Pédagogie (Café N° 66)

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- A la Une : L'Inspection générale invite à révolutionner l'évaluation

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Édition du 09-10-2005

- François Jarraud -

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" Tour d’horizon saisissant ! : parcouru du ministre à l’élève, comme nous venons de le faire, à la recherche de cet introuvable objet, le système éducatif français s’intéresse, en 2005, d’une façon bien imparfaite et aléatoire à ce qui justifie aussi bien son existence que le fait que l’État lui consacre près du quart de ses ressources : les acquis des élèves qui le fréquentent… L’idée défendue ici est que les acteurs du système sont trop éloignés aujourd’hui, dans leurs habitus et dans leur conception implicite de l’école, d’une considération suffisante portée aux apprentissages et aux acquis des élèves pour que, si on ne prend pas soin de réfléchir aux conditions d’une révolution scolaire, les nouvelles entreprises d’évaluation et de mesure se traduisent par une efficacité accrue de l’ensemble. Ni la méthode de la LOLF, ni les préconisations générales de la Loi ne seront autre chose qu’une machinerie bureaucratique, mobilisant les énergies à seule fin de rendre des comptes et de tenir des tableaux de bord, si on ne se préoccupe pas d’abord de faire évoluer l’entreprise d’éducation vers un nouveau paradigme pédagogique… L’école, en France, depuis longtemps n’est pas au clair, comme elle a pu l’être dans le passé ou comme le sont les écoles de certains pays, sur les rapports entre la prescription nationale des programmes et la réalité des apprentissages et des acquis des élèves… Le temps semble urgent, dans un contexte général qui fait parfois douter l’école d’elle-même, de reprendre la question et de lui rendre tout motif de croire en elle en l’assurant mieux sur la construction, le suivi, la mesure et la certification de ce qu’elle enseigne". Le rapport de l'Inspection générale et de l'IGAEN piloté par Anne-Marie Bardi et Roger–François Gauthier, avec les inspecteurs Myriem Bouzaher, Annie Dyckmans, Alain Houchot, Michel Leblanc, Pierre Malléus, Christiane Menasseyre, Alain-Marie Bassy, Jean Vogler et Claude Sage, sur "les acquis des élèves" appelle à rien moins qu'à une "révolution des références de l'école".

C'est que le moment paraît choisi pour impulser des changements : la loi organique relative à la loi de finances demande aux administrations de rendre des comptes précis de l'argent des contribuables. La loi Fillon invite le futur Haut conseil de l'éducation à élaborer des outils d'évaluation de l'Ecole. En France, comme dans les autres pays développés, on voit se mettre en place un pilotage par les résultats, à l'image de ce que la loi No Child Left Behind a impulsé aux Etats-Unis. Enfin le "socle commun" prévu par la loi Fillon exigera un contrôle des compétences des élèves.

Or, en France, les outils actuels ne permettent pas de connaître les acquis des élèves, affirme le rapport. " Au niveau national, la culture de l’évaluation tarde à s’enraciner… Les outils ne manquent pas. Ils sont au contraire pléthore. Mais certains sont trop rudimentaires pour permettre d’apprécier les acquis des élèves. D’autres, plus pointus et sans doute plus adaptés, sont, en matière de pilotage, peu utilisés". Au niveau des enseignants, " si l’on constate que la très grande majorité des enseignants sont capables d’évaluer précisément les capacités et le niveau de chacun de leurs élèves, ils ont souvent du mal à traduire cette appréciation de manière fine en termes d’acquis, à l’expliciter et à la faire remonter vers la communauté éducative comme à la faire redescendre à l’élève et à sa famille. La conversion de toute évaluation en note et, dans certains établissements, le compactage en « note moyenne » par discipline sur le bulletin trimestriel de toutes les notes obtenues par l’élève au cours du trimestre… réduisent considérablement la précision de l’analyse des acquis et des manques". Le rapport souligne l'absence de réflexion et même d'information des enseignants sur l'évaluation au niveau de chaque établissement et le culte de la moyenne, "spécificité française", qui empêche une estimation fine des compétences et des acquis. Seule la voie professionnelle semble avoir progressé sur ce terrain. Les programmes eux-mêmes donnent peu d'indications sur ce qu'apprennent les élèves : leur rédaction n'est pas toujours cohérente d'un niveau à l'autre et leur application varie d'un enseignant à l'autre. Résultat : " l’institution est-elle le plus souvent impuissante à rendre compte avec précision aux élèves et à leur famille de la réalité des savoirs ou des savoir-faire acquis comme des progrès accomplis dans leur apprentissage".

