Pédagogie (Café N° 67)

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- A la Une : Quand les citoyens construisent l’école du Futur

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Édition du 15-11-2005

- François Jarraud -

- A la Une : Quand les citoyens construisent l’école du Futur    [ Haut ]

"L’école élémentaire : quelle organisation et quels programmes ? Quel rôle pour les enseignants ? Quelle place de l’école dans la cité, dans la commune, dans son environnement ? Le collège : quelles finalités, quels objectifs, quels principes de fonctionnement, quels modes de regroupement des élèves, quelle organisation ? Les lycées : comment garantir vraiment et enfin « l’égale dignité des voies de formation » ? Comment éviter l'empilement des connaissances ? " Depuis plusieurs années le débat sur l’École traite essentiellement de questions polémiques comme la baisse du niveau, l’effondrement de l’autorité des enseignants ou la démission des familles. Ces discussions mobilisent l’opinion, permettent l’expression de points de vue contradictoires qui suscitent la réflexion, mais ne font guère émerger de propositions constructives.

Au total, un risque existe que les citoyens, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes parfois reprennent massivement des clichés éculés – « Les enfants ne savent plus lire à cause de la méthode globale… » « Il suffit d’augmenter les punitions pour mettre les élèves au travail ! » - et ne se saisissent pas de la question de l’École comme d’une question centrale pour l’avenir de nos sociétés. L’ambiance est au fatalisme teinté d’une certaine nostalgie pour « le bon vieux temps ». Des questions cruciales comme l’articulation entre l’école primaire et le collège, l’orientation, la sectorisation scolaire, le rôle des professeurs principaux, la place de la recherche documentaire, la hiérarchisation des baccalauréats, etc. ne sont presque jamais abordées sérieusement, alors qu’elles concernent tout un chacun. Seuls les experts s’y intéressent sans que, visiblement, leurs travaux n’inspirent les décideurs.

C’est parce que nous sommes convaincus que cette situation n’est pas saine pour l’École, pour la société, pour la démocratie, et qu’elle n’est pas, non plus, une fatalité que nous engageons, à partir du 3 novembre 2005 une opération d’envergure : "Quand les citoyens construisent l’École du futur".

Nous sollicitons tous les enseignants, seuls ou en équipe, avec leurs élèves ou avec des parents, en lien avec des associations ou des partenaires s’ils le souhaitent et, bien au-delà, tous les citoyens qui s’intéressent à l’École et à l’avenir de notre société… afin qu’ils élaborent des contributions sur le thème : ce que nous proposons concrètement pour améliorer l’École.

Une série d’entrées est proposée : niveaux d’enseignement, problèmes transversaux, questions pédagogiques et institutionnelles, soit au total une vingtaine de thèmes différents. Les contributions doivent s’inscrire dans un cadre formel précisé dans une charte.

Au terme de cette opération, le 30 mars 2006, le Café préparera une présentation exhaustive des contributions qui sera disponible fin août 2006. Elle sera, alors consultable par tous sur son site. L’ensemble des contributions sera examiné afin de dégager les perspectives les plus intéressantes, originales et novatrices. Un ouvrage sera ensuite construit à partir d’elles, par Philippe Meirieu et l’équipe du Café pédagogique, en s’efforçant de les présenter de manière ordonnée et d’esquisser un véritable projet concret et constructif pour l’école.

Ces deux démarches convergentes et qui permettront de disposer, en même temps, de très nombreux textes de référence (sur le site) et d’une synthèse opérationnelle (sous forme d’ouvrage) constitueront une contribution originale dont pourront se saisir, tout à la fois, les citoyens à tous les niveaux, les professeurs et cadres de l’Éducation nationale, les organisations syndicales et professionnelles, les mouvements pédagogiques, les élèves et leurs organisations… et, bien sûr, les hommes et les femmes politiques qui brigueront nos suffrages et seront invités à se positionner par rapport à ces textes. Nous pourrons, d’ailleurs, impulser, à la rentrée 2006, dans l’ensemble des régions de France, des débats autour de ces propositions où les politiques seraient amenés à se positionner…

Il s’agit de s’atteler en commun à relancer un véritable débat citoyen sur l’École, un débat où les professeurs peuvent être une force de proposition et contribuer ainsi, avec les parents d’élèves et tous ceux qui sont concernés par l’avenir de l’institution scolaire, à construire une École plus juste, plus démocratique, plus porteuse d’une véritable culture, plus formatrice de citoyens et de citoyennes capables de s’engager dans la construction d’un monde solidaire.

Nous vous invitons à contribuer dès maintenant, sur le ou les thèmes de votre choix sur le blog ouvert par le Café.
Merci de respecter la charte de présentation des contributions qui est impérative.

