Pédagogie (Café N° 78)

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- A la Une : Ecole rurale : Le dossier mensuel du Café

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Dossier spécial : Grammaire

Édition du 15-12-2006

- François Jarraud -

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Alors que la désertification et l'urbanisation progressent, l'école rurale reste au cœur des interrogations du système éducatif. Ce n'est pas le moindre de ses paradoxes.

"Comment faire pour que les élèves de classes rurales aient des orientations comparables à tous leurs congénères ?" interroge Pierre Champollion. Quelle marque de fabrique impose-t-elle aux élèves ? Celle-ci est-elle positive, comme le laisse entendre S. Connac ? Quelle est globalement son efficacité ? Quelle est son histoire ?

Le Café tente une réponse et vous invite à découvrir ce nouveau dossier mensuel.
Le dossier
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/rurale06/

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Les prix 2006 de l'innovation pédagogique
Deux collèges, une école, un lycée professionnel ont reçu le 16 novembre les Prix de l'innovation éducative des mains de Philippe Meirieu. Initiative conjointe de la Ligue de l'enseignement et de l'association "Pour l'école", les prix de l'innovation éducative sont destinés à distinguer et à valoriser des actions innovantes dans les domaines pédagogique et éducatif conduites par des équipes éducatives.

Cette année, le jury "récompense les trans" précise P. Meirieu : transgénérationnels, transdisciplinaires, transculturels. En effet les 4 projets de l'école maternelle P. Picasso de Perpignan, du collège Laplace de Créteil, du collège Vilar de Grigny et du L.P. de Tinqueux (51) lancent des ponts entre les hommes pour le plus grand bien des élèves.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/innov0[...]



Que faire de la série L ?
"Les enjeux ne sont pas minces. Derrière le déclin de cette formation se profile en effet une autre menace, celle de voir disparaître un pan essentiel de notre tradition et de notre culture. Or, ce patrimoine représente une certaine vision du monde, un mode d’expression original de l’expérience humaine. Plus simplement, il nourrit une approche intellectuelle profitable à un fonctionnement social équilibré – particulièrement utile dans un monde où l’information et la communication exercent un rôle décisif". Sous la direction de Philippe Forstmann et Catherine Becchetti-Bizot, le rapport de l'Inspection générale sur la revalorisation de la série littéraire du lycée apparaît bien comme une dernière chance.

Car en quarante ans, la série littéraire est passée de 50% des élèves des lycées généraux à près de 10%. Ce déclin extrêmement rapide l'amène tout près de l'extinction. Déjà nombre d'établissements ferment ces sections ou ont le plus grand mal à les maintenir. Parallèlement la filière s'est féminisée à outrance et offre des débouchés réduits aux élèves titulaires du bac L.

Que faire ? L'inspection analyse différents scénarios : fondre toutes les séries d'enseignement général, réunir les séries ES et L ou encore rénover la filière littéraire. C'est finalement cette dernière option qui a leur préférence.

Ils proposent d'abord de redonner aux maths et aux sciences plus de place dans la filière L de façon à en réaffirmer le caractère général. Mais pour cela il faudrait "adapter leurs programmes et leur pédagogie". Parallèlement la série serait structurée autour de 5 options majeures clairement identifiables à des débouchés : "communication et maîtrise des langages", "arts et cultures", "littératures et civilisations", "sciences humaines", "institutions et droit".

Mais le succès de cette série passe aussi par une réorganisation en aval et en amont. En amont il s'agit de repenser les options de seconde pour y faire une place à cette orientation. En aval, de favoriser l'accès des bacheliers de la nouvelle série à des études supérieures porteuses d'emploi.

Parmi les obstacles mis en avant par l'Inspection, le caractère individualiste des enseignants de la série qui freinerait les évolutions pédagogiques. La série L est celle est la plus rétive aux TPE alors que pour l'Inspection l'approche transdisciplinaire est nécessaire pour les enseignements dominants de la série.
http://media.education.gouv.fr/file/63/8/3638.pdf

L'éveil à l'écrit
"L’apprentissage de l’écrit débute bien avant l’entrée en première année scolaire. Nous reconnaissons maintenant que les enfants ont déjà un ensemble de connaissances et d’habiletés desquelles dépendront les progrès futurs en lecture et en écriture. Les dix études de ce numéro thématique visent à mieux comprendre ces apprentissages précoces en abordant les questions suivantes : Quels sont les apprentissages précoces qui favorisent l’alphabétisation? Comment se développent-ils? Quels liens ont-ils avec les apprentissages ultérieurs? Quelles circonstances favorisent leur apprentissage?" Coordonné par Monique Sénéchal, université Carleton, Ontario, ce nouveau numéro d'Education et francophonie réunit des travaux de chercheurs français, canadiens et suisses. Il met en évidence également l'importance de la littératie familiale dans les acquisitions et les difficultés des groupes minoritaires.
Education et francophonie
http://www.acelf.ca/c/revue/sommaire.php?id=20
Café : Journal d'une G.S.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i7l.ph[...]

Quand Microsoft imagine la classe du futur
Deux séries de conférences sur l'éducation étaient organisées mi novembre à Philadelphie par Microsoft. La première, Innovative Teachers (ITF), présentait des innovations pédagogiques réalisées par des enseignants du monde entier, la seconde, School of the Future (SOF) réunissait des représentants des ministères et des partenaires de l'éducation. Le Café pédagogique était invité à ces deux événements et en a ramené ce reportage.

Microsoft, en livrant sa version de l'école du futur, se pose comme un partenaire à part entière du monde de l'éducation. Cette incursion flagrante d'une des plus grandes entreprises internationales dans une sphère considérée, dans nombre de pays, comme exclusivement du domaine des politiques publiques n'est pas sans poser des interrogations. Elle montre les défaillances, les vides et les difficultés à changer en profondeur un système éducatif, perçu comme décalé avec les attentes et les caractéristiques de l'environnement social, économique et culturel.

