Pédagogie (Café N° 71)

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- A la Une : Pour l'OCDE l'échec scolaire des familles pauvres n'est pas une fatalité

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Dossier spécial

Édition du 23-03-2006

- François Jarraud -

- A la Une : Pour l'OCDE l'échec scolaire des familles pauvres n'est pas une fatalité    [ Haut ]

"Si la formation peut servir d’ascenseur social –– en offrant de meilleures perspectives d’emploi aux jeunes les plus menacés de dénuement et en réduisant la prévalence de la pauvreté économique à l’âge adulte –– l’échec scolaire peut en revanche renforcer le désavantage social : dans plusieurs pays de l’OCDE, une minorité importante d’élèves n’arrive même pas au terme de l’enseignement obligatoire ; dans le premier cycle du secondaire, les résultats des élèves aux tests dépendent beaucoup des caractéristiques de la famille ; et le développement des études universitaires a le plus souvent profité aux ménages dont les parents étaient relativement mieux instruits. Loin d’ « égaliser » les chances, l’éducation peut être un puissant moteur de sélection sociale". Dans une étude publiée par l'OCDE sur le désavantage social et les parcours scolaires, Stephen Machin montre que l'Ecole peut augmenter les écarts sociaux. Pour lui, "cette dynamique pourrait conduire à une persistance de la pauvreté de génération en génération plus accentuée ainsi qu'une diminution de l’égalité des chances".

Pour autant ce n'est pas une fatalité et certains dispositifs peuvent lutter contre l'échec scolaire des enfants défavorisés. Sur le plan scolaire, "les mesures destinées à renforcer les compétences à la fois cognitives et non cognitives des élèves issus des milieux défavorisés peuvent jouer un rôle important en limitant l’exclusion sociale". Le rapport cite en exemple les pays qui sélectionnent tardivement les élèves.

Les politiques sociales ont aussi un rôle à jouer. "Sont en l’occurrence privilégiés : les politiques qui prévoient l’octroi de ressources financières aux familles à la condition que ces dernières envoient leurs enfants à l’école ; les programmes de formation ciblés sur les jeunes sortis prématurément du circuit scolaire ordinaire ; la formation pour adultes ciblée sur les individus ayant un faible niveau d’instruction ; les politiques de validation des acquis professionnels ; ainsi que les programmes dont l’objet est de modifier l’attitude des parents à l’égard des études ou qui proposent des activités extra-scolaires, pouvant exercer une influence sur des groupes d’enfants du même âge".

Car la variable âge semble déterminante. "Un aspect essentiel des programmes axés sur les parcours d’apprentissage est le stade de la vie auquel ils sont mis en oeuvre. Au fil des ans, on a accumulé une masse considérable de données qui témoignent de l'importance de cibler les programmes sur les enfants issus des milieux défavorisés dès la préscolarisation. Il y a moins d'accord pour ce qui est des effets des programmes ciblés sur des personnes défavorisées à un stade ultérieur de leur vie".

Ces recommandations se différencient nettement des décisions prises en France où on s'oriente vers la sélection précoce et où la politique des Zep reste centrée sur le collège.
http://www.oecd.org/LongAbstract/0,2546,fr_2649_201185_36165299_119684_1_1_1,00.html

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Lecture : Les dossiers du Café pédagogique
Depuis le début de l'année la polémique fait rage sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. G. de Robien a publié une circulaire, assortie d'une grande campagne médiatique, qui a suscité de vives réactions. Comment y voir clair ? D'une part avec le dossier "Lecture : vrais débat, fausse solution" du Café pédagogique. Il met en parallèle les arguments du ministre et ceux des scientifiques. Il fait le point sur les réactions suscitées par le texte ministériel et rappelle le contenu des programmes de 2002 actuellement en vigueur. En quelques pages, le dossier fait connaître les arguments des uns et des autres. Enseignant ou parent, spécialiste ou pas, faites-vous votre propre opinion !

D'autre part, en rubrique "actualité professionnelle", un dossier spécial fait le point sur le renouvellement des programmes. En mars 2006, le Café pédagogique a assisté aux séminaires, aux réunions officielles, aux conférences de presse et en rend compte. Il a aussi publié de nombreuses contributions scientifiques dans ce débat.
Le dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/index.php
Le dossier imprimable (en pdf)
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/lecture.pdf
L'affichette pour le faire connaître
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/afflect.pdf

Le dossier spécial
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/71.php

L'implication des familles peut compenser le handicap social
"Ces résultats sont prometteurs car ils suggèrent que sur le long terme les parents peuvent compenser le manque d'argent… en s'impliquant davantage dans l'éducation de leur enfant à 11 et 16 ans". Dans une étude publiée par la London School of Economics, Darcy Hango analyse l'effet du soutien familial dans la réussite scolaire des enfants de familles défavorisées. Pour lui, le soutien familial compte, mais cela dépend de l'âge et du sexe du parent. C'est le soutien paternel qui a le plus fort impact particulièrement à 11 ans. Mais l'intérêt des deux parents pour l'école à l'âge de 16 ans a le plus grand impact sur l'éducation". Reste à comprendre pourquoi l'influence du père l'emporte.
http://sticerd.lse.ac.uk/dps/case/cp/CASEpaper98.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Un numéro d'Education et Sociétés analyse la conjoncture en sociologie de l'éducation
Le numéro 16 d'Education et Sociétés, qui vient de paraître, rend compte du colloque « La sociologie de l’éducation à l’épreuve des changements sociaux » organisé par l’INRP à l’université Lumière Lyon 2 les 13 et 14 avril 2004. Coordonné par Jean-Louis Derouet et Marie-Claude Derouet-Besson, Il aborde des questions nouvelles : Comment les nouveaux mots d’ordre portés par les organisations internationales (société de la connaissance, socle commun, formation tout au long de la vie, etc.) reformulent-ils les questions classiques : égalité des chances, laïcité, relation formation emploi, etc. ? Quels sont les nouveaux domaines qui émergent, en particulier l’éducation diffuse qui ne passe pas par la forme scolaire ?