Sur le même site, découvrez le blog du Café. Vous pouvez y réagir aux articles du Café ou y poster des contributions.
http://www.cafe-leblog.net/
http://www.cafe-leblog.net/pop_charte.php

- Réflexion    [ Haut ]

A l'école de la réussite
L’analyse comparée des résultats aux évaluations à l’entrée en sixième pour tous les collèges de l’académie (de Nantes) a montré qu’il existait une disparité importante entre établissements sur le territoire académique mais aussi… qu’il n’y avait pas de corrélation systématique entre les scores obtenus par les élèves et leur origine sociale… Ainsi, des collèges présentant des taux de PCS défavorisées supérieurs à la moyenne académique figuraient parfois dans le peloton des établissements où les élèves réussissaient bien, voire très bien les tests d’évaluation… Là où une forme de fatalité sociale aurait laissé attendre des résultats faibles, on se trouvait au contraire face à de véritables réussites scolaires, en français comme en mathématiques". C'est le cas par exemple d'élèves venus d'écoles comptant 69% de PCS défavorisées et 35% d'élèves étrangers. Le pôle pédagogique de l'académie de Nantes a enquêté pour connaître les clés de ces réussites inattendues. L'étude met en évidence plusieurs facteurs.

" Même si on constate dans la majorité des écoles visitées un manque d’ambition scolaire chez les élèves et leurs familles, une certaine pauvreté culturelle et langagière, contre laquelle des efforts importants sont menés, il y a partout un grand respect pour l’école, parfois au prix de gros efforts des équipes d’enseignants pour construire ou reconstruire une représentation positive de l’école auprès de certains parents" C'est que la qualité de la relation avec les parents, les efforts menés pour les intégrer dans la vie de l'école apparaissent comme des conditions de réussite. D'autres facteurs relationnels sont également importants : les établissements ont des équipes enseignantes stables, qui collaborent facilement et qui ont de bonnes relations avec des municipalités bienveillantes.

Reste la partie strictement pédagogique. " La place et la spécificité de chaque discipline sont nettement prises en compte, mais on insiste beaucoup à chaque fois sur l’activité langagière : comme il a été dit par une équipe « tout se tient dans le langage »". Les enseignants s'attachent également à donner du sens aux apprentissages, à développer des liens contractuels avec les élèves, qu'il s'agisse des codes de vie ou même du travail scolaire. Des pratiques pédagogiques décrites par un rapport académique qui suscitent de l'admiration et luttent contre le fatalisme ambiant. L'école qui réussit ça existe !
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/pole_peda/reussite/index.html

Aider les élèves
"La question de l’aide n’est pas simple et ne peut se résumer à de la méthodologie, à du soutien ou à quelques heures en plus des cours ; elle interroge à la fois notre représentation du métier, notre rapport à l’autre, mais aussi notre conception de l’apprentissage et la responsabilité sociale de l’école, ce qui n’est pas rien" affirme Sylvie Grau, qui a coordonné ce remarquable numéro 436 des Cahiers pédagogiques. Ajoutons que la question est aussi devenue politique avec la définition des Programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE) dans la loi Fillon. Et, disons le sans détour, le premier intérêt de ce Cahier est justement de mettre en évidence l'impasse que représentent les PPRE.

Ainsi, la première partie du numéro nous fait réfléchir à ce que représente l'aide. "Si aider, c’est aider l’élève à réussir, alors il faut savoir ce que ce mot représente pour chacun d’entre nous, enseignants, éducateurs, parents, élèves : avoir la moyenne, être intégré dans une communauté, passer dans la classe supérieure, réussir un examen, maîtriser un certain nombre de compétences, devenir un adulte responsable, intégrer une grande école, pouvoir décider librement, accumuler un maximum de connaissances ?" C'est poser la question du choix du destinataire de l'aide, du dispositif et des représentations qui les animent.

C'est ce travail de démontage que propose Françoise Clerc (Lyon 2). "Les croyances sur l'apprentissage poussent à mettre en place des pratiques d'aide qui sont condamnées à reproduire la hiérarchie scolaire. En collège la croyance qu'il existe des bases de connaissances fautes desquelles rien ne se construit, conjuguée à l'idée répandue "que ce qui se conçoit bien s'énonce clairement" conduisent les enseignants à mettre en place un travail centré sur des connaissances déjà travaillées à l'école"" ce qui a un effet fortement démobilisant. Gérard Chauveau met aussi en évidence les "risques majeurs" de l'aide : saupoudrage, substitution, diversion, sous-stimulation, dépendance, désengagement, ségrégation, stigmatisation, pathologisation et ambivalence. Alors faut-il enterrer avec nos illusions toutes nos bonnes intentions ?

Non, répond le Cahier qui apporte également des exemples d'expériences. Aider apprend déjà beaucoup aux enseignants : "beaucoup disent avoir découvert ce qu'ils ne soupçonnaient pas et avoir changé leur façon d'enseigner" explique Jacques Bernardin (Escol Paris 8). Pour lui "parmi les aides substitutives les plus opératoires, il faut compter avec les pairs", ce travail entre élèves dont l'efficacité ressort d'autres travaux. "Il faut que l'aide soit intégrée à l'enseignement même car c'est la seule façon d'accompagner efficacement des apprentissages…. A condition que la forme scolaire actuelle évolue" demande Françoise Clerc. L'aide devient efficace quand elle n'est plus un moment de mise à l'écart mais entre dans une pédagogie réellement différenciée qui n'ignore pas l'importance des relations dans le groupe élèves.

