Édition du 09-06-2005 -
Jean-Marc
Turban - - Jean-Marc Turban : " Les
listes de diffusion participent à
l'autoformation des enseignants" Les
listes de diffusion sont entrées dans le
quotidien de nombreux enseignants. Pour
eux elles sont devenues un lieu
important d'information et même de
formation. Jean-Marc Turban a étudié
trois listes d'enseignants du primaire.
Quelle est leur importance pour l'Ecole
?
FJ>- Vous avez travaillé sur trois listes
de diffusion de l'enseignement primaire,
Listecol, la liste PMEV et la liste
Freinet, qui toutes regroupent au total
environ 2000 enseignants. Qu'est ce qui
les motive à s'abonner et à participer à
ces listes ?
Les instituteurs et professeurs des
écoles adoptent une liste de diffusion
pédagogique du primaire essentiellement
à des fins utilitaires. Ils en attendent
diverses ressources pédagogiques,
didactiques en lien direct avec leur
activité professionnelle quotidienne (
79,5% de réponses à une question à choix
multiples ordonnés d'après mon enquête
par questionnaire électronique).
Confrontés à l'exercice d'un métier très
prenant, les maîtres cherchent à gagner
en efficacité, en temps, en profitant
des idées, de l'expérience de collègues.
Ils mettent, toutefois, l'accent sur le
caractère coopératif de ces réseaux
(58,4%). Caractère lié au média lui-même
mais également à la subsistance de
l'esprit de solidarité qui a accompagné
le développement des réseaux de
communication sur le net, ainsi qu'à
l'éthique mutualiste si chère aux
enseignants.
Lieux de débat (45,7%), les listes
constituent de véritables agoras
virtuelles où se confrontent les
orientations, les choix pédagogiques
mais pas seulement. Une liste apporte
également un soutien moral, de
l'information générale, une ouverture
sur d'autres horizons, mais ces
motivations apparaissent nettement en
retrait.
Les motifs d'intervention les plus cités
correspondent aux rôles attribués aux
listes. 46,1% des enquêtés affirment
participer pour donner une réponse,
35,6% pour poser une question, 33,8%
pour débattre. L'analyse de contenu de 3
mois de communication (5112 messages)
confirme ce déclaratif. Les trois
principaux thèmes répertoriés sont : la
pédagogie et la didactique (39,6%),
l'administratif (18,5%), l'informatique
(15,3%). Les intentions de communication
prégnantes sont : répondre (47,3%),
donner une opinion (23,4%), questionner
(20,8%).
FJ>- Il y a un vieux débat entre
spécialistes pour savoir s'il s'agit de
"communautés virtuelles" ou de simples
groupes de circonstance. Vous parlez de
"réseau socio-technique". Pourtant
certaine sont des traits communautaires
: par exemple une stabilité des
participants,un statut associatif, des
rencontres physiques, des objectifs
avoués. Pourquoi pas "communauté " ?
La notion de réseau socio-technique a le
mérite, selon moi, de rendre compte à la
fois du lien social qui unit les
colistiers autour d'une préoccupation
commune, "l'école primaire" dans le cas
qui nous intéresse, et des moyens
techniques permettant les échanges au
sein de ce groupe. Trop souvent, la
dimension sociale est masquée par la
technologie prédominante. Une liste
fédère des personnes autour d'un
objectif commun, elles assurent le lien
social, il est vrai, grâce à une
technologie sophistiquée de mise en
réseau aux qualités multiples :
communication rapide, horizontale,
multipolaire, écrite (autorisant une
réflexion critique) ; possibilité de
stockage, d'attachement de pièces
jointes contenant du texte, de l'image,
du son.
La notion de communauté rencontre un
succès indéniable dans l'Univers
d'Internet. Ce succès relève, à mon
sens, à la fois de l'influence États
Unienne mais aussi du marketing. Au
États-Unis, le terme désigne toutes
sortes de regroupements les plus
disparates. Pour les professionnels du
marketing, il renvoie à une technique de
segmentation de clientèle.
La communauté renvoie aux modes de
sociabilité traditionnels de la
sociologie, elle suppose un lien fort,
chaleureux entre ses membres qui
partagent des valeurs profondes, une
culture, une croyance, une éthique
professionnelle, un mythe fondateur...
