Pédagogie (Café N° 72)

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- A la Une : Les parcours scolaires se sont améliorés

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Dossier spécial : Le socle commun

Édition du 26-04-2006

- François Jarraud -

- A la Une : Les parcours scolaires se sont améliorés    [ Haut ]

"Neuf ans après leur entrée en sixième en 1995, 52 % des élèves ont obtenu le baccalauréat. Cette proportion est en hausse de cinq points par rapport aux résultats des élèves du panel 1989 pour la même durée d’études secondaires. Cette amélioration des scolarités peut être mise en relation avec, d’une part, l’augmentation de 2 points du taux d’accès de sixième en terminale et, d’autre part, la meilleure réussite au baccalauréat des élèves entrés en sixième en 1995 : 82 % des élèves parvenus en terminale ont obtenu ce diplôme contre 79%des élèves du panel 1989". Analysant le parcours de deux générations, 1985 et 1995, une étude de la DEP conclue à une amélioration des parcours scolaires.

Autre bonne nouvelle : les sorties sans qualification ont diminué d'une génération à l'autre : de 9% en 1989 à 7% en 1995. Inversement 68% des élèves de 1995 ont terminé leur scolarité avec le niveau V (terminale) contre 64% pour ceux de 1989.

Mais "les élèves entrés en sixième avec des acquis en français et en mathématiques insuffisants ou un retard scolaire connaissent encore de grandes difficultés et seule une minorité d’entre eux parvient à être bachelier (10%). La part d’enfants d’ouvriers qui accède au second cycle général et technologique reste stable (42%) et l’écart avec les enfants de cadres et d’enseignants ne s’est pas réduit (écart de 49 points)".
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni/ni2006/ni0611.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html


- Réflexion    [ Haut ]

e-Portfolio 2006
"Au vu du petit nombre de français présents à la première conférence francophone sur le e-portfolio qui se tient en ce moment à Québec, on peut se poser quelques questions. Les rencontres passionnantes qui se tiennent en ce moment au coeur de la ville de Québec rassemblent plus de 200 personnes dont au moins une centaine sont impliquées directement dans des actions ou des recherches autour du e-porfolio". De Québec, Bruno Devauchelle nous envoie ce premier compte rendu de la conférence e-portfolio.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/portfolio/
http://www.eportfolioquebec2006.org/

Ecole et construction identitaire
"Dans une société de plus en plus hétérogène sur le plan linguistique et culturel, quel rôle joue l’école dans la façon dont les élèves développent leur rapport à l’identité, en particulier en ce qui concerne le rapport à la langue et à la culture? Comment le personnel enseignant compose-t-il avec cette nouvelle réalité où les identités sont de plus en plus éclatées? Comment l’école contribue-t-elle au processus de construction identitaire des élèves dans une société pluraliste?"En introduisant ce nouveau numéro d'Education et Francophonie, Diane Gérin-Lajoie rappelle que "le pluralisme linguistique et culturel au sein de la clientèle scolaire fait partie de la nouvelle réalité de la salle de classe". L 'école n'est plus monoculturelle.

François Dubet ouvre le numéro en dressant le portrait d'une école profondément prise "dans un processus de désenchantement et de massification continue". Du coup, "les épreuves des acteurs changent de nature…au fur et à mesure que l’école cesse d’être une institution totalement identifiée aux valeurs dont elle se réclamait". Par exemple, "la légitimité de la culture scolaire ne s’impose plus avec la même force dans les sociétés où la culture de masse, quelle que soit la manière dont on la juge, affaiblit le monopole culturel de l’école. Il y a cinquante ans, pour les enfants des classes populaires, la culture scolaire était la seule qui leur permettait d’élargir leur horizon pour les libérer des routines et des clôtures de leur classe sociale, de leur village et de leur ville. Aujourd’hui, ces enfants échappent directement aux limites de leur propre monde social par la grâce des médias" Cette crise de légitimité fait évoluer à la fois les attitudes des élèves et le métier d'enseignant.

Plusieurs articles se penchent sur les jeunes issus de l'immigration. En Belgique, Marie Verhoeren, partant d'observations sociologiques, montre que les constructions identitaires évoluent et de façon différente selon les positions sociales des jeunes issus de l'immigration. Dans les écoles populaires les jeunes se divisent entre repli identitaire et hybridation. La tentation assimilatrice est plus forte dans les couches aisées. En France, Cécile Sabatier montre la nécessité d'accepter le pluralisme linguistique et culturel des élèves.

Mais les tensions plurielles concernent également les enseignants. Par exemple Branka Cattonar met en évidence celle qui oppose la construction identitaire idéale des enseignants et le vécu du métier. Au total, voilà un numéro particulièrement riche qui aborde un des principaux défis des écoles francophones.
http://www.acelf.ca/c/revue/sommaire.php?id=19

Chercheurs et praticiens en Zep
"À mon avis, il y a quand même une réelle circulation mais elle est souvent décevante et il faut d’abord réfléchir à cette double déception qu’ont les chercheurs et les praticiens, les uns vis-à-vis des autres". Anne Barrère ouvre, dans le numéro de mars de XYZep, la revue électronique du Centre Alain Savary, un intéressant dossier sur la circulation des connaissances issues de la recherche dans les équipes Zep.

Elle s'appuie sur plusieurs exemples pour montrer qu'il est parfois bine difficile au chercheur d'apporter une "réponse" aux questions des équipes. Pourtant l'échange n'est pas vain. " Dans les organisations, beaucoup de chercheurs observent une intensification des prescriptions d’engagement dans l’action, dans le travail, par exemple par la définition de bonnes pratiques, mais aussi par la diffusion de la culture des résultats. Il me semble qu’aider, à l’école comme ailleurs, à comprendre ces évolutions contribue aussi à aider les individus à mieux y faire face, ce qui ne va pas forcément dans le sens d’une implication exponentielle, lorsqu’elle est, comme le dit David Courpasson, une « implication contrainte »".

