis les manifestations anti-Cpe. C'est peut-être ce qui explique la stabilité des signalements : 13,96 par établissement en moyenne en 2005-2006 contre 13,88 en 2004-2005.

Que retenir de l'année 2005-2006 ? La croissance des incendies, tentatives d'incendies et jets de pierre dans la foulée de cette année chaude. L'explosion des suicides (+41%). Les incidents ayant pour victime des personnels de l'éducation nationale ont légèrement augmenté (de 28 à 29%) alors que les dépôts de plainte ont diminué (de 16 à 15%). Une certitude demeure : le climat des établissements se dégrade de novembre à février.
http://www.education.gouv.fr/cid4338/les-actes-de-violence-recenses-dans-signa-en-2005-2006.html

Violence scolaire : Agir localement est possible
La dramatique affaire de Meaux a amené les médias à s'emparer, à tort ou à raison, du thème de la violence scolaire et à le propulser au premier rang de l'agitation médiatique du moment. A vrai dire cette place n'est pas imméritée. Il serait bien dangereux de minimiser son importance et de la négliger. La fréquentation du Café suffirait à nous en convaincre : le mot "violence" arrive en tête des requêtes dans notre moteur de recherche. Et le Café publie très régulièrement des analyses sur ce sujet.

Fin décembre chacun utilisait le drame à sa façon. Dans Le Figaro, Yves Thréard rendait l'Ecole responsable de la violence de la société et appelait à " la nécessaire remise en ordre de notre système éducatif". Dans l'autre camp, la Fcpe, par exemple, dénonçait le manque de moyens : "cet accident dramatique est aux yeux des parents d’élèves une conséquence du manque chronique de moyens de surveillance et d’encadrement… La FCPE refuse que la sécurité des enfants soit sacrifiée par des économies de « bout de chandelle »". Le ministre intervenait pour prôner "la tolérance zéro" face à la violence.

Une déclaration qui révèle un vide conceptuel rue de Grenelle. La dernière et plus importante intervention de Gilles de Robien sur ce sujet a été la publication en septembre 2006 de trois brochures d'une rare indigence qui prolongeaient une demande du ministre de l'intérieur. Les deux premières s'adressaient aux enseignants pour leur faire connaître les qualifications pénales des actes ont-ils pourraient être victimes. La troisième, la plus importante, s'adressait aux chefs d'établissement pour leur apprendre comment collaborer avec la police et les méthodes de fouille. S'agissant d'un thème aussi important que la prévention de la violence scolaire, on pouvait attendre d'un ministre de l'éducation autre chose qu'un rappel du code pénal et un manuel d'apprenti vigile. Deux ouvrages qui ne répondent pas au défi.

Que sait-on de la violence scolaire ? La violence scolaire est connue à la fois par les recensements officiels, comme les chiffres de Signa publiés cette semaine, et par les enquêtes de victimation menées par les sociologues de l'Ecole comme Eric Debarbieux. Contrairement à ce que pourraient donner à penser les faits relayes par les médias, la violence scolaire est globalement stable depuis une dizaine d'années. La forme de loin la plus répandue, mais qui échappe au logiciel Signa, est le harcèlement effectué par un ou des élèves contre un autre élève. On a là une cause importante d'échec scolaire voire de déscolarisation.

En même temps la violence scolaire évolue. Eric Debarbieux a pu montrer que c'est de plus en plus souvent une violence de groupe. C'est d'ailleurs également ce que nous rappellent les faits divers survenus à Meaux, ou à Marseille, ou plus récemment près de Lausanne où une jeune fille a été victime du harcèlement virtuel et réel de ses camarades de classe.

La violence a un rapport avec l'exclusion. Les derniers chiffres de Signa montrent qu'elle est la plus fréquente dans les établissements zep-rep. C'est aussi là où elle progresse alors qu'elle diminue généralement dans les lycées. C'est dire que l'exclusion sociale, qui échappe largement à l'Ecole, est un élément très important du problème.

Pourtant l'Ecole a aussi sa part. " Tout le monde est d'accord pour dire que la violence scolaire a plusieurs causes. La situation économique, familiale ont leur part. Mais il y a aussi des facteurs liés à l'institution scolaire" nous disait Eric Debarbieux en mars 2006. "En particulier, il y a une forte corrélation entre la qualité du climat scolaire et la victimisation. Le climat scolaire c'est la qualité des relations entre adultes et élèves et entre adultes; la capacité à avoir un dialogue et non un affrontement avec les élèves. C'est aussi la clarté des règles collectives. Le climat peut se dégrader par exemple quand les punitions diffèrent d'un enseignant à l'autre. Les sentiments d'appartenance collective et de justice sont deux composantes essentielles de ce climat".

Agir localement contre la violence. Cette analyse nous ouvre les voies d'une politique de prévention contre la violence. Elle doit avoir une dimension nationale. Il faut cesser de dire que les moyens n'ont pas d'importance. Une réelle politique de soutien aux quartiers défavorisés devrait prendre la place du saupoudrage et de l'émiettement pratiqués actuellement. Il faut agir à la fois dans les écoles en donnant aux établissements ambition réussite des moyens très supérieurs et dans les quartiers.

Mais il faut aussi agir sur le fonctionnement même de l'Ecole. Et d'abord contre la culture de l'humiliation qui est la valeur la plus commune d'une Ecole, des rapports d'inspection aux bulletins trimestriels. Il faudrait également une école qui ne se débarrasse pas de l'éducation des enfants sur l'extérieur ou sur les Cpe.

