Édition du 12-05-2005 -
François
Jarraud, Patrick Picard - - A la Une :
Les femmes en éducation"Les rapports
sociaux de sexe en éducation et en
formation nuisent-ils toujours au
développement des filles et des femmes?
Est-il suffisant d’avoir recours à
l’analyse quantitative pour expliquer la
place des filles et des femmes dans les
études postsecondaires?.. Qu’en est-il
de la dynamique de la réussite scolaire
des filles ?.. Les stéréotypes et la
ségrégation sexuelle limitent-ils
l’accès des femmes aux savoirs
théoriques et pratiques dans des champs
d’études autrefois réservés aux hommes?
Quels rapports les filles
entretiennent-elles avec les sciences et
avec la technologie?.. Quel est l’état
des lieux de la discipline « sciences de
l’éducation » et les études féministes?
Comment se manifeste l’iniquité en
éducation et en formation pour les
filles et les femmes? " Voici quelques
unes des questions auxquelles tente de
répondre le numéro de printemps 2005 de
la revue de l'Acelf Education et
francophonie.
Au Canada comme en France, les succès
scolaires des filles interrogent les
chercheurs. P. Bouchard et J.-C.
Saint-Amand font le point sur les
facteurs explicatifs d'une question qui
renvoie à des enjeux majeurs de société.
"depuis une dizaine d’années est apparu
dans les médias un contre-discours
masculiniste centré sur les «
difficultés scolaires des garçons » dont
s’inspire une large variété de projets
dans les écoles. L’analyse montre que
ces interventions sont conçues à partir
de conceptions essentialistes et
innéistes de l’identité masculine. De
plus, leur inefficacité sur le plan de
la réussite scolaire pointe vers un tout
autre agenda : celui de récupérer des
privilèges masculins perdus." Ainsi pour
les chercheurs, "La réussite scolaire
comparée selon le sexe constitue un
catalyseur des discours masculinistes,
c’est-à-dire la porte d’entrée
privilégiée par laquelle des groupes
d’hommes « préconise[ent] un retour aux
valeurs traditionnelles ainsi qu’à la
famille nucléaire… Les enjeux du
discours masculiniste sont à la fois de
récupérer des privilèges perdus et
d’arrêter la démarche d’émancipation des
femmes ». L’éducation a constitué à cet
effet un outil central. Sous le couvert
de nouvelles problématiques, elle est
redevenue un enjeu des rapports sociaux
entre les sexes où se joue la place des
femmes dans la société de demain".
Les autres articles abordent la question
des acquis scolaires des filles dans les
enquêtes internationales, des relations
éducatives en EPS, de la construction
sexuée du rapport au savoir et de la
place des femmes en formation. Tous les
articles de cette importante
contribution sont intégralement
accessibles en ligne.
Les femmes en éducation et en formation,
Éducation et francophonie, Volume XXXIII,
numéro 1, printemps 2005.
http://www.acelf.ca/c/revue/sommaire.php
?id=17
- L'innovation à l'Ecole et dans la
Ville" Les prescriptions pour un retour
aux bons vieux usages d’antan ou les
ratiocinations sur l’innovation invitent
parfois au sourire, agacent ou font
carrément grincer les dents des
enseignants. Pour la plupart d’entre
eux, immergés dans leurs soucis
quotidiens et méfiants face aux
revirements intempestifs, la mission de
transmission ne consiste pas à rompre
avec la tradition mais à la rendre
accessible… Ils savent aussi que les
élèves sont pressés, vont trop vite pour
eux.., développent des curiosités
exigeantes sans révérence a priori.. La
synchronisation entre les différents
temps qui se télescopent dans l’heure de
cours, ce temps si particulier de
l’apprentissage, ne va pas de soi, et
les enseignants, face à un pari aussi
difficile, deviennent des passeurs
toujours plus anxieux. L’innovation en
matière d’éducation est en ce sens une
question majeure… Comment peut-on
imaginer des pratiques professionnelles
qui sécurisent à la fois enseignants,
parents et élèves, sécurité éducative
sans laquelle rien ne peut germer de
l’ordre de la culture? Comment éviter
les facilités de retours en arrière
faussement protecteurs et surtout
stériles, ou les va-et-vient de réformes
inadaptées aux situations pédagogiques
concrètes?". Dans le numéro 140 de VEI
Diversité, Marie Raynal situe d'emblée
l'innovation dans ces tensions entre
Ville et Ecole, entre passéisme et
agitation.