Le dossier associe le regard d'enseignants praticiens à cet échange avec des chercheurs.
XYZep
http://cas.inrp.fr/CAS/publications/xyzep/

Inflation scolaire : Un diplômé sur cinq surqualifié au Canada
"L’étude a révélé que près de 1 personne sur 5 qui était sur le marché du travail et qui détenait un diplôme universitaire avait occupé un emploi exigeant tout au plus un diplôme d’études secondaires à un moment donné en 2001. Les travailleurs plus jeunes étaient davantage susceptibles d’être trop qualifiés pour l’emploi qu’ils occupaient. De même, les immigrants et les personnes qui ont étudié le commerce ainsi que les arts et les sciences humaines devaient davantage accepter des emplois où ils étaient trop qualifiés. De toutes les industries, on a constaté que c’est dans le secteur de la vente au détail et en gros que les personnes trop qualifiées étaient le plus susceptibles de se retrouver. En revanche, plus les travailleurs avaient fait des études universitaires poussées, moins ils étaient susceptibles d’occuper un emploi n’exigeant qu’un diplôme d’études secondaires". L'étude de Chris Li, Ginette Gervais et Aurélie Duval, réalisée pour le ministère canadien de l'Industrie, intervient en plein d'ébat sur "l'inflation scolaire".

Elle montre que le nombre de surqualifiés au Canada a augmenté d'un tiers de 1993 à 2001. " Cependant, comme on observe aussi une augmentation du nombre de travailleurs détenant un diplôme universitaire entre 1993 et 2001, le pourcentage des travailleurs trop qualifiés par rapport à l’ensemble des diplômés universitaires au sein de la population active est resté quasiment inchangé. En effet, ces personnes représentaient environ le cinquième (19 %) de l’ensemble des diplômés universitaires sur le marché du travail en 2001, soit une légère augmentation par rapport au taux de 18 % en 1993".

L'étude montre que les surqualifiés sont moins nombreux chez les diplômés en sciences et en santé, et plus nombreux dans le domaine du commerce et chez les immigrants.
L'étude (en pdf)
http://www.statcan.ca/francais/research/11-621-MIF/11-621-M[...]
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html
Rappel : tribune du Café 71
http://www.cafepedagogique.net/disci/tribune/71.php

Lecture : L'offensive ministérielle analysée par Jacques Fijalkow
"Pour bien comprendre ce qui se passe depuis décembre 2005, il importe de comprendre au prime abord que la lecture dont parle le ministre n’est pas la lecture au sens où l’entendent les enseignants, les formateurs ou les chercheurs, mais bien l’idéologie de la lecture, c’est-à-dire les idées que l’on peut avoir à son sujet, indépendamment des faits pédagogiques ou scientifiques. Dans l’idéologie les faits ne comptent pas - à la différence des pratiques professionnelles ou de la recherche - ce qui compte c’est les idées. Le débat ainsi ouvert est donc un débat d’idées, un débat qui n’a rien à voir avec les faits, mais plutôt avec les valeurs et les intérêts de ceux qui défendent ces idées. Ainsi, par exemple, le fait que dans la réalité des classes aujourd’hui il n’y ait ni méthode globale ni méthode syllabique importe peu. Ce qui importe est de mobiliser une fraction de l’opinion contre l’autre. En d’autres termes, le champ de la lecture dans lequel nous place le discours du ministre est un champ de bataille idéologique. La lecture est transformée en objet politique. C’est dans ce champ, plutôt que dans le champ technique ou scientifique qui est le nôtre, que nous nous placerons donc pour analyser comment le retour au b, a, ba est devenu une question d’actualité". Sur le site d'Education et Devenir, Jacques Fijalkow, Université de Toulouse-le Mirail, analyse le discours ministériel et le situe dans un mouvement plus ample : celui d'un nouveau conservatisme qui, s'appuyant sur un tissu associatif et politique, investit l'Ecole.

"La thèse que nous soutenons est qu’il existe un courant de recherche, positiviste et mécaniciste, qui, prenant modèle sur la biologie en tant que science et sur la médecine en tant que pratique, a envahi de façon massive les universités puis les sphères décisionnelles de l’Éducation nationale. C’est de ce même courant qu’émanent les rapports de l’INSERM relatifs aux psychothérapies et aux troubles de la conduite enfantine, qui ont suscité maints débats parallèles à celui qui nous occupe ici. L’offensive dont la lecture fait l’objet n’est donc qu’un cas particulier dans un combat qui, sur d’autres fronts – psychothérapies, prévention de la délinquance – tentent de faire reculer l’Éducation des lieux qui lui sont réservés pour y implanter des structures et des pratiques relevant de la Santé". Un texte à découvrir pour comprendre les enjeux du débat sur la lecture.
http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm#fijalkow
Rappel : le dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/

Lecture : l'appel du mouvement Freinet
"Nous, éducateurs, formateurs, enseignants, parents, militants de mouvements pédagogiques et d’éducation populaire, nous ne tiendrons pas compte de la circulaire du Ministre de l’Éducation nationale préconisant une méthode de lecture contraire à la visée émancipatrice de l’Éducation et aux résultats des recherches que nous conduisons". A l'appel de l'Icem, de l'AFL, du Gfen et des Cemea, plus d'un millier d'enseignants ont signé cette pétition. Ses initiateurs estiment que le nouveau programme présenté au CSE le 22 mars, même adouci par rapport au premier projet ministériel, restreint leur liberté et prend le risque d'une fracture sociale. "Des méthodes d’apprentissage où l’enfant est chercheur à celle où l'enfant est dressé, le choix idéologique est limpide : lui refuser dès le plus jeune âge de penser, lui ôter le désir de questionner, de comprendre, de connaître, lui imposer une obéissance passive en l’enfermant d’abord dans des exercices répétitifs et mimétiques... Au-delà de l'apprentissage de la lecture, c'est bien la volonté d'agir sur les capacités réflexives et complexes de la compréhension du monde de toute une jeunesse ! Une jeunesse qui déchiffre et une jeunesse qui lit… Les jeunes des milieux populaires en sauront toujours bien assez pour déchiffrer les programmes de télévision, la publicité et les messages utiles à la consommation".
La pétition
http://www.freinet.org/

