Ed. Civique - E.C.J.S. (Café N° 68)

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Pour le prof

Collège

Lycée

Dossier spécial

Édition du 14-12-2005

- François Jarraud -

- A la Une : 1905 - 2005 : cent ans de laïcité

La laïcité a 100 ans
A l'occasion de la commémoration de la loi du 9 décembre 1905 séparant l'Eglise et l'Etat, le Café publie un dossier spécial.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/laic/
Le texte de la loi
http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/MCEBW.htm

La Séparation dans les académies
L'école laïque célèbre le centenaire de la loi de 1905 en publiant de remarquables dossiers pédagogiques. Ainsi, à Rouen, le site d'Histoire-géographie publie un important dossier de Véronique Fruit sur l'histoire et la géographie du fait religieux. Onze thèmes sont abordés : religion et condition humaine, le lien religieux d'Osiris au christianisme, les lieux de culte, la religion et ses institutions, la religion comme ciment social, les ruptures dans l'Islam et le christianisme, les contacts entre religions, sécularisation et laïcité. Chaque thème est abordé avec une parfaite érudition et l'ensemble du dossier permet aux enseignants d'enrichir leurs connaissances et d'apporter des réponses claires aux questions des élèves.
http://www.ac-rouen.fr/pedagogie/equipes/hist_geo/site/arti[...]

A Versailles, Paul Stouder a coordonné un important dossier historique sur la Séparation. Il s'appuie sur les documents des archives des Yvelines pour faire découvrir les réactions de la population à la séparation. Une animation Powerpoint de Claude Robinot analyse la propagande anticléricale.
http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/gephg/histoire/1905/DE[...]

A Créteil, Charles Fleury montre comment étudier le fait religieux en 1ère professionnelle. La séquence présente les trois religions monothéistes, leur évolution dans la société depuis le milieu du 19ème siècle, notamment l'évolution des rapports avec l'Etat.
http://www.ac-creteil.fr/lettreshg-lp/Histoire/Fait-Religie[...]

"Nous résisterons jusqu'au bout car nous préférons mourir dans le sang plutôt que de vivre dans la boue". A Toulouse, le dossier académique montre les répercussions de la loi en Ariège. L'image de ces paroissiens empêchant les inventaires à l'aide d'ours est devenue un classique des manuels. Le dossier permet d'en restituer le contexte notamment à travers la presse locale.
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/citoyen/05-06/arieg[...]

Cent ans de laïcité
La laïcité : un combat périmé ? A en croire la trentaine de témoignages réunis sur ce double DVD, certainement pas ! De grands témoins débattent de la loi de 1905 et de son éventuelle révision, de la laïcité aujourd'hui et du retour des religieux. Parmi eux : Dalil Boubakeur, Jean-Louis Debré, Jean Baubérot, Emile Poulat, Jean Glavany, Patrick Gonthier, Henri Pena-Ruiz, Joseph Sitruk etc. Le DVD propose également une sélection de documents et de vidéos d'archives sur la loi et la laïcité, ainsi que l'enregistrement d'un spectacle réalisé par l'Aria et présenté par Robin Renucci.

Au total, trois bonnes approches pour aborder ce sujet en cours d'éducation civique ou d'ECJS. Unique en son genre, ce DVD édité par la Ligue de l'enseignement et réalisé par Alain Braun et Jean-Gabriel Carasso, amène les élèves à débattre de la loi et de son avenir.
http://www.laligue.org/laligue/rubriques/autres/actu/index.[...]

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- Extensibles Parcours civiques