Les deux conférences ont permis de constater et d'échanger autour des questionnements, des réalisations et des prospectives, de les comparer et les confronter aux desseins de Microsoft. Quelle école pour demain ? Existe t'il un modèle mondial ? Avec quelles déclinaisons locales, quels partenariats pour le construire ? A travers exposés et débats des réponses s'amorcent pour ces questions vives.
Un reportage du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/phila06/index.p[...]

Une étude montre la priorité de la formation générale sur l'offre de formation professionnelle pour les jeunes en difficulté
"Si l’on peut dire que la richesse de l’offre est indispensable, elle n’est pas suffisante dans certaines zones urbaines. Comment expliquer ce paradoxe ?... Une explication, non exclusive, nous est donc apparue comme essentielle : il s’agit du niveau scolaire de nombreux élèves et de l’écart avec celui qu’ils s’imaginent ou espèrent avoir dans la mesure où ils réussissent à passer de classe en classe et où leurs notes ne reflètent pas toujours leur niveau réel, d’où des attentes impossibles à réaliser… L’offre en formation est donc un facteur second, le premier étant, logiquement, le niveau scolaire réel des élèves". L'étude de Catherine Mathey-Pierre (CEE) sur des jeunes de ZUS du 93 et de Nantes, montre les limites des politiques qui visent à scolariser ces jeunes dans des filières professionnelles.

Faute d'un niveau d'enseignement général suffisant ces jeunes ne s'en sortent pas et leur frustration grandit. Ce qui est en filigrane c'est bien sûr l'apprentissage à 14 ans institué par Robien.

"Leurs histoires et ce qu’ils en disent nous montrent comment ces jeunes gens ont mûri entre le moment de leurs « bêtises » plus ou moins graves de collégiens en 5ème et leur sortie de LP ou de CFA. S’ils avaient été orientés à ce moment là vers l’apprentissage, ils y seraient allés avec leurs comportements d’enfants ce qui aurait compromis encore davantage leurs chances de réussite. Par ailleurs, une orientation plus précoce n’aurait pas résolu les problèmes personnels et familiaux qui participent à l’explication de leurs échecs. Surtout, même si dans certains cas, un détour par l’apprentissage ou une formation en alternance peut permettre de redresser un parcours d’échec, on a vu qu’un trop grand déficit de formation générale entraînait également un échec dans les matières professionnelles. Ne pas se résigner à accepter l’échec scolaire précoce d’un jeune sur six apparaît bien comme une nécessité, d’autant que ce manque d’acquisitions de compétences de base est difficile
ment rattrapable et très coûteux par la formation continue".

http://www.education.gouv.fr/cid4231/difficultes-scolai[...]

L'école multi âges est moins efficace
"Il apparaît donc que la fréquentation d’un cours multiple, en CE1 comme en CM1, n’est jamais efficace au plan pédagogique, elle est même néfaste quand les élèves sont placés d’office dans ce type de classe parce qu’il n’y a pas d’autre choix pour eux". Analysant les résultats de près de 6 000 élèves bourguignons, Christine Leroy-Audouin et Bruno Suchaut (Iredu) jettent un pavé dans la mare en affirmant l'inefficacité des classes multi âges. Il s'agit de classes souvent rurales où les enfants de niveaux différents sont mélangés.

Plusieurs travaux précédents avaient montré l'efficacité des classes uniques. Tout au plus C. Leroy-Audouin et B. Suchaut reconnaissent-ils une possibilité de neutraliser les effets négatifs. "Quand les équipes pédagogiques ont la possibilité d’affecter intentionnellement les élèves dans les classes à plusieurs cours, les progressions des élèves de ces classes ne sont pas différentes de celles des élèves qui fréquentent des cours simples. Les choix opérés par les enseignants apparaissent donc efficaces puisqu’ils permettent de neutraliser les effets négatifs des classes à plusieurs cours".
http://www.u-bourgogne.fr/upload/site_120/publications/[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index051006.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/ecolerurale/ind[...]


Les classes multi-âges sur Cap Canal
Cap Canal, la télévision éducative lyonnaise, nous invite à l'école Paul Emile Victor de Lyon qui organise ses classes en cycles pluriannuels. "Le groupe multi-âges est un groupe référent sous la responsabilité d'un même enseignant pendant la durée d'un cycle. Il regroupe des élèves d'âges différents… Ces modalités d'enseignement permettent à chacun de vivre l'expérience des différences. Elles conditionnent les interactions organisées ou non, qui contribuent à la formation de tous". Un débat suit le reportage. Il réunit Philippe Meirieu, Gérard Bastien, Inspecteur d 'Académie et Bernard Collot, auteur de "l'école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche".
http://www.capcanal.com/enligne/capinfos/titres/tous/11[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/connac[...]

Un nouveau numéro d'Alsic
"Pour que l'introduction des Tice en formation et en apprentissage des langues ait toutes les chances de réussir, il faudrait que les enseignants stagiaires soient d'une part encadrés de façon continue et d'autre part fortement encouragés à intégrer les Tice dans leur enseignement grâce à des tâches qui leur permettraient d'élaborer, d'utiliser et d'évaluer, dans des cadres divers, du matériel pédagogique fondé sur les Tice. Ceci, dans le but de permettre aux enseignants stagiaires de reconstruire et de lier les concepts d'intégration des Tice et d'enseignement".
Alsic, Apprentissage des langues et systèmes d'information et de communication, consacre ce numéro à l'enseignement à distance (utilisation d'une plate forme audio-synchrone en langue étrangère, formation plurilingue à distance), à la formation des enseignants (la formation d'enseignants d'espagnol langue étrangère, Tice et apprentissage de l'enseignement) et au FLE. Des articles de chercheurs qui font réfléchir sur nos pratiques.
http://alsic.u-strasbg.fr/v09/alsic_v09-som0.htm

Le soutien scolaire et ses enjeux
" L'essor spectaculaire pris ces dernières années par le secteur marchand dans le domaine du soutien scolaire suscite de nombreuses réactions, soulignant les inégalités socio-économiques et culturelles qu'il entretient et accentue. Interpellée par le phénomène, l'Éducation nationale a entrepris une série d'actions visant d'abord à mieux le comprendre puis à tenter d'intervenir, à la mesure de ses moyens, sur cette activité à la « marge » de l'école". Dans la dernière Lettre de la cellule Veille de l'INRP, Agnès Cavet propose une remarquable synthèse sur le soutien scolaire et ses enjeux.