Effet prof, effet seuil
La formation des enseignants a un impact réel sur les résultats des élèves. C'est le résultat d'une étude réalisée par Pascal Bressoux (université de Grenoble), Francis Kramarz et Corinne Prost (Crest) à partir des résultats d'élèves de CE2. L'effet prof est mis en évidence à partir de la formation scientifique et professionnelle des enseignants. Ainsi un maître ayant fait des études scientifiques obtiendra de meilleurs résultats en mathématiques qu'un enseignants sans formation scientifique. La formation pédagogique a également un effet positif.

L'étude s'est aussi intéressée à l'impact de la réduction du nombre d'élèves. Pour les chercheurs celui-ci est bien réel particulièrement pour les élèves faibles.
L'étude (en pdf)
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/agenda/se09056a.p[...]

Réduire le nombre d'élèves par classe a un effet positif
"La principale conclusion de cette étude est que des politiques réalistes de ciblage des moyens peuvent avoir un impact considérable sur la réduction des inégalités scolaires, mais que ces politiques gagneraient probablement à se concentrer sur les plus jeunes élèves. Il est sans doute illusoire de prétendre utiliser de telles politiques pour corriger les inégalités accumulées à l’âge de l’adolescence, âge pour lequel d’autres types de politiques sont probablement plus adaptés (comme par exemple des dispositifs d’admission préférentielle dans les filières sélectives du supérieur pour les élèves issus de lycées défavorisés). En revanche, pour ce qui est du primaire, et dans une certaine mesure du collège, nos résultats indiquent que la relative modestie des politiques de ciblage des moyens en faveur des écoles et collèges défavorisées actuellement en vigueur en France peut difficilement se justifier par l’idée selon laquelle de telles politiques ne marchent pas". Publiée dans les Dossiers de la DEP, cette étude de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire reprend des analyses déjà connues.

Elle contredit la position officielle du ministère selon laquelle la réduction du nombre d'élèves est inefficace. La loi Fillon ne prévoit d'ailleurs qu'un accompagnement personnalisé" des élèves en difficulté. En se basant sur l'analyse des discontinuités liées au franchissement des seuils d'ouverture de classes, l'analyse de T. Piketty montre qu'un effort significatif en faveur des Zep peut être payant. "Pour ce qui concerne le primaire, nous mettons en évidence l’existence d’un impact positif important des tailles de classes réduites sur la réussite scolaire… Nous estimons par exemple qu’une réduction d’un élève de la taille de classe de CE1 conduit à une augmentation d’environ 0,3- 0,4 points du score moyen obtenu aux épreuves d’évaluation de mathématiques de début de CE2, et d’au moins 0,7 point lorsque l’on se concentre sur des sous échantillons d’élèves socialement défavorisés… D’après nos estimations, la suppression de la légère politique de ciblage des moyens qui existe actuellement en faveur des écoles classées en ZEP (la taille moyenne des classes de CE1 est en 2003-2004 d’environ 20,9 en ZEP, contre 22,8 hors ZEP) conduirait à une progression d’environ 14% de l’écart entre les scores moyens obtenus en ZEP et hors ZEP aux évaluations de mathématiques de début de CE2 (écart qui est d’environ 9 points, ce qui est considérable). Surtout, des simulations simples indiquent que cet écart pourrait être réduit d’environ 46% si l’on mettait en place une politique de ciblage des moyens forte (mais pas irréaliste), avec une taille de classe moyenne réduite de 5 élèves supplémentaires en ZEP, pour un nombre total d’enseignants inchangé et donc des moyens constants au niveau national (ce qui conduirait en CE1 à une taille moyenne des classes d’environ 15,9 en ZEP et 24,1 hors ZEP). La diminution des scores obtenus hors ZEP entraînée par une telle politique serait d’autant plus limitée que nos estimations indiquent un impact de la taille des classes est nettement moins important pour les enfants socialement favorisés".

Publiée une première fois en 2004, cette recherche de T. Piketty avait été contredite par une autre étude de la Dep (ministère) en avril 2005. Celle-ci concluait : "une réduction de la taille des classes des CP est, à elle seule, d’un intérêt pratiquement nul. En effet, consacrer des moyens (importants) à cette diminution pour n’obtenir qu’un léger avantage en termes d’acquis en fin de CP, avantage qui disparaît ensuite,et n’en tirer aucun bénéfice indirect en termes de baisse des redoublements…apparaît peu efficace". Denis Meuret a également critiqué la thèse de Piketty sur sa méthodologie. Cette nouvelle publication de T.Piketty est faite au moment où l'enseignement prioritaire est menacé d'importantes réductions de moyens.
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index6b0e.php?expre[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220405.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/indexb314-2.php?exp[...]

Où est passé le dossier 173 ?
Nouveau cas de censure ? Les explications fournies par le ministère de l'éducation nationale pour expliquer le retrait, depuis le 5 avril, du dossier 173 de la Dep ne sont pas convaincantes. Selon le ministère, le retrait s'explique par la nécessité d'imprimer de nouvelles pages de couverture afin de mentionner que l'étude de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire n'engage pas le ministère. Mais cette mention apparaît déjà clairement en page 4, sous le titre du dossier : "Les résultats de cette étude n’engagent que leurs auteurs, et ne sauraient en aucun cas engager la DEP". D'autre part, le ministère est incapable de dire quand l'étude sera remise en circulation. On peut donc se demander si ce n'est pas plutôt le contenu de cette étude qui gêne le ministre.

