Pédagogie (Café N° 56)

Version imprimable Version imprimable

Édition du 14-11-2004

- François Jarraud -

- A la Une : Les TPE menacés par Fillon    [ Haut ]

Le ministre de l'éducation nationale met à l'ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil Supérieur de l'Education, le 2 décembre, deux projets d'arrêtés supprimant les Travaux Personnels Encadrés en terminale et modifiant en conséquence le baccalauréat des séries générales. Pour F. Fillon, "la mesure proposée se traduira pour les élèves et leurs professeurs par un allégement de leur charge globale de travail au profit de la préparation de l'examen. Malgré l'intérêt pédagogique croissant qu'ils suscitent, les TPE sont ressentis en terminale comme une surcharge de travail l'année de l'examen". L'argument est de peu de poids puisque les TPE sont une option facultative du baccalauréat général, plébiscitée par 9 candidats sur 10 ! Les TPE amènent chaque lycéen à s'investir dans une démarche de recherche suivie par deux professeurs de disciplines différentes où la méthode de recherche est évaluée autant que le résultat final. Le projet ministériel suscite de nombreuses réactions négatives. Pour le SE Unsa, "François Fillon ne se contente plus de surfer sur la vague rétro, il planifie la régression, et les TPE, seule innovation pédagogique d'importance depuis dix ans au lycée, vont être engloutis, sacrifiés sur l'autel du bachotage". Du coté des parents, pour la FCPE, "le ministre supprime autoritairement, sans la moindre concertation, une démarche pédagogique qui instaurait des relations de travail authentiques entre enseignants, entre élèves et enseignants, entre élèves eux-mêmes, relations fondées sur la coopération et la richesse du travail mené en commun… Par conviction de classe et pour satisfaire la fraction la plus conservatrice des enseignants et des familles nanties de ce pays, le ministre restaure le lycée d’enseignement général conçu comme la seule voie d’excellence, avec un baccalauréat revenu à son caractère napoléonien… Il ruine, sans scrupule, les efforts importants déployés depuis 4 ans par son administration centrale, par les équipes pédagogiques… (Il) rame à contre-courant des évolutions du monde du travail qui ne cesse de solliciter l’aptitude à communiquer, à échanger les savoirs, à travailler ensemble". Il faut rappeler que l'impact des TPE sur les résultats du bac n'est pas négligeable. La décision est aussi contestée par les lycéens. Pour l'UNL, "les TPE faisaient partie de ces nouveautés qui offrent une vision attractive du lycée. Par cette démarche pluridisciplinaire, l'élève apprend l'autonomie, le travail en groupe et découvre son professeur sous un angle différent, plus ouvert au dialogue".
Dans un dossier du café pédagogique sur les TPE réalisé en 2001, Raoul Pantanella définissait ainsi les TPE " Dispositif pédagogique judicieux, les TPE incitent les enseignants à travailler en équipe, à décloisonner leurs disciplines, à collaborer avec les documentalistes, à proposer aux élèves de devenir actifs et de prendre des initiatives pour leurs apprentissages intellectuels. Ils sont destinés, pour deux heures hebdomadaires seulement, non pas à concurrencer les cours traditionnels et à ajouter des contenus à des programmes déjà trop chargés, mais à apprendre aux élèves à devenir un peu autonomes, à chercher des documents, à utiliser les outils informatiques et Internet, à se poser des questions et à y répondre de façon argumentée, à considérer les savoirs scolaires sous l'angle pluridisciplinaire et décloisonné, à prendre la parole en public, à travailler en groupe et coopérer, à mener à bien un projet personnel de recherche et de production. Ils donnent aux lycéens un plus pour la motivation à apprendre et l'accroche personnelle face aux savoirs académiques. Ils les préparent à être actifs, à ne pas attendre seulement des profs qu'ils leur apportent des connaissances prédigérées et cherchent à leur place des documents et des réponses. En terminale, les TPE devaient initier les lycéens à leur futur " métier " d'étudiants". La suppression des TPE ramènerait le lycée général à la pédagogie la plus traditionnelle et mettrait en danger sa difficile, mais nécessaire, démocratisation.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emp loi_041110112012.e9p946nq.html
http://www.fcpe.asso.fr/article.aspx?id= 395
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ tpe/index.php



