Pédagogie (Café N° 74)

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- A la Une : Accompagnement scolaire : le retour de l'éducation nationale ?

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Édition du 24-06-2006

- François Jarraud -

- A la Une : Accompagnement scolaire : le retour de l'éducation nationale ?    [ Haut ]

" L’accompagnement à la scolarité ayant pour objectif central la réussite scolaire, l’éducation nationale doit s’y impliquer avec détermination. Elle pourra y trouver sa place et jouer le rôle majeur qui lui revient à travers ses compétences et son expertise propres, qu’elle doit mobiliser en faveur de la réussite du dispositif. Afin d’éviter d’être confrontée à un constat d’empilement d’actions nées d’initiatives locales parfois désordonnées, il lui appartient de promouvoir un mode de pilotage fondé sur le principe de subsidiarité : le niveau central définit un cadrage national fixant des orientations et fournissant des outils à des services académiques qui donnent, à leur tour, les impulsions nécessaires à la réalisation d’actions locales coordonnées". Le rapport des inspecteurs généraux Jean-Michel Bérard, Christian Loarer, Guy Menant (IGEN), Alain-Maie Bassy, Jean-Yves Dupuis et Robert Jammes (IGAEN) sur "L'accompagnement à la scolarité" préconise une intervention déterminée de l'Etat dans le secteur de l'accompagnement scolaire, appuyée sur l'utilisation des TICE. " Si elles ne sont pas la panacée, il est clair que les TICE peuvent constituer un levier puissant des politiques d’accompagnement à la scolarité, comme d’ailleurs plus globalement des politiques éducatives, et qu’elles peuvent contribuer à « universaliser » le soutien scolaire pour tous à des coûts et des conditions de solvabilité jugés intéressants".

Pour cela, le rapport préconise d'utiliser au mieux les ressources humaines et les équipements existants dans les établissements scolaires. Sur le premier point, outre une sensibilisation des enseignants, l'institution pourrait recourir à des assistants pédagogiques pour encadrer l'accompagnement scolaire. " Il serait donc peut-être plus intéressant de redonner vie à des pratiques anciennes : études du soir animées par des personnels spécifiques (qui furent, dans le passé, des maîtres d’études, des répétiteurs, des adjoints d’enseignement, etc.). Dans cette optique, l’élargissement des fonctions des assistants pédagogiques est une solution à étudier. Ce serait là une manière de répondre aux sociétés commerciales qui contribuent à accréditer l’idée que l’action éducative publique est de qualité insuffisante". Sur le second, le recours aux Tice serait facilité par une meilleure utilisation des locaux scolaires.

Se pose aussi la question des supports logiciels, peu nombreux actuellement. Pour l'Inspection, il conviendrait de développer de façon plus énergique les ENT (espaces numériques de travail). Il faudrait "une politique de mise à disposition et de création plus active des contenus numériques de caractère éducatif à destination des élèves, en particulier dans le domaine du soutien et de l’accompagnement à la scolarité;… la substitution progressive à une production de simples « logiciels » éducatifs d’une production de « services » ou de « dispositifs » clés en main, faisant appel notamment au tutorat (en présentiel ou à distance) ou à l’implication des parents".
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igaen/rapports/2006_010_acccompagnement_scolarite.pdf


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Calcul : Pourquoi refuser le retour de la division en CP
" Si nous devions revenir aux programmes de 1945 et si ces programmes devaient créer à nouveau toutes les difficultés qui ont été analysées dans ce texte (notamment : un ennui important dans les classes du fait de la répétition, un désintérêt généralisé des enseignants pour le fonctionnement intellectuel de leurs élèves, un enseignement élitiste parce que seuls les enfants qui s’auto-questionnent progressent en résolution de problèmes…), malgré toutes ces difficultés, nous n’en garderions pas moins ces programmes pendant 50, voire 100 ans. En effet, quiconque voudrait dénoncer le prétendu enseignement de la multiplication et de la division dès le CP, qu’une campagne de type populiste le ramènerait bien vite à la raison : « Ils ne veulent plus que nos enfants apprennent la multiplication et la division dès le CP ! » ; « À une époque qui nécessite des savoirs de haut niveau, ils alignent les programmes vers le bas ! ». L’enjeu, aujourd’hui, est qu’une campagne de même type ne nous emmène vers cette situation bloquée". Dans un article accordé au Café pédagogique, Rémi Brissiaud, Maître de conférence de psychologie cognitive à l’IUFM de Versailles, dénonce les tentatives de retour aux programmes de calcul de 1945 qui proposaient l'apprentissage des 4 opérations dès le CP.

Si ces programmes avaient l'avantage d'inciter de façon précoce les élèves à mémoriser des relations numériques, il avaient aussi de gros défauts : " les enseignants faisaient obstacle au progrès de certains élèves en assimilant sur une longue durée la division au partage,… l’apprentissage de la résolution de problèmes se faisait seulement à partir de résolutions-types, ce qui légitime l’usage d’analogies superficielles". Ainsi , " l’enseignement de la division avant 1970 n’est pas un « paradis pédagogique » perdu" sauf pour la petite élite qui s'adaptait au moule du programme traditionnel.

