Pédagogie (Café N° 63)

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- A la Une : 50 actions pour l'insertion des jeunes

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Édition du 09-06-2005

- François Jarraud -

- A la Une : 50 actions pour l'insertion des jeunes    [ Haut ]

Elève décrocheur, jeune sortant d'une Segpa sans solution, lycéen souhaitant s'engager dans une nouvelle voie : voilà des cas qui posent problème aux chefs d'établissements et aux professeurs principaux en fin d'année. Sans parler de l'angoisse des familles. Où trouver l'information pour trouver des formules qui mène à une qualification et à une insertion ? L'inspection académique de la Sarthe montre encore une fois l'exemple en publiant un guide "50 actions pour l'insertion des jeunes" qui présente très précisément les dispositifs. Certaines informations (adresses, contacts etc.) sont propres au département. Mais la description des voies et des formules sera utile à tous. Parmi les fiches : accompagner les sortants sans solution, les accueillir, les classes et ateliers relais, le décrochage, le rôle des contrats éducatifs locaux, les cursus adaptés en lycée, etc.
http://www.ac-nantes.fr:8080/ia72/commun /telechargements/EduSarthe/references/50a ctions.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

- Réflexion    [ Haut ]

TPE : promesse non tenue
Alors qu'une lettre vient d'être adressée aux recteurs concernant l'évaluation des TPE au bac, le Café pédagogique et le CRAP, initiateurs en décembre d'une pétition en faveur des TPE, estiment que "la parole donnée aux lycéens de maintenir les TPE au bac n'est pas réellement respectée... En supprimant les TPE en terminale et en en subordonnant l'évaluation à celle d'une des épreuves destinées à vérifier les acquisition de savoirs formels, on dénature l'esprit même des TPE". Le CRAP et le Café demandent le rétablissement des TPE en terminale "seule mesure capable de mettre fin à l'imbroglio caricatural que représente le nouveau dispositif d'évaluation des TPE".
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ tpe/index2.php
http://www.tpe-petition.net/index.php

Equité et inégalité de l'Ecole en Europe
"Quelle est l'ampleur des inégalités au sein des systèmes éducatifs européens ? Ont-ils un rôle amplificateur ou réducteur des inégalités ?" Denis Meuret, Sophie Morlaix (IREDU) et les membres du GERESE ont travaillé pendant deux ans pour mesurer et comparer l’équité des systèmes éducatifs européens. Pour cela ils ont défini 29 indicateurs concernant les conséquences individuelles de l'éducation, les aspirations des élèves, la quantité et la qualité d'éducation reçue et les effets sociaux et politiques des inégalités d'éducation.

L'étude permet de comparer très précisément les performances de chaque état. Elle aboutit à une conclusion : " A l’évidence tous les systèmes d’enseignement ne se valent pas quant à leur capacité à traiter de manière équitable les élèves. Si le constat sur ce point est solide, la question de son élucidation, celle des raisons des écarts de performance, reste entière". Plus précisément, " ce sont la Finlande, l’Autriche et le Danemark qui apparaissent globalement les plus équitables. A l’opposé, les pays les moins équitables sont l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique". La France se situant généralement dans la moyenne.

Mais encore faut-il nuancer selon les critères. Ainsi en ce qui concerne la ségrégation scolaire, " l’analyse des données recueillies, au niveau des 15 Etats membres de l’Union, a permis de distinguer trois groupes : les pays nordiques (Danemark, Suède et Finlande), qui organisent des classes et des écoles très hétérogènes et ne recourent généralement pas aux mécanismes de ségrégation décrits, les pays du sud de l’Europe (Espagne, Portugal, Italie, France et Grèce), le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Autriche, qui recourent à certains mécanismes, et la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, qui y recourent massivement" Or cette ségrégation est inefficace : "les systèmes qui pratiquent davantage la ségrégation en créant des classes aussi homogènes que possible ne sont pas ceux qui obtiennent généralement les meilleurs résultats lors de tests internationaux, ce qui ne leur permet pas d’opposer l’efficacité de telles mesures à une approche plus compréhensive". Mais d'autres variables jouent comme le climat de classe ou le soutien fourni par les enseignants. La position moyenne de la France n'est pas vraiment satisfaisante.
http://europa.eu.int/comm/education/prog rammes/socrates/observation/equality_fr.p df
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Quelles évolutions pour l'Ecole française face à la globalisation
"Le système éducatif français termine son développement quantitatif. Il va pouvoir concentrer ses efforts sur le développement qualitatif. Les expériences passées qui visaient l'amélioration de la qualité ont eu des résultats décourageant et la tendance actuelle est plutôt à encourager des initiatives locales plutôt que nationales". Estelle et François Orivel, IREDU, analysent les évolutions du système éducatif français dans un contexte d'internationalisation et d'européanisation.

Leur constat est amer : échec des réformes, résistances au changement. Par exemple ils analysent le retard dans le déploiement des TICE "Le seul problème est de motiver les enseignants. Cela nécessite des modifications dans la délivrance des diplômes et dans les tâches des enseignants. Pour le moment elles n'englobent que les heures d'enseignement. Les autres tâches, comme le tutorat…, ne sont pas reconnues".