- Réflexion    [ Haut ]

L'Inspection générale demande une réforme de la formation des maîtres
Le rapport annuel de l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale appelle à une réforme de la formation initiale des maîtres. L'IGAEN souhaite que la formation soit hissée au niveau du master, soit bac + 5, avec un pré-recrutement au niveau licence. La formation professionnelle durerait deux ans et évaluerait de façon égale la formation disciplinaire et la préparation au métier d'enseignant. L'IGAEN a également analysé les dispositifs de mutation des enseignants et se déclare globalement satisfaite des évolutions. Le taux de satisfaction des enseignants aurait doublé depuis 1998. S'agissant des remplacements, l'IGAEN recommande d'y intéresser les chefs d'établissements en leur donnant des moyens pour faire face localement aux absences.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/b rp/notices/044000141.shtml

C. Forestier plaide pour l'élargissement de la voie générale
"Comment assurer l'égalité des chances ou comment aligner la réussite scolaire des élèves de toutes les origines sur celle des jeunes qui sont issus des milieux les plus favorisés ? Cet objectif ne se justifie pas seulement pour des raisons d'équité, mais aussi pour répondre à la nécessité d'augmenter le nombre d'élèves hautement qualifiés. Faire réussir les élèves des milieux modestes n'est donc pas seulement juste mais nécessaire". Relevant qu'un quart des jeunes quittent l'école sans réelle qualification et que seulement un quart auront un diplôme de l'enseignement supérieur de second cycle, Christian Forestier, président du Haut conseil de l'évaluation de l'école, plaide pour un système plus exigeant. Il s'oppose ainsi aux recommandations du rapport Thélot : "socle commun" et incitation à aller vers la voie professionnelle. Pour lui, "en n'accueillant pas plus du tiers d'une génération dans la voie générale du lycée, on compromet les chances d'atteindre les objectifs en matière d'enseignement supérieur et cela d'autant plus que les deux tiers des élèves orientés vers les voies technologiques et professionnelles iront dans des formations qui sont trop souvent des formations générales dégradées, plutôt que des formations technologiques et professionnelles exigeantes. La proposition qui consiste à attirer massivement, via une rémunération, les enfants des milieux modestes dans la voie professionnelle ne va pas dans le sens de la nécessaire démocratisation de la voie générale". Oui mais comment élargir celui-ci sans faire évoluer les pratiques pédagogiques ?
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=247714

P. Meirieu publie Le monde n'est pas un jouet
"Les élèves ont de plus en plus de difficultés à sortir de la toute puissance de l’égocentrisme enfantin, à sortir de cet univers où le monde entier est un jouet. Pour l’éducateur, le monde n’est pas un jouet ; un enfant a le droit d’arracher les yeux de sa poupée, il n’a pas le droit d’arracher les yeux de sa petite sœur… ce qui n’est plus une évidence pour beaucoup d’enfants. Sachons-le : le monde entier est devenu un jouet et, pour beaucoup d’entre eux, jouer avec le corps ou l’esprit de l’autre est devenu une banalité. Avec les jeux électroniques ou les émissions de télévision, y a une convergence qui conduit les enfants à penser que le monde entier est un jouet". Cette réflexion, Philippe Meirieu l'avait menée sur Savoirs CDI voici quelques mois. Il reprend cette image dans un ouvrage qui est publié chez Desclée de Brouwer et qui réfléchit sur de multiples éléments de la vie quotidienne : la télé-réalité, les jeux vidéo, la télé-surveillance, le rapport à l'autorité. Pour amener à une réflexion centrale : comment comprendre un phénomène aussi préoccupant que la transformation du monde en gigantesque ludothèque ? Comment réagir devant les triomphes de l'instrumentalisation du monde au service de nos fantasmes de toute-puissance ? Comment agir pour préparer un autre monde, qui soit plus accueillant et solidaire ?
Entretien sur Savoirs CDI
http://savoirscdi.cndp.fr/rencontrelyon/ meirieu/meirieu.htm

