Allemand (Café N° 44)

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Dossier spécial

Édition du 17-12-2003

- Katrin Goldmann -

- A la Une : De l'importance des langues partenaires pour les relations franco-allemandes

L'ambassadeur d'Allemagne a pris la parole ce samedi 6 décembre au Deutschlehrertag, le colloque des germanistes, pour donner un message d'espoir aux professeurs d'allemand présents.
Il a affirmé que le développement de la langue du partenaire est devenu une priorité et un sujet recurrent lors des rencontres de Chirac et Schröder. Les deux chefs d'état se sont prononcés publiquement et à plusieurs reprises pour le développement de la langue du partenaire dans chacun des pays. Les relations franco-allemandes sont fortes et doivent le rester sur tous les plans. Aujourd'hui, les gouvernements sont proches comme jamais auparavant. Ce serait absurde que le peuple ne suive pas ce mouvement parce que les connaissances linguistiques ne le permettent pas. Une petite élite qui parle allemand en France ou le français en Allemagne n'est pas suffisante. L'augmentation du nombre des apprenants dans les deux pays n'est pas une fin en soi. Nous devons préparer l'Allemagne et la France à l'Europe de demain. L'allemand et le français - tous les deux en regression dans le pays partenaire - ont besoin de mesures concrètes pour inverser la tendance négative. L'ambassadeur souligne: des relations particulières exigent des mesures particulières. Le Traité de L'Elysée n'existe avec aucun autre pays. L'allemand ne devrait donc pas être sur le même plan que les autres langues. De manière générale, les langues méritent davantage de considération et d'importance. L'augmentation des coéfficients au bac irait dans ce sens. L'Européen de demain devrait parler deux, trois ou encore plus de langues. Nous devons au moins lui en donner la possibilité.
Résumé du discours (en allemand):
http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/all emand/prof/p-info/botschaft.htm
Discours intégral en pdf (9 pages - en allemand):
http://www.amb-allemagne.fr/Nouveau/medi a/deutschlehrtag061203.pdf

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- Bilan du DLT du 6 décembre à Paris

Environ 800 germanistes ont participé au Deutschlehrertag organisé au Goethe Instiut Paris ce samedi 6 décembre. Dans une ambiance convivale et germanique - vin chaud, Christstollen et saucisses pour se restaurer entre deux conférences - les professeurs d'allemand et autres germonphiles ont pu s'informer et se former. En effet, un programme dense mais fort intéressante proposait une cinquantaine de conférence ou ateliers de 10h à 18h30. Certaines interventions de cette journée seront mis en ligne sur le site du Goethe Institut Paris.

- Lancement d'une grande campagne en faveur de l'allemand

Le 22 janvier sera le début d'une grande campagne nationale en faveur de l'allemand. Une série de posters est pour l'instant prévue. Les professeurs et autres acteurs du domaine associatif et culturel sont ouvertement appelés à soutenir cette campagne et d'en garantir ainsi son succès.

- "l’image de l‘enseignement de l’allemand reste souvent rébarbative." - Interview de Jean-Michel Hannequart - président de l'Adeaf

Café: M. Hannequart, vous êtes président de l'ADEAF. D'après vous, où en est l'enseignement de l'allemand en France?

JM H: Il est clair que le déclin se poursuit. Les chiffres sont sans appel : en l’espace de trente ans, le pourcentages des élèves apprenant l’allemand a été divisé par deux en première langue, par trois en seconde langue. La prépondérance de l’anglais en LV1 s’est renforcée et l’espagnol s’est imposé en seconde langue.

Café: Combien d'élèves apprennent aujourd'hui l'allemand en première et en deuxième langue?

JM H: 7,65 % apprennent l'allemand en LV1 et 12 % en LV2, ce qui fait un total d'environ 900 000 d'élèves germanistes en France.

Café: Quels niveaux et quelles régions sont les plus touchés par cette tendance?

JM H: Le déclin concerne tous les niveaux. En même temps on observe des disparités régionales grandissantes : 3 élèves sur 4 sont germanistes dans l’académie de Strasbourg, et parmi ceux-ci, 71% le sont depuis la sixième. Un élève sur deux a choisi l’allemand dans l’académie de Nancy-Metz, plus de un sur trois dans celle de Besançon. On trouve ensuite trois académies (Lille, Amiens, Dijon) avec une proportion de 20 à 30% de germanistes. Les académies parisiennes, l’ouest et le centre se situent entre 15 et 20%, et tout le sud de la France en dessous de 15%.

Café: Comment expliquer cette érosion de l’allemand ?