Au sommaire : les enjeux éducatifs de la mondialisation, les pratiques culturelles adolescentes, l'ethnographie scolaire, l'échec scolaire etc.
http://ep.inrp.fr/EP/

Visionary contre la violence scolaire
"Le but général du projet Visionary et de notre nouveau projet Visionaries-Net est de favoriser la création d’une communauté qui permette à nos usagers, provenant de différents pays et forts de différentes expériences, d’apprendre les uns des autres… Il s’agit, d’une part, de collecter et structurer l’information disponible sur Internet et d’autre part, de mettre à disposition une plate-forme facilitant la recherche d’information". Soutenu par un financement européen, Visionary propose des actualités européennes sur la violence scolaire ainsi qu'une sélection de liens.
http://www.violences-scolaires.info/

Le quotient relationnel
"En acceptant de nous interroger sur notre quotient relationnel nous pouvons ouvrir quelques chemins dynamiques… au changement". Sur le site de Jacques Nimier, Jacques Salomé évoque le "quotient relationnel". "Le quotient relationnel, sera lié à la capacité plus ou moins développée chez une personne, à proposer pour elle-même et pour autrui, des relations qui participent activement à sa croissance et à son épanouissement. Nous pourrions dire d'un individu, qu'il a un quotient relationnel élevé, quand nous constatons qu'il provoque et développe des relations énergétigènes, créatives et stimulantes pour l'autre et pour lui-même. Nous dirions qu'il a un quotient relationnel moyen ou bas, quand il suscite, ou déclenche des relations infantilisantes, énergétivores et aliénantes, pour autrui et pour lui-même".

A voir également sur le site de J. Nimier : les résultats d'un sondage qui montre que 3 enseignants sur 4 ont été victimes de "passages à l'acte" mais que la peur est limitée.
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/salome8_quotient.htm
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/resultat_sondage_pas[...]
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/facteur_humain.htm

Jacques George est décédé
Jacques George vient de décéder. Membre du bureau du CRAP-Cahiers Pédagogiques et du comité de rédaction de la revue "Les Cahiers Pédagogiques", il était également professeur honoraire à l'IUFM de Paris. Il fut aussi membre de la direction du SGEN-CFDT.

Jean-Michel Zakhartchouk salue en lui une grande figure du mouvement pédagogique. "
Agé de 79 ans, il n'a jamais cessé d'oeuvrer tout au long de sa vie pour la défense de la pédagogie et de l'éducation nouvelle au sein du CRAP et en liaison avec l'ensemble des mouvements pédagogiques. Tous gardent le souvenir d'un militant résolu, d'un humaniste très cultivé, polémiste pourfendeur des idées reçues mais aussi d'un bon vivant capable de s'enflammer et de faire preuve de pédagogie aussi dans la découverte d'un grand vin ou d'un bon plat..."
. L'équipe de direction du Crap et la rédaction des Cahiers pédagogiques lui rendront hommage sur leur site et dans un prochain numéro de la revue.

L'Ecole en santé
" École en santé propose une vision globale, car elle demande d’agir simultanément sur les facteurs clés du développement des jeunes au moyen d’un ensemble d’actions qui touchent à la fois les jeunes, l’école, la famille et la communauté. Intervenir sur plusieurs facteurs et à plusieurs niveaux permet d’obtenir un impact optimal. Cela s’explique, d’une part, parce que le jeune reçoit constamment les mêmes recommandations concernant la santé partout où il se trouve. D’autre part, les facteurs clés s’interinfluencent et constituent les fondements de plusieurs aspects de la réussite, de la santé et du bien-être". Ce nouveau numéro de la revue québécoise "Vie pédagogique" est totalement dédié à un concept intéressant : l'Ecole en santé.

Il s'agit d'une mobilisation de l'Ecole et de ses partenaires qui se fixe comme objectif le développement du jeune aussi bien sous l'angle de la santé physique que celui de son épanouissement social et psychologique. Cela inclut l'estime de soi, la compétence sociale, les habitudes de vie, les comportements, l'environnement familial et scolaire. Le programme va donc plus loin qu'un enseignement de consignes ou de connaissances. Il amène les parents et les enseignants à se mobiliser ensemble à travers des enseignements et des pratiques.

" Ce que les éducateurs et les administrateurs font dans une école parle aussi fort, plus parfois, que ce qu’ils disent. Les jeunes découvrent des façons d’être chez les adultes qui comptent pour eux. La mise en cohérence des matières à l’étude avec les façons d’étudier et d’être notés, avec le climat d’une école ou avec les apports des services complémentaires, a une tout autre portée que des exhortations périphériques. C’est pourquoi, si la prise en charge collective de ce domaine général de formation qu’est la santé, comme des autres sans doute, est ardue (…), elle est… crédible et (…) enrichissante pour les élèves. Nous parions sur une sorte de désenclavement interne, dans le curriculum, en matière de santé. Celui-ci correspond en toute cohérence à une perspective de plus en plus partenariale : école et famille, éducation et services publics de santé, école et ressources communautaires de son milieu d’enracinement".

Vaste programme donc, fort différent des exhortations de "l'éducation à la nutrition" ou à la sexualité des programmes français, qui laissent volontiers à l'EPS la gestion de l'épanouissement physique. Ce numéro donne quelques exemples d'application de ce programme lancé en 2003. Pour pleinement l'apprécier une consultation du programme officiel n'est pas inutile.
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/138/numero138.[...]
http://www.mels.gouv.qc.ca/DGFJ/csc/promotion/ecoleensante.[...]

