Bibliographie (Café N° 77)

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Édition du 12-11-2006

- Bruno Devauchelle - François Jarraud -

- A la Une : B.A. – BA : La guerre des méthodes

" Ces rebelles à l'assaut de la forteresse éducation" titre Le Figaro du 20 octobre qui fait la promotion de ces enseignants ultra conservateurs. Rebelles ? Rien n'est moins sûr. Dans son livre "Globale ou B.A. – BA ?", Laure Dumont analyse cette galaxie de minuscules mouvements qui sont devenus les bouffons du pouvoir.

Faisant l'historique du débat sur la lecture, elle montre comment une querelle oubliée et dépassée est revenue dans l'actualité et sert maintenant les ambitions politiques du ministre.

Au passage on visite les groupuscules activistes : Sauver les lettres, Sos Education, etc. On découvre les liens familiaux et idéologiques, souvent camouflés, entre ces organisations.

La thèse de l'auteur c'est que la querelle de la lecture, lancée par Robien pour exister politiquement, qui dresse les parents contre les profs, entre en conflit avec la stratégie électorale de N. Sarkozy qui, lui, espère récupérer l'électorat enseignant. Robien risquerait donc de se trouver isolé et rejeté.

C'est peut-être oublier le modèle genevois : à Genève la droite utilise l'Ecole comme thème central de sa conquête du pouvoir. L'atmosphère haineuse de la Convention UMP, qui vouait les méchants instits aux gémonies, laisse à penser que cette stratégie peut au moins entraîner les militants UMP.

Mais pour Laure Dumont, la guerre des méthodes illustre plus gravement des insuffisances du système. Cette guerre des méthodes de lecture est à la fois un édifiant cas d'école et un terrible révélateur. Il illustre à merveille… la vanité du discours politique, les limites du traitement médiatique , la relativité des discours scientifiques et toute la peine qu'a l'école à relever les défis qui se présentent à elle tout en restant lisible pour la société".

Un ouvrage facile à lire qui passionnera tous ceux qui veulent savoir comment se décide une politique scolaire et connaître les rouages secrets du système.

F.J.

Laure Dumont, Globale ou B.A.- BA ? Que cache la guerre des méthodes d'apprentissage de la lecture ? Paris, Robert Laffont, 2006, 188 pages.

Présentation sur un site éducatif
http://clisrhone.free.fr/article.php3?id_article=296
Article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20061020.FIG000000176_ces[...]
La convention UMP
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ump/index.php


- L'école et les médias dans Vie pédagogique

"L’école serait immobile alors que l’aspiration à la mobilité, elle, serait partagée par presque tous ses usagers. « L’ouvrir, l’aérer, faire circuler en son sein les souffles extérieurs, tel est aujourd’hui ce qui lui manque le plus. » L’école est-elle encore vraiment immobile aujourd’hui? Le renouveau pédagogique, dont l’implantation est amorcée depuis 2000 dans les écoles québécoises, apporte un vent de changement important. Les médias, dont les TIC, sont en train de transformer la manière dont nos élèves socialisent, apprennent et participent à la société, et, lentement, le milieu scolaire prend de plus en plus conscience de l’importance de tenir compte de cette dimension dans son souci de former des citoyens libres, autonomes et responsables". Dans le nouveau numéro de "Vie pédagogique", une revue pédagogique québécoise, Marie-France Laberge évoque la révolution médiatique qui secoue le monde et particulièrement l'Ecole.

C'est qu'au Québec un enfant de sept ans sur trois surfe déjà sur Internet et la moitié utilisent des jeux vidéo. Pour MF. Laberge, "impossible de conclure sans insister sur l’importance pour les formateurs de sensibiliser les jeunes aux nombreuses questions éthiques liées aux médias. La communication, sous toutes ses formes, doit toujours s’inspirer du critère éthique du respect de la vérité et de la dignité de la personne humaine. Un encadrement favorisant la responsabilisation et le développement d’attitudes citoyennes est un incontournable dans le monde scolaire. Quand l’identité de chacun est cachée derrière un masque, quand le copier–coller devient presque la règle, quand la prise de parole en public fait partie du quotidien ou quand la protection de la vie privée est devenue une question inquiétante, les nouveaux médias posent des problèmes éthiques nouveaux. Sommes-nous vraiment en train d’accompagner les jeunes à leur faire face?

