La page des parents (Café N° 75)

Version imprimable Version imprimable

- A la Une : La lecture, un cheval de retour

- Mon école

- Orientation

- Mon enfant

- La ressource du mois

Dossier spécial : Bac : Trop de reçus ?

Édition du 15-09-2006

- François Jarraud -

- A la Une : La lecture, un cheval de retour    [ Haut ]

"C'est la première année où tous les élèves de CP pourront apprendre à lire avec les méthodes les plus efficaces" prédisait le 24 août, devant les recteurs, Gilles de Robien. Le 28 août, sur RTL, il affirmait l'abandon des méthodes globales et semi-globales dès la rentrée, préconisant donc la seule méthode syllabique.

Alors une méthode ? Plusieurs méthodes ? En réalité les programmes de 2002 modifiés par Robien en mars 2006 gardent un flou certain. Et ce n'est pas par hasard. Contrairement à ce que laisse entendre le ministre, la méthode syllabique n'est pas soutenue par les chercheurs. Et si les enseignants pratiquent des approches différentes c'est qu'ils s'adaptent à des élèves et des difficultés différents.

C'est ce que 13 associations professionnelles et pédagogiques (l'Agiem, l'Airdf, l'Icem, la Fcpe, le Gfen, la Ligue de l'enseignement, le Snuipp Fsu, le Se-Unsa, le Sgen Cfdt, l'Afef, le Si-En-Unsa et le Snpien-Fsu) regroupant des enseignants du primaire, des parents, des professeurs de français du secondaire et des inspecteurs de l'éducation nationale, ont voulu rappeler dans une brochure qui sera largement diffusée aux parents à la rentrée.

Sous le titre "Apprendre à lire, pas si simple !", elle rappelle la complexité de l'apprentissage. " En français, si l’on veut écrire ba, il faut utiliser un b et un a. Mais ça ne marche pas à tous les coups pour la lecture. Ainsi, on lit ba dans balai, dans banane, dans là-bas, dans bâiller… mais on ne lit pas ba dans baignoire, dans bain, dans baudruche. Enfin, les syllabes ça n’aide pas à lire fille et ville ! Ça n’aide pas non plus à lire des expressions comme ils marchent, le vent, il tient... qui pourtant «se terminent pareil»". Lire c'est chercher à comprendre et non seulement ânonner des syllabes. Sur ce terrain là, l'école française fait mieux que l'école d'antan et aussi bien que celles des pays voisins.

Comme le ministre, la brochure appelle donc les parents à l'aide. " La qualité des relations familles-école, le fait que parents et enseignants avancent ensemble, tout cela sécurise l’enfant et lui donne confiance. Et puis aussi en s’intéressant à ses activités scolaires ; même si les parents ne lisent pas le français, le fait qu’ils suivent régulièrement ses progrès en lecture, qu’ils l’écoutent lire un court moment et qu’ils en parlent avec lui, constituent des « rituels » quotidiens qui constituent pour l’enfant un puissant ressort dans ses apprentissages".

C'est rappeler la dimension sociale de l'apprentissage de la lecture. Le premier critère qui conditionne sa réussite n'est pas la méthode utilisée mais la place que tiennent le livre et la culture écrite dans la famille. C'est ce qu'illustre la variation historique du taux d'illettrisme entre familles populaires et bourgeoises.

En déplaçant le débat du champ social sur le terrain scientifique, Gilles de Robien suit la même politique que pour l'enseignement prioritaire. En niant la dimension territoriale des zep et en défendant une remédiation personnalisée, il conteste les inégalités sociales et personnalise l'échec.

En ce sens, le débat sur la lecture est tout sauf savant ou technique. Il participe du conflit politique traditionnel.
La brochure (en pdf)
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/4P_lecture_def.pdf
Article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20060829.FIG000000055_le_[...]
Le dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/index.p[...]


- Mon école    [ Haut ]

Le décret sur les parents d'élèves encadre fortement leurs droits
"La régularité et la qualité des relations construites avec les parents constituent un élément déterminant dans l’accomplissement de la mission confiée au service public de l’éducation". affirme la note de présentation du projet de décret sur les droits des parents d'élèves qui sera présenté au CSE le 10 juillet.

Pourtant le texte reste très en deçà des revendications des associations. Il prévoit 2 réunions parents – professeurs par an et encadre fortement le droit d'expression des associations dans l'établissement. " Le directeur d’école ou le chef d’établissement doit permettre aux associations de parents d’élèves de faire connaître leur action auprès des autres parents d’élèves. A cet effet, les documents remis par les associations en début d’année font l’objet d’une diffusion groupée ; les documents remis en cours d’année sont distribués aux élèves pour être donnés à leurs parents au fur et à mesure de leur remise… Leur contenu, qui doit respecter les principes de laïcité et de neutralité et les dispositions relatives à la vie privée et prohibant les injures et diffamations, relève de la seule responsabilité des associations. Dans le cas où le directeur d'école ou le chef d'établissement estime que ces documents ne respectent pas les principes et dispositions mentionnés ci-dessus, il en informe le responsable de l'association concernée et les documents ne sont pas distribués".

Cependant une concession de taille a été faite aux parents : "les heures de réunion des conseils d’école, des conseils d’administration et des conseils de classe sont fixées en dehors du temps scolaire. Après consultation des représentants des parents d’élèves concernés, le chef d’établissement peut apporter une dérogation pour tenir compte des spécificités de l’établissement, et notamment du calendrier des activités scolaires et des examens".
Le projet de décret (pdf)
http://ww.sudeducation.org/IMG/pdf/1-2_Projet_de_decret[...]
Note de présentation (pdf)
http://ww.sudeducation.org/IMG/pdf/1-1_NP_projet_de_dec[...]

Publication du décret sur les droits des parents d'élèves
"Les parents des élèves nouvellement inscrits sont réunis par le directeur d'école ou le chef d'établissement dans les premiers jours suivant la rentrée scolaire. Le conseil des maîtres présidé par le directeur d'école dans le premier degré, le chef d'établissement dans le second degré organisent au moins deux fois par an et par classe une rencontre, qui peut prendre différentes formes, entre les parents et les enseignants. Dans les collèges et les lycées, l'information sur l'orientation est organisée chaque année dans ce cadre". Le J.O. du 29 juillet publie le décret relatif aux droits des parents d'élèves.