Aussi le rapport préconise-t-il des changements importants dans les programmes, les examens et les pratiques enseignantes. Ainsi il souhaite "diversifier les formes d'épreuves afin d'améliorer la cohérence des évaluations avec les objectifs des programmes". On est loin des projets Fillon qui supprimaient les TPE au bac et se contentaient de limiter le nombre des épreuves sans chercher à évaluer autrement.

Mais c'est surtout un changement dans les pratiques pédagogiques que vise le rapport. Et il propose des recommandations précises. Pour "conduire les maîtres à concevoir l'évaluation… comme un objet essentiel d'exercice d leur responsabilité professionnelle", il envisage de " demander à chaque enseignant d’élaborer un document d’analyse et de réflexion pluriannuel décrivant ses stratégies pour faire progresser ses élèves et analysant les résultats ainsi obtenus" et de " proscrire tout calcul de moyenne entre notes à statut différent afin que le recentrage sur les acquis des élèves soit clair à l’ensemble des acteurs. Substituer aux divers bulletins trimestriels et dossiers à constituer pour chaque examen ou inscription, un livret scolaire unique se constituant tout au long de la scolarité et portant sur l’atteinte des acquis prévus par les programmes (et non sur la personne), outil qui sera aussi bien celui de l’élève que celui de l’institution". Cela permettra de suivre l'acquisition des compétences de chaque élève et d'informer les familles des points à consolider ou à acquérir. Il s'agit d'" informer et responsabiliser les élèves. Valoriser leurs essais en donnant à l’erreur son juste statut. Favoriser l’autoévaluation grâce à l’explicitation des objectifs et à la fourniture d’outils. Guider les élèves dans la constitution d’un portfolio individuel rassemblant au cours de la scolarité les traces des productions les plus remarquables".

Portfolio, évaluation des compétences, évaluation croisée entre disciplines, transmission aux familles des bilans : des pas avaient été faits ces dernières années dans cette direction au lycée grâce aux modules. Jusqu'à ce que Luc Ferry puis François Fillon recadrent leur esprit et suppriment l'évaluation nationale et ses outils. Il faut souhaiter que ce rapport percutant et stimulant connaisse un autre sort et que le pilotage par les acquis ne devienne pas, comme c'est le cas parfois ailleurs, un simple pilotage par les statistiques aggravant les inégalités et les exclusions.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/acquis_des_eleves.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

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Transmettre
" "Transmettre" n'est-ce pas le concept central de l'enseignement? Qu'est-ce que cela veut dire? On parle de "transmission des connaissances" là où il s'agirait plutôt de "construction de connaissances". Que se passe-t-il entre le tuteur et le stagiaire lorsqu'il est question de "transmettre des pratiques pédagogiques"? Et devant le désir de "transmettre la mémoire de la Shoah" comment ne pas admettre que cela touche à l'intransmissible?" Ce nouveau dossier de Jacques Nimier nous amène à réfléchir à une activité hautement humaine : la transmission. On l'aborde, par exemple, par une réflexion de Marie-Françoise Bonicel ou par l'analyse, extraite d'un mémoire de maîtrise, de Nicole Bertrand sur la transmission des connaissances. Mais le dossier comprend encore bien d'autres approches et des enrichissements bibliographiques.

Le site de J. Nimier témoigne de la nécessité de transmettre un savoir pédagogique : il a atteint le million de visiteurs !
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/dossier_transmettre.[...]

La démocratisation de l'éducation, un projet vicié ?
"On peut se demander si une politique d'allongement de la scolarité est efficace pour réduire les inégalités sociales. On est amené à y voir plutôt une contre-réforme, donnant un peu plus aux défavorisés et la possibilité de rester au sommet aux plus avantagés. Etendre l'éducation est justement ce qui permet le maintien des inégalités sociales". C'est dans une conférence tenue à Dublin que Marie Duru-Bellat (IREDU) a tenu ces propos assez sacrilèges. Son raisonnement s'articule en trois points : la distribution des diplômes demeure inégalitaire (85% des enfants de familles favorisées ont le bac contre 23% des enfants de parents inactifs), les diplômes se dévaluent avec leur massification, la mobilité sociale ne dépend pas que des diplômes, avec le même bagage les jeunes ont des chances inégales.