Elle présente les principaux travaux sur le soutien scolaire, les dispositifs gratuits et payants d'accompagnement, le travail à la maison. Un travail bien pratique au moment où le ministère envisage d'aider à la mise en place de dispositifs s'appuyant sur les TIC et où le chiffre d'affaire des sociétés d'accompagnement scolaire explose.

Les effets négatifs de l'accompagnement scolaire sur les inégalités sociales et les inégalités à l'intérieur des classes sont montrés. " Outre sa difficulté à intervenir dans un domaine situé « à la marge » de son activité, l'Éducation nationale n'a pas autorité en matière de fiscalité, qui relève des seules prérogatives du ministère de l'Économie. Or, on a vu que les incitations fiscales en faveur des services de soutien payants participent activement d'une politique de l'emploi dont les observateurs de la sphère économique imaginent difficilement qu'elle soit remise en cause.

Telle est bien la complexité du problème : d'une part, l'accompagnement à la scolarité est placé sous la tutelle de quatre ministères, Éducation nationale, Santé, Sécurité sociale et Emploi ; d'autre part, ce même ministère de l'Emploi et celui de l'Économie se trouvent tous deux impliqués dans le développement des formes marchandes du soutien scolaire. Dans ces conditions, ce n'est sans doute qu'à une plus haute échelle que pourrait se résoudre l'équation politique d'un soutien scolaire au service de l'équité des chances et de la réussite pour tous, tel que l'Éducation nationale l'appelle de ses vœux".

http://www.inrp.fr/vst/LettreVST/decembre2006.htm
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/francilien_09_0[...]

"Quoi de neuf" en éducation prioritaire ?
"Les zep sont-elles solubles dans les moyens ? Bien des organisations syndicales ont l’habitude de privilégier les moyens... à plus forte raison quand on aborde le problème des Zep. On entend même parler de « démantèlement » de l’éducation prioritaire. Le Sgen-CFDT ne dissocie pas la question des moyens de celle de leur utilisation" "Quoi de neuf ?", la nouvelle revue du Sgen Cfdt des académies de Créteil et Versailles consacrée aux zep, affiche son identité.

Mais la revue propose aussi de nombreux reportages dans les établissements. Ainsi elle jette un regard contrasté sur la mise en place des "professeurs référents" dans les réseaux ambition réussite. Si à Bobigny, "l’administration du collège a beaucoup insisté pour que la collègue d’anglais postule, elle a fini par dire oui. Quant au collègue de techno en carte scolaire, c’était le seul moyen de rester", à Saint-Denis "le professeur référent a mis en place une progression commune, il a du temps pour des actions pédagogiques. Il suit beaucoup les jeunes. Sa contribution est très appréciable pour les nouveaux".

"Quoi de neuf ?" nous fait connaître Laïla Hafid, stagiaire à Colombes, Dominique Belleteix en collège à Colombes ou Kathy Tran Van Tam, directrice en maternelle à Bonneuil. Autant de regards précieux et nuancés sur des chemins de vie et la réalité des Zep. Une nouvelle revue dont la lecture s'impose.
http://www.sgen-cfdt-versailles.org/article.php3?id_art[...]

Carte scolaire : les effets mesurés de la suppression
Depuis les années 1990, les états américains ont largement assoupli leurs règles de carte scolaire. Le National Center for Education Statistics publie une étude qui évalue les effets sur les types de scolarisation des élèves.

Selon elle, de 1993 à 2003, le pourcentage d'élèves scolarisés dans l'école de leur district scolaire est tombé de 80 à 74%. Cette baisse s'est faite au profit d'écoles publiques hors-district choisies par les parents qui ont vu leur pourcentage d'élèves passer de 11 à 15%. Le privé religieux est resté stable (8%) et le privé non religieux est passé de 1,6 à 2,4%.

L'allègement a aussi un effet social : les écoles publiques choisies par les parents ont moins d'enfants pauvres et davantage d'élèves qui vivent avec leur père et mère. Les écoles privées ont davantage d'enfants de milieu aisé.
http://nces.ed.gov/pubsearch/pubsinfo.asp?pubid=2007045


Lecture : F. Ramus répond à Enseignement et liberté
"La conclusion de tout ça, c'est que les données scientifiques actuelles n'indiquent pas de différence d'efficacité entre les approches analytiques et synthétiques. Mais elles sont en quantité insuffisante, et donc le débat n'est pas clos. Si vous voulez avoir le fin mot de l'histoire, il ne sert à rien de faire des contorsions statistiques pour déformer l'interprétation normale des données, il faut simplement encourager de nouvelles recherches rigoureuses et à grande échelle sur le sujet". Franck Ramus répond à la publication par l'association Enseignement et Liberté, une organisation conservatrice qui défend l'enseignement privé et la méthode syllabique, d'un rapport sur "les rendements des différentes méthodes d’enseignement de la lecture" par Patricia Perennes de l'ENSAE Junior Etudes.

