Bibliographie (Café N° 34)

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- Bruno Devauchelle, Patrick Picard, Dominique Coujard, Robin Delisle -

- Des livres qui parlent....

La chronique bibliographique que j’essaie d’animer chaque quinzaine est pour moi l’occasion en ce beau « moi de mai » si religieusement magique (cf les propos de L. Ferry et de JP Raffarin), de synthétiser un sentiment ressenti depuis le début de l’année. Les parents, les profs, les médias et le marché sont les têtes de gondole de l’édition qui s’intéresse à l’éducation.
Des parents on a tout dit, sans leur donner vraiment la parole et surtout oubliant même que ceux qui en parlaient en étaient…
Des profs ont parlé. Sous toutes les formes, on leur donne la parole. Ils dénoncent, ils énoncent, ils savent… qu’ils affrontent des moments difficiles qu’une société, prompte à les montrer du doigt refuse d’aborder globalement, en dépassant le seul cadre de l’école.
Des médias, des TIC, de la télévision, il faut faire le procès. Ce qui n’empêche pas ceux-ci de poursuivre leur déploiement mondial sans que personne n’y trouve à redire réellement. Cette tension est énorme et pourtant elle est totalement ignorée.
Du marché, autre diable de l’école républicaine, on dit tout et n’importe quoi, oubliant soigneusement que chacun d’entre nous entretient avec celui-ci des rapports ambigüs, en particulier depuis la fin de l’idéologie communiste.

Car finalement c’est l’ambigüité qui est le dénominateur commun de ces quatre thèmes. Il y a moi qui dénonce les autres et moi qui suis comme les autres (mais surtout ne me dites pas cela en face). En allant au supermaché, en regardant la télévision, en relevant mes messages électroniques, en lisant ces lignes sur mon écran, je suis moi et l’autre à la fois… Il faut beaucoup d’humilité pour accepter d’être cet autre avec les faiblesses que cela oblige d’admettre.
Cette chronique bibliographique a ceci d’intéressant qu’elle révèle à chaque fois à ses auteurs que toute parole sur l’autre ne peut s’extraire d’une parole sur soi et que le nier est vain, voire vanité.

Bruno Devauchelle
Cepec

- Donner la parole aux enseignants ordinaires

Emmanuel Davidenkoff, Brigitte Perucca, La république des enseignants, Editions Jacob Duvernet Paris 2003-05-01.

En proposant La république des enseignants, Emmanuel Davidenkoff et Brigitte Perucca ajoutent au paysage de la littérature scolaire un ouvrage qui donne la parole à des enseignants. Ils revendiquent leur différence en ayant refusé la parole de quelques-uns qui ont l’habitude de parler soit dans les livres soit dans les médias pour la donner à des enseignants ordinaires. En cela les « co-auteurs » de cet ouvrage ont rassemblé les témoignages d’une centaine d’enseignants « ordinaires » et ont structuré leurs réponses en six thèmes : la république, ce que c’est qu’enseigner, l’individualité du métier, la peur des autres, les questionnements personnels, et ce qui fait que l’on peut aimer ce métier.
La méthode employée dans cet ouvrage se situe entre le témoignage et la recherche. Jamais l’un ni l’autre, il renvoie le lecteur à sa propre lecture. Autrement dit, lire ce livre nécessite que le lecteur s’interroge sur ses a priori sur la profession enseignante et refuse d’en faire le seul cadre de lecture, auquel cas il passerait à côté de l’essentiel. Car l’essentiel est ici en premier lieu la « prise de parole » dont on sait qu’elle est si difficile dans les établissements scolaires. Puisse cet ouvrage permettre aux enseignants d’engager une parole dans l’établissement dans lequel ils travaillent ! L’essentiel c’est aussi un regard qui ne prend pas le prisme des savoirs et de cadres scolaires comme entrée, mais celui de trajectoires humaines au sein d’une société dans laquelle vit cette profession.
Du côté des frustrations à la lecture de cet ouvrage, il y a l’absence de la figure de l’enseignant / parent. En effet, on oublie trop souvent que si les enseignants ont été des enfants, ce sont aussi des parents d’élèves, et il y a là une rareté de cette parole double que l’on observe pourtant en filigrane des pratiques professionnelles dans les établissements. Il y a aussi la difficulté à situer la parole des auteurs dans une posture claire. En effet l’organisation de l’ouvrage propose à chaque chapitre trois postures complémentaires. Oscillant entre le témoignage brut, l’analyse journalistique et le travail de recherche, la parole tenue ici est trop souvent polysémique et donc parfois pas explicitée.
Si l’on replace cet ouvrage dans le concert des publications récentes, les auteurs revendiquent d’avoir voulu donner la parole. Saluons cette pratique qui nous rappelle un article d’Emmanuel Davidenkoff qui avait vivement critiqué les méthodes employées par les enseignants qui publient des ouvrages de témoignage / revendication. En cela les auteurs de l’ouvrage essaient de trouver une ligne d’écriture qui ne soit pas enfermante. Souhaitons que ce livre soit lu comme le miroir d’une profession, et non comme le miroir de l’école. Car de l’école, il manque beaucoup de morceaux dans cet ouvrage et c’est volontaire. Malheureusement, les généralisations hâtives risquent d’y amener. Or ce qui importe dans les témoignages rapportés ici c’est qu’ils permettent d’entrevoir la richesse humaine de toute profession. Pas contre on pourra déplorer que sur le plan de la professionnalité il n’y ai pas davantage de matériau. En particulier, la conclusion sur la formation initiale et continue des enseignants mériterait un vrai travail d’investigation et pas seulement le reflet de sentiments et de demandes. La formation, en particulier continue, qui est le vrai parent pauvre de l’éducation (le seul budget que l’on peut réduire sans vraiment faire de grosses vagues) demande un traitement plus en profondeur. Ce qu’expriment les enseignants est un ensemble de contradictions. Lire ce livre peut être un bon moyen pour commencer à rechercher ces pôles de contradictions qui font de ce métier sa richesse et sa pauvreté…