Début juillet les associations de parents d'élèves avaient salué différemment le texte. La Peep estime que le décret "ouvre la porte de l'école aux parents". Pour la Fcpe, " contrairement à ce qu’avait annoncé le ministre de l’Education nationale à la rentrée 2005, ce décret ne crée pas un statut du parent délégué qui permette aux parents d’élèves élus d’exercer leur mandat dans toutes les instances où les parents d’élèves sont représentés. Sur le terrain, les représentants des parents peinent chaque jour pour obtenir le respect des dispositions instaurant le congé de représentation".
Le décret
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
Rappel : L'Expresso du 17 juillet
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index170706.php

La circulaire d'application
Le B.O. 31 publie la circulaire d'application du décret du 28 juillet sur les droits des parents dans l'Ecole. Le texte précise comment appliquer les droits reconnus aux parents et à leurs associations. Les droits d'information et d'expression s'exercent sous contrôle du chef d'établissement. Le texte fixe également les rencontres avec les enseignants, la tenue des conseils de classe, la communication ds textes officiels. Peu de choses nouvelles depuis le décret si ce n'est une invitation à utiliser les TICE (sms, internet) pour échanger avec les parents. Une fonction qui devrait trouver place dans les ENT.
Le B.O. en pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2006/31/31_v1[...]
Analyse du décret
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index070806.php

Accueil réservé du décret sur les droits des parents
"La PEEP salue la cohésion de la communauté éducative sur un texte qui ouvre la porte de l’école aux parents… Tous les parents et responsables PEEP seront attentifs à l’application du décret sur le terrain et attendent de tous les partenaires le respect de ce décret". La seconde association de parents d'élèves salue le récent décret sur les droits des parents, approuvé à une large majorité le 10 juillet par le Conseil supérieur de l'éducation. mais semble douter d'une application rapide. La Fcpe, première association de parents d'élèves, est plus critique. "Contrairement à ce qu’avait annoncé le ministre de l’Education nationale à la rentrée 2005, ce décret ne crée pas un statut du parent délégué qui permette aux parents d’élèves élus d’exercer leur mandat dans toutes les instances où les parents d’élèves sont représentés. Sur le terrain, les représentants des parents peinent chaque jour pour obtenir le respect des dispositions instaurant le congé de représentation. Nous souhaitons que ce congé de représentation soit simplifié, actualisé. Il doit permettre d’indemniser les responsables bénévoles pour qu’ils puissent disposer de plus de temps pour assurer leur mandat".
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=532
http://www.peep.asso.fr/actualite.php?id_actu=81&PHPSES[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index030706.php

Les parents veulent plus de profs, de soutien, d'arts, de sports
Interrogés par la PEEP, seconde association de parents d'élèves, pour son traditionnel "Observatoire des parents d'élèves", les parents d'élèves ont confiance dans l'Ecole mais expriment des exigences.

Confiance : 87% des parents ont de bonnes relations avec les enseignants et s'estiment bien informés des résultats scolaires de leurs enfants. 66% estiment que l'Ecole remplit bien sa mission d'instruction (essentielle pour 75% des parents). Interrogés sur leurs attentes pour 2006-2007, 88% veulent du soutien scolaire, 86% davantage d'enseignants pour réduire les effectifs en classe, 79% souhaitent en savoir plus sur ce qui se fait en classe.

Certaines disciplines bénéficient d'une forte demande : 73% des parents souhaitent que l'enseignement des langues commence dès la maternelle, un parent sur trois exige davantage de sport ou d'enseignement musical et artistique.

Sont-ils capables de faire évoluer l'Ecole ? 58% prendront en compte le programme éducation des candidats aux présidentielles pour faire leur choix. Ajoutons que près d'un parent sur deux (41%) a peur pour l'avenir de ses enfants. C'est particulièrement net dans les classes populaires.
Observatoire Peep : enquêtes 2002-2005
http://www.peep.asso.fr/contenu.php?affichage=3&id_niv1[...]

Huit projets retenus pour l'accompagnement scolaire en Zep
Huit projets portés par des collectivités locales, des associations éducatives ou des éditeurs sont retenus dans le cadre de l'appel à propositions "accompagnement à la scolarité, égalité des chances et TIC". Ces projets visent à aider scolairement des élèves en difficulté de la fin de l'école primaire au début du collège.

Ainsi le projet proposé par le Conseil général de la Somme (qui est également repris par le C.G. du Val d'Oise) s'appuiera sur l'équipement des collèges en salles multimédia, des ressources numériques (Kne, Cns, Paraschool, Lesite.tv) et un ENT (espace numérique de travail) pour piloter l'ensemble. Le projet déposé par la Vile de Lyon avec le Crdp propose d'équiper 30 écoles et 30 associations en matériel informatique et de créer des ateliers parents – enfants. Odile Jacob et Domicours s'associent pour proposer des stages tutorés de soutien scolaire qui associent les logiciels d'O. Jacob et les moyens de Domicours. Les autres projets retenus ont été déposés par l'Afev, le Cemea, le Cned et Maxicours et l'Inspection académique de la Moselle.

Le début de mise en œuvre de ces projets interviendra en septembre. Mais le gouvernement a décidé le 11 juillet, lors du Cisi, d'étendre cette opération à tous les quartiers Zep dès la rentrée 2007.

"L’accompagnement à la scolarité ayant pour objectif central la réussite scolaire, l’éducation nationale doit s’y impliquer avec détermination. Elle pourra y trouver sa place et jouer le rôle majeur qui lui revient à travers ses compétences et son expertise propres, qu’elle doit mobiliser en faveur de la réussite du dispositif. Afin d’éviter d’être confrontée à un constat d’empilement d’actions nées d’initiatives locales parfois désordonnées, il lui appartient de promouvoir un mode de pilotage fondé sur le principe de subsidiarité". Dans un rapport remis en juin dernier, les inspecteurs généraux Jean-Michel Bérard, Christian Loarer, Guy Menant (IGEN), Alain-Maie Bassy, Jean-Yves Dupuis et Robert Jammes (IGAEN) préconisaient une intervention déterminée de l'Etat dans le secteur de l'accompagnement scolaire, appuyée sur l'utilisation des TICE. " Si elles ne sont pas la panacée, il est clair que les TICE peuvent constituer un levier puissant des politiques d’accompagnement à la scolarité, comme d’ailleurs plus globalement des politiques éducatives, et qu’elles peuvent contribuer à « universaliser » le soutien scolaire pour tous à des coûts et des conditions de solvabilité jugés intéressants".
http://www.educnet.education.fr/actu/actualite.php?th=a[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/amiens/
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index090606.php

Un guide pour aider son enfant à l'Ecole
Comment suivre son enfant à l'école ? Pourquoi mon enfant ne doit pas manquer l'école ? Comment l'aider dans sa scolarité ? Que faire s'il passe trop de temps sur Internet ? Comment favoriser le bien-être de mon enfant ou de mon adolescent ? Comment l'encourager à lire ? Le ministère de la Santé publie un recueil de fiches qui donnent des conseils utiles, indiquent des interlocuteurs et orientent vers des ressources. Un document à signaler aux parents.
http://media.education.gouv.fr/file/49/1/2491.pdf

Les vacances en questions dans Profession éducation
"La durée du temps scolaire n'est pas adaptée à l'âge des élèves. Il me semble aberrant de faire passer autant de temps à l'école aux enfants de 6-7 ans qu'à ceux de 10-11 ans, voire même plus qu'aux collégiens". Dans Profession éducation de juin-juillet, François Testu, université de Tours, répond à Karl Stoeckel, président de l'UNL, Faride Hamana, président de la FCPE et Raymonde Piecuch, secrétaire générale adjointe du Sgen Cfdt. Pour celle-ci "une meilleure organisation du temps scolaire, si elle est bénéfique aux élèves, se traduirait par de meilleures conditions de travail pour les personnels".

