La page des parents (Café N° 66)

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- A la Une : Inserm : Menteurs, voleurs, sécheurs : au cabanon !

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Édition du 09-10-2005

- François Jarraud -

- A la Une : Inserm : Menteurs, voleurs, sécheurs : au cabanon !    [ Haut ]

" Oppositions, désobéissance et colères répétées, agressivité chez l'enfant, coups, blessures dégradations, fraudes et vols chez l'adolescent : ces différents comportements caractérisent le trouble des conduites". D'autres symptômes établissent le diagnostic : " les agressions physiques, les mensonges ou les vols d’objets", ou encore "l’absentéisme, les incivilités à l’école et les situations d’échec scolaire". "L'absence de timidité" est aussi un signe d'alerte, tout comme "la recherche de nouveauté". Dans une étude publiée par l'Inserm, un groupe d'experts, épidémiologistes, pédopsychiatres, français et canadiens, vient de définir une nouvelle maladie : "le trouble des conduites".

Selon eux, 5 à 9% des garçons de 15 ans en seraient atteints et 2 à 5% des filles. Mais la maladie est, selon eux, familiale : " Les facteurs empiriquement associés au trouble des conduites sont : antécédents familiaux de trouble des conduites, criminalité au sein de la famille, mère très jeune, consommation de substances psychoactives pendant la grossesse, faible poids de naissance, complications autour de la naissance..."

Aussi, recommandent-ils "un repérage des familles présentant ces facteurs de risque" et un dépistage systématique, dès 36 mois, des enfants en utilisant les bilans de santé et les examens systématiques. C'est donc sur le système de santé et sur l'école qu'ils souhaitent s'appuyer pour opérer cette campagne de dépistage qui ficherait comme "dangereux" un adolescent sur dix et sa famille. Les experts recommandent "d’informer les enseignants sur les différentes expressions comportementales du trouble des conduites et de les sensibiliser à une collaboration avec les professionnels de santé pour une intervention plus précoce auprès des enfants et adolescents ". Ils souhaitent "généraliser les interventions au sein des structures éducatives existantes (PMI, crèches, écoles…) en formant le personnel éducatif à ces méthodes de prévention (puéricultrices, éducateurs, enseignants…)".

Il y a quelques mois le rapport Bénisti avait soulevé un tollé en demandant le dépistage précoce dès trois ans des "déviants". En termes médicaux c'est exactement la même logique qui est à l'œuvre dans ce rapport de l'Inserm. Comme lui, il analyse des faits sociaux comme des symptômes maladifs et n'hésite pas à envisager le fichage et le "suivi" d'un dixième de la population. On retrouve là l'influence d'une école nord-américaine, hostile à la psychologie, qui vise le dépistage des déviants et du gène de la déviance. Une perspective qui fait vraiment froid dans le dos.

Interrogé dans Le Monde, le pédopsychiatre Pierre Delion juge sévèrement ce rapport. " Je ne suis pas du tout adepte de ce genre de concepts. Le trouble des conduites implique une référence à une bonne conduite et à une mauvaise conduite. Cette notion moralise donc le débat là où, au contraire, il faudrait accepter la diversité de tous les parents et de leurs enfants… Que l'on puisse, dans certains cas, appeler cela des troubles des conduites, je ne suis pas contre, mais ce qui compte le plus c'est de dire à cet enfant que son appel a été entendu. A ce moment-là, l'important n'est pas de faire un dépistage systématique, de type Big Brother, mais de rendre possible, pour les parents, la rencontre avec des professionnels, pour accueillir cette souffrance de l'enfant et éventuellement la traiter". Et il alerte les enseignants : " parler de souffrance psychique en ces termes peut avoir des effets délétères. Les enseignants, par exemple, se sont déjà emparés de ces catégories. Nous voyons très souvent des parents envoyés par des instituteurs qui "diagnostiquent" des troubles de type hyperactivité et déficit de l'attention. Ces notions ont envahi la société dans son ensemble, bien au-delà du milieu médical. Les parents arrivent maintenant en consultation avec une question : "Quel traitement médicamenteux prescrivez-vous pour notre enfant ?" On voit bien, en arrière-plan, se profiler les intérêts économiques des firmes pharmaceutiques".
http://www.inserm.fr/fr/presse/dossiers_presse/att00000407/[...]
http://ist.inserm.fr/basisrapports/trouble_conduites/troubl[...]
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-691676@51-691794,0.html

