Pédagogie (Café N° 77)

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- A la Une : La nouvelle politique ZEP promet davantage d'accompagnement pédagogique que de moyens

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Dossier spécial : La formation des enseignants

Édition du 12-11-2006

- François Jarraud -

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"La politique d’éducation prioritaire s’est peu à peu éloignée du discours d’intention et des objectifs initiaux : la carte est devenue inflationniste et très hétérogène au point de ne plus être considérée comme juste et efficace par les acteurs locaux ; les moyens, importants, n’ont plus, dès lors, été concentrés sur des territoires restreints, mais ont été dispersés sur 15 à 20 % des établissements scolaires, et ont servi plus à afficher des mesures gestionnaires quantitatives (taux d’encadrement et mesures indemnitaires) qu’à résoudre des difficultés repérées. Plus fondamentalement, comme bien souvent en France pour d’autres politiques publiques, le contenu de la politique d’éducation prioritaire a privilégié fortement l’organisation et les personnels et non la mission de service public". Commandé par le ministre, le rapport de l'Inspection générale (Anna Armand et Béatrice Gille) sur les ZEP montre une politique en échec.

Car, selon lui, les Zep représentent un effort d'un milliard d'euros soit près de 10 000 emplois d'enseignants. " Tous, chercheurs, autorités ministérielles, s’accordent à dire que « ni son efficacité globale, ni sa capacité à corriger l’inégalité des chances n’ont été clairement établies »: la politique d’éducation prioritaire a produit peu d’effets tangibles sur les écarts constatés entre les résultats scolaires des élèves en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire,… elle a néanmoins réussi à maintenir les mêmes écarts de résultats, tout en diminuant la proportion des élèves en retard, alors que, dit-on, la situation sociale s’aggravait ; elle a contribué dans bien des cas à améliorer l’ambiance scolaire et la vie scolaire des établissements les plus difficiles ; il y a, à publics apparemment à peu près équivalents, des zones ou réseaux qui réussissent quand d’autres échouent, ce qui signifie qu’il n’y a pas de déterminisme total de l’échec, mais les écarts de performance, s’ils sont constatés, ne sont pas assez souvent analysés, et compris". Au total, "les moyens supplémentaires importants – environ un milliard d’euros attribués à l’éducation prioritaire – n’ont pas réussi à augmenter sensiblement les performances des élèves" . Ce qui justifie, pour l'Inspection, une critique de la pertinence des mesures prises jusqu'ici.

Le rapport consacre un important chapitre à l'analyse de la pédagogie en éducation prioritaire. Il s'appuie sur une sélection de rapports d'inspection, ce qui n'est peut-être pas une méthode réellement objective. Mais incontestablement cette approche signe la particularité et l'intérêt de ce rapport. Pour l'inspection, la pédagogie en zep a du mal à trouver un équilibre "entre exigences et adaptation aux publics". Les inspecteurs trouvent que dans les classes les "repères pédagogiques et didactiques se sont estompés". Au risque d'être accusés d'une certaine cruauté pour les enseignants qui travaillent en zep, ils évoquent la pauvreté du langage des élèves, la densité insuffisante du travail écrit, une "dérive activiste" qui freine la structuration des acquis. Il est vrai qu'ils relèvent des résultats très hétérogènes d'un établissement à l'autre.

Reconnaissons aux inspecteurs qu'ils proposent des aides pédagogiques mais à moyens constants. " De manière générale, les ZEP ne manquent pas de moyens et l’amélioration de l’efficacité pédagogique ne peut être attendue d’une augmentation des ressources allouées. Il faut exploiter les marges de progrès qui sont bien réelles et pour cela, d’abord, parvenir à améliorer, voire à transformer, certaines pratiques pédagogiques. À cette fin, il semble nécessaire de travailler dans trois registres : faire évoluer de manière significative des conceptions fortement ancrées chez les inspecteurs, les conseillers pédagogiques et les enseignants, doter encadrement et enseignants d’une culture didactique plus solide, aider les équipes pédagogiques jusque dans des aménagements pratiques de leur travail (organisation du temps de l’apprentissage, choix d’outils, mise en place de dispositifs de différenciation, travail collectif). Il faut aussi accorder plus d’attention à la situation des directeurs d’école (recrutement et formation) et favoriser un investissement plus soutenu des inspecteurs et des équipes de circonscription dans les écoles en ZEP, pour que l’aide nécessaire aux équipes pédagogiques soit apportée en temps opportun". Pour l'Inspection, il faut que les enseignants enseignent davantage. Pour cela 8 propositions concernant la classe : faire évoluer la conduite de cours, mettre l'accent sur la lecture et le langage, renforcer la cohérence pour tout ce qui concerne la vie scolaire, faciliter les liens entre disciplines, mieux communiquer avec les parents.

Sur le terrain institutionnel, l'Inspection varie les approches selon les zones. En EP1, elle croit diluer les difficultés en fermant certains établissements et en élargissant la carte scolaire pour les familles des zones prioritaires. "La faculté de décision des familles quant à la scolarisation de leurs enfants est beaucoup moins importante dans les zones d’EP1. En effet, la mobilité des familles est réduite, la dépendance vis-à-vis du système scolaire y est très forte, et le sentiment de résignation devant les contraintes est prégnant. Développer la capacité et la volonté de faire des choix dans l’éducation des enfants relevant de l’EP1 ne pourrait qu’être bénéfique à tous. Dès lors plusieurs solutions peuvent être mises en œuvre : désectoriser l’affectation des élèves du primaire et des collèges ; développer les offres alternatives publiques ; privilégier pour l’attribution ou l’extension de contrats à l’enseignement privé, les demandes correspondant à des implantations dans les territoires de l’EP1". Du coup, les EP2 et EP3 deviendraient des établissements "à fort taux de publics dits prioritaires nécessitant des moyens supérieurs mais non spécifiques".. On arriverait ainsi à une extinction douce des Zep…

Et on se retrouve devant de simples difficultés pédagogiques pour lesquelles l'Inspection est bien armée. L'inspection préconise d'abord l'autonomie des établissements zep avec en EP1 des moyens accordés sur contrat "dans le cadre de l’objectif cible d’acquisition du socle" en laissant "aux acteurs locaux la liberté de choisir l’organisation pédagogique et institutionnelle qui convienne : marges d’autonomie sur les horaires, les disciplines, les programmes, les groupes classe, éventuellement expérimentation des établissements publics du premier degré". Autonomie et pilotage par les résultats seraient accompagnés de la renégociation des régimes indemnitaires des enseignants.

Finalement, en fermant le rapport, on est frappé par les influences anglo-saxonnes dans ce rapport : fermeture des établissements les plus difficiles, pilotage par les résultats : cela n'a pas toujours apporté des résultats positifs ailleurs. On se retrouve à nouveau devant les injonctions d'économie. Arriveront-elles à faire surnager la réflexion pédagogique présente également dans ce rapport ? S'agit-il de régler le budget des zep ou de définir une politique d'enseignement prioritaire ?
http://media.education.gouv.fr/file/35/7/3357.pdf

L'OZP dénonce la précipitation du plan Ambition Réussite
"Pour pouvoir raisonnablement faire ces travaux préalables (définir les vraies priorités d’affectation des moyens supplémentaires), le respect du temps nécessaire à la réflexion et à la concertation collective, puis du calendrier de gestion des postes et des personnes, est essentiel. Sinon on court le risque presque certain que des mesures favorables, mises en œuvre dans la précipitation, peinent à pouvoir être concrétisées (faute de personnes disponibles notamment), soient complètement détournées de leur objet ou grandement neutralisées par d’autres considérations". Du rapport de l'Inspection générale sur l'éducation prioritaire, l'Observatoire des zones prioritaires (OZP), une structure de réflexion et d'animation des ZEP, a retenu ces quelques lignes.