Dans son dossier "vacances", le magazine revient sur l'histoire des vacances scolaires et sur leur marchandisation.
Sgen
http://www.sgen-cfdt.fr

Un médecin scolaire pour 7 359 enfants
"On parle de prévention mais on ne peut plus en faire" dénonce la présidente du Smeden-Fo. Selon elle on compte 7 359 enfants pour un médecin scolaire, 16 400 à certains endroits. C'est aussi l'avis du Snmsu-Unsa. " Alors qu’il n’y a eu aucune création de postes en 2004 et 2005, il n’y a pas de prévision concrète de recrutement en 2006 pour occuper les postes vacants. En outre, les politiques rectorales de l’emploi, dans le cadre des nouvelles contraintes budgétaires, se font au détriment de la médecine scolaire et l’on assiste actuellement dans plusieurs académies au licenciement brutal des médecins vacataires de l’Education nationale. Ceux-ci assurent pourtant 40% des tâches et remplissent les mêmes missions que les médecins titulaires. Ainsi, des centaines de médecins manqueront à la rentrée dans les établissements scolaires. La situation est catastrophique".
http://www.se-unsa.org

Une brochure et un site pour contrer le bizutage
"Au début, j'ai trouvé ça drôle…" On connaît la suite : le bizutage n'est pas seulement une pratique illégale, certaines de ses victimes sont marquées à vie par les humiliations subies. Le Comité national contre le bizutage (Cncb) diffuse une brochure qui explique comment agir contre cette pratique. Une circulaire de 2001 précise qu'une loi de 1998 interdit le bizutage et " qu'il est du devoir de tout fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions de saisir sans délai le procureur de la République de toutes pratiques dégradantes ou humiliantes, même lorsque celles-ci n'ont pas entraîné un dépôt de plainte. En cas de non-respect de cette obligation, le fonctionnaire concerné s'exposerait à de graves sanctions disciplinaires".
http://contrelebizutage.free.fr/
Circulaire de 2001
http://www.education.gouv.fr/botexte/bo010621/MENS01012[...]

Le redoublement français montré du doigt par l'Ocde
" À l’instar des autres formes de différenciation institutionnelle, le redoublement est considéré par certains, en particulier les enseignants et les chefs d’établissement, comme une stratégie permettant de faciliter l’apprentissage et d’améliorer les performances, dans la mesure où les élèves en difficulté sont intégrés dans des classes homogènes et peuvent bénéficier d’un enseignement plus adapté à leur niveau. De nombreuses études montrent que les redoublants ne sont pas plus susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats que leurs condisciples, à niveau égal de compétence. Dans un tiers des pays de l’OCDE, toutefois, le redoublement est fréquent : le pourcentage d’élèves de 15 ans déclarant avoir redoublé au moins une fois va de 7 % en Grèce à 38 % en France". La France championne de l'Ocde en matière de redoublement ! "Regards sur l'éducation " relève cette particularité française dans sa dernière édition. Un trait qui n'est pas sans rapport avec des dépenses éducatives au-dessus de la moyenne de l'Ocde.

Le caractère inopérant du redoublement a pourtant été attesté par plusieurs études scientifiques en France même. Mais sa pratique est largement acceptée aussi bien chez les enseignants que chez les parents.
Etude Ocde (en pdf)
http://www.oecd.org/dataoecd/51/25/37392770.pdf
Le redoublement inopérant mais socialement efficace
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index040906.php
Le dossier spécial du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/52.php#135

Le redoublement : inopérant mais socialement efficace…
"Se prononcer pour la suppression du redoublement au motif selon lequel il est « inefficace » – à cet égard le constat des pédagogues et chercheurs en éducation est sans appel – revient à dire que la danse du serpent des indiens Hopi (une des cérémonies amérindiennes les plus spectaculaires) pour faire venir la pluie ne sert à rien. Or, par un tel jugement, on manifeste simplement son ignorance et son incompréhension des rituels améridiens et plus largement de la place du symbolique dans les sociétés traditionnelles… Il s’agit de rechercher la ou les fonctions latentes du rituel". La comparaison de Hugues Draelants, Girsef, peut choquer. Elle éclaire pourtant un nouveau pan de la recherche sur le redoublement.

L'auteur ne cherche pas à démontrer à démontrer l'efficacité pédagogique du redoublement. Son inefficacité est démontrée par de nombreux travaux. Ainsi, dans une publication de l'Iredu, Thierry Troncin jugeait le redoublement "une solution injuste, inefficace sur le plan pédagogique et coûteuse". Il montrait que les redoublants de CP "resteront plus faibles que leurs pairs" tout au long de leur scolarité : seulement 1 sur 10 obtiendra un bac technologique ou général.

D'ailleurs la plupart des pays européens l'ignorent. Mais chez ceux qui le pratiquent (la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne), parents et enseignants lui restent fortement attachés. La récente tentative belge de le faire disparaître au primaire l'atteste.

Pourquoi ces résistances ? H. Draelants étudie les réactions des enseignants belges. Et pour lui, s'il se maintient contre vents et marées, c'est tout simplement parce qu'il a son utilité. " Le redoublement fait l’objet d’un attachement social important et est une pratique difficile à abolir. D’une part, car nombre d’acteurs scolaires continuent à croire dans l’efficacité de la fonction manifeste, on l’a vu. D’autre part, peut-être plus fondamentalement, car le redoublement servait et sert toujours en Communauté française (là où il n’est pas interdit) à assumer une série de fonctions latentes".

Il en distingue quatre : "une fonction de gestion de l’hétérogénéité et de tri des élèves au sein des établissements ; une fonction de positionnement stratégique et symbolique par rapport à des établissements environnants ; une fonction de régulation de l’ordre scolaire au sein de la classe ; une fonction de maintien de l’autonomie professionnelle des enseignants".

