Édition du 21/10/2004 -
Bruno
Devauchelle - - Entretien avec
Françoise Cros : "Plutôt que de
transférer l’innovation, il faut
transférer l’innovateur" Après la
disparition du Conseil national de
l'innovation, au moment où un nuage
nostalgique assombrit de glorieuses
poussières la rue de Grenelle, Françoise
Cros (INRP – Paris V) étudie l'innovation
scolaire. L'institution scolaire
peut-elle vraiment tolérer les
innovateurs ?
FJ- Les enseignants sont appelés à
inventer chaque jour dans leur classe
pour maintenir le dialogue pédagogique.
S’agit-il forcément d’innovation
pédagogique ?
FC- La pratique de l’enseignant est du
« bricolage » comme le dit souvent
Philippe Perrenoud, donc il y a de
l’improvisation, de la gestion de
l’inattendu et des réponses dont
l’enseignant lui-même n’a pas toujours
conscience. La singularité de l’action
fait que le sujet est sans cesse aux
prises avec du nouveau, du non préparé.
Car la vie elle-même nous surprend et
aucun stratège, aussi élaboré soit-il,
ne peut vraiment anticiper sur l’action.
Certes la personne peut apprendre à mieux
se connaître, à gérer ses émotions. Il
n’empêche, elle rencontrera une réalité
qu’elle ne maîtrise pas et conjuguera
avec ses paramètres multiples. Alors,
dans un sens extensif, on pourrait dire
que tout acteur innove. Il y a
cependant, une question de seuil et de
qualité. L’innovation est d’abord un
changement conscient, voulu et
intentionnel. Il est donc plus construit
que toute action in situ. La nouveauté
est ciblée pour l’innovateur et
s’inscrit dans une volonté de faire
mieux, d’améliorer
ce q
ui est perçu comme insatisfaisant. Elle
prend parfois la forme d’une résolution
de problème face à une difficulté
maintes fois détectée par l’enseignant.
L’innovation est donc différente en
nature et en conscience par rapport à
l’action quotidienne d’ajustement que
peut faire tout enseignant dans sa
classe.
FJ- Votre livre pose la question de
l’évaluation de l’innovation scolaire.
C’est une question qui renvoie
directement à la place que l’institution
veut donner à l’innovation. Peut-on dire
qu’une innovation c’est d’abord ce qui
est toléré par elle ?
FC- Cet ouvrage est un livre d’humeur,
suite à la disparition du Conseil
National d’Innovation pour la Réussite
Scolaire, piloté par Anne Marie Vaillé.
Gabriel Cohn Bendit, qui a préfacé
l’ouvrage, faisait partie de ce Conseil
directement rattaché au ministre, sans
passer par les instances intermédiaires
productrices de restrictions au niveau
de la hardiesse de certaines pratiques
pédagogiques. Je participais à un sous
groupe de cette commission dont la tâche
portait sur l’étude des moyens pour
évaluer les innovations. A peine
avions-nous commencé à réfléchir et
capitaliser des réflexions et des
outils, que le CNIRS a été contraint de
disparaître ! Alors, je me suis dit que
les choses n’en resteraient pas là et
qu’il fallait faire connaître à un
public plus large le fruit de nos
interrogations.
En réalité, il existe plusieurs
évaluations possibles d’une même
innovation. Mais ce qui intéresse les
gens, c’est de savoir si cette
innovation a permis aux élèves de mieux
apprendre. Mais la divergence apparaît
sur la conception de cet apprentissage.