Les trois listes pédagogiques investies
n'en sont pas. Leurs abonnés partagent
des intérêts communs, des valeurs et en
ce sens, ces collectifs sont signifiants
pour eux. Cependant, bien qu'efficace,
authentique, le lien qui unit leur
abonnés est bien trop superficiel,
labile.
Ces réseaux ne font pas partie des "Nous
communautaires" mais des "Nous
sociétaires" pour reprendre la
terminologie de Claude Dubar.
L'affiliation n'engage que pour le temps
et l'investissement que chacun veut bien
y consentir. Pour autant, quelques
listes de diffusion pédagogiques peuvent
être qualifiées de communautés. Je pense
plus particulièrement à des listes
fermées d'enseignants militants, celles
du mouvement Freinet par exemple.
FJ> - 2.000 abonnés c'est beaucoup mais
en même temps c'est très peu par rapport
au nombre des instits : environ 350.000.
Comment expliquer cela alors que le taux
d'adoption des listes dans le secondaire
est nettement plus élevé ? Il y a-t-il
une spécificité culturelle des
enseignants du primaire qui favorise
l'isolement ? Qui donne davantage le
sentiment à l'enseignant d'être le
"maître" isolément dans sa classe ?
Est-ce lié au contraire à l'existence
d'autres réseaux relationnels et à un
encadrement socio-professioinnel
meilleur que dans le secondaire ?
Le taux d'adoption aux listes pour
enseignants du primaire est
effectivement minime, moins de 1%. Je
l'explique avant tout par le profil très
particulier des abonnés. Dans ma
recherche, je montre qu'ils se
caractérisent par un rapport particulier
à la formation, au TIC et au savoir.
Ce sont des autoformants, des apprenants
autonomes, créatifs, réflexifs. Curieux,
ouverts ils saisissent toutes les
opportunités de formation formelle ou
informelle qui se présentent à eux. Ce
processus existentiel se décline en une
autoformation sociale sur les listes de
diffusion, une coformation. Les
colistiers s'entraident, se forment
mutuellement. Leurs compétences dans le
domaine informatique dépassent le
minimum requis pour communiquer sur le
net. La majorité des enseignants ne
peuvent revendiquer leur niveau de
maîtrise des TIC. L'ordinateur est un
auxiliaire dont ils ne sauraient se
passer pour préparer la classe mais
également pour faire la classe.
Ces explorateurs en matière de TICE ont
introduit l'informatique dans leur
classe non comme un enseignement
supplémentaire mais comme un outil au
service des apprentissages, ce qui
dénote de leur orientation pédagogique.
Ils se définissent pédagogiquement en
contraste avec le modèle de
l'enseignement traditionnel,
magistro-centré. Leur rapport au savoir
s'inscrit dans une perspective
socio-constructiviste. Médiateurs entre
le savoir et l'élève, ils visent à
faciliter la construction de ses
connaissances par l'apprenant. Ils
affirment un tropisme pour les
pédagogies actives, coopératives.
Beaucoup de mes informateurs m'ont
déclaré "se retrouver sur les listes".
Ils peuvent enfin parler pédagogie avec
des maîtres qui leur ressemblent alors
que dans leur école ça n'est pas
possible avec leurs collègues. Je ne
crois pas que l'isolement soit plus
prégnant pour les enseignants du
primaire que du secondaire, je pense
même que l'isolement pédagogique est
sûrement plus important dans le
secondaire car les disciplines sont très
cloisonnées. J'ajouterai que, si les
listes permettent une ouverture, elles
devraient faire plus d'émules au sein
des populations les plus isolées...
Les listes du primaire sont des réseaux
pédagogiques, tandis que les listes du
secondaire sont "des réseaux
disciplinaires" comme l'a montré
Béatrice Drot-Delange dans sa thèse. Les
listes du secondaire sont plus
spécialisées, leur objet est moins large
ce qui explique peut être une adhésion
supérieure car il y a moins de déchet.