C'est évidemment remettre en question les deux mamelles de la loi Fillon : redoublement et PPRE. L'inefficacité du redoublement a déjà été démontrée au moins au primaire. Le PPRE consiste à sélectionner les élèves à problème pour les isoler du groupe classe et les mettre en demeure de progresser individuellement. On réussit ainsi un remarquable tri et on évite de poser la question d'une autre pédagogie.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_article=[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/65.php

Piloter les ZEP ?
" Même si aujourd’hui on préfère souvent mettre en avant l’égalité des chances, ce qui se passe à l’école montre clairement qu’y réaliser cet idéal est une gageure, dès lors qu’elle accueille des élèves de fait inégaux, parce qu’ils ont grandi dans des contextes inégalement stimulants. Si, pour l’école, cela implique une mobilisation pour contrecarrer ces inégalités précoces, au niveau de la société, cela invite à ne pas oublier que l’égalité des conditions (ici entre les adultes qui forment les enfants) est aussi importante que l’égalité des chances". Marie Duru-Bellat, IREDU, pose la question de la discrimination positive dans un article publié sur inegalites.org.

Elle y défend l'idée d'un meilleur pilotage des zep. "L’expérience des ZEP montre clairement que la seule mobilisation de moyens financiers ne suffit pas. Une réelle mobilisation des personnels serait bien plus efficace, comme le montre d’ailleurs l’exemple des ZEP qui réussissent. Mais comment faire avec des enseignants qui ne sont pas forcément des militants ? Une voie, qu’ont suivie certains pays comme la Grande-Bretagne, consiste à encadrer plus strictement l’action pédagogique des maîtres, sur la base de ce que la recherche en éducation désigne comme les « bonnes pratiques ». C’est évidemment une voie qui va à l’encontre de l’autonomie des équipes pédagogiques et suppose par ailleurs que la recherche ait accumulé suffisamment de résultats fiables. Elle n’irait donc pas sans difficulté dans le contexte français. En même temps, il est clair qu’on voit mal comment des initiatives diverses, non évaluées, dépendantes des mobilisations locales et ignorant tout des quelques acquis de la recherche pourraient produire des effets positifs systématiques. Il faut donc sans doute développer dans notre pays un mixte de directives plus précises et d’initiatives laissées aux équipes sous la condition stricte d’un suivi et d’une évaluation ex post des actions entreprises. Il reste que, pour ce qui est des enseignants, la culture de ce qui serait une approche plus expérimentale de leurs pratiques, indispensable, ne remplacera jamais une forte mobilisation contre la fatalité de l’échec scolaire, qui manque singulièrement dans notre pays".
http://www.inegalites.fr/article.php3?id_article=401

Les établissements chics font des élèves chics
"Si à l’issue de la classe de terminale générale et technologique, les projets d’études supérieures des jeunes varient selon le degré de réussite, la série du baccalauréat, le milieu social ou le genre, ils ne sont pas non plus indépendants des caractéristiques de l’établissement. A caractéristiques sociales et scolaires individuelles, les souhaits d’orientation en CPGE sont toujours plus fréquents quand l’élève est scolarisé dans un lycée à recrutement social favorisé ou ayant une classe préparatoire". Dans un article publié par l'Iredu, Nadia Nakhili met en évidence l'impact des établissements scolaires sur le choix d'études en CPGE. Elle calcule que l'effet de la composition sociale des établissements est aussi important que le poids de l'origine sociale.

On savait que la production des élites avait à voir avec le genre et l'origine sociale des élèves. N. Nakhili montre aussi l'importance du choix de l'établissement à résultats scolaires et milieu social équivalents. Un phénomène qui reste encore peu expliqué. "Que se passe-t-il dans les établissements de type favorisé pour qu’un élève… ait, toutes choses égales par ailleurs 1,3 fois plus de chances de demander une classe préparatoire? Et pourquoi, d’une manière plus générale, les jeunes scolarisés dans ce type d’établissement envisagent un niveau d’études supérieures plus élevé que les lycéens fréquentant un établissement au recrutement plus populaire ?" S'agit-il d'une émulation des lycéens entre eux ou faut-il y voir l'influence des enseignants ? L'auteur semble privilégier cette dernière hypothèse. " Les professeurs des établissements à forte concentration d’élèves favorisés, présenteraient des caractéristiques particulières ou auraient des pratiques pédagogiques et d’information différentes. Ils pourraient aussi développer des attentes supérieures, ce qui jouerait, tel l’effet Pygmalion, sur les aspirations des élèves… Les enseignants ont une grande importance dans les choix d’orientation des lycéens : un élève ira toujours plus fréquemment en CPGE s’il a bénéficié des conseils d’un de ses professeurs. Dans cette perspective, il resterait à savoir si les enseignants des lycées favorisés informent davantage les élèves sur les classes préparatoires que les enseignants exerçant ailleurs".