Quel avenir pour les jeux vidéo à l'école ?
"Les jeux sont efficaces pas pour ce qu'ils sont, mais à cause de ce qu'ils incarnent et de ce que les joueurs font quand ils jouent". Après 25 années de prêche pour l'intégration des jeux vidéo dans l'enseignement, Richard Van Eck, University of North Dakota, signe dans Educause une analyse de l'apport pédagogique des jeux.

Il relève d'abord leur accointance avec les "Digital Natives", ces étudiants nés après l'apparition de l'ordinateur qui ont grandi avec Internet. Cette génération est habituée aux raisonnements inductifs, ont des habiletés visuelles et aiment croiser les sources d'information. Toutes choses qu'on retrouve dans les jeux. Mais pour R. Van Eck le principal intérêt des jeux est dans les processus d'apprentissage mis en œuvre. Ainsi dans les jeux il faut apprendre des règles fixées par l'environnement du jeu et mises en pratique dans le jeu. On a là une forme d'apprentissage efficace. R. Van Eck retrouve dans les jeux des principes définis par Piaget. Le jeu amène le joueur à résoudre des conflits cognitifs. "Jouer demande à élaborer un cycle constant d'hypothèses, de test et de révision". Quand le jeu est trop simple, il n'intéresse plus.

Le même numéro d'Educause montre l'intérêt pédagogique de certaines applications nouvelles du Web 2. Ainsi, pour Bryan Alexander, les nouvelles plateformes peuvent aider les apprentissages d'étudiants, comme Goggle News et Memeorandum peuvent faire accéder les élèves à des points de vue différents.
http://www.educause.edu/pub/er/erm06/erm062.asp

Scolariser tous les élèves handicapés : utopie ou réalité ?
Sous ce titre un peu provocateur, l'Inspection académique de la Sarthe organise le 29 mars une Journée d'étude. " Pourquoi, en France, aura-t-il fallu plus de temps que dans nombre de pays européens pour instaurer un véritable droit pour tous les handicapés à une scolarisation normale ? Comment passer du principe de l'intégration scolaire, qui a présidé aux dispositifs et aux dispositions pris jusqu’à maintenant, au droit à la scolarisation pour tous en milieu ordinaire ? Quelles implications ce nouveau droit entraînera-t-il dans la vie quotidienne des écoles, des collèges, des lycées, des classes, dans les rapports entre les familles et l’école, entre les enfants et les adolescents eux-mêmes ?" La journée accueillera plusieurs conférenciers (Eric Plaisance, Fernad Tournan, Bernard Gossot et Michelle Boceno) et sera l'occasion de participer à des ateliers pratiques sur le Projet personnalisé de scolarisation, les parcours d'insertion, la formation, le rôle des associations etc.
http://www.ac-nantes.fr/ia72/commun/telechargements/flashs/[...]%20du%2029%20mars%202006.pdf

Meirieu répond à Robien
"Il faut sortir de l'idéologie du pédagogisme" a annoncé le ministre de l'éducation nationale lors de la convention UMP. Philippe Meirieu lui répond en soumettant à la critique ces propos. "Ceux qui font profession d'anti-pédagogisme ne savent guère que stigmatiser les pédagogues et sont bien ennuyés pour proposer des alternatives : la méthode syllabique, le « retour » de l'autorité, les policiers dans les établissements scolaires, les bons élèves des collèges de ZEP dans les « bons » lycées... voilà à peu près leur programme… Avec, bien sûr, la suppression des TPE, des PPCP et des IDD... mais tout en se gardant bien de nous dire ce qu'ils feront à la place ! Des « cours » sans doute ! Oui, mais comment ? Avec quelles méthodes qui permettent à tous les élèves de s'y intéresser ? Avec quelles activités qui leur permettent de s'y impliquer ? Et en s'assurant comment qu'ils sont bien assimilés ?" Pour Philippe Meirieu le ministre vise simplement l'exclusion des élèves les plus faibles. "Derrière le pédagogisme, ce qui est attaqué, c'est la tradition pédagogique elle-même, celle qui ne se résigne jamais à traiter l'échec par l'exclusion, celle qui, héritée de Pestalozzi et d'Hugo, de Jean Zay et de Langevin-Wallon parie sur l'éducabilité des hommes et associe, dans un même mouvement, apprentissage et émancipation. C'est cela dont on ne veut plus. Mais il faudrait le dire franchement..."
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ump/index.php

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Justice et politiques scolaires
"La sociologie de l'éducation a été refondée dans les années 1960, dans le domaine francophone comme dans le domaine anglo-saxon, autour de la question de l'égalité des chances. Certains pays ont insisté davantage sur l'objectif de cohésion sociale, d'autres sur l'objectif de redistribution mais tous se référaient aux mêmes principes : une école qui établit des critères de sélection qui lui sont propres, un temps des études à l'abri de l'exigence de production, la conviction que le progrès de l'instruction passe par un allongement du temps de formation, etc. Ce projet a inspiré les politiques scolaires depuis au moins un siècle et a triomphé à partir des années 1960 avec la prolongation de la scolarité dans des systèmes indifférenciés jusqu'à quinze ou seize ans puis la massification de l'enseignement secondaire et supérieur. Ce modèle est visiblement en crise". Alors sur quoi refonder la réflexion sur l'Ecole ? C'est la question que va aborder du 15 au 17 mai, à Lyon, le colloque "Repenser la justice dans le domaine de l'éducation et la formation".

Organisé par l'UMR Éducation & Politiques de Lyon (Jean-Louis Derouet), cette rencontre fera événement par la richesse de son programme. Sur le thème de la "justice en éducation", interviendront par exemple A. Prost, F. Dubet, D. Glasman, M. Duru Bellat, B. Lahire, D. Meuret, J.-Y. Rochex. Mais le colloque offrira également des ateliers : ségrégation, ethnicité et régimes de justice en éducation, inégalités et orientation, la formation des élites, inégalités de sexe etc.