Les inégalités entre école et société
L’état des inégalités à l’école est-il le reflet des inégalités présentes dans la société ou dépend-il plutôt des caractéristiques propres des systèmes scolaires ? Vincent Dupriez et Xavier Dumay, Université catholique de Louvain (Belgique) apportent une réponse à cette question dans un nouveau Cahier du Girsef, en se basant à la fois sur l'enquête PISA et la recherche sur ce sujet. "On peut considérer qu’une logique de différenciation des élèves, telle qu’elle se manifeste dans des filières précoces, dans un usage intensif du redoublement et dans la ségrégation entre établissements est propice à un accroissement des inégalités à l’école. Au contraire, une logique d’intégration est associée à une diminution des inégalités". C'est donc bien le système scolaire qui est le premier facteur d'inégalité. Mais la société joue aussi son rôle, entre autre dans la pression qu'elle exerce sur l'Ecole. La Belgique francophone en offre un bel exemple avec la réintroduction du redoublement dans le secondaire. Pour les auteurs, " c’est le contexte culturel et politique d’une société qui rend possible et donne sens à une structure scolaire spécifique".
http://www.i6doc.com/cgi-bin/WebObjects/ I6Doc.woa/1/wo/kDJGGcUdDM6DIiUDegWJsM/4.0 .11.2.61.6.0

Le rapport de l'IGEN sur Paris
Le rapport de l'inspection générale sur l'académie de Paris a mis du temps à être rendu public. Libération a publié en premier,le 25 octobre, des extraits qui mettent en évidence de graves carences dans l'académie qui aboutissent à encourager l'exclusion sociale. Ainsi, pour ce rapport, "les maîtres parisiens sont plutôt moins innovants et impliqués" que la moyenne; les méthodes d'enseignement seraient "fortement marquées par les modèles magistraux" . Résultat : un écart s'installe très tôt entre les bons élèves, issus des milieux favorisés et les plus faibles : 12% des élèves du 10ème arrondissement ont 2 ans de retard à l'entrée en 6ème contre 0,5% de ceux du 5ème. . La situation s'aggrave au collège. Les exigences des collèges sont "excessives", la sévérité "exagérée". La ségrégation s'affirme entre les "bons" établissements et les autres au gré d'une carte scolaire qui n'est respectée que par les moins habiles : la moitié des collégiens sont désectorisés. Le lycée est dans la droite ligne : " Les "bons" établissements, comme les "bonnes" classes, deviennent toujours meilleurs. C'est ce système même qui interdit la réussite des autres lycéens, parce qu'à ne mettre ensemble que des élèves "faibles", on se donne peu de chances d'en faire, malgré tous les efforts, d'excellents élèves", rapporte Libération. Le rapport est maintenant en ligne sur le site académique.
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=248653
http://www.ac-paris.fr/IMG/pdf/RAPPORT_D EFINITIF_12-10-2004-2.pdf

Les dispositifs bilangues
"Le caractère expérimental des classes bilangues ne peut perdurer. Une harmonisation et une clarification s'imposent". Au terme d'une enquête sur les classes de collège où sont enseignées dès la 6ème eux langues vivantes, l'inspection générale de langues vivantes dresse un bilan très positif : élèves plus vifs, à l'esprit plus ouvert, demandeurs. Mais l'enquête pointe aussi des errances dont le difficile lien avec l'enseignement primaire.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/b rp/notices/044000496.shtml