Est-ce à dire que les programmes actuels soient parfaits ? R. Brissiaud ne le pense pas. Il constate d'ailleurs qu'ils sont largement interprétés de telle sorte que la division est acquise au CE2. Et c'est cette capacité d'évolution des programmes qui semble la plus enrichissante

Ce que dénonce finalement R. Brissiaud c'est le populisme affiché à la tête de l'Education nationale. "Au début de l’année 2006, un sondage a été commandé par le Ministère de l’Éducation Nationale, qui demandait aux personnes sondées si elles étaient pour ou contre la méthode globale d’apprentissage de la lecture. Ce fut évidemment un raz-de-marée de « contre » (environ 90 %). Imaginons qu’on fasse aujourd’hui un sondage en disant aux personnes interrogées qu’il est possible d’enseigner la division au CP parce que ça se faisait il y a quelque temps et en leur demandant si elles désirent que leurs enfants bénéficient de cet enseignement… Quel parent ne souhaite pas que ses enfants apprennent tout ce que l’école est susceptible de leur enseigner ? Supposons que des chercheurs tentent d’expliquer qu’en réalité, c’est toujours le partage qu’il est ainsi proposé d’enseigner aux enfants mais un partage qu’on a « habillé » du langage et des signes arithmétiques de la division. Supposons que ces chercheurs tentent d’expliquer que, ce faisant, certains élèves n’accéderont peut-être jamais au concept de division parce que trop longtemps, ils penseront que division = partage. Ce discours paraîtra bien complexe et il ne trouvera place que dans des médias très spécialisés…

Avec le développement des moyens modernes de communication (télévision et internet notamment), une démocratie comme la nôtre est de moins en moins à l’abri du populisme. On connaît les belles analyses que fait Pierre Rosanvallon de cette pathologie de la démocratie : il ne la définit pas comme une idéologie mais par son fonctionnement. Il considère le populisme comme un retournement pervers contre elle-même des idéaux et des procédures de la démocratie. Le populisme repose sur le fantasme d’un peuple qui serait unanime à penser autrement qu’une petite élite alors que celle-ci tenterait d’imposer son point de vue. Par exemple : le fantasme d’un peuple unanime à penser qu’il faut revenir à l’enseignement des 4 opérations dès le CP alors qu’une poignée de pédagogues défendraient le contraire".


L'article de Rémi Brissiaud lance un débat important. Il a suscité des réactions. Roland Charnay, Joël Briand, David Lefebvre contribuent au débat dans un nouveau dossier du Café.
Le dossier Calcul avec les contributions
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/calcul.php
L'article de Rémi Brissiaud
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/brissiaud2[...]

Personnaliser
"Programme personnalisé d’aide et de progrès (PPAP), Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) ou Dispositif de réussite éducative (DRE). Quels en sont les enjeux, les logiques, les conséquences ? Faut-il les réserver à ceux qui sont le plus en difficulté ? À ceux qui relèvent de l’éducation prioritaire ? Serait-il intéressant de généraliser cette démarche ?" Puisque "personnaliser" est le maître mot de la loi sur l'école, XYZep, le Bulletin de mai du Centre Alain Savary s'est penché sur sa signification et son efficacité.

Ainsi Christophe Touny, enseignant spécialisé et chercheur, montre "les paradoxes de l'individualisation". "À ces demandes je ne réponds pas par des prises en charges individuelles. Au contraire, j’organise des « regroupements d’adaptation » où le groupe a un rôle essentiel car dans les classes les élèves sont de plus en plus seuls (de plus en plus tôt), ils travaillent massivement sur des supports individuels… En « regroupement d’adaptation », nous travaillons sur l’erreur, je privilégie l’entraînement et, surtout, les interactions entre élèves. J’essaie de rompre un peu avec les logiques de production de ces élèves qui cherchent seulement à « faire l’exercice », qui sont plus habitués à faire qu’à penser… Mon travail est d’apporter un peu d’optimisme face aux situations : aider les élèves à changer de regard sur les apprentissages et les manières d’apprendre, aider les enseignants à changer de regard sur les difficultés des élèves, montrer qu’il y a du possible..."

Françoise Clerc met en évidence, derrière une notion floue comme l'individualisation, la nécessité de changer la profession enseignante. Elle remet en question le principe de l'enseignement individualisé et montre la dimension sociale de la difficulté scolaire. "Individualiser pour faire face aux besoins des enfants en difficulté est paradoxal : quand un enfant est en difficulté, il n’a guère envie d’être l’objet d’une attention spécifique sur le plan pédagogique. Il a plutôt envie de se fondre dans la masse. De nombreuses études de psychosociologie montrent que les besoins à l’égard de l’individualisation sont très directement liés à la position sociale de l’individu dans le groupe et à l’appartenance de classe. Une personne qui n’a pas un statut fort dans le groupe n’a pas tendance à se mettre en avant et à revendiquer son individualité. Au contraire, elle a tendance à revendiquer son appartenance au groupe". Aussi plus qu'individualiser elle invite à la différenciation pédagogique. " Différencier sa pédagogie c’est travailler avec le groupe classe et différents sous-groupes (d’apprentissage, de production, etc.). L’important est d’offrir de multiples occasions d’interactions sociales. L’interaction maître-élève n’est pas la seule efficace en termes d’apprentissage". Aussi est-ce l'école elle-même qu'il faut faire évoluer.
http://cas.inrp.fr/CAS/publications/xyzep/resolveUid/50c1c8[...]

L'Ecole et l'estime de soi : une question française
"L'Ecole est un espace où l'estime de soi est durement mise à l'épreuve. Lieu de passage et de rencontre de nombreux partenaires aux objectifs différents, lieu de socialisation et d'étude pour les élèves, lieu d'espérances et de déceptions pour les parents, lieu d'évaluation et de sélection pour les enseignants, l'établissement abrite autant et peut-être plus de déconvenues que de succès, ce qui ne crée pas le climat favorable à l'instauration d'une saine estime de soi". Marie-Joseph Chalvin ouvre ce dossier d'Education & Management par un bilan : la question de l'estime de soi concerne tous les acteurs de l'Ecole.

Et d'abord les professeurs. Ecoutons Jean-Yves Langanay, IPR, souligner les blessures narcissiques infligées par un mode d'inspection qu'il souhaite voir évoluer. "Si le critère premier de leur recrutement reste l'excellence disciplinaire, il ne suffit plus. Les inspecteurs sont de plus en plus conscients d'agir au nom d'une institution et dans une appréhension de plus en plus globale et systémique… Leurs pratiques doivent être marquées par l'exigence éthique et déontologique qu'appelle la réponse à la question de l'estime de soi". Il invite donc les inspecteurs à prendre en compte les différentes dimensions du métier, à "des rencontres et des échanges pédagogiques plus fréquents et diversifiés", à "aider l'enseignant à sortir de son isolement", à s'attacher au projet de l'établissement : n'est ce pas reconnaître que le mode d'inspection "à la française" est à revoir ?