Et pourtant ils peuvent justement permettre cette éducation. C'est le point de vue de Mario Asselin qui voit dans les blogues "de puissants outils pour apprendre": " Qu’ils soient des portfolios électroniques d’apprentissage ou de simples outils de publication, il y a fort à parier que les blogues joueront un rôle important parmi les outils modernes et efficaces sur lesquels pourront compter les enseignants et les directions d’école dans leur mission de faire apprendre, durant cette ère de nouvelles technologies et de nouveaux médias".

F.J.

Médias les nouveaux enjeux, Vie pédagogique n°140 – septembre octobre 2006.

http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/140/numero[...]

- Pour une école inclusive

Rarement l'histoire aura rattrapé aussi vite une assemblée de spécialistes. Novembre 2005 : l'académie de Créteil était heurtée de plein fouet par la révolte des banlieues. Les médias mettaient en accusation l'Ecole alors que s'ouvrait, le 24 novembre un colloque international sur l'école inclusive. Durant trois jours des spécialistes ont pu échanger leurs expériences. C'est cette rencontre que relate un ouvrage publié par le Crdp et l'Iufm de Créteil.

L'école inclusive cherche à intégrer les élèves "à besoins spécifiques" (comme disent les britanniques) : une vaste catégorie où on retrouve les enfants issus de culture étrangère ou minoritaire ou victimes d'un handicap. Il revenait à Eric Plaisance (Paris 5) de rappeler l'histoire de l'éducation "spéciale". Alors que la France décide en 2005 d'ouvrir ses écoles aux enfants souffrant d'un handicap, l'ouvrage montre les systèmes mis en place en Espagne et en Angleterre.

Gérard Vergnaud (Cnrs) fait le lien plus général entre la connaissance et l'adaptation. On sait d'ailleurs l'importance qu'a eue l'enseignement spécial dans l'histoire de la pédagogie. C'est un peu cet héritage qui est évoqué par Julie Myre-Brisaillon (Canada) quand elle montre l'importance des pratiques collaboratives pour aider les élèves en difficultés.

Mais l'ouvrage s'est davantage intéressé à l'intégration culturelle, une urgence française comme le rappelle Marie Raynal.

Il est complété par un cédérom qui propose les contributions très concrètes de trois ateliers sur la formation des enseignants pour enseigner à des enfants souffrant de troubles de l'apprentissage, pour prendre en compte le multiculturalisme et pour éduquer à la citoyenneté. Des contributions qui nous ramènent décidément aux urgences nationales.

F.J.

Rose-Marie Chevalier (dir.), Pour une école inclusive... Quelle formation des enseignants ?, SCEREN, CRDP Créteil, 2006, 231 pages.

http://www.creteil.iufm.fr/Ressources/livres/ecole-incl[...]

- "L'incompétence démocratique : La crise de la parole aux sources du malaise","Breton, Philippe","Editions La Découverte","5 Oct 2006",""

Philippe Breton nous livre son dernier ouvrage sur l'incompétence démocratique au bon moment. D'une part l'approche d'une période d'élections importantes est propice à la réflexion sur le sens de la parole en démocratie. D'autre part l'émergence d'une mise en cause de la démocratie, aussi bien par les groupes les plus extrèmistes (mais là on était habitué) que par de nouveaux acteurs du retour aux anciennes valeurs (là on est surpris par la violence de leur propos), oblige à s'interroger sur sa pertinence.
La démocratie, pour l'auteur, est historiquement fondée non seulement parce qu'elle était un sujet de préoccupation des anciens mais aussi parce que depuis les Lumières, elle est un enjeu central du vivre en société du monde occidental et en particulier ouest-européen.

Dans la suite logique de ses travaux antérieurs, Philippe Breton, continue à explorer la place de la parole dans notre société et propose que l'on développe à partir de la maîtrise de la parole les compétences démocratiques. Car c'est dans la façon dont on tient parole dans une société que ces compétences s'exercent et s'observent. Or, après deux siècles (XIXè et XXè) faisant suite à l'appel de la démocratie incarné par la révolution, il faut, d'après l'auteur constater que depuis une vingtaine d'années voire moins, il y a des signes précurseurs d'un effondrement de la compétences démocratique.
Dans son travail de recherche appuyés sur une étude spéculative et quelques expériences de terrain significatives, Philippe Breton tend à mettre en évidence que des signes nombreux dans le collectif social reflètent de plus en plus l'incompétence démocratique montante en chacun de nous.