La conclusion du colloque invitera à "repenser le partage des bénéfices". "Quel rôle jouent l'éducation et la formation dans les échanges entre les groupes qui constituent le fondement de l'idée de société ? Le projet social-démocrate de partage des bénéfices est remis en cause : ne reste-t-il pas cependant, malgré la crise, des bénéfices à partager ? Toutes les analyses des politiques de démocratisation distinguent la massification de la démocratisation. Ce mouvement a néanmoins eu des effets sur la diffusion des savoirs dans la société. Jusqu'à quand l'organisation du travail et les rapports hiérarchiques pourront-ils rester sourds à cette nouvelle distribution de la connaissance ? La formation de la main-d'oeuvre constitue un atout dans la concurrence internationale mais son coût renforce la pression fiscale et risque d'entraîner une délocalisation des emplois. Comment gérer cette double contrainte ? Des propositions alternatives apparaissent : la reconnaissance des différences, la formation tout au long de la vie… Que sait-on de leurs effets ? Et, au delà, quel rôle joue la Communauté européenne ? Quelle position défend-t-elle à l'intérieur du processus de globalisation ? Y a-t-il une possibilité et une volonté de faire évoluer les rapports entre le Nord et le Sud ?"
http://ep.inrp.fr/EP/r_a_venir/r_colloque_repenser_justice/

Colloque international sur les manuels scolaires
"A notre époque de bouleversement des programmes, de multiplication des sources d’information et d’accélération de la production de manuels, il importe plus que jamais de réfléchir sur la complexité du manuel scolaire, un outil aux multiples facettes". Du 11 au 14 avril, Montréal (Québec) accueille un colloque international sur le manuel scolaire.

"Le manuel peut-il changer la motivation des apprenants de langues étrangères ? C'est un des nombreux thèmes qui seront abordés par des chercheurs venus du monde entier. On analysera par exemple les manuels de STG, le rôle des manuels numériques (E. Bruillard, P. Gossin) ou celui des manuels de grammaire. Plusieurs contributions évoqueront le lien entre manuels et nation et histoire nationale.
http://www.unites.uqam.ca/grem/colloque/index.html

Colloque Education et Devenir
"Nous avons encore en tête un modèle de l'école selon lequel, pour des enfants enfermés dans leurs particularismes, l'école est le lieu d'entrée dans l'universel, dans le domaine de la raison. Le maître se trouve dans un rôle de médiateur entre des êtres définis par leurs particularismes et l'universalité des principes. Il n'entre pas dans le secret des différences individuelles, sociales, culturelles. Mais dans un monde où les structures primaires se délitent et où la population est imprégnée d'une culture de masse, l'école ne peut plus revendiquer d'être le seul passeur du monde privé au monde public". Pour son 22ème Colloque national, à Rouen du 31 mars au 2 avril, Education et Devenir invite à "croiser les regards" sur le rapport entre l'élève et l'Ecole aujourd'hui.

Durant ces trois journées, alterneront conférences (Marcel Crahay, Roger Establet, Jean-Luc Fauguet, etc.) et ateliers pour une radiographie des élèves d'aujourd'hui et poser des jalons de l'Ecole de demain.
http://education.devenir.free.fr/colloque2006.htm

16ème Salon Freinet
Quels savoirs aujourd'hui pour quelle école , pour quelle société ?" Disons que l'actualité souligne vivement l'intérêt de cette conférence d'André Giordan lors du 16ème Salon des apprentissages pédagogie Freinet, les 29 et 30 mars à Nantes. Jean Houssaye y parlera de "la gestion pédagogique de l'hétérogénéité". Le Salon proposera également des ateliers pour visiter et revisiter la pédagogie Freinet.
http://www.freinet.org/icem/dept/idem44/idem44_pedagogiefre[...]

Une enquête sur les scénarios pédagogiques
"L'objectif de cette enquête est de mieux cerner les représentations et les pratiques de scénarisation d'activités d'apprentissage par les enseignants, formateurs, ingénieurs ou responsables de formation". L'équipe Praxis de l'INRP lance une enquête sur les scénarios pédagogiques. En quelques minutes vous pouvez aider les chercheurs à mieux connaître les pratiques de terrain.
http://praxis.inrp.fr/praxis/projets/causa/enquetes/enquete[...]

Former des élèves différents
"Avec des élèves si différents, un socle commun ? Oui, mais comment ?" Le 29 mars, le CRDP de Reims accueille Jean-Michel Zakhartchouk, professeur de français et membre de la rédaction des Cahiers pédagogiques, pour montrer les enjeux du socle commun et ses implications sur les pratiques pédagogiques. Les membres de l'équipe du collège Pierre Brossolette de La Chapelle Saint Luc témoigneront de leur expérience actuelle : "travailler autrement au collège". Des ateliers sur l'évaluation, le tutorat et les familles clôtureront la journée.
Le programme
http://www.crdp-reims.fr/infos/rdv/rdv-accueil.htm

Travail de mémoire, devoir de vérité
Organisées du 28 au 30 mars, par la Ligue de l'enseignement, le Mémorial de Caen et le Cidem, ces Rencontres des acteurs de la lutte contre les discriminations travailleront aussi bien sur le devoir de mémoire que sur les discriminations à l'Ecole. Ainsi Georges Felouzis évoquera la discrimination dans le champ éducatif. Deux autres tables rondes seront dédiées à l'enseignement des "drames du passé" et au racisme et à l'antisémitisme à l'Ecole.
http://www.memorial-caen.fr/portail/actualites/actualites.a[...]