Pour l'OZP, "l’état des lieux de l’éducation prioritaire dressé par le rapport des inspections générales recoupe largement les analyses faites à l’OZP depuis plusieurs années". C'est le cas par exemple du déficit de pilotage du dispositif. Et l'OZP rappelle qu'elle a approuvé les "Réseaux ambition réussite" (RAR), la réforme de l'éducation prioritaire introduite par Gilles de Robien. Le Café s'était d'ailleurs fait l'écho de cette approbation.

"Mais une application précipitée a dénaturé le sens de ces mesures" a déclaré l'OZP au Café. "C’est seulement dans les secteurs où la démarche de projet et la mobilisation des acteurs préexistaient à la réforme que les RAR ont démarré sur de bonnes bases. Ailleurs, ils ont été créés sur des critères de difficulté sociale et scolaire, mais sans lien avec une démarche de projet ni même avec une adhésion des écoles et collèges concernés, et les postes de référents ont souvent été pourvus d’office, parfois par des remplaçants, caricaturant le volontariat".

On lira avec intérêt sur le site de l'OZP une analyse (malheureusement anonyme) du rapport de l'Inspection générale. "« Un équilibre difficile à trouver entre exigences et adaptation aux publics » : c’est ainsi que débute cette seconde partie et c’est bien là le premier défi que connaissent les enseignants de ZEP, de la maternelle à la terminale". L'OZP annonce la prochaine publication d'un "manifeste" sur l'éducation prioritaire.
http://www.association-ozp.net/
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php

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Les dispositifs relais et les familles
Le Centre Alain Savary (INRP) organisait deux journées d'étude les 18 et 19 octobre, à destination des professionnels des dispositifs relais, sur la question " Dispositifs relais et familles : quels enjeux pour la réussite des élèves ?". Entre reconnaissance et hostilité, entre confiance et résistance, les rapports familles – enseignants semble ambigus. La perception finale du dispositif relais par les parents dépend du devenir de leur enfant à la sortie de celui-ci.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/relais[...]

Les bons résultats préparent-ils un bel avenir ?
Faut-il vraiment se satisfaire de bons résultats aux examens ? Voilà une question paradoxale, qui renvoie, elle aussi, au débat sur la productivité scolaire. L'actualité permet de l'aborder.

Des résultats exceptionnels en Angleterre. Le 19 octobre, le Department for Education and Skills a publié les résultats du Gsce anglais. Le Gesce est l'équivalent de notre brevet. Ses résultats conditionnent l'accès aux différents lycées. Le ministre anglais de l'école, Jim Knight, a affiché sa satisfaction après la publication de résultats exceptionnels.

Qu'on en juge. On est passé de 56 à 58% de jeunes ayant de bons résultats (au moins 5 grades A à C), ce qui représente une progression tout à fait exceptionnelle. Le pourcentage d'élèves ayant de bons résultats en anglais et maths a augmenté de près de 1% (45%). Soit 9% de plus qu'en 1997.

Une tendance constante à la hausse. Les conservateurs pinaillent trouvant que sur telle ou telle matière les scores ne sont pas aussi bons. Mais ce qui frappe l'observateur étranger c'est la hausse constante des résultats à tous les tests dans le système éducatif anglais. La consultation des statistiques du Dept of Education and Skills est éclairante. Cette hausse rappelle d'ailleurs une augmentation tout autant frappante aux Etats-Unis depuis la mise en place de la loi No Child Left Behind. Ainsi les performances des jeunes Américains sont passées en maths de l'indice 276 en 1971 à 281 en 2004. Les deux pays ont en effet mis en place des systèmes d'évaluation qui servent à piloter le système éducatif.

Les limites du pilotage par les résultats. La question est bien sûr dans l'interprétation des résultats. Selon une étude de Mary James, Institute of Education London University, publiée en août dernier, l'importance accordée aux tests aboutit à focaliser le travail scolaire sur ce seul objectif. Dans une enquête portant sur 1 500 établissements anglais, elle a mis en évidence que 80% des enseignants donnaient la priorité à la préparation des tests sur les programmes scolaires. L'apprentissage de l'autonomie est particulièrement sacrifié au bachotage. Pour elle, "le vrai message c'est que si on doit mettre en place"l'apprentissage tout au long de la vie" on doit encourager les enfants à devenir indépendants dans leurs apprentissages". Et pour cela elle invite le gouvernement à abandonner son système de test et les enseignants à développer l'autonomie chez les élèves. Au bout du compte ça devrait également permettre d'améliorer les résultats.
http://www.dfes.gov.uk/rsgateway/

Sciences : La désaffection des filières scientifiques est sélective
" Les filières scientifiques sont indéniablement en perte de vitesse, avec une baisse globale des effectifs d’environ 6 % sur la période 1995 1995-2000 20005. La baisse a perduré durant la période 2000 2000-2005, mais dans une moindre mesure (– 3 %)" précise une récente Note du Centre d'analyse stratégique, un service du Premier ministre. Mais cette désaffection touche essentiellement le premier cycle universitaire. " Si le nombre de bacheliers S est quasi stable depuis 1996, première année où l’on a enregistré la première baisse importante des inscriptions dans les filières scientifiques à l’université, l’analyse des taux de poursuite des nouveaux bacheliers dans les différentes filières montre une désaffection pour les « disciplines générales » de l’université. En effet, le taux de poursuite des bacheliers généraux dans les filières Sciences à l’ l’université a chuté de près de la moitié entre 1995 et 2005, passant de 19,7 % à 11,7 %, celui des bacheliers S, quant à lui, passant de 39,9 % à 22,8 %. À l’inverse, les filières universitaires les plus sélectives (Santé et écoles d’ingénieurs à l’université notamment) ont bénéficié d’un afflux de nouveaux bacheliers".

Cette désaffection ne tient pas au hasard. Une récente étude ministérielle, citée dans L'Expresso du 29/9/2006, montre que " tous les résultats obtenus convergent pour démontrer des conditions d'insertion professionnelle plus difficiles et la moindre valorisation – en termes de qualification et de rémunération - des sortants diplômés d'une formation en sciences fondamentales comparativement aux sortants diplômés d'une formation en sciences appliquées".
Etude (pdf)
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/noteveille30.pdf
Rappel : L'Expresso du 29 / 9
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index290906.php
Rappel: Colloque Comment donner le goût des sciences
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index141005.php

Mixité sociale et sectorisation dans FSC
"Oui, des études récentes montrent que selon les territoires, les chances de réussite des élèves peuvent être différentes. Cela s’explique en partie par la plus ou moins grande mixité sociale des écoles et des établissements ; par la stabilité ou l’instabilité des équipes, par l’expérience ou à l’inexpérience des professionnels, par la coopération des différents acteurs en interne et à l’externe de l’école. Or, les familles ne sont pas égales face à ce qui au final s’agrège et constitue cet « effet territoire » car certaines, parce qu’elles ont plus de ressources peuvent s’en affranchir plus facilement que d’autres". Fenêtres sur Cours n°290 offre un important dossier sur la sectorisation.

