Édition du 19-01-2004 -
François
Jarraud, Caroline d'Atabekian, Blandine
Raoul-Réa, Patrick Picard - - Du Clic
au Déclic, écrire avec l’ordinateur au
collègePar Yaël Briswalter, CRDP de
Grenoble, collection Objectif
Multimédia, Déc. 2003.
Il s’est fait attendre, mais il tient
ses promesses... au titre près, car
l’ouvrage dépasse largement le cadre de
l’écriture et s’étend à toutes les
applications du multimédia en cours de
français ; à travers texte, son et
image, l’auteur imagine quantité
d’activités originales pour travailler
non seulement l’écriture, mais aussi la
lecture, l’oral, l’argumentation, et
toutes autres compétences transversales.
Du débutant au chevronné, chacun y
trouvera son compte. Le livre balaye
l’ensemble des types d’activités
possibles, à commencer les plus
banales : le traitement de texte, le
logiciel ELSA, la lecture de l'image
avec un cédérom culturel, la recherche
documentaire sur Internet ou avec des
usuels, et, en prime IQCM et ITexte,
deux logiciels réalisés par l’auteur et
fournis dans le cédérom livré avec le
l’ouvrage. S’il passe à côté de quelques
logiciels d’écriture importants, il
étonne en revanche par la qualité et
l’inventivité des activités pourtant
simples qu’il propose avec des outils
aussi communs que le dictionnaire des
synonymes, le Petit Robert, le courrier
électronique, les logiciels de mise en
page. La partie consacrée à la
production multimédia est plus
technique, mais aussi plus riche et
originale, et intéressera
particulièrement les enseignants déjà
utilisateurs de l’informatique. Les
fiches élèves et les abondants conseils
pratiques permettront à chacun de
s’approprier et de personnaliser les
activités décrites. Enfin, une série de
fiches techniques à l’intention des
débutants, en fin d’ouvrage et dans le
cédérom, donne toutes les explications
et illustrations nécessaires pour se
lancer dans l’informatique. Bref, un
ouvrage fort utile et qui manquait, qui
servira tant aux enseignants curieux
d’intégrer les TIC dans leur pratique,
qu’aux formateurs qui y trouveront de
nombreuses idées.
Présentation du livre sur le site de
l'éditeur :
http://www.ac-grenoble.fr/lettres/eloges
/clic.htm
Caroline d'Atabekian
- Le Fait
religieux, question pour l’enseignant de
françaisLettres ouvertes n°19, décembre
2003 - CRDP de Bretagne.
Prenant appui sur le rapport de Régis
Debray (L’enseignement du fait religieux
à l’école laïque, 2002), la première
partie de l’ouvrage récapitule les
éléments du débat, qui se déploie entre
deux protestations ; celle du prof :
« Mais je suis professeur de français,
pas de religion ! » et celle de
l’élève : « Mais on n’est pas au
catéchisme ! ». On y réaffirme la
nécessité d’aborder le « fait
religieux » tout au long de la
scolarité, mais surtout l’approche que
peut en avoir l’école laïque : « Il
n’est pas question de culte, mais de
culture », La laïcité ne peut être
l’ignorance du fait religieux ». Si la
préoccupation première était, en
réintroduisant le sujet dans les
programmes, de « conforter l’esprit de
tolérance en se donnant les moyens de
mieux se respecter les uns les autres »,
certains textes insistent
particulièrement sur le danger que
présenterait l’amnésie face au fait
religieux, qui est une composante
majeure de l’expérience humaine,
nécessaires à la compréhension de
l’histoire et de l’art.