En effet, l'étude de Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire établit, en se basant sur une étude des effets de seuil, qu'une baisse sensible des effectifs élèves en Zep aurait un effet très positif sur les résultats scolaires. Et l'affirmation tombe juste au moment où le ministère publie son plan Zep. Un plan qui investit peu de moyens supplémentaires dans les zep.

Thomas Piketty ne comprend pas le subit changement de position du ministère. L'étude est toujours consultable sur son site personnel.
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index050406.php
http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/PikettyVa[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index070406.php

Ecole(s) en France
"D’après une enquête de l’OCDE réalisée en 2003, les petits élèves français sont les plus stressés du monde développé, bien plus que les petits Japonais. En outre, les performances scolaires sont loin derrière celles de la Belgique, de la Corée, de la Finlande. Pour comprendre, les auteurs de cette mini-série ont filmé quatre classes et leurs élèves qu’a priori tout oppose : les méthodes, les origines sociales, les niveaux scolaires. Regarder et écouter, s’attacher à suivre les enfants, leurs plaisirs et leurs difficultés à apprendre, à vivre ensemble, suffit à mettre en cause la litanie des idées reçues". Le documentaire de Fabrice Puchault et Patricia Boutinard Rouelle fait suivre le quotidien de quatre écoles différentes.

La série suscite des réactions très positives sur les listes de discussion des professeurs des écoles. Ce qu'elle donne à voir est en effet très intéressant et surprenant. D'abord par la variété des approches pédagogiques. Dans ces 4 écoles on voit des enseignants professionnels, attentifs aux enfants, sympathiques mais qui suivent des méthodes pédagogiques différentes.

Une école apparaît vraiment singulière : celle de Sylvain Connac à Montpellier. Et c'est sans doute la seconde surprise : voir comment "tourne" une école Freinet et constater que ses principes fonctionnent et qu'elle a un rendement éducatif intéressant. La prochaine diffusion aura lieu sur France 2 le 27 avril à 22h 55. Nous vous invitons à regarder ce dernier épisode. Vous pouvez également voir tous les épisodes facilement, en pay per view, sur le site de France 2.
Descriptif et vidéo en ligne
http://programmes.france2.fr/ecoles-en-france/

Grammaire et calcul : riposte à Robien
"Les programmes de l’école primaire ont été révisés afin d’éliminer les méthodes d’apprentissage de la lecture génératrices d’échec. Le chantier de la rénovation de l’enseignement de la grammaire sera très prochainement ouvert, avec le retour à des leçons d’apprentissage des règles. Il en sera de même pour le calcul". Après son expérience malheureuse sur le terrain de la lecture, le ministre de l'éducation nationale a annoncé le 12 avril sa volonté d'ouvrir un nouveau champ conflictuel sur ceux de la grammaire et du calcul.

Sur le site Education et Devenir, Eveline Charmeux explique pourquoi les élèves ont besoin d'une "observation réfléchie de la langue française" et non de leçons de grammaire. " Étudier le fonctionnement de la langue que l’on parle, ce n’est pas du tout le même type de travail que d’apprendre les mathématiques ou l’histoire : pour ceux-ci, le savoir est complètement extérieur à l’élève qui doit acquérir des choses qu’il ignore. Mais étudier sa propre langue, c’est étudier ce que l’on fait déjà : dès que quelqu’un parle, il met en jeu un ensemble de règles, le plus souvent inconscientes, qui se sont dégagées des pratiques qu’il a vécues. Faire de la grammaire, c'est en fait rendre consciente ces règles utilisées sans le savoir. Il n’y a donc pas de savoirs vraiment extérieurs à acquérir ; il y a à théoriser des savoirs acquis de façon inconsciente, ce qui implique la construction de notions et de concepts, difficiles certes, mais, sans qu’il n’y ait, au sens strict du terme, rien à apprendre et, encore moins, à mémoriser. La grammaire, c’est le domaine de la compréhension et de l’intelligence consciente, jamais du bachotage".
Sur Education & Devenir
http://education.devenir.free.fr/grammaire.htm
Le discours de G. de Robien
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernement/co[...]

Une étude du Céreq montre l'intérêt de territorialiser les politiques de formation
"Les diverses dimensions de l’appareil de formation se combinent donc différemment selon les territoires. Ces variantes viennent façonner la construction des cursus scolaires des jeunes et, de fait, leurs conditions d’entrée dans la vie active. Le territoire modèle les parcours scolaires et professionnels des jeunes d’autant plus fortement que ceux-ci en sont « captifs ». C’est le cas des jeunes de faible niveau de formation, c’est-à-dire n’ayant pas poursuivi des études dans l’enseignement supérieur, qui sont très peu mobiles". Une étude du Céreq, réalisée par Yvette Grelet, met en évidence un découpage de la France en 6 types de territoire caractérisés par des profils de formation différents.