Il mêle témoignages d'enseignants et de chercheurs comme la géographe Catherine Barthon et la sociologue Brigitte Monfroy. Pour elles, l'école garde sa place dans la lutte contre la ségrégation. "Certaines observations locales montrent en effet que la mixité résidentielle n’a pas forcément d’incidence sur la mixité à l’école. Pour cette raison, il faut aussi chercher des solutions du côté de l’école. C’est d’abord en travaillant à rendre plus égalitaire l’offre de formation et en maintenant un objectif commun de réussite pour tous les élèves que l’on réduira les écarts. On sait aujourd’hui que là où se mettent en place des expérimentations, du travail en équipe, des fonctionnements innovants dans certains quartiers défavorisés, la réussite des élèves et l’attrait du projet pédagogique suffisent à rendre de nouveau attractives ces écoles et à leur conférer davantage de mixité. Le vrai défi à relever aujourd’hui est sans doute à chercher du côté de ces expériences en les transférant et en assurant leur pérennité".
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc290.pdf

Autoritarisme et décadence
"Dans le dernier numéro de la revue Liaisons sociales…, vous prononcez un réquisitoire sévère contre les décisions annoncées par le président de la République,le premier ministre et le ministre de l'éducation nationale… " Philippe Meirieu rend publique cette lettre de janvier 2006 du recteur de Lyon qui l'invite à se taire.

C'est pour dénoncer l'autoritarisme ministériel. "Soyons clairs : d'une part, l'état des recherches scientifiques sur la lecture ne permet pas - c'est le moins que l'on puisse dire - de considérer les propos du ministre comme les plus assurés scientifiquement... Mais, même s'il en était autrement, nous ne serions pas, pour autant, contraints de le suivre".

Derrière ce phénomène, cet appétit pour les méthodes du passé et l'autorité, il voit se profiler le discours de la décadence. " Les « discours de la décadence » pointent des questions effectivement préoccupantes (comme l'exclusion par exemple), mais ils le font toujours dans une logique du bouc émissaire : il s'agit non pas d'analyser la complexité des situations, mais de chercher et punir les coupables… Ils s'installent dans la nostalgie et en appellent à la restauration… Ne soyons pas naïfs : ce discours de la décadence fait le lit du totalitarisme car il finit toujours par en appeler à l'homme providentiel".
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

L'Université d'automne de La Londe refait l'Ecole
Ca fait six ans que ça dure, et manifestement ça ne se guérit pas. Plus de 400 enseignants des écoles qui traversent la France et paient leur place pour aller entendre, trois jours durant, une quarantaine de chercheurs en éducation… L'attrait de la mer et de l'été indien varois ? Certes, le bonus est apprécié. Mais il faut attendre la fin de la soirée (ou parfois la nuit) pour voir errer quelques grappes prenant l'air. Parce que de 8h 30 du matin à 22h, ça carbure… Toutes les deux heures, changement de cavalière. Le speed-dating de la pédagogie, le coq-à-l'âne professionnel : les maths, l'EPS, le sexisme à l'école, la maternelle la littérature de jeunesse, la place de l'art à l'école, la notation, l'informatique, l'école rurale, l'usage de sa voix (eh oui, c'est le premier outil professionnel…), la liaison CM2-6e… Comment choisir ?

Cette année encore, il a bien fallu constater que la potion a pris. Certes, les débats ne se sont pas forcément limités à l'empathie, thème de la conférence en plénière de Boris Cyrulnik : Goigoux ne s'est pas gêné pour discuter en toute franchise de ce qui fâche en lecture, Guérin a prôné le changement de structures scolaires en essuyant les doutes de la salle devant les carences de pilotage institutionnel, MC Courteix a défendu bec et ongle la nécessité de l'intégration des élèves handicapés, face à une salle confrontée chaque jour aux manques de moyens d'accompagnement, Garcia-Debanc a prôné un enseignement exigeant de l'ORL, Brissiaud et Charnay ont développé avec verve leurs options pour les maths…

Découvrez le dossier spécial du Café sur l'université d'automne du Snuipp.
http://cafepedagogique.net/dossiers/univsnuipp06/

Lecture : les chercheurs contredisent Robien
" Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l'enseignant prend soin d'enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l'automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.

Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n'y a donc pas lieu d'exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n'y a notamment pas lieu de leur imposer l'usage d'une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique")"
. A l'initiative de F. Ramus et R. Brissiaud, vingt deux chercheurs (dont M. Fayol, R. Goigoux, J.-E. Gombert, L. Sprenger-Charolles etc.) condamnent les déclarations du ministre de l'éducation nationale en faveur de la méthode syllabique. Ils démentent particulièrement ses affirmations selon lesquelles il ne ferait qu'appliquer les résultats des travaux des scientifiques.

Certains s'étaient exprimés sur ce sujet ces derniers jours sur le site des Cahiers pédagogiques en prenant des distances avec les propos ministériels. Depuis il y a eu l'appel à la dénonciation de Sos Education et la mise en route de la procédure contre P. Frackowiak. Ce nouveau texte clarifie leur position.

Cette déclaration est-elle susceptible d'arrêter les provocations, les menaces et les sanctions ? Est-il de nature à rassurer les parents et à ramener la confiance dans les écoles ? On peut en douter. En février 2006, dans un article publié par le Café, dix-huit chercheurs avaient déjà condamné la méthode syllabique.
http://www.lscp.net/persons/ramus/lecture/lecture2.html
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_art[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/ramus.[...]

L'Apfée, Robien et le coût de la réussite éducative
"La dévalorisation du déchiffrage… n'est pas en accord avec les préconisations de la circulaire du 3 janvier 2006 relative à l'apprentissage de la lecture. On ne peut prétendre revoir ou prolonger les activités scolaires en se mettant en contradiction avec les préconisations officielles". L'audit signé par Pierre-Louis Remy, Viviane Bouysse (IG) et Philippe Sultan (IGAEN) n'épargne pas l'Apfée.

Créée en 1984, l'Association pour favoriser une école efficace s'appuie sur les travaux de Gérard Chauveau. Elle anime des clubs "Coup de pouce" qui interviennent après la classe au profit des écoliers en difficulté. La formule est bien rodée et originale. Elle associe une prise en commun du goûter, une séance de lecture écriture et la lecture d'une belle histoire. Les parents font partie du dispositif : ils s'engagent devant le maire à participer au club et à accompagner leurs enfants.

Du coup, les résultats sont au rendez-vous. 96% des parents sont satisfaits, 88% pensent être capables d'aider leur enfant les années suivantes. Les maîtres des enfants estiment que "pour les trois quarts d'entre eux la motivation, la confiance en soi, l'intérêt pour l'écrit et le rapport à l'école se sont améliorés" précise le rapport.

Mais voilà : jugé "intéressant et apprécié, offrant certaines garanties du fait de son caractère structuré et de ses liens avec l'Education nationale, le dispositif Coup de pouce CLE est sélectif et coûteux". C'est sans doute le dernier adjectif qui fâche.

L'Apfée appuie aujourd'hui plusieurs milliers d'élèves et vise 60 000 enfants. Cela représenterait 12 millions d'euros "ce qui est 4 fois les crédits centraux pour les associations concourant à la politique de réussite éducative"précise le rapport. L'Apfée est invitée à utiliser des bénévoles ou à aider moins d'enfants.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics[...]
http://www.apfee.asso.fr/

Lecture : Jean-Emile Gombert appelle à la désobéissance
"Aucun chercheur sérieux ne peut prétendre connaître la bonne méthode de lecture ! Les résultats scientifiques conduisent à affirmer la nécessité d’enseigner, dès le début du Cours Préparatoire, les correspondances entre les lettres et les sons, mais ils ne permettent pas de trancher sur la meilleure façon d’y parvenir : par une méthode syllabique (le b-a- ba), par décomposition des mots en unités de plus en plus petites, ou par une démarche qui combine ces 2 approches… Il est erroné d’affirmer que la recherche scientifique impose l’utilisation de la « méthode syllabique », et qu’elle serait la mieux adaptée au fonctionnement du cerveau. Il est insensé de rendre cette méthode obligatoire, de sanctionner les Inspecteurs qui en dénoncent le simplisme, et d’interdire aux formateurs d’expliquer, en accord avec les textes officiels, la complexité de l’enseignement de la lecture. Face à des instructions contraires aux textes, il convient d’initier un large mouvement de grève du zèle, de refuser d’enfermer l’enseignement de la lecture dans le b-a- ba ; en d’autres termes, il convient d’appliquer les textes, donc de désobéir au Ministre qui les caricature". Dans un article adressé à Education & Devenir, Jean Emile Gombert, professeur de Psychologie du développement cognitif à l'université Rennes 2, appelle clairement à la désobéissance devant les décisions ministérielles sur la lecture.