A. Bentolila pour l'hétérogénéité scolaire
Dénonçant, dans Le Figaro du 25 octobre, la "ghettoïsation scolaire", Alain Bentolila (Paris V) écarte l'égalitarisme au profit de la différence. " Lutter contre la ghettoïsation scolaire, c'est introduire, pas à pas, des éléments de mixité culturelle et sociale : faire de la différence un principe positif de la politique éducative. Cela signifie que la mobilité positive doit remplacer la discrimination positive et que, par exemple, l'établissement des cartes scolaires intègre en douceur cette décision de ne plus accepter l'existence «d'écoles-poubelles»". A Bentolila demande la destruction de ces établissements. Curieusement, il affirme que "le rapport Thélot se garde bien d'évoquer la triste réalité des ghettos scolaires" alors que celui-ci suggère une solution identique. C'est peut-être qu'il défend l'idée d'une école à plusieurs vitesses. "Il ne faut pas imaginer faire avancer tous les élèves au même rythme en leur fixant les mêmes échéances. Il faudra, dans des écoles ayant retrouvé une hétérogénéité désirée et contrôlée, être d'abord d'une exigence absolue sur la probité intellectuelle que tout élève devra posséder en entrant au collège : exigence vis-à-vis de soi ; de ce que je dis, de ce que j'écris ; exigence vis-à-vis des autres, de ce qu'ils me disent, de ce qu'ils m'écrivent". Une façon de réserver l'Ecole aux élèves méritants ?
http://www.lefigaro.fr/debats/20041025.F IG0311.html

Intervenir en établissement
Sur le site de Jacques Nimier, Alain Bouvier, ancien recteur, INRP, présente l'histoire et les évolutions des interventions en établissement. Audit, coaching, projet d'établissement, formations à la communication, l'intervention en établissement peut prendre des formes variées. Mais "il est aisé de pronostiquer que les pratiques d'intervention en établissement se multiplieront, se diversifieront et, dans chaque cas, correspondront de plus en plus à une demande spécifique de l'EPLE". On trouvera également surle site de J. Nimier de nouvelles rubriques bibliographiques et une réflexion de Bernadette Duvivier sur l'interdisciplinarité.
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier

Internet et la mutualisation
"Pour moi, ce qui a été le plus important avec Internet dans l’éducation, c’est un phénomène qui était peu visible au début mais qui s’est amplifié et confirmé ; c’est la pratique de la mutualisation par les enseignants… Tout d’un coup, Internet a apporté du souffle, une bouffée d’air, il a offert un vaste espace d’échanges". Sur savoirs CDI, Serge Pouts-Lajus (OTE, Café pédagogique) réfléchit à l'impact d'Internet sur les pratiques des enseignants. " Internet est un petit outil, mais on a déjà prouvé qu’avec lui, on pouvait faire de grandes choses... S’il permettait d’enrichir et de pacifier les relations entre les enseignants et les familles, à partir d’autres bases, ce serait déjà beaucoup. Je pense que les enseignants ont besoin de mieux savoir dans quelles conditions leurs élèves travaillent quand ils sont sortis de la classe. Ils doivent aussi savoir que, contrairement à ce qu’ils croient souvent, les familles ne sont pas démissionnaires par rapport à la scolarité de leurs enfants. Au contraire. Mais lorsque les parents ont eux-mêmes connu l’échec scolaire, ils ne sont pas en bonne position pour aller à l’école discuter des difficultés de leur enfant. D’ailleurs, même quand ils ont peu de moyens, les parents n’hésitent pas à acheter un ordinateur et un accès Internet, en espérant que cela sera utile pour la scolarité. Il serait temps de leur donner satisfaction. C’est justement l’ambition des ENT. C’est un processus qui commence".
http://savoirscdi.cndp.fr/archives/dossi er_mois/poutslajus/SPL.htm