"En l’absence du redoublement, les enseignants se plaignent en effet du défaut de motivation induit auprès des élèves, il devient (encore plus) difficile de les faire travailler. Ce type de réaction… traduit ainsi le problème d’une relation de longue complicité entre le principe de la menace et le système scolaire qui a été observée en Belgique francophone. La remise en cause du redoublement, bouleverse donc les rôles jusque là établis et soutenus par ce dispositif et redistribue les cartes du pouvoir. Les enseignants ressentent en effet des problèmes d’autorité…, ce qui apparaît fortement déstabilisant".

Cette déstabilisation rejoint d'autres exigences nouvelles qui touchent le métier d'enseignant. H. Draelants rejoint ici les travaux de Maroy qui analysent la résistance aux réformes comme une réaction à une forme de dépossession professionnelle. "L’interdiction du redoublement au sein du premier cycle participe de fait avec d’autres mesures – instauration d’un droit de recours face aux décisions du conseil de classe ; complication de la procédure d’exclusion ; règles très précises aux refus d’inscription – à priver les établissements et les enseignants de leurs instruments de régulation ordinaire. Face à cette abolition des anciens repères, certains enseignants résistent afin de conserver la maîtrise de leur profession. Ainsi, l’attachement manifesté par les enseignants vis-à-vis du redoublement peut aussi se comprendre comme l’expression d’un groupe professionnel qui revendique le maintien de son autonomie et une certaine vision de ce que l’Ecole doit être. Le redoublement apparaît en effet comme un des instruments de la sélection méritocratique qui, elle même, symbolise un certain pouvoir enseignant et modèle de fonctionnement du système scolaire aujourd’hui en crise".La défense du redoublement par les enseignants est donc liée à la défense de l’ « autonomie relative » de l’Ecole par rapport au politique et par rapport aux chercheurs et experts qui inspirent celle-ci, voire par rapport aux parents ou au « marché »".

Ce mouvement de réaction n'est pas sans rapport avec d'autres formes de résistance aux évolutions sociales voire technologiques. Il illustre la crise globale de certaines sociétés européennes. Seuls les citoyens peuvent changer l'Ecole.
Etude de H. Draelants
http://www.girsef.ucl.ac.be/Cahiers_CREF/052cahier.pdf
Dossier spécial du Café : Le redoublement en débat
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/52.php#135
L'Ecole et sa régulation : C. Maroy
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index030206.php

Les écoles de filles ne bénéficient pas aux filles
"La raison pour laquelle les gens pensent que les écoles non-mixtes sont meilleures, est liée aux résultats de ces écoles. Mais ce sont généralement des établissements prestigieux et ils ont de bons résultats du fait des compétences et du milieu social d'origine de leurs élèves. Leur succès n'est pas un argument pour refuser la mixité". Selon le Guardian, une étude du professeur Alan Smithers, université de Buckingham, montre que le fait d'appartenir à une école mixte ou non mixte a peu d'impact sur les résultats scolaires, toutes choses étant égales par ailleurs.

Son étude qui devrait être publiée à un congrès des chefs d'établissement, pourrait avoir un impact en Angleterre et aux Etats-Unis. De plus en plus d'établissements ouvrent des classes non mixtes arguant du fait que les filles et les garçons se développent intellectuellement de façon différente.

Mais pour A. Smithers, le refus de la mixité n'apporte aucune supériorité nulle part au monde. Ainsi en Belgique, où la plupart des établissements ne sont pas mixtes, ce sont les écoles mixtes qui ont les meilleurs résultats.
http://education.guardian.co.uk/schools/story/0,,180564[...]
http://news.bbc.co.uk/1/hi/education/5117500.stm

Handicap : Une circulaire organise le projet personnel de scolarisation
" La présente circulaire a pour objet de préciser, en application des articles D. 351-3 à D. 351-20 du code de l’éducation relatifs au parcours de formation des élèves présentant un handicap, la notion d’établissement scolaire de référence et les conditions du parcours scolaire des élèves handicapés, d’organiser la mise en place des équipes de suivi de la scolarisation et les modalités de leur fonctionnement, de préciser les missions et le positionnement des enseignants référents". Le texte entre dans les détails d'application de la loi de février 2005 prévoyant la scolarisation de tous les enfants.

Il précise la notion "d'établissement scolaire de référence" et rappelle que " Lors de la première scolarisation, le plus souvent en école maternelle, avant toute évaluation des besoins en situation scolaire par l’équipe de suivi de la scolarisation et avant toute décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, l’élève handicapé est accueilli dans les mêmes conditions que les autres élèves sous réserve des aménagements spécifiques nécessaires". Il appartient alors à l'équipe éducative de saisir le professeur référent et d'informer la famille.

Le texte prévoit également l'emploi du temps de l'élève handicapé, précise la composition et les missions de l'équipe de suivi de la scolarisation et rappelle le rôle de l'enseignant référent.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/32/MENE0602187C.ht[...]

Renforcement de l'accueil des élèves handicapés
Une circulaire précise les moyens supplémentaires et les dispositifs pour améliorer l'intégration des élèves handicapés en conformité avec la loi 11 février 2005. Le texte annonce l'ouverture de 200 UPI nouvelles. Il précise les modalités de mise en place des projets personnalisés de scolarisation : " Tout doit être mis en œuvre pour que la continuité des parcours scolaires de collégiens souffrant de troubles importants des fonctions cognitives vers les lycées professionnels soit assurée". Il insiste sur la nécessité d'un accueil spécifique des élèves pour les premiers jours de la rentrée et d'une information des enseignants. " Les réunions de prérentrée, organisées dans le premier et le second degré, doivent être mises à profit par les inspecteurs de l’éducation nationale et les chefs d’établissements pour informer tous les enseignants des droits nouveaux que la loi ouvre aux élèves handicapés et des devoirs qu’elle confère à l’institution scolaire".
Le B.O. en pdf
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2006/31/31_v1[...]

L'Apajh ouvre une permanence téléphonique
Le service Handicap Assistance de la fédération des APAJH, association pour adultes et jeunes handicapés, ouvre une permanence téléphonique pour la rentrée scolaire. Au 08 10 81 84 12, les familles peuvent témoigner et obtenir des conseils pour aider à l'intégration scolaire de leur enfant.
http://www.apajh.org

Un collectif fait un point critique de l'application de la loi sur le handicap
"Le Collectif pour la Refondation de la Politique du Handicap continue de douter sur la capacité structurelle du cadre législatif de répondre aux attentes et aux besoins des personnes en situations de handicap, ainsi que sur les financements mobilisés pour atteindre cet objectif". Le collectif, qui regroupe une trentaine d'associations (Fcpe, Afm, Apajh, Cmt France, Dden, Fsu, Jpa, Se-Unsa, Mgen, Ligue de l'enseignement etc.) dénonce l'insuffisance des moyens budgétaires mis pour appliquer la loi du 11 février 2005.
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id=531

La responsabilité parentale au J.O.
Le Journal officiel du 2 septembre publie la loi sur la responsabilité parentale. Celle-ci permet au président du conseil général de suspendre le versement des allocations familiales aux parents d'enfant qui seraient absentéistes ou qui perturberaient les cours. Des mesures appliquées, pour l'absentéisme, en Angleterre sans grand succès.
Au J.O.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/Visu?cid=772936&in[...]