Une note établit les éléments des "Parcours civiques" pour cette année. Ils comprennent : "dans le domaine des droits : Journée des droits de l’enfant ( 20 novembre 2005 ), Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage ( 2 décembre 2005 ), Journée mondiale des droits de l’homme (10 décembre 2005), Journée mondiale des droits de la femme (8 mars 2006), Prix des droits de l’homme - René Cassin; dans le domaine du travail de mémoire : Journée de la mémoire de l’holocauste et des crimes contre l’humanité (27 janvier 2006), Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation (dernier dimanche d’avril 2006), Concours national de la Résistance et de la déportation; dans le domaine de la solidarité : Journée mondiale du refus de la misère (17 octobre 2005), Semaine de la solidarité internationale (novembre), opération “Pièces jaunes” (janvier 2006), Journée mondiale de lutte contre le racisme (21 mars 2006); dans le domaine de l’Europe : Année européenne de la citoyenneté par l’éducation (2005), Journée de l’Europe (9 mai 2006); dans le domaine de l’environnement et du développement durable : Journée mondiale de l’eau (22 mars 2006), Semaine nationale du développement durable (juin 2006), autres opérations “École de la Forêt”, “Adoptez un jardin”..."

Aurait-on oublié une bonne cause ? Pour le ministère, "l’objectif est de donner les moyens aux différents acteurs de la communauté éducative d’exploiter au mieux les différentes journées thématiques pour construire un parcours de citoyenneté enracinant les actions menées dans le quotidien de chacun. Le choix du parcours et de ses éléments constitutifs restera donc aussi ouvert que possible". Cette liberté est louable. Mais l'empilement d'actions aussi différentes, le refus de les hiérarchiser et de piloter une réelle formation civique manifestent-ils un réel souci civique ? Est-ce civique d'offrir le choix entre la Journée de la mémoire de l’holocauste et l'apprentissage du jardinage ?
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/42/MENE0502390N.htm
Le Cidem
http://www.cidem.org
Les dossiers citoyens du Café
http://www.cafepedagogique.net/index4.php

- 20 novembre journée des droits de l'enfant

Le 20 novembre est la Journée mondiale des droits de l'enfant. A cette occasion Unicef France appelle à se mobiliser contre le sida, "pour que d'ici 2010 tous les enfants que le sida affecte aient un accès universel et gratuit au traitement, au soutien, à la protection".

DEI France, une ONG qui veille au respect de la Convention internationale des Droits de l'enfant (cide), organise le 19 novembre un colloque sur la protection de l'enfance. "Le dispositif français de protection de l’enfance est régulièrement interpellé et contesté. Aujourd’hui certains projets législatifs le remettraient volontiers fondamentalement en cause. La protection de l’enfance est objectivement en danger !" affirme DEI France. L'association propose une réflexion en trois points : quels sont les objectifs modernes d’un dispositif de protection de l’enfance au regard de la CIDE, quelles sont les responsabilités publiques et privées dans le champ de la protection de l’enfance, quelles stratégies développer au plan national comme local pour articuler entre elles ces différentes responsabilités publiques et privées, professionnelles et bénévoles, entre elles ? L'événement nous donne aussi l'occasion de relire la Convention internationale, un texte que la France a signé mais qui reste, sur certains points, difficile à appliquer.
http://www.unicef.fr
http://www.dei-france.org/
http://www.dei-france.org/documentsautres/cide.html

- Deuxième édition du "Mois de l'Autre" en Alsace

Destiné aux lycéens et apprentis, créé par la région Alsace avec le soutien du rectorat, "Le Mois de l’Autre " vise à développer l’éducation et la sensibilisation des jeunes à la tolérance, au respect, au civisme et à la lutte contre toute forme de racisme, d’intégrisme, d’antisémitisme et de xénophobie. En mars 2006, les lycées et CFA alsaciens bénéficieront d'actions "clefs en main" proposées par des associations partenaires : Cemea, Cidf, Licra, Ligue des droits de l'Homme, etc. L'Alsace est une région où la question de la laïcité se pose en termes particuliers à la fois du fait du statut et des difficultés d'application de la loi de 1905. C'est aussi une région qui a connu dernièrement de nombreux actes racistes.
http://www.ac-strasbourg.fr/sections/actualites/211105_-_le[...]

