Trois études sur les jeunes et l'Internet
Cédérom " J'ai vécu au XVIIIème siècle" - CNDP
DVD " Métropoles en mutation "- CNDP
Trois études sur les jeunes et
l'Internet [ Haut
]
Bruno Devauchelle
La fin de cette année scolaire est
enrichie de quelques études qui nous
obligerons à modifier quelque peu nos
temps de vacances pour les lire. L'enjeu
est de taille : quels sont les usages
d'Internet par les jeunes ? En effet
comment ne pas reconnaître le fort
engouement des jeunes pour ces
technologies ? Un recherche
internationale a été mise en place au
cours de cette année scolaire et les
résultats apparaissent en ce moment dans
les différents pays partenaires (ci-
dessous présentation France et Québec).
Dans le même temps le réseau médias
canadien a effectué un sondage lourd
auprès des jeunes et des familles.
Première enquête :
Enquête téléphonique nationale auprès de
6000 jeunes de 9 à 17 ans et de 1081
Parents ayant enfant de 16 ans et
ordinateur à la maison. On trouvera
l'ensemble du document à l'adresse
suivante :
http://www.reseau-medias.ca/fre/latoile/s
ondage2001/accueil.html
Chaque éducateur ressent le besoin de
mieux comprendre comment agissent les
jeunes. Voici une bonne occasion d'avoir
une meilleure connaissance de ce
qu'Internet apporte ou pas aux jeunes et
à la vie familiale et scolaire. Pour les
enseignants cette enquête permettra, en
particulier au collège et au lycée de
mieux comprendre comment l'univers des
jeunes s'articule avec l'univers
scolaire. Distances et proximités s'y
cotoient au travers de discours que l'on
peut penser parfois forts conventionnels
(on répond comme on pense qu'il faut
répondre, l'enquête a été menée au
travers de l'école) mais qui de toutes
façons permettent d'enrichir notre
réflexion sur le sujet.
Voici quelques extraits des faits "
saillants " identifiés :
- Ces phrases concernent le sondage auprès
des jeunes
" Presque tous les jeunes utilisent
Internet "
" Les parents prétendent savoir où vont
leurs enfants dans Internet : les
enfants disent autrement "
" Les parents disent parler souvent avec
leurs enfants de ce qu'ils font dans
Internet : selon les jeunes, ce n'est
pas le cas "
" Les enfants disent que le principal
avantage d'Internet est de pouvoir
socialiser et de communiquer : les
parents croient que l'avantage
principal
d'Internet est d'ordre éducatif "
" La plupart des jeunes possèdent leurs
propres comptes de courriel, mais la
majorité des parents l'ignorent "
" Les adolescents préfèrent les salles
de clavardage non surveillées "
De ces quelques éléments on peut
particulièrement relever la difficulté,
qui n'est pas nouvelle dans l'univers
des médias, du dialogue entre les jeunes
et les adultes. De même il semble que la
finalité scolaire de l'usage d'internet
par les jeunes relève davantage du "
désir " de parents que de la réalité
d'usage des jeunes. Internet serait donc
" un média comme les autres (cf. les
travaux sur la télévision)...
- Et du coté des parents
" Les parents déclarent qu'ils
interviennent "
" Les parents souhaitent une approche
collective de gestion du contenu
d'Internet pour leurs enfants "
On notera que cette partie du
questionnaire a surtout porté sur la
sécurité d'accès et sur les questions
annexes. En corrélation avec l'autre
partie de l'enquête, on peut voir
apparaître là un effet assez fort des
discours médiatiques sur les propos des
jeunes et des adultes. Les modalités de
l'enquête ne permettent pas de dégager
de faits d'autres nature.
Deuxième recherche
Cette recherche internationale, est
publiee entre autres dans sa version
québécoise (voir plus loin pour la
version française). Intitulée LES JEUNES
ET INTERNET (représentation, utilisation
et appropriation), ce travail est
disponible à cette adresse :
http://www.autoroute.gouv.qc.ca/
et
plus précisément téléchargeable à :
http://www.mcc.gouv.qc.ca/pubprog/info/je
unes_internet_2001.pdf
(travail mené entre autres de Jacques
Piette, Chistian-Marie Pons, Luc Giroux,
Florence Millerand)
Cette enquête qui est très récente remet
en perspective, la précédente étude menée
sur le même thème en 1997 au Canada
Ce travail, contrairement au précédent
est un travail de recherche
universitaire. C'est pourquoi la
première partie du document reprend
l'explicitation des choix
méthodologiques et théoriques. Le volet
québécois de cette étude dégage des
faits " saillants " dont certains
méritent un examen plus précis et dont
d'autres corroborent l'enquête citée
ci-dessus.