Bruno Devauchelle
Cepec

- La télé frappe-t-elle vraiment l'imagination des jeunes ?

David Grossman, René Blind, Michael Pool, Comment la télévision et les jeux vidéo apprennent aux enfants à tuer, Jouvence éditions, Saint Julien en Genevois 2003.

Les auteurs de cet ouvrage, Comment la télévision et les jeux vidéo apprennent aux enfants à tuer, ne sont pas regardants sur les titres… David Grossman, René Blind, Michael Pool ont choisi de tenter d’influencer, de manipuler le lecteur à commencer par le titre. Malheureusement les auteurs arrivent en retard. En effet la télévision est omniprésente et plutôt que d’en faire un bouc-émissaire, ils auraient pu travailler la vrai question qui émerge de leur petit opuscule : suffit-il de manipuler les adultes pour les rendre éducateurs ? En d’autres termes, les auteurs nous proposent de découvrir tous les méfaits de la télévision. Or ce qu’ils démontrent c’est la difficulté d’éduquer, c’est à dire d’assumer notre responsabilité d’adulte quand la télévision est dans le foyer.
Les auteurs démontrent aussi (malgré eux) l’impuissance des adultes à gérer les technologies qui arrivent dans leurs foyers. Autrement dit, qu’est-ce qui fait que les adultes acceptent quelque chose qu’ils récusent ? Mais le récusent-ils vraiment ? En s’appuyant sur les notions de plaisir les auteurs montrent (là encore malgré eux) que les ressorts sur lesquels s’appuie le déploiement des médias sont extrêmement primitifs. C’est d’ailleurs pour cela que leur écrit est aussi violent que ce qu’ils dénoncent.
L’ouvrage est en fait l’équivalent de l’adulte énervé qui punit l’enfant : il sait qu’il a tort de punir, mais ça lui fait du bien…

Bruno Devauchelle
Cepec

- Néo libéralisme : qu'en faire à l'école ?

Christian Laval, L’école n’est pas une entreprise, le néo-libéralisme à l’assaut de l’enseignement public, La découverte, Paris 2003

