Pédagogie (Café N° 62)

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Édition du 12-05-2005

- François Jarraud -

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" La question de l’efficacité des méthodes pédagogiques donne lieu depuis plusieurs années, en France et au Québec, à des débats virulents entre les partisans des méthodes dites « centrées sur l’enseignement » et ceux des méthodes dites « centrées sur l’apprentissage ». En France, la loi d’orientation s’est beaucoup inspirée des premières" Serge Pouts-Lajus analyse un texte québécois qui affirme que la supériorité des premières est scientifiquement démontrée. Il démontre les tromperies et omissions des partisans de l'école traditionnelle. Un texte à découvrir sur le site du Café pédagogique.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ contribs/faus.php

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Les femmes en éducation
"Les rapports sociaux de sexe en éducation et en formation nuisent-ils toujours au développement des filles et des femmes? Est-il suffisant d’avoir recours à l’analyse quantitative pour expliquer la place des filles et des femmes dans les études postsecondaires?.. Qu’en est-il de la dynamique de la réussite scolaire des filles ?.. Les stéréotypes et la ségrégation sexuelle limitent-ils l’accès des femmes aux savoirs théoriques et pratiques dans des champs d’études autrefois réservés aux hommes? Quels rapports les filles entretiennent-elles avec les sciences et avec la technologie?.. Quel est l’état des lieux de la discipline « sciences de l’éducation » et les études féministes? Comment se manifeste l’iniquité en éducation et en formation pour les filles et les femmes? " Voici quelques unes des questions auxquelles tente de répondre le numéro de printemps 2005 de la revue de l'Acelf Education et francophonie.

Au Canada comme en France, les succès scolaires des filles interrogent les chercheurs. P. Bouchard et J.-C. Saint-Amand font le point sur les facteurs explicatifs d'une question qui renvoie à des enjeux majeurs de société. "depuis une dizaine d’années est apparu dans les médias un contre-discours masculiniste centré sur les « difficultés scolaires des garçons » dont s’inspire une large variété de projets dans les écoles. L’analyse montre que ces interventions sont conçues à partir de conceptions essentialistes et innéistes de l’identité masculine. De plus, leur inefficacité sur le plan de la réussite scolaire pointe vers un tout autre agenda : celui de récupérer des privilèges masculins perdus." Ainsi pour les chercheurs, "La réussite scolaire comparée selon le sexe constitue un catalyseur des discours masculinistes, c’est-à-dire la porte d’entrée privilégiée par laquelle des groupes d’hommes « préconise[ent] un retour aux valeurs traditionnelles ainsi qu’à la famille nucléaire… Les enjeux du discours masculiniste sont à la fois de récupérer des privilèges perdus et d’arrêter la démarche d’émancipation des femmes ». L’éducation a constitué à cet effet un outil central. Sous le couvert de nouvelles problématiques, elle est redevenue un enjeu des rapports sociaux entre les sexes où se joue la place des femmes dans la société de demain".

Les autres articles abordent la question des acquis scolaires des filles dans les enquêtes internationales, des relations éducatives en EPS, de la construction sexuée du rapport au savoir et de la place des femmes en formation. Tous les articles de cette importante contribution sont intégralement accessibles en ligne.

Les femmes en éducation et en formation, Éducation et francophonie, Volume XXXIII, numéro 1, printemps 2005.
http://www.acelf.ca/c/revue/sommaire.php ?id=17

Le soutien scolaire : industrie à risque
Au moment du dernier effort vers le bac, Libération publie un article d'analyse du soutien scolaire. Il s'appuie sur une étude à paraître réalisée par D. Glasman pour le Haut conseil de l'évaluation de l'école. Le soutien scolaire connaîtrait une croissance rapide, creusant l'inégalité sociale face à l'Ecole. Celle-ci est mise en accusation : " Le principal carburant de la demande demeure l'incapacité du service public à assurer ses missions : l'insuffisance des dispositifs de soutien gratuits et le manque d'attention porté aux élèves au fur et à mesure qu'ils progressent dans le cursus… Se faire réexpliquer ce que l'on n'a pas compris n'est pas possible dans les conditions normales de fonctionnement de la classe, ça l'est dans le cours particulier".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=292561
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=292564
http://www.cafepedagogique.net/disci/art icle/60.php