M. Gombert est un spécialiste de l'apprentissage de la lecture. Ses travaux sur le déchiffrage et sur le décodage ont été parfois utilisés par Gilles de Robien pour appuyer sa décision d'imposer la méthode syllabique.

Par exemple, le très récent DVD "Apprendre à lire" diffusé par le ministère de l'éducation nationale auprès des enseignants, utilise son autorité pour justifier les thèses ministérielles. Au prix, il est vrai, de coupes sévères dans les propos de M. Gombert, comme le Café l'a démontré récemment. Le ministère avait simplement coupé les propos hostiles à la méthode syllabique de M. Gombert…

Finalement, la manoeuvre se retourne contre ses auteurs. Cette déclaration, signée très clairement "Caution récalcitrante" répond à cette manipulation et rétablit la pensée de M. Gombert.
http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm#zele
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index021006.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/dvdlec[...]
http://www.bienlire.education.fr/01-actualite/document/[...]

Goigoux : "On jette la défiance sur les maîtres"
"Ce que le ministre appelle maintenant - parce qu'il n'arrête pas de changer de définition - une méthode syllabique, ce sont toutes les méthodes qui enseignent les correspondances entre les lettres et les sons. Si c'est ça, une méthode syllabique, on est d'accord. Le problème est qu'il prend parti sur la meilleure manière d'établir les correspondances entre les lettres et les sons. Celle qu'il décrit comme la meilleure est très datée : c'est la manière syllabique des années 1940. Mais rien, du point de vue scientifique, ne permet de défendre que c'est la meilleure. Les cautions scientifiques du ministre sont maintenant dégonflées". Roland Goigoux expose dans Ouest France son opposition à Gilles de Robien.

"Après débat, au printemps, le ministre a modifié les programmes. Le texte dit qu'il faut enseigner les correspondances entre les lettres et les sons avec des démarches complémentaires : une approche syllabique et une approche qu'on pourrait presque qualifier de « globale ». Avec mes collègues, nous défendons ces textes, qui ont force de loi. Si on est en porte à faux avec le ministre, c'est parce que lui-même, oralement, trahit son écriture. Nous sommes plus légalistes que lui ! Si un pays peut s'offrir le luxe d'avoir de la défiance vis-à-vis de ses maîtres, cela se saurait. On a besoin de cette confiance, qui est justifiée dans 95 % des cas. Instiller le trouble, comme on le fait aujourd'hui en annonçant des choses fausses, jeter la défiance, inciter les parents à la délation, puisqu'on en est quasiment là, c'est prendre un risque énorme, déraisonnable".
Article de Ouest France
http://www.ouest-france.fr/ofinfosgene.asp?idDOC=339033[...]

Libé dévoile Sos Education
"Anti-Etat et anti-service public, ultraconservateur sur le plan des valeurs, SOS Education fait partie d'une mouvance autour de Liberté chérie, une association qui juge les Français «oppressés par un Etat surdimensionné et une réglementation excessive». L'article de Libération montre aussi que c'est une affaire familiale de spécialistes de la communication.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/215225.FR.ph[...]
Voir aussi : "Globale ou B A BA" de Laure Dumont
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index231006.php

Lecture : Robien recule
"Suite à un courrier de Pierre Frackowiak, le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a pris acte de ses regrets et a pris bonne note de l'affirmation de sa loyauté à l'égard des textes officiels". Le communiqué du 31 octobre de G. de Robien ne promet pas l'enterrement de la procédure disciplinaire lancée contre Pierre Frackowiak, cet inspecteur de l'éducation nationale poursuivi pour avoir critiqué la méthode préconisée par le ministre. Mais pour l'intéressé, il "va dans le sens de l'apaisement… Je (l)'interprète comme un pas vers une issue positive de la procédure disciplinaire".

Le même jour, selon l'AFP, Roland Goigoux a appris qu'il pourrait participer à deux séminaires officiels de formation sur la lecture.

Récemment 22 chercheurs avaient publié un communiqué contredisant les déclarations ministérielles. Depuis plusieurs semaines, les interdits lancés contre R. Goigoux et P. Frackowiak avaient mobilisé les syndicats. Le Sien (Unsa), principal syndicat des inspecteurs, avait lancé un mouvement d'action inédit dans les rectorats.
http://www.education.gouv.fr/cid4127/le-ministre-prend-[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index201006.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index191006.php

L'Inrp est-il productif ?
On le saura quand l'audit ordonné par le gouvernement sera publié. L'audit vise à " proposer les mesures permettant de garantir le dynamisme et la bonne santé financière de l’INRP au-delà de la période actuelle de croissance ; suggérer des pistes d’amélioration dans la structure et l’organisation de l’institut, ainsi que son articulation avec d’autres opérateurs susceptibles d’intervenir, au niveau européen et international, dans le domaine de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche".
http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/performa[...]


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Résister et proposer, un colloque du Crap
"Le 6 janvier dernier, Libération publiait un article cosigné par Samuel Johsua, Philippe Meirieu et Jean-Yves Rochex, chercheurs en sciences de l’éducation, ainsi qu’une vingtaine d’autres universitaires. Ce texte dénonçait entre autres une politique de renoncement de la part du gouvernement en matière d’éducation (apprentissage à 14 ans, mesures sur les Z.E.P. à moyens constants et donnant la priorité aux élèves et non plus aux zones). « Quand cette politique s’accompagne d’une multitude d’autres renoncements plus ponctuels mais tout aussi significatifs [...], alors il n’est plus temps de s’inquiéter, il est urgent de chercher, par tous les moyens, à RESISTER. »" Partant de ce texte, le Crap Cahiers pédagogiques a eu l'idée d'organiser des "Assises de la pédagogie" avec comme objectif " des propositions concrètes qui seront transmises aux candidats pour l’élection présidentielle".

Elles se tiendront le 3 février à Paris avec deux tables rondes, réunissant P. Meirieu, S. Joshua, F. Lorcerie, J.-Y. Rochex, G. Longhi etc., et des ateliers de propositions autour de grands thèmes pédagogiques.

Le Café pédagogique s'associe à cette manifestation et vous invite à participer à ces Assises.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_art[...]

Colloque sur les collèges ruraux
"La Nièvre connaît avec quelques autres départements ruraux une situation particulière. Presque chaque canton possède son collège qui a parfois un effectif réduit, et celui-ci subit la désertification. Ce problème entraîne des fermetures de classes, des conditions de travail difficile (service partagé, manque de moyens....). Il a aussi des conséquences sur les apprentissages des élèves".