Une situation assez rare en Europe. L'unification européenne pourrait faire évoluer les choses en homogénéisant l'économie de l'Ecole.
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_12 0/publications/2005/05020.pdf

Les économistes et l'éducation
Quel discours tiennent les économistes sur l'éducation ? Celui de l'efficacité et de l'efficience. François Orivel, IREDU, fait le point sur les travaux des économistes de l'éducation. "L’étude de l’impact des différents facteurs qui entrent dans le processus d’acquisition permet aussi d’associer à chaque facteur son niveau de coût, ce qui permet de comparer les rapports coût-efficacité de différents modes d’intervention. Certains facteurs ont un coût élevé et un effet modeste, comme la réduction de la taille des classes, alors que d’autres ont un effet important et sont relativement peu onéreux, comme la fourniture de guides du maître. D’autres facteurs ont même la caractéristique d’avoir un effet positif, tout en réduisant les coûts. C’est le cas du redoublement, qui pénalise les élèves en termes d’acquisitions, et qui coûte fort cher aux systèmes éducatifs qui y recourent de façon intensive. Le facteur dont l’impact est régulièrement le plus élevé sur les acquisitions des élèves est constitué par leur origine sociale". C'est justement cette quête de l'efficience qui traverse l'Ecole en ce moment et qui donne à penser, un peu partout dans le monde et sans doute de façon très aventurée, que réduire les coûts suffit à rendre les systèmes plus efficients.
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_12 0/publications/2005/05009.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

L'actualité dans la classe
"Les réalités du monde envahissent nos salles de classe, que cela nous plaise ou non, et elles sont peut-être notre chance de retrouver le sens des savoirs que nous enseignons. Car ces réalités, lorsqu’elles surgissent, sont rarement formulées en questionnements, mais plus souvent grimées en certitudes, en colères, en provocations. Elles sont le point de départ d’un savoir qui reste à construire." Odile Chenevez présente ainsi le numéro de juin des Cahiers pédagogiques dédié à "l'actualité du monde et la classe". "L’objet de ce dossier est de mettre à l’étude la place qui peut être donnée à l’actualité dans les pratiques enseignantes d’une école qui se veut formatrice de citoyens à la fois curieux de s’informer, instruits pour ne pas gober sans questionner, capables de faire le lien entre les savoirs appris à l’école et les informations reçues par les médias, et habiles à devenir eux-mêmes acteurs du dialogue social en participant à des médias".

Oui, mais comment faire face à la violence de l'actualité ? Serge Tisseron, psychanalyste et spécialiste des médias, estime que l'enseignant doit être davantage un accompagnateur qu'un éducateur à l'image. "Les enfants ont besoin de pouvoir dire toutes les émotions, sinon ils restent fixés sur elles et ne peuvent les dépasser… C'est pourquoi l'enseignant doit être un interlocuteur émotionnel, qui écoute les enfants dire ce qu'ils ont d'abord éprouvé puis compris, enfin imaginé".

Myriam Richard, documentaliste, Dominique Beddock, prof de SES, Olivier et Géraldine Dargent, profs de SVT, témoignent de leur utilisation des médias en classe. Ainsi, pour ces derniers, "une pédagogie qui s'appuie sur l'actualité permet une véritable réflexion sur la science en train de se faire, sur la démarche scientifique".

On le voit : un numéro qui invite à découvrir des pratiques et à réfléchir à l'éducation citoyenne. C'est aussi ce que fait l'excellent dossier sur l'école en Angleterre qui clôt ce numéro.
Cahiers pédagogiques, n°434, juin 2005.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/nume ro.php3?id_article=1646

Le rapport au savoir
" Le défi, pour les enseignants et responsables, est d'aller d'une attitude de "don" à une interrogation sur ce qui peut faciliter, chez les élèves, l'attitude de recherche et de construction de savoirs". Une réflexion qui amène Jacques Nimier à proposer plusieurs pistes de réflexion sur "le rapport au savoir".

Ainsi, Françoise Hatchuel pose le savoir comme un "objet psychanalytique", un support de l'investissement affectif et pulsionnel et par suite comme quelque chose de profondément personnel. "Ce type de réflexion nous amène à comprendre qu'il n'y a pas " une " façon d'apprendre, que chacun avance à sa façon et qu'il n'y a pas à se crisper si l'exercice idéal qui marchait si bien avec l'élève précédent-e s'avère subitement inopérant". Le savoir est aussi sexué : " Filles et garçons ne sont pas socialisés de la même façon, n'apprennent pas de la même façon, non pas parce qu'ils et elles n'ont pas, au départ, les même " gènes " ou les mêmes " compétences ", mais bien parce qu'on ne leur enseigne pas la même chose, et pas de la même façon". Et elle invite les enseignants à utiliser cette différence plutôt que la nier.
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/

Lurçat : le démantèlement commence
"Pour récupérer une poignée de postes, doit-on faire disparaître une structure unique et efficace ?" L'Expresso du 27 mai annonçait que les dispositifs innovants pour décrocheurs du lycée Jean Lurçat de Paris étaient menacés. Une première lettre de licenciement vient de parvenir à une enseignante contractuelle de l'établissement. L'équipe de Lurçat est composée partiellement de contractuels, présents depuis des années et qui ne sont pas pour rien dans la réussite du lycée. Le rectorat souhaite leur remplacement par des TZR disponibles.

Pour Joëlle Longerinas, coordinatrice des structures de Lurçat, " le licenciement de Nelly est ressenti comme un coup porté à l'équipe dans son ensemble, tellement sa présence est importante pour la cohésion et l'esprit de l'équipe". C'est que cette collègue est particulièrement investie dans le fonctionnement de Lurçat où elle s'occupe, en plus de cours de lettres et d'anglais, du suivi des élèves du "Lycée de la solidarité internationale", une structure phare du lycée. Des compétences que les candidats pressentis par le rectorat ne possèdent pas.

A qui fera-t-on croire que les postes de ces filières très particulières, qui accueillent des élèves en rupture avec l'école, peuvent être occupés efficacement par des enseignants pris au hasard des mutations ?
http://www.lankhor.net/jl/specificite.ph p
http://www.cafepedagogique.net/disci/art icle/34.php

Résistances et changement chez les enseignants
Pourquoi les enseignants résistent-ils aux transformations de leur métier ? Christian Maroy, Université de Louvain, apporte des réponses dans une contribution sur "les évolutions du travail enseignant en France et en Europe". Pour lui, les résistances viennent des réformes elles-mêmes qui "déprofessionnaliseraient" les enseignants. "Le problème est-il seulement celui d’une résistance au changement lié à des cultures professionnelles dépassées… Est-ce seulement une affaire de génération enseignante ? Le malaise enseignant face aux politiques de professionnalisation et aux changements du « métier » enseignant, nous semble plus profondément lié à des formes de retrait ou de résistance face aux réformes, lorsqu’elles accentuent la déprofessionalisation des enseignants… Le malaise enseignant peut paraître lié à l’intensification individuelle du travail qui paraît à des degrés variables dans les différents segments du champ scolaire. Mais le malaise existe aussi à un niveau plus collectif. Le malaise peut parfois être entretenu par les politiques".
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_12 0/archives/pirrefmaroy.pdf