Rentrée inquiète pour les élèves sans papiers
La Fcpe et la Peep s'inquiètent du sort réservé aux élèves sans papiers. La Peep rencontrera A. Klarsfeld, médiateur national pour ce dossier. Selon l'AFP, elle estime que " cette question est devenue un problème très politique, qui ne relève plus des problèmes de scolarité, et donc nous n'avons pas de position de principe sur les élèves sans-papiers" mais souhaite défendre plusieurs dossiers.

Le FCPE de Paris manifeste sa colère après l'expulsion de Jeff Babatundé Shittu. " La FCPE-Paris, fidèle à ses principes d’égalité et de droit à l’éducation pour tous, reste solidaire de Jeff comme des autres jeunes majeurs scolarisés et des parents d’élèves sans papiers". Une manifestation aura lieu devant son lycée le 1er au matin.

Interrogé, le ministre ne garantit pas que des élèves sans papiers ne soient arrêtés à la porte de leur école.
Dépêche AFP
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
Communiqué Fcpe 75
http://www.cpe75.org/cdpe/pdf/CPJeff.pdf

- Orientation    [ Haut ]

L'Ecole marque pour longtemps les carrières professionnelles
Selon la façon dont s'est déroulée l'orientation scolaire et dont les études ont été vécues, la formation initiale procure des ressources de plus ou moins longue portée et qui ont de multiples résonances tout au long des débuts de carrière professionnelle". Selon une étude du Céreq réalisée auprès de jeunes travailleurs, la façon dont a été vécue l'Ecole et les choix d'orientation réalisés marque pour longtemps le devenir professionnel.

C'est ce qu'établissent la soixantaine d'entretiens réalisés par le Céreq. Ils montrent que l'impact de la formation initiale ne se limite pas au diplôme obtenu. "Elle procure d'autres ressources telles que des réseaux relationnels, une acculturation professionnelle, une ouverture vers de nouveaux centres d'intérêt".
Bref n°231
http://www.cereq.fr/

Changer les lois du genre pour changer l'orientation
En Allemagne, la moitié des garçons s'orientent vers seulement une vingtaine de professions traditionnelles. Pour casser les préjugés machistes et ouvrir de nouvelles perspectives aux garçons, le gouvernement allemand lance une campagne d'affichage relayée par des actions dans les écoles. Un guide est édité pour les enseignants ainsi q'une version destinée aux jeunes turcs. Objectif : amener davantage de garçons vers les métiers de service, d'action sociale, de soins à la personne.
http://www.neue-wege-fuer-jungs.de/neue_wege_fuer_jungs[...]

Officiel : l'argent ne fait pas le bonheur !
C'est Daniel Kahneman et le Centre d'études de politique économique de Princeton qui l'affirment : une augmentation de salaire ne correspond pas à plus de bonheur. Selon le Bulletin Etats-Unis du 13 juillet, 57% des personnes ayant un revenu annuel de 20 à 50 000 dollars, 50% des 50 à 90 000 dollars et 52% des personnes gagnant plus de 90 000 dollars s'estiment "heureux" aux Etats-Unis. Il faut descendre en dessous de 20 000 dollars (le seuil de pauvreté pour une famille de 4 personnes aux Etats-Unis) pour que le taux de bonheur chute à 22%. Voilà une étude qui rendra heureuse la rue de Grenelle au moment où elle annonce la suppression des décharges…
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/34578[...]

En 2015 le chômage des jeunes perdurera
" À l'horizon 2015, malgré des évolutions démographiques favorables à l'emploi, le risque majeur demeure celui d'une persistance de l'insuffisance globale du nombre d'emplois offerts aux jeunes et d'une vulnérabilité au chômage plus grande pour les moins formés". Le ministère publie une étude prospective sur l'emploi à l'horizon 2015 réalisée par le Bipe. Elle a la particularité de proposer une analyse par domaine professionnel plutôt que par CPS.

Selon cette étude, les sorties annuelles de l'emploi des baby-boomers devraient atteindre 511 000 personnes par an. Les recrutements de jeunes devraient atteindre 600 000 personnes par an. Ces besoins seront inférieurs aux sorties du système éducatif : 680 000 par an.

Les secteurs offrant le plus de débouchés seraient le commerce, le domaine santé – action sociale, le BTP, les services aux particuliers,l'enseignement,l'hôtellerie, la gestion, la fonction publique et la banque.
http://www.education.gouv.fr/stateval/dossiers/listedos[...]
Haut Comité Education Economie Emploi
http://www.cafepedagogique.net/disci/parents/71.php

Chirac veut créer un service public d'orientation
"je demande au Premier ministre de créer, avant la fin de l'année, un service public de l'orientation car on ne peut pas, indéfiniment, laisser un grand nombre de jeunes choisir des orientations alors qu'on sait parfaitement qu'il n'y a pas d'emploi à la clé". Lors d'un entretien télévisé sur France 2 le 26 juin, le président de la République a demandé la création d'un service public d'orientation.
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interven[...]

- Mon enfant    [ Haut ]

Les élèves ne sont pas sans valeurs
"Les collégiens font part d’un plus grand rejet à l’égard des discriminations et d’une plus grande ouverture d’esprit que les écoliers. Ils s’affirment également plus nettement au sein de leur groupe de camarades et attachent plus d’importance aux libertés d’expression. Mais ils respectent beaucoup moins scrupuleusement les règles, notamment celles de la vie scolaire.". Alors qu'ils sont guettés par la nouvelle note de vie scolaire, le ministère publie les résultats d'une enquête sur "les attitudes à l'égard de la vie en société des élèves de fin d'école et de fin de collège".

Au hit-parade des valeurs des écoliers et des collégiens, la tolérance et la défense de l'environnement l'emportent de loin. La solidarité est assez partagée. Enfin, l'enquête révèle une grande acceptation de la loi et des contraintes de la vie scolaire chez les écoliers qui s'émousse nettement au collège.

Fils d'ouvriers et fils de patrons. Mais le premier enseignement est sans doute dans la constatation de valeurs partagées par tous ces jeunes. En ce sens, l'Ecole fonctionne comme un creuset. Avec ses limites. Si 19% des écoliers trouvent inacceptables les grèves, c'est le cas de 18% des enfants des zep et de 23% des écoliers du privé. " Au niveau des différences notables, on remarque que les élèves de ZEP/REP se déclarent moins soucieux de l’écologie et de l’environnement et moins tolérants que leurs camarades des autres types d’écoles. En revanche, ils obtiennent 1 point de plus que les élèves du secteur public hors ZEP/REP dans le domaine Vie scolaire… Les élèves du privé… défendent moins les libertés publiques que les autres élèves".