Ce nouveau numéro, croise, à travers une
trentaine d'articles, trois éclairages
sur l'innovation : une réflexion sur la
notion elle-même, des exemples de
pédagogies innovantes, des pratiques
innovantes dans la ville. Il revient à
Françoise Cros de démythifier
l'innovation. Pour elle "finalement
l'innovation traduit les incertitudes,
les ambivalences, les mobilités et les
contradictions de nos sociétés modernes
où le temps passé semble nié au profit
d'un avenir que l'on veut radieux…
Depuis que l'innovation à l'école existe
de manière officielle, elle a perdu de
son brio pour se confondre dans la masse
des incertitudes et du foisonnement de
quêtes et des manifestations de sens". A
son tour, l'analyse des "écoles
différentes" proposée par Marie-Laure
Viaud est guère optimiste : "Permettre
l'ouverture de quelques écoles
différentes, mais dans des conditions
matérielles si pénibles qu'elles
absorbent en grande partie l'énergie de
l'équipe éducative, n'est ce pas un
moyen d'occuper et de canaliser des
militants pédagogiques ? En outre les
établissements différents permettent de
mettre au point des innovations
ponctuelles… qui peuvent être reprises
par le système et permettre à
l'institution de tenir… Les
établissements expérimentaux ne seraient
autorisés que dans la mesure où leur
existence peut servir les besoins de
l'institution, c'est-à-dire à la marge".
Alors faut-il enterrer l'innovation ?
Non bien sur. Anne-Marie Vaillé rappelle
ce que fut le projet du Conseil national
de l'innovation, avant que le ministre
ne le supprime. Cécile Carra et Daniel
Faggianelli rendent compte du
fonctionnement d'une école expérimentale
Freinet, Jean-François Marcel des projets
d'un collège toulousain : deux
expériences qui attestent de la
nécessité d'innover dans des contextes
scolaire difficiles. Alain Vantrois,
directeur de l'éducation de la ville de
Roubaix, montre que les acteurs locaux
peuvent soutenir des pratiques
nouvelles.
Ce numéro éveille chez le lecteur des
sentiments contrastés. Une réflexion
plus éclairée sur la nature même de
l'innovation, qui pourra aller jusqu'au
désenchantement chez certains. Des
pistes pour réfléchir à ses pratiques.
Un intérêt et des curiosités vers les
champs extérieurs à l'Ecole. Aussi
quelques regrets de voir les TICE
absentes d'un numéro sur l'innovation.
VEI Diversité, Du neuf sur l'innovation
?, numéro 140, mars 2005
http://www.cndp.fr/revueVEI/som140.htm
http://www.cafepedagogique.net/disci/art
icle/55.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/art
icle/59.php
- L'orientation dans le mondePartout
dans le monde, l'orientation se situe au
cœur d'enjeux socioéconomiques, au
carrefour d'acteurs et de politiques aux
intérêts souvent divergents. La Revue
internationale d'éducation de Sèvres lui
consacre son numéro d'avril 2005 (n°38)
coordonné par Georges Solaux avec le
souci de présenter des contextes
nationaux variés. En effet, se croisent
des systèmes éducatifs de pays
développés (Belgique, Royaume-Uni,
France), de NPI (Taïwan) et de pays en
développement (Maroc, Laos, Burkina
Faso). C'est dire la diversité des
situations économiques et sociales, des
systèmes éducatifs, des ambitions
nationales et aussi des valeurs en œuvre
dans ces sociétés. Comment organiser des
éclairages aussi divers ?
La première partie est dédiée à
l'orientation au collège à travers les
exemples de la Belgique francophone et
du Maroc. La première est marquée par
une sélection précoce dès le premier
cycle du secondaire, au gré des conseils
de classe et d'une procédure assez
opaque. Les mauvais résultats du système
scolaire belge amène les ministres
francophones à le réformer. Le second
est marqué par l'inaptitude de l'Etat à
scolariser toute la jeunesse au-delà de
la scolarité obligatoire. D'où une
sélection brutale qui éjecte plus de la
moitié des jeunes (53%), quelles que
soient leurs compétences et aggrave les
inégalités sociales.
La seconde partie de la revue concerne
l'orientation vers le supérieur à
travers les exemples du Brésil, de
Taïwan et du Burkina Faso. La dernière
partie s'intéresse aux politiques
publiques. L'exemple anglais est
particulièrement intéressant puisque le
service public a été privatisé, ce qui
nous ramène au cas français. Or pour
André Legrand, en France aussi, "il
apparaît que l'Education nationale s'est
progressivement retirée du jeu alors que
le développement de la décentralisation
et de la déconcentration renforçaient
l'autonomie des acteurs locaux et que
les services d'orientation étaient
rejetés à la périphérie du système". Le
dernier rapport de l'Inspection générale
insiste sur les inégalités criantes en
matière d'orientation particulièrement
pour l'accès au lycée et la réduction de
la mixité sociale dans les
établissements. Un mécanisme que la loi
Fillon, en liant l'orientation aux
résultats du brevet et en refusant de
faire le choix de la déségrégation, va
laisser se développer.