Enseignement et Liberté en déduit que "d’après les calculs mêmes du NRP, on a trois chances sur quatre d’obtenir de meilleurs résultats par la voie alphabétique (appelée savamment phonosynthétique) que par la voie semi-globale (ou phonoanalytique)… C‘est pourtant ce choix que refusent de faire les spécialistes de la lecture en France, en se fondant sur une conclusion fausse du NRP". Ce que conteste F. Ramus qui dénonce la méthode utilisée par l'association et relève des erreurs de calculs et quelques acrobaties statistiques…
Mise au point de F. Ramus
http://www.lscp.net/persons/ramus/lecture/lecture3.html

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Français : Charlie et les rats
Après "Le mystère de la Chambre jaune", "Le parfum de la Dame en noir", le CRDP de Paris lance un nouveau concours enligne : Charlie et les rats. Inspiré du roman de Daniel Keyes "Des fleurs pour Algernon" et du film de Resnais "Mon oncle d'Amérique", "Charlie et les Rats" est une aventure multimédia en ligne intégrant des activités pour la classe.

Le projet fonctionne à la manière d’un livre dont on est le héros. Chaque semaine, des documents (textes, images, documents audio et vidéo) qui constituent les éléments de récit et les activités en lien avec l’histoire, sont déposés sur un site à l’attention des participants. Les classes ont une semaine pour envoyer leurs solutions par messagerie au CRDP. Elles y sont évaluées par une équipe d’enseignants. À l’issue du classement final, les gagnants se verront remettre des ouvrages en rapport avec le sujet. Inscriptions jusqu'au 5 janvier.
http://charlie.scola.ac-paris.fr/inscription.asp

Colloque sur les TICE en Belgique
Le premier colloque belge interréseaux sur les applications pédagogiques des nouvelles technologies de la communication et de l'information aura lieu au printemps 2007. "Il s'appuiera entièrement sur des réalisations concrètes présentées par des enseignants" annonce Enseignement.be, le site mutualiste de la communauté française de Belgique.

Plus de 80 contributions auraient déjà été recueillies autour de trois thèmes : les nouvelles technologies au service des disciplines, les nouvelles technologies au service de l’apprentissage différencié et de la remédiation, les nouvelles technologies au service de la pédagogie par projet.
http://www.enseignement.be/prof/dossiers/tice/colloque/[...]

Colloque Tice Méditerranée
Pour sa 4ème édition, le colloque Tice Méditerranée aura lieu à Marseille du 31 mai au 2 juin. Ce colloque international vise à confronter les expériences acquises dans le domaine de la Formation Ouverte et à Distance (Foad), les TICE et les environnements numériques de formation par la communauté des chercheurs, des enseignants et des praticiens. Il associera les acteurs des universités de la Région PACA à ceux des universités du Piémont, du Maghreb, de la péninsule ibérique voire de tous les acteurs de l'arc méditerranéen. Le colloque reste néanmoins ouvert aux contributions venant de toutes les régions du monde.

Cet évènement est l'occasion assez unique de réunir plusieurs communautés scientifiques (chercheurs en sciences de l'éducation, sciences de la communication, sciences de l'information) ainsi que des praticiens ayant un objet d'étude commun : la formation à distance. Le thème central du colloque sera la problématique du changement. Les communications peuvent être proposées jusqu'au 10 décembre.
http://ticemed07.univ-cezanne.fr/

Ecole et changement démocratique : une journée d'Education et Devenir
"Au cours des vingt dernières années, la société française a globalement adressé une demande conservatrice au système éducatif. De nombreux intellectuels considèrent que seules sont bonnes les pratiques d’enseignement qui leur ont permis de devenir ce qu’ils sont. Les classes moyennes sont dans l’ensemble soucieuses de défendre les avantages que leur accorde la démocratisation quantitative du second degré. Quant aux classes populaires, elles ont, en majorité, intériorisé les valeurs du système qui justement les pénalise. De sorte que les initiatives réellement novatrices n’ont que rarement soulevé l’enthousiasme des bénéficiaires, parents, enfants… et donc des politiques dépendants de l’opinion". Education & Devenir nous invite, en partenariat avec les Cemea, le Crap, la Fcpe,la Peep et la Ligue de l'enseignement, le lundi 22 janvier à réfléchir au "Changement démocratique de l'école : du discours aux actes".

"La volonté de réformer l’école est donc ambiguë. Malgré des effets d’annonce, peu de réformes arrivent à leur terme. Mais l’accumulation de mesures d’inspirations différentes finissent par constituer un ensemble traversé par des incohérences. Les réformes semblent ignorer les logiques pratiques, à l’œuvre dans le travail éducatif… La prétention à réformer n’est donc jamais que l’affirmation d’un rapport de force temporaire. Le double processus de décentralisation et de déconcentration, engagé en France et assumé avec des fortunes diverses par les gouvernements successifs, pose de façon urgente le problème de la sortie d’une logique de pilotage par une autorité unique et la mise en œuvre de niveaux de régulation intermédiaires de l’action publique en matière d’éducation".

Deux rendez-vous animeront cette journée. La matin Anne Barrère interviendra sur "les logiques des professionnels et les logiques de comportement des élèves" et sera suivie d'une table ronde réunissant des acteurs politiques. L'après-midi, proviseur, syndicalistes lycéen et étudiant, syndicalistes enseignants, élu régional échangeront sur l'avenir de l'Ecole. Une conférence d'Yves Dutercq clôturera la journée sur les méthodes d'accompagnement au changement.
http://education.devenir.free.fr/Senat2007.htm
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/76.php

Français : Lire de Toulouse à Pantin
Ce défi lecture fait travailler ensemble deux classes de 6ème, du collège Lavoisier de Pantin au collège Lamartine de Toulouse, en utilisant un blog. Les élèves présentent leurs lectures et échangent leurs critiques. Le projet leur apprend aussi les droits et devoirs de l'internaute.
http://defi.lecture.over-blog.net/

Enseigner dans les écoles de la périphérie
" Les nouveaux enseignants sont majoritairement nommés dans des établissements où sont massivement scolarisés un grand nombre d’élèves de milieux populaires, souvent en difficulté scolaire. Or des recherches existent qui s'interrogent sur les effets socialement discriminants des pratiques pédagogiques et didactiques. La conférence de consensus que nous proposons vise à aider les formateurs à intégrer au processus de formation des nouveaux enseignants (en formation initiale et en accompagnement des néotitulaires), mais aussi aux dispositifs de formation continuée pour les enseignants plus anciens mis eux aussi à l'épreuve de publics hétérogènes, les données issues de ces recherches". Le Centre Alain Savary de l'INRP et les services de formation des IUFM de Créteil et Versailles organisent le 24 janvier une conférence de consensus destinée à faire le point sur ces questions.