- Appel de chercheurs contre l'état d'urgence et le racisme ambiant

"Nous enseignants, chercheurs, personnels de la recherche en sciences sociales, demandons que cessent les mesures d'exception qui reposent sur la loi de 1955, votée en temps de guerre d'Algérie et utilisée dans des situations coloniales" Selon l'AFP, près de 300 chercheurs (EHESS, Collège de France, universités) lancent un appel pour que le gouvernement mette fin à l'état d'urgence et aux expulsions d'étrangers.
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]

- Une pétition pour en finir avec l'état d'urgence

"L’état d’urgence est un régime d’exception utilisé jusqu’alors dans des situations exceptionnelles… L’instauration de l’état d’urgence est ainsi par nature et par principe très dangereuse pour l’exercice des libertés publiques. Or pour être conformes à la Constitution, les atteintes portées à ces libertés doivent ne pas être disproportionnées et s'avérer comme strictement nécessaires au rétablissement de l’ordre public. La liberté est en effet la règle et les restrictions apportées à la liberté ne doivent rester que l’exception". Le site Place aux droits appelle à une "saisine citoyenne du Conseil constitutionnel" pour amener les parlementaires à saisir ce Conseil sur la question de la prolongation de l'état d'urgence. Pour les signataires, "il est utilisé comme un mode normal de gestion des crises et violences urbaines, susceptible d’être demain étendu à l’ensemble des conflits sociaux et d’instaurer insidieusement un régime d’exception permanent". Le "coup d'état permanent" ?
http://www.placeauxdroits.net/

- Des profs contre l'état d'urgence

"Le maintien de l'état d'urgence qui n'est ni acceptable, ni légitime, ni juridiquement fondé, s'il répond simplement à des objectifs médiatiques ou politiques". 74 professeurs de droit (Frédéric Rolin, Bastien François, Jean-Pierre Dubois, etc.) ont déposé un référé-liberté devant le Conseil d'Etat pour demander l'arrêt de l'état d'urgence. Le référé-liberté est un recours "tendant à ce que le juge des référés ordonne toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle l'administration aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale". Pour les déposants, l'état d'urgence n'a pas lieu d'être quand la situation est calme. Ils soulignent les graves atteintes aux libertés publiques. Une pétition citoyenne circule pour la saisine du Conseil constitutionnel.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=342751
http://www.conseil-etat.fr/ce/outils/index_ou02_r.shtml
http://www.placeauxdroits.net/page_40.php

- Prolongation de l'état d'urgence

Le Parlement a adopté la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois. Pour le gouvernement le texte est nécessaire parce que "la déclaration de l'état d'urgence a donné aux autorités administratives des moyens d'action supplémentaires pour lutter contre (les) violences. Les préfets ont ainsi la possibilité d'interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans des lieux et à des heures fixés par arrêté, d'instituer des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ainsi que d'interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l'action des pouvoirs publics". Le projet de loi rappelle les intentions gouvernementales : "La délimitation… des zones dans lesquelles des mesures complémentaires peuvent être prises ouvre notamment la possibilité au ministre de l'intérieur de prendre des mesures d'assignation à résidence. Les préfets peuvent également prononcer dans ces zones la fermeture provisoire des salles de spectacle, débits de boissons et lieux de réunion de toute nature, ainsi que l'interdiction de réunions. Enfin, le ministre de l'intérieur ou les préfets peuvent ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit. Il est nécessaire, pour mettre fin à cette situation de manière durable que les autorités publiques puissent, le cas échéant, recourir à ces mesures complémentaires pendant une période limitée mais suffisamment longue".
http://www.assemblee-nationale.fr/12/projets/pl2673.asp

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- Le livret ASSR

EduScol publie le livret ASSR ainsi que les fiches pédagogiques.
http://eduscol.education.fr/D0159/actualites01.htm

- 5ème : la solidarité

Comment étudier la solidarité à partir d'une affiche ? J. F Loistron invite à décrypter une affiche de Frères des hommes en parallèle avec des documents de référence (extrait d'émission, document Unicef et constitution de 1946). Un travail de fond qui aboutit à une synthèse.
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/histgeo/citoyen/solidarite/index.htm

- 3ème : Les symboles de la République

Dans ce travail assez classique, Anthony Lozac'h s'appuie sur le site de l'Elysée pour faire découvrir aux élèves le sens des symboles républicains.
http://www.college.clionautes.org/article.php3?id_article=1[...]