Le HCEE dénonce l'inégalité devant les cours particuliers
"Les faits prouvent que si le service public n’assure pas cette mission éducative, le marché le fait, ce qui renforce les inégalités". Analysant le "travail des élèves pour l'école en dehors de l'école", le Haut conseil de l'évaluation de l'école dénonce les carences de l'Ecole et l'appelle à se porter sur le marché des cours particuliers. "Laisser les élèves et leurs familles seuls face aux devoirs et leçons est source d’inéquité. Le recours croissant à des aides extérieures à la scolarité, payantes mais financées pour une part par des avantages fiscaux, en témoigne. Cela ne peut laisser indifférents les responsables du système public d’éducation… La question qui se pose est en effet celle de la finalité du service public d’éducation : " faire réussir tous les élèves " ce n’est pas " faire réussir certains mieux que d’autres ". Le HCEE estime que l'Ecole devrait offrir un accompagnement personnalisé de type tutoral. Et il propose un financement : utiliser le crédit fiscal donné aux familles qui utilisent les cours particuliers, ce qui rendrait ces entreprises moins attractives.

Le HCEE s'est basé sur un rapport de Dominique Glasman pour qui les cours particuliers servent essentiellement à apprendre à se préparer aux examens, une dimension délaissée par l'Ecole. Il voit dans la montée de ces cours le reflet du désengagement de l'Etat : " Une part des parents… peuvent souhaiter payer pour l'école en tant que consommateurs… plutôt qu'en tant que citoyens…; mais, plus encore, c'est aujourd'hui l'Etat lui-même qui semble les y inviter".

Le HCEE va plus loin que cette attaque frontale contre l'industrie du petit cours. Il dénonce l'ignorance dans laquelle se tient l'Ecole à propos des leçons et des devoirs à la maison. Il relève que les devoirs interdits au primaire restent la règle. Pour lui, "on a tout lieu de penser que les enseignants, comme l’institution apprécient mal le temps que les élèves passent à faire leurs devoirs et à apprendre leurs leçons et que ceux-ci se plaignent parfois de la charge de travail que représentent ces devoirs et leçons et du manque de coordination dans les « commandes » qui leur sont passées par les divers enseignants. Il leur est, de plus, souvent difficile de comprendre ce qu’on attend d’eux. On n’en sait guère plus quant aux finalités qu’assignent les enseignants aux devoirs et leçons, aux consignes dont ils les accompagnent, à la place qu’ils leur donnent dans leurs évaluations". Il appelle donc les inspecteurs, les chefs d'établissement et les enseignants à mieux connaître ces paramètres et à fixer des orientations. Ce qui suppose de centrer l'école sur l'élève.

La riposte de l'industrie des cours privés ne s'est pas fait attendre : Emmanuel Davidenkoff sur son blog fait connaître une étude envoyée par Acadomia qui dénonce les enseignants comme les premiers bénéficiaires des cours particuliers et affirme leur démocratisation : 65% des utilisateurs appartiendraient aux professions intermédiaires ou aux classes populaires.
http://cisad.adc.education.fr/hcee/publi cations-2005.html
http://education.blogs.liberation.fr/
http://www.vousnousils.fr/page.php?P=dat a/ca_vous_parle/l_invite/&key=itm_2005052 7_111659_dominique_glasman_brle_poids_du_ .txt

L'école doit développer le soutien scolaire
" L'école doit dispenser du soutien en dehors des heures traditionnelles de cours, sur des crédits qui peuvent venir de l'Etat, des collectivités locales ou d'associations. Les trois heures par semaine d'aide personnalisée créées par François Fillon sont une bonne avancée. Mais il faudrait aller plus loin, ne pas abandonner ce terrain au secteur marchand. Sans quoi les inégalités continueront de se creuser ". Dans L'Express, Christian Forestier, président du Haut conseil de l'évaluation de l'école, prend position les cours particuliers privés. Commentant un rapport bientôt publié par le HCEE, il explique le boom du soutien scolaire par l'angoisse des familles et les mesures de défiscalisation.
http://www.lexpress.fr/info/france/dossi er/educationnation/dossier.asp?ida=433087

Ecole en crise, crise du politique pour F. Dubet
"La massification et l'allongement des études ont fait monter le niveau des exigences des familles et des élèves, et généré des espérances déçues. Cela s'est vu avec le vote sur le référendum, dimanche. Jusqu'à bac + 2, les gens ont voté non et seulement à partir de ce niveau oui. Il faut avoir atteint ce niveau pour avoir un sentiment de rentabilité sociale, d'utilité des études". Dans Le Monde du 2 juin, François Dubet voit dans l'Ecole un des facteurs du non. "Il est certain que l'école ne joue plus ce rôle (d'ascenseur social). Elle a été l'institutrice de la nation. Au bout d'un siècle, cet espoir est déçu. Et ce n'est pas un hasard si les enseignants ont voté non : ils ont l'impression que leur rôle central s'est délité. Et ils attribuent cet échec à la mondialisation, à un monde devenu hostile à l'école".
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@ 2-3224,36-657336@51-656097,0.html

La moitié des jeunes déçus de leur formation
"Les Français âgés de 15 à 25 ans ne sont aujourd'hui que 57% à considérer que l'enseignement qu'ils ont reçu ou qu'ils reçoivent les a suffisamment aidés à se préparer à entrer dans la vie active". L'enquête réalisée par l'Ipsos pour la Cgpme montre un certain désenchantement : 41% des jeunes critiquent leur formation. La moitié d'entre eux préfèrent une formation courte qui permet d'entrer le plus vite possible dans la vie active.
http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/ 1593.asp