Culture académique et culture TIC
"Malgré tout le travail et les succès des professionnels des TIC, l'enseignement et la scolarité dans les meilleurs établissements d'enseignement supérieur résistent aux possibilités des TIC". Dans le nouveau numéro d'Educause, une revue américaine, Edward L. Ayers, doyen d'un collège de Virginie, fait un bilan amer de l'intégration des TIC dans l'enseignement supérieur aux Etats-Unis. "Le problème est que la culture académique et la culture des TIC ne se mélangent pas bien". Pourtant E.L. Ayers montre les apports de ces technologies à l'enseignement universitaire, ne serait ce que par le développement des outils documentaires et de communication. Il appelle à un effort. "La culture académique… s'est adaptée à une masse beaucoup plus large et diverse d'étudiants, à des disciplines nouvelles… Elle peut changer encore.. par l'intégration de nouveaux outils techniques".
http://www.educause.edu/ir/library/pdf/e rm0462.pdf

La Lettre de Prisme
La nouvelle Lettre de l'association Prisme diffuse une foule d'informations sur les politiques locales d'éducation et particulièrement la lutte contre les inégalités et la réflexion sur le devenir de l'Ecole. A lire, par exemple, les billets d'humeur sur le rapport Thélot.
http://www.prisme-asso.org/article.php3? id_article=183

Education pour tous : objectif inaccessible selon l'Unesco
"Des classes surchargées, des enseignants peu qualifiés et des écoles sous-équipées disposant d’un matériel pédagogique insuffisant sont encore la réalité de nombreux pays". Selon le Rapport mondial de suivi de l'éducation pour tous (EPT) établi par l'Unesco, l'objectif de la scolarisation dans le primaire de tous les enfants en 2015 ne sera probablement pas atteint. Malgré les efforts, 103 millions d'enfants ne sont pas scolarisés, parmi lesquels 57% de filles. C'est mieux qu'en 1998 où ils étaient 107 millions. Mais à ce rythme là, le taux de scolarisation net devrait atteindre seulement 87% en 2015. L'achèvement du cycle primaire, absolument nécessaire pour l'apprentissage définitif de la lecture et de l'écriture, reste une source de préoccupations : le taux de survie en 5ème année du primaire n'atteint pas 75% dans 30 pays. Le rapport de l'Unesco met l'accent sur le déficit de qualité de l'enseignement. C'est lui qui met en danger le plan EPT. Ainsi, au Togo, seuls 2% des professeurs ont un diplôme du premier cycle de l'enseignement secondaire. Le rapport établit un "indice du développement de l'éducation pour tous" qui permet de déterminer dans quelle mesure les pays atteignent les objectifs du plan EPT : enseignement primaire universel, parité, alphabétisation et qualité de l'enseignement. Un tiers des pays, principalement développés, ont atteint les objectifs. Un autre tiers est loin de ls atteindre : il s'agit de pays d'Afrique subsaharienne mais aussi de pays très peuplés d'Asie comme l'Inde, le Bangladesh et le Pakistan. L'Unesco propose des mesures politiques pour soutenir le plan mais aussi appelle les pays donateurs à davantage d'effort financier.
http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_I D=23451&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.h tml
http://www.unesco.org/education/gmr_down load/fr_summary.pdf

Forte croissance des classes relais
Crées en 1998 pour accueillir des jeunes en échec scolaire et en rejet de l'Ecole, les classes relais ont triplé depuis leur création, passant de 98 à 286. Selon une étude ministérielle, elles accueillent moins de jeunes déscolarisés ou faisant l'objet d'une mesure éducative. Cette évolution est-elle l'indice "de la mise à l'écart temporaire d'élèves perturbateurs plutôt que de la volonté de rescolariser des élèves qui s'éloigneraient de l'institution scolaire" ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/noteeval/eva0411.pdf