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Elections
Les élections des représentants des parents d'élèves auront lieu les 14 et 15 octobre. Comment se passent-elles ? La FCPE met à disposition des parents un guide complet et fonctionnel pour s'y préparer.
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=443
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/31/MENE0501566N.htm

L'Etat perd son procès pour non scolarisation
Selon l'AFP, le tribunal administratif de Lyon a condamné l'Etat à des dommages pour défaut de scolarisation d'un enfant handicapé. Une décision qui ouvre une nouvelle voie de recours aux familles.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploied[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index160905.php

La lente scolarisation des enfants handicapés
"Avant l'annonce de son handicap, Louis, pourtant bon élève, était parfois considéré comme "pas très courageux". "Il a passé plusieurs récréations à devoir réécrire ses cahiers, explique sa mère. Juste parce qu'au bout d'un moment, il lui devenait difficile de lire et d'écrire en même temps. Mais sa maîtresse ne pouvait pas le savoir… A l'heure actuelle, - c'est un environnement - adapté car Louis voit encore. Mais si sa vue continue de baisser, cela deviendra dur". Le Monde publie un intéressant dossier sur la scolarisation des enfants handicapés depuis le vote de la loi de février 2005 qui l'ordonne.

En fait plusieurs milliers d'enfants sont encore laissés hors de toute structure comme le révèle le procès gagné par une famille contre l'Etat pour défaut de scolarisation. A l'Ecole, la situation n'est pas toujours facile. Le Monde cite le cas de Clairvine, scolarisée en CE1. Elle souffre de troubles de la personnalité. Sa maîtresse "n'a bénéficié d'aucune formation, d'aucun conseil... Elle est allée se documenter sur Internet".

Pour le président de l'Unapei, " La loi est un acte politique fort. Mais elle ne va pas résoudre les problèmes de scolarisation d'un coup de baguette magique". La présidente d'Autisme France appelle les parents d'enfants handicapés à saisir la justice pour faire respecter leur droit à être scolarisés.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-695903@51-696019,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-695904@51-696019,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-695905@51-696019,0.html

Il n'y a pas que les notes qui comptent
"On sait que les notes ne sont pas la panacée, pourtant on les utilise largement et les parents les demandent. Et dès qu’on touche à cette question, on tire un fil qui révèle beaucoup de choses. On touche à l’identité des enseignants : le seul pouvoir qui leur reste, c’est de mettre des notes. On touche aussi à la tradition scolaire des parents, qui ne peuvent pas concevoir qu’on ne mette pas de notes à l’école. Quant aux élèves, ils jouent le jeu, préparant leur bac comme des gestionnaires, en fonction des coefficients". Bertrand Gimonnet, IUFM de Tours, est cité en modèle dans ce dossier de La Croix car il refuse de noter.

Le dossier montre les limites de l'art de la notation. A.Antibi expose sa thèse sur la constante macabre. Un sondage et des témoignages d'élèves montrent l'importance des notes dans la vie familiale. Des établissements se sont affranchis des notes au bénéfice de nouvelles formes d'évaluation. Un dossier à méditer.
http://www.la-croix.com/parents-enfants/article/index.jsp?d[...]