Les jeunes ne sont plus ce qu'ils étaient. Comparativement aux jeunes de 1994, les élèves de 2005 sont plus tolérants mais font preuve d'un moindre respect envers les normes scolaires.
L'étude (en pdf)
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne2[...]
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

"Pas de zéro de conduite" appelle à la sauvegarde du secret professionnel
"Le projet de loi de prévention de la délinquance qui vient en discussion au Sénat le 13 septembre comporte toujours, dans son article 5, une mesure de levée du secret professionnel dans le cas de personnes présentant de graves "difficultés sociales, éducatives ou matérielles" au profit du maire de la commune. Ainsi, les professionnels de santé ou de l’action sociale seraient dans l'obligation d'informer systématiquement le maire de difficultés qui relèvent d’un soutien social, éducatif ou de soins, au nom de la prévention de la délinquance. Or chacun sait qu'il est essentiel que les citoyens puissent continuer à bénéficier de garanties de protection de l’intimité de leur vie privée, lorsqu'ils ont besoin d'une aide. C’est parce qu’ils savent cette confidentialité protégée que les parents acceptent de faire part de leurs difficultés les plus graves et de recevoir le soutien des professionnels qui sont alors fondés à élaborer avec eux des mesures de prévention ou de soins". Fort de ses 189 000 signataires, le mouvement "Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans" appelle à préserver le secret professionnel et à envoyer une lettre type aux sénateurs et députés pour modifier l'article 5 du projet de loi.

"Si cet article était voté, c'est la condition première de tout travail de prévention efficace et de qualité qui serait détruite. Alors, au nom d'une soi-disant meilleure efficacité de la prévention, on aboutirait au résultat inverse". L'article 5 du projet de loi stipule : "Lorsque la gravité des difficultés sociales, éducatives ou matérielles d'une personne ou de personnes composant une même famille, constatée par un professionnel de l'action sociale telle que définie à l'article L. 116-1, appelle l'action de plusieurs intervenants, celui-ci en informe le maire de la commune de résidence pour assurer une meilleure efficacité de l'action sociale…. Ces professionnels et le coordonnateur sont autorisés à partager les informations et documents nécessaires à la continuité et à l'efficacité de leurs interventions. Les informations ainsi communiquées ne peuvent être divulguées à des tiers sous peine des sanctions prévues à l'article 226-13 du code pénal. Le professionnel intervenant seul dans les conditions prévues au premier alinéa et le coordonnateur sont autorisés à révéler au maire ou à son représentant, au sens de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, les informations confidentielles qui sont nécessaires à l'exercice de ses compétences dans les domaines sanitaire, social et éducatif".
Le site de "Pas de zéro…"
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/
Le projet de loi
http://www.senat.fr/dossierleg/pjl05-433.html

La famille, les jeunes et… Internet
"En encouragent l'autonomie et le libre-arbitre de l'enfant, n'est-on pas en train , nous adultes, de les envoyer, sans défense, dans un univers impitoyable,parce que très normatif, qui laisse peu de place à l'expression de l'individualité ?... Ne faudrait-il pas essayer de remettre un peu d'équilibre dans ce système où le monde adulte est de moins en moins présent dans l'univers culturel des enfants ?" Dominique Pasquier ouvre ce numéro hors-série de L'école des parents qui publie les actes du colloque "Jeunes / parents / médias, des relations à décrypter" de février 2006.

Dans les familles l'arrivée d'Internet et du mobile ne se fait pas sans susciter inquiétude et crises. Le magazine montre l'impact des médias sur la vie familiale et sur celle de l'adolescent entre addiction et créativité. Claude Allard, Serge Tisseron, Michaël Stora analysent l'impact du net et du virtuel sur les psychologies adolescentes : toute-puissance, narcissisme, intimité partagée.

Un autre chapitre est dédié à l'école. Déjà Dominique Pasquier opposait culture scolaire et culture adolescente. "Une grande partie des problèmes qui se posent dans les milieux scolaires est liée au fait qu'il y a de plus en plus de distance entre une culture de masse dominée par des industries culturelles, dont les jeunes sont très friands, et une culture scolaire fondée sur une référence aux livres qui est une culture humaniste, et qui devient de plus en plus étrangère". Mais pour François Mariet, université Paris Dauphine, s'il y a crise avec l'Ecole, elle vient d'ailleurs. "L'économie numérique qui se met en place bouscule cette institution là où on ne l'attend pas, dans ce qu'elle a de plus fondamental et de moins éducatif : ses murs, ses horaires, ses outils, ses hiérarchies d'autorités, ses modes de vie (assis, immobile, ne pas communiquer, les regroupements par classes d'âge), sa durée, sa place dans les cycles de vie, son économie même (gratuité, obligation). Les évidences tombent. On ferait bien de s'y préparer".
L'école des parents, n°559 hors-série, septembre 2006.
Le sommaire
http://www.ecoledesparents.org/revue/horsserie11.html

La culture numérique des adolescents et l'Ecole
"L’École continue de défendre, malgré de nombreux soubresauts internes, une “culture cultivée”. Or, pour les élèves cette culture ferait d’autant moins sens et serait d’autant moins acceptée, que les adultes eux-mêmes ne la légitiment plus". La Lettre de la Cellule de veille scientifique et technologique de l'INRP reprend cette opinion de Bruno Devauchelle, exprimée dans un éditorial du Café, pour aborder la question de l'impact des TIC sur le mode de vie et les rapports à la culture es ados.

Qu'en est-il de la culture numérique des adolescents, interroge Claude Rigaud. "Comment enseigner aux adolescents en France, en Europe ou ailleurs, alors que l’école n’est plus l’unique référent, ne va pas de soi comme lieu d’échanges, de partage des savoirs et de projets à investir pour l’adolescent ? Les nouveaux médias ont-ils révolutionné les pratiques pédagogiques ? Qu’en est-il de ce renouveau tant annoncé de la forme scolaire ? L’école ignore-t-elle les outils privilégiés de l’Internet social ?"

La Lettre synthétise les travaux sur le sujet et dresse le tableau d'un divorce : une jeunesse qui s'ennuie à l'Ecole et une Ecole condamnée à être "débranchée". A "la scission générationnelle" répondent "les désillusions des TIC à l'Ecole".

Il y a pourtant des perspectives plus positives. La Lettre en présente : usages des blogs à l'Ecole, potentiel éducatif des TIC. Une synthèse passionnante, qui associe sources francophones et anglophones, et qui permet en quelques minutes de faire l'état de la question.