La Fsu 58 et le Snes 58 organisent le 29 novembre un colloque sur les collèges ruraux en présence d'Yves Alpe, sociologue et de Jean-Paul Diry, géographe. "Face à la fragilisation de ces établissements et aux difficultés qu'engendre la perte d'effectif, il paraît important de préparer leur avenir en conduisant une réflexion approfondie".
http://sd58.fsu.fr/~spip58/article.php3?id_article=141
Colloque L'école rurale
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ecolerurale/ind[...]
Assises des lycées ruraux
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lycrur/

Ecole le champs du possible
"Innover, dépoussiérer les vieilles recettes…, penser les savoirs à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui.., repenser l'évaluation…, développer un réel partenariat entre les acteurs concernés". Le colloque organisé par le Gfen lyonnais et "La Chronique sociale" les 24 et 25 novembre ne manque pas d'ambition.

L'événement mérite d'être souligné aussi parla qualité des participants. Philippe Meirieu, Elisabeth Bautier, Jacques Bernardin, Jean-Yves Rochex par exemple débattront des urgences et des défis pour l'Ecole de demain.

De nombreux ateliers permettront de partager des expériences sur le raccrochage, le soutien à la parentalité, la maîtrise de l'écrit, l'apprentissage de la lecture, le comportement des élèves en collège. Un événement important si l'on veut que l'Ecole avance vers l'avenir.
Le programme
http://gfenlyonnais.free.fr/actualites/colloque_2006/co[...]

Savoirs, réseaux, partage
"Doc forum vous propose de revisiter les territoires de[...] réseaux partage 2006", au cours de 2 sessions en parallèles : Le rôle des territoires dans l'accès au savoir… La construction collective des savoirs". Les 23 et 24 novembre, Lyon accueille le colloque "Savoirs, réseaux, partage". Deux journées d'échanges avec un thème qui nous touche de près : la construction collective des savoirs.

Ainsi Hélène Godinet coordonnera une session sur la formation, François Bocquet une table ronde sur le e-learning, Jacques Ducloy un atelier sur les outils collectifs (wiki, weblog, flux rss etc.), Claire Bélisle une conférence sur la prospective.
http://www.docforum.tm.fr/colloques/savrespartage2324no[...]

Septième édition du concours « Des mots pour voir »
La nouvelle édition du concours est ouverte. Elle prend cette année pour support un ensemble de photographies prises par les étudiants de l’atelier photo de l’École nationale des Arts Décoratifs. À travers les différentes catégories proposées, le concours est ouvert aux jeunes de 13 à 20 ans. Il s’agit, comme les années précédentes, de stimuler l’écriture inventive à partir du langage universel qu’est l’image. Cette année, en plus des nombreux prix offerts aux lauréats, la série complète des cédéroms édités par les éditions Cadmos sera offerte au CDI des établissements dont au moins 15 élèves d’une même classe auront participé au concours.
Tous les renseignements et les formalités d'inscription :
http://www.imageimaginaire.com/aide-concours-2006.htm

La classe unique un modèle ?
"Le multiâge, un modèle pédagogique des classes rurales, repris dans les textes et en zone urbaine". La classe unique peut-elle encore servir de modèle ? Elle a en tous cas ses défenseurs, d'autant que la question renvoie également à l'avenir des écoles rurales. Dimanche 19 novembre, à 15h30, au Salon de l'éducation, Patrick Clerc, co-fondateur de l'Ecole ouverte des Bourseaux, Sylvain Connac, enseignant à l'Ecole coopérative Antoine Balard, à Montpellier, Jean-Louis Durand, maire de Marchemoret (77), Yves Sultan, parent d'élève de ladite école, Zara Boudjemai, CEMEA, débattront sur les bienfaits de ce brassage des âges.
Le programme
http://www.salon-education.org/articles.php?lng=fr&pg=7[...]
Télécharger une invitation gratuite
http://www.salon-education.org/articles.php?lng=fr&pg=8[...]

Les régions et le décrochage scolaire
"Le colloque de Lille organisé les 7 et 8 juin 2006 par l’Association des Régions de France a mis en évidence le fait que les Régions, dans leurs politiques au service de la jeunesse, vont au-delà de leurs compétences transférées. La lutte contre le décrochage scolaire s’inscrit dans une logique d’éducation et de formation tout au long de la vie pour tous : de l’âge de la scolarité obligatoire à l’entrée dans la vie professionnelle, des dispositifs existent pour prévenir ce risque et, le cas échéant, y remédier. Les réponses doivent avoir pour finalité de reprendre un parcours de formation à travers l’école, l’apprentissage ou d’autres dispositifs d’insertion". L'Association des régions de France et le Conseil régional de Champagnes Ardennes organisent le 7 novembre un séminaire national sur la lutte contre le décrochage scolaire.

L'événement réunira des représentants de toutes les régions, des militants associatifs, des acteurs économiques pour échanger sur les dispositifs mis en place. Il sera question des décrocheurs bien sûr, à travers une table ronde organisée par Prisme, mais aussi des Ecoles de la deuxième chance, de l'organisation des territoires etc.
http://www.cr-champagne-ardenne.fr/getFile.aspx?FILEID=[...]
Glasman
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/60.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/francilien_09_0[...]

Primaire : Comment l'art vient aux enfants ?
L'Observatoire de l'enfance et l'INRP en partenariat avec Le Monde de l'éducation organisent le 29 novembre à Vitry (94) un séminaire sur l'éducation artistique dans l'enseignement primaire.
Contact : contact@observatoire-enfance.org
Rappel : le précédent colloque de l'OPE
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/collmat/

Les Prix de l'innovation pédagogique au Salon de l'Education
Initiative conjointe de la Ligue de l'enseignement et de l'association "Pour l'école", les prix de l'innovation éducative sont destinés à distinguer et à valoriser des actions innovantes dans les domaines pédagogique et éducatif conduites par des équipes d'écoles ou de groupes d'écoles du premier degré et des équipes d'établissements ou de groupes d'établissements du second degré de l'enseignement public ou de l'enseignement privé sous contrat d'association.

Ils seront remis jeudi 16 novembre au Salon de l'Education. En 2005, les prix avaient récompensé un parcours poétique réalisé par une SEGPA du Collège Renaud Barrault d'Avesnelles dans le Nord, un travail sur les jeux associant familles, écoliers et collégiens de la ZEP de la Roche sur Yon, une exposition internationale organisée par le Collège Robert le Frison de Cassel dans le Nord, un film d'animation réalisé par les élèves de la maternelle de Métare Réjaillère dans la Loire, "Sciences en REP" du REP de Rive de Gier dans la Loire (des élèves de CAP Petite Enfance encadrent les expériences scientifiques des élèves de Cm2) et un travail d'intégration d'enfants handicapés effectué à l'Ecole Joliot Curie de Pecquencourt dans le Nord.
http://www.laligue.org/ligue/articles/edu0009.asp
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/innov/index.php
http://www.salon-education.org/articles.php?lng=fr&pg=8[...]

18ème Semaine de la presse et des médias
L'événement réunit plus de 4 millions d'élèves, 400 000 enseignants, 13 000 établissements, et 1391 médias pour faire découvrir les médias libres aux élèves. La 18ème Semaine de la presse et des médias aura lieu du 19 au 24 mars sur le thème "Découvrir le monde avec les médias". Durant cette semaine, les enseignants sont invités à monter des projets et des activités en lien avec les médias locaux et nationaux. Ils y sont aidés par les conseils pédagogiques du Clemi. Les établissements pourront s'inscrire du 9 janvier au 2 février.

Le B.O. du 26 octobre présente l'opération. L'Expresso l'a annoncé le 8 septembre.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/39/MENL0602639C.ht[...]