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- 2de : L'Ined confirme la discrimination à l'emploi

"Le handicap d’une origine « héritée » se traduit par toute une gamme de limitation, non seulement dans les chances d’accéder à l’emploi, mais également dans les caractéristiques de l’emploi occupé" affirme une étude de l'Ined réalisée par Dominique Meurs, Ariane Pailhé et Patrick Simon.. Elle établit "l’existence de discriminations dont l’amplitude et la persistance relèvent plus du système que de la disposition individuelle d’employeurs. Ces discriminations pèsent principalement sur les trajectoires des immigrés maghrébins, africains et turcs, mais aussi sur celles de leurs descendants".

Dans cette perspective, s'agissant de jeunes qui sont citoyens français nés en France, la fonction publique pourrait constituer un tremplin. "Ce n’est pas le cas et si la « fonction publique de l’Etat exerce, sur les jeunes issus de l’immigration et plus particulièrement de l’immigration maghrébine, une très forte attraction, leur intégration dans le corps des fonctionnaires demeure inégalitaire et suit des voies subalternes".
http://www.ined.fr/publications/collections/dossiersetreche[...]

- 2de : Des Français comme les autres

"Quel contraste entre nos conclusions et les faits divers rapportés quotidiennement par les médias, ainsi que les déclarations ou revendications de nombreux acteurs de la société française !" Etudiant le rapport au politique des français issus de l'immigration, Sylvain Brouard et Vincent Tiberj, Cevipof, concluent en affirmant que les Français d'origine africaine et turque "sont bien des Français et ce ne sont pas des Français contre les autres !"

"Si les Français d’origine africaine et turque présentent des spécificités, religieuses par exemple, ceux-ci sont loin d’apparaître comme en marge ou en rupture avec la société française et ses principales valeurs. De ce point de vue, ces Français ne sont pas dans leur grande majorité dans une logique communautaire alliant identification minoritaire, rejet national et revendications particularisées. Sur bien des plans, à défaut de tous, l’intégration à la politique française semble au minimum comparable à celles des Français en général". Cependant l'étude montre des attitudes antisémites plus fréquentes que dans la population française.
http://www.cevipof.msh-paris.fr/publications/enquetes/rapp_[...]

- La sécurité routière en L.P.

Patrick Pique propose une remarquable webographie sur la sécurité routière. Elle recense une remarquable séquence pédagogique en Bep, des dossiers institutionnels, les sites d'associations et de nombreux articles de presse. Une mine à exploiter !
http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/ECJS/HTML/securiterouti[...]

- ECJS en L.P.

Ces deux documents font le point sur l'ecjs en lycée professionnel (objectifs, programmes, évaluation) et proposent des techniques d'animation du cours d'Ecjs : brainstorming, philips 6/6, la lecture décalée et le photolanguage.
http://www2b.ac-lille.fr/lp-lettres/LHG/ECJS/EcjsVaast.pdf
http://www2b.ac-lille.fr/lp-lettres/LHG/ECJS/Methodologie/F[...]

- En BEP : une matinée au tribunal

" Pendant cette matinée, j’ai pu me rendre compte que la loi et la justice sont très sévères. Bien sûr, c’est tout à fait normal pour les cas de conduite sous l’effet de l’alcool ou des stupéfiants de condamner le prévenu et de suspendre le permis de conduire. Mais dans certains autres cas les sanctions sont « lourdes » !" Arnaud résume la visite au tribunal de grande instance de Metz de sa classe de Bep "cycles et motos". Ils ont pu échanger avec le procureur, comprendre comment fonctionne le tribunal et observer son fonctionnement. " Cette matinée m’a fait comprendre comment fonctionne la justice, pour certains cas ça fait peur !.
http://www.ac-nancy-metz.fr/pres-etab/andrecitroenmarly/TGI[...]