Car la compétence démocratique est en premier lieu une affaire individuelle. Elle implique aussi bien un regard sur soi qu'un regard sur l'autre. Or c'est désormais l'aveuglement qui semble se développer au travers de deux comportements essentiels : la violence et la défection. Autrement dit les signes nombreux que l'on peut observer autour de nous montrent que l'usage de la violence verbale se banalise et se trouve confortée par le retrait que nombre de personnes vivent par rapport à leur propre prisze de parole, choisissant plutôt de faire silence, voire de partir, plutôt que de débattre.

Les illusions de compétence démocratiques sont pourtant nombreuses selon l'auteur : l'école, les technologies de l'information et de la communication, les multiples débats médiatiques, les paroles données aux auditeurs sont autant d'occasion manquées d'exercer la compétence démocratique fondée sur deux éléments principaux, l'empathie et la symétrie.

Démontant les phénomènes de séduction, de spectacle, d'interactivité, entre autres, Philippe Breton nous alerte sur le fait que la compétence démocratique s'exerce de manière identique quelqu'en soit la mise en situation et que même les technologies n'y peuvent rien, malgré les propos des zélateurs de celles-ci.
Si cet ouvrage oscille entre sociologie, philosophie et essais spéculatif, ce qui peut amener à certaines critiques "rationalistes", il a au moins le mérite de remettre en question des allant de soi comme celui, issu d'une certaine philosophie des Lumières, selon laquelle la rationalité scientifique est affranchie d'idéologie et pourrait s'y substituer. Ainsi seul le discours scientifique pourrait suffire à gouverner le monde. Rappelant que même ce discours accède aussi à ces limites, l'auteur nous invite à retrouver, au delà de la seule rationalité, le débat argumenté, la conviction, autrement dit, ce qui s'appelle l'opinion, terme malheureusement dévoyé aujourd'hui.
Retrouver le sens du débat, de l'argumentation, de la symétrie et de l'empathie pourrait être l'autre mission de l'école pour l'auteur. Au lieu de se satisfaire de cette apparence d'enseignement, elle devrait bien plus avant faire de la compétence démocratique un élément central du projet d'éduquer.

Le procédé argumentaire de l'auteur souffre parfois d'imprécisions ou en tout cas de globalisations que certains pourraient considérées comme hâtives. En effet certains arguments pris isolément mériteraient débat en eux mêmes au lieu d'être comme c'est le cas dans le livre affirmé sans autre forme de procès. On recommandera cette lecture à tous les enseignants et formateurs en mal de démocratie. il y a de quoi alimenter la réflexion, à commencer par ce passage de la page 229 : "De plus en plus de gens ont du mal à prendre la parole, à s'exprimer devant un groupe, grand ou petit, qu'il soit professionnel, associatif, amical ou familial; cela représente même souvent une véritable souffrance pour une large majorité des gens. Beaucoup mettent en place de très nombreux comportements d'évitement de toute situation où ils seraient amenés à parler devant d'autres".

On ajoutera aussi à propos des blogs, mais facilement généralisable aux pratiques des TIC ce passage p.191 "La possibilité de faire "défection" semble être un élément central de ce modèle oratoire". Ce qui en d'autres termes signifie que l'on est d'autant plus enclin à s'exprimer à l'aide des TIC que l'on peut exprimer sa violence sans risque puisque l'autre est absent et que, de plus, on peut disparaître dès lors que les échanges deviennent difficiles à assumer.... Ce qui en dit long sur les pratiques actuellement constatables sur le web.

On recommandera la lecture de cet ouvrage, ne serait-ce que par les questions qu'il pose. Car on peut aussi se demander si cette analyse n'est pas à interroger sur un plan historique (est-ce une nouveauté dans les comportements émergents ?) et sur un plan psychologique (n'est-ce pas une incompétence humaine naturelle à la démocratie ?)