Pour Marie Duru-Bellat la poursuite de l'objectif de 50% de diplômés du supérieur finit par faire oublier que l'éducation sert à autre chose qu'à sélectionner et empêche de réfléchir sur l'éducation que l'on veut.
http://www.leeds.ac.uk/educol/documents/143161.htm

Tutorat et coopération
"Dans la situation tutorale, même si les tutrices ou tuteurs n'ont pas tous parfaitement joué leur rôle, les tutorés ont progressé de manière significative dans les trois classes… Le tutorat a été plus efficace pour le travail de groupe." Dans Le Nouvel éducateur n°171, Marie-France Peyrat (Bordeaux 2) rend compte de sa recherche sur des situations d'entraide. Une recherche qui est confirmée par des témoignages d'enseignants Freinet au sein d'un copieux dossier sur le tutorat et la coopération à l'école.
http://www.icem-freinet.info/scripts/8_gen/rubrique.asp?idR[...]

Les IUFM menacés de désintégration pour P. Meirieu
"Nous risquons d'être mis aux enchères entre plusieurs universités sans pouvoir garantir la pérennité de nos acquis". Dans L'enseignant, la revue du Se-Unsa, Philipe Meirieu, qui a annoncé son départ de la direction de l'IUFM de Lyon, analyse la réforme des IUFM fixée dans la loi Fillon, comme un projet de désintégration. "Rien n'empêchera, dans un délai plus ou moins long, de démanteler l'IUFM, de fermer certains de ses centres, de déplacer une partie de ses personnels. Il s'agit, en réalité, de savoir si les grandes orientations qui ont présidé à la création de nos établissements seront conservées et approfondies... ou abandonnées. Maintiendra-t-on une unité symbolique et fonctionnelle entre la formation des professeurs des premier et second degrés ? Maintiendra-t-on un lien structurel et pédagogique entre les première et deuxième années d'Iufm ? Maintiendra-t-on une articulation forte entre la formation dite «théorique» et la formation «sur le terrain»?"
http://www.se-unsa.org/page_enseig.html

Meirieu répond à Brughelli
" Vous généralisez des exemples pour étayer un livre dont le titre est insultant pour les enseignants. Vous stigmatisez le style «jeune», mais vous utilisez celui du Nouvel Observateur et de Marianne. C'est-à-dire l'approximation, le slogan, les exemples invérifiables, sans oublier les erreurs. Vous assurez que les études à l'IUFM durent trois ans, alors qu'il s'agit de deux ! Vous illustrez ce que vous dénoncez : l'exigence de rigueur a disparu ! Même s'il contient des vérités sur lesquelles je reviendrai, votre livre équivaut à une mauvaise action !" Dans un entretien accordé au Figaro littéraire, Philippe Meirieu répond aux attaques de Jean-Paul Brughelli.
http://www.lefigaro.fr/litteraire/20050929.LIT0019.html?151[...]

Augmenter les profs suffit-il à hausser le niveau ?
Maresa Sprietsma et Fabio D. Waltenberg ont étudié les effets d'une augmentation des salaires enseignants au Brésil. Selon eux, augmenter les salaires des profs aurait peu d'effets sur les résultats des élèves. Tout au plus ont-ils constaté un effet positif dans l'enseignement privé brésilien et au bénéfice des élèves en difficulté.

Certains pourraient être tentés de généraliser l'observation… En fait elle fait vraiment sens dans les pays en développement. Ceux-ci sont confrontés au défi de l'efficacité et à des injonctions contradictoires. Ils doivent à la fois assurer l'alphabétisation de tous et, pour y arriver réellement, augmenter la qualité du corps enseignant ce qui revient à leur verser de meilleurs salaires. Dans cette situation la question de l'efficacité se pose en des termes différents des pays développés. D'autres études ont montré que la variable la plus efficace n'est pas la hausse du salaire enseignant. C'est ce que confirme cette étude du Girsef.
http://www.girsef.ucl.ac.be/Cahiers_CREF/043cahier.pdf

L'UNL demande de nouvelles pédagogies
"Comment a-t-on pu nier ainsi la parole des lycéens ? Les problèmes que notre système éducatif rencontre aujourd'hui ne sont-ils pas assez visibles ?... Tous ces maux ne seraient-ils qu'une pure invention que des syndicats malhonnêtes auraient mis dans la tête de lycéens trop naïfs ?" Parce que la dernière année scolaire a été, pour l'union Nationale des Lycéens, "une année de crise pour le service public d'éducation", le syndicat lycéen élabore un cahier de "propositions" qui sonne comme un cahier de doléances.