Cependant il reste un champ à explorer : celui de l'impact des TIC sur les modes de raisonnement des élèves. Pour Jason L. Frand, dans Educause d'octobre 2000, les TIC les ont fortement modifié et l'Ecole doit en tenir compte. Par exemple elle peut s'appuyer sur les capacités analytiques que développent les jeux vidéos. Le divorce n'est peut-être pas une fatalité.
La Lettre
http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/juin2006.htm
Article J.L.Frand
http://www.educause.edu/pub/er/erm00/articles005/erm005[...]

Drogues : l'ivresse progresse
Les jeunes Français consomment-ils davantage de drogues ? Deux études permettent de mieux saisir la situation : d'une part l'enquête Escapad de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, d'autre part le n°34 du Bulletin épidémiologique hebdomadaire sur l'alcool en France.

Tous deux confirment une amélioration de la situation. Ainsi, selon Escapad, le tabac recule nettement chez les jeunes : -5%. Cependant un tiers des jeunes de 17 ans sont des fumeurs réguliers. La consommation de cannabis se stabilise. Un adolescent sur deux l'a expérimenté et 15% des garçons, 6% des filles de 17 ans sont des usagers réguliers.

C'est l'alcool qui pose problème. Certes la consommation globale diminue. 18% des garçons ont un usage régulier (-3%) et 6% des filles (-1%). Mais les ivresses régulières sont en hausse : 10%. Enfin un jeune sur deux (46%) déclare avoir bu au moins 5 verres d'alcool en une seule occasion au cours du mois. Ce changement dans le mode de consommation est inquiétant même si les jeunes Français sont en dessous de la moyenne européenne.
Enquête Escapad
http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/eftxfbm9.pdf
BEH sur l'alcool
http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2006/34_35/in[...]

Assureurs et professionnels s'associent pour lutter contre les cyclomoteurs débridés
Le scandale des cyclomoteurs débridés va-t-il s'arrêter ? Le débridage est couramment pratiqué par des professionnels. Il permet aux cyclomoteurs d'aller bien au-delà des 45km/h réglementaires. C'est dire qu'il n'est pas pour rien dans les nombreux accidents qui frappent les adolescents.

Le Conseil national des professions de l'automobile (92 000 entreprises) affirme son intention de lutter contre ce fléau. Pour cela il a créé une charte : les professionnels adhérents s'engageront à ne pas faire de débridage et à ne pas vendre de kit permettant de le faire. Les compagnies d'assurance visent les parents. Certaines proposent une vérification gratuite de la conformité du cyclomoteur.

Outre le risque d'accident, l'utilisation d'un cyclomoteur débridé est frappée d'une amende de 135 euros. La revente est passible de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.
Le défi sécurité
http://www.sascra.fr/defisecuritecyclo/index.php?PHPSES[...]


- La ressource du mois    [ Haut ]

Le Guide pratique de la rentrée
Un Guide spécial pour les parents. Socle commun, PPRE, méthode de lecture, note de vie scolaire, nouveau brevet, nouvelles filières au lycée… Comment se retrouver dans toutes ces évolutions ? Comment intervenir dans l'établissement ? Comment participer à l'orientation de mon enfant ? Comment l'aider dans ses travaux scolaires ? Comment mieux le comprendre ? Le "Guide des parents" propose des données, des analyses, des pistes pour accompagner, aider et comprendre son enfant.


Primaire et secondaire : le guide des professionnels. Quels nouveaux textes s'appliquent à la rentrée ? Quels nouveaux programmes ou évaluations ? Dans ma discipline, que faut-il savoir pour démarrer l'année ? Au moment où le système éducatif est profondément remis en question par le pouvoir politique, la question de ses orientations se pose de manière particulièrement urgente.

Le Guide pratique de la rentrée 2006 proposé par le Café pédagogique permet de comprendre ce que seront les enjeux et les combats de 2006-2007. Il a une attention particulière pour les enseignants débutants. Ils y trouveront les conseils, les aides, les ressources pour démarrer un métier qui reste humainement très riche.

En téléchargement. Les deux guides sont proposés gratuitement en téléchargement sur le site du Café. Faîtes les connaître !
Les sommaires des deux guides
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/r2006/index.php
L'affichette pour la salle des profs (en pdf)
http://www.cafepedagogique.net/pdf/aff_2006.pdf



Dossier spécial    [ Haut ]
- Bac : Trop de reçus ?    

Que veut dire 85% de reçus au bac ?
Les résultats du bac ne sont pas encore connus que déjà les déclinologues donnent de la voix. Ont-ils raison ?

"Le niveau d'exigence du bac baisse, dénoncent les enseignants" affirme Marie-Estelle Pesch dans Le Figaro. Elle relève qu'avec plus de 80% de réussite, la bac 2006 pourrait être "le plus facile depuis mai 1968". D'ailleurs, selon elle, "cette interrogation sur le manque d'exigences des épreuves touche tous les examens".

S'il est vrai qu'un fort taux de réussite en 2006 constitue un apparent paradoxe après plusieurs semaines de grève dans les lycées, ces affirmations ne sont pas recevables.

Il faut rappeler d'abord que le taux de 1968 était vraiment extraordinaire puisque le taux de réussite tournait autour de 60% dans les années 1960 et qu'il a été de 81% en 1968. Si le taux de 2006 monte jusqu'à 85% en série générale, par exemple, il ne sera que de 1% supérieur à celui des années 2003 – 2005. Car l'idée d'une forte progression du nombre de reçus fausse la réalité de l'évolution du bac. Ce que montrent les statistiques officielles, c'est au contraire une stabilisation de la proportion de bacheliers depuis le milieu des années 1990. De la même façon, le pic de 1968 cache une tendance à la forte augmentation des bacheliers de 1960 à 1970, puis de 1986 à 1994. Depuis 1995, la progression s'est brisée et la proportion de bacheliers stagne à un niveau qui n'est pas exceptionnel dans les pays développés :un peu plus de 60% d'une génération.

Partant de cette erreur de perspective, Le Figaro tente de trouver des explications. " A partir du moment où il y a des problèmes de manifestations et de cours supprimés, il est évident que les organisateurs du bac demandent aux correcteurs d'être un tout petit peu plus sympas". Il est possible effectivement que les jurys soient un peu plus indulgents pour les candidats ayant un bon livret scolaire mais on voit mal "les organisateurs du bac" (le ministre ??) venir paternellement le leur demander… Autre explication, selon M.-E. Pesch, "de nombreux points auraient par ailleurs été facilement glanés grâce aux travaux personnels encadrés (TPE)". Une accusation qu'on entend… depuis que les TPE existent. Pas de chance pour Le Figaro : cette année exceptionnellement, suite à la suppression des TPE par F. Fillon puis à leur rétablissement, les travaux de TPE ne sont pas évalués. Les points accordés au titre des TPE sont les points obtenus par le candidat dans l'épreuve écrite d'une des disciplines de TPE. En clair les points de TPE sont en fait ceux des dissertations si chères aux déclinologues… Cet article ne fait que ressasser les préjugés et les opinions toutes faites remâchées chaque année comme un vieux chewing-gum par un lobby dégoûté par une jeunesse qu'il ne reconnaît pas.