Temps et rythme scolaire
"Il est très caricatural de dire qu’on est pour ou contre un rythme scolaire. Il faut réfléchir sur la régularité de la semaine, et arriver à proposer des organisations du temps de l’enfant cohérentes tout le long de la semaine". Dans "Fenêtres sur cours", Odile Rohmer, ingénieur de recherches au Cepa CNRS de Strasbourg, rend compte de son rapport sur le temps scolaire. Quel rythme scolaire convient le mieux aux enfants ? Le plus régulier. Par exemple les enfants qui dans le cadre d'un projet éducatif local (CEL) ont cours 6 jours par semaine sont en pleine forme car ils dorment bien à des heures régulières. "Si les horaires de coucher étaient plus réguliers, les variations de forme observées dans la semaine de 4 jours seraient moins frappantes et cette organisation aurait sans doute moins de répercussions négatives sur le bien-être des enfants". Les parents parfois pensent différemment…
Fenêtres sur cours 270 (en pdf)
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc270.pdf
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html
Pour en savoir plus…
http://57.snuipp.fr/infos/05-03-28-rythm es-scolaires.htm

Enseignement professionnel, le grand retour ?
"Partout dans le monde, les effectifs du primaire sont en hausse et il faut prévoir d’urgence l’avenir de ces enfants. Or, dans de nombreux pays, le secondaire ne dispose pas d’assez de places, sans compter qu’il ne donne aucune garantie de trouver un emploi à la sortie. Entre les attentes nouvelles des jeunes et le manque de perspectives, les ingrédients d’une explosion sociale sont réunis". Dans Education Today, la revue de l'Unesco, Aïcha Bah Diallo, directrice pour l'éducation, annonce le grand retour de l'enseignement technologique et professionnel.

Méprisé, celui-ci a décliné dans les années 1990, époque où les orientations de la Banque Mondiale tendaient à favoriser la formation par les entreprises. Enfin il connaît de fortes différences d'un continent à l'autre : si en Chine un tiers des élèves du secondaire suit un enseignement professionnel ou technologique, la proportion est moitié moindre en Afrique.

Aujourd'hui les besoins sont immenses mais ils exigent aussi que l'enseignement professionnel s'adapte : "il s'agit de préparer les jeunes à s'adapter à l'évolution des conditions de travail, plutôt que de les enfermer dans des métiers et des compétences trop pointus". Education Today propose un dossier sur cet enseignement avec des chiffres et des analyses.
http://portal.unesco.org/education/fr/ev .php-URL_ID=39280&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SEC TION=201.html
http://unesdoc.unesco.org/images/0013/00 1394/139459E.pdf

La CDIUFM met 10 conditions à l'intégration universitaire
La loi Fillon prévoit l'intégration en trois ans des IUFM dans les universités. La Conférence des directeurs d'IUFM fait connaître ses conditions. Elle demande particulièrement que"les crédits et les emplois afférents, attribués à l'université, soient directement affectés à l'Institut" et le maintien de postes stratégiques pour maintenir son pilotage : directeur, secrétaire général, directeurs adjoints, agent comptable. La CDIUFM pose aussi la question du maintien des annexes.
http://www.amue.fr/ActU/Actu.asp?Id=988& Inst=CDIUFM

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L'Université d'été de la communication n'aura pas lieu
"La 26ème Université d'Eté de la Communication, organisée par le CREPAC d'Aquitaine, qui devait se tenir du 22 au 25 août, n'aura pas lieu". Cette manifestation importante, organisée par le Crépac d'Aquitaine, avec le soutien de la Ligue de l'enseignement, réunissait fin août, dans une station balnéaire, intellectuels, pédagogues, spécialistes des médias et responsables politiques et économiques. Depuis 2002, le Café avait rendu compte des rencontres et des débats passionnants de cette université d'été conviviale. C'était un moment attendu où l'on pouvait faire des rencontres uniques. Cette année, l'Université d'été devait accueillir également les rencontres de Cdidoc et le congrès de Cyberlangues, deux acteurs importants de l'école.

Le Crépac regrette que "l'équilibre financier de la manifestation (soit) loin d'être assuré" en raison de la défaillance de l'Etat et de partenaires industriels ou institutionnels. "Le contexte économique et social a, sans nul doute, fortement pesé dans leur choix de ne pas être partenaires de cette 26ème édition" estime le Crépac qui mentionne également "la grande incertitude liée à la situation politique en France". Le Café préparait sa participation à la 26ème université d'été et déplore la disparition de cet événement unique, utile et important.
http://www.crepac.com/
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ hour04/index.php
http://www.cafepedagogique.net/divers/ho urtin2003/index.php

Congrès Icem Freinet
"Appréhender la complexité du monde : cohérences de la pédagogie Freinet" : le thème de notre congrès 2005 est, un défi que nous voulons relever. Il s’agit pour nous de montrer que, au regard des outils actuels des sciences de l’éducation, nos pratiques permettent aux enfants de s’impliquer dans la construction du monde de demain, le leur, plus juste et plus humain. Elles ne laissent pas sur le bord de la route les enfants écartés par un système éducatif à courte vue". Du 19 au 23 août, l'ICEM pédagogie Freinet réunira son 47ème congrès à Valbonne (06). Au programme : des contacts avec des mouvements étrangers, des ateliers : sur la parité, l'outil CVC, un projet de cédérom sur " comment démarrer en Pédagogie Freinet "; de nombreuses conférences (N. Go, A. Giordan, etc.
http://www.freinet.org/icem/congres/entr e2.htm

Les établissements expérimentaux se fédèrent
"Même reconnus, nous pouvons être remis en cause par des décisions administratives, notamment des nominations ou mutations". On aura reconnu dans cette préoccupation les soucis des animateurs des 3 structures innovantes du lycée Lurçat de Paris. Avec 6 autres établissements expérimentaux (le LAP de Paris, le collège lycée d'Hérouville Saint-Clair, le Micro Lycée de Melun, le collège-lycée élitaire pour tous de Grenoble, le collège Clisthène de Bordeaux et le collège de la 7ème île de Brest, elles mettent en place une structure commune : la "Fédération des établissements secondaires publics innovants" (Fespi).
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--franca is--ftmms--emploieducation/050531153522.c pw9aoxb.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index310505.php