Toujours selon Beatrice Drot-Delange, il
semblerait que les listes du secondaire
concernant les disciplines les moins
bien installées fassent plus d'émules
car elles catalysent les craintes, les
insatisfactions et les aspirations à une
meilleure reconnaissance. Le professeur
du secondaire se concentre sur la
didactique de sa discipline, sur les
contenus de savoir tandis que
l'instituteur ou professeur des écoles,
de par sa polyvalence, la globalité de
sa tâche, s'intéresse davantage à la
pédagogie. Chaque liste possède une
identité collective qui transparaît à
travers le discours pédagogique qu'elle
véhicule.
Le modèle pédagogique sous-jacent sur
les listes du primaire est à l'opposé de
celui pratiqué par une majorité des
maîtres, à savoir, la pédagogie
traditionnelle transmissive. Je crois
que nombre d'enseignants du premier
degré ne s'abonnent pas ou se
désabonnent parce que leur identité
professionnelle diffère par trop de
l'identité collective qui se dégage des
listes pédagogiques.
FJ>- 4- Ces listes ne courent-elles pas
le risque d'être ghettoisées ? Vous
parlez vous-mêmes d'enseignants
"atypiques"...
Elles ne courent pas ce risque, elles le
vivent et l'ont toujours vécu puisque ce
phénomène a toujours été hyper-marginal.
Il ne concerne qu'une minorité
d'enseignants atypiques de par cette
conduite sociale originale dans le
cyberespace. L'effectif des listes
augmente graduellement mais leur
audience reste infime.
Plutôt que "ghettoisé", qui évoque une
situation de ségrégation, de parcage, je
préférerais, "marginalisé".
FJ>- Les chiffres disent aussi quelque
chose d'autre et qui est commun à
presque toutes les listes de diffusion
d'enseignants : le nombre de profs
branchés sur Internet augmente sans
cesse et les effectifs des listes sont
quasi stables. Est-ce le média qui est
déjà périmé ? Les nouveaux utilisateurs
ont-ils des attentes différentes de
celles des listes ?
De toutes les corporations, celle des
enseignants est la plus équipée en
informatique connectée. Les maîtres sont
de plus en plus compétents en matière de
TIC mais pourtant le nombre d'abonnés
des listes n'augmente que dans des
proportions infimes. Pourquoi en effet ?
Les listes constituent-elles déjà un
média dépassé ? Quel est leur avenir sur
les dix ans à venir ? Ces questions
constituent autant de perspectives de
recherche futures pour moi. J'ai certes
quelques hypothèses mais elle restent à
tester. La première concerne le degré
d'investissement professionnel des
enseignants. Pourquoi lire, écrire,
débattre "Ecole" en ligne sur son temps
libre alors que l'on se sent déjà
complètement dévoré par le métier
d'enseignant ? En définitive, peu de
maîtres sont prêts à consacrer plusieurs
dizaines de minutes quotidiennement à
cette activité. N'oublions pas que 80%
des instituteurs et des professeurs des
écoles sont des femmes et que, dans
notre phallocratie, c'est sur leurs
épaules que reposent la majorité des
charges familiales et domestiques !
L'usage professionnel de l'ordinateur
par les enseignants se résume
généralement à préparer la classe grâce
aux logiciels de traitement de texte et
de publication et à consulter quelques
sites ressources.
La deuxième hypothèse concerne
l'utilisation des médias en formation.
j'ai pu remarquer que les listes de
diffusion sont utilisées en
complémentarité d'autres moyens
d'information, de formation sur et hors
ligne. Les plate-formes de formation en
ligne proposent différents outils dont
des espaces de discussion entre
apprenants. L'avenir des listes se situe
probablement dans ce genre de dispositif
où elles peuvent faciliter la
coopération, la coformation voire la
collaboration, c'est à dire la
réalisation commune d'un projet par le
groupe solidaire.
L'effet de mode joue énormément sur le
net, après un engouement rapide les
listes semblent moins prisées au profit
de médias plus récents, plus tendances
(chat, blogs..). Dans le cyberespace, la
surenchère technologique est perpétuelle,
souvent au détriment des usages qui ont à
peine le temps de s'installer.
FJ>- Cependant on peut penser que la
diffusion des TIC chez les enseignants
développe un "esprit de réseau" qui
favorise les échanges avec les pairs et
l'utilisation des TIC comme média
culturel. La nouvelle génération
d'instits devrait se tourner vers les
listes...