Ces exigences peuvent se décliner au niveau national. Mais on perçoit bien à quel point cela risque d'être laborieux. Elles peuvent sans attendre être davantage prises en charge au niveau local.
Article d'Eric Debarbieux
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/71.php
Article d'E. Tartar Goddet
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/78.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/violence/
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index060906.php

Sivis remplace Signa
Selon AP, le ministère de l'éducation nationale remplacera le logiciel de signalement des actes de violence Signa par un nouvel outil : Sivis.
http://fr.news.yahoo.com/08012007/5/un-nouveau-logiciel-pour-recenser-les-violences-scolaires.html

Le rapport de l'I.G. sur l'académie de Bordeaux
"En Aquitaine un nombre relativement important de jeunes s’insère dans la vie professionnelle au niveau V… D’un côté, élément positif, on observe qu’une forte proportion de jeunes, en tout cas une proportion supérieure à la moyenne nationale, sort du système scolaire à ce stade, avec un BEP ou un CAP. C’est un élément positif dans la mesure où il faut, bien sûr, mettre ce chiffre en relation avec celui des sorties sans qualification, chiffre qui est, on le sait, relativement faible dans l’académie… Cependant, nous avons été conduits à observer que cet élément positif présente aussi un aspect négatif, et, de ce point de vue, il n’est pas sûr qu’il faille parler d’un modèle aquitain : car si assurément l’insertion au niveau V est bonne, comme le taux des sorties sans qualification, on ne peut en dire autant de l’accès au niveau IV… S’il est vrai que la proportion des jeunes qui poursuivent leurs études jusqu’au niveau du baccalauréat augmente, elle demeure cependant plus faible qu’au niveau national… Faut-il alors se féliciter des taux remarquables de réussite aux examens ? du brevet au baccalauréat, les taux de réussite des jeunes aux examens sont élevés et supérieurs aux moyennes nationales… Mais si on intègre cette performance dans son contexte, la même question que précédemment revient sous une autre forme : ce qui se dessine désormais, c’est ce que nous avons examiné comme la question du positionnement des diverses voies les unes par rapport aux autres. Une inévitable conclusion se profile : certains déséquilibres apparaissent, pas seulement territoriaux, et la présomption de pratiques sélectives, par suite, amène à parler d’une sorte de manque à gagner". Le rapport de l'Inspection générale (Jean-Louis Poirier et Jean-François Cerisier) sur l'académie de Bordeaux porte sur une académie qui obtient de forts taux de succès.

Pourtant il souligne le caractère élitiste des pratiques d'orientation particulièrement dans le secondaire. " Les représentations et pratiques pédagogiques des professeurs se caractérisent, en général par l’effacement de toute perspective de continuité du CM2 à la 6ème et du collège à la 2nde, par la sévérité des évaluations et la mise en avant d’exigences de niveau élevé, par l’insuffisance ou l’inexistence des dispositifs pédagogiques de soutien et de suivi individuel à l’intention des élèves en difficulté. Tout cela, ajouté à l’attitude et aux conseils de divers professeurs principaux ou conseillers d’orientation, a pour effet le décrochage d’un certain nombre d’élèves. Cela explique alors l’attirance de ces élèves pour des solutions séduisantes en faveur d’institutions ou d’organismes où ils ont le sentiment que leurs difficultés sont prises en compte, où ils se sentent respectés et aidés et où ils voient se dessiner un parcours de rupture avec l’échec. D’où le succès des MFR et de l’apprentissage. De là aussi, a contrario, une effet sélectif sur la voie générale et certaines formations technologiques de haut niveau qui se trouvent ainsi écartées du projet d’un certain nombre d’élèves". Cette orientation se fait au détriment des CSP défavorisées.

Encore ne trouvera-t-on dans ce rapport aucun écho aux travaux de Georges Felouzis qui avait mis en évidence des pratiques de ségrégation ethnique dans l'académie : "On observe en effet de la ségrégation au collège et certaines origines en sont plus victimes que d’autres : c’est plus net pour les personnes originaires du Maghreb, d’Afrique noire ou de Turquie" déclarait G. Felouzis au Café en 2004. "Peut-on parler de discrimination ? Oui et non. Oui car cela crée une situation sociale qui produit une identification de l’individu sur une base ethnique qu’il soit allochtone ou autochtone. Dans les collèges, on observe que ça incite à produire des identités centrées sur l’ethnicisation. Ca peut produire une lecture de la société en terme de relations raciales. Mais ce n’est pas le fruit du racisme. C’est diffus : la cause principale en est la ségrégation urbaine". Les rapporteurs ont "ignoré" les travaux de Felouzis…

Par contre l'enquête met en évidence les inégalités territoriales. On ne sera pas surpris de savoir que les Landes se placent, avec les Pyrénées atlantiques, en tête de l'académie : c'est un département qui a misé sur l'intégration des TICE grâce à une politique très volontaire du Conseil général.

L'Inspection invite l'académie à augmenter le taux d'accès en lycée et au bac.
http://media.education.gouv.fr/file/73/1/3731.pdf
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/49.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/landes04/index.php

Lycée musulman à Lyon : c'est encore non
Le recteur de Lyon a à nouveau refusé l'ouverture d'un lycée collège musulman à Lyon.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploieducation/College-lycee-musulman-pres-de-Lyon-nouveau-refus-du-rectorat.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index250906.php

- La carrière

(Avec le concours de Rémi Boyer et Catherine Terseur)

L’actualité des concours et des postes hors enseignement :
Ministère de l’Equipement :
Pour travailler au sein du ministère de l’Equipement, et connaître leurs différents concours externes et internes tout au long de l’année, c’est là :
http://www2.equipement.gouv.fr/recrutement/index_inscriptions.htm

Pour devenir délégué à la sécurité routière, occuper des fonctions de chargé de recherche, de chargé d’études documentaires, et connaître tous les profils des métiers que le ministère de l’Equipement propose, c’est ici :
http://www2.equipement.gouv.fr/recrutement/index_54.htm