Ce travail confirme l'intérêt, affirmé par N. Nakhili dans une première étude, d'ouvrir des CPGE dans des établissements ZEP.
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/2005[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index040205.php
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

P. Meirieu pour un autre partage des moyens
" Dans un pays comme le nôtre, le système éducatif a presque atteint la limite de ce qu'on peut dépenser en matière d'enseignement. Mais l'utilisation de ces moyens ne se fait pas sur des critères d'équité!". Dans un entretien accordé à La libre Belgique, P. Meirieu, défend un autre partage des ressources. " Je prône l'allégement des charges d'enseignement dans les collèges les plus difficiles, de façon à pouvoir organiser une formation continuée adaptée pour les enseignants. Bien sûr, cela coûterait un peu plus cher. Mais ne serait-ce pas une façon plus transparente et plus juste de distribuer les deniers publics?".
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=2[...]

Des remplacements aux pratiques enseignantes
"Il est bien évident que s'il existait dans les établissements des équipes qui se sentent responsables du progrès des élèves, le problème des remplacements se résoudrait de lui-même et c'est du reste le cas dans certains établissements, ce qui montre bien que c'est possible. Mais le travail d'équipe est-il encouragé par les chefs d'établissement, par les inspecteurs, par des avantages statutaires? Le travail d'équipe est-il à la base de la formation dans les IUFM? Sans doute pas suffisamment car il n'est pas très fréquent semble-t-il . Ceci dit, il faut du temps pour un pareil changement mais ce problème des remplacements est là pour nous en montrer l'urgence". Pour Jacques Nimier, le nouveau dispositif des remplacements révèle les confusions et les rigidités du système éducatif. Et même les fantasmes qui le sous-tendent. "La question du temps dans l'E.N. repose sur un fantasme de toute-puissance donnant l'illusion de la possibilité de résultats immédiats : formation en deux jours; apprentissage d'un chapitre en une heure, circulaire à appliquer partout instantanément. C'est croire que l'on peut maîtriser les processus psychiques. Or ces derniers demandent beaucoup de temps".

A lire également sur son site cette analyse de Gérard Vergnaud sur les rapports entre pratiques et formation. "Toute activité est à la fois productive et constructive : productive d'effets immédiats sur l'environnement extérieur matériel et social ; constructive d'effets à long terme sur les ressources personnelles du sujet acteur. Les conséquences de cette attention particulière accordée à la pratique sont importantes pour la didactique. Il est en effet essentiel, dans l'enseignement, d'offrir aux élèves des situations qui les conduisent à construire de nouvelles formes d'activité, par des prises de conscience personnelles et avec l'aide de l'enseignant. Il est essentiel également d'analyser la professionnalité des enseignants à partir de leur pratique, et pas seulement de leurs diplômes".
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/

L'identité sociale des lycéens marseillais
"Que l’on étudie dans une classe de Foch chauffée pour Prépa ou dans une section menuiserie de Montaigne, que l’on soit fils de cadre né à Londres ou immigré comorien, on s’identifie au territoire local, à la communauté marseillaise" affirme Françoise Lorcerie au terme d'une étude menée auprès d'un millier de lycéens marseillais et que publie Education et Devenir. C'est ans doute le grand enseignement de l'étude : si ces jeunes ont souvent des attaches communautaires, ils cherchent à se construire une identité "marseillaise" commune et intégrante. Aussi pour Françoise Lorcerie, " lorsque l’ethnicité devient saillante, c’est donc aux conditions psycho-socio-politiques qui déterminent cette saillance qu’il faut s’intéresser pour en rendre compte, aux processus de la catégorisation ethnique".

Politiquement, nos élèves " veulent à la fois les libertés du libéralisme, les protections de l’Etat-providence, et un nationalisme cosmopolite, qui fasse sa place au souci du Sud. Cette orientation n’est pas pour eux/elles une question d’ascèse morale, c’est une question de ressenti, de mémoire familiale pour une bonne moitié d’entre eux/elles et, pour tou(te)s, une question de vécu quotidien".

L'étude a l'intérêt de relativiser, dans cette grande ville méridionale, la montée des communautarismes, pourtant affirmée par de nombreux autres travaux.
http://education.devenir.free.fr/colloque2006.htm

Les Français veulent du soutien scolaire
Selon un sondage CSA, réalisé pour La Croix, 89% des parents pensent que la mise ne place d'un dispositif de soutien personnalisé au sein de l'éducation nationale (les fameux PPRE) sera une mesure efficace pour lutter contre l'échec scolaire. 75% des parents se disent prêts à prendre des cours payants pour faire face aux difficultés de leur enfant et 58% "pour améliorer ses performances".

Ces chiffres traduisent l'angoisse des familles et expliquent la "surenchère" de l'accompagnement scolaire que dénonce le quotidien. Ils pourraient annoncer de nouvelles désillusions et un avenir difficile pour l'Ecole.
http://www.csa-tmo.fr/dataset/data2005/opi20050919a.htm
http://www.la-croix.com/parents-enfants/article/index.jsp?d[...]