Evidemment, la question concerne aussi les élèves. Yves Dutercq rappelle que "les enseignants français ont, dans leurs évaluations, tendance à insister sur les échecs plus que sur les réussites des élèves" et relève la faible diffusion des recherches en ce domaine. D'après Pierre Merle, "un collégien sur cinq s'est déclaré senti souvent ou assez souvent humilié par son professeur". Cette culture du "rabaissement scolaire", qui rappelle tant le mépris vécu par nombre d'enseignants lors des inspections, nuit évidemment aux résultats. Pour P. Merle "les recherches ont montré que les jugements des enseignants influencent davantage la réussite des élèves faibles que celle des élèves forts".

Ne serait ce que par ces analyses, complétées par bien d'autres articles, ce numéro 31 d'Education & Management mérite de circuler dans les établissements. Alors on s'étonne qu'il n'ouvre pas sur des questions et des perspectives. Cette culture du mépris scolaire est-elle une spécificité française ? Peut-on évaluer autrement ? Comment font nos voisins ? Au moment où on veut baser les politiques éducatives sur des évaluations rigoureuses, pourquoi ne pas observer chez nos voisins comment se construit l'évaluation des uns et des autres et en rendre compte ?
Education & Management, numéro 31, mai 2006.
http://www.crdp.ac-creteil.fr/scripts/cyberlibrairie/result[...]%20et%20management
Rappel : Entretien avec Pierre Merle
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/66.php

Colloque de l'Observatoire de la petite enfance
"Est-ce que ce qu’on va dire aujourd’hui va remonter aux politiques ?". A travers cette question naïve de la salle, s’exprime la volonté d’agir des deux cents participants, majoritairement issus du terrain, au colloque organisé par l’Observatoire de la petite enfance, sur la thématique des politiques éducatives en direction de la petite enfance.

D’entrée, l’objectif affiché par Nicole Geneix, organisatrice, est clair : " arriver à participer, modestement, à la création d’un espace qui permette un croisement d’expérience entre les différents professionnels de la petite enfance : éducation nationale, directrices de crèches, auxiliaires de puéricultrice, psychologues, collectivités territoriales"…

Le Café rend compte des interventions sur le statut de l'enfant d'hier à aujourd'hui, le rôle de l'école maternelle, les politiques publiques.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/collmat/index.php

Plus d'un millier d'expérimentateurs pour André Antibi
Comment lutter contre l'échec et l'humiliation scolaires ? André Antibi propose un système d'évaluation qui bénéficie du soutien de nombreuses organisations professionnelles et touche maintenant plus d'un millier d'enseignants.

A. Antibi est parti d'un constat : la répartition des notes dans le système éducatif français est très différente de celle des autres systèmes éducatifs. Elle suit exactement la même courbe de Gauss quels que soient les élèves, éliminant toujours une partie importante de ceux-ci. "En raison de conceptions ancrées sur le classement des individus, les pratiques d’évaluation apparaissent souvent comme un couperet destiné à sélectionner. Elles sont assujetties généralement à la règle des trois tiers : un tiers de « mauvais », un tiers de « moyens » et un tiers de « bons », y compris quand les objectifs ont été globalement atteints par la grande majorité des élèves. Ce phénomène, relaté sous le nom de « constante macabre » se manifeste à des degrés divers aux différents étages du système éducatif". Ce système de notation "pourrit l'Ecole", démobilise une partie importante des élèves, crée de la rancune et de l'agressivité et finalement génère un taux constant d'échec scolaire.

Pour André Antibi, "une telle situation n’est pas fatale. Inverser la tendance est possible, rapidement, au bénéfice de toutes les parties prenantes. Cela suppose une prise de conscience de ce dysfonctionnement, et la volonté clairement affichée de l’éradiquer. Des solutions simples et efficaces existent, déjà expérimentées… En particulier, le contenu d’une épreuve d’examen ainsi que sa longueur doivent correspondre à un contrat clairement annoncé par l’enseignant, sans piège. Dans ces conditions, l’échec éventuel d’un élève ne serait plus ressenti comme une injustice".

Ce que recommande le MCLCM c'est "l'évaluation par contrat de confiance" (EPCC), une méthode où l'élève est informé du contenu de l'exercice et s'y prépare.

Mardi 20 juin, il faisait le point sur une année d'action. Le Mouvement bénéficie du soutien actif des associations de parents d'élèves, des syndicats enseignants et de nombreuses associations professionnelles et d'une reconnaissance formelle du ministre de l'éducation nationale. En une année il a doublé le nombre d'enseignants expérimentateurs, passant le cap du millier d'enseignants.

Plusieurs enseignants témoignaient des effets de la méthode Antibi. Ils ont vu les résultats de la plupart des élèves monter et la confiance en eux revenir. Ce qui les amène à travailler davantage. Ce que confirment deux lycéens de seconde, élèves de Corinne Croc au lycée de Pont-Audemer. "On est mieux préparé au contrôle. Ca encourage à travailler. Du coup on a de meilleures notes et ça aussi c'est encourageant. Autant travailler pour avoir une bonne note".

Ce succès est-il généralisable ? Pour le recteur Joutard, si la démarche est bonne, si "l'évaluation traditionnelle pourrit le système scolaire", l'EPCC doit faire son chemin chez les enseignants de terrain, au prix d'une adaptation pour les disciplines non-scientifiques.