Ministère de la Défense :
Pour enseigner votre discipline dans un lycée militaire, en collège, lycée ou CPGE, vous avez jusqu’au 1er février 2007 pour adresser votre dossier de candidature.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/47/MENH0603050V.htm

Ministère de l’Education nationale :
Les enseignants qui souhaitent évoluer vers les métiers de l’encadrement trouveront tous les éléments nécessaires sur le site de l’Ecole Supérieure de l’Education Nationale : http://www.esen.education.fr/documentation/index.phtml?idRP=3
ou sur celui du Ministère :
http://www.education.gouv.fr/pid50/personnels-d-encadrement.html

Pour devenir personnel de direction, un métier au carrefour de toutes les activités d’un établissement scolaire, exigeant de la disponibilité, de l’enthousiasme, et une passion pour la pédagogie et la mission de service public, le BOEN n°2 du 11 janvier 2007 offre la possibilité d’être détaché pour trois ans sur ce type de fonction, et renouvelable dans la limite de cinq ans. Toutes les modalités sont ici : http://www.education.gouv.fr/bo/2007/2/MEND0603231N.htm

Les personnels qui ont réalisé un parcours professionnel varié, leur permettant de diversifier leurs compétences peuvent postuler tout au long de l’année sur ces postes aux profils très pointus :
http://www.evidens.education.gouv.fr/

La mobilité
Les sites de ressources indispensables pour réfléchir à sa mobilité :
Pour repérer tous les établissements d’enseignement à l’étranger, afin de préparer une éventuelle mobilité, il faut se rendre sur cette page :
http://www.scola.education.gouv.fr/

Pour s’informer sur les métiers, les emplois des trois Fonctions Publiques, cette page constitue une mine de liens :
http://prfc.scola.ac-paris.fr/PRFC2/PPR_Metiers.html

Les postes aux concours de l'enseignement : restrictions maintenues
Le Journal Officiel du 22 décembre publie le nombre de postes mis aux concours à la session 2007.

Primaire : 11 000 postes. Selon le Journal officiel, 10 937 postes sont proposés aux concours 2007 dont 10 275 à l'externe.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602979A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602981A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602982A

Secondaire : 11 650 postes. Un peu moins de 7 000 postes seront proposés au capes (dont 6 040 à l'externe) et 325 au Capet (276). L'agrégation offrira exactement le même nombre de postes qu'en 2006, soit 1443 à l'externe et 760 à l'interne. En EPS, on comptera 400 postes à l'externe.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602964A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602965A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602966A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602974A

Dans l'enseignement professionnel, le Journal Officiel annonce 1 728 postes (contre 1818 en 2005) dont 1 436 à l'externe.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602967A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602968A

Globalement ce sont les chiffres de la session 2006, une année marquée par des restrictions importantes. Cette année là avait vu le nombre de postes passer de 17 000 à 12 000 dans le secondaire. La suppression des décharges devrait ajouter environ 3 000 postes à la rentrée. Mais la pression est maintenue sur les établissements qui doivent faire face à des départs en retraite (environ 15 000 dans le primaire et dans le secondaire) supérieurs aux arrivées et à la croissance démographique dans le primaire.
Le nombre de postes aux concours 2006
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index221205.php

250 postes pour la vie scolaire
Le Journal officiel annonce le recrutement de 50 Cop et 200 CPE.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602976A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENH0602977A

Promotions corps – grade des enseignants
Le B.O. n°47 publie plusieurs notes de service qui précise les conditions d'inscription sur les liste d'aptitude permettant de changer de corps ou d'accéder à la hors classe. Ainsi sont abordés l'accès au corps des agrégés, des agrégés hors classe, des certifiés et PEPS, des certifiés et PEPS hors classe, ces CPE, des CE EPS, des PEGC, des AECE et des directeurs de CIO.

Ces textes ont été dénoncés par le Se-Unsa. "L’avancement de grade 2007 se complique pour l’ensemble des corps du second degré. Un nouveau coup est assené aux PEGC et aux CE d’EPS qui se voient embarqués dans la galère de la NGP, ce qui est complètement incohérent par rapport au processus d’extinction et des engagements pris en 1989 et 1993. Cette politique de gestion réaffirmée dans ces projets, se décline par des mesures qui accentuent à nouveau le pouvoir des recteurs et instituent des critères de plus en plus subjectifs pour le repérage des collègues à promouvoir".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/47/encart.htm
http://www.se-unsa.org/page_cadres.php?id=39

Postes aux concours du privé
Le Journal officiel du 11 janvier publie le nombre et la répartition des postes mis aux concours 2007 : 1536 pour les professeurs des écoles, 1276 pour le cafep (externe), 150 pour le concours interne de l'agrégation et 1200 pour les concours internes des certifiés,peps et plp.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENF0603183A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENF0603185A
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENF0603186A

Direction
Des avancées pour les chefs d'établissement
"A l’issue d’une action entamée de longue date et qui avait conduit le SNPDEN à organiser une manifestation nationale d’ampleur le 26 novembre 2006, le syndicat des personnels de direction se voit proposer quelques mesures par le ministère de l’éducation nationale". Le Snpden a le triomphe modeste. Il vient d'obtenir satisfaction sur des revendications importantes des personnels de direction.

Il s'agit d'abord d'une "charte des pratiques de pilotage" qui répond à l'exaspération des chefs d'établissement. La charte prévoit par exemple de "constituer progressivement de véritables pôles administratifs opérationnels dans les EPLE" et " d'améliorer la communication et la concertation" (comprenez avec les autorités académiques).