Le B2i reste en marge du collège
"Le brevet informatique et internet fait désormais partie du paysage éducatif du collège. Pourtant, bien que le dispositif donne globalement satisfaction à ceux qui le font fonctionner, il est important de noter qu’il ne concerne encore que le quart seulement des enseignants et ne semble pas actuellement jouer le rôle de levier que d’aucuns lui avaient assigné pour développer l’usage des TIC dans les pratiques enseignantes disciplinaires". Selon une étude ministérielle, deux collèges sur trois auraient mis en place le B2i, un dispositif lancé en 2001. L'enquête montre la place déterminante des chefs d'établissement pour assurer sa diffusion. Mais les validations demandées par le B2i restent le fait "d'un petit nombre d'enseignants parmi lesquels le professeur de technologie est très impliqué".

Ce rapport confirme sur ce point l'enquête du Café pédagogique qui avait mis en évidence le rôle des chefs d'établissement et des profs de technologie mais par contre estimé en 2004 à seulement 40% la proportion de collèges préparant le B2i. Elle avait également mis en évidence " la dispersion des pratiques" d'évaluation, un point assez préoccupant qui n'est pas analysée dans l'étude officielle.

Celle-ci estime que le B2i échoue à faciliter une évolution des pratiques enseignantes. "Le développement du B2i passe d’abord par l’intégration toujours plus grande de l’usage des TIC dans les pratiques des enseignants puis par une meilleure information de ces derniers, qui peuvent utiliser les TIC avec les élèves sans toujours savoir qu’ils mettent régulièrement en œuvre des compétences constitutives du B2i qu’ils pourraient valider. À cet égard l’amélioration de la circulation des feuilles de position des élèves paraît indispensable".
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/noteeval/ne2005/eva0504.pdf
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ b2i2004/index.php
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

L'Europe école d'échanges
"L'enseignant dans sa classe est de plus en plus amené à se servir de l'interaction des disciplines car la réalité ne peut se laisser enfermée dans une discipline quelle qu'elle soit, les T.P.E. en sont un exemple!... Il en est de même pour l'Europe qui paradoxalement se construit sur la prise en compte de l'interaction des pays et donc de leur interdépendance… Enfin l'Europe est une occasion d'échanges pour les enseignants et les élèves. Ces échanges peuvent ouvrir les esprits à la tolérance, à l'écoute de l'autre différent. Ils peuvent également conduire à une interrogation sur les diverses cultures". Pour Jacques Nimier la construction européenne est l'occasion d'évoquer la construction des cultures et des identités collectives. Il s'appuie notamment sur les ouvrages de J. Demorgon.
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/

Les attentes des enfants d'immigrés
Libération du 3 mai cite une étude réalisée pour le Haut Conseil à l'évaluation de l'école sur les représentations scolaires des enfants d'immigrés. "Encouragés par des parents qui n'ont quasiment pas connu l'école dans leur pays d'origine, les enfants d'immigrés nourrissent de grands rêves pour leur scolarité. Comparés à ceux des enfants nés de deux parents français, leurs souhaits de formation sont nettement plus ambitieux : tous veulent faire des études supérieures. Mais en appartenant dans le même temps aux milieux sociaux les plus défavorisés, ils sont davantage vulnérables à l'échec scolaire. Un décalage qui nourrit un sentiment d'injustice ainsi qu'une désillusion plus grande à l'égard de l'école".
http://www.liberation.fr/page.php?Articl e=293828

