Bibliographie (Café N° 66)

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Édition du 09-10-2005

- François Jarraud - Patrick Picard -

- A la Une : Premières classes

"Etre prof c'est souvent la galère ! C'est sans cesse faire face à l'imprévu, s'adapter, gérer… C'est souvent accepter de mettre son cours de côté un instant pour permettre la discussion. C'est aussi savoir dire stop. C'est aussi… mettre de côté son ambition d'être le super-prof et faire preuve d'humilité". Ces premières lignes de "Premières classes" donnent le ton. A la différence des pamphlets à la mode, l'ouvrage nous met d'emblée dans le quotidien de la classe, dans le témoignage, dans la relation humaine. Les yeux dans les yeux.

Le livre aborde les questions que peut se poser un enseignant débutant qui arrive dans un établissement. Comment animer un cours ? Comment mettre les atouts de son coté ? Comment développer des relations vivantes en milieu scolaire ? Mais il le fait sur le ton de la confidence et du partage. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : transmettre aux nombreux nouveaux enseignants ce que les "anciens" (plus ou moins !) ont appris. Alors encore un ouvrage de trucs et consignes ? C'est mal les connaître ces anciens ! Ce qu'ils ont appris c'est à exister en tant qu'homme dans une peau d'enseignant pour permettre à l'élève de grandir.

Le parti pris de l'ouvrage c'est de témoigner de techniques et de postures qui permettent de prendre en charge les relations humaines dans la classe et dans l'établissement. Un exemple ? Patrick Verrier explique l'importance d'un rituel pour faciliter le déroulement du cours. Florence Castincaud met en évidence la construction de l'autorité. Françoise Thoër montre comment s'adresser personnellement à chaque élève. L'ouvrage est également enrichi de fiches "techniques" sur la psychologie de l'adolescent ou la gestion de l'agressivité par exemple.

Il alterne des "paroles de profs" et des synthèses. Mais tout l'ouvrage, coordonné par Marc Edouard, un formateur en relations humaines, vise à transmettre un savoir être et un savoir faire humain. Ainsi, pour Sabine Bernard, "le bon prof est un chercheur de tous les instants". Transmis ?

Marc Edouard, Premières classes. Bien débuter le métier d'enseignant en collège et en lycée. Préface de Gilles de Robien. Postface de Jean-Michel Zakhartchouk, CRDP d'Amiens, 2005, 154 pages.
http://crdp.ac-amiens.fr/librairie/vient_de_paraitre/accuei[...]


- Apprivoiser les maths

"La réforme du curriculum qui touche la discipline des mathématiques agit en profondeur sur sa fonction dans la formation générale des jeunes. En effet, le développement des trois compétences (résoudre une situation problème, déployer un raisonnement mathématique et communiquer à l’aide du langage mathématique) autour desquelles elle se structure entraîne des changements dans les pratiques enseignantes. La mathématique, à sa façon, donne la possibilité à l’élève d’expliquer et de comprendre des phénomènes en enrichissant sa culture générale. Il y a là une occasion, pour l’élève, de saisir les répercussions de cette discipline sur l’individu qu’il est, la société qu’il habite et l’environnement qui l’influence". Le Québéc va-t-il inventer une nouvelle façon d'enseigner les maths ? La réforme mise en application à partir de cette année modifie profondément les enseignements et c'est peut-être en maths que les attentes sont les plus grandes.

Vie pédagogique y consacre un numéro entier, alternant entretiens avec des enseignants, réflexion de formateurs et analyses de pédagogues. Ainsi, pour Gilles Laverdure, conseiller pédagogique, "faire des maths, c’est résoudre des problèmes. Et résoudre des problèmes, c’est mettre en œuvre diverses compétences appropriées à une situation. Il est clair qu’en maths, un raisonnement rigoureux est souvent nécessaire, mais ce n’est pas la seule ni même la principale porte d’entrée. L’imagination créative fait partie intégrante de la pensée mathématique et devrait, à ce titre, être développée et évaluée comme telle". Comment faire ? G. Laverdure fait appel à la théorie des intelligences multiples de Gardner. Nadine Bednarz, université du Québec, montre l'importance de la verbalisation en mathématiques. Richard Pallascio explique comment utiliser le concept de situation problème.