Les personnels de direction obtiennent également une limitation de leur temps de travail : "reconnaissance du temps de travail des personnels de direction comme cadres autonomes sur la base de 207 jours de travail par an, et reconnaissance d’un droit à congés de 47 jours ouvrés, soient 10 semaines. Par ailleurs, ce temps de travail ne devra plus dépasser ni 10 demi journées par semaine, ni 11 h par jour, ni 48 h par semaine (44 h par semaine si le temps de travail continu dépasse 12 semaines d’affilée). L’organisation de ce travail serait librement organisée par la direction. Ce temps de travail n’est pas nécessairement un temps de travail dans l’établissement". S'y ajoutent des indemnités.

Ces avantages devraient faciliter le recrutement de chefs d'établissement. Le B.O. du 11 janvier publie deux notes sur la titularisation des stagiaires et l'intégration dans ce corps.
http://www.snpden.net/0_bienvenue/rootpage.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/2/default.htm
Les chefs d’établissement face à l'autonomie des établissements
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/76.php

Concours des personnels de direction
Le Journal officiel du 19 décembre fixe le nombre de postes mis aux concours de personnels de direction : 100 pour la 1ère classe, 700 pour la seconde.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MEND0603008A

- Vie professionnelle

De nouvelles règles d'orientation au collège et au lycée
Gilles de Robien a présenté aujourd'hui de nouvelles procédures d'orientation pour les collégiens et lycéens. Elles font suite au rapport Hetzel. Il s'agit de lutter contre l'échec des étudiants dans l'enseignement supérieur : 80 000 sorties par an sans diplôme supérieur, un taux de chômage de 11% après la sortie de l'université. Pour cela, Robien croit en la professionnalisation des formations supérieures. Il a d'ailleurs annoncé l'ouverture de 225 nouvelles licences professionnelles en 2007.

Le nouveau dispositif comprend 4 niveaux :
- en troisième : un entretien d'orientation obligatoire aura lieu dès cette année lors du second trimestre entre le professeur principal, l'élève et la famille. Il sera précédé d'une réunion entre les professeurs principaux et les représentants des entreprises locales (Chambre de commerce et d'industrie, chambre d'agriculture etc.). "On a besoin de rapprocher les entreprises et le système éducatif" a déclaré le ministre, "pour échanger des informations, mieux accorder les apprentissages aux métiers qui ont le vent en poupe,… créer une culture commune".

- en première : une procédure identique sera mise en place en première dès la rentrée 2007.

- en terminale : les lycéens rempliront un dossier unique d'orientation contenant leurs demandes. Il sera soumis à un avis du conseil de classe en janvier. Celui-ci sera transmis à l'université qui exprimera elle aussi son avis. Le système est expérimenté dans les académies de Nantes et Poitiers dès cette année. Il sera étendu pour la rentrée 2008 à toutes les académies hors Ile-de-France.

- en université : "l'université délivrera un avis sur les choix d'inscription souhaités par l'élève. Il ne s'agit évidemment pas de sélection, mais d'un conseil, pour éviter les inscriptions dans des filières inadaptées. Le choix final restera sous l'entière responsabilité du bachelier". Cette procédure concernera 180 000 jeunes dès cette année. Parallèlement les universités sont invitées à "porter une plus grande attention à l'insertion professionnelle de leurs diplômés, à mieux identifier les gisements d'emplois existants ou en voie d'émergence. Le but est de mettre en place à l'université des systèmes d'orientation et d'insertion professionnelle qui soient en prise avec le monde de l'emploi et le tissu socio-économique local".

- STS IUT : le ministre a annoncé une réglementation qui aura pour objectif de faciliter l'entrée des bacheliers professionnels et technologiques en STS. "Il y a éviction (de ces jeunes) par les bacs généraux. On travaille à des mesures qu'il est encore trop tôt pour décrire. Il doit y avoir une réalité de la présence des bacheliers professionnels et technologiques dans ces sections". Le ministre souhaite utiliser toutes les capacités des STS qui ne sont pas assez remplies. Imposer l'entrée de ces bacheliers en IUT semble plus difficile.
Discours
http://www.education.gouv.fr/cid4360/debat-universite-emploi-les-suites-du-rapport-hetzel.html
Communiqué
http://www.education.gouv.fr/cid4376/debat-universite-emploi-les-suites-du-rapport-hetzel.html
Rapport Hetzel : de l'orientation au sens unique
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index251006.php

Orientation : des procédures qui ne répondent pas aux besoins
En présentant le 10 janvier les nouveaux dispositifs d'orientation des lycéens, Gilles de Robien a mis en avant de bonnes intentions. "Je pense d'abord aux plus fragiles, notamment aux 20 % d'étudiants qui quittent l'enseignement supérieur sans diplôme… Cela représente 80 000 bacheliers qui sortent du système sans autre diplôme, et qui vont connaître d'importantes difficultés pour trouver un emploi. C'est un immense gâchis. Il faut y mettre un terme. Et puis, je pense aussi aux diplômés de l'enseignement supérieur qui peinent à trouver un emploi".

Dans les deux cas il s'agit souvent des bacheliers des sections technologiques ou professionnelles, c'est-à-dire de jeunes de familles défavorisées. Ainsi seulement 39% des premiers réussissent à décrocher un Deug. Un taux qui descend pour les seconds à 17% ! Il est évident qu'une réaction s'impose devant un tel gâchis.

Pourtant nous défendrons ici l'idée que la procédure mise en place par le ministre les desservira et qu'elle ne poursuit pas un but social. Nous tenterons également de montrer que la conception de l'orientation de Gilles de Robien est archaïque.

Une sélection déguisée... Le ministre a beau promettre "qu'il ne s'agit évidemment pas de sélection, mais d'un conseil", de fait, l'orientation des étudiants ne pourra pas, faute de personnel universitaire, être personnalisée. Ce sont des procédures automatiques d'affectation ou de rejet qui seront très probablement mises en place et qui décideront du sort de l'étudiant. Le rapport Hetzel, qui guide le nouveau dispositif, prévoit d'ailleurs ouvertement une procédure contraignante. Le jeune qui s'inscrit en université contre l'avis du conseil de classe ou de l'université est convoqué à la fin du premier semestre universitaire et celle-ci décide librement de son sort. Elle le fait d'ailleurs au moment le plus délicat de la carrière étudiante : celle de l'adaptation à un univers nouveau où même des bacheliers généraux perdent pied. Les besoins financiers et la concurrence universitaire aidant, on peut craindre une élimination rapide des bacheliers technologiques et professionnels des campus.