Un appui ministériel plus actif y aiderait. En 2005, la Desco avait promis d'adresser un courrier aux recteurs et aux inspecteurs d'académie pour faire connaître son soutien à cette initiative. La lettre n'est toujours pas partie.
Le site du MCLCM
http://mclcm.free.fr/

Meirieu : " Face à la violence, essayons l'éducation"
"La France a besoin d'un vrai projet éducatif. Elle le construira en pariant sur l'éducabilité de tous les jeunes, en se proposant de faire acquérir à chacun le goût de la culture et non simplement les savoirs fonctionnels d'un hypothétique «socle commun», en s'attaquant sérieusement aux inégalités par une modulation de la dotation à tous les établissements (y compris les établissements privés) en fonction des difficultés des familles qui y sont scolarisées et en misant sur une vraie politique de prévention, de la petite enfance à l'adolescence et au-delà". Dans une tribune accordée à Libération, Philippe Meirieu réagit aux propos de droite et de gauche et réaffirme les principes d'une école démocratique.

"Il faut en finir avec ce comportement insupportable de nos élites qui sont revenues de tout sans jamais y être allé. En effet, malgré Jean Zay et le plan Langevin Wallon, malgré la loi d'orientation de 1989, une éducation scolaire vraiment démocratique associée à une politique culturelle, sportive, associative et professionnelle favorisant massivement l'intégration des jeunes dans la cité, on n'a jamais vraiment essayé sur la durée !.. Il est temps de penser un collège délivré de la bureaucratie, avec des petites structures encadrées par des équipes cohérentes. Il est temps, aussi, d'imaginer un même lycée pour tous les jeunes, avec une même qualité d'enseignement, une même ouverture culturelle et une même reconnaissance pour les voies générales, technologiques et professionnelles".
http://www.liberation.fr/page.php?Article=388402

Pourquoi lire aujourd'hui ?
"La compétence en lecture est d’une importance indéniable dans la société actuelle. Le marché de l’emploi, exigeant et diversifié, réclame de plus en plus des travailleurs qu’ils possèdent une maîtrise des habiletés nécessaires pour lire et traiter l’information". Dans ce numéro 139 de Vie pédagogique, la revue pédagogique québécoise, totalement dédié à la lecture, Julie-Madeleine Roy rappelle l'importance de la lecture dans la société de l'information.

Elle présente les principaux travaux de recherche sur la lecture entrepris au Québec. Ainsi une étude identifie quelques clés d'un bon apprentissage : " Le développement de la conscience phonologique semble particulièrement important chez les élèves à risque, particulièrement les habiletés de segmentation. La connaissance de la plupart des lettres de l’alphabet, l’acquisition de bonnes habiletés d’identification des mots et le développement de la fluidité en lecture sont aussi des facteurs de protection contre l’échec en lecture au début de la scolarisation... Les parents ont également un rôle à jouer dans le développement de la compétence à lire chez leur enfant. Ainsi, valoriser la lecture à la maison, y rendre disponibles des livres pour la jeunesse et interagir avec leur enfant autour de l’écrit représentent des gestes gagnants chez les parents pour favoriser sa réussite en lecture". Ce n'est peut-être pas par hasard que les Finlandais ont un aussi bon score en lecture : 85% des familles sont abonnées à un quotidien.

Autre clé du succès, particulièrement au secondaire, fixer des stratégies de lecture, " se fixer des objectifs d’apprentissage au début d’une activité, de regrouper les idées principales d’un texte sous forme de schéma ou de tableau durant celle-ci et d’évaluer, à la fin… Les pratiques pédagogiques les plus utilisées par les enseignantes et les enseignants sont de poser des questions aux élèves, de leur donner des directives, de répondre à leurs questions et d’y réagir. Les chercheurs soulignent à ce sujet que les pratiques enseignantes sont davantage centrées sur le questionnement que sur l’enseignement de stratégies".

Marie-France Laberge montre à quel point les nouveaux médias ont transformé les pratiques de lecture. "Acquérir des informations sur un médium numérique conduit naturellement l’utilisateur à les construire. Il n’en reste pas moins que, sans accompagnement, plusieurs élèves en resteront au copier-coller d’informations diverses, procédant ainsi à une sorte de raisonnement par collage plutôt qu’au développement et à l’enregistrement de véritables constellations mentales qui pourront être recombinées et réorganisées à mesure que la pensée se précisera. Le numérique se marie très bien à l’idée de construction ou de processus de transformation. Encore faut-il savoir quoi faire avec cet amoncellement de données trop souvent partiales, partielles, voire éclatées. La production sans analyse étant reproduction, pour arriver à créer ou à résoudre des problèmes en utilisant les TIC, il importe d’associer de façon très étroite les cerveaux humains et les ordinateurs. L’important n’est pas que chacun devienne un assoiffé de lecture ou un spécialiste de la recherche et du traitement de l’information, mais plutôt que nous fassions en sorte que l’élève sorte de l’école avec les outils qui lui permettront de se mettre à « lire », le jour où il en sentira le besoin. Incontestablement, l’ordinateur et Internet doivent faire partie d’une culture moderne de la lecture et de l’écriture tout comme le livre, et chacun des acteurs de notre société peut contribuer au développement d’un Internet plus lisible et agréable pour tous".

Vie pédagogique donne aussi à voir les pratiques et les interrogations de nos collègues d'outre Atlantique. On ne peut qu'inviter à la lecture de cette revue.
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/139/numero139.[...]
http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/139/vp139.pdf

Le bilan positif des ateliers et des classes à PAC
" Sept élèves sur dix voient nombre d’avantages à travailler avec au moins deux adultes en même temps : ils disent se sentir mieux encadrés, mieux écoutés et pensent que la complémentarité des savoirs et des méthodes les aide à progresser". Selon une étude ministérielle, les ateliers et classes à projet artistique et culturel ont un effet positif sur les élèves et recueillent l'adhésion des enseignants qui y participent.

"Enseignants et artistes sont satisfaits de leur intervention conjointe en ateliers et classes à projet artistique et culturel (PAC) et la majorité des élèves dit avoir plus de plaisir à venir au collège. Les adultes en retirent un enrichissement d’ordre personnel et professionnel. Les enseignants sont plutôt sensibles au développement chez les élèves de nouveaux moyens d’expression alors que les intervenants évoquent l’accès des élèves à de nouvelles émotions".