D'autres intervenants nous dépaysent davantage quand ils parlent des maths. Un enseignant burkinabe dévoile les limites culturelles des maths en analysant la façon de calculer des vendeurs analphabètes de son pays. D'autres nous font découvrir des énigmes mathématiques. Autant de façon d'initier les élèves au raisonnement mathématique.
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/136/numero136.[...]

- Education et religion avec VEI Diversité

"La question religieuse a ressurgi en France assez brusquement et nous avons tous semblé pris de court…S'agit-il bien d'un retour ? " demande Marie Raynal dans l'éditorial de ce numéro 142 de VEI diversité. "Nous avons vécu une sécularisation de la société et voulu croire que le monde était définitivement "désenchanté"… Mais … on ne se débarrasse pas de Dieu par le simple fait de séparer l'Eglise de l'Etat". Pour le découvrir, la revue propose trois explorations : ce que les sociologues ont à dire du phénomène religieux aujourd'hui, ce qui se passe dans les quartiers et ce qui fait débat dans l'école autour de l'enseignement du fait religieux. Et elle a mobilisé les spécialistes : Emile Poulat, Marcel Gauchet, Dominique Borne par exemple.

C'est que le phénomène religieux n'est pas immobile et accompagne les évolutions de notre société. Ainsi Martine Cohen (Cnrs) montre que la question religieuse est étroitement mêlée aux revendications identitaires ce qui remet en question la "laïcité à la française". "Les partisans de la laïcité sont partagés entre attachement aux libertés individuelles et au pluralisme culturel d'un côté, crainte de voir ce particularisme dériver vers une fragmentation sociale (communautarisation) de l'autre. Mais l'opposition entre laïcité française et multiculturalisme est-elle tenable ?". Françoise Lorcerie (Cnrs) semble répondre à la question en situant la question laïque dans la perspective d'une flambée nationaliste. Pour elle "la représentation de la laïcité, la doxa laïque, à laquelle les élus ont massivement donné leur aval, est une nouvelle vision de combat pour l'identité nationale menacée, non plus contre l'Eglise catholique mais contre l'islam qui se voit".

Alors quel regard jeter sur l'islam des quartiers ? Nathalie Kapko (Paris 8) montre que l'islam des filles marque d'abord des signes d'affranchissement qui n'est pas sans rapport avec l'occidentalisation. "Le sens que les filles donnent à la religion est très éloigné des conceptions parentales de l'islam : les transmissions religieuses ne sont pas linéaires et se déroulent au travers de recompositions, de négociations et de conflits… On assiste à la production individuelle de petits systèmes de significations religieuses qui se construisent en fonction des besoins… Cette individualisation du croire s'inscrit dans le contexte des sociétés démocratiques".

Mais pour les enseignants, c'est le projet d'un enseignement du fait religieux qui fait débat. Dominique Borne, ancien doyen de l'Inspection générale, en donne une vision apaisée. "L'enseignement du fait religieux n'est pas du tout une approche des croyances… C'est une approche à travers le fait, autrement dit les signes du religieux". C'est aussi à ses yeux un outil pour que toutes les communautés trouvent leur place à l'Ecole. Marcel Gauchet est plus critique. "Cet enseignement du fait religieux me semble dans le principe excellent mais, très franchement, sur l'exécution, je suis sceptique. Je crois que nous ne savons pas le faire. C'est un bon programme mais je crois qu'il va semer une grande perplexité dans les esprits des enseignants". Il signale une autre dérive : celle qui consiste à transformer la laïcité en chose sacrée. "Il y a un danger à présenter la laïcité comme un argument d'autorité qui revient à inverser son sens originel. Nous nous sommes battus contre l'autorité,ce n'est pas pour que l'on en fabrique une autre en nous la donnant comme quelque chose de sacré,d'intangible.. Décléricalisons la laïcité !".