Sciences : Comment rendre les sciences attractives ?
Comment rendre l'enseignement des sciences (physique-chimie, SVT, technologie, maths, STL etc.) plus attractif ? La question intéresse l'Europe qui a confié au Pôle universitaire européen de Lorraine la tâche de répertorier, d'analyser et de faire connaître les initiatives prises dans l'enseignement secondaire et primaire. Pour cela, le Pôle vous invite à répondre à un questionnaire descriptif en ligne.
http://www.amitie.it/grid/GRIDFR.htm

Pédagogie : La pédagogie de maîtrise à effet vicariant au collège
Bien connue dans l'enseignement primaire, la pédagogie de maîtrise à effet vicariant (PMEV) est transposable au collège. C'est ce que montre un mémoire soutenu par Jean-France Toiutikian – Blondeel sur "la pédagogie systémique en classe de langue". La PMEV invite les enfants à gérer le rythme de leur apprentissage et à s'entraider ce qui facilite la différenciation. "Le pari de la pédagogie systémique est que, lors d’une phase de bilan ou lors des travaux individuels avec aide entre élèves, un maximum d’enfants en profitent, par vicariance, pour progresser" affirme J.-F. Toiutikian – Blondeel. Il explique comment il a transféré les méthodes de l'école en sixième. Et il jette un regard critique sur l'expérience : " Toute démarche innovante risque de s’essouffler par manque de concertation et de volonté de partage. Il reste que la pédagogie systémique nous semble être une synthèse très puissante des différents outils que l’on peut recenser dans les tentatives de différenciation de la pédagogie. Nous le vérifions encore dans nos classes de lycée professionnel en anglais et en français".
http://www.lebulletinpmev.com/articles.p hp?lng=fr&pg=850
http://www.offratel.nc/magui/
http://www.cafepedagogique.net/disci/art icle/18.php

EIAH 2005
Organisé par le LIRMM de Montpellier, la conférence "Environnements informatiques pour l'apprentissage humain", aborde du 25 au 27 mai les environnements informatiques qui accompagnent l'apprentissage. Au programme, des interventions sur l'enseignement à distance, le rôle des listes de diffusion pédagogique, les aides logicielles à la compréhension de textes, etc.
http://www.lirmm.fr/~eiah2005/

Une école russe gagne le prix Image Imaginaire
A partir d'images, en l'occurrence des photographies de Dolorès Marat, le concours Image Imaginaire invite les élèves à écrire un texte, raconter une histoire ou partager ses émotions face à l'image. Cette année Image Imaginaire a réuni 931 participations, venant de 35 pays. Près de 800 textes ont été publiés sur le site du concours. C'st une école de Yakoutsk (Rusie) qui remporte le premier prix dabs la catégorie français langue étrangère. Le lycée Pothier d'Orléans remporte le prix catégorie français langue maternelle niveau 1, et le lycée M. de Navarre de Bourges pour le niveau 2.
Image Imaginaire
http://www.imageimaginaire.com
Le concours
http://www.texteimage.com/texteimage/men u_ii.php?&gsite=imageimaginaire&fs=0&site =imageimaginaire&id_user=0


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Education Economie Emploi
"Aider un adolescent à s'orienter, c'est certes l'aider à s'interroger sur soi et sur les parcours de formation,mais c'est aussi le guider et l'accompagner dans ses questionnements sur les environnements de travail, lui proposer des expériences vécues et des démarches précises où il tiendra des rôles sociaux significatifs. Informer un adolescent, ce n'est pas d'abord le documenter, c'est l'aider à se situer". Cette intention éclaire le nouveau dossier réalisé par l'inspection académique de la Sarthe sur les liens "Education, économie, emploi".

Il brosse 15 années de partenariat entre ces trois mondes. Une première partie rappelle les projets académiques et l'action de l'Etat. Une seconde montre comment s'informer, par exemple à travers les stages de découverte d'entreprises, l'option découverte professionnelle de 3ème et les forums. Un dernier chapitre est totalement dédié à l'alternance et aux structures qui l'encadrent.

Ainsi en une cinquantaine de pages, l'enseignant découvre de très nombreuses sources d'information et d'action pour mieux accompagner les élèves. C'est facilité par un "index des dispositifs", qui en propose les adresses. Cette réalisation facilite le rapprochement entre éducation nationale et économie dans la Sarthe. Au-delà du département, elle permet à tous les enseignants de mieux comprendre cette articulation et ses enjeux. Elle ouvre aussi de nombreuses pistes de réflexion sur ce sujet.
http://www.ac-nantes.fr:8080/ia72/commun /telechargements/EduSarthe/references/eco edemp2005.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/rea dstep2.html

Le portfolio numérique
Le portfolio numérique a séduit de nombreux pays. Quels sont ses enjeux ? Ses apports ? Ses limites ? Quels seront ses usages ? Un dossier documentaire particulièrement riche proposé sur Educnet aborde ces différents aspects
http://www.educnet.education.fr/dossier/ portfolio/default.htm
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ indexb62e.php?express=34
http://www.cafepedagogique.net/disci/fra ncais/57.php