Alors tout va bien ? Non ! Les enseignants "portent ces partenariats" et "déplorent l’absence de reconnaissance et le faible impact des dispositifs sur leur carrière". Et on sait que les budgets attribués à ces classes sont fortement amputés.
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/noteeval/ne2006/eva0601.pdf

Le socle commun
" Pour respecter le cadre de références européen, le projet de socle commun emprunte sa terminologie. Sept compétences recommandées par l’Europe, sont déclinées en connaissances, en capacités et en attitudes. « Chaque compétence requiert la contribution de plusieurs disciplines et, réciproquement, une discipline contribue à l’acquisition de plusieurs compétences ». On pourrait se réjouir, complexité, interdisciplinarité, globalité et transversalité sont présentes ! Seulement, le plus souvent la compétence à acquérir inclut déjà des capacités et des attitudes antérieures à l’école. Nous le savons, elles sont plus ou moins privilégiées et mises en valeur selon les milieux sociaux et culturels. Ainsi dès la présentation de la compétence, le discours égalitaire est déjà entaché. Ce seront toujours les fils et les filles des classes moyennes et supérieures qui possèderont les fondements culturels adéquats". Sur le blog du Café, Catherine Chabrun (Icem Freinet) soumet le "socle commun" à une critique décapante.
http://www.cafe-leblog.net/index.php?2005/10/29/9-la-pedago[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/73.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/edito/73.php

Journée nationale des réseaux "ambition réussite"
Le 30 mai, G. de Robien réunissait les 249 principaux des collèges ambition-réussite, c'est-à-dire les collèges Zep les plus en difficulté, avec une préoccupation majeure : convaincre qu'on peut faire mieux sans investir davantage. "Je suis en effet convaincu qu'il ne sert à rien d'avancer tel ou tel budget, tel ou tel chiffre, si derrière tout cela il n'y a pas un objectif clair, et surtout, des personnes prêtes à s'investir !... Enfin, la démarche par projet vous donne une grande autonomie. Je veux en effet qu'une grande liberté soit donnée aux initiatives des réseaux « Ambition réussite ». Cette liberté, elle se situe d'abord en amont, dans la définition des projets. C'est pourquoi j'ai souhaité qu'une grande latitude vous soit donnée pour la définition des projets pédagogiques". Plaidant pour l'esprit d'initiative, la solidarité et la personnalisation des parcours, le ministre avait peu de moyens supplémentaires à offrir : 1000 postes d'enseignants "expérimentés", 3000 "assistants pédagogiques", une infirmière promise dans chaque réseau (associant plusieurs écoles et un collège). Des postes qui sont financés par une réduction des horaires dans tous les collèges. Le ministre a annoncé deux dispositifs pédagogiques. D'une part, dans ces établissements, l'option découverte professionnelle pourra être avancée en 4ème. D'autre part, les élèves bénéficieront en 4ème, 3ème, 2de et terminale d'un entretien d'orientation conduit par le professeur principal ou le conseiller d'orientation, assisté d'une personne issue du monde professionnel.

La question des moyens a été soulevée par plusieurs principaux. Ainsi, dans le Nord, un collège voit les financements de ses projets culturels réduits de 50% : "comment mettre en place un pôle d'excellence quand les moyens pour financer les projets PAC sont réduits de 50% ?". A Montbéliard, un principal pense avoir du mal à faire venir un professeur expérimenté si on ne lui offre pas de réel avantage de carrière. Il apparaît assez clairement que ces professeurs "expérimentés" seront choisis parmi les enseignants déjà présents avec le risque d'attributions purement administratives (par exemple pour sauver un poste menacé). Ailleurs encore on s'inquiète du sort des "assistants pédagogiques" qui pourraient être embauchés sous contrat d'accès à l'emploi (CAE).

Dans une contribution envoyée au Café, Elisabeth Bruchet et Catherine Aduayom, coordinateurs REP, rappellent la situation des autres établissements de l'éducation prioritaire. " Les établissements des réseaux « de réussite scolaire » ne se voient attribuer aucun moyen supplémentaire et la classification « sensible » qui recouvrait elle aussi des difficultés et des moyens spécifiques n’est plus mentionnée alors même que les établissements dits sensibles n’ont pas tous été labellisés « ambition réussite » ce qui est le cas par exemple pour le département du Rhône des REP Casarès à Rillieux, Valdo et Noirettes à Vaulx-en-Velin, Eluard et Michelet à Vénissieux… En somme, 249 REP « ambition réussite » jouent malgré eux le rôle de l’arbre qui cache la forêt".

Pourtant le projet ministériel séduit aussi des principaux. Ainsi, Nicolas Renard, président de l'Observatoire des Zones prioritaires (OZP) et principal à Asnières (92), se réjouit qu'enfin "on mette des moyens en enseignants pour faire face à des problématiques pédagogiques au lieu de baisser de quelques unités les effectifs par classe". Dans son collège, les moyens horaires attribués pour les professeurs référents seront utilisés pour faire des cours de français intensifs à des élèves en grande difficulté déjà repérés au CM2. Il estime que le dispositif Robien lui laisse plus de liberté pour faire face aux difficultés. Il lui permet de mieux gérer son équipe et de mieux accompagner les élèves qui en ont le plus besoin.

A l'issue de cette Journée, une question demeure. L'étude de T. Piketty, censurée par le ministère, a mis en évidence l'effet positif d'une forte réduction des effectifs en Zep. Et si les Zep méritaient mieux qu'une mobilisation sans frais des enseignants ?
Discours de Robien
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200653[...]
Contribution de E. Bruchet et C. Aduayom
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/bruchet.ph[...]
Dossier spécial du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/70.php#280

La mixité filles - garçons et le vivre ensemble
L’école est un lieu privilégié pour développer l'éducation à l’égalité entre les filles et les garçons dès le plus jeune âge, pour passer du « vivre à côté » d’une personne de l’autre sexe au « vivre ensemble ». Mais pour cela, il faut modifier les images stéréotypées sur les rôles sociaux et économiques des hommes et des femmes à la fois chez les élèves et chez tous les professionnels de l’éducation.