Profs de cité
"La prof, elle est reubeu !" Le Parisien du 9 novembre consacre un intéressant dossier à un phénomène passé jusque là inaperçu : l'arrivée en ZEP de profs issus des cités. Ainsi, selon Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l'IUFM de Créteil, 20% des nouveaux enseignants de cette académie auraient grandi dans les cités. Des professeurs qui s'érigent parfois en grands frères : "je veux enseigner en ZEP parce que les élèves ne sont pas plus terribles qu'ailleurs, il y trop de préjugés sur les cités" affirme l'un d'eux.
http://www.leparisien.com/home/info/vivr emieux/article.htm?articleid=241186381
http://www.leparisien.com/home/info/vivr emieux/article.htm?articleid=241186391
http://www.leparisien.com/home/info/vivr emieux/article.htm?articleid=241186388


- Projets    [ Haut ]

TICE : Journées de Clermont-Ferrand
Organisées par le CRDP de Clermont-Ferrand, ces Journées accorderont les 17 et 18 novembre une très large place aux TICE. Au programme : de conférences sur les nouveaux espaces numériques de travail, la présentation de ressources (ENS, KNE, CNS, Le Site.tv) et d'offres d'environnements (Num@, laclasse.com, C@jou, le cartable électronique de Savoie etc.) et de très nombreux ateliers sur les usages des TICE dans l'orientation, les langues, la lecture, les sciences etc. Sur deux journées, Clermont-Ferrand donne à voir un pan de l'école du futur.
http://www3.ac-clermont.fr/16ej/index.ht ml

Congrès de l'OCDE sur les enseignants
"De bons enseignants sont essentiels à la réussite des systèmes éducatifs mais ils ne sont pas toujours faciles à trouver ni à retenir." Alors qu'un fort pourcentage d'enseignants partira en retraite dans les prochaines années dans l'ensemble des pays développés, l'OCDE réunit les responsables éducatifs des pays membres les 18 et 19 novembre à Amsterdam. Le congrès publiera les résultats d'une étude sur les politiques à l'égard des enseignants menée dans 25 pays.
http://www.oecd.org/document/26/0,2340,f r_2649_201185_33875674_1_1_1_1,00.html
http://www.minocw.nl/congres_ocw-oecd/

TICE : Bilan positif du colloque de Compiègne
Du 20 au 22 octobre, l'université de technologie de Compiègne a accueilli le quatrième colloque international, intitulée TICE 2004, « Technologies de l’Information et de la Connaissance dans l’Enseignement Supérieur et l’Industrie ». Pour les organisateurs, François Peccoud, Claude Frasson et Claude Moreau, le bilan est "très positifs". Trois cent participants ont pu faire le point sur les recherches et les usages des TICE dans l'enseignement supérieur. Parmi les thèmes abordés : l'évolution des outils et des méthodes pédagogiques, la mise en place des espaces numériques de travail (ENT) dans l'enseignement supérieur, les relations nord-sud, l'industrialisation du tutorat, les problèmes de normalisation. Les actes devraient prochainement être disponibles en ligne.
Le programme
http://www.utc.fr/tice2004/
Les interventions filmées sur Canal U
http://colloquesetconferences.u-strasbg. fr
Prochainement les actes sur Edu Tice
http://archive-edutice.ccsd.cnrs.fr

Le prix puRkwa récompense un colombien et un américain
Mauricio Duque a développé en Colombie un programme d'apprentissage des sciences par une approche concrète de la nature. Michael Klentschy a permis à 27.000 jeunes Californiens d'accéder aux sciences , à la lecture et à l'anglais. Le jury international du prix puRkwa les a récompensé le 2 novembre à Saint-Etienne. Créé à l'initiative de R. Germinet, directeur de l'Ecole des mines de Saint-Etienne pour encourager l'alphabétisation scientifique des enfants de la planète, le prix puRkwa est décerné par un jury de scientifiques où l'on retrouve Georges Charpak, Etienne-Emile Baulieu, Bruce Alberts, Sven-Olof Holmgren, Harold W. Kroto etc.
http://www.emse.fr/fr/actualites/purkwa/