Car ce qui défrise dans un fort taux de réussite au bac c'est quand même que certains qui n'y arrivaient pas y arrivent. Or on sait bien que statistiquement on a d'autant plus de chances de réussir le bac que l'on est issu d'un milieu favorisé. L'élévation du taux de réussite au bac renvoie à sa démocratisation. Ce n'est pas tolérable pour tout le monde…

Mais il nous reste notre paradoxe : comment expliquer qu'après autant de grèves le taux de réussite augmente ? Osons un contre paradoxe : et si le lycée apprenait avant tout autre chose qu'à réussir le bac ? Autre chose de plus subtil, de plus intellectuel, à la fois savoir réfléchir, ouvrir sa tête à des idées nouvelles, découvrir des univers, apprendre à se situer dans une société de pairs, gérer ses sentiments… Toutes choses qui absorbent beaucoup de temps et d'énergie dans une année scolaire normale. Le bac mobilise-t-il toutes ces compétences ? Il semble bien qu'il fasse prioritairement appel à la mémorisation, y compris dans les exercices que l'on présente souvent comme de haute volée. Quel candidat n'a pas appris par cœur des plans de dissertation ? On se rend compte de la force de la mémorisation quand on ose une innovation même minime, par exemple en 2003 dans l'épreuve de maths. Aussitôt on frôle la catastrophe. La mémorisation nécessite moins d'heures de cours. Il semble bien que c'est comme cela que les élèves et leurs professeurs s'en sont sortis cette année.

Si le taux de bacheliers monte cette année à 85% cela ne changera pas sensiblement l'évolution du taux de réussite. Puisse cela nous faire réfléchir à ce que nous évaluons dans cet examen et dons à ses finalités.
Article du Figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20060710.FIG000000098_bac[...]
Les statistiques du bac
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/actu/2006/bac/st[...]
Dossier spécial du Café : pesanteurs sociales et réussite scolaire
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/73.php#158

Il y a-t-il trop de diplômés ?
"A-t-on raison de persister à vouloir mener 80 % d’une classe d’âge au bac ? Oui, si l’objectif est de donner à tous un niveau commun de formation. Encore faut-il le définir. Les comparaisons internationales montrent que les facteurs affectant le plus la cohésion sociale ne relèvent pas tant du niveau d’instruction moyen de la population que de l’égalité de niveau entre chacun : plus les écarts se creusent, plus les effets sont négatifs et se ressentent, par exemple, en termes de violence. Or, plus on élève le niveau, plus il est difficile de l’atteindre, et plus on prend le risque que subsiste un noyau d’exclus. C’est le reproche à faire aux 80 % : quid des 20 % restants ?" Dans L'Humanité Marie Duru-Bellat jette un regard critique sur la course au bac et aux diplômes. " Encore une fois, cela profite à ceux qui sont déjà en tête. En outre, je m’interroge : ces jeunes, qui sont en maîtrise, y prennent-ils du plaisir ? Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le choix, parce qu’on leur a dit que pour trouver un emploi il fallait un bac + 4".

Faut-il élever le nombre de reçus au bac ? A-t-on besoin de davantage de diplômés ? Marie Duru-Bellat, dans son livre sur "L'inflation scolaire" juge que non. La question fait débat. Ainsi pour A. Schleicher, patron de l'éducation à l'OCDE, " les économies les plus compétitives seront celles qui produiront le plus d'information et de connaissances… On pourrait penser qu'avec un tel développement de l'éducation il y aurait une baisse de la valeur des diplômes. A l'évidence c'est le contraire. A l'exception de l'Espagne, les revenus et les autres variables qui nous informent sur la valeur sur le marché du travail de l'éducation ont augmenté plus vite que l'offre depuis 1998. La demande de personnel qualifié augmente plus vite que la fourniture par nos universités".

Retrouvez dans le Café les éléments du débat.
http://www.humanite.fr/journal/2006-07-08/2006-07-08-83[...]
Dossier spécial sur l'inflation scolaire
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/71.php#200
Article de M. Duru-Bellat dansle Café 72
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/72.php

Qu'en est-il ailleurs ? Un exemple : le Canada
Publiée en juillet 2006, l'étude de Danielle Shaienks, Judy Eis-Culkin et Patrick Bussière analyse le cheminement d'études des jeunes Canadiens de 18 à 20 ans. Dans ce pays, le pourcentage de jeunes ayant un diplôme de fin du secondaire est passé de 75% en 1999 à 90% en 2003. Trois jeunes sur quatre entreprennent des études supérieures : 62% en 1999, 76% en 2003. La proportion de diplômés du supérieur chez les jeunes est passée de 32% en 1991 à 53% en 2003. Des chiffres très supérieurs aux chiffres français. Une ombre persiste dans le paysage : le taux de décrocheurs du secondaire, ces jeunes qui quittent le lycée sans aucun diplôme, reste stable : 11% en 1999, 10% en 2003.
http://www.statcan.ca/francais/research/81-595-MIF/81-5[...]


[ Haut ]

Archives de la rubrique La page des parents :

Café  n°1 - n°2 - n°3 - n°4 - n°5 - n°6 - n°7 - n°8 - n°9 - n°10 - n°11 - n°12 - n°13 - n°14 - n°15 - n°16 - n°17 - n°18 - n°19 - n°20 - n°21 - n°22 - n°23 - n°24 - n°25 - n°26 - n°27 - n°28 - n°29 - n°30 - n°31 - n°32 - n°33 - n°34 - n°35 - n°36 - n°37 - n°38 - n°39 - n°40 - n°41 - n°42 - n°43 - n°44 - n°45 - n°46 - n°47 - n°48 - n°49 - n°50 - n°51 - n°52 - n°53 - n°54 - n°55 - n°56 - n°57 - n°58 - n°59 - n°60 - n°61 - n°62 - n°63 - n°64 - n°65 - n°66 - n°67 - n°68 - n°69 - n°70 - n°71 - n°72 - n°73 - n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78 -

 
Le point pour la rentrée 2006

Dossier Bac et Brevet : préparation, entraînement, auto-évaluation

  La rubrique La page des parents dans les archives :
 • Les dernières éditions du Café :
n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78
 • Les archives complètes


 • Envoyer une info
 • Nous écrire


 • S'abonner à cette rubrique
 • Nous connaître
 • Nous aider
 • Version imprimable