Ce dossier du Carep de Créteil apporte des éléments de réflexion sur cette problématique et fait connaître des initiatives menées dans l’académie de Créteil. Ainsi dans le Rep de Bondy, en CM1, la réflexion passe par l'écriture de chansons qui font réfléchir aux stéréotypes, en collaboration avec un groupe local (et mixte !). A La Rochette, près Melun, des collégiennes et collégiens découvrent ensemble les métiers du bâtiment puisque " Le Bâtiment, c'est pour elles !".

Le dossier propose également une large sélection de ressources en ligne et d'outils pédagogiques pour faciliter la réflexion sur ce thème.
Le dossier du Carep
http://www.ac-creteil.fr/zeprep/dossiers/06_fg_somm.html

Lecture : Retour en Grande Section
"Ces observations montrent de façon peu contestable qu'il n'y a pas une seule voie pour accéder à la conscience phonographique et à la conscience orthographique, de même qu’il ne peut y avoir un unique rythme d’apprentissage pour tous les enfants d’une classe. Imposer à F., à S., à N., à H., à A. et aux autres le b-a ba au début du CP, c'est vouloir ignorer que ces enfants sont déjà très avancés dans leurs apprentissages fondamentaux de la langue écrite (et que rien ne commencera pour eux au 1er septembre du CP), c'est refuser de comprendre que ces compétences remarquables ont été gagnées par l'écriture individuelle en situation d'activités finalisées (et non par l'alphabétisation collective et la répétition mécanique (in-signifiante) d'exercices in-signifiants pour les enfants)". Bernard Devanne nous emmène faire un dernier tour en Grande section de zep.

On y retrouve O., Z. et d'autres enfants, souvent d'origine étrangère, qui découvrent à travers des activités, lecture et écriture. Pour B. Devanne, ignorer ce travail de G.S. c'est inacceptable. "Je demanderai au Ministre de se prononcer (c’était ma conclusion du courrier au Ministre de janvier) ainsi qu’aux chercheurs qui lui fournissent sa caution scientifique, à partir d'évaluations individuelles conduites en juin sur la base d'exercices caractéristiques des manuels d’enseignement de la lecture au CP". A suivre !
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i7l.php

Le métier de formateur
"La réforme des IUFM est en marche. Après le texte sur le socle commun, le HCE en prépare un sur les IUFM. On sait déjà qu'ils seront rattachés aux Universités. Que deviendront alors les formateurs des premier et second degrés? Réfléchir au métier de formateur n'est pas sans intérêt car leurs caractéristiques influenceront à plus ou moins longue échéance le métier d'enseignant". Jacques Nimier propose un dossier sur le métier de formateur.

Il a interrogé Alain Bouvier, membre du HCE, Gérard Vergnaud, Marie-Françoise Bonicel et bien d'autres, qui témoignent du métier de formateur. " Être un formateur ne s'improvise pas, c'est un véritable métier. Il est très différent d'enseigner à des jeunes et à des adultes… Ce métier de formateur nécessite la connaissance de bien des aspects qu'un enseignant de base n'a pas eu l'occasion d'apprendre. Attitude avec des pairs et non avec des élèves qui sont d'une génération différente. Réflexion sur la notion de "formation" autre que celle "d'enseignement". Connaissance de l'ingénierie de "formation d'adultes" qui n'est pas celle de l'apprentissage. Connaissance de procédures d'analyse des besoins, de constitution de programmes et de réponses à des "appels d'offre" etc. qui relient les formateurs aux institutions beaucoup plus qu'un enseignant souvent bien isolé dans sa classe".

Ainsi Alain Bouvier dresse un tableau précis des différences entre enseignant et formateur. Gérard Vergnaud nous interroge sur l'introduction de la notion de compétence dans l'Education Nationale et, en particulier, dans la formation. " La première préoccupation des chercheurs et des enseignants devrait être celle de la construction des situations permettant aux élèves de développer des formes d'activité dans les différents registres évoqués plus haut. La seconde préoccupation celle de leur action de médiateurs en situation, lorsqu'il faut apporter à l'élève l'aide juste nécessaire à l'avancement du travail. Que l'interdisciplinarité doive être au rendez-vous, que les rapports entre l'école et la société doivent être améliorés, cela va sans dire. Mais on restera en deçà des problèmes à résoudre si on n'accorde pas une attention aussi soutenue que possible à l'activité effective des élèves, et aux situations propres à l'encourager et à la stimuler".

Un copieux dossier, qui va jusqu'au "tragique du Formateur", à visiter pourmieux comprendre et juger la réforme des Iufm.
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/dossier_formateurs.h[...]

Décrocheurs comment raccrocher
" Jadis, déserter l’école pouvait s’apparenter à une fugue rimbaldienne, à une échappée belle poétisée par Prévert, car un hors-école existait, susceptible d’offrir des chemins buissonniers pour accéder autrement aux savoirs salvateurs. De nos jours, « décrocher » renvoie médiatiquement à l’infamie inquiétante d’une marginalité vouée à tenir les murs de la cité. Les décrocheurs/décrochés, soustraits au contrôle social exercé par l’école, seraient potentiellement dangereux pour l’ordre républicain". Pourtant ils sont près de 80 000 qui quittent l'école sans qualification chaque année, sans compter tous les décrocheurs "passifs" qui arrivent encore à faire plus ou moins semblant au fond de la classe.

Ce nouveau numéro des Cahiers pédagogiques s'attaque donc à un phénomène massif et à une urgence sociale. Dans une première partie il dresse le portrait des décrocheurs : davantage de garçons que de filles au collège, une année particulièrement dangereuse : la seconde. Ce chapitre démonte aussi certains fonctionnements de l'Ecole. Par exemple, Marie-Cécile Bloch et Dominique Bocher, professeures de physique-chimie, reviennent sur la sempiternelle question des "bases" lacunaires en sciences et montrent comment une démarche transdisciplinaire et une approche plus scientifique de leurs disciplines font évanouir la difficulté.