Discours rituel, politique ou véritable interrogation ? Christian Laval en écrivant L’école n’est pas une entreprise, le néo-libéralisme à l’assaut de l’enseignement public a le mérite de situer son propos dès le titre. En s’attaquant à ce thème, l’auteur fait en fait œuvre politique au sens ou davantage que l’école, c’est le néo-libéralisme qui est en accusation. En mettant en évidence le fait que le néo-libéralisme atteint l’école (comment pourrait-il en être autrement dans une société qui plébiscite assez largement cette orientation ?) l’auteur nous invite à observer dans l’intimité de l’école la manière dont il s’y insinue.
Malheureusement le propos ne sert pas forcément la cause qu’il prétend défendre. En choisissant logiquement ce qui a trait aux TIC et à l’e-learning (p.143-152) je m’aperçois que la technique d’écriture retenue ici ne sert pas vraiment la cause défendue. L’anti-américanisme de base exprimé à travers des exemples choisis est révélateur de l’absence d’analyse de fond des questions. De fait nous vivons dans une économie libérale qui a comme moteur la seule logique économique, or lutter contre ne signifie pas construire des îlots de pureté. L’attaque contre la logique des compétences (« l’essentiel tient en réalité aux considérables intérêts économiques qui transforment l’éducation en marché et l’école en usines à "compétences". » p. 151) est très réductrice et ne sait pas faire la part de ce que cette logique n’est pas à sens unique. De même l’attaque contre les technologies n’est pas suffisamment étayée (depuis N. Hirtt, peu de choses nouvelles). D’ailleurs l’exemple des tenants des « techniques » Freinet est un coup bas porté à des acteurs de l’éducation qui ont toujours privélégié le quotidien de l’action « réelle » au discours idéologique de ceux qui pensent pour les autres… Car finalement de cet ouvrage on attendait autre chose en matière de force de proposition. Malheureusement les sirènes du passé glorieux ne sont pas encore muettes, et trop souvent elles ressurgissent en oubliant que leur origine était avant tout « révolutionnaire ».

Bruno Devauchelle
Cepec

- Devenir citoyen européen : quelle place pour les médias ?

Jean Marc Ferry et Séverine de Proost (édité par) L’école au défi de l’Europe, Médias, éducation et citoyenneté postnationale, Editions de l’université de Bruxelles, Bruxelles 2003

Le travail des chercheurs est ingrat. Surtout lorsqu’il aborde des terrains aussi délicats et polémiques que ceux de la nouvelle citoyenneté et des médias. En proposant de lire L’école au défi de l’Europe, Médias, éducation et citoyenneté postnationale, Jean Marc Ferry et Séverine de Proost nous invitent à réfléchir et à analyser ce que le monde européen qui se construit pose comme problèmes à l’éducation et en particulier à l’éducation à la citoyenneté. Cet ouvrage de recherche propose de réfléchir aux « conditions auxquelles l’école et les médias peuvent jouer un rôle de formation d’une citoyenneté postnationale et en particulier européenne. ». Ce qui amène logiquement les auteurs à réfléchir à la question de la concurrence entre l’école et les médias.
L’intérêt de cet ouvrage collectif est celui des ouvrages de recherche : éviter les débats idéologiques pour tenter de percer les véritables champs de possibilités. L’autre intérêt de cet ouvrage est d’aborder en parallèle deux questions : la citoyenneté et les médias, ces deux thèmes étant vus à partir de la question éducative. Autrement dit les propos tenus ici pourront servir à une analyse argumentée et surtout à construire des actions afin de permettre aux jeunes d’entrer dans ce monde avec des outils d’analyse et de lecture plus affûtés que les seuls discours idéologiques (cf. deux autres ouvrages présentés dans cette chronique).
L’autre intérêt de cet ouvrage est qu’il n’est pas franco/français. Il intéressera donc tous ceux qui veulent comprendre ce qui se passe ailleurs et aussi comment ailleurs on pense l’éducation, les médias et la citoyenneté. On lira en particulier le chapitre rédigé par Monique Rémy et qui s’intitule « Le rôle des technologies de l’information et de la communication dans l’espace éducatif européen. Des médias-miracles ? » En effet, l’auteur, après avoir mis en évidence les contradictions entre les propos tenus et la réalité (intention des acteurs, réalité des actions), nous propose des pistes autour du partenariat entre un système d’éducation public, un système de médias public, au service d’une véritable citoyenneté, rappelant qu’il y a opposition radicale entre les logiques commerciales et les logiques éducatives pensées au service de tous.

Bruno Devauchelle
Cepec

- Comment la Gauche a perdu l'Ecole Emmanuel Davidenkoff

Derrière ce titre à dessein polysémique, Davidenkoff, observateur attentif de l¹actualité de l¹école depuis dix ans, succombe-t-il à une "nouvelle charge sabre-au-clair" contre l¹Ecole "qui part à vau-l'eau" ? Pas du tout, se défend-il. Pour lui, la France a encore massivement confiance en l'institution scolaire. Le pacte fondateur de la République, qui lie les Français à leur école, n'est donc pas rompu. (p.27).