Il manque peut-être une conclusion à ce
numéro. Mais tel quel, il apporte des
éclairages qui permettent une
compréhension des enjeux et des valeurs
qui sous-tendent la fabrication des
élites dans des sociétés différentes.
Revue internationale d'éducation,
Sèvres, n°38 avril 2005, Les défis de
l'orientation dans le monde, CIEP, mars
2005.
http://www.ciep.fr/ries/ries38.htm
- Les politiques documentaires dans les
collègesLe numéro 164 des Dossiers
Evaluation et statistiques du ministère
est dédié aux politiques documentaires
dans les collèges. L'étude décrit la
localisation et la gestion de la
documentation dans les établissements et
les actions documentaires menées. Basée
sur une enquête menée auprès de 500
collèges, elle étudie les politiques
documentaires dans les collèges. Elle
révèle la multiplicité des dépôts
documentaires dans la plupart des
collèges : outre le CDI, de la
documentation est aussi disponible au
labo d'histoire-géo, en salle de
sciences, en salle des profs etc. Des
lieux pas forcément coordonnés. Pourtant
7 collèges sur 10 sont engagés dans une
démarche de projet documentaire ce qui
témoigne d'une perception des enjeux.
"La réception qui est faite dans un
collège au projet documentaire se
caractérise plutôt par la présentation
de celui-ci au conseil d’administration
et une information large lors de sa mise
en place… Ceci amène une double remarque
: celle de la prise de conscience de
l’intérêt que présente un projet
documentaire englobant dans un
établissement, et celle des fondements
d’une politique documentaire qui suppose
une adhésion large". Si le projet
documentaire est toujours bénéfique, il
nécessite un accompagnement : un
documentaliste sur deux demande un appui
au développement du projet documentaire.
http://www.education.gouv.fr/stateval/do
ssiers/listedossiers2005b.html
- Enseigner les valeurs Comment
enseigner les valeurs dans
l'enseignement technique et
professionnel ? L'Unesco publie un guide
qui vise la promotion des valeurs de
l'organisation internationale. Des
exercices concrets font réfléchir les
étudiants sur la citoyenneté (que veut
dire être un bon citoyen ?), la
démocratisation de son pays, la
solidarité internationale et la
globalisation. Le guide fait travailler
également les élèves sur le
développement de l'estime de soi. On
pourra y piquer des exercices. Il n'est
pas interdit de penser que ces
réflexions sur la citoyenneté et le
monde globalisé pourraient trouver leur
place en éducation civique.
http://portal.unesco.org/education/fr/ev
.php-URL_ID=39134&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SEC
TION=201.html
- Une étude relance le débat sur les
petits effectifsLa question de l'impact
du nombre d'élèves par classe sur les
résultats scolaires a animé une partie
du débat pédagogique cet automne. T.
Piketty avait mis en évidence un effet
sensible pour une réduction importante
des groupes classe. Cela l'amenait à
demander un effort important de moyens
en faveur des ZEP. D. Meuret, qui
défendait la thèse inverse, demandait en
octobre dernier "une expérimentation des
CP et CE1 de ZEP à 18 élèves dans
quelques académies pendant 3 ou 4 ans
avant de généraliser éventuellement le
dispositif".
Le ministère relance le débat en
publiant une étude qui porte sur une
expérimentation pendant deux ans
(2002-2004) dans une centaine de cours
préparatoires accueillant surtout des
élèves défavorisés. Dans ces classes les
effectifs ont été réduits à 8 à 12
élèves. Une centaine de classes témoins,
à effectifs habituels, ont été étudiés
parallèlement. L'enquête montre que les
enseignants des classes à effectif
réduit ont modifié leurs pratiques et
que les élèves ont gagné en assurance et
motivation.
D'après l'étude ministérielle, au cours
et à la fin de l'année de CP, les élèves
des classes (à faible effectif) ont un
peu plus progressé que leurs camarades
de classe comparables, mais les
inégalités de départ n'en sont pas
réduites et, une fois en CE1, ces élèves
ont des performances équivalentes aux
autres". L'enquête officielle conclut
donc que "une réduction de la taille des
classes des CP est, à elle seule, d’un
intérêt pratiquement nul. En effet,
consacrer des moyens (importants) à
cette diminution pour n’obtenir qu’un
léger avantage en termes d’acquis en fin
de CP, avantage qui disparaît ensuite,et
n’en tirer aucun bénéfice indirect en
termes de baisse des
redoublements…apparaît peu efficace".
Faut-il pour autant dénier tout effet à
la baisse des effectifs ? Les rédacteurs
ne sont pas aussi affirmatifs. Ils
relèvent qu'il faut " sans doute un
temps d’adaptation pour permettre aux
enseignants et aux élèves de tirer parti
d’une diminution d’effectifs ; une seule
année d’observation en CP est peut-être
une période trop courte pour que des
effets positifs puissent se manifester.