La fin des bacs technologiques et professionnels. C'est très clairement inscrit dans le rapport Hetzel et dans les propos ministériels : la place des bacheliers professionnels et technologiques est en STS et éventuellement en IUT. C'est désigner officiellement ces bacs comme des sous-bacs.

Cela se fait sur la foi des taux d'échecs des années précédentes. Mais entre temps certaines filières ont été modifiées. C'est le cas de la principale voie technologique, la filière STG, dont la réforme a été mise en place à la rentrée 2005. Les membres du groupe d'experts, Alain Burlaud et Jacques Saraf, évoquaient alors " le principe de l’égale dignité des voies de formation". La nouvelle filière, doit "préparer à un accès à toutes les études supérieures juridiques, économiques ou de gestion… La liaison entre enseignement scolaire et enseignement supérieur doit être souple et permettre le plus possible les changements d'orientations. Il serait en effet particulièrement regrettable que, dès la classe de seconde, les élèves aient à se déterminer de façon définitive sur le choix de leurs études supérieures et, ultérieurement, de leur métier." Du coup, les référentiels ont à la fois recadré les formations technologiques et très sensiblement relevé le niveau d'exigences en enseignement général.

Les premiers bacheliers STG sortiront en juin 2007. Ils ont étudié avec l'espoir de se voir offrir de réelles possibilités de réussite dans tout l'enseignement supérieur mais déjà leur sort est réglé. Le défi a été lancé en vain par une administration qui se rit des lycéens. On ne saura probablement jamais si la réforme STG a réellement relevé leurs compétences et s'ils avaient leurs chances en université.

Que deviendront les jeunes des classes populaires ? Mais partons du pire cas. Le niveau des bacheliers technologiques et professionnels ne s'est pas élevé d'un iota (le niveau baisse bien sûr !) et il faut les préserver d'un fort taux d'échec en université. La procédure ne leur offre pas de réelle chance pour deux raisons.

La première c'est que le taux d'échec de ces bacheliers est également fort en STS et en IUT. Il est de 60% pour les bacheliers professionnels en STS et de 45% pour les bacheliers technologiques en IUT. C'est-à-dire sensiblement égal à celui de l'université. Il y a plusieurs raisons pour cela entre autre pédagogiques. Mais il y en a une que le ministre oublie toujours : c'est qu'en moyenne un étudiant sur dix abandonne l'université pour des raisons financières. Ce taux est évidemment beaucoup plus fort pour nos bacheliers.

La seconde c'est que si nombre de ces bacheliers s'inscrivent en université aujourd'hui ce n'est pas par manque d'information mais par manque de place dans les filières STS et IUT. Le ministre lui-même le reconnaît et annonce des mesures qui, pour des raisons juridiques, ne pourront concerner que les STS. Il est à craindre que le nombre de places disponibles en STS soit largement insuffisant. Il y a eu 140 000 bacheliers technologiques en 2005. 42 000 se sont inscrits en université et 58 000 en STS. En STS il y a moins 20 000 étudiants venant de bacs généraux… Le rapport Hetzel demande la création de 50 000 places et STS pour accueillir les bacheliers technologiques et professionnels. Le ministre n'entend pas les créer. Par conséquent on peut craindre qu'il ne s'agisse pas d'une orientation de ces jeunes mais bien d'une éviction des études supérieures. Disons le autrement : pour dégager des moyens pour les universités, le gouvernement propose l'éviction des jeunes des milieux défavorisés. Ce sont eux qui paieront la facture.

Une conception archaïque de l'orientation. Mais le plus surprenant dans la démarche ministérielle c'est sa conception de l'orientation. Le ministre entend rapprocher l'université et les entreprises et développe les filières professionnelles y compris l'apprentissage. Or ce qui caractérise l'enseignement supérieur français c'est, selon l'OCDE, le faible taux d'étudiants des études générales longues.

Pour Gilles de Robien il faut "tout faire pour favoriser la professionnalisation des études, et le rapprochement entre l'université et le monde de l'emploi… Le but est de mettre en place à l'université des systèmes d'orientation et d'insertion professionnelle qui soient en prise avec le monde de l'emploi et le tissu socio-économique local". Et c'est aussi ce qu'il veut installer dès le collège en demandant aux entreprises d'indiquer les "bonnes" formations pour les élèves. "On a besoin de rapprocher les entreprises et le système éducatif pour échanger des informations, mieux accorder les apprentissages aux métiers qui ont le vent en poupe,… créer une culture commune".

Cette conception de l'orientation n'est pas nouvelle. C'est, pour Dominique Odry, "le modèle adéquationniste qui vise à mettre en correspondance le profil d'un individu et celui d'une profession" (D. Odry, L'orientation c'est l'affaire de tous, I Les enjeux, CRDP d'Amiens 2006). C'est un modèle qui est apparu après la première guerre mondiale pour les milieux populaires et qui a eu ses heures de gloire après la seconde. Ce n'est évidemment plus la conception actuelle de l'orientation.

Dans une économie mondialisée et de plus en plus flexible (flexibilité des productions, des salaires, de la main d'œuvre etc.), pour Jacques Senécat (idem) "il est devenu illusoire de piloter l'orientation par l'aval, c'est-à-dire par l'emploi. Il est devenu indispensable de miser sur la capacité des individus à s'adapter, par leurs propres moyens, à des situations évolutives et, souvent, largement imprévisibles. Le problème essentiel de la formation aujourd'hui est celui de l'adaptabilité des individus".