Portrait des enseignants
Neuf enseignants sur dix perçoivent un "malaise" dans la profession et 60% se sentent personnellement concernés. C'est là un des résultats d'une intéressante enquête menée par le ministère auprès d'un échantillon de 1000 enseignants, publiée intégralement dans le numéro 163 des Dossiers Evaluation et statistiques. A l'origine de ce malaise : les difficultés du métier, la dégradation de l'image des enseignants, le sentiment d'impuissance face à l'idéal de réussite des élèves. Certes 81% des professeurs sont "satisfaits" du métier. Mais, affirme cette étude, "la perception de la difficulté grandit avec le vieillissement". Parmi les motifs qui rendent ce travail difficile sont évoqués le comportement des élèves, la difficulté de les faire progresser et la "complexité des missions demandées à l'enseignant". En conséquence, ils sont généralement favorables à une prise en compte de la difficulté d'exercer dans des contextes difficiles sous forme de points pour une mutation ou d'avancement plus rapide. L'étude établit 4 profils types d'enseignants qui partagent le corps en parts quasi égales. Les "évolutifs" seraient prêts à se reconvertir et à une seconde carrière et pour l'avancement au mérite. Les "satisfaits" ne connaîtraient pas le malaise enseignant. Les "statiques" sont en fait mécontents et déçus par le métier. Enfin les "réservés" sont assez satisfaits mais réservés face à l'avancement eu mérite…
http://www.education.gouv.fr/stateval/do ssiers/listedossiers2005b.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index280205.php

La France record du mal-être à l'école
"La France détient le record du mal-être à l’école avec 45% seulement des élèves se sentant à leur place en classe, contre 81% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Un score qui en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour rendre notre école efficace, performante et plus juste". Commentant l'enquête PISA pour le Nouvel Observateur, Bernard Hugonnier, directeur adjoint de l'éducation de l'OCDE, plaide pour une école d'accompagnement et le collège unique et contre le redoublement. "Nous constatons que l’égalité des chances passe par un vrai brassage social, y compris géographique. Le problème est comment l’organiser alors que les évolutions sociologiques poussent au contraire. Mais si on veut une éducation républicaine, on ne peut se satisfaire d’une situation où les résultats de nos enfants dépendent pour beaucoup de l’école où ils vont".
http://www.nouvelobs.com/articles/p2109/ a266102.html

Faire participer les élèves contre la violence scolaire
"Les programmes les plus appréciés en France sont aussi les plus inefficaces. Malgré cela, l'argent public continue d'y être investi largement. On confond souvent l'évaluation des effets avec la satisfaction des familles ou des professeurs. (Par exemple) on prétend sensibiliser les enfants à la loi en leur présentant une exposition itinérante ou bien un policier en uniforme. Si les élèves posent des questions, si les enseignants sont satisfaits, on est content. Et après?" Le sociologue Sébastian Roché, CNRS, ne mâche pas ses mots. Mais il propose aussi des solutions. "Il faut encourager les actions pilotées par chaque établissement, mais surtout pas promouvoir de politique nationale de lutte contre la violence. L'approche doit viser simultanément trois niveaux - l'établissement, la classe, l'élève. Les programmes qui développent les compétences des élèves (savoir résoudre un problème sans violence), ou ceux qui les sensibilisent aux règles en les faisant participer, sont efficaces".
http://www.lexpress.fr/info/societe/doss ier/violencecole/dossier.asp?ida=432594
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ violence/index.php

Comment mesurer l'équité des systèmes éducatifs ?
Sophie Morlaix, IREDU, montre l'application de l'indice de Sen au champ scolaire à travers le calcul de "l'indice de faiblesse scolaire" et de "l'indice d'excellence scolaire". Le premier prend en compte le pourcentage d'élèves faibles, la distance qui les sépare de la moyenne et la dispersion des résultats des élèves faibles. Il met en évidence des systèmes éducatifs se situant au dessus de la moyenne de faiblesse scolaire européenne (Grèce, Allemagne, Luxembourg, Portugal) c'est-à-dire ceux où il y a un fort pourcentage d'élèves faibles ou une forte dispersion. La France se situe un peu au dessus de la moyenne européenne, mais loin derrière les systèmes scolaires les plus égalitaires : Finlande, Suède, Angleterre, Irlande, Pays-Bas.
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_12 0/publications/2005/05007.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Comment expliquer le mauvais score des élèves immigrés ?
Les résultats de l'enquête internationale PISA sont impitoyables. En Allemagne ils ont mis en évidence un fossé entre les résultats des élèves allemands et des élèves immigrés, correspondant à environ une année d'étude. Pour Andreas Ammermüller, du Centre for European Economic Research, "la principale raison est à trouver dans une scolarisation plus tardive et un environnement familial moins favorable". Le nombre de livres à la maison et la langue parlée dans la famille sont des freins sur lesquels les familles peuvent agir.
ftp://ftp.zew.de/pub/zew-docs/dp/dp0518. pdf