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- Banlieues : la crise

Clichy 2005
Un excellent T.P. qui pose le décor social de Clichy, le lieu de départ des événements. La webquest de Marc Lohez fait étudier aux élèves les caractéristiques de la ville. Puis il leur demande d'analyser les programmes de politique de la ville mis en place.
http://www.hgatlas.net/article.php3?id_article=24

La question des banlieues
"Une bonne part de la population se vit ainsi, culturellement et politiquement, comme immigrée dans son propre pays, qui ne peut même plus lui offrir une définition de sa propre appartenance nationale. Tous désaffiliés, selon le terme de Robert Castel. Or, de la désaffiliation au desafio, au défi, il n'y a pas loin. Tous ces exclus, ces désaffiliés, qu'ils soient de banlieue, africains ou français «de souche», font de leur désaffiliation un défi, et passent à l'acte à un moment ou à un autre… Je ne suis pas sûr qu'ils aient, comme nous l'espérons, tellement envie d'être réintégrés ni pris en charge. Sans doute considèrent-ils au fond notre mode de vie avec la même condescendance, ou la même indifférence, que nous considérons leur misère… La culture occidentale ne se maintient que du désir du reste du monde d'y accéder. Quand apparaît le moindre signe de refus, le moindre retrait de désir, non seulement elle perd toute supériorité, mais elle perd toute séduction à ses propres yeux. Or, c'est précisément tout ce qu'elle a à offrir de «mieux», les voitures, les écoles, les centres commerciaux, qui sont incendiés et mis à sac. Les maternelles ! Justement tout ce par quoi on aimerait les intégrer, les materner !... «Nique ta mère», c'est au fond leur slogan. Et plus on tentera de les materner, plus ils niqueront leur mère. Nous ferions bien de revoir notre psychologie humanitaire" explique Jean Baudrillard, au terme d'un texte qui étreint la civilisation occidentale dans Libération.

Le même quotidien donne la parole à 4 sociologues, Eric Maurin, Pierre Rosanvallon, Emmanuel Todd et Jean-Pierre Le Goff, sur le même sujet des banlieues. La place d el'Ecole est au centre des discussions. " Le point de départ de mai 1968, c'était la révolte des recalés des classes moyennes face à la fermeture du véritable enseignement supérieur aux enfants des classes moyennes. Aujourd'hui, tout a changé : c'est la grande difficulté des enfants des classes populaires face au collège et au lycée qui est en cause. Cette difficulté dérive en partie de l'extrême précarité des conditions de logement et d'existence des enfants des familles pauvres. Ce n'est pas un problème que l'Education nationale peut régler seule… Les politiques du logement n'ont pas fait reculer les problèmes de surpeuplement qui touchent près du quart des enfants et sont une cause majeure d'échec à l'adolescence. Les politiques urbaines n'ont pas non plus fait reculer la ségrégation territoriale. Les enfants pauvres vivent aujourd'hui dans des quartiers où le taux de pauvreté est quatre fois plus élevé qu'ailleurs. Or il est extrêmement difficile d'adopter ne serait-ce qu'une attitude positive vis-à-vis de l'école quand on grandit entouré de camarades en échec" affirme Eric Maurin. .

Pour P. Rosanvallon, " En dix ans, 50 milliards d'euros ont été dépensés dans les zones urbaines sensibles, une somme absolument considérable, mais qui a été dépensée pour des structures, jamais pour des programmes et des personnes. Si l'on donnait à 100 lycées ou collèges des enveloppes permettant de retenir les meilleurs moyens, on aurait peut-être des résultats différents… L'exemple des banlieues montre que les grandes réformes uniformisatrices et gérées du sommet ne permettent pas de trouver des solutions. Il faut favoriser des moyens décentralisés, mis en oeuvre par les acteurs eux-mêmes, recréer des pôles de prise de parole et d'initiative".
http://www.liberation.fr/page.php?Article=339243
http://www.liberation.fr/page.php?Article=339848#

Banlieues comment en parler ?
Les Cahiers pédagogiques publient plusieurs témoignages de pratiques pour évoquer les émeutes urbaines en classe. Le Café donne aussi des pistes
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/anglais/67.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/ecjs/67.php