Pas "encore" rompu ? En effet, la "démocratisation" est en panne, et plus aucun projet ne semble capable de redonner souffle pour gagner une nouvelle étape dans l'accès du plus grand nombre à la réussite scolaire.
Mais contrairement à la mode des pamphlets qui remplissent les rayons des librairies, E. Davidenkoff n'a pas de solution miracle à proposer, ni dans le "tout pédago" ni dans le retour à la bonne vieille tradition tant citée en modèle dans le dernier livre de Ferry (Luc !). Partant de son expérience d'observateur rompu à toutes les confidences chuchotées en "off" (cabinets ministériels, responsables syndicaux, chefs d'établissements ou simples
enseignants), le propos de Davidenkoff est mesuré.

Les politiques "de gauche" ne sont pas épargnés, n'ont qu'ils n'aient rien fait, mais surtout parce qu'ils n'auraient pas su choisir au bon moment, laissant le système soumis à de multiples et paradoxales injonctions (p.235). Ce non-choix est problématique pour l'école, au sens où ses acteurs de terrain doivent se "débrouiller" sans que la Nation tout entière puisse décider ce que doit prioriser l'Ecole. Le "débat public", toujours invoqué, jamais réalisé (p.164) devrait pourtant permettre de régler les grandes questions. Il cite l'exemple du collège "unique" dont on n'a fait mine de ne pas voir les souffrances (p.174) et son corrolaire, la non-reconnaissance par le système de la voie professionnelle et les avatars du débat Lang-Mélenchon, l'impossibilité à reconnaître les difficultés des "soutiers" de l'enseignement spécialisé (p.157)

Conséquence logique, tout le monde en prend pour son grade : les intellectuels "de gauche" qui n'ont pu théoriser le réel (p.208), ou les politiques qui n'ont pas su "lire" les évolutions possibles du système, dans les années 90, conséquence d'"une évaluation erronée des forces au sein de la FEN" alors en train d'exploser après dix ans de collaboration étroite entre le pouvoir soialiste et ses dirigeants. Mais les nouveaux syndicats majoritaires ne sont pas exemptés de critique : les représentants de la FSU, pour ne pas "prendre le risque de se faire rouler dans la farine" restent sur une position distante, certes ouverts à la discussion sur les pratiques professionnelles, mais exigeant de nouvelles créations d'emplois. Et lorsque des emplois sont créés, le "plus" n'entraîne, dit-il, que peu d'engagement sur le "mieux".

Davidenkoff réserve malgré tout une dent particulière aux nostalgiques d'un âge d'or qui n'a jamais existé (p.200), les "pompiers-pyromanes" qui ont contribué à ajouter au sentiment d'insécurité et de peur (p.215), même s'il concède que le système éducatif a eu un vrai problème pour gérer les conséquences de la ghettoïsation ethnique et sociale de certains établissements. Il pointe les difficultés des établissements scolaires à faire une place à la "citoyenneté" des jeunes, et cite Marcel Gauchet : "C'est un fait. Nous vivons une crise de transmission du savoir. L'évidence du passé est perdue pour les nouvelles générations. Ce qui implique une révolution copernicienne dans la transmission du savoir : désormais, il faut partir du présent pour expliquer et faire comprendre, puisque les références classiques ne fonctionnent plus. Le passé est définitivement passé, et le modèle ancien de transmission est révolu.

Le "système" éducatif est évidemment montré du doigt: son côté "mammouth", lorsqu'il donne l'impression que "tout est de la faute du ministre" (p.133), l'incapacité des IUFM à articuler théorie et pratique (p.251), la place insuffisante faite aux parents d'élèves dans la "co-éducation"(p.257), mais aussi la lente "privatisation" du système, non pas tant par l'entrée des "marchands" dans l'école, mais surtout par la manière insidieuse dont les "consommateurs d'école" (dont parfois les enseignants) contournent les règles républicaines (carte scolaire, difficultés à assumer la gratuité ou l'aide aux enfants en difficultés). Une critique particulière est faite au
système universitaire, dont la massification sans réoragnisation renforce les filières sans débouchés ou la concurrence libérale entre formations (p.280).