Certaines revendications sont sociales : gratuité des transports scolaires, augmentation des bourses, gratuité des trousseaux professionnels par exemple. Mais ce que réclament surtout nos lycéens, c'est un autre lycée. Et d'abord le rétablissement des TPE en terminale : "les TPE étaient le seul enseignement interdisciplinaire original existant au lycée… (Ils) faisaient partie de ces nouveautés pédagogiques qui offrent une vision attractive de l'apprentissage aux lycéens… Ils permettaient de prendre conscience qu'une matière ne se résume pas à elle-même… L'élève apprenait à gérer l'avancée de son travail en autonomie… A l'heure où le taux d'échec en premier cycle du supérieur s'élève à 40%, nous voyons dans les TPE une solution pour contrer la propagation de cet inquiétant phénomène… Il nous semble essentiel de faire le pari des nouvelles pédagogies… Si nous voulons que la transmission des savoirs s'opère mieux, l'Education nationale doit s'interroger sur la façon d'enseigner… L'ingurgitation passive des savoirs doit laisser place à d'autres formes de pédagogie". L'UNL demande leur retour en terminale, leur mise en place dans les filières technologiques et la création d'une commission en charge de leur rénovation". L'UNL souhaite également faciliter l'accès aux ordinateurs et à Internet dans les établissements. Le syndicat dénonce l'écart entre le taux d'équipement et la faculté réellement offerte aux élèves, en classe ou en accès libre, d'utiliser le matériel. Pour lui, "l'objectif d'un ordinateur par élève est raisonnable". C'est d'ailleurs ce que recommandait M. Fillon… quand il était président de conseil régional…

D'autres revendications renvoient à des exigences éthiques pour l'Ecole. L'UNL demande la rédaction et la diffusion d'un "Guide des droits lycéens" ainsi que la reconnaissance du droit syndical aux lycéens.
http://www.unl-fr.org/pdf/10propositions.pdf

Inserm : Menteurs, voleurs, sécheurs : au cabanon !
" Oppositions, désobéissance et colères répétées, agressivité chez l'enfant, coups, blessures dégradations, fraudes et vols chez l'adolescent : ces différents comportements caractérisent le trouble des conduites". D'autres symptômes établissent le diagnostic : " les agressions physiques, les mensonges ou les vols d’objets", ou encore "l’absentéisme, les incivilités à l’école et les situations d’échec scolaire". "L'absence de timidité" est aussi un signe d'alerte, tout comme "la recherche de nouveauté". Dans une étude publiée par l'Inserm, un groupe d'experts, épidémiologistes, pédopsychiatres, français et canadiens, vient de définir une nouvelle maladie : "le trouble des conduites".

Selon eux, 5 à 9% des garçons de 15 ans en seraient atteints et 2 à 5% des filles. Mais la maladie est, selon eux, familiale : " Les facteurs empiriquement associés au trouble des conduites sont : antécédents familiaux de trouble des conduites, criminalité au sein de la famille, mère très jeune, consommation de substances psychoactives pendant la grossesse, faible poids de naissance, complications autour de la naissance..."

Aussi, recommandent-ils "un repérage des familles présentant ces facteurs de risque" et un dépistage systématique, dès 36 mois, des enfants en utilisant les bilans de santé et les examens systématiques. C'est donc sur le système de santé et sur l'école qu'ils souhaitent s'appuyer pour opérer cette campagne de dépistage qui ficherait comme "dangereux" un adolescent sur dix et sa famille. Les experts recommandent "d’informer les enseignants sur les différentes expressions comportementales du trouble des conduites et de les sensibiliser à une collaboration avec les professionnels de santé pour une intervention plus précoce auprès des enfants et adolescents ". Ils souhaitent "généraliser les interventions au sein des structures éducatives existantes (PMI, crèches, écoles…) en formant le personnel éducatif à ces méthodes de prévention (puéricultrices, éducateurs, enseignants…)".