Quel avenir pour les Zep ?
Alors que le gouvernement redéfinit la politique d'éducation prioritaire en lançant les collèges "ambition réussite", l'Unsa Education, en partenariat avec l'Observatoire des Zep et la Ligue de l'enseignement, organise le 22 mars, à Paris, un colloque sur "l'avenir des Zep".

Au programme des interventions de Philippe Meirieu, Martine Kherroubi, Christiane Cavet, Jean-Louis Auduc etc. et de personnels de terrain.
http://www.unsa-education.org/modules.php?name=Dossiers&pa=[...]
Le dossier spécial du Café 70
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/70.php#280

Les baladeurs MP3 au service des langues
Quoi de plus familier pour les collégiens qu'un baladeur MP3 ? Détourné par des enseignants de langue, l'objet devient un mini laboratoire de langues qui accompagne l'élève dans ses déplacements et permet, en l'associant à Internet, de prolonger les leçons.


Venue du terrain, l'expérimentation est maintenant soutenue par le Conseil général des Pyrénées atlantiques qui va doter un millier de collégiens de baladeurs.

Cette expérience sera présentée le 29 mars lors de la journée européenne d'Arudy avec d'autres utilisations pédagogiques des TICE.
http://www.cg64.fr
http://www.29mars.org/
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index240206.php

17ème Semaine de la presse à l'Ecole
" Chaque année au printemps, les enseignants de tous niveaux et de toutes disciplines sont invités à participer à la Semaine de la presse et des médias dans l'école. Activité d'éducation civique, elle a pour but d'aider les élèves, de la maternelles aux classes préparatoires, à comprendre le système des médias, à former leur jugement critique, à développer leur goût pour l'actualité et à forger leur identité de citoyen" nous dit le Clemi.

La semaine se déroulera cette année du 13 au 18 mars. Elle touchera près de 4 millions d'élèves qui découvriront, à travers des actions académiques, les médias.
http://www.clemi.org/spe1.html
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200631[...]

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Filles et garçons : tout se joue au primaire
"En 2005, les filles et les garçons n’ont toujours pas les mêmes parcours à l’école. Les filles réussissent mieux scolairement que les garçons et ce quel que soit le niveau d’enseignement et quelle que soit la filière ou discipline considérée". Une étude ministérielle met en évidence les fortes inégalités entre filles et garçons dans le système éducatif.

En France comme dans la plupart des pays développés, les filles obtiennent de meilleurs filles sur 10 obtiennent le bac contre 6 garçons, une sur deux un diplôme du supérieur contre 40%. Mais finalement "les filles se retrouvent dans des filières moins rentables à la fois scolairement et économiquement. Ainsi, si les filles ont de meilleurs taux de réussite au BTS, quel que soit le domaine, que les garçons, elles ont un taux global de réussite au BTS plus faible car elles sont plus nombreuses en BTS services où le taux de réussite est plus faible qu’en BTS production, alors que les garçons sont sur-représentés en BTS production".

Comment expliquer ce paradoxe ? Par des disparités observées dès le primaire. "Les filles entrent en CP avec de meilleurs acquis que les garçons mais les évolutions entre le CP et la sixième sont très différentes selon que l’on examine les mathématiques ou le français. À même niveau de compétence à l’entrée en CP, une fille progresse plus qu’un garçon en français et l’écart fille-garçon qui existait à l’entrée en CP se creuse donc. C’est le contraire en mathématiques". Plus tard, au collège comme au lycée, les filles choisissent des options différentes. Comment ne pas y voir l'influence des stéréotypes sociaux ?
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni0606.pdf

115 millions d'enfants non scolarisés
"Il est essentiel de comprendre pourquoi les enfants ne sont pas à l'école. Dans de nombreux pays, un nombre important de ces enfants a été à un moment scolarisé". Alors que se profile l'échéance du programme de "l'éducation pour tous", l'Unesco publie une intéressante étude sur les enfants non scolarisés. Ce sont encore 115 millions d'enfants qui ont l'âge d'aller à l'école primaire mais qui n'y vont pas, soit encore un enfant sur cinq. Parmi eux il y a 62 millions de filles, 45 millions d'enfants d'Afrique sub-saharienne et 42 millions d'Asie du sud.

Il faut donc se demander pourquoi les filles vont moins à l'école. Mais le rapport pose aussi une autre question : pourquoi l'école ne retient pas tous les enfants? En effet une partie importante des non-scolarisés a été à un moment ou à un autre scolarisé. Ainsi au Malawi 91% des enfants sont allés un jour à l'autre à l'école mais seulement 31% vont jusqu'à la fin du primaire.
http://www.uis.unesco.org/template/pdf/educgeneral/OOSC_EN_[...]
http://www.uis.unesco.org/ev_fr.php?ID=6427_201&ID2=DO_TOPI[...]

EPS : Une discipline entre embarras et inventions
"Ce n'est pas le badminton lui-même qui donne du sens à l'enseignement du badminton, ce sont les objectifs que l'on poursuit avec l'enseignement du badminton. C'est la maîtrise de soi, la connaissance de soi au travers des activités, l'apprentissage de la confrontation avec les autres dans les Apsa, mais aussi la réalisation de soi dans la maîtrise de l'activité en compétition : voilà ce qui fixa la part de l'EPS dans la poursuite des finalités de l'école, là se trouve son identité". En introduction à ce numéro 441 des Cahiers pédagogiques, l'inspecteur général Alain Hébrard pose d'emblée la question de l'identité de l'EPS.

C'est que cette discipline a énormément évolué ces dernières années et qu'elle se cherche encore un peu. Ainsi Benoît Huet analyse les nouveaux programmes du lycée. D'identité il sera d'ailleurs questions dans de nombreux articles qui montrent comment l'EPS aide au développement de la personnalité des élèves et n'est pas sans effets sur celle des enseignants. Le numéro concède une large part à la gestion des émotions dans le cours d'EPS.