Les TIC et les compétences des adultes
"La vie d’aujourd’hui est caractérisée par le changement… Le changement est inévitable. Il oblige les personnes, les familles, les écoles, les entreprises et les nations à s’adapter. Les gens et les institutions qui ont la capacité de s’adapter sont « résilients », c’est-à-dire qu’ils survivent et ont une chance de s’épanouir. En revanche, ceux qui sont incapables de s’adapter deviennent vulnérables et dépendants. La capacité de s’adapter au changement dépend, dans une grande mesure, du réservoir de compétences auxquelles les personnes, les institutions et les nations peuvent avoir recours". C'est ce qui motive l'étude internationale "ELCA" menée par l'OCDE sur la littératie et les compétences des adultes. Elle porte sur la compréhension de textes, la numératie et la résolution de problèmes. L'OCDE publie les premiers résultats. Ils confirment que "beaucoup d’adultes ont du mal à composer avec les exigences liées aux capacités de littératie et de numératie qui sont courantes dans la vie et le travail d’aujourd’hui… Les adultes possédant des compétences faibles sont très nombreux dans tous les pays qui ont participé à l’enquête". Entre le tiers et les deux tiers des adultes n'atteignent pas le niveau de compétence 3 que les spécialistes considèrent comme nécessaire pour faire face aux exigences de la société de l'information. Un taux qui varie selon les pays, par exemple la Norvège se classe bien, et à l'intérieur des pays,par exemple aux Etats-Unis. Le genre a aussi sa place : les hommes ont un avantage en numératie, les femmes en compréhension de textes. Mais les différences ont aussi à voir avec les TIC : "Dans certains pays, les répondants ayant des compétences moyennes ou élevées en littératie étaient de deux à trois fois plus portés à être des utilisateurs intenses des TIC, ce qui peut engendrer dans l’avenir des inégalités de salaires étant donné le lien étroit entre littératie, utilisation intensive des TIC et revenus".
http://www.oecd.org/dataoecd/44/6/348674 66.pdf

Face au haschich
"Nous assistons à un fait culturel nouveau et insidieux. De jeunes adolescents choisissent de prévenir les malaises de leur âge en s'autoprescrivant la molécule de cannabis… Les jeunes captifs de nouveaux idéaux, de nouveaux plaisirs, sont pris dans des réseaux de discours qui leur donnent de nouveaux droits… Pour un certain nombre de jeunes, ce pari conduira à l'impuissance à engager une vie d'adulte". On sait que près de 40% des jeunes garçons sont des consommateurs réguliers de cannabis (enquête OFDT). Pour Gisèle Bastrenta, psychologue clinicienne et analyste, le haschich est d'abord un phénomène culturel qui renvoie à une évolution globale de la société.

"Lorsque des parents, des professeurs affirment que si un jeune consomme, c'est parce qu'il a un malaise et qu'il souffre, ils inversent la problématique.. Cette affirmation indique que le malaise et la souffrance liés à l'adolescence ne sont plus une évidence. L'intolérance à la souffrance est un fait nouveau : on ne supporte plus de voir souffrir les gens qu'on aime. La normalité implique qu'il faille aller bien, les malaises n'ont plus droit de cité. Dans cette optique, l'adolescence est interprétée comme un symptôme à faire taire". C'est pour vouloir oublier que la souffrance est liée à l'état adolescent et à la vie, que notre société prépare la jeunesse à la consommation cannabique.

Aussi que faire dans les établissements ? Certainement pas faire débarquer la police et ses maîtres chiens : pour G. Bastrenta c'est signer l'impuissance de l'institution. Elle plaide pour le rétablissement des liens humains entre adultes dans les établissements et pour une prise en charge ouverte. "Ces actions ne visent pas l'abstinence. Ce serait un leurre que d'y songer. En revanche il est possible de faire entendre, et d'imposer des coupures entre le temps pour travailler et celui de la fête". Il s'agit d'abord d'amener à la vie des ados qui se murent dans un nuage protecteur.

L'ouvrage est accompagné d'entretiens avec les différents acteurs dans les établissements : infirmière, CPE, proviseur, prof, inspecteur etc.

Gisèle Bastrenta, Face au haschich en collège et en lycée, Comprendre, repérer, agir, CRDP de Grenoble, 205 p., 2005.
http://www.crdp.ac-grenoble.fr/scripts/v el/vel.dll/voir?CHOIX=2&CLE=380VL009
http://www.cafepedagogique.net/expresso/ index210405.php

Ecole, famille et grande pauvreté
"Quand un couple divorce, les enfants sont perturbés et ont des difficultés à l'école. Eh bien, pour les exclus c'est pareil : ils ont divorcé avec la société". Claude Pair évoque lors de la Journée académique "Education prioritaire" franc-comtoise, les difficiles relations entre l'Ecole et les familles pauvres. Celles-ci ne se sentent ni comprises ni respectées par l'institution scolaire. "Nos vies si difficiles tourmentent nos enfants et les empêchent d’être attentifs à leur scolarité et de croire qu'ils peuvent réussir. Les problèmes familiaux comme l'absence d'argent et toute la violence que cela peut faire naître dans les familles, cela les perturbe. Dans nos familles, les problèmes sont davantage partagés avec les enfants : c'est un tort car cela va les atteindre, mais on ne peut pas faire autrement car cela les concerne. C'est trop dur pour eux à porter, ce qui fait qu'ils n'ont plus l'esprit libre pour apprendre", témoigne cette mère de famille.

Sans la connaissance de ces situations de grande pauvreté les enseignants réagissent souvent mal. Anne Mansuy, prof de technologie, explique très concrètement quels moyens favorisent la nécessaire motivation de l'élève. Ainsi il est essentiel de travailler l'accueil des familles et des enfants.