Ainsi elle oppose les "zones tertiaires urbaines" qui proposent une offre de formation tertiaire en lycée la plus importante aux zones rurales et industrielles où le taux de scolarisation est le plus bas. Entre ces deux extrêmes, le tertiaire de petites entreprises se singularise avec un fort pourcentage de sorties précoce du système éducatif; les zones industrielles dynamiques ou en crise caractérisées par l'importance de l'enseignement professionnel; et le rural agricole. Pour Y. Grelet, " bien qu’aucun élément relatif à la formation des jeunes n’entre en ligne de compte pour définir de grands types de zones d’emploi, à chaque environnement socioéconomique correspondent des caractéristiques dominantes de l’appareil éducatif local : durée des études, part des formations à visée professionnelle, rôle dévolu à l’apprentissage, partage entre spécialités de la production et des services. Emploi, activité et qualifications dessinent les contours d’espaces bien différenciés, dont l’offre et la demande de formation initiale portent également la marque. De telles régularités statistiques permettent de mieux comprendre les articulations entre territoires et parcours de formation des jeunes".
http://www.cereq.fr/pdf/b228.pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Le portfolio d'élève dans Médialog
"Le portfolio n'est pas seulement un outil auquel on recourrait ponctuellement ici ou là. Il s'agit au contraire d'une démarche, d'un dispositif complexe qui nécessite une organisation pédagogique adaptée et un investissement (en temps) conséquent de la part des élèves comme des enseignants. La mise en œuvre d'un portfolio peut, dans certains cas, s'envisager à l'échelle d'une discipline dans une classe, mais elle s'applique en général à une plus grande échelle. Le projet doit alors devenir celui d'une équipe d'enseignants, voire s'inscrire pleinement dans le projet d'établissement. A ces conditions, l'utilisation d'un portfolio numérique pourrait se révéler très favorable aux apprentissages". Dans le numéro 57 de Médialog, Jean-François Ceriser présente le concept de portfolio. Il invite également à inclure ce service dans les ENT.

En 3ème découverte professionnelle, le portfolio d'évaluation fait une entrée remarquée. Le portfolio numérique fera l'objet d'une conférence internationale à Québec du 10 au 12 avril. Il a été également l'objet d'un séminaire national à Dijon en mai dernier.
http://www.ac-creteil.fr/medialog/archive57/no57.htm
http://www.eportfolioquebec2006.org/
http://www.dijon.iufm.fr/tice/sem-port/index.htm

L'apprentissage a ses limites rappelle Gilles Moreau
" Envoyer un jeune dans le dispositif apprenti avec un faible niveau scolaire, c'est lui infliger une double peine sociale : échec à l'École et échec probable dans l'apprentissage. L'apprentissage à quatorze ans est une vision qui date des années 1960". Dans Les dossiers de l'Enseignant 94, le sociologue Gilles Moreau critique les objectifs du plan Borloo. Celui-ci prévoit d'atteindre 500 000 apprentis en 2010.

Pour G. Moreau ce plan est irréaliste. "Depuis la réforme de 1987 qui permet de faire se succéder les contrats d'apprentissage, l'effet des capitaux scolaires joue dans l'apprentissage.
L'expression peut sembler paradoxale, mais l'apprentissage s'est scolarisé. En fait, la réussite d'un apprenti au diplôme, tout comme ses chances de poursuite à un niveau d'apprentissage supérieur, sont étroitement liées à son niveau scolaire à l'entrée en apprentissage"
. Il rappelle d'autres limites. La rareté des entreprises : par exemple un quart des apprentis de Bep ne trouvent pas d'entreprise pour continuer leur apprentissage. Enfin le coté ségrégatif de l'apprentissage : "les filles sont sous-représentées (30%), tout comme les jeunes d'origine immigrée. Ne jurer que par l'apprentissage, comme le fait actuellement le gouvernement, n'est pas sérieux. L'État dispose d'autres leviers, comme le lycée professionnel qu'il a tendance à laisser à l'abandon".
Dossier de l'enseignant 94
http://www.se-unsa.org/page_dossier.html

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Pisa et Pirls de retour en 2006
Après les expérimentations de 2005, les enquêtes internationales Pirls et Pisa seront reconduites en 2006 annonce le B.O. Pirls évalue la compréhension en lecture des élèves de Cm1 et la progression des performances de 2001 à 2006. L'enquête aura lieu en mai auprès d'un échantillon d'écoles et les résultats seront publiés par l'International Association for the evaluation of Educational Achievement en décembre 2007. Elle s'inscrit dans la suite de Pirls 2001.

Pisa compare les performances en culture scientifique, compréhension de l'écrit et culture mathématique des élèves de 15 ans dans 30 pays de l'Ocde et 28 pays non-membres. L'enquête aura lieu en avril-mai et les résultats seront publiés fin 2007 par l'Ocde. Pisa 2000 et Pisa 2003 ont eu un impact important sur les politiques éducatives et l'édition 2007 devrait vérifier si les nouvelles politiques mises en place corrigent efficacement les faiblesses détectées. La France participera également à l'élaboration d'une banque européenne d'items de référence pour l'évaluation des langues étrangères.

A coté de ces enquêtes internationales, le ministère annonce des recherches nationales. Ainsi seront testées les compétences en sciences expérimentales, en français, en maths et en histoire-géographie des élèves en fin de primaire et de collège. Ces quatre recherches ne donneront pas lieu à des publications. Par contre deux enquêtes seront publiées. Une concerne la place de l'oral en collège (octobre 2006) et l'autre les usages pédagogiques des Tic : l'enquête aura lieu en avril et touchera les disciplines scientifiques en 4ème.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/special2/default.htm

De Lille à Londres avec Link:Ed
La coopération européenne transfrontalière touche aussi l'Ecole. L'académie de Lille et la Kent County Council mettent en place un réseau d'échanges pédagogiques. Il s'agit d'encourager les échanges entre enseignants et chefs d'établissement mais aussi de favoriser la mobilité des élèves. 700 enseignants français et anglais partent ainsi à la découverte des écoles du Kent ou du Nord Pas-de-Calais. Au programme de ces visites d'étude : le rôle du chef d'établissement, l'évaluation, l'enseignement des langues dans le primaire ou l'éducation à l'environnement.