On aimerait se rassurer et ne voir derrière les choix ministériels qu'un souci d'économies budgétaires. Mais on peut craindre qu'il y ait une vision aussi passéiste de la société et de l'économie futures que celle qu'il peut avoir en matière pédagogique.

La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles entrera en vigueur
L'Unesco annonce que la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, signée en 2005, entrera en vigueur le 18 mars 2007. En effet 13 nouveaux pays, dont la France, l'ont ratifié.

Cet accord "réaffirme le droit souverain des Etats d’élaborer des politiques culturelles en vue de « protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles », d’une part, et de « créer les conditions permettant aux cultures de s’épanouir et interagir librement de manière à s’enrichir mutuellement », d’autre part. Elle consacre le rôle de la culture comme acteur du développement (article 13)… Elle souligne aussi « l’importance des droits de propriété intellectuelle pour soutenir les personnes qui participent à la créativité culturelle » et réaffirme que « la liberté de pensée, d’expression et d’information […] permettent l’épanouissement des expressions culturelles au sein des sociétés".

La Convention prévoit la protection des expressions culturelles minoritaires. Dans le contexte français, sa ratification est une bonne nouvelle pour les langues régionales.
http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=36209&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

Une journée d'action annoncée en février
La grande intersyndicale contre le budget 2007 et le décret sur les décharges a-t-elle vécu ? L'intersyndicale s'est réunie jeudi 11 janvier. La FSU maintient son mot d'ordre unilatéral de manifestation le 20 janvier. Elle l'avait lancé unilatéralement en décembre dernier.

L'intersyndicale (Faen, Cgt, Fsu, Sgen Cfdt, Unsa Education) appelle "les organisations locales à se rencontrer rapidement pour construire ensemble dans chaque école, établissement, service les mobilisations nécessaires… Elles mettent en perspective dès aujourd'hui une journée nationale d'action début février pouvant aller jusqu'à la grève". Ce qui donne à penser qu'elle n'a pu se mettre d'accord sur la prochaine étape du mouvement.

40 à 100 000 professeurs touchés par la suppression des décharges
"Des dizaines de milliers d'enseignants victimes de baisses de salaires dès 2007". L'Expresso l'avait annoncé le 16 octobre. A vrai dire nous avions peu de mérite : les experts du ministère des finances et de l'éducation nationale avaient eux-mêmes chiffré la perte moyenne de salaire à 1480 euros par an, soit environ 6% en moins sur la fiche de paie.

Compte tenu du projet de décret élaboré par Robien, entre 40 000 (ministère) et 100 000 profs (Snes) seraient concernés selon l'AFP. Chiffres encore flous puisque le texte accorde une certaine souplesse pour la gestion des décharges non statutaires.

Après le succès de la manifestation du 18 décembre, selon l'AFP, l'Intersyndicale a prévu de se réunir le 20 décembre pour organiser la suite de l'action. La FSU appelle de son coté à une manifestation le 20 janvier.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploieducation/Le-decret-sur-le-temps-de-travail-concernera-40000-professeurs-ministere.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index161006.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/77.php

Succès de la grève du 18 décembre
"Sans sous-estimer la grève d'aujourd'hui, de toutes les grèves nationales intersyndicales, celle d'aujourd'hui est la moins suivie". Ca c'est l'opinion du ministre. Elle n'est pas corroborée par les médias qui évoquent une grève réussie.

Selon le ministère, 39% des profs de lycée, 36% de ceux du collège, 24% des PLP étaient en grève aujourd'hui; pour le Snes c'est respectivement 53% et 55%. Ce qui est certain c'est que le mouvement a pris de l'ampleur. Depuis le 28 septembre il a doublé. Une autre mesure de l'événement est la concertation syndicale : 15 organisations appelaient à l'action, une réunion jamais vue.

Pour le Snes, cette grève "donne la mesure de la colère qui anime la profession face aux initiatives et au mépris d’un ministre qui n’écoute rien et fait la leçon sur tout". Les manifestations ont réuni environ 10 000 personnes à Paris (3 000 selon la police), 2 000 à Marseille et Rouen, un millier à Bordeaux, Lille et Rennes.
http://www.lefigaro.fr/france/20061218.FIG000000133_les_profs_refusent_une_reforme_de_leur_temps_de_travail.html
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2393
http://www.education.gouv.fr/cid4320/greve-du-lundi-18-decembre-2006.html

Mais blocage au CTPM
La "surdité constante" du ministre est évoquée également par une déclaration de l'intersyndicale lors du Comité technique paritaire ministériel. Le ministre a refusé le 18 décembre de retirer de l'ordre du jour du CTPM le projet de décret et même de recevoir l'intersyndicale. L'ensemble des organisations syndicales siégeant au CTPM a quitté la salle. Les syndicats avaient refusé de siéger au CTPM du 11 décembre.
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=061218
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index081206.php

Après la grève
Le succès de la journée d'action du 18 décembre amène évidemment à réfléchir à ses suites et à sa portée. Une grève aussi suivie, un mouvement qui s'amplifie de septembre à décembre peuvent-ils porter un changement ?

Un mouvement qui semble n'ébranler ni le ministre. Gilles de Robien a commenté à plusieurs reprises le mouvement du 18 décembre et toujours dans le même sens. Pour un communiqué de la rue de Grenelle, il s'agit de "'la grève la moins suivie". Dans un entretien accordé à Libération , le ministre défend la suppression des décharges au nom de la justice sociale et dénonce "une certaine désinformation" des syndicats. Enfin la revue ministérielle, qui arrive en ce moment dans les boites aux lettres des enseignants, défend sa réforme. Le ministre a même refusé de recevoir la délégation syndicale. Me ministre semble imperméable aux événements.