La journée est aussi l'occasion de découvrir l'action des travailleurs sociaux. Ils arrivent à décrypter bien des comportements. Enfin les dispositifs mis en place dans l'académie sont présentés, comme "Courte Echelle CP".
http://crdp.ac-besancon.fr/carep/6avril2 005/accueil.htm

Enseigner les sciences et la technologie
"On veut donner la possibilité à l’élève d’expliquer et de comprendre des phénomènes d’un point de vue scientifique et technologique, tout en enrichissant sa culture générale. Il y a là une occasion, pour l’élève, de saisir les répercussions de ce champ de la connaissance sur l’individu qu’il est, la société qu’il habite et l’environnement qui l’influence". Le numéro d'avril – mai de Vie pédagogique, une revue québécoise, est dédié à l'enseignement des sciences et de la technologie. Un enseignement lui aussi touché par la réforme qui initie une approche vivante et expérimentale. Le numéro donne de nombreux exemples de démarches pédagogiques en ce sens : approche historique, expérimentation pour apprendre à réfléchir au primaire etc. Le statut de l'erreur et la quête de sens sont à l'honneur dans le dossier. On ne sera donc pas surpris que ce numéro s'ouvre par un bel article de Bernard Charlot. "Les recherches que nous avons menées en milieux populaires parisiens… montrent qu’il y a des logiques d’interprétation de la situation scolaire qui reviennent régulièrement. À titre d’exemples, j’indiquerai trois points : 1) le fait que, pour les élèves, on va à l’école pour « passer » et non plus pour apprendre. Voilà une première difficulté. Qu’en est-il alors du savoir à l’école, du sens, du plaisir? … 2) l’idée partagée par beaucoup d’élèves des milieux populaires, à savoir que, dans l’acte d’enseignement-apprentissage, celui qui est actif c’est l’enseignant et non l’élève. Ce dernier doit venir à l’école, se tenir tranquille et écouter le professeur. S’il fait cela, il a fait ce qu’il avait à faire… 3) ce que j’appelle le « rapport binaire au savoir … : on sait ou on ne sait pas. Il n’y a rien entre les deux. Si je sais, je peux lire; si je ne sais pas, je ne peux pas lire. Les élèves qui réussissent en classe ou les élèves moyens, eux, sont dans une logique de progressivité du savoir. On peut savoir tous les jours un peu plus... Il faut pouvoir faire participer nos élèves à des activités qui leur donnent du plaisir en même temps qu’elles donnent du sens à leurs apprentissages".
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/num eros/135/numero135.asp

Assemblée générale de WebLettres
" Si l'année 2004 a été marquée par une restriction budgétaire générale dans le domaine de l'éducation, ainsi que par une politique moins favorable au secteur non marchand de sorte que WebLettres n'a pas eu droit à la subvention de fonctionnement dont ont bénéficié d'autres associations de la part du ministère, il faut néanmoins reconnaître que durant cette période, et paradoxalement, les associations d'enseignants ont été de mieux en mieux perçues dans les milieux institutionnels qui dans l'ensemble reconnaissent désormais leur valeur et les considèrent comme des partenaires sur lesquels ils peuvent et doivent s'appuyer". La troisième assemblée générale de Weblettres, une des plus importantes communautés éducatives virtuelles, a eu lieu dimanche 22 mai. Le Café rend compte de cet événement qui apporte des éclairages sur un nouveau type d'acteur du monde éducatif.
http://www.cafepedagogique.net/divers/wl .php

Le redoublement est inefficace
"En règle générale, à l'école et au collège, le redoublement s'avère peu équitable et inefficace du point de vue des progrès individuels des élèves. Il affecte négativement la motivation, le sentiment de performance et les comportements d'apprentissage de ceux-ci et les stigmatise : à niveau égal en fin de troisième, les élèves « en retard » obtiennent de moins bonnes notes que les élèves « à l'heure », sont moins ambitieux que ceux-ci et sont plus souvent orientés en filière professionnelle. En outre, les comparaisons internationales montrent que le redoublement est inefficace du point de vue des résultats d'ensemble des systèmes éducatifs". Confirme et signe. Cette analyse que le Café vous a déjà fait partager résulte des travaux des sociologues de l'éducation. Les dossiers d'Evaluation et statistiques, n°166, en publient les résultats. La loi Fillon les ignore.
http://www.education.gouv.fr/stateval/do ssiers/listedossiers2005c.html
http://www.cafepedagogique.net/disci/ped ago/52.php#135

Les effets bénéfiques de l'école obligatoire
"Il existe des lois de l’école obligatoire depuis plus de 100 ans et, aujourd’hui encore, on discute de politiques d’imposition d’un surcroît de scolarisation… Les données que nous présentons font voir que de telles politiques ont fort bien réussi par le passé à accroître le bien-être des intéressés au cours de la vie". Philip Oreopoulos étudie l'effet de la législation canadienne de l'école obligatoire sur le futur revenu du travail des élèves. Il montre que "les gens touchés (par l'allongement de la durée des études) ont vu par la suite leur revenu annuel s’accroître d’environ 14 %. En imposant des années de fréquentation de plus à ceux qui auraient autrement décrochés, on diminue aussi les risques de chômage, rend moins probable le travail manuel et augmente la fraction de la population qui déclare parler et français et anglais".
http://www.statcan.ca/francais/research/ 11F0019MIF/11F0019MIF2005251.pdf

Conseil et vie de classe
Venu de la pédagogie institutionnelle, le "conseil coopératif" est une instance qui fixe les lois du groupe classe. C'est aussi le lieu où les conflits et les transgressions sont traités. "Le nouvel éducateur", une revue du mouvement Freinet, lui consacre un dossier qui alterne réflexion théorique et récits de pratiques. Des expériences appliquées au primaire mais où on puisera aussi des idées pour les heures de vie de classe du secondaire.
http://www.freinet.org/icem/editions/edu cat/

Le Respel, une banque pédagogique
Initié par le site éducatif de la communauté française de Belgique, le Respel (Ressources pédagogiques en ligne) est une vaste base de données de ressources accessibles sur Internet par mot-clef ou par classification. Respel permet par exemple de sortir immédiatement 5 ou 6 documents sur le décrochage qui mêlent recherches et textes administratifs. Respel propose dès maintenant 500 fiches, principalement des ressources belges. Mais la banque annonce l'arrivée de ressources québécoises.
http://www.enseignement.be/respel/

Je blogue, tu blogues, nous bloguons
" Les blogs ne sont-ils que des abus ? Que se passe-t-il vraiment dans cette blogosphère ? À quoi ressemblent les blogs des jeunes ? Qu’est-ce qui les caractérise ? " Le Clémi publie une étude d'Anne-Claire Orban sur les blogs des jeunes. Pour elle, " Plus qu’un moyen d’expression, le blogging est une pratique. Pratique qui se situe à la croisée de l’expression personnelle et de l’expression publique, entre l’espace public du site et l’espace privé". Elle permet au jeune de s'intégrer dans une communauté, dans une "tribu".