BD

- "Informatique a-t-tlle un Sexe ? Hackers Mythes et Réalités","Isabelle, Collet","L'Harmattan","2006"

Quand on entre dans une assemblée de spécialistes de TIC, en éducation par exemple, on est étonné de constater que dans ce monde d'enseignant qui est composé d'une large majorité de femmes, ce groupe soit principalement masculin. Comme Isabelle Collet l'a constaté dans le monde de l'informatique professionnelle en général, il semble qu'il y ait un rapport particulier entre sexe et TIC. En menant un travail de recherche rigoureux dans le monde professionnel des informaticiens, l'auteur nous amène à nous interroger non seulement sur les constats mais aussi sur ce qui est sous jacent à ce déséquilibre. Abordant, dans une perspective psycho-historique les évolutions qui l'amène à cette phrase symbolique " l'Univers de l'informatique est un paradis androgyne, non pas parce que les sexes ont fusionné, mais qu'il n'en reste plus qu'un, le sexe masculin" (p.282).

Le hacker serait ainsi devenu l'idéal type de l'informaticien. Mais au-delà de cette figure mythique, le constat du décrochage important dans ce domaine d'études doit alerter les éducateurs, les orienteurs, les parents et surtout les jeunes qui veulent s'engager dans cette filière.

De plus on lira avec intérêt le fait que les informaticiennes (il en existe) sont aveugle sur le sexisme de leur branche. Autrement dit, elles ne perçoivent pas ce déséquilibre comme un sexisme, voire une discrimination. Il est d'ailleurs probable que dans la vie professionnelle, hormis les moments ou leur féminité leur impose la différence (devenir mère), elles ne perçoivent pas de ségrégation.

Cet ouvrage écrit aussi en partie sur un mode militant, "que faire pour changer les choses ?", apporte un éclairage et un questionnement sur un milieu professionnel spécifique qui mérite d'être élargi. En effet si l'évocation des disciplines scientifiques est présentes, on peut imaginer qu'un travail complémentaire mériterait d'être fait, soit en direction d'autres disciplines, soit plus en profondeur dans les métiers dérivés, comme ceux des responsables et acteurs impliqués dans les TIC dans le monde de l'éducation.

Une autre piste d'approfondissement, qui se dégage, est qui rassemblerait les pistes évoquées ci-dessus, serait celle d'une psychanalyse des choix professionnels sexuellement différencié. la psychanalyse freudienne s'est beaucoup plus intéressée au masculin qu'au féminin, en faisant parfois un modèle générique (androgyne ?). Pour celui qui s'intéresse aux questions d'orientation scolaire, la dimension sexuée des choix faits ne peut plus se contenter de se limiter aux allants de soi. Le livre d'Isabelle Collet est une bonne illustration de la nécessité d'une part d'interroger la sur-masculinisation des TIC et d'autre part sur ce que signifie l'évolution actuelle de la sexualisation des activités dans la société.

BD

- Matysiak, Jean-Claude, de Sauverac Odile, Accros à l'Ecran ? et pourquoi pas ! : Du Tamagotchi au cybersexe, Editions Pascal, 2006"

Qu'est-ce que l'addiction ? Comment faire la différence entre intérêt passion et addiction ? En suggérant que, après tout, on pourrait se passionner pour les TIC, l'auteur principal de cet ouvrage, spécialiste de ce domaine en tant que responsable de la consultation d'addictologie à l'hôpital de Garches, nous invite à comprendre l'intérêt le danger et les limites de la passion pour les écrans.

Dans le monde éducatif, comme plus généralement dans la société, les non spécialistes sont souvent à la recherche de classification rapide des situations qu'ils rencontrent. Etiqueter un comportement comme à risque, ou comme addictif est plus pratique que d'analyser à fond ce qui se passe réellement. On observe dans les écoles les mêmes échanges à propos des dyslexies, des intellectuellement précoces ou des hyperactif. Dès que je peut mettre une étiquette sur quelque chose qui me gène, cela me rassure et me rend moins gênant le problème. Mais il est moins gênant parce qu'il m'évite d'en analyser les tenant et les aboutissant, et éventuellement sa propre responsabilité.

Ainsi pour ce qui est des véritables addictions à l'ordinateur (sous toutes ses formes), il est moins inquiétant de marginaliser le phénomène soit en l'ignorant, soit en le médicalisant, soit plus simplement en le classant. Or les auteurs de l'ouvrage nous invitent à ce cheminement qui consiste à démonter derrière un comportement le contexte dans lequel il émerge, la manière dont il se développe et les indicateurs d'une dérive possible. Mais ils n'épargnent personne, pas même ceux qui viennent déplorer chez leurs propres enfants ces dérives. Car c'est bien là la difficulté pour aborder les véritables addictions pathologiques, elles font l'objet d'un déni. Personne ne veut voir le fait lui même tant qu'il ne génère pas trop de déséquilibre dans le milieu dans lequel il se produit.