Une seconde partie propose des pistes pour le raccrochage. Pas seulement des méthodes tirées de l'expérience des enseignants établissements pionniers. Mais aussi une réflexion plus profonde sur l'accueil de ces élèves tiraillés entre les souffrances du passé, celle de scolarités difficiles, et du présente, celles d'un quotidien en friche. Ces deux aspects sont bien sûrs étroitement mêlés. Enfin, ce numéro des Cahiers pédagogiques se clôt sur des adresses et une bibliographie fort utile.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_article=[...]
Rappel : Article de D. Glasman dans le Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/60.php
Rappel : Entretien avec Danielle Zay
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index080905.php

L'INRP réfléchit à la "bonne" recherche en éducation
" Quels sont les critères d’une « bonne » recherche dans le domaine éducatif ?
Comment rendre les recherches en éducation plus « scientifiques » et plus utiles à la société ?
Quelles démarches et quels types de méthodes privilégier pour ce faire ?"
La Lettre d'information de l'INRP (numéro de mai) aborde ces questions et offre un tour d'horizon des réflexions des chercheurs par exemple sur la place à accorder à l'Evidence Based Education. Cette synthèse, qui renvoie à de nombreux travaux anglo-saxons, éclaircit le paysage et ses enjeux.
http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/mai2006.htm

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Séminaire de clôture du blog ENT
Depuis le mois d'octobre, 19 acteurs de terrain engagés dans des projets d'"Espaces numériques de travail" (ENT) en éducation, rendent compte de leur expérience sur le blog www.ent-leblog.net. Afin de conclure cette initiative, une journée publique d'échanges et de débats se tiendra le 7 juillet (de 10h à 17h) dans la salle Agora du Carrefour Numérique de la Cité des Sciences et de L'industrie à Paris.

La matinée réservée aux contributeurs du blog qui disposeront chacun d'un quart d'heure, soit pour revenir sur un aspect particulier rencontré dans leur pratique des ENT, soit pour revenir sur un de leur billet ayant soulevé de nombreux commentaires, soit, enfin, pour développer un élément n'ayant pas été traité sur le blog.

L'après midi sera réservée à des discussions transversales. A partir des synthèses rédigées par Serge Pouts-Lajus (La relation pédagogique, les ressources, la place des blogs, libre vs propriétaire, un cahier de textes en ligne, normes, standards, interopérabilité). L'inscription, en ligne sur le blog, est gratuite mais obligatoire.
http://www.fing.org/jsp/fiche_actualite.jsp?CODE=1150102399[...]

Université d'été de Prisme
"Comment identifier les besoins des jeunes pour mieux définir les actions à mettre en œuvre ? Quels projets territoriaux d’éducation et de formation pour la jeunesse ? Comment mieux définir les nécessaires coopérations pour réduire les inégalités et lutter effectivement contre les discriminations, la précarisation des jeunes ? Comment articuler Projets Educatifs Locaux de ville avec projets d’agglomération, de pays, de départements, de Régions ? Comment passer de l’instruction publique dispensée frontalement à la formation choisie en réseau ? Comment la formation ouverte à distance peut-elle contribuer à réduire les inégalités entre les territoires ?" Voici quelques unes des questions qui seront abordées lors de la 3ème Université d'été de Prisme.

Du 6 au 8 juillet; à La Ferté sous Jarre (77), Prisme réunira des élus, des formateurs, des représentants du monde associatif pour réfléchir à l'articulation entre éducation et territoire.
http://www.prisme-asso.org/article-imprim.php3?id_article=3[...]

1ères Rencontres nationales de la réussite éducative
"Le programme de réussite éducative donne les moyens pérennes d'agir dans la proximité et l'immédiateté… Cette "révolution culturelle" peut susciter des questions : quelles pratiques professionnelles ce programme implique-t-il ? Quelle articulation avec les démarches, dispositifs et mesures existants ? " Bonne question assurément ! Car ces premières Rencontres de la réussite éducative sont le fruit du ministère de l'emploi et de la délégation à la ville : l'éducation nationale brille par son absence, comme si le sujet ne la concernait pas.

Pourtant il sera bien question de l'Ecole jeudi 29 juin à Saint-Denis. Dominique Glasman évoquera les problématiques du programme de réussite éducative. Des tables rondes réuniront des acteurs pour échanger sur leurs pratiques.
http://www.polynome.fr/reussite-educative/
Rappel : Article de D. Glasman dans le Café 60
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/60.php

2èmes Rencontres du Lien
"Le LIEN est un mouvement mondial et local de recherches et d'inventions des utopies concrètes pour une éducation nouvelle dans tous les domaines de la vie". Du 10 au 13 juillet il organise à Marly-le-Roi ses 2èmes Rencontres sur le thème des "émancipations dans les pratiques d'éducation nouvelle". Parmi les intervenants, signalons Albert Jacquard, Elisabeth Bautier, André Ouzoulias, Jacques Bernardin, Gaston Mialaret etc.
http://www.lelien.org/

Ségrégation urbaine, ségrégations scolaires
Le Comité d’Évaluation et de Suivi (CES) de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) souhaite rappeler que l’école est la clé de la déségrégation urbaine. Il organise un colloque, en présence de décideurs politiques, d’acteurs du monde de l’éducation, de la rénovation urbaine, de la politique de la ville et de la lutte contre les discriminations, le jeudi 22 juin 2006 au Sénat (salle Médicis), sur le thème "ségrégation urbaine, ségrégation scolaire. L'école : au cœur des enjeux urbains". Au programme : Agnès Van Zanten, Jean-Paul Fitoussi, et de nombreux politiques.
http://www.renovation-urbaine.fr/article.php3?id_article=35[...]