Mon observation des usages des TIC par
les enseignants m'incline à répondre par
la négative. L'"esprit réseaux" existait
déjà du temps du minitel chez les
membres du réseau télématique Freinet,
si bien décrit par Christian Derrien
dans la thèse qu'il lui a consacré.
Toutes les écoles disposaient d'un
minitel, pourquoi seulement une minorité
d'enseignants s'est-elle lancée dans les
échanges inter-profs ? Avec Internet,
l'environnent technique s'est largement
"ergonomisé", vulgarisé. La
communication de groupe par des forums,
des listes de diffusion est à la portée
de tous. Mais je constate que beaucoup
d'internautes ont une attitude de
consommateurs plus que de coopérateurs,
les maîtres n'y échappent pas. Les
pionniers d'Internet affirment qu'avec
l'explosion d'Internet, le phénomène
s'est amplifié. Un forum, une liste est
un bien public qu'il faut s'approprier,
comme le dit Smith.
Dans le cas présent, je ne pense pas que
le dispositif technique et son
appropriation par les enseignants
suffisent à créer une coopération à
grande échelle. La majorité des
enseignants sait utiliser une messagerie
électronique mais combien cadrent avec le
profil que j'ai dépeint précédemment ?
Tant que les enseignants persévéreront
dans leur individualisme, je doute d'un
essor remarquable des médias
coopératifs. A quand un véritable
travail d'équipe, une coformation
instituée, à grande échelle pour que nos
connaissances réunies fassent plus que la
somme de nos connaissances ? Les TIC
constituent un des leviers qui peuvent
faire évoluer l'identité professionnelle
des enseignants mais pas le seul comme
certains s'évertuent à nous le suggérer.
FJ>- Une autre question fait débat à
propos de ces listes c'est leur place
dans la formation des enseignants. Dans
quelle mesure y contribuent-elles ?
Les enseignants n'assignent pas
spontanément un rôle formatif aux listes
de diffusion pédagogiques. Ils se sont
inscrits pour s'informer, pour se
procurer des ressources concrètes,
utilisables rapidement ou encore pour se
documenter au sujet d'une pédagogie
particulière. Toutefois, lorsque j'ai
interrogé mes informateurs à propos du
caractère formatif des listes, ils ont
acquiescé très majoritairement : ces
réseaux contribuent à leur formation
professionnelle puisque la pédagogie, la
didactique, la vie scolaire en
constituent l'objet. Ils en veulent pour
preuve les changements opérés dans leurs
pratiques de classe directement
influencés par la lecture de messages de
colistiers. Le plus souvent ces
évolutions professionnelles concernent
des techniques, des activités, des
domaines scolaires précis mais parfois
c'est toute une organisation, une façon
de faire classe qui est bouleversée, et
par delà, une vision de l'école, une vie
professionnelle.
La formation sur les listes résulte
d'échanges horizontaux entre pairs
confrontés à des situations, des
difficultés. Les colistiers mettent en
résonance leurs savoirs, ils coopèrent,
se coforment. Les listes procurent de
l'information ciblée à des pédagogues en
recherche, soucieux de se perfectionner.
Elles participent à leur autoformation,
une autoformation :
- sociale, les abonnés apprennent dans
et par le groupe social
- informelle, la fréquentation des
listes donne lieu à des apprentissages
spontanés
- d'accompagnement, les colistiers y
complètent leur formation
professionnelle
- existentielle, appropriation du
pouvoir de se former par soi-même, de
s'autoproduire.
Les listes pédagogiques du primaire sont
de véritables niches naturelles pour la
coformation, l'autoformation des
maîtres.
FJ>- Pourtant les listes ne reçoivent ni
reconnaissance officielle ni soutien
financier de l'institution. Une
situation que partagent également la
plupart des listes du secondaire. Qu'est
ce que cela nous apprend des rapports
entre l'institution et les enseignants ?
Opposition, divorce, discrédit,... ?
Cela n'est pas tout à fait exact. Les
listes bénéficient d'un soutien
institutionnel indirect car c'est le
Comité des Réseaux Universitaire qui les
héberge. Soulignons également que les
listes Freinet sont gérées et animées
par un enseignant bénéficiant d'un mise
à disposition en faveur de L'ICEM
(l'Institut Coopératif de l'École
Moderne).