L'événement aura lieu à Paris. Cinq conférences sont proposées : Jean-Yves Rochex sur les politiques ZEP-REP, Marc Demeuse sur l’éducation prioritaire dans différents pays, Alain Mercier sur un point de vue de didactique comparée, Dominique Bucheton sur l'enseignement du français en "milieux difficiles" et Marie-Lise Peltier sur les mathématiques en "milieux difficiles".
Le programme
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=[...]

28èmes Journées IES
"Dès lors, comment enseignants et médiateurs accueillent-ils et travaillent-ils dans et avec l'actualité ? Sur quels fonds scolaires et culturels les actualités viennent-elles s'inscrire, se fondre, disparaître ? Comment les « questions vives » morales, sociales et environnementales, du présent et du futur, sont-elles traitées ? Comment les « modes », les « lieux communs », « les pressions promotionnelles », qui affectent aussi les sciences et les techniques, sont-ils à la fois pris au sérieux et mis à distance ? " Les 28èmes Journées internationales sur la communication, l'éducation et la culture scientifiques, techniques et industrielles, organisées par l'UMR STEF (ENS Cachan) et le LDES (Université de Genève), auront lieu du 24 au 28 avril à Chamonix.
http://www.stef.ens-cachan.fr/manifs/jies/jies.htm

Ecole le champ du possible
"Innover, dépoussiérer les vieilles recettes…, penser les savoirs à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui.., repenser l'évaluation…, développer un réel partenariat entre les acteurs concernés". Le colloque organisé par le Gfen lyonnais et "La Chronique sociale" les 24 et 25 novembre ne manque pas d'ambition.
L'événement mérite d'être souligné aussi par la qualité des participants. Philippe Meirieu, Elisabeth Bautier, Jacques Bernardin, Jean-Yves Rochex par exemple débattront des urgences et des défis pour l'Ecole de demain.
De nombreux ateliers permettront de partager des expériences sur le raccrochage, le soutien à la parentalité, la maîtrise de l'écrit, l'apprentissage de la lecture, le comportement des élèves en collège. Un événement important si l'on veut que l'Ecole avance vers l'avenir.
http://gfenlyonnais.free.fr/actualites/colloque_2006/co[...]

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Que faire au collège face aux élèves en grande difficulté ?
"Les élèves en grande difficulté, lorsqu'ils entrent au collège, ont souvent été déjà accompagnés au mieux à l'école primaire. Mais les enjeux de notre société de la connaissance sont tels que les élèves en difficultés se sentiront parfois abandonnés au cours des différents cycles du collège… Les exemples que vous lirez se veulent non exhaustifs et modestes, mais ils me conduisent à valider cette démarche collégiale et expérimentale au regard d’une méthode commune qui engage des résultats observables". Ouvrant cette brochure d'une cinquantaine de pages, la rectrice d'Amiens souligne la dimension collective du travail de ces enseignants.

Comment aider les élèves en grande difficulté au collège ? Tous les exemples recueillis dans l'ouvrage montrent que la réussite est toujours celle d'équipes d'enseignants. Ces équipes posent quelques postulats : faire le lien avec l'école élémentaire, au moins pour le repérage, et mettre en place des outils de communication entre élève, enseignants et familles. Cela peut prendre la forme d'un cahier qui n'est pas un simple cahier de correspondance mais un outil d'expression pour l'élève. "L'élève peut écrire ce qu'il pense, ressent , ses difficultés, ses envies, ses réussites, ses plaisirs".

Il y a aussi souvent des ajustements horaires : temps imparti à la méthodologie, études encadrées par des surveillants formés, horaires renforcés dans certaines disciplines.

Mais il y a aussi tout ce qui ne relève pas des moyens : des enseignants qui se parlent et communiquent, des profs qui écoutent voire qui réfléchissent à ce que veut dire écouter (" Ecouter c’est permettre à celui qui parle d’entendre ce qu’il dit").

Des expériences originales décrites dans cette brochure se distingue aussi un stage de préparation au brevet effectué en 3ème qui alterne mise en confiance, révisions et relaxation.
http://www.ac-amiens.fr/academie/actualite/pub/eleves.e[...]
http://www.adobe.fr/products/acrobat/readstep2.html

Télécollaborer de classe à classe avec ProfINet
La correspondance scolaire est une vieille pratique. Avec Internet, la télécollaboration est plus accessible et peut aller pédagogiquement plus loin. C'est ce que montre Prof Inet, un site qui propose un rare annuaire d'annonces de collaboration pédagogique.

Prof Inet présente deux projets types. Ainsi "Ton toit, mon toit" permet à la fois de faire utiliser les tic par les élèves et des études sur l'environnement de la classe, ou encore des travaux en français ou encore en géométrie.