Parents – enseignants : un couple à problèmes
" Il faut se souvenir de ce qu'était naguère la conception de l'école républicaine. Celle-ci avait pour mission d'arracher les enfants du milieu familial pour en faire des citoyens et les élever à l'universel, et les parents n'avaient rien à faire dans cette école-là. Cet héritage se télescope aujourd'hui avec une vision plus moderne selon laquelle, au contraire, les parents ont leur place et leur rôle dans le système éducatif. C'est de ce décalage que provient, à mes yeux, l'essentiel des difficultés actuelles entre parents et enseignants". Pour P. Rayou, interrogé dans Le Monde, les relations difficiles entre parents et enseignants appartiennent au passé. Le quotidien fait le point sur les incompréhensions.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-690890@51-690975,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-690891@51-690975,0.html

- Les associations    [ Haut ]

La FCPE critique le texte sur les remplacements
"Ces mesures constituent une légère avancée dans la reconnaissance de l’obligation d’assurer la continuité du service public. Mais elles sont loin de résoudre tous les problèmes de remplacement". Ainsi la fédération de parents d'élèves souligne que les remplacements de plus de 15 jours ne sont pas pris en compte. Elle demande aux élus FCPE de veiler à ce que " les remplacements soient effectués dans toute la mesure du possible dans la discipline du professeur absent. Mais un remplacement dans une autre discipline est préférable à pas de remplacement du tout".
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=457

La Peep soutient le remplacement obligatoire
"La Peep… a approuvé la direction prise par le ministère en instituant le dispositif de remplacement des professeurs de collège et de lycée absents pour une courte durée". Elle "n’accepte pas les arguments fallacieux présentés par certains syndicats" et "veillera à ce que des protocoles de remplacement ambitieux soient réellement mis en œuvre et que la pérennité du dispositif soit assurée, dans l’intérêt de tous les élèves".
http://www.peep.asso.fr/actualite.php?id_actu=60

- Les jeunes    [ Haut ]

Le suicide de l'adolescent
" En France, le suicide recule régulièrement depuis cinq-six ans, même si on en parle davantage. Officiellement, il y a 10 000 suicides aboutis par an, tous âges confondus. En revanche, chez les plus jeunes, il semblerait qu’il y ait une augmentation". Jean-Jacques Chavagnat, président du Groupement d'études et de prévention du suicide, tente d'expliquer le phénomène dans L'Humanité.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-10-01/2005-10-01[...]
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-694917,0.html

Un jeune sur vingt a de grosses difficultés en lecture
Chaque année les tests passés lors de la Journée d'Appel de Préparation à la Défense donnent une image des difficultés de lecture des jeunes de 17 ans. En 2004, 80% d'entre eux étaient des lecteurs habiles. Un sur dix (11%) ont des difficultés de compréhension qui s'avèrent très importantes pour 4% d'entre eux. Des chiffres comparables à ceux de leurs camarades de 1998. Plus surprenant, le taux d'échec varie fortement d'un département à l'autre. Dans le pourtour nord et est du Bassin parisien, du Pas-de-Calais à la Saône-et-Loire, le taux de jeunes en difficulté est presque le double du taux national.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne2005/eva0511.pdf
http://www.bienlire.education.fr/04-media/documents/0009.pd[...]
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html


- Société    [ Haut ]

Punir les familles…
"Si la mesure supprimant le versement aux parents des prestations familiales en cas d'absentéisme non justifié de leur enfant doit bien évidemment être accompagnée de mesures pédagogiques de prévention, elle est néanmoins un levier important du mécanisme de responsabilisation des parents concernant l'assiduité de leur enfant en milieu scolaire". Le député UDF Nicolas Perruchot a déposé une proposition de loi rétablissant la suspension du versement des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire. Une mesure supprimée par la loi du 2 janvier 2004. L'absentéisme touche de nombreux pays industrialisés. L'exemple anglais montre les limites de certaines politiques. L'Angleterre pratique une politique ultra répressive en matière d'absentéisme puisque les parents sont menacés d'amende et même de prison. Malgré cela le taux d'absentéisme y progresse : il est cinq fois supérieur au taux français. Il ne suffit pas de punir les familles pour ramener les enfants à l'Ecole.

Une autre proposition de loi, déposée par le sénateur UMP Jean-Claude Carle, demande de revenir sur la loi du 23 avril 2005 et d'autoriser les délégués départementaux de l'éducation nationale" à intervenir dans leur commune à condition qu'ils n'en soient pas l'élu.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion2304.[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220905.php
http://www.senat.fr/leg/ppl04-511.html

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