Le pilotage par les résultats
L'ESEN, école supérieure de l'éducation nationale, publie une sélection webographique sur le pilotage par les résultats.
http://www.esen.education.fr/documentati on/liste.phtml?idRP=2&idR=304

L'innovation à l'Ecole et dans la Ville
" Les prescriptions pour un retour aux bons vieux usages d’antan ou les ratiocinations sur l’innovation invitent parfois au sourire, agacent ou font carrément grincer les dents des enseignants. Pour la plupart d’entre eux, immergés dans leurs soucis quotidiens et méfiants face aux revirements intempestifs, la mission de transmission ne consiste pas à rompre avec la tradition mais à la rendre accessible… Ils savent aussi que les élèves sont pressés, vont trop vite pour eux.., développent des curiosités exigeantes sans révérence a priori.. La synchronisation entre les différents temps qui se télescopent dans l’heure de cours, ce temps si particulier de l’apprentissage, ne va pas de soi, et les enseignants, face à un pari aussi difficile, deviennent des passeurs toujours plus anxieux. L’innovation en matière d’éducation est en ce sens une question majeure… Comment peut-on imaginer des pratiques professionnelles qui sécurisent à la fois enseignants, parents et élèves, sécurité éducative sans laquelle rien ne peut germer de l’ordre de la culture? Comment éviter les facilités de retours en arrière faussement protecteurs et surtout stériles, ou les va-et-vient de réformes inadaptées aux situations pédagogiques concrètes?". Dans le numéro 140 de VEI Diversité, Marie Raynal situe d'emblée l'innovation dans ces tensions entre Ville et Ecole, entre passéisme et agitation.

Ce nouveau numéro, croise, à travers une trentaine d'articles, trois éclairages sur l'innovation : une réflexion sur la notion elle-même, des exemples de pédagogies innovantes, des pratiques innovantes dans la ville. Il revient à Françoise Cros de démythifier l'innovation. Pour elle "finalement l'innovation traduit les incertitudes, les ambivalences, les mobilités et les contradictions de nos sociétés modernes où le temps passé semble nié au profit d'un avenir que l'on veut radieux… Depuis que l'innovation à l'école existe de manière officielle, elle a perdu de son brio pour se confondre dans la masse des incertitudes et du foisonnement de quêtes et des manifestations de sens". A son tour, l'analyse des "écoles différentes" proposée par Marie-Laure Viaud est guère optimiste : "Permettre l'ouverture de quelques écoles différentes, mais dans des conditions matérielles si pénibles qu'elles absorbent en grande partie l'énergie de l'équipe éducative, n'est ce pas un moyen d'occuper et de canaliser des militants pédagogiques ? En outre les établissements différents permettent de mettre au point des innovations ponctuelles… qui peuvent être reprises par le système et permettre à l'institution de tenir… Les établissements expérimentaux ne seraient autorisés que dans la mesure où leur existence peut servir les besoins de l'institution, c'est-à-dire à la marge".

Alors faut-il enterrer l'innovation ? Non bien sur. Anne-Marie Vaillé rappelle ce que fut le projet du Conseil national de l'innovation, avant que le ministre ne le supprime. Cécile Carra et Daniel Faggianelli rendent compte du fonctionnement d'une école expérimentale Freinet, Jean-François Marcel des projets d'un collège toulousain : deux expériences qui attestent de la nécessité d'innover dans des contextes scolaire difficiles. Alain Vantrois, directeur de l'éducation de la ville de Roubaix, montre que les acteurs locaux peuvent soutenir des pratiques nouvelles.

Ce numéro éveille chez le lecteur des sentiments contrastés. Une réflexion plus éclairée sur la nature même de l'innovation, qui pourra aller jusqu'au désenchantement chez certains. Des pistes pour réfléchir à ses pratiques. Un intérêt et des curiosités vers les champs extérieurs à l'Ecole. Aussi quelques regrets de voir les TICE absentes d'un numéro sur l'innovation.
VEI Diversité, Du neuf sur l'innovation ?, numéro 140, mars 2005
http://www.cndp.fr/revueVEI/som140.htm
http://www.cafepedagogique.net/disci/art icle/55.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/art icle/59.php