Des partenariats entre établissements sont aussi envisagés. Enfin 160 élèves de l'enseignement professionnel découvriront leurs homologues d'outre – Manche. Une façon concrète de réfléchir à la citoyenneté européenne.
http://www.ac-lille.fr/academie/ri/interreg/default.cfm

Primaire : "Graines de sciences" avec La Map
D'où viennent les nouvelles maladies ? Pourquoi le ciel est-il bleu ? Comment faire comprendre par les écoliers la recherche et la démarche scientifiques ? Pour la huitième fois, "La main à la pâte" organisera pendant les vacances de la Toussaint une session de formation scientifique intitulée “Graines de sciences”. Destinée aux enseignants de l'école élémentaire et maternelle, elle réunira, à Cargèse en Corse, du 30 octobre au 4 novembre, une trentaine d'enseignants avec des chercheurs.

Parmi les thèmes abordés : les maladies émergentes; changement global et biodiversité ; l'effet de serre ; le magnétisme au quotidien ; la turbulence ; les couleurs du ciel ; les matériaux de construction ; science et religion. Durant le stage, les scientifiques, avec les enseignants, écriront un ouvrage qui sera édité dans la collection "Graines de sciences" aux éditions Le Pommier. Le nombre de places pour ce stage passionnant est limité et vous pouvez dès maintenant faire acte de candidature.
http://www.inrp.fr/lamap/?Page_Id=22&Element_Id=170


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Une nouvelle étude confirme l'impact négatif de la sélection précoce
Comment assurer à tous la meilleure éducation ? Tous les systèmes scolaires ont à faire face à l'hétérogénéité scolaire, rappellent Vincent Dupriez et Xavier Dumay (Université catholique de Louvain). Certains préfèrent intégrer les élèves en difficulté dans un tronc commun. D'autres pays séparent les élèves dans des filières différentes.

V. Dupriez et X. Dumay ont cherché, en se basant sur les résultats de Pisa, le mode de gestion le plus performant. "La sélection précoce opérée dans le modèle de la séparation isole en particulier les élèves issus de milieux peu favorisés, à travers des mécanismes d’auto et d’hétéro- sélection. Ces derniers se retrouvent dans des classes et des écoles plus faibles où le climat de discipline et les conditions d’enseignement sont moins favorables ; le curriculum y est généralement moins ambitieux. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant de constater que dans de tels systèmes, les écarts de performances entre élèves se creusent, de même que les écarts de performances entre groupes sociaux". Les résultats de cette étude confirment donc des travaux antérieurs. La sélection précoce, par exemple l'apprentissage à 14 ans décidé par le gouvernement, est préjudiciable aux élèves faibles. " Il semble que ce soit les élèves faibles scolarisés dans un modèle de séparation qui tendent à bénéficier des environnements les moins favorables au regard de la composition des écoles, tant sur le plan académique que socioculturel".
L'étude en pdf
http://www.girsef.ucl.ac.be/Cahiers_CREF/051cahier.pdf
Pour lire les pdf
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Pratiques enseignantes
" Dans sa pratique professionnelle un enseignant déploie de nombreuses activités ; prendre en charge la classe et enseigner est certes la plus importante de ces activités, ce n'est toutefois pas la seule. Les travaux qui ont tenté de décrire, d'expliquer et de comprendre ce que fait l'enseignant en classe ou hors la classe sont nombreux ; certains de ces travaux tentent de repérer des liens éventuels entre pratiques enseignantes et performances scolaires des élèves. Un des objectifs de ce site est d'offrir la possibilité, à qui serait intéressé (chercheur, décideur, praticien, ...), de trouver les bases de références et de travaux les plus riches possibles". Sur le site de l'INRP, Brigitte Bacconnier présente le projet OPEN, un réseau de chercheurs qui travaille sur les pratiques enseignantes.

Elle propose une intéressante sélection bibliographique et webographique ainsi que des liens vers les équipes de recherche françaises et internationales.
Sommaire
http://www.inrp.fr/vst/Dossiers/Pratiques_enseignantes/somm[...]

Education aux comportements responsables
Pas d'allusion politique… EduScol met enligne un livret qui doit aider les équipes éducatives à mettre en place l'éducation nutritionnelle, la prévention des conduites addictives, l'éducation à la sexualité et la formation aux premiers secours. L'ouvrage n'offre pas que des références et le rappel des textes officiels. Il invite à chercher des partenaires qui peuvent être extérieurs à l'école (les moniteurs nationaux pour la formation aux secours par exemple) mais qui sont aussi à chercher chez les élèves.
La brochure
http://eduscol.education.fr/D0060/education_comportements_r[...]

La violence à l’Ecole, un dossier de L’Enseignant
" Pour moi, la manière dont est organisé le mouvement des enseignants est «criminogène». Le mot est dur mais justifié. La solitude de l’enseignant débutant qui arrive dans un établissement où il ne voulait pas être dans une région qui n’est pas la sienne, qui n’est pas intégré dans une équipe, en fait une cible disponible. Autre facteur important : notre idéologie scolaire conduit à un refus massif des tâches éducatives par les enseignants. Celui du secondaire s’identifie à sa matière beaucoup plus qu’à son rôle éducatif. Or il faut que tous les adultes traitent la violence quotidienne". Dans le numéro 94 des Dossiers de l’enseignant, Eric Debarbieux montre qu’on peut réagir face à la violence.