D'autres thèmes font aussi débat : ainsi la place des filles : Geneviève Cogérino appelle à multiplier les formations pour que les enseignants d'EPS prennent mieux en compte la mixité.

Une large partie du numéro est consacrée à des exemples de pratiques, de l'école primaire au lycée. Ainsi Laurent Mousset montre comment une équipe d'enseignants a utilisé l'enseignement de détermination d'EPS pour faire réfléchir et d'une certaine façon scolariser des élèves d'un quartier difficile.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_article=[...]

Les femmes écrivent, les hommes calculent
"Les femmes ont une très mauvaise opinion de leur capacité à lire une carte alors que dans la pratique, elles sont à peine distancées par les hommes". Voilà un mythe qui s'effondre ! Basée sur l'enquête Information et vie quotidienne 2004, une étude de l'Insee analyse les compétences des homes et des femmes adultes.

"Les femmes âgées de 18 à 65 ans sont moins souvent en difficulté face à l’écrit que les hommes. Ainsi, 11 % des femmes ont des difficultés graves ou assez fortes dans les domaines fondamentaux de l’écrit (écriture, lecture, compréhension d’un texte...) contre 14 % des hommes ; pour les personnes scolarisées en France, le taux d’illettrisme est de 8 % pour les femmes et de 11 % pour les hommes. Les différences s’inversent en calcul : 38 % des hommes ont réussi plus de 80 % des exercices, contre 26 % des femmes". Des résultats qui confirment les travaux ministériels présentés dans L'Expresso du 7 mars. Dès le primaire l'écart se creuse entre filles et garçons en français et en maths.
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP1071.pdf
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index070306.php

Réussite éducative
"M. de Robien a annoncé son Plan de relance de l’Éducation prioritaire... qui consiste avant tout en un redéploiement des moyens existants, dans un contexte de réduction des effectifs de la fonction publique, donc du nombre de postes d’enseignants à l’Éducation nationale et alors qu’on crée 40 000 postes EVS (emplois vie scolaire) financés par la politique de la ville ! En termes de moyens nouveaux, ce n’est donc pas l’Éducation nationale qui impulse le changement". Alain Izzet, coordonnateur d'un réseau d'éducation prioritaire ouvre un site de réflexion et de débats sur les nouveaux dispositifs de "réussite éducative".
http://www.reussite-educative.net/

Les élèves nouveaux arrivants non francophones
Selon une étude ministérielle ils sont environ 40 000 répartis entre le primaire et le secondaire. Un quart d'entre eux est de nationalité française. Leur répartition géographique couvre essentiellement l'Ile-de-France et les académies méditerranéennes et des DOM.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni0608.pdf

1% d'absentéistes lourds
"Une majorité d’établissements est peu ou pas touchée par l’absentéisme non régularisé : si l’on considère le mois de novembre 2004, la moitié des établissements ne déclare aucun ou moins de 0,9 % d’élèves absents non régularisés quatre demi-journées ou plus… La proportion d’établissements qui ne déclarent aucun élève absent non régularisé est de 31%en septembre 2004, et oscille autour de 18%à partir du mois de novembre 2004. Mais une forte minorité d’établissements est sensiblement touchée : de novembre à février 2004, la proportion d’élèves absents non régularisés quatre demi-journées ou plus oscille, dans 10%des établissements, de 10%à 16%". Selon une étude ministérielle, les lycées professionnels connaissent de plus forts taux d'absentéisme. 1% des lycéens pratiquent "l'absentéisme lourd" , soit au moins 10 demi-journées par mois.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni0609.pdf

Education aux médias à Grenoble
L'IUFM de Grenoble organise le 15 mars une "Journée éducation aux médias". Elle sera l'occasion de découvrir des pratiques pédagogiques : les blogs, la réalisation de DVD, la radio scolaire, la télé éducative locale, la presse lycéenne etc.
http://portail.grenoble.iufm.fr/STIC/Groupes/vitrine/Agence[...]

Le jeu à l'école
"Pour le plus grand nombre de nos concitoyens, le jeu est perçu comme un simple divertissement… Les éducateurs pour leur part savent, comme le soulignait Piaget, que le jeu est, au contraire, un puissant levier d'apprentissages". L'introduction à ce numéro 191 d'Animation & Education, en montre l'enjeu : laisser toute sa place au jeu à l'Ecole, en montrer l'intérêt.

Ainsi, pour Gilles Brougères, Université Paris Nord, il y a "incompatibilité entre me modèle français (d'éducation) très structuré, centré sur l'enseignant, marqué par l'omniprésence de la consigne et un jeu qui donne pouvoir et liberté à l'enfant".

Pourtant le jeu arrive à trouver place à l'Ecole. En témoignent dans ce numéro Haydée Sylva, professeur de FLE, et Denis Sestier, animateur du réseau Ludus. Un dossier qui montre qu'on peut apprendre en jouant et que le jeu peut aussi transmettre des valeurs coopératives.
http://www.occe.coop/federation/publications/AE/2006/som191[...]

Connaître les enseignants
"Le système éducatif français, comme celui de nombre d'autres pays, se confronte aux transformations nécessaires de son école, pour mieux répondre aux évolutions économique, sociale et culturelle de la société d'une part, et aux besoins, voire aux attentes, des usagers de l'école d'autre part… Dans un tel contexte, les personnels d’encadrement doivent comprendre ce qui fonde les attitudes et comportements des enseignants". Et pour découvrir ces tribus bizarres, l'ESEN a recensé des ouvrages, études en ligne et des textes officiels.
http://www.esen.education.fr/documentation/liste.phtml?idRP[...]