La seconde partie offre des témoignages
sur la manière dont plusieurs religions
sont vécues intérieurement. Mais c’est
surtout la troisième partie, « La place
du fait religieux dans l’enseignement
des lettres », qui intéressera plus
directement le professeur pour sa
pratique pédagogique : comment aborder
le fait religieux en cours ? Plusieurs
approches donnent des pistes pour
s’organiser : l’inspection générale fait
dialoguer les programmes avec le rapport
Debray, tandis que des enseignants ou
formateurs témoignent de leur expérience
en classe. Une bibliographie commentée
permet d’approfondir le sujet. On
retiendra notamment que si le fait
religieux n’entre officiellement dans
les programmes de français qu’en 6e et
en seconde, ceux-ci donnent néanmoins
l’opportunité de l’aborder tout au long
de la scolarité à travers les divers
objets d’étude. Deuxième débat : faut-il
désacraliser les textes fondateurs parce
que l’on est à l’école laïque ? Non, dit
fermement Katherine Weinland, IG de
lettres : s’il ne faut pas « sacraliser
les approches », en revanche il n’y a
pas non plus lieu de « laïciser les
contenus d’un texte sacré » au point,
par exemple, de réduire un récit
biblique « à un épisode de conte
merveilleux ayant le bon goût de suivre
le schéma narratif ».
Sur le site de l'éditeur :
http://www2.ac-rennes.fr/crdp/doc/librai
rie/asp/ActuEdition.asp
Caroline d'Atabekian
- Une synthèse sur
le système éducatifEn 18 questions,
comment mettre en évidence les risques
et les enjeux du système éducatif
français ? Le débat national sur l'école
a permis la publication de plusieurs
enquêtes sur l'école. La revue Education
& formations, publiée par le ministère de
l'éducation nationale, propose de
nouvelles synthèses bâties autour de 18
questions. Ainsi elle s'interroge sur la
nécessité de la scolarisation à deux ans.
Depuis les années 1960, le pourcentage
d'enfants de 2 ans scolarisés s'est
fortement accru , passant de 10% à plus
de 30%. Pour autant, cette scolarisation
fait débat. Son efficacité n'est pas
démontrée. Les psychologues sont divisés
: certains estiment qu'elle est nocive.
Les études ministérielles montrent
qu'elle ne bénéficie, en terme de
réussite scolaire, qu'aux enfants des
milieux les plus défavorisés ou les plus
favorisés. Cela n'incite ni à sa
généralisation ni à son maintien :
est-elle "plus efficiente que d'autres
mesures de politique éducative, comme
par exemple, une aide spécifique aux
élèves en difficulté en début de
primaire" ?. Dans son rapport, le HCEE a
également mis en question la
scolarisation à deux ans. En novembre X.
Darcos soulignait que " la
pré-scolarisation des enfants de 2 ans
ne répond pas à des besoins scolaires
mais sociaux".
Education & Formations pose également la
question du collège unique : "le collège
unique est-il une réalité ?". Les
chiffres montrent les fortes disparités
entre les établissements voire entre les
classes et donc des parcours différenciés
selon l'origine sociale et le sexe. Elles
ont amené le ministre à introduire une
filière professionnelle dès la
quatrième.
L'enseignement professionnel est lui
aussi mi en question dans ce numéro. On
pourra retenir son rapide développement
: 41% des collégiens de troisième sont
orientés en CAP ou BEP. Mais le
principal apport de cette étude concerne
l'insertion professionnelle : "tous les
domaines de formation ne sont pas égaux
devant l'insertion professionnelle : 81%
des bacheliers de l'hôtellerie et du
tourisme ont un emploi ordinaire dans
les 7 mois qui suivent leur sortie du
lycée, seulement 49% des bacheliers
comptabilité gestion. L'insertion est
plus difficile dans les spécialités des
services que dans les spécialités
industrielles. On peut en déduire
l'intention ministérielle d'en voir
diminuer les effectifs.
Une question concerne l'avenir du
système scolaire : l'Ecole
réussira-t-elle a recruter alors que 43%
des enseignants cesseront leur activité
d'ici 2012 ?
On le voit ce numéro, par les
problématiques qu'il propose, constitue
une source de réflexion riche et utile
pour les enseignants.