Avec "Les jeux de la cour d'école", les élèves évoquent le vivre ensemble. Mais l'échange peut également servir à l'expression française ou à l'EPS. Deux exemples qui éveillent l'intérêt et devraient donner des démangeaisons au clavier…
Télécollaborer
http://prof-inet.cslaval.qc.ca/psimples.php#ped2

La bibliothèque des enfants
Réunir en un seul site plus de 10 000 livres de littérature enfantine en plus de 100 langues : le projet Children's Library participe de la constitution du village global et ouvre les enfants à la découverte de l'autre.

Ce site gratuit propose déjà des dizaines d'ouvrages en français, par exemple Philibert d'Annegert Fuchshuber, indexés et classés. Derrière ce site Seymour Papert, Brewster Kahle (de l'Internet Archive) et une équipe d'universitaires et de bibliothécaires du monde entier. Le site est soutenu par la Library of Congress, la National Science Fondation américaine, Microsoft et Adobe.
http://www.childrenslibrary.org/
http://ia62.ac-lille.fr/article.php3?id_article=1240

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- Grammaire

Grammaire et vieille dentelle
"La puissance créatrice de la grammaire distribue des rôles aux êtres et aux objets que l’on évoque, même si - et surtout si - le monde ne nous les a jamais présentés ainsi ; elle pare les êtres et les objets de certaines qualités même si - et surtout si - nos yeux ne nous les ont jamais montrés ainsi. Si toutes les langues possèdent cette capacité d’aller plus loin que l’œil, c’est parce qu’elles exercent sur les mots un pouvoir grammatical qui ne se contente pas de mettre fidèlement en scène le spectacle du monde. Ce pouvoir grammatical est libérateur : il permet à l’homme d’imposer son intelligence au monde". Ces quelques lignes donnent le ton du rapport sur l'enseignement de la grammaire, remis par Alain Bentolila au ministre de l'éducation nationale le 29 novembre. On nage dans la poésie de style ancien.

Sous les dorures du ministère, trois messieurs, quatre avec le ministre, font étalage de belles formules, d'érudition et de bons mots. Pour une fois on ne s'ennuie pas rue de Grenelle et la presse rigole bien.

Pourtant tout va mal "L'Education nationale ne dispose pas aujourd'hui des bons moyens pour enseigner la grammaire aux enfants" affirme d'emblée le ministre mettant en cause "certains pédagogistes", un mot prononcé pour la première fois en conférence de presse. "Et qui en a souffert le plus ? Les élèves les plus fragiles, les moins aidés !". Quels salauds ces pédagogistes !

Heureusement tout va rentrer dans l'ordre. "Ici et là on a mis la charrue avant les bœufs" écrit A. Bentolila évoquant la France d'antan. "Nous devons revenir à un peu plus de bon sens" précise Robien. Comment ? Par "la simplification du langage et surtout des programmes". "Nous voulons certes, un apprentissage qui suive une progression logique allant du plus simple au plus complexe et du plus fréquent au plus rare. Mais dans le cadre de cette progression soigneusement définie, chaque leçon de grammaire s’articulera sur l’observation de phrases précisément choisies… Une leçon de grammaire doit être conduite dans l’esprit des « leçons de choses ».". Et nous revoilà sur les bancs de l'école, en blouse grise…

Pourquoi tout cela ? Car "cette terminologie a rompu les liens entre les parents et les enfants. Les parents et les grands-parents ne retrouvent plus du tout la grammaire qu’ils ont apprise. La science évolue, mais la grammaire, c’est surtout un patrimoine" Adieu Barthes, adieu Todorov, adieu Genette, adieu les affreux structuralistes ! Adieu les linguistes ! La vraie grammaire, celle d'Edouard B. va revenir au pays du B.A. BA.

On entend le tic tac de l'horloge. Retour à l'ordre millénaire, à la transmission de génération en génération du même savoir, au pas lent des savoirs laborieusement grattés, de façon "progressive". "La grammaire c'est des efforts, parce que par les efforts on gagne la liberté" ajoute E. Orsenna. "Ne vous leurrez pas, ce n'est pas un texte que nous avons fait sur un coin de table" croit bon de préciser A. Bentolila…

Nul n'en doute. Le rapport sur la grammaire serait un répertoire des lieux communs conservateurs s'il n'était pas d'abord un soufflet asséné à la face des enseignants.

Car de l'enseignement de la grammaire finalement il est peu question si ce n'est pour ébaucher des recommandations qui sont dans la logique des programmes existants. C'est le conseiller du ministre qui nous ramène dans le réel. "La grammaire de texte, celle du collège, ne disparaît pas. Il n'y aura pas de retour en arrière". Il y a au collège 2 heures d'Observation réfléchie de la langue par semaine. Il y aura 2 heures ou 2 heures et demie de grammaire. Le combat politique a eu son heure. La gestion aussi.

Le rapport Bentolila sur l'enseignement de la grammaire
Alain Bentolila, Erik Orsenna et Dominique Desmarchelier ont remis le 29 novembre leur rapport au ministre de l'éducation nationale qui a présenté ses recommandations pour l'élaboration des nouveaux programmes du primaire et du collège.

Le désastre. "On a sacrifié inconsidérément la progression rigoureuse, seule garante d’un apprentissage efficace, en abandonnant l’articulation logique de l’apprentissage au profit de la rencontre aléatoire de textes" annonce le rapport. " Pour la grammaire, comme pour la lecture d’ailleurs, on a voulu abusivement appliquer le modèle de l’expert à l’apprenti. Ici et là on a mis la charrue avant les bœufs". "L'Education nationale ne dispose pas aujourd'hui des bons moyens pour enseigner la grammaire aux enfants… Un enseignement déstructurant, des programmes et des manuels jargonnants, qui passent à côté de leur objectif, voilà le constat que je retiens" affirme le ministre pour justifier sa réforme.