La majorité des innovateurs se bat pour
faire acquérir aux élèves des savoirs
pertinents dans une société comme la
nôtre. S’ils évaluent leurs innovations
à l’aune des tests classiques
« papier-crayon » qui ne prennent pas en
compte les attitudes, les comportements,
la créativité, toutes choses que prend
en compte un innovateur, alors
l’innovation sera considérée comme non
valable. Dans notre livre, nous avons
analysé méticuleusement les différents
dispositifs d’évaluation officielle mis
en œuvre sur la commande du Ministère
et, comme par hasard, ces évaluations
concluent à une non performance des
innovations ! L’image qui me vient à
l’esprit est celle de la fable du renard
et de la cigogne : les
innovateurs-cigognes sont invit
és à
la table des renards-institutionnels qui
leur disent qu’ils ne savent pas
« manger » correctement ! Nous avons
toutefois un espoir dans les épreuves
construites à l’extérieur comme PISA
(programme international de suivi des
acquis des élèves) où certains items
exigent autre chose que ce que les
évaluations-tests appréhendent. Nous
voulons à cet égard faire de la
publicité pour la Revue dont nous avons
la responsabilité : « Politique
d’éducation et de formation- Analyses et
comparaisons internationales » ; le
dernier numéro, piloté par Norbert
Bottani, porte sur les effets des
résultats de PISA sur les politiques
d’éducation des pays. Il est évident que
les innovations évaluées négativement par
ces dispositifs ont plus de difficulté à
s’installer car elles ne bénéficient pas
de mannes financières, de reconnaissance
institutionnelle, etc.
FJ- Dans ce cas, quel est le rôle des
« institutions de l’innovation » comme
les missions innovalo ? Peuvent-elles
vraiment porter des changements ?
FC- Dans le terme même d’appellation des
instances officielles « institutions de
l’innovation » qui se déclarent comme
facilitatrices des innovations, il y a
une contradiction. Comment une
institution officielle, qui défend par
essence les choix politiques, les
programmes, les organisations scolaires,
etc., peut-elle favoriser les
transgressions ?
En réalité, les choses ne sont pas aussi
simples : l’innovation a besoin, à un
moment ou à un autre, d’être reconnue ;
l’institution, à un moment ou un autre,
doit bouger, s’inspirer de nouveaux
paramètres et dans ce cas, l’innovation
lui est bien utile. Certes, pas
n’importe quelle innovation, celle qui
va dans le sens de son intégration dans
le système déjà existant. On ne peut
tout de même pas demander à une
institution officielle de faire une
révolution ! Donc elle facilitera les
innovations compatibles avec ses
orientations, s’appuyant si besoin est
sur les évaluations officielles pour
éliminer les innovations perturbatrices.
La difficulté vient du fait que les
personnes qui appartiennent à ces
instances sont persuadées de travailler
pour le bien des innovateurs et de
constituer un rempart contre leurs
ennemis. Leur bonne foi n’est pas à
mettre en doute. Elles y mettent tout
leur courage pour offrir aux innovateurs
repérés par la voie hiérarchique, un
tremplin de reconnaissance et de valorisation. La mission
« Innovalo » existe bientôt depuis une
dizaine d’années et une évolution s’est
faîte qui illustre à merveille la place
que peut prendre toute instance
officielle qui se voudrait un peu
marginale. La création de cette instance
est venue d’une jeune femme, enthousiaste
et croyant sincèrement qu’on peut faire
bouger le système de l’intérieur
(Roselyne Bonneau-Walzer). Elle était
sur un strapontin au Ministère de
l’éducation et, au fur et à mesure du
temps, ce strapontin s’est transformé en
chaise et, après son départ, en fauteuil.
Et c’est souvent au prix de la liberté
d’action… Dans chaque académie avait été
désigné un coordinateur des innovations,
qui ne devait pas se situer sur la ligne
hiérarchique et dont le rôle était de
repérer les innovations… On a vu qu’à
cette première vague de coordinateurs,
au bout de dix ans, s’est substituée la
hiérarchie immédiatement supérieure aux
enseignants, les inspecteurs ! La
machine a bien broyé toute vell
éité
!
FJ- Depuis quelques années, l’éducation
nationale est partie en quête des
« bonnes pratiques » avec l’idée de les
repérer et de les transférer. Que vous
inspire cette démarche ?