Ni la cohérence d'une gestion. C'est sans doute que le projet de décret a des racines profondes. Il s'appuie sur un audit que le Café a déjà présenté et qu'il invite à lire. Ce document contient en effet des prévisions budgétaires éclairantes jusqu'en 2010. L'application intégrale des rapports, comme celui sur les décharges, est programmée et devrait être appliquée sauf bouleversement politique. En résumé, leur impact est calculé : 9 203 emplois récupérés en lycée par réduction des horaires élèves, 9 609 par suppression des dédoublements au seul lycée, 3 000 emplois en langues par remise en question des dédoublements, 2 282 emplois du fait de la réduction des redoublements et un nombre non calculé de postes venus de la réduction du nombre d'options. " Au total, l’application des recommandations de la mission permettrait de dégager près de 24 000 ETP, sans compter les économies générées par une révision du système des décharges. Une partie de ces marges de manœuvre supporterait le coût de déploiement de la loi d’orientation, une autre partie permettrait de piloter le système en redéployant des moyens en fonction d’objectifs pédagogiques exigeants, et enfin une partie représenterait des gains de productivité qu’un plan de gestion des ressources humaines adapté pourrait concrétiser pendant la période 2006-2010". Derrière la question des décharges il y a une véritable gestion de l'enseignement sur les prochaines années qui organise d'autres coups durs pour les enseignants. C'est un point à prendre en compte.

Passer de l'union des contre à celle des pour. Certes le mouvement suscite déjà des réactions politiques. Au PS, où le porte-parole de Ségolène Royal annonce qu'il "soutient les enseignants" et que la réforme du système éducatif "doit se faire dans la concertation, le dialogue et par des moyens supplémentaires". Plus intéressant peut-être pour Robien est l'énervement de son camp. Selon l'AFP, le secrétaire national UMP en charge de l'éducation tance le ministre de l'éducation estimant que "ce ne sont pas de telles punitions symboliques qui peuvent motiver les enseignants". Mais l'avenir du mouvement se décidera sans doute ailleurs que dans un parti qui critique un texte dont il vient d'adopter les éléments budgétaires.

Il se jouera certainement dans la capacité de l'intersyndicale à proposer un projet de service et de missions pour les enseignants en cohérence avec un nouveau projet pour l'Ecole. Se borner au statu quo et se limiter à un refus du texte Robien est sans doute le meilleur moyen de laisser les impératifs budgétaires s'imposer d'eux –mêmes. Il s'agit de passer de l'union des contre au consensus sur un avenir pour notre Ecole. Un grand chantier ou un rêve ?.
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/77.php

Le Cahier des charges de la formation des enseignants publié au J.O.
Le Journal Officiel du 28 décembre publie l'arrêté relatif au cahier des charges de la formation des maîtres. Le texte a reçu l'avis favorable du Haut Conseil de l'Education mais a été rejeté par le Conseil supérieur de l'éducation et le Cneser.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENS0603181A
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index151206.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/78.php#538
Voir le dossier spécial de la rubrique Pédagogie
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/79.php

- Primaire

Le projet d'Epep avance
Le groupe de travail sur le fonctionnement des écoles s'est à nouveau réuni au ministère le 21 décembre. Le Se-Unsa rend compte des discussions qui ont porté sur le projet d'Eple (Etablissement public d'enseignement primaire), une structure qui unirait plusieurs écoles.

Deux points suscitent la désapprobation du se-Unsa. "Refus absolu de voir l’organisation des écoles sous tutelle des maires qui se retrouvent majoritaires à 50% voire 60% dans le conseil d’administration de ces Epep… Désaccord quant au statut de responsable hiérarchique, assigné au directeur de l’Epep et disproportions des pouvoirs de ce directeur. Il y a beaucoup à craindre quant au fameux « statut d’emploi » de certains directeurs qui doit être discuté dans l’autre groupe de travail : recrutement, responsabilités, traitement... mais qui rejoint, naturellement, la problématique du directeur de l’Epep. Ce dernier ressemble en tous points à un chef d’établissement d’EPLE mais version premier degré".

Rappelons que le Snuipp, FO et le Sgen-Cfdt refusent de siéger à ces réunions tant que des directeurs sont sanctionnés pour grève administrative.
http://www.se-unsa.org/page_cadres.php?id=41
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061206.php

Les groupes de travail sur la direction d'école
Après les syndicats (et le Café), le ministère rend compte à sa façon des réunions des groupes de travail sur la direction d'école. On pourra utilement comparer ce document avec les publications syndicales.
http://www.education.gouv.fr/cid4272/directeurs-d-ecole-les-groupes-de-travail-ont-commence.html
http://www.se-unsa.org/
http://www.snuipp.fr/spip.php?article4257

Les sanctions pleuvent sur les directeurs d'école
Les messages arrivent de partout. En Charente Maritime, 59 directeurs d'école primaire se verront retirer 1/30ème de leur salaire. En Ille-et-Vilaine ils seraient au moins une quinzaine et là on menacerait d'une sanction plus sévère. Ce qui leur est reproché c'est de ne pas avoir rempli le système de gestion nationale des élèves appelé "Base Elèves". Un logiciel qui se situe au croisement de deux mouvements. D'une part la grève administrative des directeurs d'école qui dure depuis des années pour obtenir une vraie reconnaissance de la fonction. Si une partie des directeurs ont cessé la grève après la signature d'un protocole d'accord entre le ministère et le Se-Unsa, d'autres estiment les avancées insuffisantes.