Le retour de la "leçon de grammaire"."L’apprentissage de la grammaire doit obligatoirement avoir trois caractéristiques. Il doit être spécifique, systématique, progressif" exige le ministre. "Spécifique : cela signifie concrètement la pratique d’exercices séparés, destinés à structurer les apprentissages. Il doit être systématique : cela veut dire qu’il faut étudier les grandes lois de la grammaire. Il doit être progressif : cela signifie qu’il faut partir du plus simple pour aller au plus complexe, dans un ordre logique et programmé de classe en classe". G. de Robien demande donc de revenir à la leçon de grammaire d'antan mais en essayant de "rendre vivant" cet enseignement. Pour le ministre elle devrait être enseignée par manipulation comme les sciences dans "la main à la pâte".

Nouveaux manuels et nouveaux horaires dès 2007. Je demande trois choses" précise le ministre,"que dès janvier, ces orientations soient intégrées aux propositions du groupe d’experts sur la maîtrise de la langue française pour que, dès le printemps, les premiers programmes publiés en tiennent compte ; que dès que possible, je puisse adresser des instructions sur l’enseignement de la grammaire aux équipes pédagogiques, pour préciser, par exemple, le nombre d’heures qu’il faut y consacrer". Les éditeurs sont invités à préparer de nouveaux manuels pour la rentrée prochaine.

Des motivations peu solides. "Cette terminologie a rompu les liens entre les parents et les enfants. Les parents et les grands-parents ne retrouvent plus du tout la grammaire qu’ils ont apprise. La science évolue, mais la grammaire, c’est surtout un patrimoine qu’il faut transmettre, et cette transmission se fait aussi par le biais des parents. Et chacun sait bien que le suivi des enfants par la famille est un élément important de la réussite scolaire". L'argument avancé par le ministre semble d'autant plus faible qu'aucune évaluation sérieuse du niveau des élèves en grammaire a été réalisée. Le ministre s'abrite derrière la dictée réalisée dans un IUT pour généraliser sur les lacunes des élèves, assimilant d'ailleurs orthographe et grammaire dans un raccourci saisissant.

Quoi de neuf ?La grande nouveauté du rapport c'est essentiellement la condamnation qui est faite des pratiques des enseignants. Car il apporte peu de nouveautés réelles. Ses recommandations sont dans le prolongement des programmes actuels comme le montre Patrck Picard dans la tribune accordée au Café( voir plus bas). La "progressivité" préconisée aboutirait à une impasse si elle s'éloignait de l'approfondissement effectué aujourd'hui par les enseignants. Le ministère précise d'ailleurs que "la grammaire de texte…ne disparaît pas. Il n'y aura pas de retour en arrière". L'horaire de grammaire devrait grosso modo correspondre à celui de l'actuelle ORL. Seules quelques appellations devraient être sacrifiées ce qui n'est d'ailleurs pas forcément inutile.

L'enseignement de la grammaire est effectivement difficile et laborieux. On voit mal comment le rapport Bentolila pourrait aider les enseignants à améliorer leurs pratiques. Tout au plus jette-il le doute chez les parents envers les enseignants.
http://media.education.gouv.fr/file/68/3/3683.pdf
http://www.education.gouv.fr/cid4251/remise-du-rapport-[...]

Une tribune de Patrick Picard
"Mais pour qui se prennent nos éminents procureurs ? Pensent-il réellement que les « enseignants ordinaires » pourraient survivre plus d’une semaine en ne tentant pas à chaque instant dans leur classe d’éveiller les intelligences, d’organiser la pensée, de faire apprendre, de vaincre la violence quotidienne par les mots, le savoir, la connaissance, à l’inverse de ce prônent les pouvoirs dominants du chaos moderne, avec les maigres moyens qu’on leur donne ? Patrick Picard se livre à un décryptage précis du rapport Bentolila en miroir avec les instructions officielles actuelles pour l'école primaire.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/grammaire06/ind[...]

Viviane Youx relève l'ambiguïté du rapport Bentolila
Revenant sur le rapport sur l'enseignement de la grammaire présenté par Alain Bentolila, Viviane Youx, présidente de l'Afef, modère ses critiques mais signale ses ambiguïtés.

"Les errements de ces dernières décennies, les glissements d’un vocabulaire savant issu des travaux des linguistes vers les manuels, ne le nions pas, ont fait des ravages et installé une grande confusion" reconnaît-elle. Etablir une progression serait à ses yeux "indispensable".

Mais, " prôner les leçons de grammaire, c’est vouloir revenir à un éclatement de la discipline. Peut-être est-ce rassurant pour les parents, mais certainement pas très efficace pour l’apprentissage." Quant à l'abandon de la terminologie actuelle, " n’est-ce pas démagogique que de faire croire aux familles que tout à coup elles retrouveraient leur familiarité d’antan ?"
Lire l'intégralité de l'article
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/grammaire06/ind[...]

P. Frackowiak : à propos du rapport sur la grammaire
"Dans ses explications à la presse, Alain Bentolila juge indispensable de préciser qu'il ne s'agit pas de revenir 20 ans en arrière (Le Monde) ou 50 ans en arrière (France Info). Ce besoin de préalable prouve généralement le contraire et une analyse des éléments diffusés nous conforterait plutôt dans l'idée que ce rapport opportuniste s'inscrit davantage dans l'air du temps que dans la volonté de construire une école plus démocratique, plus juste, plus performante pour les 20 ou 50 ans qui viennent". Pierre Frackowiak ouvre le débat sur la réforme de l'enseignement de la grammaire, rédigé par Alain Bentolila, qui devrait être remis au ministre le 29 novembre.

"En fait, deux points clés mettent bien en évidence la volonté de marche arrière non pas de 20 ou 50 ans mais de 80 ans:

1° la référence au simple et au complexe
Cette référence commode pour les conservateurs ne repose sur aucune étude scientifique. On sait bien que le simple scolaire est éminemment complexe puisqu'il n'existe pas et qu'il est le produit de l'intelligence de l'adulte. Le point ou la ligne ou la lettre, ce n'est pas simple du tout. Ce qui est simple c'est la boîte à chaussures ou le texte qui veut dire quelque chose.