Les émeutes, en parler ou pas ?
En parler ou pas ? C'est la question que se posent beaucoup d'enseignants devant la gravité de la situation, ses risques politiques, les peurs ou la révolte des élèves. Certains enseignants se lancent et proposent des dossiers documentaires. C'est le cas par exemple de Claude Bordes, professeur de SES qui met enligne un copieux dossier. Le Nouvel Observateur, comme d'autres médias, propose un dossier. Le Monde agrémente le sien de documents sonores. Enfin, dans Libération, les sociologues Didier Lapeyronnie et Laurent Muchielli évoquent l'humiliation des jeunes. "L'émeute et la violence urbaine charrient toutes les déviances qu'elles mêlent au sentiment d'une humiliation démultipliée. Une humiliation scolaire. L'école n'est pas vécue par une partie de ces jeunes comme un instrument de promotion mais comme le lieu d'une sélection qui transforme leur destin social en autant d'humiliations personnelles. A leurs yeux, la promotion par l'école est réservée à d'autres, qui savent tirer tous les bénéfices et qui sont généralement des «Blancs» quand eux sont généralement des jeunes issus de l'immigration. Ne serait-ce pas ces mêmes «jeunes de banlieue» qui, au mois de mars dernier, dépouillaient et frappaient les lycéens venus manifester pour défendre leur école ?... L'émeute naît ainsi d'abord du vide politique. La violence surgit quand la politique est absente, quand il n'y a plus d'acteurs sociaux ni même de conflit, quand il ne reste plus que la défense de l'ordre et de l'identité nationale. Certes, il est urgent de rétablir un minimum de politique sociale, de lutter contre les discriminations, d'en finir avec des pratiques policières indignes d'une démocratie et surtout de stopper cette ségrégation urbaine qui structure de plus en plus nos modes de vie. Mais les émeutes nous rappellent qu'il est avant tout indispensable de reconnaître et de respecter toute une population, de considérer qu'elle ne constitue pas un problème mais qu'il s'agit bien de citoyens de notre pays".
http://press-ses.blogspot.com/
http://www.nouvelobs.com/articles/p2140/hebdo.html
http://www.liberation.fr/page.php?Article=337030

L'Ecole dans les quartiers
Les "Zones Urbaines Sensibles" font l'actualité. Quelle est la réalité de ces quartiers ? Le rapport annuel de l'Observatoire des ZUS est sorti quelques jours avant les émeutes de Clichy. Il apporte des données fiables et un important dossier sur l'éducation en ZUS. Il établit d'abord la spécificité des publics scolaires, c'est-à-dire la réalité ségrégative des quartiers. Les collèges ZUS comptent 64% d'élèves venant de milieux défavorisés (contre 43% hors ZUS) et surtout deux fois moins de jeunes de milieux favorisés (17% contre 32%). En 6ème, le pourcentage d'élèves en retard d'au moins 2 ans est deux fois plus important que dans les autres établissements alors que le nombre moyen d'enfants par classe est quasi identique (20 contre 21). Un quartier ZUS c'est aussi deux fois plus de chômeurs (21%) et un revenu moyen qui représente 61% du revenu moyen national (10 540 euros contre 17 184).
http://www.ville.gouv.fr/pdf/editions/observatoire-ZUS-rapp[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/violence/index.php

L'état d'urgence
Le gouvernement a décidé d'appliquer la loi du 3 avril 1955 instituant l'état d'urgence. Cette loi restreint considérablement les libertés individuelles. En effet elle permet sur simple décision administrative, sans contrôle de la justice, d'interdire la circulation des personnes, mineures et majeures, d'assigner à résidence, de pénétrer dans les domiciles de jour et de nuit sans limites, d'empêcher les réunions, de contrôler les médias. L'état d'urgence donne aussi la possibilité aux autorités de remplacer les tribunaux civils par des juridictions militaires. Ce dispositif peut permettre tous les dérapages et donne d'énormes responsabilités au gouvernement. Et d'abord celle de réussir puisque aucune mesure plus forte ne peut être envisagée. Les décisions annoncées sont-elles susceptibles de redonner sécurité et espoir aux banlieues, c'est-à-dire d'offrir une sortie de crise ?
http://www.senat.fr/connaitre/pouvoirs_publics/pouvoirs_pub[...]

Le Journal officiel du 9 novembre publie trois décrets établissant l'état d'urgence à partir du 9 novembre

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