"L’école doit-elle s’approprier les blogs avec des visées pédagogiques " s'interroge A.-C. Orban ? Pour elle, "la liberté des jeunes de bloguer, leur possibilité d’exister en dehors des adultes est un argument majeur contre une « pédagogie du blogging ». Où est la dimension de liberté du blog si ce dernier est encadré ?"

Pour autant le Clémi entend informer les jeunes des limites légales. Educnet nous apprend la préparation d'une plaquette, réalisée avec l'académie de Versailles.
http://www.clemi.org/medias_scolaires/ou tils/article_blog_ACO.rtf
http://www.educnet.education.fr/aef/arti cles/html/aef-53256.htm

Inégalités géographiques du système éducatif
National, le système éducatif français connaît de sensibles disparités d'un département ou d'une région à une autre. L'édition 2005 de "La géographie de l'école" met en évidence des inégalités dans le système éducatif. Ainsi une enquête réalisée en mai 2003 montre que 11 académies (Dijon, Paris, Nantes, Rennes, Grenoble, Poitiers, Limoges, Clermont, Lyon, Nancy-Metz, Besançon et Bordeaux) obtiennent de meilleurs résultats en fin de collège sans que les variables socio - professionnelles puissent totalement l'expliquer. Autre inégalité : celle des moyens. Le nombre d'élèves par enseignant est plus élevé en Ile-de-France et dans el sud-est que dans le nord et l'est dans le secondaire.
http://www.education.gouv.fr/stateval/ge o/geo.htm

L'avenir de l'école
"Loin d'un effondrement, il se joue une recomposition – ayant parfois les accents d'une crise qui peut aussi s'interpréter comme une rupture fondatrice d'une nouvelle ère pour le métier – des identités traditionnelles engendrées par les chocs successifs de la massification scolaire et le poids croissant des attentes sociales à l'égard de l'école". Pierre Périer analyse dans le n°310 de "Regards sur l'actualité" l'évolution du métier d'enseignant. Il met en évidence, par exemple, un écart important entre conception et réalité du métier. Le numéro analyse, sous la plume de Bruno Suchaut, les difficultés des dispositifs de lutte contre l'échec scolaire. Pour lui, "trop souvent, l'échec des dispositifs de lutte contre l'échec scolaire est la conséquence d'une faiblesse de pilotage qui se traduit par des écarts importants entre les prescriptions officielles et les pratiques. C'est donc sur ce point qu'il est nécessaire d'insister en donnant, par exemple, un rôle plus important au chef d'établissement".
http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/revues /ra/index.shtml

Le bac et ses homologues européens
"Dans le contexte d'harmonisation des diplômes universitaires européens que nous connaissons actuellement, il est plus que jamais utile de comparer les certifications de fin d'études secondaires de plusieurs pays d'Europe". Bon raisonnement ! Cette brochure nous fait découvrir les particularités des diplômes de fin de scolarité secondaire anglais, allemand et espagnol. Le bac français s'y distingue par sa complexité et le nombre d'épreuves.
http://eduscol.education.fr/index.php?./ D0039/bacenEurope.htm

Les cartes heuristiques
"La carte heuristique est une manière de pouvoir représenter un travail, une idée, un résumé de texte… en utilisant une représentation dans l’espace et non uniquement linéaire. Elle permet d’organiser ses idées spatialement… Le fait de réaliser une carte de son projet en se mettant devant une feuille blanche et en essayant à la fois de coucher ses idées sur papier, mais aussi d’en faire une représentation graphique agréable à défaut d’artistique permet de faire émerger plus d’idées, de mieux concevoir le travail à effectuer. C’est en coloriant, en embellissant sa carte qu’à certains moments des idées fondamentales pour le travail apparaissent". A. Bueckenhoudt sur le site belge de la communauté française montre l'intérêt des cartes heuristiques pour l'enseignement.
http://www.enseignement.be/prof/espaces/ fondam/instit/doc/peda/carte_heuristique. pdf
http://www.petillant.com/

Belgique : Un nouveau Contrat pour l'école
Annoncé en février dernier, le "Contrat pour l'Ecole" a été dévoilé mardi 31 mai par la ministre de l'éducation de la Communauté française. Cette réforme vise, elle aussi, à lutter contre l'échec scolaire. Mais deux particularités méritent qu'on la détaille. D'une part, pour améliorer l'Ecole elle mobilise les enseignants en revalorisant leur fonction. D'autre part, à la différence de la loi Fillon, elle annonce sa volonté de lutter contre la ségrégation scolaire.

Pour lutter contre l'échec scolaire, le Contrat pour l'Ecole annonce des moyens assez traditionnels. De nouveaux enseignants de la maternelle au secondaire seront embauchés, l'objectif étant, par exemple, de limiter à 20 le nombre d'élèves au primaire. Parallèlement une 28ème heure de cours hebdomadaire sera crée. Le Contrat annonce plusieurs dispositifs de remédiation, une mesure dont l'efficacité ne sera pas forcément importante. Il mise aussi sur la formation des enseignants et sur un retour des manuels scolaires. Ceux-ci ont souvent disparu des écoles. Le contrat prévoit des formations à leur utilisation, une centrale de prêts et la création d'une commission officielle d'agréments. Des mesures qui risquent d'être mal accueillies des éditeurs…

Le Contrat souhaite aussi lutter contre la ségrégation scolaire. Elle annonce peu de mesures si ce n'est la création de listes d'attente officielles dans chaque établissement de façon à assurer une parfaite transparence dans le choix des élèves.

Signalons également le soutien accordé aux chefs d'établissement par le Contrat : ceux-ci bénéficieront d'une aide équivalent à un emploi par tranche de 500 élèves. Le coût total de ces mesures est évalué à 600 millions d'euros.
http://www.contrateducation.be/index.asp
http://www.cafepedagogique.net/disci/eur ope/59.php


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