" C'est surtout à la maison que ça se
passe ; en moyenne une heure par jour .
Internet à la maison et à l'école : deux
mondes différents "
" Ni enfer ni paradis : Internet ne
change pas tellement le monde "
" Un divertissement avant tout, mais qui
peut se faire sérieux "
" L'information est fiable, le commerce
ne l'est pas "
" Internet et l'école : que l'écran
n'efface pas le tableau ni le prof "
" Internet, ce n'est pas l'informatique
"
" Malgré l'immensité du réseau, une
tendance à tisser de " petites toiles
personnelles "
" La pratique est individuelle, elle
n'est pas solitaire "
" Un engouement modéré ; une fascination
raisonnable "
Dans ces quelques éléments, on confirme
la remarque de la banalisation de
l'outil (99% d'utilisateurs) qui
s'effectue avant tout dans un cadre de
divertissement. Tout se passe comme si
l'Internet était devenu la télévision
des temps modernes : outil de
distraction accessoirement éducatif...
Du coté des usages, on remarque cette
observation des petites communautés qui
doit nous alerter sur les modalités de
socialisation qu'induit ce type de
pratique. En effet, ni grand phénomène
de mutualisation, ni développeur de
l'individualisme, l'Internet fait le lit
d'une certaine forme de recherche de
protection au sein du petit groupe
d'appartenance. Cependant l'analyse
portant sur des adolescents, on peut
comprendre que ce soit cette modalité
qui est mise en avant. Les études sur
les ados ont toujours montré
l'importance du groupe restreint comme
moyen de construction identitaire et de
socialisation.
Ces deux enquêtes sont progressivement
enrichies par la publication des
versions des la deuxième recherche des
divers pays Européens associés. Ainsi on
peut trouver le volet français de la
recherche à l'adresse du Clemi :
http://www.clemi.org/jeunes_internet.html
L'enquête du Clemi semble confirmer
l'enquête québécoise en ce qui
concerne
les représentations et les utilisations
que les jeunes font d'Internet. La
différence la plus sensible concerne les
taux d'équipement et d'accès à
Internet qui sont deux fois moins élevé
en France qu'au Québec.On note aussi une
différence concernant l'appréciation de
l'importance de la langue anglaise sur
Internet : elle est considérée comme
dominante en France alors
qu'au Québec cela ne semble pas poser de
problème.
Pour ce qui est des convergences
intéressantes : les jeunes Français
considèrent assez largement Internet
comme un loisir, même s'ils l'utilisent
assez largement pour l'école avec un
taux d'équipement scolaire assez
important. Cette enquête confirme donc
un fait important que des études
précédentes avaient mises en doute :
Internet est un loisir avant d'être un
outil de connaissance. On avait pensé en
particulier au début du développement
d'Internet que la dimension
encyclopédique serait un facteur
important, or il n'en est rien par
rapport à la fonction loisir. Cette
information confirme aussi en France
comme au Canada la prééminence du rôle
de l'école et des enseignants pour
l'acquisition des savoirs. Il faut
nuancer ce propos en n'oubliant pas que
les élèves n'ont que ce modèle
d'apprentissage à connaître aussi bien
dans leur pratique que dans la culture
transmise par leurs parents.
Au delà de ces quelques résultats
appuyés sur des chiffres très
intéressants, il semble nécessaire de
noter que le travail sur les discours
des jeunes souffre d'une certains
faiblesse, car il ne peut pas rendre
compte du véritable usage et des
véritables modalités d'intégration. Il
semble que la dimension ethnographique
d'une telle recherche aurait permis des
éclairages particulièrement riches.
Malheureusement le " coût " de telles
recherches est très élevé pour des
résultats qui peuvent être très
décevants.
Les travaux proposés vont donc nous
permettre de nous occuper pendant les
soirées d'été en nous aidant à mettre en
perspective nos observations quotidiennes
en allant au delà des apparences.
Bruno Devauchelle
Cepec
http://www.clemi.org/jeunes_internet.html
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Cédérom " J'ai vécu au XVIIIème siècle"
- CNDP [ Haut ]
François Jarraud
Ce cédérom a une histoire. Il succède à
un logiciel qui connût un grand succès
lors de sa sortie en 1990. Le cédérom en
reprend la démarche pédagogique mais en
apportant de nombreux
enrichissements.