Dossier spécial    [ Haut ]
- Inflation scolaire : l'Ecole remise en cause ?

Faut-il continuer à pousser les jeunes à faire des études longues ? Ou recentrer l'Ecole de l'obsession diplômante à l'épanouissement individuel ? Question soixantehuitarde dans le dur univers actuel ? Ce n'est pas sur nous disent les milliers de précaires surdiplômés. Le Café livre dans ce dossier des éléments du débat impulsé par les sociologues Marie Duru-Bellat et François Dubet.


D'un côté…

L'inflation scolaire
" On peut considérer que l'éducation est une valeur. C'est d'ailleurs ce que nous croyons. Mais ce n'est pas défendre cette valeur que de laisser les formations scolaires s'enfoncer dans une spirale de déclassement et de faire qu'un jour bien des élèves et des étudiants découvrent que cette formation-là ne leur est guère utile, ni pour trouver un emploi, ni pour accéder à une culture qui les élève et les rende plus libres". Dans Libération du 10 mars, François Dubet et Marie Duru-Bellat répondent à Tristan Poullaouec (voir L'Expresso du 7 mars). Ils développent leur thèse d'une "inflation scolaire", creusant l'écart entre le nombre de diplômés et les emplois disponibles et suscitant les rancoeurs des jeunes.

"Aucun pays n'est assez riche pour allouer toutes ses richesses à l'éducation : des arbitrages s'imposent donc, qui rendent nécessaire d'expliciter les finalités recherchées. Si c'est davantage d'égalité entre les jeunes qui est visée, les recherches françaises ou européennes montrent qu'il est sans doute bien plus efficace de mettre en oeuvre des politiques de la petite enfance ou d'aide aux familles, du logement (etc.), que de développer un enseignement supérieur où les plus favorisés savent très bien se réserver les filières les plus rentables. Si c'est l'innovation et la compétition économique que l'on privilégie, alors il faut s'interroger sur ce que «produit» notre enseignement supérieur tel qu'il est : et, dans ce cas, ce n'est plus en termes quantitatifs («plus de la même chose») qu'il faut raisonner, mais en termes qualitatifs (de quels diplômés a-t-on besoin, dotés de quelles compétences ?). Si c'est l'insertion des jeunes qui importe, alors privilégier une réponse en termes de «plus d'école» fait peser sur le système éducatif une responsabilité écrasante et absout par avance le monde patronal pour son manque d'implication dans les questions de formation".
http://www.liberation.fr/page.php?Article=365821
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index070306.php

F. Dubet : La massification scolaire génère la frustration
"La France a massifié le système et allongé les études, mais, à l'exception d'une minorité de lycéens ou d'étudiants - les grandes écoles et les instituts universitaires de technologie (IUT) d'un côté, certaines filières des lycées professionnels de l'autre -, le système scolaire reste dans une distance maximale à l'emploi. Aujourd'hui, lorsqu'un étudiant quitte l'université, il a une chance sur deux d'occuper un poste qui n'a aucun rapport avec sa formation, ce qui constitue un gâchis individuel et collectif considérable…. Cette distorsion entre les promesses de la scolarisation et la réalité du monde du travail a engendré une frustration extrêmement forte". Dans un entretien accordé au Monde, François Dubet voit dans le mouvement anti-CPE "une réplique de celui des banlieues".

"Il m'arrive de penser que le climat dans lequel nous vivons n'est pas très différent de celui des années 1930 : un climat fortement idéologique dominé par le sentiment de la chute nationale, de la fin de la nation et de la disparition de la puissance. Lorsque l'on interroge les gens, dans les enquêtes, ils pensent à 80 % que les choses, demain, seront pires qu'aujourd'hui. Ils affirment qu'hier, c'était mieux, même quand ils trouvent que leur sort est acceptable. Or les statistiques permettent de penser que, dans bien des domaines, hier, c'était pire. Hier, les pauvres étaient plus pauvres, l'espérance de vie était moins longue, les gens étaient moins bien soignés, on était moins bien éduqué, les femmes étaient plus maltraitées, les vieux mouraient de faim. Mais l'utopie est derrière nous".
Article du Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0[...]
Rappel : La tribune de M. Duru-Bellat
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/durubellat.php

Inflation scolaire : Marie Duru-Bellat réplique à l'OCDE
"Ce texte… interroge : il n’apporte aucune justification sérieuse du maintien d’une élévation du niveau d’instruction, notamment dans le Supérieur, autre que le crédo de l’économie de la connaissance (qui tarde à se traduire par l’explosion tant attendue des emplois qualifiés), et le « il faut rester les plus forts dans la compétition mondiale »… On pourra enfin se demander si cette course en avant apporte bien aux jeunes et aux pays ce qu’ils en attendent. Ce texte élude ces questions en restant au niveau d’un « toujours plus » qui ne peut tenir lieu de seule politique". Marie Duru-Bellat réplique à la récente étude de l'OCDE sur le retard éducatif européen dans une tribune envoyée au Café pédagogique.

Elle y défend la thèse de "l'inflation scolaire" : "les politiques doivent arrêter de penser que "toujours plus" c'est bien. Ils proposent de passer de 40% d'une classe d'âge diplômée du supérieur à 50%, sans aucune justification. Il faut cesser cette politique purement quantitative, pour s'intéresser au qualitatif, en se posant la question de ce que l'on veut à travers l'éducation". Pas assez de dépense d'éducation pour l'OCDE, trop de course au diplôme et de diplômés pour M. Duru-Bellat. Un nouveau débat sur l'Ecole s'ouvre.
La tribune de M. Duru-Bellat
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/durubellat.php



A l'autre


Le diplôme reste une arme pour T.Poullaouec
"Sans analyser le contenu des activités de travail et des qualifications qu'elles requièrent, la thèse de l'inflation scolaire réduit implicitement la valeur des diplômes au prix que l'état actuel du marché du travail leur impose à l'embauche. La classification des emplois est une chose, l'usage que les employeurs font dans ces emplois des capacités attestées par les diplômes en est une autre". Dans une tribune publiée par Libération, Tristan Poullaouec, Université de Bourgogne, attaque la thèse du déclassement scolaire, défendue par exemple dans le récent ouvrage de M. Duru-Bellat, et défend l'élitisme républicain.