C'est donc logiquement sur un "tous responsables" que se clôt l'exercice, questionnant les acteurs à forger "une dynamique collective à partir des dynamiques individuelles"(p.301), à dépasser la "Realpolitik" technocratique, y compris en rappelant l'article de la déclaration des droits de l'Homme de 1789, selon lequel la société à le droit de demander des comptes à tout agent public.

"Comment la Gauche a perdu l'Ecole" sera donc lu avec profit par tout enseignant, parent, responsable de la machine administrative, ne serait-ce que pour lui faire toucher la relativité des "représentations" et des ressentis que chacun peut avoir, de là où ils est. En ces temps de complexité, ce ne saurait être critiquable. La complexité est toujours un défi pour la pensée, que ce soit celle de la pensée unique ou celle de l'anti-pensée unique !

Patrick Picard

Emmanuel Davidenkoff , Comment la Gauche a perdu l'Ecole, Hachette Littératures. 330p.

- (Se) former par les situations-problèmes. Des déstabilisations contructives. Alain Dalongeville

Voilà un ouvrage qu'on aurait envie de recommander à notre cher ministre, dont la dernière "Lettre" n'a pas manqué de faire sourir ceux qui, comme ses auteurs, pensent qu'il ne suffit pas d'expliquer pour que l'élève comprenne (ça se saurait !)

Il est des "situations-problèmes" comme de "l'enfant au centre" : un concept qui s'est répandu, mais beaucoup galvaudé. Alain Dalongeville et Michel Huber, qui furent parmi les premiers à y faire référence, tentent de (re)faire le point , au delà des "modes" et des approximations fort répandues dans la vulgate pédagogique.

La lecture de l'ouvrage confirme : le propos est maîtrisé. Les auteurs commencent par un exercice salutaire : définir ce dont ils parlent, leurs références théoriques et la genèse du concept. Rien qui ne surprendra les lecteurs rompus à Giordan, De Vecchi ou Bachelard, mais ces quelques pages seront un rappel formateur à ceux qui entreraient dans la problématique.

La bonne surprise du livre est que ses auteurs ne se contentent pas de clamer que les "situations problèmes" seraient la panacée pédagogique universelle qui devrait modeler chaque cours pour que les difficultés de l'élève disparaissent par magie. Huber et Dalongeville s'attachent au contraire à décliner (en détail et avec des exemples concrets) sept modalités de "mise en oeuvre" permettant d'envisager nombre de dispositifs pédagogiques : du simple cours magistral "en situation" à la "pédagogie de projet", en passant par le "débat de preuve" ou l'atelier d'écriture".

L'autre intérêt de ce livre est qu'on pourra, selon ses attentes, y entrer par de multiples portes, suivant son niveau d'enseignement ou son expérience : "Pourquoi y-a-t-il des saisons ?" vous fera toucher du doigt ce qu'est une "rupture conceptuelle", la démarche du "Sosie" fera peut-être germer quelques idées de situation pertinentes en formation professionnelle d'adultes, et la qualité des textes poétiques inventés pour parler de personnages historiques donnera quelques idées de projets interdisciplinaires.

Ne dédaignant pas le paradoxe ("Un bon enseignant est celui qui sait se rendre inutile, p. 41), les auteurs posent en fin d'ouvrage une bonne question sur l'utilisation des nouvelles technologies, sans prétendre pouvoir y répondre, mais en espérant de nouvelles recherches sur le sujet : comment faire pour que les nouvelles technologies, au lieu de se contenter de privilégier les connaissances factuelles, prennent toute leur place pour devenir de nouveaux outils permettant de rendre plus percutants les concepts-clés mis en lumière par le constructivisme : utilisation des
représentations, situations problèmes, conflits congitifs Un joli pari ?