"J'ai vécu au XVIIIème siècle" est
d'abord une immense base de données sur
la société française au XVIIIème. Les
1686 documents concernent tous les
métiers (36 catégories sociales) et tous
les aspects (éducation, vêtement,
loisirs, famille etc.) de la vie
quotidienne. Le cédérom comprend des
documents de tous types : documents
d'archive, imprimés, synthèses
d'historiens du XXème siècle, gravures,
tableaux, cartes, graphiques, chansons
et morceaux de musique. Ils couvrent
tout le royaume, y compris les
possessions d'Amérique, même si
certaines régions (Paris par exemple)
sont favorisées. Chacun bénéficie d'un
lexique extrêmement riche et d'une "aide
à la lecture" qui rend le document
accessible aux élèves.
La base est exploitable de deux façons.
L'utilisateur peut d'abord tout
simplement consulter les documents. Ce
peut être le cas, par exemple, d'un
professeur qui cherche des documents
pour illustrer le cours ou construire un
sujet de devoir. Il dispose dans ce cas
d'un outil de recherche, bien amélioré
depuis la première version, qui lui
permet de suivre des centres d'intérêt,
de créer un album, d'utiliser un
traitement de texte. Le professeur peut
aussi demander aux élèves de traiter un
dossier documentaire en utilisant ce
mode.
Mais l'autre mode d'utilisation ouvre
des perspectives pédagogiques plus
alléchantes. Le cédérom permet de créer
un personnage. L'élève définit alors la
catégorie sociale de son personnage en
choisissant parmi 37 possibilités. Le
personnage peut être comtesse,
compagnon, curé, artisan juif, avocat,
manouvrier, religieuse ou esclave noir
par exemple. L'élève va ensuite faire
vivre son personnage. Il a le choix
entre 16 activités comme : se vêtir,
travailler, avoir une famille, se
soigner, chanter. Pour chacune il
utilisera la banque de données pour
récupérer des documents et rédiger son
récit. Il sera aidé dans sa construction
à la fois par les aides à la lecture des
documents, le lexique, des chronologies
et par des tests habiles qui permettent
de déceler les anachronismes.
On entrevoit alors de nombreuses pistes
pédagogiques. Il est possible (et même
recommandé !) d'inviter le collègue de
français à participer à la construction
du récit. Les personnages portés par les
élèves peuvent interagir : la servante
peut parler de sa maîtresse, la comtesse
de sa servante. Tous peuvent se retrouver
dans des lieux virtuels. Tous les
scénarios sont à la portée des élèves !
Et c'est en jouant qu'ils font métier
d'historien. Ils doivent comprendre les
documents, les situer par rapport à leur
démarche et veiller au réalisme de leur
personnage jusque dans les infimes
détails de sa vie.
Cette démarche, tellement riche, est
accessible aussi bien aux lycéens qu'aux
collégiens, qui peuvent s'appuyer sur le
lexique et l'aide à la compréhension des
documents.
Si vous avez apprécié la première
version de "J'ai vécu au XVIIIème
siècle, vous aimerez cette nouvelle
version qui apporte une plus grande
richesse documentaire et de nouvelles
fonctionnalités dans la recherche
documentaire. On ne peut être insensible
au fait que cette version permet
d'initier à l'analyse d'image et fait
connaître les oeuvres musicales (sur
instruments d'époque !) du XVIIIème
siècle.
Si vous ne connaissez pas le logiciel,
on ne peut que vous inviter à
l'acquérir. Le logiciel fait travailler
de nombreux savoirs-faires dont nos
disciplines ont besoin. Mais au-delà il
fait tout simplement aimer l'histoire à
nos élèves. Ce logiciel a sa place dans
chaque collège et chaque lycée.
Cédérom "J'ai vécu au XVIIIème siècle,
du document à la fiction documentée,
CNDP.
Auteur : Dominique Natanson.
Présentation du logiciel et bon de
commande :
http://www.cndp.fr/hist-geo/gvq/accueil.h
tm
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DVD " Métropoles en mutation "-
CNDP [ Haut ]
François Jarraud
Ce premier DVD en géographie traite de
la géographie urbaine, un thème qui est
étudié aussi bien en collège qu'en lycée
et cela chaque année.