La Lettre de Prisme
La Lettre de l'association Prisme fourmille d'annonces et d'informations concernant les politiques éducatives locales, la laïcité, l'éthnicité, les initiatives sociales en milieux éducatifs. Prisme prépare son université d'été qui aura lieu du 6 au 8 juillet à La Ferté sous Jouarre.
http://www.prisme-asso.org/article.php3? id_article=245

Bac S : que de déceptions !
En baisse constante depuis 1995, la série S reçoit la moitié des bacheliers généraux, principalement des enfants de familles favorisées (40% d'enfants de cadres) et une majorité de garçons (55%). Cette série des élites accueille aussi bien des déceptions. Selon une étude ministérielle, seulement 44% des jeunes y entrent par goût des matières scientifiques. Pour un tiers des lycéens, l'orientation en S répond au désir de laisser le plus de portes ouvertes. C'est sans doute pourquoi les inscriptions en Deug scientifiques baissent : "l'intérêt pour le contenu des études dans lesquelles ils s'engagent est souvent moins marqué chez les bacheliers S inscrits dans une filière scientifique que chez ceux qui poursuivent dans d'autres filières" . 60% des bacheliers S s'inscrivent en université, 20% en Cpge et 20% en Iut ou STS.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/d pd/ni/ni2005/ni0515.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Faut-il évaluer en interne ou en externe ?
Quelle méthode privilégier pour évaluer un établissement ? La question se pose particulièrement en Belgique où, pour des raisons historiques et politiques, une totale autonomie pédagogique est laissée aux établissements. Comment s'étonner alors que la récente enquête internationale PISA ait révélé dans ce pays de fortes inégalités entre établissements ? C'est dans ce contexte que Michel Bonami, Université catholique de Louvain, étudie les effets des deux systèmes d'évaluation. Sont-ils concurrents ou complémentaires ? Pour l'auteur, "il est préférable de situer les démarches d'évaluation... dans un rapport de complémentarité… Il n'est pas exceptionnel que des acteurs internes soient intéressés par des dispositifs d'évaluation externes". Une réflexion qui fait sens également en France au moment où l'Etat change son mode de régulation et décentralise. Comment alors articuler le spécificité de l'établissement et la mission de service public ? Michel Bonami croit trouver la solution dans la mise en place d'un organisateur à l'échelon régional.
http://www.girsef.ucl.ac.be/Cahiers_CREF /038cahier.pdf


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Intertice le 25 mai
Organisé par les académies et les CRDP franciliens, "Intertice" alternera le 25 mai à Paris présentations et tables rondes autour des TICE. Les enseignants pourront découvrir des usages pédagogiques et échanger sur leurs pratiques dans une vingtaine d'espaces disciplinaires : LVE, maths, arts plastiques etc. Trois tables rondes et conférences rythmeront la journée. Ainsi le matin une conférence évoquera la protection des mineurs sur Internet. Une table ronde retracera 20 ans d'évolution des TICE du plan IPT aux ENT. L'après-midi, une seconde table ronde abordera la question des usages : quelle place pour le travail collaboratif ? Quels freins ? Quelles avancées aussi ?
http://www.intertice.fr/

Le colloque d'Education et Devenir
Du 1er au 3 avril, l'association Education et Devenir a réuni son colloque annuel à Lyon autour d'un thème : enseigner : autonomie et responsabilité des acteurs. De premiers comptes-rendus sont dès maintenant en ligne. S'y dessine globalement une vision très critique de la loi Fillon, critiquée dans ses fondements par Philippe Meirieu et dans son incohérence par Claude Pair. Jean-Paul de Gaudemar, recteur, voit au contraire dans la loi la volonté de s'intéresser aux élèves en échec. Pour Françoise Clerc la liberté pédagogique de l'enseignant ne peut se définir que dans une professionnalisation consciente.
http://education.devenir.free.fr/colloqu e05.htm

La radio des Joliots
"Ca motive, c'est un frein, ça génère plein de choses à la fois". C'est en tout cas original : une radio qui diffuse en interne des émissions réalisées par les écoliers de cycle 3. La radio des joliots lance son défi chaque vendredi depuis 1999. Pour les apprentis journalistes il faut oser s'exprimer publiquement mais aussi choisir des sujets et les réaliser. EduScol publie un reportage sur cette expérience novatrice et fait connaître le petit nombre de radios scolaires opérant en France.
http://eduscol.education.fr/D0175/r_giso rs.htm
http://www.ac-rouen.fr/pedagogie/equipes /valoinno/fiches%20%E9tablissements/27egi sors.htm