Education et religion, Ville école intégration diversité, n°142, septembre 2005.
http://www.cndp.fr/vei/

- La formation des élites

"La formation des élites est un domaine d’investigation à la fois central et polémique. Central parce que la fabrication scolaire de ce groupe social est un élément structurant des dynamiques économiques, sociales et politiques. Polémique car en France en particulier, il n’existe pas de consensus sur le rôle social des élites ni, par conséquent, sur les principes de leur sélection et de leur formation". En présentant ce nouveau numéro de la Revue internationale d'éducation de Sèvres (CIEP), Brigitte Darchy-Koechlin et Agnès van Zanten montrent l'intérêt d'une démarche comparative pour un sujet aussi brûlant. D'autant que "les limites de la méritocratie ont été mises en évidence par des études montrant la forte liaison entre l’appartenance sociale et la réussite scolaire d’une part, et entre l’appartenance sociale et l’accès aux positions les plus convoitées, à niveau de réussite comparable, d’autre part". Cela alimente un vif débat sur l'évaluation, la sélection et la "discrimination positive".

La revue étudie les procédés de sélection des élites dans une dizaine de pays : Etats-Unis, Japon, Brésil, Portugal, pays du Maghreb, Hongrie post-communiste. Et bien sur la France marquée par un système qui sélectionne tôt et pour la vie et dont les filières sont contrôlées par les classes aisées. Il revient à Nathalie Mons de chercher les systèmes les plus performants dans la fabrication des élites scolaires. Pour elle, "il semble que seules certaines stratégies (sont) payantes. Ainsi la constitution de classes de niveau souples et non rigides, l'autonomie scolaire et non la décentralisation politique, les cours d'approfondissements pour les élèves "doués" s'ils se conjuguent avec des actions de remédiation et de tutorat destinés à tous les élèves, semblent constituer des cadres favorables au développement des élites scolaires. A l'opposé les politiques de libre choix dans le public, la création d'une nouvelle concurrence grâce au privé subventionné et l'organisation de filières d'enseignement hiérarchisées ne sont pas apparues comme des contextes positifs". Il est à noter que les systèmes éducatifs qui visent à former une élite scolaire large sont plus efficaces : moins on sélectionne plus il y a d'élites.
http://www.ciep.fr/ries/ries39.htm

- Un jour, un mot

Les nouveaux programmes désormais en vigueur depuis trois ans font la part belle à l'Observation réfléchie de la Langue (ORL). Mais la commande n'est manifestement pas si simple, puisque on attend toujours (avec impatience ?) les "documents d'application" devant aider à mettre un peu de lumière sur cette ambition d'acquérir l'orthographe, la grammaire et la conjugaison en faisant plutôt réfléchir aux régularités qu'en apprenant des règles par coeur.
Les activités proposées par Renée Léon ne sont pas forcément inconnues des enseignants, mais le mérité de l'ouvrage est de proposer une centaine de situations concrètes permettant de mettre en activité les élèves autour d'une petite recherche, permettant ainsi de mettre en commun les résultats. "Observer, manipuler, réfléchir, chercher... l'auteure souhaite rester exigeante tout en créant une curiosité sur les mots, leur histoire, la manière de les ranger et de les utiliser.
La fin de l'ouvrage comprend un (utile) aide-mémoire rappelant aux étourdis les tableaux de fréquences et les listes des principales catégories de mots.
Un ouvrage que chacun pourra mettre à sa main, ce qui est un atout essentiel.

A noter, dans le domaine de l'ORL, le site toujours inégalé d'Antoine Fetet, IMF à Epinal,
http://orlf.free.fr

P. Picard

Un jour, un mot, Ateliers quotidiens pour l'observation réfléchie de la langue, cycle II et III, Renée Léon, Hachette Education.

- Stratégies pour lire au quotidien : Apprendre à inférer

A. Gorzegno, C. Legrang, P. Virely, Crdp Bourgogne
Réaliser des inférences aide l’enfant à comprendre le texte qu’il lit ou entend. Cet ouvrage souhaite aider les enseignant à améliorer, de la grande section au CM2, à renforcer les compétences de leurs élèves, conformément aux exigences des programmes de 2002 et aux dernières recherches didactiques en la matière. Pour chaque niveau, il est proposé une série d’exercices conçus sur un principe commun : faire appel à une inférence pour répondre à une question posée après la lecture d’un texte très court

P. Picard

Stratégies pour lire au quotidien : Apprendre à inférer, A. Gorzegno, C. Legrang, P. Virely, Crdp Bourgogne

http://webpublic.ac-dijon.fr/divers/crdp/reseau/ressourc/li[...]

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