Le DVD est un disque plastique qui
ressemble à un cédérom. Mais "Métropoles
en mutation" est un DVD 9, c'est à dire
qu'il stocke 8,5 gigaoctets, soit plus
de 10 fois la capacité d'un cédérom
classique. Il peut être lu dans un
lecteur DVD vidéo ou sur un ordinateur
équipé d'un lecteur ad hoc. Le DVD peut
ainsi stocker des séquences vidéo avec
une bonne qualité de résolution. Il
contient ainsi 200 minutes de vidéo
ainsi que des images fixes. Elles
couvrent 21 métropoles réparties sur 4
continents : l'Afrique, l'Europe,
l'Amérique et l'Asie. Les films sont
issus des collections du CNDP comme
"Pays, Paysages", "Paysages à lire",
"Espaces du monde" ou "Villes en
limites". Ils ont été réalisés par des
géographes.
Mais l'intérêt du DVD n'est pas tant
dans sa capacité de stockage que dans
ses fonctions de navigation. Si la vidéo
a relativement bien pénétré les salles
d'histoire-géographie, elle est souvent
utilisée de façon linéaire : les élèves
et le professeur suivent un film, quitte
à faire des arrêts sur image, et en
discutent après. Nous n'avons
généralement ni le temps, ni le matériel
pour réaliser des montages, ou simplement
revenir de façon aisée sur telle ou telle
séquence. La lecture de l'image reste
donc superficielle.
Le DVD permet ces manipulations. Ainsi
l'utilisateur peut aborder l'énorme
banque de données vidéo par ville, par
thème ou par 29 mots-clés. Par ville, il
suivra le film sur chaque ville en entier
ou seulement des extraits
caractéristiques. Il a également accès à
un diaporama. Par thème il pourra
utiliser de courts extraits (d'une
minute à quelques minutes) portant sur
plusieurs villes. Par exemple, le thème
de la banlieue sera traité à partir des
exemples de Tokyo, Houston, Vancouver ou
El Paso. Enfin, il est également possible
d'entrer par mot-clé. Par exemple la
gentrification nous amène à Houston ou
New-York; les multinationales à La
Défense. Il y a 29 thèmes et chacun
donne accès à 1 à 4 séquences vidéo.
Par conséquent, le DVD a des avantages
très particuliers. Il permet une
manipulation en totale autonomie par les
élèves tellement elle est aisée. On peut
leur demander de traiter un thème
particulier tout comme on peut s'appuyer
sur le DVD pour illustrer un cours. Dans
tous les cas les séquences sont
suffisamment courtes et si facilement
accessibles.
Aussi le DVD donne la possibilité d'un
nouvel apprentissage de l'image et du
film. Ces séquences courtes invitent
l'analyse approfondie. Les images fixes
qui accompagnent les films peuvent être
utilisées pour compléter et vérifier les
savoirs-faires.
On peut donc imaginer de nombreuses
situations pédagogiques en classe
entière, en groupe, en travail autonome
au CDI.
A ces avantages, le CNDP a ajouté une
dernière fonctionnalité en ouvrant un
site Internet. De nombreux documents
sont disponibles sur le site pour les
différentes métropoles : cartes de
localisation, extraits d'ouvrages de
géographie, bibliographies,
statistiques. Ces documents peuvent être
utilisés pour un cours classique. Mais
ils apportent ce qui manque au DVD : les
riches sources textuelles que l'on trouve
habituellement dans un cédérom. Cette
banque documentaire peut alimenter des
dossiers ou des pistes de travail
autonome. On a là également de quoi
aider à la mise en route de TPE sur la
ville. Il faut souligner qu'un forum
permet la mutualisation de documents
pédagogiques entre enseignants.
Education à l'image, traitement
informatique, échanges sur Internet : ce
DVD à bien des égards est un produit
totalement nouveau. Et c'est un produit
réussi.
Seule ombre au tableau : l'équipement
nécessaire. Une configuration
informatique capable de lire un DVD
vidéo n'est pas sensiblement plus
onéreuse qu'un appareil multimédia
classique. Mais la norme est encore rare
dans les établissements. "Métropoles en
mutation" devrait être suivi d'autres
DVD. C'est l'occasion de faire évoluer
le matériel.
DVD "Métropoles en mutation. 21 villes
du monde en regard". CNDP, collection
Dévédoc Géographie.
Site Internet :
http://www.cndp.fr/hist-geo/dvdvilles/gui
de.htm