Il y a quelques mois le rapport Bénisti avait soulevé un tollé en demandant le dépistage précoce dès trois ans des "déviants". En termes médicaux c'est exactement la même logique qui est à l'œuvre dans ce rapport de l'Inserm. Comme lui, il analyse des faits sociaux comme des symptômes maladifs et n'hésite pas à envisager le fichage et le "suivi" d'un dixième de la population. On retrouve là l'influence d'une école nord-américaine, hostile à la psychologie, qui vise le dépistage des déviants et du gène de la déviance. Une perspective qui fait vraiment froid dans le dos.

Interrogé dans Le Monde, le pédopsychiatre Pierre Delion juge sévèrement ce rapport. " Je ne suis pas du tout adepte de ce genre de concepts. Le trouble des conduites implique une référence à une bonne conduite et à une mauvaise conduite. Cette notion moralise donc le débat là où, au contraire, il faudrait accepter la diversité de tous les parents et de leurs enfants… Que l'on puisse, dans certains cas, appeler cela des troubles des conduites, je ne suis pas contre, mais ce qui compte le plus c'est de dire à cet enfant que son appel a été entendu. A ce moment-là, l'important n'est pas de faire un dépistage systématique, de type Big Brother, mais de rendre possible, pour les parents, la rencontre avec des professionnels, pour accueillir cette souffrance de l'enfant et éventuellement la traiter". Et il alerte les enseignants : " parler de souffrance psychique en ces termes peut avoir des effets délétères. Les enseignants, par exemple, se sont déjà emparés de ces catégories. Nous voyons très souvent des parents envoyés par des instituteurs qui "diagnostiquent" des troubles de type hyperactivité et déficit de l'attention. Ces notions ont envahi la société dans son ensemble, bien au-delà du milieu médical. Les parents arrivent maintenant en consultation avec une question : "Quel traitement médicamenteux prescrivez-vous pour notre enfant ?" On voit bien, en arrière-plan, se profiler les intérêts économiques des firmes pharmaceutiques".
http://www.inserm.fr/fr/presse/dossiers_presse/att00000407/[...]
http://ist.inserm.fr/basisrapports/trouble_conduites/troubl[...]
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-691676@51-691794,0.html

Les associations éducatives menacées par le ministère
"La diminution, en 2005, de la subvention du Ministère de l’Education nationale et la suppression annoncée pour 2006 de 800 emplois d’enseignants mis à disposition mettent en grave difficulté les associations éducatives complémentaires de l’enseignement public et l’Ecole publique elle-même". Une vingtaine d'associations complémentaires de l'Ecole (Crap, Cemea, Education & Devenir, Gfen, Icem Freinet, JPA, Ligue de l'enseignement, Occe, Solidarité laïque etc.) dénoncent la réduction de leurs moyens opérée par le ministère.

" La baisse continue des subventions (moins 20% en 4 ans), la décision de supprimer les postes de mis à disposition, l’absence de référence au rôle éducatif des associations complémentaires dans la Loi d’orientation, marquent une rupture majeure des relations du Ministère de l’Education nationale avec ses premiers partenaires éducatifs et illustrent une évolution de la conception de l’éducation à laquelle nous ne pouvons souscrire".

Elles appellent "à la mobilisation de tous les acteurs de l’éducation pour combattre ces décisions qui, si elles ne sont pas remises en cause, affaibliront durablement la capacité d’intervention des mouvements laïques".

C'est peut-être le moment de rappeler que le Café est dans la même situation. Nous n'avons plus de subvention ministérielle. Nous n'avons aucune décharge horaire. Nous comptons sur nos lecteurs pour nous aider à survivre.

Motivation et autonomie au menu de l'Alsic
"Bien que préliminaires, les résultats de cette étude qualitative nous permettent d'évaluer le degré de motivation et d'engagement qu'atteignent les participants par le biais de l'utilisation d'une plate-forme de téléformation, et en particulier d'un forum de discussion électronique. Les commentaires et résultats numériques nous encouragent à aller vers l'adoption continue d'un environnement d'apprentissage socio-constructiviste et cognitiviste : une participation active à des projets motivants et un travail en collaboration devraient encourager la mise en place de stratégies d'apprentissage variées". La dernière livraison d'ALSIC (Apprentissage des langues et système d'information et de communication) propose un article de Catherine Caws sur l'application de principes cognitivistes et constructivistes à l'enseignement de l'écrit assisté par ordinateur. Il tranche nettement en faveur de l'application des théories cognitives.