F. Jarraud
Revue Education & Formations
http://www.education.gouv.fr/stateval/re
vue/revue.htm
- Ouvrages pour le Capes de
documentationOdile Riondet
Le livre d’Odile Riondet a le
mérite d’exposer très clairement
les objectifs de l’épreuve STD
(sciences et techniques documentaires)
du CAPES externe de documentation.
L’introduction relève les
difficultés à caractériser notre métier
de documentaliste au sein de
l’Éducation Nationale :
enseignant, de quoi ? gestionnaire ?
bibliothécaire ? spécialiste en info-com
?
La première partie permet à tous
(candidats ou documentalistes) de faire
le point sur les compétences exigées et
à mettre en œuvre dans
l’exercice de notre métier…
un léger avantage est donné aux
compétences documentaires et en
bibliothéconomie et aux savoirs en
sciences de l’information et de la
communication par rapport aux sciences de
l’éducation. Il n’est pas
abordé par exemple la mise en place et
la gestion de projet pédagogique au sein
d’équipes éducatives, avec les
différents acteurs de
l’établissement –infirmière,
médecin, CPE, intendance… Le
partenariat est surtout vu vers
l’extérieur de
l’établissement.
En 80 pages, un exposé motivant,
valorisant sur notre métier. Des
exercices progressifs constituent la
seconde partie du livre. L’épreuve
STD du CAPES 2001 est ensuite « mise à
l’épreuve » !
Odile RIONDET, Réussir l'épreuve des
sciences et techniques documentaires du
Capes de DocumentationCollection
Sciences et techniques de l'information
- ISBN 2-84365-066-6 - 190 pages : 27
EUR + 5,4 EUR de port *ADBS Éditions*
F. LOYER et D. BENHAMOU : Réussir les
épreuves du CAPES
Cet ouvrage constitue un bon guide
administratif pour le candidat au CAPES
: démarches, conditions
d’inscriptions, modalités…
quel que soit le CAPES envisagé. Un
sujet par épreuve et par concours est
proposé avec le plan d’une
correction et les attentes du jury, ce
qui permet de se faire une idée du
travail à accomplir mais les conseils
restent de l’ordre de la
généralité et ne permettent pas de se
former intensément aux épreuves des
concours.
Françoise LOYER et Daisy BENHAMOU,
Réussir les épreuves du CAPES de
documentation (externe, interne,
spécifique). Editions Ellipses. ISBN :
2-7298-5644-7, 18,50 Euros
Blandine Raoul-Réa
- Repères culturels et disciplinaires :
la Lecture au cycle II“Si lire
c’est comprendre, la compréhension
sous toutes ses formes est
l’activité fondamentale de la
lecture”. Belle formule creuse ?
Pas pour B. Couté qui se donne les
moyens de dépasser les évidences en
proposant un ouvrage organisé autour
d’une double typologie : ce qui
concerne l’activité du maître, et
ce qui concerne celle de l’élève ;
mais aussi une articulation entre les
savoirs disponibles sur la lecture, les
attentes de l’institution
(nouveaux programmes) et les pratiques
de classes.
“Moi qui suis déjà une
“vieille instit”, ce livre
m’a d’abord rassurée sur ma
pratique, en me permettant de prendre du
recul théorique sur ce que je fais
parfois intuitivement.” Pour
Françoise Chambarlhac, institutrice de
cycle II à la campagne, ce livre répond
à peu près à toutes les questions
qu’on peut se poser, et devrait
être un outil utile à la formation des
jeunes débutants le CP : il met
l’accent sur le travail en cycle,
propose des fiches facilement
utilisables, peut être un guide à
l’utilisation d’albums comme
supports de lecture, en aidant les élèves
à passer du code au sens.
Elle retient notamment :
- la nécessité de l’abondance des
histoires lues, des références
culturelles qui amènent progressivement
l’élève à s’intéresser à une
univers culturel et à une langue qui
n’est pas la sienne,
- l’explicitation par
l’enfant de ce qu’il vit, de
ce qu’il pense, de ce qu’il
croit, dans des situations de
communication réelle.