Les mouvements pédagogiques entre pratique et recherche
Comment s'articulent la recherche pédagogique, la formation et les pratiques militantes des mouvements pédagogiques ? L'INRP, l'IUFM des Pays de la Loire et l'ICEM organisent le 1er juin à Nantes, une Journée d'étude sur ces rapports entre innovation militante, recherche et innovation institutionnelle. Au programme : table ronde (J.-Y. Rocheix, F. Jacquet-Francillon, M. Butlen, N. Go) et ateliers.
http://www.paysdelaloire.iufm.fr/article .php3?id_article=568

Le Prix René Cassin interroge Internet
"Internet : chance ou danger pour les droits de l'Homme ?". C'est le sujet proposé pour le Prix René Cassin pour l'année 2005-2006. Le prix récompense des travaux sur les droits de l'Homme réalisés par des collégiens et des lycéens de l'enseignement général, technologique et professionnel.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/16/ MENE0500716N.htm


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PVD : La parité en 2005 ?
"L’éducation, c’est plus que l’apprentissage. Dans de nombreux pays, c’est une véritable bouée de sauvetage, en particulier pour les filles. Une fille non scolarisée courra plus le risque de devenir la proie du VIH/Sida et aura plus de mal à garder sa famille en bonne santé, par exemple". Carol Bellamy, directrice générale de l'Unicef rend compte du dernier rapport d'étape sur l'objectif d'Education pour tous fixé par l'ONU. Selon les chiffres de l'Unicef, le nombre d'enfants non scolarisés se situe à hauteur de 100 millions, soit 15 millions de moins qu'en 2001. Une progression record qui ne doit pas cacher les disparités entre les genres et les régions. La plupart des pays du Moyen Orient, de l'Afrique du nord, d'Asie de l'est et d'Amérique latine devraient parvenir à l'éducation primaire universelle d'ici 2015. Mais la majorité des pays d'Afrique subsaharienne et de nombreux pays d'Asie du sud en seront loin. D'autre part, sur 180 pays, 125 atteindront la parité en 2005. Ce ne sera pas le cas des pays du Moyen-Orient, d'Afrique du nord, d'Asie du sud et d'Afrique de l'ouest et centrale. Parmi les pays les plus éloignés de la parité, l'Unicef mentionne le Yémen, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso, le Mali, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Bénin, la Guinée et le Pakistan. Pour l'Unicef, la pauvreté ,le faible niveau d'instruction de la mère, la présence du Sida et de la guerre sont les principaux obstacles à l'égalité devant l'éducation. C'est pourquoi l'Unicef demande davantage d'efforts des pays développés. Il faudrait 5,6 milliards de dollars par an pour parvenir à l'éducation primaire universelle. L'objectif est "réaliste" pour Mme Bellamy.
http://www.unicef.fr/index.cfm?id=oi_pre _unicef_3376

Enseigner les valeurs
Comment enseigner les valeurs dans l'enseignement technique et professionnel ? L'Unesco publie un guide qui vise la promotion des valeurs de l'organisation internationale. Des exercices concrets font réfléchir les étudiants sur la citoyenneté (que veut dire être un bon citoyen ?), la démocratisation de son pays, la solidarité internationale et la globalisation. Le guide fait travailler également les élèves sur le développement de l'estime de soi. On pourra y piquer des exercices. Il n'est pas interdit de penser que ces réflexions sur la citoyenneté et le monde globalisé pourraient trouver leur place en éducation civique.
http://portal.unesco.org/education/fr/ev .php-URL_ID=39134&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SEC TION=201.html

L'Unesco publie un manuel pour les TICE
"Les TICE peuvent créer des environnements d'apprentissage nouveaux et ouverts". L'Unesco publie un manuel qui donne des exemples concrets d'utilisation scolaire des TIC. Il montre comment l'école doit s'adapter à l'introduction des TICE tant dans son organisation, dans les rapports profs –élèves que dans la pédagogie.
http://portal.unesco.org/education/fr/ev .php-URL_ID=38990&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SEC TION=201.html
http://unesdoc.unesco.org/images/0013/00 1390/139028e.pdf