JM H: Très schématiquement, on peut dire qu'il y a quatre raisons majeures:
D'abord la stratégie du choix de l’allemand pour être dans une bonne classe ne joue plus.
Ensuite les Français sont hélas peu sensibles à l’enjeu de l’apprentissage des langues et se satisfont de l’anglais comme lingua franca. La réalité des échanges économiques est ignorée par le grand public.

Certes, l’image de l’Allemagne est moins négative que par le passé, mais notre voisin d’outre Rhin ne suscite souvent que de l’indifférence (cf enquête de l’OFAJ : 70% des élèves n’associent spontanément rien à l’Allemagne). L’Allemagne est peu présente au niveau culturel en France.

Et puis,l’image de l‘enseignement de l’allemand et de la langue allemande reste souvent rébarbative.

Café: Mais comment échapper à cette spirale négative ? Y a-t-il encore de l'espoir?

JM H: Oui, il y a toujours de l'espoir mais mieux que ça: des mesures concrètes permettraient d'inverser la tendance.

Il faut d’abord maintenir l’objectif de diversification dans le primaire parce que la France ne peut à la fois défendre la francophonie et imposer l’anglais comme seule langue en primaire.

D'autant plus que l’expérience montre que le choix du tout anglais n’incite pas les élèves et leur famille à une diversification ultérieure. L’allemand, seule autre langue présente sur tout le territoire en LV1 est le garant de cette diversification. Les liens privilégiés qui unissent nos deux pays justifient cette position particulière de l’allemand. Offrir l’anglais dès la sixième aux élèves qui font un autre choix en primaire est incitatif.

Ensuite, il faut introduire là où l’on ne peut pas proposer l’allemand en primaire (secteurs ruraux) l’allemand dès la sixième parallèlement à l’anglais. Les classes bilangues ouvertes à la rentrée 2002 et à la rentrée 2003 rencontrent un grand succès et constituent pour l’allemand un positionnement intéressant.

Mais encore, il faut mieux promouvoir l’allemand: d’abord par la mise en place d’une véritable information sur les langues assurée par l’institution. Cette information prévue par Jack Lang n’a jamais été organisée et la brochure élaborée par l’ONISEP en 2002 (« un atout pour nos enfants : les langes vivantes ») n’a jamais été diffusée. Or si l’on veut une véritable diversification, il faut aller à l’encontre des représentations collectives et éclairer le choix des familles. L’ADEAF a proposé d’instituer une semaine des langues avec réunions d‘information dans les écoles, distribution d’une brochure sur les langues, etc.. Dans ce cadre, l’allemand pourrait faire valoir ses atouts qui sont nombreux (cf argumentaires sur le site de l’ADEAF – http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/allem and/adeaf/).

La journée franco-allemande du 22 janvier doit aussi fournir l’occasion de promouvoir l’apprentissage de la langue de notre partenaire, ainsi que le stipule la déclaration signée lors du 40ème anniversaire du traité de l’Elysée par les responsables français et allemands. L’Allemagne s’y attache en lançant le 22 janvier 2004 une grande campagne pour l’apprentissage de la langue allemand (cf www.FplusD.de), la France n’a encore annoncé aucune initiative. L’ADEAF sera reçue début janvier au Ministère de l’Education nationale et abordera entre autre la question des mesures envisagées par le gouvernement français pour honorer ses engagements. Les gouvernements français et allemands se sont par exemple engagés en octobre à Poitiers à augmenter de 50% dans les 10 prochaines années le nombre des élèves apprenant dans chaque pays la langue du partenaire.

Café: Et les professeurs d'allemand dans tout ça? Quel sera leur rôle?

JM H: Les professeurs d’allemand doivent bien sûr apporter leur contribution à l’amélioration de la situation en donnant plus que par le passé une image attractive de l’Allemagne et de l’allemand. Ils disposent d’alliés efficaces : l’institut Goethe et l’Office franco-allemand pour la jeunesse qui leur proposent des outils précieux. Les nombreux appariements, les échanges, notamment de moyenne et longue durée, sont autant d’atouts pour les germanistes. Ils disposent également avec des sites comme Le Café pédagogique, le site de l’ADEAF, FplusD et bientôt Deutschfans ( http://www.deutsch-fans.com) d’une foule de documents actuels, de conseils pour renouveler leur enseignement.

Il y a mille et une raisons de donner à l‘allemand dans le système éducatif une place plus en rapport avec l’importance des relations politiques et des échanges culturels entre nos deux pays.

Entretien : K. Goldmann

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