FC- L’idée même de « bonnes pratiques »
est terriblement normative et encore
plus quand on parle de les imposer ou,
tout au moins, de les ériger en modèles.
Tout d’abord, je ne crois pas que l’on
puisse isoler une pratique de celui qui
la produit. Chaque pratique est
singulière : elle dépend du contexte, de
la représentation que l’acteur se fait de
ce contexte, de la représentation qu’il
se fait de l’activité et de lui dans
l’activité. Ensuite, une pratique ne se
transfère pas à la manière d’un
transfert de population ou de voyageurs.
La métaphore géographique est tout à fait
inappropriée. On a alors parlé de
dissémination, de diffusion, etc. Les
seules choses que l’on puisse faire,
c’est de mettre en contact des personnes
qui ont des problèmes ou qui
s’interrogent sur tel ou tel point de la
pratique, et des personnes qui ont tenté,
en innovant, de surmonter des obstacles
ou de trouver des solutions originales
et créatives. C’est ce qu’on appelle la
« mutualisation des pratiq
ues ». Enfin, le qualificatif de
« bonnes » à pratiques interroge car une
pratique n’est bonne que par rapport à un
contexte, comme je le disais
antérieurement, elle est singulière, non
reproductible. Une pratique peut être
considérée comme pertinente dans un
contexte et totalement à côté de la
plaque dans un autre contexte.
Transférer des « bonnes pratiques »
relève de la méconnaissance de ce qu’est
une pratique.
FJ- Comment peut-on transférer
l’innovation pour faire évoluer
l’école ? Ne peut-on pas copier « ce qui
marche » ?
FC- Comme je le disais précédemment, une
pratique, une activité ne se transfère
pas comme on déplacerait un objet. Il y
a quelques années, nous nous étions
posée la question, non pas du transfert,
mais de l’émergence de l’innovation. La
question initiale de notre étude était :
comment se fait-il qu’un professeur
innove dans sa classe alors que son
collègue, qui a les même élèves,
reproduit les mêmes schémas depuis son
arrivée jusqu’à la retraite, sans
modifier un tant soit peu ses pratiques
habituelles ? Jusqu’à présent, on a
pensé que le profil des élèves
conduisait le professeur à modifier ses
patterns gestuels, face à des élèves non
acculturés à l’école, notamment dans les
zones d’éducation prioritaire. Mais on
s’est aperçu que certains enseignants
changeaient alors que d’autres
maintenaient contre ventes et marées une
même attitude ! Ce n’était pas forcément
les élèves qui faisaient changer le
professeur, bien sûr cela peut jouer
mais parfois pas suffisamment. C’est
bien
dans
la tête de l’enseignant que tout se
passe. C’est à partir du moment où
l’enseignant ne trouve plus tolérable
d’enseigner comme il faisait jusque là.
Il a comme une sorte d’impératif qui le
conduit à innover. Autrement dit, c’est
au niveau de l’enseignant même que vient
l’innovation, quand son regard sur son
métier l’interroge. Si on se base sur
cette donnée, alors pour faire adopter
aux autres une innovation, il convient
de travailler au niveau de leurs
mentalités, de leurs sensibilités, de
leurs prises de position, de leurs
connaissances, de leurs représentations.
Et là, maintes situations peuvent les
influencer : des conversations avec des
collègues innovateurs, des lectures, des
conférences, des rencontres de
chercheurs, des analyses de pratiques
avec d’autres, des colloques de
mutualisation des savoirs, etc. Nous en
sommes arrivée à la conclusion que
plutôt que de transférer l’innovation,
il faut transférer l’innovateur qui
devient alors un bon publiciste de ses
convictio
ns d’
où découlent ses pratiques innovantes.