Troubles de conduite : le rapport contesté
" Il ne sert à rien de donner des moyens à des labos en pharmacie ou à de la recherche sur les souris, alors qu’on a - besoin de psys, d’aides-soignants, d’éducateurs, de tous ces gens qui travaillent autour de l’enfant. Ce rapport traduit donc surtout l’influence du lobby des biologistes, qui est très fort, au détriment des aspects sociaux. Il est typique de l’époque actuelle qui évacue tout le contexte social et économique au profit de - l’individualisation des – problèmes" affirme le sociologue Laurent Muchielli dans L'Humanité du 11 octobre.

Il évoque le rapport sur les "troubles de conduite" publié par l'Inserm fin septembre (voir L'Expresso du 23 septembre). Pour Marie-Rose Moro, pédopsychiatre, " La vision de l’INSERM est simpliste, réductrice et ignore l’importance des aspects affectifs, sociaux, culturels. Ces résultats ne correspondent pas à la réalité quotidienne des enfants et de leurs parents".
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-10-11/2005-10-11[...]
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-10-11/2005-10-11[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index230905.php

L'I génération
"Cette génération a fait tôt son nid dans le réseau des réseaux, comme s'il avait été inventé pour elle. L'interactivité satisfait sa soif de dialogue et d'authenticité. Formidable lieu d'échanges, la Toile tient de la cour de récréation et du défouloir. Elle encourage la mise en scène de soi, incite au marivaudage, désinhibe les timides, survolte les audacieux, tout cela sans grands risques. Accueillant, tolérant, virtuel, le Web autorise tous les faux-fuyants. Les "adulescents" apprécient". Dans Le Monde, Bertrand Le Gendre fait le portrait de nos grands élèves, nés avec l'informatique et grandis avec Internet.

Pour lui, "L'I-génération a du mal à admettre que la culture et l'information ont un coût. Pour elle, c'est un dû… Certains, comme la chercheuse américaine Christine Rosen dans un récent article de The New Atlantis, s'interrogent sur le sentiment de toute-puissance que les moyens modernes de communication donnent à l'I-génération. De l'exacerbation du moi qui en découle, un syndrome qu'elle nomme "egocasting".

C'est qu'outre-Atlantique la question des effets des TICE sur les relations entre personnes, et singulièrement la relation pédagogique, interroge. Ainsi Jason L. Frand, professeur à l'UCLA, dans un article paru dans Educause en septembre 2000, signalé dans le Café 44, mettait en évidence de nouvelles attitudes intellectuelles. Quelques exemples ? Les jeux vidéo habituent les jeunes à expérimenter sans cesse. Il faut perdre de nombreuses vies pour gagner un jeu Nintendo. Quand il s'agit de faire l'apprentissage d'un logiciel, les jeunes ouvrent la boîte et découvrent le programme en l'utilisant. D'un côté cette démarche par tâtonnements peut être récupérée par certaines disciplines. De l'autre, elle met en danger des démarches analytiques. Signalons également le dossier de Jacques Nimier qui proposait trois points de vue sur ce sujet.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-698893,0.html
http://www.cafepedagogique.net/disci/edito/44.php
http://www.educause.edu/pub/er/erm00/articles005/erm0051.pd[...]
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/dossier_outils.htm

Comment donner le goût des sciences ?
Le Conseil général de l'Essonne et l'académie de Versailles organisaient les 7 et 8 octobre un colloque national à Palaiseau sur le thème "Développer le goût des sciences". Parmi les contributions, il faut signaler celle de Frédéric Sgard qui rendait compte d'un rapport préliminaire de l'OCDE sur "la désaffection des jeunes pour les études scientifiques et technologiques". Ce rapport prépare une conférence internationale qui aura lieu en novembre à Amsterdam.

Il confirme une baisse relative mais sensible des inscriptions des étudiants dans les filières scientifiques et technologiques dans les pays de l'OCDE. Les différentes disciplines ne sont pas touchées de la même manière : la baisse est plus sensible en maths et physique. A noter qu'en France toutes les disciplines chutent.

Comment expliquer cette désaffection ? Les carrières apparaissent moins attirantes financièrement. Mais l'étude incrimine également l'Ecole. " Les enfants à l'école primaire ont une curiosité naturelle pour la science et la technologie, et il peut se former, dès ce stade, un intérêt durable pour ces disciplines. Cependant, beaucoup d’enseignants du primaire ne sont pas familiarisés avec les sujets scientifiques et les méthodes expérimentales. L’enseignement se focalise souvent sur les connaissances et les faits plutôt que sur la compréhension des phénomènes. Au niveau du collège, les élèves ont besoin d’appréhender les relations entre les sujets étudiés et leur propre monde. Ce qui est enseigné est souvent déconnecté des aspects les plus novateurs de la science ou de ses applications récentes et peut détruire l'intérêt acquis à un plus jeune âge. Au niveau du lycée ou des études supérieures, les thèmes S&T doivent rivaliser avec des sujets nouveaux plus actuels". Les femmes et les minorités souffrent souvent de stéréotypes qui les éloignent de ces filières.