Parmi les autres articles, Elke Nissen s'est penchée sur l'impact de l'autonomie d'un groupe dans les apprentissages. "Il apparaît que l'autonomie du groupe n'a pas d'influence directe sur l'apprentissage des groupes restreints. En revanche, un rapport est visible entre l'appréciation du fonctionnement du groupe par ses membres et l'évolution de la performance des groupes".
http://alsic.org/

L'université immobile ?
"Excellence ou égalité : c'est un vieux dilemme pour l'enseignement supérieur français. L'égalité a été davantage recherchée que l'excellence ces dernières années… On peut craindre que le système français doive se détériorer davantage pour que la société française accepte des changements réels". Analysant les perspectives du processus de Bologne sur l'université française, François Orivel (Iredu) dresse un constat sombre du déclin universitaire français. Pour lui, la nécessaire réforme se heurte à de sérieux obstacles.
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/2005[...]

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Acte d'apprendre et fonctionnement cérébral
Quel impact pourraient avoir les travaux et découvertes en matière de fonctionnement cérébral sur les processus cognitifs ? Le Centre pour la recherche et l'innovation dans l'enseignement (Ceri) annonce la prochaine ouverture d'un forum français en prolongement du forum anglophone ouvert par l'Ocde existant depuis 2004.
http://www.teach-the-brain.org/
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/29.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/biblio/20.php

Construction, déconstruction du collège unique
"Comment… se négocient les rapports entre l’élève et l’adolescent ou le pré-adolescent, entre culture scolaire et culture juvénile ? Quelles exigences et quelles difficultés en résultent ? Quelles nouvelles pratiques professionnelles et sociales, quels nouveaux modes de collaboration et de division sociale du travail éducatif ont ainsi vu le jour ? Quels en sont les effets ? Comment l’hétérogénéité des élèves est-elle produite et traitée au collège ?" Du 26 au 28 octobre, l'université Paris 8 et l'IUFM de Créteil organisent, à l'initiative de l'AECSE, un colloque sur "les enjeux de l'école moyenne". Au programme on trouve bien sur la question du collège unique et de son avenir avec cette perspective : "comment définir une culture commune prenant en compte les différences de populations scolaires ?" Au programme conférences et ateliers avec Agnès Van Zanten, Jean-Yves Rochex, Joël Lebeaume, Jean-Luis Derouet etc.
http://ffo.creteil.iufm.fr/article.php3?id_article=272

Démarrer en pédagogie Freinet
"Démarrer" ou "continuer" en pédagogie Freinet : c'est ce que propose l'Icem Freinet. Du 27 au 29 octobre, l'Icem organise, en Vendée, un stage national proposé aux enseignants de maternelle, du primaire et du secondaire.
http://www.icem-freinet.info

Première rencontre de l'accompagnement à la scolarité et de l'édition éducative
"L’accompagnement à la scolarité… représente actuellement une question de société. Le DESS de Psychologie Cognitive de l'expertise et aides à la conception d'outils éducatifs de Paris X s'est penché sur les rapports entre cette forme de besoin social, l’accompagnement à la scolarité, et les réponses actuelles apportées par l’édition éducative dans trois grands domaines: les outils scolaires relatifs au cadre de l’école (manuels scolaires et manuels du maître), les outils périscolaires utilisés à l’école ou à la maison sans vocation didactique (notamment les logiciels éducatifs), les outils parascolaires dont l’utilisation ne constitue pas un complément nécessaire à un enseignement". Il a organisé le 29 septembre à Paris X une journée d'étude qui vise à faire dialoguer les éditeurs, associations, et professionnels de l'éducation. Au programme des conférences (Annick Weil-Barais, Claude Bastien etc.) et des ateliers sur l'accompagnement scolaire, les théories de l'apprentissage etc.
http://netx.u-paris10.fr/psycognitive/Journee/index.html


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De l'école au collège le niveau en langues se divise
A l'occasion de la Journée européenne des langues, plusieurs études officielles montrent un fort écart de niveau en langues vivantes de l'école au collège. Selon le ministère, la moitié des écoliers auraient une maîtrise "satisfaisante" de l'anglais ou de l'allemand à la fin de l'école. Quelques années plus tard, en 3ème, c'est seulement un collégien sur quatre qui a une bonne maîtrise de la langue. Il est vrai qu'à l'école, seulement 10% des écoliers arrivent à produire des écrits en langue étrangère.