Un colloque belge sur les applications pédagogiques des TICE
Annoncé par le site éducatif de la Communauté française de Belgique, un colloque réunira, au printemps 2007, enseignants et chercheur sur les applications pédagogiques des TICE. Le site publie également des indicateurs de l'enseignement.
http://www.enseignement.be

Le Registre Classes à Classes déménage
Le Registre est une base d'échanges de projets pédagogique unique. On peut y trouver des partenaires pour monter un projet avec sa classe et faire travailler ses élèves avec des jeunes d'un pays lointain ou proche. D'où l'utilité de noter sa nouvelle adresse.
http://prof-inet.cslaval.qc.ca/

Tematice
Le séminaire international Tematice reprend à partir du 20 octobre avec une conférence de Jean Loiselle (Université du Québec à Trois Rivières) sur "l'évolution des tendances dans l'utilisation des TIC à des fins d'enseignement et d'apprentissage", et une communication de Marie-Hélène Abel (UTC) sur "Mémoire organisationnelle et elearning".
http://www.tematice.fr/

- Ressources    [ Haut ]

Penser sa classe en terme de laisser faire
"Une confusion fréquente dans les esprits communs, c'est de croire que dans nos classes, il y aurait du laisser faire, quand ça n'est pas du laisser aller. Au sens propre, c'est en effet en le laissant faire que l'enfant va comprendre le monde. Qui accepterait qu'on lui impose une conformité du monde ? Qui peut croire que les voies empruntées et leurs contenus pour accéder à toutes connaissances seraient uniques ? En tout cas les miennes sont singulières et ne pourront pas directement être empruntées par les enfants…Donc laissons faire et nos journées seront bien remplies puisque, jamais, un enseignant ne fait rien ! Laisser faire c'est permettre à un enfant de faire quelque chose. Son quelque chose" Christian Rousseau, en ouvrant ce nouveau numéro du Nouvel éducateur, prend beaucoup d'enseignants à rebrousse poil.

Parce qu'un prof c'est formé à faire des progressions, à préparer sa classe, à organiser et encadrer. C'est même un trait particulièrement fort dans le système éducatif français et ça n'a pas été mis en place par hasard. C'est le résultat d'une véritable construction de l'école qui a écarté d'autres dispositions jugées moins efficaces et assuré l'enseignement actuel.

Et bien voilà : le Nouvel éducateur vient nous dire de fermer notre cahier journal ou notre cahier de textes parce que "tous ces outils figent plus qu'ils ne dynamisent. Ils sont étrangers aux enfants qui les subissent.". Faut-il alors que l'enseignant soit simplement spectateur ?

Evidemment non. Et Dominique Tiberi et Cat Ouvrard présentent au contraire les outils du mouvement Freinet pour organiser sa classe autrement et réussir à assurer gestion de classe et démarche personnelle de l'enfant. "Dans la classe Freinet, les enfants apportent leurs projets et participent à l'organisation de leur travail avec le maître. L'enseignant Freinet organise le milieu, le temps pour accueillir les événements, il pense les outils. C'est ainsi qu'il prépare".

Evidemment nous ne sommes pas obligés de suivre ces modèles. Et dans le climat actuel, peut-être même que… "vaut mieux pas" ! Mais en inversant ce qui nous semble être un fondamental du métier, ce numéro nous fait réfléchir et revoir notre mode de fonctionnement.

Malgré la remarque précédente, cette réflexion me semble tout à fait d'actualité. En effet nous avons maintenant affaire à des élèves qui sont nés avec l'informatique et internet. Sans aucun doute, l'usage quotidien des TIC a modifié non seulement leur façon de vivre mais aussi leur façon de penser. Il semble que les démonstrations linéaires et déductives leur soient de plus en plus difficiles et étrangères. Et qu'au contraire la recherche, l'échange, la confrontation soient pour eux un chemin habituel de réflexion. En ce sens, tout ce qui peut nous aider à imaginer des outils nouveaux pour tourner au profit de l'enseignement ces appétences est bienvenu.
Le Nouvel éducateur, n°182, octobre 2006.
Le nouvel éducateur
http://www.pemf.fr/site/index.php?clef=PEMF_ABONNEMENT_[...]

La dyslexie
"Tout ce qui a été dit sur la dyslexie ne s’applique pas à l’ensemble de l’illettrisme. Les enfants dyslexiques ne représentent qu’une faible proportion des enfants illettrés. L’application des méthodes préconisées dans les cas de dyslexie ne résoudra pas nécessairement le problème de l’illettrisme. En revanche, cela pourra sans doute aider une partie des enfants dyslexiques, ce qui ne constitue pas un moindre challenge". Ces remarques de Franck Ramus concluent son très clair article de synthèse sur la dyslexie présenté lors de la journée sur les troubles d'apprentissage de la lecture organisée par l'ONL en février 2005 et dont les actes viennent seulement d'être publiés.

En effet le nombre de réels dyslexiques est heureusement faible. Les actes permettent de mieux connaître la maladie et son origine biologique et un échange de vues sur la détection et la prise en charge.

Rappelons que le groupe de recherche formation de l'académie de Strasbourg a proposé un important dossier pour faciliter le repérage et la prise en compte des troubles du langage écrit y compris au secondaire.
Etude
http://onl.inrp.fr/ONL/publications/publi2005/lestroubl[...]
Rappel : Des outils de détection
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index180906.php

Pisa 2006
Le programme international PISA a été lancé en 1997. Après les enquêtes 2000 et 2003, PISA réalisera cette année une nouvelle évaluation des systèmes éducatifs des pays membres. Elle garde les mêmes domaines d'évaluation que ceux définis les années précédentes si ce n'est que le domaine majeur, cette année, sera la culture scientifique. PISA essaiera d'évaluer leur culture mathématique. Le descriptif de l'enquête vient d'être publié par l'OCDE.
Pisa 2006
http://213.253.134.29/oecd/pdfs/browseit/9806032E.PDF

L'état de l'école, un outil statistique
Quel niveau de diplôme est atteint par les jeunes sortant de l'Ecole ? Quel niveau d'étude est atteint par catégorie sociale ? Le diplôme permet-il d'éviter le chômage ? Quel rapport entre diplôme et salaire ? Publié par le ministère de l'éducation nationale, L'état de l'Ecole propose une analyse synthétique des coûts, des activités et des résultats du système éducatif français. Il propose également des comparaisons internationales. L'ouvrage fait partie des documents utiles pour tous ceux qui s'intéressent au système éducatif.
http://www.education.gouv.fr/pid271/l_etat_de_l_ecole.h[...]
Rers
http://www.education.gouv.fr/pid316/reperes-et-referenc[...]

Les parents et l'école : un couple analysé par l'INRP
" Depuis plus d'une dizaine d'années, de nombreux sociologues s'intéressent au rôle grandissant des parents comme élément de régulation de ce qui s'apparente parfois à un quasi-marché scolaire. Au départ plutôt réservées aux pays anglo-saxons, les analyses d'une éventuelle montée de la « parentocratie » (Brown, 1990) concernent aujourd'hui de plus en plus d'aires géographiques, même si les cas de figure sont très différents selon les États et peuvent aller d'une simple aspiration des parents à mieux participer en tant que tels à la vie de l'école du quartier jusqu'au développement de stratégies de choix qui placent les établissements dans une concurrence permanente plus ou moins officielle pour être les mieux « élus »". Rédigée par Annie Feyfant et Olivier Rey, la Lettre de l'INRP de novembre se penche sur les parents.

Leurs relations avec l'Ecole sont vues à travers trois thématiques : le rôle des parents dans la réussite scolaire, le parent usager ou partenaire, les stratégies parentales. La Lettre synthétise les résultats des recherches en France et à l'étranger (Etats-Unis, Mexique, Royaume-Uni, Afrique du Sud etc.) et apporte un éclairage tout à fait bienvenu au moment où le système éducatif français est soumis aux pressions du marché éducatif.