Aussi l'OCDE préconise-t-elle de "prêter une attention spécifique aux âges autour de 15 ans. C'est l'âge auquel l'intérêt pour les S&T diminue le plus brusquement, quand la différence entre sexes commence à se traduire par des choix, à une période cruciale pour la future orientation. Des actions spécifiques pourraient surtout concerner des rencontres avec de vrais professionnels, des confrontations avec les avancées et controverses modernes dans les domaines des S&T ainsi que leur usage dans la vie contemporaine, des discussions sur le rôle et l’importance des S&T dans la société ainsi que toutes autres actions orientées vers une "humanisation" de l'enseignement de la science".

A l'issue du colloque, le Conseil général et l'académie de Versailles ont signé une charte prévoyant de sensibilisation des scolaires. Il s'agit "de favoriser l'orientation scolaire et professionnelle des jeunes vers les filières et les secteurs scientifiques, …de rapprocher le monde scolaire du monde et la société civile de la science". Le Conseil général organisera des rencontres avec des scientifiques dans les lycées.
http://www.savoirs.essonne.fr/index.php?id=495&type=single&[...]
http://www.oecd.org/document/61/0,2340,fr_2649_34319_35420093_1_1_1_1,00.html

littérisme, n.m.
"Littérisme : capacité à lire un texte simple en le comprenant, à utiliser et à communiquer une information écrite dans la vie courante". Ce nouveau mot est officiellement introduit au B.O. n°37. C'est la traduction française de l'anglais "literacy".
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/37/CTNX0508668X.htm

Les limites de l'équipe pédagogique
"La réussite de tous relève plus d’une injonction volontariste que d’une réelle prescription. Les critères de cette réussite ne sont pas clairement identifiés et les moyens pour y parvenir ne font pas l'objet d'une réflexion organisée. La responsabilité des enseignants est convoquée, mais sans possibilité effective d'exercer cette responsabilité dans la définition de leur travail. Du coup le travail en équipe pour réaliser une tâche prescrite, souvent perçue par les enseignants comme extérieure à leur activité, n’est pas productif". Fenêtres sur cours 275 propose un intéressant dossier sur le travail d'équipe. Pour Frédéric Saujat, IUFM d'Aix-Marseille, celui-ci n'apporte pas forcément une solution aux problèmes des enseignants. " Pour qu'il y ait collectif de travail réel, il faut que le groupe se constitue autour d’un but en rapport avec les préoccupations issues du travail quotidien… Il ne suffit pas pour cela de prescrire le travail en équipe : dans les concertations par exemple, un soutien plus affirmé de l'institution est nécessaire pour accompagner les enseignants dans l’analyse de leur travail".
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc275.pdf

L'estime de soi clé de la réussite scolaire
"Les jeunes qui ont la plus grande confiance en eux sont aussi ceux qui obtiennent les meilleurs résultats au baccalauréat". Pour Jean-Paul Caille et Sophie O’Prey, qui publient un intéressant article dans Education et formations n°72, l'estime de soi reste un élément de la réussite scolaire. " Si l’image de soi du jeune est peu influencée par son passé scolaire, sa réussite ultérieure ne semble en revanche pas indépendante de son degré d’estime de soi. Les candidats au baccalauréat général présentent une réussite et une ambition d’autant plus élevées que leur confiance en eux est forte". Encore faut-il nuancer : " une relation inverse apparaît avec l’image de soi sociale, comme si une forte estime de soi dans ce domaine se forgeait essentiellement dans des expériences peu complémentaires avec les exigences de la scolarité". Cette perception de soi parmi le groupe des pairs est particulièrement forte parmi les jeunes originaires du Maghreb et d'Afrique subsaharienne et elle ne s'accompagne pas d'une grande réussite scolaire. Autre élément mis en évidence dans cette étude : le degré d'estime de soi est d'autant plus élevé que le jeune est satisfait de son établissement scolaire.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/revue72/article2.pdf



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Le Prix Louis Cros 2005
Lundi 7 novembre, l'Académie des sciences morales et politiques remettait le Prix Louis Cros 2005 à Cypora Petitjean-Cerf, pour "L'école de la dernière chance" et François Muller pour "le manuel de survie à l'usage de l'enseignant". Ils ont bien voulu parler de leurs ouvrages et de l'œuvre pédagogique de Louis Cros. Le prix Louis Cros récompense une oeuvre relative à l'éducation (ouvrage édité ou thèse dactylographiée), destinée au grand public et rédigée en français par un candidat de moins de 45 ans.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lcros/index.php