Mais il critique vertement les orientations actuelles. "Penser que c’est la répression qui va régler tous les problèmes de violence à l’École, c’est faire une erreur d’analyse considérable. Les expériences de lien Police-Éducation sont positives dans certains pays, comme le Québec ou l’Angleterre, parce qu’il s’agit d’une vraie police de proximité, une police très proche des communautés au sens de quartier… et peut ainsi jouer un rôle de régulation, de dissuasion et de prévention, beaucoup plus que de répression. Il faut dix ans pour mettre en place une telle police de proximité. Un policier «épouvantail» dans les collèges traduit une erreur d’analyse très profonde : la violence viendrait de l’extérieur et les forces de l’ordre devraient protéger l’établissement scolaire ; on peut alors supprimer les aides-éducateurs, réduire le nombre de surveillants : ils ne servent à rien puisque la violence vient de l’extérieur ! Or tous les chiffres montrent que la violence d’origine extérieure, c’est moins de 5% des cas. Quant à la note de vie scolaire, techniquement, elle ne fonctionne pas non plus. Ce sont les renforcements positifs qui sont efficaces. La sanction par la note et la répression policière vont à l’encontre des bonnes pratiques mises en évidence par toutes les recherches internationales".

Rémi Casanova donne des exemples d’écoles qui réussissent dans leur combat contre la violence. " Les écoles qui réussissent aujourd’hui sont celles qui parviennent à s’adapter sans se renier. Mais… la réussite est toujours fragile et contextualisée. C’est alors au jour le jour, patiemment, dans la durée, souvent modestement et avec humilité, que se construisent les parcours de réussite face à la violence. C’est lorsque les écoles font «expérience», au sens étymologique du terme, de leurs phénomènes institutionnels, qu’elles sont sur la voie de la réussite".
http://www.se-unsa.org/page_dossier.html
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/71.php

La mixité paye (généralement)
Alors qu'aux Etats-Unis le gouvernement encourage le déploiement d'écoles publiques non mixtes, Sherrilyn M. Billger, Illinois State University, a cherché à en vérifier les bienfaits. "Les jeunes filles (de ces écoles non mixtes) reçoivent plus souvent que leurs camarades des bourses d'étude mais elles ne poursuivent pas davantage des études supérieures et les deux sexes ont moins de chance d'atteindre le niveau scolaire ambitionné". Cependant l'étude établit que les garçons moyennement qualifiés issus des écoles non mixtes démarrent avec un salaire plus élevé que les autres. Ces écoles pourraient être bénéfiques pour les jeunes Afro-Américains.
ftp://ftp.iza.org/dps/dp2037.pdf
http://www.cafepedagogique.net/disci/europe/63.php

Dossier spécial    [ Haut ]
- Le socle commun

Les recommandations du HCE pour le socle commun
Les recommandations du HCE ont-elles un avenir ? "Ce socle commun doit assurer une formation de qualité, et non proposer un enseignement au rabais" exige le HCE. "Il faut mettre l’accent sur la capacité des élèves à mobiliser leurs acquis dans des tâches et des situations complexes, à l’Ecole et dans la vie : le socle doit donc être pensé en termes de compétences" précise-t-il. Aussi définit-il 7 compétences de base : la maîtrise de la langue française (si la dictée et la grammaire sont au rendez-vous, "la maîtrise de la langue comprend bien entendu la capacité à remplir et à lire les écrits de la vie courante, à rédiger une lettre, à communiquer de façon appropriée dans diverses situations, etc."), la pratique d'une langue vivante étrangère, des compétences de base en culture scientifique (et là le HCE renvoie aux propositions du CNP en 1997), la maîtrise des TICE, une culture humaniste, des compétences sociales et civiques et la capacité à l'autonomie et l'initiative.

Sur ces deux derniers points, le HCE préconise de "savoir travailler en équipe". Il rappelle qu'il "est essentiel que l’Ecole développe la capacité des élèves à apprendre tout au long de la vie. L’autonomie qui en résulte est une condition de la réussite scolaire… Il faut que l’élève se montre capable, dans le cadre de la scolarité obligatoire, de concevoir et de mettre en œuvre des projets".

Quelle influence concrète peut avoir ce texte ? Certaines recommandations semblent bien imprécises, par exemple en ce qui concerne la "maîtrise de la langue française". Pire encore, l'acquisition du socle ainsi défini semble carrément impossible dans le cadre de l'apprentissage à 14 ans voulu par Villepin. D'autre part, dans le climat actuel, la méfiance est telle entre les instances ministérielles et les enseignants qu'il n'a aucune chance d'être reçu à la base, sauf à être utilisé contre le ministre. Car ce n'est pas le moindre des paradoxes que ces recommandations font référence à des orientations européennes pour mieux se distancer du discours ministériel. Travail d'équipe, esprit d'initiative, démarche par compétences : voilà exactement ce que F. Fillon puis G. de Robien ont attaqué dans les programmes de l'Ecole au nom de la lutte contre le "pédagogisme". Par exemple ils ont tenté de supprimer les itinéraires de découverte au collège et les Travaux personnels encadrés au lycée. Ce texte demande leur généralisation. Décidément il est aussi encombrant pour la rue de Grenelle.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/actu/2006/recommandations_HCE.pdf

Socle commun : décret en mai
"Le projet de décret définissant le socle commun de connaissances et de compétences sera prochainement transmis pour avis au Haut Conseil de l’éducation" a annoncé G. de Robien au Conseil des ministres. Selon l'AFP, le décret pourrait paraître en mai.
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernement/conseils-ministres_35[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploi[...]