“Le sens d’un texte
n’est jamais entièrement donné,
c’est à nous d’aider
l’élève à construire
l’espace de son intervention
personnelle” poursuit notre
lectrice. Ca m’amène à modifier
mes questionnaires de lecture vers moins
de QCM ou de questions dont la réponse
est directement écrite dans le
texte...”
Un outil à mettre manifestement dans
toutes les mains.
P. Picard
Repères culturels et disciplinaires : la
Lecture au cycle II
Bernard Couté. Retz Pédagogie (Guides
ressources)
- Encore la lectureComprendre l'enfant
apprenti lecteur
Dans un style un peu différent, une
excellente synthèse des débats en cours
sur l'apprenti-lecteur, publié sous la
responsabilité de Gérard Chauveau, avec
des contributions de M. Alves Martins,
J. Bernardin, J.-M. Besse, R. Brissiaud,
E. et J. Fijalkow, R. Goigoux, A.
Ouzoulias, C. Silva (c'est à dire une
belle brochette...). Les contributions
tentent une synthèse des savoirs
théoriques actuelles en psychologie de
l'écrit. sur le pourquoi, le comment et
le que faire pour lire...
Comprendre l'enfant apprenti lecteur,
sous la direction de Gérard Chauveau.
Editions Retz (Forum Education Culture)
Les chemins de la littérature au cycle 3
À travers des œuvres classiques ,
de fables, du théâtre contemporain de
jeunesse, etc., l'enseignant de cycle
III pourra construire un réseau de
lectures autour d'une œuvre
principale, alterner lecture du maître
et lecture personnelle des élèves et
confrontations collectives, intégrer des
séquences de travail sur la langue dans
des activités de lecture et d'écriture,
construire un cheminement vers la
compréhension et l'interprétation, y
compris en entrant dans les livres par
les illustrations ou par une mise en
voix théâtralisée.
Un ouvrage sérieux et documenté qui
permettra de prendre du recul et de
redécouvrir des œuvres du
patrimoine (Chat Botté, Pinocchio...).
Les chemins de la littérature au cycle 3
- Gion, Marie-Luce - 2003 - Argos
démarches.
P. Picard
- Histoire : Les paysans et les
SovietsNicolas Werth avait déjà publié,
dans le Bulletin de l'IHTP et sur le
web, un remarquable article sur les
rapports entre le pouvoir soviétique et
les paysans dans les années 1930. Il met
maintenant en ligne un dossier complet
(330 pages en version imprimée) sur ce
thème. On y trouvera un très riche
corpus documentaire extrait des archives
du GPU. Les années 30 sont celles de la
"dekoulakisation", des déportations
massives, des réinstallations en Sibérie
et de la grande famine qui s'ensuivit. Le
dossier montre comment le GPU et le
pouvoir organisèrent cette politique
criminelle : déportations massives et
aveugles, conditions mortifères de
réinstallation des paysans. " Au 1er
janvier 1932, lorsque l'OGPU effectua un
premier pointage général des " déplacés
spéciaux ", on ne recensa que 1 317 000
personnes sur les 1 803 000 déportés en
1930-1931, soit une perte de près d'un
demi-million d'individus. Combien
s'étaient enfuis ? Combien étaient morts
? Une extrapolation du chiffre global des
fuites en 1930 et des données partielles
connues pour 1931 laisse supposer
qu'environ 250 000 déportés s'enfuirent
en 1930-1931 ; par conséquent, un nombre
à peu près équivalent mourut. Pour les
années suivantes, les statistiques
centralisées de l'OGPU font état des
pertes suivantes parmi les " déplacés
spéciaux " : en 1932, 207 000 évadés (38
000 d'entre eux furent rattrapés), 90 000
morts ; en 1933, 216 000 évadés (54 000
rattrapés), 151 600 morts soit un taux
de mortalité de 14 % ! En 1934, 87 600
évasions, 40 000 morts. À eux seuls, ces
quelques chiffres donnent la mesure de ce
que représenta la " dékoulakisation "
pour la société paysanne" note N.