Enfin, l’effort de diminution des
effectifs a, dans cette expérimentation,
été limité au seul cours préparatoire,
alors que certains travaux pourraient
inciter à étendre l’expérience aux cours
élémentaires". C'est ce que montrait les
travaux de Piketty. Le débat reste donc
ouvert.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d
pd/noteeval/ne2005/eva0503.pdf
http://www.cafepedagogique.net/disci/ped
ago/54.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/ped
ago/55.php
- La démocratie dans l'Ecole"L’école,
en effet, n’est pas un lieu clos : elle
n’est destinée à devenir ni le
sanctuaire protégé des turbulences de la
vie sociale ni une sorte d’utopie
provisoire qui mettrait les futurs
citoyens en contact avec les valeurs
humanistes dont on espère qu’ils
garderont le souvenir. L’école est dans
la démocratie et prépare les élèves à en
devenir acteurs. Cela crée des
obligations pour tous car, à l’école de
la République, est-il imaginable pour
les élèves et les familles que la
démocratisation des savoirs et la
formation des citoyens ne passe pas par
des pratiques éducatives, pédagogiques
et didactiques conformes aux valeurs de
la démocratie ? " Pourtant, ce numéro de
mai des Cahiers pédagogiques le précise
bien, la société scolaire n'est pas
démocratique au sens où enseignants et
élèves seraient à égalité de droits et
souverains de l'institution scolaire.
Le numéro s'articule autour de trois
thèmes. Le dossier s'ouvre sur une
réflexion sur la notion même démocratie
en lien avec l'histoire de l'institution
scolaire. Une seconde partie illustre
l'idée du lien nécessaire entre les
idéaux démocratiques et les pratiques
pédagogiques. Ainsi, pour Anne-Marie
Hubat-Blanc, "la première condition pour
enseigner en accord avec les valeurs de
la démocratie.. est de démystifier sa
propre maîtrise.., la seconde est la
compétence technique…, la troisième est
l'institution de la classe et le
fonctionnement de l'établissement".
Maryse Madiot et Philippe Tessier
montrent,par exemple, comment un IDD
peut être formateur en ce domaine
puisque c'est "un domaine où mes élèves
comme les enseignants sont amenés à
exercer leur liberté d'appréciation,
d'invention et d'organisation".
Le dernier chapitre s'intéresse à la
démocratie, ou son absence, dans
l'institution Education nationale. Un
regard croisé sur les C.A.
d'établissement est particulièrement
intéressant.
La démocratie dans l'Ecole, Cahiers
pédagogiques, n° de mai 2005, 72 pages.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/nume
ro.php3?id_article=1569
- Histoire du système
éducatifImpossible défi ? Vincent Troger
et Jean-Claude Ruano- Borbalan croisent
leurs savoirs en histoire et en Sciences
de l'Education, et commettent un
Que-Sais-Je au titre ambitieux :
Histoire du Système Educatif.
Rassurons ceux qui crieront à l'hérésie
: même en si peu de pages, il est
possible de tirer les grandes leçons à
lire de l'histoire du système éducatif,
pour peu qu'on prenne le temps
d'observer les évolutions sur de longues
durées.
L'astuce des auteurs est donc de croiser
les entrées thématiques avec la
chronologie. Sept chapitres passent donc
en revue les différentes thématiques, du
macro institutionnel au micro de la
classe, à travers lesquelles on peut
lire un système éducatif qui, au fil de
l'Histoire, a réussi la gageure de
vampiriser la plupart des rythmes de
notre société, de devenir une référence
planétaire en matière d'organisation
scolaire, de modeler un rapport au
savoir humain rationnel, sans pouvoir
pour autant s'extraire de sa vocation de
sélection sociale ni de ses découpages
disciplinaires devenus souvent
archaïques.
Ainsi, l'ouvrage aborde les questions
vives auxquelles l'école du XXIe siècle
est sommée de répondre, elle a qui on
réclame la réussite de tous dans une
société demeurant largement
inégalitaire. Structuration du système
éducatif, évolution des savoirs
scolaires et des disciplines, tensions
entre centralisation et autonomie,
évolutions de l'enseignement
professionnel, traitement des inégalités
sociales, modèles pédagogiques et
innovations techniques sont tour à tour
passées en revue.
Assurément, un ouvrage qui devrait faire
partie du socle commun à acquérir par
tout enseignant désirant mieux
comprendre dans quelles trajectoires
s'inscrit son action quotidienne.
Patrick Picard
J.-C. Ruano-Borbalan, V. Troger,
Histoire du système éducatif, Paris,
PUF, Que sais-je, 128 p., avril 2005.
http://www.puf.com/Book.aspx?book_id=013
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