1er festival du film d'éducation d'Evreux
"Des centaines de documents vidéo ont en commun cette problématique de l'éducation dans les secteurs aussi variés que l'apprentissage de la citoyenneté, la protection judiciaire de la jeunesse, la prévention des risques, la santé, la déscolarisation, la maltraitance, etc. Il n'existe paradoxalement aucun « regroupement » de ces ressources, ni dans le domaine de la documentation ni en termes de rencontres professionnelles ou de confrontation des œuvres dans le cadre d'un festival, par exemple. C'est précisément ce que le Centre Régional de Documentation Pédagogique de Haute-Normandie a choisi d'organiser à Evreux du 23 au 27 Novembre 2005". Durant 5 jours, le public peut découvrir des longs métrages de fiction, certains en première, voir des documentaires, assister à des rencontres professionnelles.
http://www.crdp.ac-caen.fr/Spip/article.php3?id_article=271

La Lettre d'octobre de Prisme
La lettre mensuelle de l'association Prisme, qui milite contre les inégalités à l'Ecole et dans son environnement, collecte toujours des informations intéressantes. La Lettre d'octobre rend compte des actions éducatives des collectivités locales et de la lutte contre les discriminations.
http://www.prisme-asso.org/article.php3?id_article=291&var_[...]+lettre+31

De la Segpa à la Nouvelle Calédonie
"Héritiers, malgré eux, de difficultés particulières, les élèves de Segpa se reconnaissent par leur non-adhésion naturelle aux méthodes traditionnelles d’enseignement… L’expérience aidant, il a paru nécessaire de proposer aux élèves de chacune des classes de prendre en charge un projet « exceptionnel » qu’ils mèneraient du début jusqu’à la réalisation complète, pendant le cursus des 4 années -collège. Leur opiniâtreté sera le moteur de leur action. Ainsi cette année, deux élèves de la 4èmeC ont réussi à convaincre le reste du groupe qu’un voyage en Nouvelle-Calédonie pourrait se réaliser lorsqu'ils seraient en 3ème". Ce projet un peu fou est porté par la Segpa du collège Notre-Dame de Bourgenay. Les élèves suivent un fil rouge : la vie de Louis Francheteau, un marin originaire de la région qui s'est installé en Nouvelle-Calédonie. Ils ambitionnent de partir au printemps 2006 et se préparent activement.
http://segpabourgenay.free.fr/index.php?option=com_content&[...]

6èmes Rencontres des ateliers d'écriture
Cette année elles deviennent internationales. Du 29 octobre au 1er novembre, le GFEN organise à Echirolles (38) les 6èmes Rencontres des ateliers d'écriture. Cinq jours pour découvrir ou redécouvrir les ateliers d'écriture, analyser pratiques et partis-pris, travailler sur l'engagement de chacun. Des journées aussi qui s'annoncent agréables. Aux ateliers et conférences succèdent des spectacles, du chant, du slam, de l'improvisation. Les Rencontres sont ouvertes aux animateurs d'ateliers mais aussi à ceux qui en ont juste entendu parler sans l'avoir vécu.
http://www.gfen.asso.fr/activites/rhonealpes.htm

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Prévenir les conduites addictives
A 15 ans, un garçon sur trois, une fille sur quatre a déjà essayé le cannabis. A 18 ans la proportion double et un garçon sur cinq et une fille sur dix consomment régulièrement. Une proportion identique consomme régulièrement de l'alcool. Ce public est déterminé par des variables scolaires : sont particulièrement enclins à fumer et à boire les élèves qui ont des notes faibles ou qui sont régulièrement absents.

Ces données sont extraites du "Guide d'intervention en milieu scolaire" édité par le ministère et la Mission interministérielle de lute contre la dogue (MILTD). Ce document n'est pas qu'une source d'information. C'est surtout un outil pour préparer des interventions en milieu scolaire et faire travailler les élèves, du CM2 à la terminale, en lien avec l'équipe éducative. Celle-ci y trouvera également des adresses pour orienter les élèves et s'informer.

Le document devrait parvenir dans les établissements d'ici la fin 2005.
http://eduscol.education.fr/D0190/guide.htm


L'autorité
"Restaurer l'autorité, sûrement pas" écrivait Jean-Claude Guérin dans la postface du numéro 26 des cahiers d'Education et devenir. "Mais la réinventer au travers de processus de responsabilisation et de négociation". Depuis la publication de ce Cahier, en 1991, il y a eu Luc Ferry, la loi Fillon, la circulaire sur les punitions collectives, peut-être bientôt le karcher à l'Ecole… Education et devenir réédite ce numéro où on peut lire François Dubet, André Antibi, Francine Best, des enseignants, et même des élèves.

L'association publie également le compte-rendu d'une conférence d'Hervé Hamon sur l'Ecole, 20 ans après "Tant qu'il y aura des profs". "Le niveau monte mais les écarts se creusent.
http://education.devenir.free.fr/cahier26.htm
http://education.devenir.free.fr/Tribune.htm

Evaluer son établissement
L'ESEN, l'école supérieure de l'éducation nationale, propose une bibliographie fort intéressante sur l'évaluation des établissements. Cadre réglementaire, rapports, réflexions, ressources sont proposées, dont de nombreux documents en ligne.
http://www.esen.education.fr/documentation/liste.phtml?idRP[...]