L'orientation dans le monde
Partout dans le monde, l'orientation se situe au cœur d'enjeux socioéconomiques, au carrefour d'acteurs et de politiques aux intérêts souvent divergents. La Revue internationale d'éducation de Sèvres lui consacre son numéro d'avril 2005 (n°38) coordonné par Georges Solaux avec le souci de présenter des contextes nationaux variés. En effet, se croisent des systèmes éducatifs de pays développés (Belgique, Royaume-Uni, France), de NPI (Taïwan) et de pays en développement (Maroc, Laos, Burkina Faso). C'est dire la diversité des situations économiques et sociales, des systèmes éducatifs, des ambitions nationales et aussi des valeurs en œuvre dans ces sociétés. Comment organiser des éclairages aussi divers ?


La première partie est dédiée à l'orientation au collège à travers les exemples de la Belgique francophone et du Maroc. La première est marquée par une sélection précoce dès le premier cycle du secondaire, au gré des conseils de classe et d'une procédure assez opaque. Les mauvais résultats du système scolaire belge amène les ministres francophones à le réformer. Le second est marqué par l'inaptitude de l'Etat à scolariser toute la jeunesse au-delà de la scolarité obligatoire. D'où une sélection brutale qui éjecte plus de la moitié des jeunes (53%), quelles que soient leurs compétences et aggrave les inégalités sociales.

La seconde partie de la revue concerne l'orientation vers le supérieur à travers les exemples du Brésil, de Taïwan et du Burkina Faso. La dernière partie s'intéresse aux politiques publiques. L'exemple anglais est particulièrement intéressant puisque le service public a été privatisé, ce qui nous ramène au cas français. Or pour André Legrand, en France aussi, "il apparaît que l'Education nationale s'est progressivement retirée du jeu alors que le développement de la décentralisation et de la déconcentration renforçaient l'autonomie des acteurs locaux et que les services d'orientation étaient rejetés à la périphérie du système". Le dernier rapport de l'Inspection générale insiste sur les inégalités criantes en matière d'orientation particulièrement pour l'accès au lycée et la réduction de la mixité sociale dans les établissements. Un mécanisme que la loi Fillon, en liant l'orientation aux résultats du brevet et en refusant de faire le choix de la déségrégation, va laisser se développer.

Il manque peut-être une conclusion à ce numéro. Mais tel quel, il apporte des éclairages qui permettent une compréhension des enjeux et des valeurs qui sous-tendent la fabrication des élites dans des sociétés différentes.

Revue internationale d'éducation, Sèvres, n°38 avril 2005, Les défis de l'orientation dans le monde, CIEP, mars 2005.
http://www.ciep.fr/ries/ries38.htm

La culture en ZEP
"Offrir un nombre insuffisant d’heures d’activité intellectuelle aux élèves de ZEP est dramatique : cela entraîne inévitablement une baisse du niveau d’exigence dans les objectifs de réussite scolaire. En conséquence, quand on analyse l’emploi du temps d’une classe, plutôt que d’observer d’une part le temps (résumons-le par cette formule) du « lire - écrire - compter », d’autre part celui des activités diverses dont les activités culturelles, on devrait observer d’une part le temps de mobilisation intellectuelle, d’autre part celui de la détente, de la récréation, du divertissement". Alain Bourgarel, secrétaire-adjoint de l'Observatoire des zones prioritaires, situe bien l'enjeu des activités culturelles en ZEP. Avec ce dossier, le CNDP nous offre plusieurs fiches action qui présentent des expériences menées en ZEP, des entretiens et de nombreux liens vers des articles fondamentaux.
http://www.cndp.fr/zeprep/culture/frames et.asp?Rub=1

La démocratie dans l'Ecole
"L’école, en effet, n’est pas un lieu clos : elle n’est destinée à devenir ni le sanctuaire protégé des turbulences de la vie sociale ni une sorte d’utopie provisoire qui mettrait les futurs citoyens en contact avec les valeurs humanistes dont on espère qu’ils garderont le souvenir. L’école est dans la démocratie et prépare les élèves à en devenir acteurs. Cela crée des obligations pour tous car, à l’école de la République, est-il imaginable pour les élèves et les familles que la démocratisation des savoirs et la formation des citoyens ne passe pas par des pratiques éducatives, pédagogiques et didactiques conformes aux valeurs de la démocratie ? " Pourtant, ce numéro de mai des Cahiers pédagogiques le précise bien, la société scolaire n'est pas démocratique au sens où enseignants et élèves seraient à égalité de droits et souverains de l'institution scolaire.