L'étude permet d'éclairer des questions qui ne peuvent laisser indifférents les enseignants : quels sont les aspects de l'éducation familiale qui favorisent les résultats scolaires ? Les parents sont-ils vraiment bienvenus dans les établissements scolaires ? Que signifie la carte scolaire au vu des stratégies des classes moyennes ?
http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/novembre2006.htm

Ecole, milieux et territoires
"De fait, qu’on le veuille ou non, qu’on le prenne en compte ou non, le territoire exerce des effets sur les ambiances éducatives et sur les trajectoires scolaires des élèves". Pour Françoise Lorcerie et Pierre Madiot, qui ouvrent ce numéro 447 des Cahiers Pédagogiques, la territorialisation n'est "ni menace, ni chance… un fait". C'est ce que le numéro montre en abordant le sujet sous trois angles : les liens entre institutions éducatives et territoires, des exemples de configurations locales pour l'éducation et l'approche territoriale comme outil pédagogique.

Car l'Ecole n'ignore pas les territoires. Ceux-ci sont très présents dans l'enseignement agricole et c'est une des richesses de ce numéro que de nous faire connaître l'éducation socioculturelle (aussi présenté dans le Café n°60) et les stages "Etablissement et territoire". L'enseignement agricole se fond dans son milieu. Mais l'enseignement général n'est pas en reste pour qui le milieu est objet d'étude. Jean-François Joly montre l'impact des études de cas dans l'enseignement de la géographie, Philippe Watrelot qu'on a toujours intérêt à localiser les TPE.

Pourtant si "l'Ecole n'est pas hors sol" comme le rappelle Francis Morin, le modèle de l'école républicaine a voulu nier le local pour imposer le national. Une position qui rend parfois délicate le réinvestissement de l'Ecole par le territoire "partenaire de l'école".

Si le territoire bouscule l'Ecole c'est peut-être tout simplement qu'il la ramène dans le réel. C'est le cas bien sûr quand il s'agit de la carte scolaire et des conflits sociaux qu'elle véhicule. Catherine Barton et Brigitte Monfroy montrent très concrètement les interactions entre dynamiques sociales, urbaines et scolaires dans la ville de Lille. L'action des élus est aussi variablement accueillie par l'Ecole. Françoise Lorcerie nous fait découvrir le programme "Réussite éducative" de Trappes tandis qu'Hélène Buisson-Fenet,par exemple, dresse un portrait très sévère d'Ordina 13, un dispositif innovant impulsé par le Conseil générale et qui dérange l'institution scolaire.

On le voit, ce numéro aborde sous des facettes différentes les relations entre Ecole et territoires. Il ne fait sans doute pas pour autant le tour du sujet. Mais il peut nous aider à comprendre les enjeux au moment où l'Etat semble se désengager du système éducatif. Un nouvel équilibre s'amorce où les collectivités locales pourraient bien devenir des acteurs pédagogiques conscients.
Le sommaire
http://www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_arti[...]
Rappel : Colloque Les politiques locales d'éducation
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/esen/index.php
Rappel : Accompagnement scolaire en Ile-de-France
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/francilien_09_0[...]

Dossier spécial    [ Haut ]
- La formation des enseignants

Formation des maîtres : vers une redéfinition du métier ?
"Si l’on veut « améliorer les possibilités d’enseignement et d’apprentissage », la formation des maîtres gagne à s’appuyer sur les résultats de la recherche, qu’il s’agisse de la recherche disciplinaire comme de ce qu’on appelle la « recherche en éducation », c’est-à-dire la recherche dans les sciences et disciplines qui concourent à l’efficacité des pratiques didactiques et pédagogiques et à la réussite des élèves". Dans le débat sur la formation des maîtres, le HCE vient de choisir une approche qui donne toute sa place aux savoirs professionnels et à la recherche en éducation (voir ci-dessous).

Le Haut conseil définit le métier en terme de compétences, en ne faisant des savoirs disciplinaires, qui sont la base des concours actuels, qu'un élément d'une culture professionnelle élargie et définie.

Il a également perçu l'intérêt d'élargir le recrutement social des enseignants. "Une ouverture du corps professoral à des hommes et des femmes ayant exercé d’autres activités est souhaitable. Cette souplesse dans le recrutement doit s’accompagner d’une très grande rigueur du point de vue des exigences professionnelles".

Ce rapport, dont on pouvait craindre un certain conservatisme, s'appuie sur les réflexions des chercheurs. Ainsi retrouve-t-on des idées de Roland Goigoux, traité récemment de "chauffard" par le ministre de l'éducation. " La formation des enseignants doit être conçue comme une formation en alternance entre le terrain professionnel et l'institut universitaire. Cette conception s'oppose à deux autres que nous rejetons : l'applicationnisme, véhiculant l'illusion d'une simple mise en oeuvre sur le terrain scolaire de savoirs fondamentaux élaborés dans les laboratoires universitaires, et la transmission mimétique, reposant sur le seul compagnonnage professionnel dans le cadre d'une vision étroitement artisanale du métier d'enseignant".

On y trouverait aussi bien l'influence de Philippe Perrenoud. Celui-ci demande que les enseignants aient une vision sociale de leur rôle. Il avait aussi défini 10 points pour la formation des enseignants dont certains ont un certain écho dans le rapport du HCE: "une transposition didactique fondée sur l’analyse des pratiques et de leurs transformations, un référentiel de compétences identifiant les savoirs et capacités requises, un plan de formation organisé autour des compétences, un apprentissage par problèmes…, une véritable articulation entre théorie et pratique, des temps et des dispositifs d’intégration et de mobilisation des acquis.., un découpage des savoirs favorable à leur mobilisation dans le travail" .

Ces remarques posent évidemment la question de la cohérence entre les demandes du HCE et les positions ministérielles. Le problème n'est pas nouveau. Du grand débat mené par la Commission Thélot, des ambitions posées par la loi Fillon, est sortie une série de textes qui ont vidé ce programme de son contenu. On se rappelle par exemple que le jour même où le HCE était installé, le ministre annonçait la création de l'apprentissage junior, un dispositif qui nie le socle commun dont le HCE légalement doit être le garant… Dans le cas également de la formation des maîtres, les recommandations du HCE vont se heurter à la fois à la culture conservatrice du ministre et aux impératifs budgétaires. Prolonger la formation des maîtres, par exemple, a un coût.

Mais l'essentiel est sans doute derrière. En définissant la formation des enseignants comme un ensemble de compétences professionnelles, le HCE redéfinit en fait l'exercice même du métier. Il inclut dans le métier des savoirs d'ingénierie éducative. Il fait des maîtres des agents communicants. Il les installe à l'intérieur d'équipes éducatives.

C'est à une mutation profonde du métier et de ses conditions d'exercice qu'appelle le HCE. Celle-ci est sans doute nécessaire. Mais moins qu'aucun de ses prédécesseurs, le ministère actuel semble capable de la gérer.
http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_ma[...]
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/58.php

Le HCE recommande une formation "professionnelle" prolongée pour les enseignants
"Enseigner est un métier ; de bonnes connaissances disciplinaires ne suffisent pas à faire un bon enseignant". Le Haut Conseil de l'Education a remis ses "recommandations" sur la formation des enseignants au ministre de l'éducation nationale. Il définit des compétences, demande un allongement et une professionnalisation de la formation

"Faire apprendre, conduire une classe, ou entretenir des relations confiantes avec les parents, rien ne doit être laissé au hasard de l’inné ou du charisme. Agir de la meilleure façon face à un élève incapable de maintenir son attention sur une tâche scolaire, face à un groupe indifférent ou agité, ou à un parent démuni devant l’échec de son enfant, cela s’apprend. La formation disciplinaire d’un côté, et la bonne volonté et de réelles qualités humaines de l’autre ne suffisent pas si l’on veut faire réussir tous les élèves. Pour concilier enseignement de masse et élévation du niveau, le Haut Conseil de l’Education propose de raisonner, comme certains de nos voisins, en termes de compétences professionnelles des enseignants… Pour être titularisé, tout étudiant-stagiaire devra maîtriser, à la fin de sa formation initiale, les compétences requises pour enseigner".