Cartables.net reçoit une aide financière
de la direction de la technologie depuis
2002. Un début de reconnaissance en
quelque sorte qui concerne également
Listecolfr puisqu'elle est adossée à ce
site fameux chez les instits.
C'est assez maigre tout de même car les
gestionnaires, animateurs, modérateurs
de listes consacrent beaucoup de temps
et de moyens à ces réseaux. Une
reconnaissance sous la forme d'une
décharge horaire serait la bienvenue.
Par contre, je ne crois pas que
l'institutionnalisation des listes soit
souhaitable. L'efficacité des listes
tient pour une grande part dans la
coformation entre pairs partageant un
intérêt commun et échangeant sur un
réseau multipolaire et horizontal. La
coformation s'arrange fort mal des
rapports institutionnels, hiérarchiques
qui briment la liberté d'expression, la
spontanéité. Les listes indépendantes
que nous connaissons sont de formidables
réseaux de coformation actifs, réactifs,
terreau de l'innovation, de la
créativité.
FJ>- Un pourcentage important des
enseignants du primaire va être
renouvelé dans les 10 prochaines années.
Déjà, dans certains cantons, il n'y a
plus que de jeunes enseignants. C'est
une situation qui pose problème pour
transmettre la culture professionnelle
et une partie de l'identité des
instituteurs. Pensez vous que les listes
de diffusion pourraient aider cette
transmission ?
Ce renouvellement massif est à la fois
une chance et un problème. Une chance
parce que cela peut permettre une
évolution des pratiques vers un plus
grand professionnalisme (organisation
des apprentissages, intégration des TIC,
travail en équipe, autoformation ...).
Dans le même temps, ils serait dommage
pour les nouvelles générations de faire
l'impasse sur toute l'expérience
accumulée par les "anciens" au cours
d'une carrière de près de 40 ans. Les
listes pourraient permettre une
socialisation professionnelle des
débutants qui pourraient enrichir leur
répertoire professionnel au contact des
maîtres plus aguerris et surmonter plus
facilement les difficultés inhérentes au
début de carrière où l'on se sent souvent
démuni, débordé, en état de survie. Une
sorte de compagnonnage en ligne, qui
présente l'avantage de faciliter les
contacts, de les démultiplier. Cependant
le faible taux d'adoption des listes ne
nous incite pas à l'optimisme...
Dans certains I.U.F.M., des listes sont
créées, au sein d'une promotion de
professeurs stagiaires, afin de
favoriser l'entraide, une analyse de
pratiques constructive entre pairs. Sans
trop de succès hélas... un réseau ne se
décrète pas.
FJ>- Chez les instits, Béa, créatrice de
Listecol, est un personnage. Je me suis
toujours demandé s'il y avait un profil
type des gestionnaires de liste. Qu'en
pensez-vous ?
Béa est un mystère, elle se dévoile peu.
Je me suis même demandé si elle n'était
pas un personnage virtuel ! Mais non,
elle existe, elle partage son activité
professionnelle entre un mi-temps
d'animatrice informatique et un autre
mi-temps de coordinatrice ZEP / REP.
Elle est hyper-compétente en
informatique, c'est assez rare chez les
enseignantes du premier degré. La
quasi-totalité des animateurs
informatiques du primaire sont des
hommes. Elle en surpasse beaucoup et de
loin !
Ajoutons qu'elle est parfaite dans son
rôle d'animatrice, toujours prête à
rendre service. Je n'exagère pas ! Les
modérateurs ont effectivement un profil,
le même que les abonnés, mais exacerbé
surtout en ce qui concerne leurs
compétences en informatique et leur
capacité à s'autoformer, notamment dans
ce domaine.
Jean-Marc Turban
professeur des écoles (à Saint-Quay
Portrieux dans les Côtes d'Amor, Docteur
en Sciences de l'Éducation (thèse
soutenue le 6 décembre 2004 à
l'Université de Rennes II, "les listes
de diffusion pour enseignants du premier
degré : une expérience sociale
formative"), membre du laboratoire de
recherche, le CREAD (Centre de Recherche
sur l'Éducation, les Apprentissages et la
Didactique)
http://archive-edutice.ccsd.cnrs.fr/view
_by_stamp.php?label=TICE&langue=fr&action
_todo=view&id=edutice-00000767&version=1
Entretien : François Jarraud