Werth.
Le dossier restitue également les
résistances à la dékoulakisation que ce
soit dans les régions de départ ou sur
les lieux de déportation. "Les
réactions paysannes à la
collectivisation furent à la mesure des
enjeux. La collectivisation c'est-à-dire
l'expropriation des paysans et leur
intégration dans des exploitations
collectives devait permettre à l'État de
disposer d'un approvisionnement régulier
et quasiment gratuit en céréales,
productions agricoles et produits de
l'élevage pour nourrir les villes et
financer, par des exportations massives,
l'industrialisation du pays. Elle devait
aussi faciliter l'imposition d'un
contrôle administratif et politique sur
la paysannerie, afin de la contraindre
d'adopter, douze ans après
l'installation du régime issu d'octobre
1917, les " nouvelles valeurs du
socialisme ". Comme l'a montré Lynne
Viola, la collectivisation forcée des
campagnes fut bien plus que
l'expropriation des paysans et leur
embrigadement dans des kolkhozes. Elle
fut ressentie, dans un pays où la
fracture restait très forte entre le
monde dominant des villes et le monde
dominé des campagnes, comme une
véritable guerre déclarée par l'État
communiste... contre toute une culture
paysanne traditionnelle. Dans cet
affrontement, la paysannerie, souligne
fort justement Teodor Shanin, " se
comporta en entité sociale ayant des
intérêts économiques en commun et une
identité propre qui s'exprimaient dans
des savoirs, des modes d'action et des
formes de conscience politique
spécifiques débouchant sur une action
collective "". Cela se traduisit par de
nombreuses manifestations, rarement
violentes (il est vrai que le pouvoir
avait préventivement procédé à la
récupération des armes et à
l'arrestation d'éventuels meneurs) et où
les femmes eurent le premier rôle. La
grande famine, décrite avec une
incroyable distanciation par les sbires
du régime, brisa ces résistances. En
1935 l'Etat arrive à ponctionner
gratuitement 45% de la production
agricole. N. Werth conclut : "Comme
l'écrivait, en septembre 1935, Lazar
Kaganovitch à Sergo Ordjonikidze, le
Commissaire du peuple à l'Industrie
lourde.., " nous avons définitivement
gagné la guerre, la victoire est à nous,
une victoire fantastique, totale, la
victoire du stalinisme ". Victoire du
stalinisme, défaite de la paysannerie.
C'est ce combat engagé au début de 1930
que retracent les deux volumes de
documents de la police politique sur les
campagnes soviétiques consacrés aux
années 1930-1934".
F. Jarraud
N. Werth, Le pouvoir soviétique et la
paysannerie dans les rapports de la
police politique (1930-1934), Bulletin
de l'Institut d'histoire du temps
présent, n°81-82, 2003, 336 p.
Le texte intégral est en ligne :
http://www.ihtp.cnrs.fr/dossier_soviet_p
aysans/index_dos_soviet.html
- LusEthique et éducation
Comment amorcer la réforme de l'Ecole ?
Pour l'association Education & Devenir,
qui publie les Actes de son Colloque
2003, c'est d'abord en élaborant une
véritable déontologie du métier
d'enseignant. Pour Yvon Robert, IGAEN,
"le service public de l'éducation
n'énonce pas suffisamment d'obligations
professionnelles de ses personnels..
Nous ne sommes pas assez sensibles à la
culture du résultat, de l'évaluation des
politiques publiques". Il invite à une
redéfinition du métier en s'inspirant du
modèle des pays du nord où les
enseignants sont aussi les éducateurs
des élèves. Jean-Piere Obin, IGEN, se
pose la question du risque à terme
proche d'une pénurie d'enseignants. Il
propose de " refuser toute banalisation
sociale du métier en le plaçant
résolument sur le terrain des valeurs et
en proposant aux jeunes qui s'y destinent
une charte éthique clairement plus
enthousiasmante que la recherche du
profit, la compétition entre individus".