A cela s'ajoute le problème propre à Base-Elèves. Le logiciel comprend des renseignements qui permettent de repérer les élèves sans papiers. Et les descentes de la police dans les écoles pour arrêter les familles sont venues accréditer les peurs des enseignants de participer à une politique d'immigration qu'ils réprouvent.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1516

Candidatures Capa-Sh
Le B.O. du 21 décembre précise les modalités de recueil de candidatures aux stages Capa-Sh.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/47/MENE0603038N.htm

Les écoles de proximité menacées ?
Après le Se-Unsa, le Snuipp, selon l'AFP, s'inquiète du projet de décret sur les Etablissements publics d'enseignement primaire (EPEP). Le syndicat s'inquiète de la composition du conseil d'administration et de la place trop lourde accordée aux élus locaux et du risque de fermeture d'écoles rurales par regroupement.
Dépêche AFP
http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20070109&key2=070109185436.me2bahdr.xml
Communiqué
http://www.cafepedagogique.net/expresso/express301206.php
En savoir plus : L'école rurale
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/rurale06/index.php


- Collège

Le nouveau brevet et le socle commun
Comment articuler le socle commun et le brevet ? L'Enseignant de janvier apporte quelques éclaircissements sur le futur brevet. " La Dgesco nous a présenté les principes autour desquels le ministère envisage la rénovation du brevet. Le schéma proposé repose sur une distinction entre une admissibilité, constituée par la maîtrise du socle, et une admission, correspondant au brevet actuel (trois épreuves écrites en maths, français, histoire-géographie-éducation civique ; contrôle continu dans les autres disciplines ; note de vie scolaire ; B2i). En clair, on ne change rien au brevet actuel, mais on en réserve l'accès aux seuls élèves supposés maîtriser le socle !
http://www.se-unsa.org/page_enseig.html

Entretien d'orientation obligatoire en 3ème
"Il a été décidé de mettre en place, dès cette année, au bénéfice de tous les élèves de troisième, un entretien d’orientation auquel les familles pourront assister". Il était temps que le B.O. le demande puisque les établissements doivent préciser les modalités d'organisation de cet entretien avant le 10 janvier, soit… dans 48 heures ouvrables !

"À l’approche des décisions à prendre à l’issue du cycle d’orientation, cet entretien a deux objectifs : faire le point sur l’étape actuelle du parcours de formation de l’élève et envisager ses projets de poursuite d’études en examinant tout le champ des possibles, à l’occasion d’un rendez-vous formalisé auquel ses parents ou représentants légaux pourront assister". Il sera mené par le professeur principal "en associant le cas échéant les conseillers d’orientation-psychologues", ce qui reste du domaine du vœu compte-tenu de leur faible nombre.

"Ces entretiens permettront une meilleure connaissance réciproque des souhaits de l’élève et de sa famille d’une part et des conditions scolaires de réussite d’autre part… L’entretien mettra en perspective les potentialités identifiées avec les parcours à envisager. Le cas échéant, il pourra conduire à préconiser les efforts scolaires qui s’avèreraient nécessaires et possibles. Il sera l’occasion de prodiguer des encouragements et de recenser les besoins d’informations concrètes et pratiques pour l’orientation auxquels les conseillers d’orientation-psychologues pourront répondre". Il devra être mené au second trimestre avant que les familles communiquent leurs vœux.

Pour le Snes, "exiger des enseignants qu’ils s’approprient une démarche d’entretien d’orientation après quelques heures de sensibilisation revient à leur demander de se substituer aux conseillers d’orientation-psychologues alors qu’ils n’en ont ni les compétences ni le rôle. Cette circulaire aura pour conséquence d’alourdir considérablement la charge de travail des professeurs principaux en leur confiant une mission pour laquelle ils ne sont pas qualifiés".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/47/MENE0603125C.htm
http://www.snes.edu/snesactu/article.php3?id_article=2398

- Lycée

Aménagements des examens pour les candidats handicapés
Le B.O. du 4 janvier publie une circulaire précisant l'organisation des examens et concours de l'enseignement scolaire et de l'enseignement supérieur pour les candidats handicapés. Elle applique un principe de base : " Toute personne présentant un handicap et candidate à un examen ou un concours est fondée à déposer une demande d’aménagement des épreuves de l’examen ou du concours".
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/1/MENE0603102C.htm


- Enseignement professionnel

Trois syndicats lancent un appel pour l'enseignement professionnel
"Le plan Borloo, en fixant à 500 000 l'effectif d'apprentis à atteindre en France, a choisi la concurrence avec l'enseignement professionnel initial. A-t-on bien mesuré quelle logique on risquait ainsi de mettre en place ?" Denis Baudequin (Unsen Cgt), Luc Bérille (Se-Unsa) et Jean-Luc Villeneuve (Sgen-Cfdt) signent dans Libération une tribune où ils appellent à investir dans l'enseignement professionnel. Un message qui est lancé alors que de nombreux conseils régionaux investissent dans les CFA.

"En concevant l'apprentissage comme alternatif à la formation initiale sous statut scolaire, on choisit d'affaiblir l'enseignement professionnel public… Il est grand temps, là encore, de sortir des stéréotypes souvent misérabilistes qui collent à cette voie de formation initiale. Le travail remarquable qui y est fait auprès de ses 724 000 élèves est en effet largement ignoré. L'enseignement professionnel public a su s'ouvrir et s'adapter. Depuis près de vingt ans, on y lie formations générale et professionnelle par le biais de l'alternance sous statut scolaire. On y travaille en relation permanente avec les entreprises. On y met en oeuvre des pédagogies ouvertes pour répondre aux besoins des élèves et les motiver. On y pratique des passerelles visant à élargir les parcours scolaires des jeunes…. Notre pays dispose, avec lui, d'un véritable atout. Que les décideurs, au gouvernement et dans les conseils régionaux, en prennent conscience, qu'ils confortent et promeuvent cette offre de service public comme une vraie voie de réussite, c'est à la fois l'intérêt des jeunes et celui du développement de notre pays !"
http://www.liberation.fr/rebonds/226538.FR.php

 

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