Etats-Unis : Quand les lycéens se font entendre…
Les jeunes sont capables d'améliorer eux-mêmes leur école. C'est le message qu'a réussi à faire passer What Kids Can Do, une organisation charitable américaine. Plus de 6000 lycéens de 5 grandes villes américaines ont participé l'an dernier à une enquête dirigée par leurs pairs sur leur vie scolaire. Premier enseignement : les lycéens apprécient leurs professeurs mais veulent plus de contact avec eux. Un quart des jeunes estiment n'avoir aucun adulte à qui parler dans leur école. 87% pensent qu'un peu plus d'attention de la part de leurs maîtres les aiderait à réussir. 40% déclarent avoir souvent besoin d'aide mais 68% affirment que leurs professeurs ne leur parlent jamais de leurs résultats scolaires. L'enquête ne s'en est pas tenu là. Elle a permis de faire entendre les demandes jeunes. Ainsi, une école de Saint Louis a mis en place une demi-heure de rencontre quotidienne profs – élèves.
http://www.whatkidscando.org/studentalli es/studentalliesintro.html

Un projet avec la Pologne
Le lycée d'enseignement général de Szczecin (Pologne) lance un concours international intitulé "animation assisté par ordinateur" et invite les lycéens français à y participer.
http://www.lo4.szczecin.pl/


- Ressources    [ Haut ]

Des pratiques innovantes à Nancy-Metz
L'Ecole est souvent accusée d'être repliée sur elle-même. Pourtant de nombreux enseignants exposent ce qu'ils font concrètement dans leur classe sur le site du Pôle académique de soutien à l'innovation de Nancy-Metz.. Comment accueillir des élèves en rupture scolaire ? Comment utiliser les TICE ? Comment associer les jeunes au fonctionnement de l'école ? Comment améliorer l'expression orale ? Comment apprendre l'anglais avec l'Internet ? Des réponses concrètes à des questions qui parcourent l'école.
http://www.ac-nancy-metz.fr/MIVR/SitePas i/Default.htm

Exploiter l'évaluation de 6ème
Cette brochure, issue des travaux d'un groupe d'enseignants de la Sarthe, explique précisément ce que l'évaluation nationale mesure et le remet dabs la perspective de l'enseignement des maths et du français à l'école et au collège. Elle donne des exemples très concrets d'exploitation des résultats de l'évaluation et de séquences de remédiation. Un outil fort utile.
http://www.ac-nantes.fr/ia72/commun/tele chargements/EduSarthe/ressources/exploite val2004.pdf

Le conseil de classe
Il dure en moyenne 1h30 et se tient en fin de trimestre. Le conseil de classe est bien un temps fort de la vie scolaire. L'inspection académique de la Sarthe a réalisé un fort intéressant dossier qui rend compte des pratiques et des attentes et qui propose de nombreuses pistes pour réfléchir sur le conseil. Ainsi le dossier nous apprend comment est préparé et suivi le conseil dans les établissements du département. Plus savoureux, il nous propose un lexique et un dictionnaire des appréciations à porter sur le bulletin ! On appréciera également les fiches de préparation pour le rôle de délégué ou d'analyse des discours professoraux. Une étude à consulter avant la fin du trimestre !
Etude sur le conseil de classe (pdf)
http://www.ac-nantes.fr/ia72/commun/tele chargements/EduSarthe/ressources/changcon seil.pdf
Tous les travaux d'EduSarthe
http://www.ac-nantes.fr/ia72/publication s/edusarthe/index.php?nav=T2