Pour le HCE c'est clair : les connaissances disciplinaires sont nécessaires mais ne sont pas suffisantes pour former un enseignant. Le HCE définit donc 10 compétences à maîtriser : la compétence disciplinaire, la maîtrise de la langue française, la capacité à concevoir son enseignement, à prendre en compte la diversité des élèves, à gérer une classe, à évaluer les élèves, à travailler en équipe et à coopérer avec les partenaires de l'Ecole, à innover, à agir de façon éthique et enfin à utiliser les TICE.

Le HCE recommande d'appuyer la formation sur une bonne connaissance de la recherche en éducation mais aussi d'associer formation universitaire et formation sur le terrain. "La formation professionnelle s’effectue en alternance, à l’université et dans les établissements scolaires ; elle doit être partout à la fois pratique et théorique… La formation pédagogique ne doit pas être dispensée par disciplines, mais d’abord en fonction des thématiques en jeu dans les situations professionnelles rencontrées par les professeurs, à partir d’études de cas : la personne de l’élève, le groupe-classe, l’apprentissage (processus, motivation, difficultés…), l’évaluation, la gestion des conflits, la lutte contre la violence, les relations avec les parents, la personne de l’enseignant, l’orientation, la diversité culturelle et le fait religieux, etc.".

Il est clair que cela nécessite, pour le HCE, un allongement de la formation. Celle-ci doit débuter avant l'entrée en IUFM. Dès la licence les étudiants pourraient suivre des "stages d'observation" dans différentes catégories d'établissement. Ils seraient formés à la pluridisciplinarité. Pour les professeurs des disciplines professionnelles de l'enseignement professionnel, on exigerait "une pratique effective" du métier. Les autres PLP suivraient en deuxième année un stage en entreprise sur les relations Ecole –entreprises.

Le concours en fin de première année serait purement disciplinaire et perdrait son épreuve sur dossier, ce qui semble assez contradictoire avec l'objectif de professionnalisation invoqué par le HCE. Pour lui, " les concours se situent à un stade du parcours des étudiants où ceux-ci ne sont pas censés avoir d‘expérience du métier d’enseignant : il est donc logique qu’ils aient pour première finalité de garantir un niveau disciplinaire, ainsi que des capacités intellectuelles générales indispensables à qui se destine à ce métier".

Par contre la deuxième année de formation serait allongée de plusieurs semaines et axée sur "le cœur du métier". Elle aurait lieu dans l'académie d'accueil du stagiaire. En fin de seconde année, la titularisation garantirait l'acquisition des compétences "sans exception et sans compensation entre elles". Elle serait intégrée dans le système LMD et validée par des crédits ECTS de master dans le domaine de l'enseignement.

Au cours des deux premières années d'exercice, la formation serait prolongée. " La première affectation doit être encadrée, et tout professeur débutant doit bénéficier d’un accompagnement pendant deux ans, des stages obligatoires parachevant sa formation initiale". Durant cette période, l'enseignant suivrait des stages de connaissance du système éducatif, de découverte des partenaires de l'Ecole, de prise en charge du handicap.

Il appartient maintenant au ministre de mettre en œuvre ces recommandations. Elles pourraient entrer difficilement dans les préoccupations budgétaires du ministre. Pour le moment Gilles de Robien se borne à déclarer qu'il est " favorable à une piste de formation en alternance qui n'apparaît pas nettement dans les recommandations, mais serait une des pistes les meilleures pour s'adapter aux publics diversifiés".
http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/19/30.pd[...]
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Réactions syndicales aux recommandations du HCE sur la formation des profs
Après l'Unsa et le Snes (voir les Expressos précédents), le Sncl et le Snalc réagissent aux recommandations du HCE. Selon l'AFP, le Snalc dénonce "les idéologies pédagogiques" qui sous-tendent le rapport et y voit "une volonté de sacrifier la transmission des connaissances". Le Sncl approuve "la volonté de développer la professionnalisation des enseignants".
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Formation des profs : Robien veut des fonctionnaires modèles
" J'ai retenu trois impératifs: assurer la maîtrise du socle commun de compétences et de connaissances, en particulier une parfaite maîtrise de la langue française, donner aux futurs enseignants les moyens de faire face à tous les publics et leur donner une meilleure connaissance de leurs droits et devoirs de fonctionnaires". Selon l'AFP le ministre qu'il faut souligner la connaissance des droits et devoirs des professeurs.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]

Le Se-Unsa critique les recommandations du HCE
"On sent bien que les propositions du HCE se heurtent à une formation trop courte après le concours. Pour contourner cet obstacle, amorcer, dès le parcours de licence, une orientation vers les métiers de l’enseignement paraît positif. Le SE-UNSA est toutefois sceptique quant à l’idée de poursuivre la formation initiale deux ans après la titularisation. Un tel dispositif nécessiterait des moyens renforcés pour les IUFM mais aussi des postes pour remplacer les jeunes titulaires en stage, incompatibles avec l’actuelle politique de restriction budgétaire". Dans un communiqué, le Se-Unsa estime que " les recommandations du Haut Conseil à l’Education (HCE) sur le futur cahier des charges de la formation des enseignants constituent une bonne base de travail" mais émet également des critiques.

Il demande une définition précise des contenus de formation là où le HCE recommande davantage de souplesse. "Contrairement au HCE, le SE-UNSA estime que le futur cahier des charges devra prescrire des fourchettes horaires correspondant aux contenus de formation. L’université va désormais former des fonctionnaires stagiaires. A ce titre, pour le SE-UNSA, l’Etat employeur doit préciser ses exigences, garanties d’une formation nationale sur l’ensemble du territoire".
Communiqué
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=061107
Rappel : les recommandations du HCE
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php

Le Snes réagit aux recommandations du HCE sur la formation des maîtres
Selon l'AFP, le Snes demanderait une reconnaissance du haut niveau de qualification demandé aux enseignants. Le syndicat souhaiterait également réduire la durée de stages envisagés par le HCE.
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--empl[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index061106.php

La formation des enseignants : un dossier du Café
"Un dossier sur la formation des enseignants… Le Café ne doute de rien. Comment faire le point sur un sujet qui a suscité, ne serait-ce que dans les dernières années, des milliers d'articles, de publications, de point de vues, de prises de positions enflammées… " Au moment où le HCE remet sa copie, le Café publie son dossier.

Synthétique, il s'adresse aux enseignants du primaire, du secondaire et de l'enseignement agricole. Il nourrira la réflexion du citoyen qui souhaite voir l'Ecole évoluer. Il montre comment la formation des enseignants est organisée aujourd'hui. Il expose les conceptions qui s'affrontent et en décrit les enjeux.

"Les enseignants vivent souvent de plus en plus mal cette exigence du " changement ", sommés d'être autre chose que ce qu'ils sont tout en étant la plupart du temps livrés à eux-mêmes, sans cadres collectifs de travail ni accompagnateurs attentionnés de leurs difficultés quotidiennes. Moralité : nombreux sont ceux qui cherchent ailleurs que dans l'institution les conditions de leur développement professionnel". Puisse ce dossier aider les enseignants à comprendre les enjeux pour se construire des cadres collectifs d'action plus efficaces.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/formation/index[...]



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