La méthode anglo-saxonne du « what
works » est inefficace dans la mesure où
il s’agit de repérer les pratiques qui
auraient prouvé leur efficacité en
fonction de certains objectifs
difficiles à atteindre et de penser
qu’une telle pratique serait alors bonne
pour tous les terrains. Or on sait bien
qu’une pratique peut réussir dans telle
école et totalement échouer dans une
autre !
FJ- Quel regard jetez-vous sur les
nouvelles communautés éducatives qui
sont apparues sur Internet et
fonctionnent comme des réseaux d’échange
et d’entraide ? Vous paraissent-elles
porteuses d’innovations ?
FC- Nous avions déjà travaillé, il y a
quelques années, sur la création de
réseaux et de leurs effets sur les
innovations, à plus forte raison quand
il s’agit d’utiliser les nouvelles
technologies pour cela. Souvent on voit
l’enseignant comme une personne isolée.
Or, de plus en plus les enseignants
cherchent des contacts pour se rassurer
sur ce qu’ils font, sur l’évolution de
leur métier, sur les situations à mettre
en place face au nouveau public élèves,
etc. Les associations d’enseignants,
surtout disciplinaires, jouent ce rôle ;
les mouvements pédagogiques aussi. Par
exemple, le Café pédagogique qui met en
contact virtuel des questionneurs avec
des réponses. Il y a donc actuellement
une quête d’échanges mais pas de ces
échanges animés par une hiérarchie toute
puissante et savante, des échanges de
pair à pair, dans l’incertitude, le
« bricolage » et la sincérité. Ces
échanges se faisaient jusqu’à présent en
présentiel, les gens se rencontraient,
bavardaient, se montraient d
es outils et l’accompagnaient de modes
d’emploi possibles. Les gens repartaient
avec des idées qu’ils mettaient en
pratique selon leur sensibilité, leur
contexte et même, se sentant rassurés,
ils osaient des choses nouvelles, plus
hardies et transgressives. Ces idées
émanaient d’innovateurs qui parlaient de
leurs pratiques, disaient que cela
pouvait se faire, que cela même se
faisait avec quelques réussites, avec
des valeurs. Les nouvelles technologies
sont arrivées et ont permis des échanges
à distance, plus nombreux, plus fournis
et à n’importe quelle heure et n’importe
quel lieu. Le problème est que la
présence de l’autre est
virtuelle. On peut toujours se demander
si ce qu’il dit relève du sérieux ou si
ce n’est pas une plaisanterie : le
regard, l’épaisseur de l’interactivité
in vivo manquent. Il reste des mots, des
schémas ou des possibles rendez-vous.
Autrement dit les nouvelles technologies
permettent une interactivité en termes de
questions-réponses mais n’autorisent pas
encore un engagement global. En cela,
les réseaux (mais il faudrait une
analyse plus poussée pour voir s’il
s’agit vraiment d’un réseau et non de
consumérisme unilatéral) donnent des
idées, peuvent rassurer mais ils doivent
être complétés par des rencontres.
FJ- Sur quels acteurs peut-on s’appuyer
pour diffuser l’innovation ? Les
syndicats ? Les parents ? Les élèves ?
FC- Je ferais volontiers une réponse à
la Feyerabend, c'est-à-dire que tout est
bon pour parler de pratiques plus en
adéquation avec des valeurs, des
réussites particulières etc. Les
syndicats ne sont pas unis et ont des
positions quant au rôle de l’école,
quant au service des enseignants, quant
aux modalités d’apprentissages des
élèves, relativement diversifiées. Tout
se joue sur leur rapport de forces que
l’on voit bien à l’œuvre actuellement
face au rapport Thélot. C’est la même
chose pour les parents d’élèves. Quant
aux élèves, il est intéressant de
discuter avec eux de ces problèmes
d’école car ils sont les premiers
concernés et une telle posture
développerait en eux des attitudes de
démocratie. L’école est encore un des
derniers lieux publics où se joue la
construction sociale de la laïcité, la
citoyenneté : les conseils de la vie
lycéenne, de la vie collégienne voire
les conseils en école primaire sont des
lieux où associer les élèves aux choix
pédagogiques.