Pour T. Poullaouec, les diplômes restent un gage de promotion sociale. "Ils permettent en outre d'atténuer certaines inégalités et discriminations subies par les jeunes en arrivant sur le marché du travail. Plus elles sont diplômées, plus les trajectoires professionnelles des filles se rapprochent de celles des garçons. On sait également le rôle que joue le milieu d'origine dans l'accès aux différents emplois. Quels que soient leurs diplômes, les enfants d'ouvriers deviennent ainsi toujours plus souvent ouvriers ou employés que les enfants de cadres, notamment parce qu'ils ne trouvent pas dans leurs familles les ressources et les relations qui permettent de décrocher les emplois les plus prisés. Quels autres atouts peuvent-ils dès lors faire valoir sur le marché du travail, si ce n'est leur formation scolaire ?"
http://www.liberation.fr/page.php?Article=364639
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index240106.php

Une étude de l'OCDE épingle les insuffisances de la politique éducative du gouvernement
"C'est peut-être la plus grande déception des systèmes éducatifs européens. Nombre d'entre eux font des déclarations ambitieuses sur l'équité dans l'éducation. Mais l'étude PISA révèle que l'origine sociale joue un rôle plus fort dans les résultats scolaires en Allemagne, en France et en Italie qu'aux Etats-Unis." Dans une étude publiée par le "Lisbon Council", Andreas Schleicher, directeur des études éducatives de l'OCDE et responsable du programme international PISA, exhibe le retard français. Il le fait d'autant plus volontiers qu'il accuse le gouvernement français de cacher les résultats de PISA sur les inégalités sociales entre établissements.

Pourquoi ce déballage ? A. Schleicher ne croit pas en"l'inflation scolaire". Pour lui, "les économies les plus compétitives seront celles qui produiront le plus d'information et de connaissances… On pourrait penser qu'avec un tel développement de l'éducation il y aurait une baisse de la valeur des diplômes. A l'évidence c'est le contraire. A l'exception de l'Espagne, les revenus et les autres variables qui nous informent sur la valeur sur le marché du travail de l'éducation ont augmenté plus vite que l'offre depuis 1998. La demande de personnel qualifié augmente plus vite que la fourniture par nos universités". A l'appui de sa thèse des statistiques sur les salaires en fonction des diplômes. La France est justement un des pays où les écarts salariaux sont les plus forts entre travailleurs de niveau secondaire et diplômés du supérieur.

Autre argument : il met en évidence l'insuffisance des investissements dans l'éducation en Europe et particulièrement en France. Ainsi il y a proportionnellement deux fois plus d'étudiants dans les pays nordiques qu'en France. Sur 30 pays de l'Ocde, 15 ont un taux de diplômés du supérieur plus élevé que le taux français. C'est le cas par exemple des Etats-Unis, du Japon, de la Corée du sud, du Royaume-Uni ou de l'Irlande.

A. Schleicher préconise globalement pour l'Europe de plus gros investissements dans l'éducation. Il montre que l'Europe dépense moins que les Etats-Unis et le Japon à tous les niveaux de l'éducation, du primaire au supérieur.

Cette étude prend à contre pied des travaux récents. Elle contredit à la thèse de F. Dubet et M. Duru-Bellat sur "l'inflation scolaire". Réalisée par un organisme reconnu internationalement, elle interroge également les gouvernements français et allemands accusés, non seulement de promouvoir des systèmes éducatifs particulièrement injustes du fait de la sélection précoce (l'apprentissage à 14 ans) mais aussi de brader l'avenir.
http://www.lisboncouncil.net/files/download/Policy_Brief_Economics_of_Knowledge_FINAL.pdf
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index130306.php

Inflation scolaire : la question se pose également aux Etats-Unis
"Si je parlais à une classe de bacheliers, je leur dirais : dans votre intérêt allez le plus loin possible dans vos études. Mais si j'étais assis devant le président des Etats-Unis, ce n'est pas évident pour moi de lui dire qu'on a besoin de davantage de diplômés". Pour l'économiste Lawrence Mishel, président de l'Economic Policy Institute de Washington, interrogé par Education Week, les emplois du futur auront besoin d'à peine plus de diplômés qu'aujourd'hui. L. Mishel relève par exemple que si, entre 1970 et 2000, l'écart de salaire entre non-diplômés et diplômés du supérieur s'est creusé, depuis 2000 il a diminué de 5%.

Une position que d'autres économistes contestent. Ainsi pour Richard J. Murnane et Frank Levy, de Harvard, "il y a une division croissante du travail humain, une fracture entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas effectuer un travail de valeur dans une économie marquée par l'informatique". Pour eux les TIC participent de l'éclatement de la pyramide salariale entre ceux qui se retrouvent dévolus à des services aux personnes peu payés et ceux qui tirent le plein profit des TIC. Eux feront plutôt remarquer qu'en 20 ans les salaires des diplômés du supérieur ont augmenté de 80% par rapport à ceux des simples bacheliers.

On retrouve dans ce débat la question centrale de la thèse développée en France par Marie Duru-Bellat, dans son ouvrage "L'inflation scolaire". Dans l'immédiat, aux Etats-Unis le débat se porte déjà sur le lycée et sa réforme.
http://www.edweek.org/ew/articles/2006/03/22/28prepare.h25.html?levelId=1000
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/durubellat.php

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