L'heure de vie de classe
Instituée il y a 5 ans, l'heure de vie de classe doit permettre aux élèves de s'exprimer sur le fonctionnement de la classe et de faire face aux difficultés. C'est dire qu'elle rencontre quelques réticences. Le CNDP publie un intéressant dossier qui montre l'intérêt de ce dispositif. On y trouvera des exemples de pratiques, des liens vers de nombreuses ressources et un entretien avec François Dubet qui met cette innovation en perspective. " Il y a aujourd’hui un risque que la crispation, la déception, l’amertume l’emportent, que tous les mouvements, nés de l’enthousiasme et de la mobilisation de pédagogues, s’épuisent. Actuellement, nous sommes dans une phase de repli. Mais, quel que soit le nom qu’on lui donne, qu’il existe un moment régulier dans l’année où les élèves et les enseignants parlent de leur vie commune à l’école, des problèmes rencontrés, m’apparaît indispensable. Cela relève de l’apprentissage de la démocratie". A noter également la publication au CRDP d'Amiens de l'ouvrage d'A. Dubois et M. Wehrung "Professeur principal. Animer les heures de vie de classe". Le Café reviendra prochainement sur ce livre.
Dossier du CNDP
http://www.cndp.fr/actualites/question/c itoyennete/presentation.htm
L'ouvrage de A. Dubois et M. Wehrung
http://crdp.ac-amiens.fr/cyberlib/accuei l.htm

Classes relais et Ecole ouverte
L'IGAEN s'est aussi penchée sur les classes relais et le dispositif Ecole ouverte. Deux dispositifs qui se sont développés rapidement et souvent sans vue d'ensemble au niveau local ou national. L'IGAEN déplore un "engagement insuffisant" des enseignants dans les dispositifs relais : ceux-ci fonctionnent grâce à l'apport d'aides éducateurs. Elle rappelle la "nécessité d'un pilotage national unique, d'un pilotage académique renforcé et d'une approche éducative par bassin". D'autant qu'une spécialisation semble s'amorcer au sein des ateliers et classes relais.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/b rp/notices/044000141.shtml

Plus d'étudiants car davantage de chômage
Selon une étude ministérielle, à la rentrée 2003, "le nombre d'inscriptions dans le supérieur n'a jamais été aussi important". L'enseignement supérieur français accueillait 2.255.000 jeunes, un chiffre en hausse de 2,1% qui vient après une longue période de stagnation entre 1995 et 2001. La hausse résulte à la fois d'une augmentation de l'offre de formation, particulièrement dans le domaine de la santé, et de la conjoncture économique défavorable "qui pousse les étudiants à poursuivre leurs études plutôt que de se présenter sur le marché du travail". La hausse touche inégalement les filières. Les IUT et les sections de techniciens supérieures accueillent moins d'étudiants alors que les universités, les écoles paramédicales et les écoles de commerce reçoivent davantage d'étudiants.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/ni0428.pdf

Regards sur le système éducatif français
Sur le site ministériel, ces pages permettent de découvrir interactivement les principales données sur le système éducatif français ainsi que des analyses et perspectives : les résultats des élèves, l'égalité des chances, la vie à l'école etc.
http://www.education.gouv.fr/stateval/re gards/index.htm

[ Haut ]

Archives de la rubrique Pédagogie :

Café  n°1 - n°2 - n°3 - n°4 - n°5 - n°6 - n°7 - n°8 - n°9 - n°10 - n°11 - n°12 - n°13 - n°14 - n°15 - n°16 - n°17 - n°18 - n°19 - n°20 - n°21 - n°22 - n°23 - n°24 - n°25 - n°26 - n°27 - n°28 - n°29 - n°30 - n°31 - n°32 - n°33 - n°34 - n°35 - n°36 - n°37 - n°38 - n°39 - n°40 - n°41 - n°42 - n°43 - n°44 - n°45 - n°46 - n°47 - n°48 - n°49 - n°50 - n°51 - n°52 - n°53 - n°54 - n°55 - n°56 - n°57 - n°58 - n°59 - n°60 - n°61 - n°62 - n°63 - n°64 - n°65 - n°66 - n°67 - n°68 - n°69 - n°70 - n°71 - n°72 - n°73 - n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78 -

 
  La rubrique Pédagogie dans les archives :
 • Les dernières éditions du Café :
n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78
 • Les archives complètes


 • Envoyer une info
 • Nous écrire


 • S'abonner à cette rubrique
 • Nous connaître
 • Nous aider
 • Version imprimable