Comme jadis pour le développement des thérapies familiales, on ne peut considérer que le problème est individuel parce que c'est l'affaire de la rencontre d'une personne et d'une machine. Cette rencontre obsessionnelle n'est pas forcément mauvaise et la diaboliser alors qu'elle n'est qu'un intérêt appuyé ou même une passion, peut générer des situations relationnelles catastrophiques.
Il faut bien évidemment entendre cet appel au dialogue, à la verbalisation, à la socialisation que les auteurs mettent en évidence. Car la relation addictive à l'écran est identique à d'autres addictions (drogues etc.) en cela qu'elle désocialise massivement.

L'éducateur et l'enseignant trouveront dans ce livre qui comporte de nombreux exemples des outils pour analyser et comprendre des comportements. Le parent y trouvera en outre des moyens d'interroger ce qui se passe dans la famille même. Questionner nos modèles d'éducation, que l'on soit parents ou enseignants, en s'appuyant sur des analyses comme celles-ci peut nous permettre d'y voir plus clair et ainsi de mieux aider réellement les jeunes qui, dans leur conduite addictive, expriment dans tous les cas une forme de souffrance, voire de conduite autodestructrice.

BD

- Miskovsky Isabelle, Plée Françoise, CAPES interne de Documentation,Vuibert 2006

Les ouvrages de préparation aux concours sont souvent de bons produits marchands avant d'être des ouvrages de référence. Les éditeurs ne s'y trompent pas qui renouvellent leur collection régulièrement (les concours changent eux-aussi). Cependant cela ne les empêche pas de faire aussi dans la qualité. L'ouvrage d'Isabelle Miskovski et de Françoise Plée sont au rang de ceux-ci. Complet, documenté et précis, cet outil de préparation au CAPES interne de Documentation peut aussi être une référence pour comprendre ce métier. Car, contrairement à d'autres concours de recrutement, nous avons ici affaire à un véritable concours professionnel qui prend en compte dans ses modalités la réalité de l'activité du métier et non pas seulement le niveau de connaissance universitaire, même si elles y sont présentes.

Cet ouvrage fonctionne chronologiquement et permettra ainsi au candidat, au cours de l'année de prendre étape par étape la préparation et le passage des épreuves. Par un ensemble de schémas clairs et précis et une présentation en tableau, les compétences requises et les méthodes pour les acquérir et les mettre en oeuvre sont explicites.

Dans plusieurs encarts, extraits des rapports de jury, les auteurs attirent l'attention du lecteur sur certains aspects méthodologiques qu'il ne faut pas ignorer. Le procédé didactique retenu par les auteurs dans cet ouvrage est d'utiliser ces extraits de rapport de jury soit comme problématisation, justification des chapitres, soit comme levier pour aller plus loin personnellement.

Le "genre littéraire" imposé pour ce genre d'ouvrage est particulièrement bien illustré ici. Comportant de nombreux documents (parfois reproduits de manière approximative sur un plan typographique, mais cela fait aussi partie du genre littéraire), le lecteur trouvera dans cet ouvrage une synthèse de ce concours qui à partir de l'année 2000 a connu une nouvelle impulsion qui est ici synthétisée.

On regrettera seulement deux points : l'absence de référence aux sites tels que le Café Pédagogique et autre sites ou références non clairement institutionnellement situées. D'autre part, dans sa préface Daniel Fondanèche termine son propos en parlant de "hasard". Il oppose le hasard du concours à la réalité du travail professionnel qui va suivre. Or il est dommage que ce soit ce hasard qui disqualifie autant de candidats compétents qui auraient pu exercer ce métier de manière très professionnelle et avec qualité. Mais c'est aussi la logique de concours : il s'agit de sélectionner parmi les candidats et dès lors que l'on accepte l'idée de hasard, on entérine une certaine forme "d'injustice" ressentie par nombre de candidats à ces concours qui eux cherchent à comprendre ce qui leur a "manqué".

Soyons assurés que de tels ouvrages sont une bonne base non seulement pour les candidats à un concours, mais au delà à ceux qui, ayant eu leur concours, gagneraient à revenir sur ce qui fait les principes fondateurs du recrutement dans la profession : la professionnalité

BD

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