Le numéro s'articule autour de trois thèmes. Le dossier s'ouvre sur une réflexion sur la notion même démocratie en lien avec l'histoire de l'institution scolaire. Une seconde partie illustre l'idée du lien nécessaire entre les idéaux démocratiques et les pratiques pédagogiques. Ainsi, pour Anne-Marie Hubat-Blanc, "la première condition pour enseigner en accord avec les valeurs de la démocratie.. est de démystifier sa propre maîtrise.., la seconde est la compétence technique…, la troisième est l'institution de la classe et le fonctionnement de l'établissement". Maryse Madiot et Philippe Tessier montrent,par exemple, comment un IDD peut être formateur en ce domaine puisque c'est "un domaine où mes élèves comme les enseignants sont amenés à exercer leur liberté d'appréciation, d'invention et d'organisation".

Le dernier chapitre s'intéresse à la démocratie, ou son absence, dans l'institution Education nationale. Un regard croisé sur les C.A. d'établissement est particulièrement intéressant.

La démocratie dans l'Ecole, Cahiers pédagogiques, n° de mai 2005, 72 pages.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/nume ro.php3?id_article=1569

Faut-il simplifier l'orthographe ?
L'Express rouvre ce vieux dossier qui renvoie à une obsession bien française : l'orthographe. L'hebdomadaire interroge les différents courants qui s'affrontent autour du sujet. Ainsi la Société des agrégés pour qui, " les moins de 30 ans, même les plus instruits, sont dysorthographiques" tout simplement. Alain Bentolila appelle à corriger certaines difficultés "gratuites". Pour Pierre Encrevé, linguiste, "l'urgence est moins de simplifier l'orthographe que son enseignement et son usage". Il dénonce l'Education nationale qui "oublie" de mettre en œuvre les textes officiels sur la simplification orthographique. Ni les rectifications de 1990, ni les textes de 1977 et de… 1901 n'auraient été publiés au B.O. ! Et il appelle à utiliser les logiciels de correction orthographique : " l'usage de ceux-ci ne s'oppose pas à la mémorisation, au contraire, il aide à fixer les formes orthographiques. Une autre de leurs vertus est de défétichiser notre orthographe, qui en a grand besoin". Pierre Encrevé semble pourtant avoir plus de 30 ans !
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossie r/francophonie/dossier.asp?ida=432649

Forte progression de l'enseignement secondaire
Près de 200 millions d'enfants supplémentaires ont eu accès au premier cycle de l'enseignement secondaire depuis 1990 affirme l'Unesco qui publie l'édition 2005 du Recueil de données mondiales sur l'éducation. Quatre enfants de 10 à 15 ans sur cinq suivent cet enseignement ce qui représente une croissance sans précédent. Elle a été très forte en Amérique du sud qui présente avec l'Europe les plus forts taux. Viennent ensuite l'Amérique du nord, l'Asie de l'est et l'Océanie (entre 90 et 100%). Deux continents restent en retrait : l'Asie de l'ouest où le taux de scolarisation n'atteint que 69% et surtout l'Afrique où, malgré une forte progression, il ne dépasse pas 45%.

La parité continue également à poser problème. Elle est atteinte dans 60 des 133 pays participant à l'enquête. Mais dans 46 pays, essentiellement en Afrique et en Asie, les filles ont moins de chances d'accéder à ce niveau d'éducation. L'ouvrage qui contient un important recueil statistique, met en évidence de fortes disparités entre états. Ainsi à richesse égale, le Bangla Desh et la Mongolie font nettement mieux que le Pakistan et la Côte d'Ivoire.
http://www.uis.unesco.org/template/pdf/g ed/2005/ged2005_en.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

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