FJ- Actuellement, sous la pression des
médias et des politiques, l’éducation
semble plutôt tournée vers la nostalgie
du passé et les « bonnes vieilles
méthodes ». S’agit-il pour vous
d’innovations ? Pensez-vous que
l’éducation nationale puisse réussir le
défi de sa démocratisation sans
innovation ? Si non, que faut-il faire
bouger en premier ?
FC- Comme j’ai l’habitude de le dire,
l’innovation est la pire et la meilleure
des choses. Cela dépend des valeurs que
l’on veut défendre. Une innovation en
éducation est un changement volontaire
intentionnel et délibéré : reprendre les
anciennes méthodes en les contextualisant
dans un monde moderne peut être innovant
à condition que cette contextualisation
réponde aux valeurs contemporaines
défendues. Faute de repenser l’école
dans les sociétés contemporaines,
certains se tournent vers un passé
idéalisé qui aurait eu toutes les
qualités rêvées. Sait-on que, comme le
rappelle l’historien Claude Lelièvre,
que cette école rêvée laissait sur le
bord du chemin plus de la moitié des
enfants ? En effet, l’école de la
Troisième République est ouvertement
divisée. « Aucune passage de l’une à
l’autre, aucun mélange, aucun brassage »
La démocratisation était basée sur une
division sociale aujourd’hui refusée :
d’un côté l’école du peuple, d’ordre
primaire et, de l’autre, l’école des pr
ivilé
giés.
Or il semble que remettre au goût du
jour les anciennes méthodes, sans se
préoccuper du public nouveau, des
valeurs sociales différentes, de la
formation des enseignants et des
objectifs assignés à l’école, est un peu
anachronique et ne peut aboutir à des
résultats identiques à ceux de d’antan.
Nous irions là vers une très grande
déception. Cela pourrait sembler
anachronique et peu efficace voire
dangereux sur les conséquences.
Aucune institution ne peut continuer à
fonctionner sans un minimum de
changement et d’innovations. Le tout est
de savoir lesquels. Nous sommes là face à
un problème politique qui dépasse de loin
les pédagogues. Le rapport Thélot sur ce
point est tout à fait exemplaire.
Françoise Cros
Entretien : François Jarraud
Françoise Cros est professeure des
Universités en Sciences de l’Éducation à
l'Université de Paris V et responsable de
la Mission " Innovation et Recherche " à
l’INRP.
http://www.unige.ch/fapse/SSE/groups/lif
e/descriptif_membres/Fiches_MA/Cros.html
Son dernier ouvrage "L'innovation
scolaire aux risques de son évaluation"
est paru aux éditions L'Harmattan
(Paris, juin 2004).
Elle est la rédactrice en chef de la
revue "Politiques d’éducation et de
formation. Analyses et comparaisons
internationales" (POLEF).
La revue POLEF a pour objectif de mettre
à disposition d’une communauté
francophone (et autre) des recherches,
réflexions et analyses portant sur des
domaines de dimension internationale.
Elle est un intermédiaire entre d’une
part la littérature scientifique et les
recueils d’indicateurs des organisations
internationales ; et, d’autre part, les
utilisateurs de l’éducation comparée
tels qu’ils apparaissent dans la liste
ci-dessous. Les thèmes traités visent à
promouvoir les approches transversales
comparant les réponses politiques
qu’apportent divers pays confrontés à
des interrogations similaires.
Par ses choix d’orientation, POLEF va
au-delà d’une dimension d’information
comparative et se veut un outil d’aide à
la réflexion et à la décision dans le
domaine des politiques d’éducation et de
formation.
Pour en savoir plus :
http://www.inrp.fr/vst/Periodiques/Detai
lPeriodique.php?revue=421