http://education.devenir.free.fr/cahier2
_ED.htm
Le numéro 3 de Distances et savoirs
Ce numéro 3 met en regard textes de
recherche et textes "opérationnels". Il
y est question de l'étude de la parole,
de propos sur les pratiques et sur les
méthodes, sur les relations sociales
révélées par les échanges verbaux entre
acteurs d'un dispositif de formation,
sur des regards croisés sur l'E.A.D.
http://ds.e-revues.com
Vie pédagogique : Le Québec choisit les
enseignements civilisationnels
" Les domaines généraux de formation
nous incitent à revoir les pratiques
enseignantes pour permettre à l'élève de
saisir de quelle façon les objets
d'apprentissage sont des clés pour
comprendre le monde dans lequel il vit.
À travers leurs intentions éducatives et
leurs axes de développement, ils touchent
à l'être humain dans sa globalité en
tenant compte de toutes ses dimensions,
en créant des liens entre les diverses
finalités des apprentissages
disciplinaires et le développement de
l'intégralité de la personne. Les
domaines généraux de formation (DGF),
tels qu'ils ont été développés, invitent
les membres de l'équipe-école à évoluer
davantage vers la construction d'une
réelle communauté d'apprentissage qui
prend sa force dans une
interdisciplinarité émergente". Le
nouveau numéro de la revue québécoise
"Vie pédagogique" nous plonge au coeur
d'une réforme fondamentale du système
scolaire local qui vise à redonner du
sens aux enseignements. Il s'agit de
faire travailler les élèves sur des
grandes questions contemporaines qui
relient plusieurs disciplines. Il s'agit
aussi de transmettre aux élèves des
valeurs, de créer un lien
intergénérationnel et de les armer pour
leur vie d'adulte, bref d'éduquer. La
revue analyse plusieurs exemples
d'applications. mais elle donne aussi la
parole à Edgar Morin qui, dans "Les sept
savoirs nécessaires l'éducation du
futur" appelait à ces enseignements
"civilisationnels". A lire également
l'article de C. Laberge, C. Humel et T.
Laferrière sur "les communautés
d'apprenants". Il montre comment
Internet peut être utilisé pour
développer une culture de réseau et
éduquer à la citoyenneté active. " En
faisant virtuellement tomber les murs de
l'école pour permettre à la vie
communautaire d'occuper une place
privilégiée dans les apprentissages que
font les élèves, le modèle des
communautés d'apprenants interreliées
pave la voie à des modèles encore plus
généraux, comme celui de la " cité
éducative " qui, à l'initiative de
Barcelone, rassemble déjà plus de 200
villes et qui se développe
essentiellement à partir
des valeurs très " citoyennes " de
l'UNESCO". . Ce numéro de "Vie
pédagogique" donne une idée de l'ampleur
des réformes dans le système québécois...
et de la largeur de l'Atlantique....
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/num
eros/129/numero129.asp
Un nouveau DIE : Publier en ligne
Sous le titre "Publier en ligne
aujourd'hui", le numéro de décembre des
Dossiers de l'ingénierie éducative
propose un important dossier sur les
sites éducatifs. Dans une préface, Serge
Pouts-Lajus retrace l'histoire de ces
sites jusqu'à l'espace numérique de
travail. Gérard Puimatto pose la
question de la validation de ces sites
et appelle à un véritable débat sur
l'utilité des sites académiques.
Caroline d'Atabékian montre la fragilité
des sites pédagogiques associatifs, peu
aidés matériellement par l'institution,
alors qu'ils sont devenus des acteurs
incontournables. Le dossier consacre une
large place aux sites réalisés par les
élèves et aux projets pédagogiques qui
les accompagnent. Il se clôt sur une
double réflexion. N. Rodriguez montre
que le XML modifie le circuit éditorial
autant qu'il instaure de nouvelles
contraintes techniques. Une série
d'articles montre la richesse des
écritures hypertextuelles.
http://www.cndp.fr/tice/DossiersIE/
F. Jarraud