Des langues bien vivantes
"Jamais nous n’avons assisté à tant de discours et de promesses pour (la promotion des langues), depuis l’école primaire où l’apprentissage précoce se généralise, jusqu’à l’université avec l’apparition, par exemple, d’une nouvelle certification en langue, le CLES qui permet aux étudiants d’acquérir une compétence opérationnelle dans des situations authentiques… Voilà de quoi se réjouir quand on est enseignant de langues et que l’on veut faire partager sa passion. Mais, parallèlement, les motifs d’inquiétude ne manquent pas face à la réalité de la situation sur le terrain où les conditions qui sont faites aux élèves et aux enseignants ne correspondent pas - loin s’en faut - aux discours tenus. C’est comme si tout, ou presque, concourait à rendre la tâche impossible : découpage hebdomadaire en tranches horaires trop courtes pour mener à bien l’apprentissage, temps d’exposition insuffisant à la langue, disposition des élèves dans les classes qui empêche les interactions, effectifs très lourds qui rendent la tâche difficile aux enseignants ou trop faibles pour permettre la confrontation et le débat, pression institutionnelle qui alourdit le temps imparti aux contrôles au détriment du temps consacré à l’apprentissage, formation des enseignants qui fait encore la part trop belle à la grammaire et au commentaire sans tenir assez compte des évolutions de la didactique et des formes sociales de communication, etc." C'est à cette mutation au forceps de l'enseignement des langues que les Cahiers pédagogiques consacrent leur numéro 437. Une première partie du numéro s'intéresse à l'apprentissage précoce : on s'interroge sur son efficacité: pour Daniel Gaonac'h "le simple constat d'un effet de l'âge sur l'efficacité des apprentissages est loin d'être établi". L'essentiel du numéro rend compte de pratiques pédagogiques variées : échanges et visites, scénarios etc. La place des TIC reste des plus modestes dans ce numéro et peut-être dans les classes. Pourtant elles permettent de construire et de gérer des situations réelles de communication.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_article=[...]

771 millions d'analphabètes
" L’alphabétisation est un fondement de l’apprentissage. Alors que l’école est la voie principale pour l’acquisition de la lecture, de l’écriture et du calcul, centrer exclusivement l’attention sur l’éducation formelle ignore des réalités brutales : en premier lieu, trop d’élèves quittent l’école sans avoir acquis une littératie minimale ; en second lieu, un cinquième de la population adulte du monde – 771 millions d’adultes – vit démunie des outils d’apprentissage de base nécessaires pour prendre des décisions éclairées et participer pleinement au développement de la société dans laquelle elle vit. Les femmes constituent la très grande majorité de ces adultes et le fait qu’elles soient analphabètes aggrave leur vulnérabilité et la probabilité que leurs filles ne bénéficient pas d’une éducation". Le rapport mondial de suivi de l'Education pour tous, élaboré par l'Unesco, nous rappelle les inégalités et les limites de l'alphabétisation. 771 millions d'adultes sont illettrés. Ils viennent pour les 3 quarts de 12 pays : Inde, Chine, Bangladesh, Pakistan, Nigéria, Ethiopie, Indonésie, Egypte, Brésil, Ira,n, Maroc et R.D. du Congo. L'Asie du sud a le taux d'alphabétisme le plus bas, suivie par l'Afrique subsaharienne et les états arabes. 132 millions de jeunes ne sont toujours pas capables de lire.
http://www.unesco.org/education/GMR2006/summary_fre.pdf
http://portal.unesco.org/education/fr/ev.php-URL_ID=35876&U[...]

Perspectives pour l'éducation mondiale
Comment évolue l'éducation dans le monde ? L'Unesco nous offre avec ses 'Tendances de l'éducation" une vision détaillée pour une vingtaine de pays en développement ou en transition, comme la Russie, la Chine, l'Inde, la Jordanie, l'Egypte, le Brésil ou le Chili. Premier constat : l'éducation primaire est devenue universelle dans ces pays. Mais les résultats varient d'un pays à l'autre. Ainsi la Thaïlande et le Brésil se distinguent par un doublement de l'accès dans l'enseignement secondaire depuis 1995. Inversement la situation en Jamaïque ou aux Philippines s'est dégradée. L'étude met aussi en évidence des performances inégales : la Chine et le Paraguay ont le même PNB par habitant mais la scolarité dure deux années de plus au Paraguay. Le pourcentage d'enfants exclus de l'école primaire a sans doute augmenté aux Philippines, en Malaisie et au Paraguay. Une perspective inquiétante puisque le lien entre développement économique et scolarisation est avéré.
http://www.uis.unesco.org/TEMPLATE/pdf/wei/WEI2005.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Le musée national de l'éducation
Installé à Rouen, le musée national de l'éducation propose régulièrement des conférences qui font découvrir l'histoire de l'éducation en France. Le musée dispose d'environ 900.000 documents. Un moteur de recherche permet une consultation en ligne du fonds documentaire : un véritable voyage dans l'école.
http://www.inrp.fr/musee/


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