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Etats-Unis : Retombées économiques de l'éducation et groupes "raciaux"
"Nous n'avons trouvé aucune preuve que les retombées d'un plus haut niveau d'éducation soient plus bas pour les Afro Américains ou les Hispaniques". Lisa Barrow et Cecilia E. Rouse ont étudié l'évolution des rémunérations moyennes entre 1980 et 2004 aux Etats-Unis. Elles mettent en évidence une relative indifférence aux critères "raciaux" qui justifie, selon elles, un effort éducatif plus grand pour les Afro-Américains et les Hispaniques.

Mais leur étude éclaire également la question de l'inflation scolaire. Ces années ont été marquées par des écarts grandissants entre groupes sociaux et particulièrement selon le niveau de diplôme. Ainsi en 2004, les personnes titulaires d'un niveau de fin d'étude secondaire gagnaient 14,31 dollars par heure contre 11,12 $ pour les salariés n'ayant pas terminé leurs études secondaires. A noter que cet écart se creuse entre diplômés universitaires et diplômés du secondaire alors qu'il se stabilise entre diplômés et non-diplômés du secondaire.
Etude (en pdf)
http://www.chicagofed.org/publications/economicperspectives[...]
Rappel : dossier spécial du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/71.php#200

Le handicap et l'Ecole
"Au fond cette loi, et le mouvement sociétal qui l'accompagne, ne constituent-ils pas une véritable chance pour l'école ?" L'inspection académique de la Sarthe publie une brochure qui rend compte de la journée de formation du 29 mars sur la scolarisation des enfants handicapés. La loi du 11 février 2005 a posé le principe de la scolarisation de ces enfants dans l'école proche de leur domicile. Une règle qui bouscule sérieusement l'Ecole.

Cornelia Schneider, université paris V, met en évidence le changement de paradigme pour l'Ecole. "Jusqu'à maintenant on s'est posé la question suivante : "l'enfant est-il assez bon pour l'école ?". La nouvelle question qu'il faut poser : "l'école est-elle assez bonne pour l'enfant ?". Pour elle ce qui freine l'intégration des enfants handicapés c'est à la fois la tradition d'excellence de l'école et sa difficulté à faire face à l'hétérogénéité des élèves. En ce sens, la loi est une chance dans la mesure où elle peut faire progresser l'école pour tous les enfants.

Bernard Gossot, inspecteur général, situe les résistances et insiste sur le fait qu'elles ne viennent pas des seuls enseignants. Chefs d'établissement, personnels de santé sont parfois réticents.

Enfin l'ouvrage donne la parole à tous les intervenants de l'intégration. Des enseignants qui exposent leurs pratiques et leurs interrogations. Des associations qui montrent les difficultés des parents et mettent en avant leur complémentarité avec l'Ecole. Il propose une riche bibliographie et webographie. Cette brochure trouve place dans une série de publications dont le Café a souvent vanté l'utilité et la qualité.

C'est aussi l'occasion de rappeler la publication d'un Cahier d'Education & Devenir sur le même sujet. Présenté dans L'Expresso du 30 mai, il donne la parole aux parents, aux enseignants et aux chefs d'établissement. Il montre lui aussi que l'intégration des élèves handicapés remet en question le fonctionnement ordinaire de l'Ecole. Par exemple, rappelle Sandra-Laure Cavani-Ghitti, professeure des écoles, "pas d'intégration individuelle réussie sans relations étroites entre enseignants". Mais elle nécessite aussi une "culture du travail en partenariat" (Marie-Françoise Crouzier) avec les acteurs du monde non scolaire qui est éloignée du modèle scolaire traditionnel.
Inspection académique de la Sarthe, Scolariser tous les enfants et adolescents handicapés. Utopie ou réalité ?, Le Mans, 2006, 132 pages.
Le handicap à l'école. Les cahiers d'Education & Devenir n° 7, 2006.
.
Brochure I.A. 72
http://www.ac-nantes.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils[...]
Cahier d'Education et Devenir
http://education.devenir.free.fr/Cahier7_Handi.htm
Rappel : la loi et son application
http://www.cafepedagogique.net/disci/vs/72.php

Le défi de l'éducation prioritaire
"Ce n'est pas seulement la fatigue ou le manque de soutien de l'institution qui fait arrêter ce combat mais c'est tellement dur de s'en prendre plein la tête sans comprendre ce qui se passe". "Pourquoi tant d'enseignants évitent-ils des postes dans ces zones jugées difficiles ? Ils se privent ainsi peut-être ou sans doute, d'une dimension essentielle de notre travail, qui lui donne du sens à savoir : regarder l'enfant globalement comme un tout à la fois cognitif mais également social, affectif, voire politique". Ce nouveau numéro du Nouvel Educateur (n°180) dédié aux Zep se situe entre ces deux visions.

Il rend compte du travail de trois équipes enseignantes. A Marseille, dans un bel article, Marie-Laure Gérin dénonce le racisme ambiant qui bloque la construction d'une véritable identité. "Dans notre école,il ne se passe pas un jour sans que nous soyons confrontés au racisme entre enfants… Chacun "se traite" allègrement... Certes les adultes interviennent mais ils en viennent à penser que ce sont des insultes si banales que finalement les enfants les emploient "sans savoir"… Finalement il s'agit d'une réalité qui apparaît naturelle alors qu'elle est totalement construite. C'est ça l'idéologie raciste. Un déni de la construction humaine et historique, des faits sociaux, pour les aborder comme une réalité naturelle et donnée au départ du monde". Il faut aussi lire le témoignage, plus optimiste, des enseignants de l'école Balard de Montpellier, popularisée par une émission télévisée récemment.

Le numéro donne encore la parole à François Bégaudeau, auteur de "Entre les murs" et à Laurent Ott qui met en évidence les découvertes du travail en Zep. Voilà un numéro qui nous amène dans ces classes, entre lassitude et espoir.
Commande
http://www.pemf.fr/site/index.php?CLEF=PEMF_ARTICLE_DETAIL&[...]
Présentation par l'OZP
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=2778

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