Patrick Picard

Alain Dalongeville, Michel Huber, (Se) former par les situations-problèmes Des déstabilisations contructives, Editions "Chronique Sociale" (collection Pédagogie-Formation)

- Deux nouveaux DVD dans la collection « Eden cinéma »

L’évangile selon Saint Matthieu
" Ce DVD vidéo du film de Pier Paolo Pasolini retrace la vie de Jésus. Pasolini, tout en restant fidèle au texte de l’Évangile, donne une interprétation personnelle du personnage du Christ. Vient ensuite un document en noir et blanc de quarante minutes, construit à partir de textes écrits par le cinéaste, lus par un comédien et illustrés par des citations du film. Un parcours à travers le film de Pasolini permet de donner aux plus jeunes un accès à cette œuvre. Un portfolio présente, pour terminer, soixante-quinze peintures de toutes époques et de tous pays qui représentent la vie du Christ."
http://www.cndp.fr/lesScripts/bandeau/ba ndeau.asp?bas= http://www.cndp.fr/produits/Detail.asp?ID =39275

Les Glaneurs et la Glaneuse
" Ce DVD vidéo propose deux documentaires d’Agnès Varda, « Les Glaneurs et la glaneuse », film de 78 minutes découpé en 41 chapitres qui permettent à ceux qui le désirent, de voir ou de revoir une tranche du film et « Deux ans après », un inédit de 64 minutes, qui a pour point de départ l’important courrier qu’Agnès Varda a reçu à la suite du film. On rencontre de nouveaux glaneurs, des récupérateurs-artistes et on retrouve certains personnages du premier film pour un complément d’enquête ou pour savoir ce qu’ils sont devenus. Suivent un petit musée des glaneuses commenté par Agnès Varda, des informations sur le droit de glaner, un hommage de trois minutes à la chatte Zgougou, et pour finir un post-filmum et une filmographie d'Agnès Varda."
http://www.cndp.fr/lesScripts/bandeau/ba ndeau.asp?bas= http://www.cndp.fr/produits/Detail.asp?ID =38808

Dominique Coujard

- Apprendre le grec moderne

Assimil-on-line : grec moderne

La célèbre méthode Assimil propose depuis quelques temps des cours de langue en ligne, dont le grec moderne. Assimil utilise une nouvelle technologie de traitement de la voix sur internet, développée par la société Wimba. Il est ainsi possible pour l'étudiant de s'enregistrer en ligne, de se réécouter et de comparer sa diction à celle du texte. On retrouve dans les modules tout ce qui fait la force d'Assimil dans les versions papiers et Cd-audio. La fonctionnalité est évidemment bien supérieure puisqu'il est possible de revenir sur chaque phrase prise isolément sans devoir "réembobiner" une cassette ou rechercher une plage sur un CD-audio. Il est également possible d'écrire en grec aussi bien via un émulateur que via le clavier, ce qui est appréciable.

Il n'en reste pas moins quelques défauts techniques qui gagneraient à être corrigés : sur la partie "exercices", des "erreurs 500" (problème interne au serveur) se produisent de temps à autre. Les mots grecs sont parfois si rapprochés les uns des autres que l'on ne parvient pas à les distinguer nettement, et il y a quelques coquilles çà et là (oublis de mots, par exemple). On regrette également l'absence de tuteur et surtout de ne pouvoir joindre facilement le service technique en cas de problèmes. Cette méthode n'en a pas moins le mérite d'exister, et d'être la seule actuellement en français.
http://www.toutapprendre.com/select.asp? cmd=mod&idm=efa

Euro-talk Interactive : Apprenez le grec
La société Eurotalk Interactive édite des CD-roms consacrés à l'apprentissage de la langue, avec trois niveaux : initiation, intermédiaire, et avancé. Nous n'avons pu tester que le niveau "initiation" en grec moderne.

Le support est constitué essentiellement de séries d'images, par thèmes (premiers mots, couleurs, corps, temps, nationalités, achats, phrases, aliments). Devant chaque icône le mot s'affiche en caractères grecs, et le mot est prononcé en grec en cliquant sur l'image d'un homme ou d'une femme. On peut s'enregistrer en comparant ensuite le résultat à la bonne prononciation, faire défiler les mots par groupe de 4 , 8 ou 10. Des jeux amusants permettent d'établir un score déterminant que que l'utilisateur est censé avoir appris. Le CD-rom doit comporter 400 mots environ.

On déplore néanmoins l'absence de toute référence à la grammaire de la langue, ainsi que l'absence d'alphabet ! Très clairement, ce cd-rom peut être utilisé pour s'amuser avec un enfant et lui apprendre quelques mots, mais il est très clair qu'il est parfaitement inefficace pour quelqu'un qui souhaite apprendre sérieusement le grec moderne.
http://www.eurotalk.co.uk/ETWebPages/Pro ducts/TalkNowF.html

Robin Delisle

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