Ces proportions varient-elles en fonction de la "difficulté" des langues ? A l'école primaire, où les compétences transmises sont essentiellement orales, on n'observe pas de différence entre l'anglais et l'allemand. Au collège l'espagnol se détache avec moitié de bon niveau, une proportion double de celle observée en anglais et allemand. Cela ne nuit pas à l'anglais qui caracole en tête des langues vivantes : 97% des élèves du second degré l'apprennent. Par contre l'érosion de l'allemand continue : à peine 16% des élèves sont germanistes contre 23% en 1995.

Rappelons que le gouvernement a annoncé une nouvelle politique des langues. Mais ses effets ne se feront sentir qu'en 2007. D'ici là, les mesures les plus importantes sont reportées. Par exemple les dédoublements en terminale générale qui étaient présentés comme une contrepartie de la suppression des TPE, sont devenus des allègements" ponctuels si ce n'est rarissimes. L'Inspection générale a demandé dans un récent rapport un recadrage vigoureux : "Dans la situation actuelle, la mission des inspections générales a constaté que les incertitudes du pilotage national se traduisent par la diffusion d'instructions peu explicites, l'absence de fixation d'objectifs chiffrés, de moyens spécifiques pour y parvenir et de cadrage des pratiques académiques".
http://www.education.gouv.fr/stateval/noteeval/listne2005.h[...]
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2005/ni0526.pdf
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/r2005/gen1.php

Une étude met en évidence "l'effet prof"
"Il semble que, pour la réussite scolaire, les différences entre enseignants à l'intérieur du même établissement comptent davantage que les différences entre établissements. Cela suggère qu'il y a de grands écarts dans la façon d'enseigner les maths ou les sciences dans la même école. Le choix du professeur semble plus important que le choix de l'école". C'est une des révélations de l'étude de Spyros Konstantopoulos (Northwestern University) sur la réussite scolaire dans les lycées américains. Ces inégalités au sein du même établissement lui semblent plus importantes qu'entre établissements, même si celles-ci sont allées s'accroissant des années 1970 aux années 1990.
ftp://ftp.iza.org/dps/dp1749.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Un jeune sur vingt a de grosses difficultés en lecture
Chaque année les tests passés lors de la Journée d'Appel de Préparation à la Défense donnent une image des difficultés de lecture des jeunes de 17 ans. En 2004, 80% d'entre eux étaient des lecteurs habiles. Un sur dix (11%) ont des difficultés de compréhension qui s'avèrent très importantes pour 4% d'entre eux. Des chiffres comparables à ceux de leurs camarades de 1998. Plus surprenant, le taux d'échec varie fortement d'un département à l'autre. Dans le pourtour nord et est du Bassin parisien, du Pas-de-Calais à la Saône-et-Loire, le taux de jeunes en difficulté est presque le double du taux national.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne2005/eva0511.pdf
http://www.bienlire.education.fr/04-media/documents/0009.pd[...]
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

La formation des personnels de direction
"Une certaine reprise en main de la dynamique d’ensemble de la formation par la Direction de l’encadrement semble donc s’imposer". Le rapport de l'inspecteur général Jean-Pierre Obin sur "la formation des personnels de direction" souligne des disparités entre académies. "Une première impression forte se dégage… : celui d’un paysage non pas varié mais disparate, en « habit d’Arlequin » comme disent les géographes, un constat ne résistant par ailleurs à aucune analyse entièrement rationnelle. Des logiques académiques existent sans doute, ou peut-être, mais elles ne sont vraiment logiques que pour celui qui accepte de restreindre son champ de vision à une seule académie. Pour peu que l’observateur s’élève et que son regard surplombe l’ensemble national en lui offrant maints points de comparaison, rien ne semble pouvoir alors vraiment expliquer, encore moins justifier l’éclatement du paysage qui s’offre à ses yeux souvent étonnés".

Le rapport envisage des modifications dans la formation : mémoire professionnel, 3ème année de formation pour les néo-titulaires souhaitant prendre rapidement la direction d'un établissement etc.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/formation_pers_direction_1999_2005.pdf


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