Le Snuipp dénonce le socle commun
" Le socle commun, issu de la Loi Fillon que le SNUipp conteste, instaure l’idée d’un minima de savoirs et attitudes à acquérir à la fin de la scolarité, notamment pour se débrouiller « dans la vie courante » (particulièrement souligné par le texte en ce qui concerne la maîtrise de la langue)... Les apprentissages de l’école primaire sont réduits à lire, écrire et calculer. On est loin de la nécessité d’amener tous les élèves à partager une culture commune ! De même les missions des enseignants ne peuvent se limiter à des tâches d’exécutants. Les enseignants doivent rester concepteurs de leur métier". Le Snuipp demande l'ouverture de négociations pour son application.
http://www.snuipp.fr/article.php3?id_article=3310

Le Sgen demande le respect des orientations du HCE
"Le Sgen-CFDT ne se retrouve pas dans toutes les indications que comportent (les recommandations du HCE) mais des orientations générales sous-tendent ce texte concernant en particulier le sens et l’ambition du socle commun, la problématique des compétences, y compris compétences sociales et civiques, autonomie et initiative, et leur articulation avec les disciplines, la conception de l’évaluation, etc. dont le Sgen-CFDT ne comprendrait pas que le ministère ne les prenne pas en compte". Dans une lettre ouverte à G. de Robien, le Sgen Cfdt s'appuie sur les recommandations du Haut Conseil de l'Education pour défendre ses exigences envers le socle commun.

Plaidant pour un socle commun exigeant, le Sgen rappelle que le socle commun suppose une formation commune ce qui s'oppose à l'apprentissage à 14 ans mise en place par Robien. De même, pour le Sgen, "si l’on veut que le socle commun ne soit pas un “empilement de savoirs disciplinaires”… il faut le définir en termes de compétences transversales, traduisant la capacité de l’élève à réutiliser ses connaissances, à mettre en œuvre savoirs, savoir-faire, savoir être". Et pour cela rien de mieux que des pratiques pédagogiques variées et des dispositifs comme les itinéraires de découverte " qui ont été trop souvent mis à mal ces derniers temps".

Pour le Se-Unsa
Dans un communiqué, le Se-Unsa "approuve que toutes les disciplines contribuent à l’acquisition des compétences du socle commun… Le SE-UNSA considère que ce cahier des charges ambitieux se heurte cependant à la conception étriquée de la scolarité obligatoire de l’actuel ministre et à un calendrier trop serré. Comment concilier par exemple l’objectif affirmé par le HCE « que chaque élève soit capable de concevoir et de mettre en place des projets » et l’asphyxie budgétaire des itinéraires de découverte au collège ? Comment concilier « la maîtrise du socle par tous les élèves » et la sortie précoce de certains d’entre eux qui suivront le dispositif « apprentissage junior » ?" Pour l'Unsa Education, "les décisions ministérielles récentes vont à l’encontre des préconisations du HCE : les Travaux personnels encadrés (TPE) et les Itinéraires de découverte (IDD) sont remis en cause alors qu’il faut savoir travailler en équipe".
http://www.lemonde.fr/web/article/0[...]

Meirieu : non à l'acharnement pédagogique
" Au nom du socle commun, il s'agit d'exclure une partie des jeunes, en ne leur assurant qu'un minimum des enseignements. Au lieu de réconcilier certains élèves avec l'école, par la culture, l'expérimentation, le sport, on se focalise sur certaines matières académiques. On est dans l'acharnement pédagogique". Dans un entretien accordé au Monde, Philippe Meirieu s'explique sur son refus de prolonger son mandat à la tête de l'IUFM de Lyon. "Je ne souhaitais pas être nommé par le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien. Je me sens trop en désaccord avec les décisions prises, ces dernières années, dans le domaine éducatif, pour assumer ces responsabilités".

P. Meirieu dénonce "une politique de renoncement aux ambitions. L'apprentissage à 14 ans, présenté comme une réponse à la crise des banlieues, en est une illustration. Ce n'est pas en renonçant à l'éducation, à la culture, qu'on va résoudre la question des violences. Au contraire. C'est une mesure démagogique. On paye les jeunes 300 euros, mais c'est une prime pour abandonner l'école. En plus, on sait qu'ils ne trouveront pas d'emploi, car les entreprises n'en veulent pas".

Il réclame davantage de suivi individuel des élèves. " Je reconnais que la loi Fillon avait ouvert la porte. Je suis d'autant plus sidéré que M. de Robien ne l'ait toujours pas mis en œuvre".
http://www.lemonde.fr/web/article/0[...]
http://www.meirieu.com/

Le Crap juge le socle commun peu cohérent
"En lisant ce document d’environ 4000 mots, on reste partagé : d’un côté, on a envie d’applaudir à une orientation générale allant bien plus dans le sens de nos vœux qu’on aurait pu le penser au départ, d’un autre, on constate combien il est difficile d’échapper à une logique de « socle fourre-tout » où les choix décisifs ont du mal à être faits. Et on tombe au final dans un patchwork peu cohérent". Pour le Crap, le socle commun, présenté par le Haut Conseil de l'Education le 23 mars, semble l'œuvre plusieurs rédacteurs, un document " dans lequel on met parfois bout à bout des idées générales intéressantes avec des exemples souvent en contradiction avec elles".

Si le Crap salue "l'exigence intellectuelle" et "la logique non disciplinaire" du texte, il est déçu par les chapitres consacrés à la culture humaniste et à la maîtrise de la langue française. " Est-on encore dans la logique du socle lorsqu’ on affirme péremptoirement qu’on « ne pourra parler de réelle maîtrise que lorsque l’orthographe sera correcte dans les écrits spontanés des élèves » ?.. S’il est justement affirmé que la maîtrise de la langue « est du ressort de toutes les disciplines », le découpage des plus traditionnels en termes de grammaire/vocabulaire/orthographe, l’absence de vraie référence à un travail sur la langue dans les autres matières (s’agirait-il simplement de repérer les « fautes » et incorrections ?), l’absence encore de tout objectif précis et réaliste (comme savoir lire un quotidien grand public ou écrire un petit récit ou une explication scientifique compréhensible à la fin de la scolarité obligatoire), tout cela nous inquiète et nous montre bien tout le chemin qu’il y a à parcourir. Il semble que pour cette partie, la réflexion de fond a laissé place à des formulations vagues, non sans clins d’œil pour le passéisme à la mode".
Communiqué Crap
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2323

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