2° le retour à la leçon de grammaire conçue comme une leçon de choses et à la progression rigoureuse
Si la leçon de choses de Jules a été abandonnée dès la fin des années 60, c'est que malgré sa prétention, elle ne permettait pas ni la construction de notions scientifiques (il s'agissait de mettre des mots sur des choses et d'apprendre des définitions sans les comprendre), ni la réflexion avec la formulation d'hypothèses chère à la démarche scientifique. La leçon classique et la progression rigoureuse posent des problèmes considérables. L'affirmation de la nécessité de leur retour traduit un manque de confiance terrible en l'intelligence des enseignants".
Vous trouverez à l'adresse ci-dessous le texte complet de Pierre Frackowiak. Le Café publiera dans les jours à venir d'autres contributions. Interrogé par le Café, Alain Bentolila n'a pas souhaité s'exprimer sur le site du Café avant mercredi.
Le texte complet de P. Frackowiak
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/grammaire06/ind[...]
Rappel : le rapport Bentolila
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index241106.php

Le linguiste Jean-Pierre Jaffré analyse le rapport Bentolila
"Une fois de plus, en France, les décisions sont prises unilatéralement, pour l'édification des masses ignorantes. La prééminence de représentations qui affirment sans jamais prouver n'en est que plus choquante" affirme le linguiste Jean-Pierre Jaffré, CNRS, dans une tribune accordée au Café pédagogique. "C'est notamment le cas du diagnostic porté sur l'état actuel de l'enseignement de la grammaire. Doit-on se contenter du jugement d'un ministre ?... Où sont les arguments "objectifs" sur lesquels se fonderait un tel point de vue ? Dispose-t-on d'une enquête montrant que les enseignants ont renoncé à tout enseignement systématique de la grammaire, ou qu'ils se sont voués corps et âme à la grammaire de texte ?".

Pour Jean-Pierre Jaffré, d'autres arguments du rapport paraissent discutables. "L'un d'entre eux concerne par exemple la convergence apparemment nécessaire – mais qu'on nous dit aujourd'hui perdue – entre les savoirs enseignés et les savoirs parentaux. Tout enseignement devrait-il donc à jamais rester conforme aux savoirs antérieurement enseignés ? Malgré tout le respect que l'on peut avoir pour de tels savoirs, ne devrait-on pas plutôt donner la priorité aux objectifs que l'on se propose d'atteindre ? Or, en grammaire comme ailleurs, il n'y a aucune raison de penser qu'une connaissance est valable une fois pour toutes".

Le rapport Bentolila est-il là pour assurer la revanche conservatrice ? "Tout le débat autour de la question de "la leçon de grammaire" confirme en tout cas, qu'en France, l'enseignement "officiel" de la langue répugne toujours autant à innover, en s'appuyant sur des recherches contemporaines. En rupture totale avec ce qui se pratique dans tous les autres domaines, la détection – réelle ou supposée – d'un problème d'apprentissage linguistique se solde par un irrépressible désir de retour en arrière. A. Bentolila refuse peut-être "la grammaire de papa" mais la référence à la linguistique des années 70 manque singulièrement d'audace, et de pertinence. En tout état de cause, un préalable élémentaire consisterait à se demander comment on enseigne vraiment la grammaire aujourd'hui, puis à s'interroger sur la meilleure manière d'aider les enfants, compte tenu de la façon dont ils gèrent la connaissance. Autant de questions dont les réponses ne relèvent évidemment pas de la seul
e lin
guistique. Au lieu de cela, on redessine le pré carré d'une grammaire à l'ancienne à l'intérieur duquel se retrouvent les tenants d'une permanence suprême. Rien ne se perd, rien ne se transforme !"


Selon Antoine Fetet, maître formateur, dans une autre contribution au Café, le débat sur la grammaire est sur de mauvaises bases, notamment à cause du traitement médiatique et politique de la question. "Les enseignants n’ont pas besoin d’une énième réforme. Ils ont avant tout besoin d’outils et de techniques de classe qui aident réellement les élèves à dépasser leurs difficultés langagières… Il me semble douteux qu’un enseignement fondé sur une conception descriptive et analytique de la grammaire, même remise au goût du jour, puisse apporter une amélioration significative des compétences langagières des élèves. Cette conception, calquée sur l’enseignement des langues mortes, s’applique mal au français… « Ne pas mettre la charrue avant les bœufs », pour reprendre l’expression d’A. Bentolila, cela signifie surtout mettre les élèves devant des problèmes grammaticaux et orthographiques dont ils peuvent s’emparer, et les aider à fixer peu à peu des procédures efficaces les aida
nt à
se repérer dans le système complexe de la langue française".


La Peep, seconde association de parents d'élèves, approuve le rapport. "La Peep salue le retour de la ''leçon de grammaire'' et la proposition d'un apprentissage progressif de la grammaire indispensable à la compréhension et à la maîtrise de la langue française. La Peep, depuis son origine, défend la primauté éducative de la famille. C’est pourquoi elle est heureuse de voir que le rapport d'Alain Bentolila reconnaît la compétence éducative des parents en insistant sur la nécessité que la grammaire soit compréhensible par les élèves et par les parents qui accompagnent la scolarité de leurs enfants".
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/grammaire06/ind[...]
http://www.bienlire.education.fr/04-media/a-interview19[...]
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/index.[...]

Un rapport démagogique pour Sylvie Plane
"Tout le monde est d’accord pour que la terminologie soit claire, stable et partagée. Mais doit-on pour autant, comme le demande le rapport, se calquer sur les souvenirs des grands-parents et reprendre la terminologie d’antan ?" demande Sylvie Plane, Professeure des universités en sciences du langage.

"Cette injonction qui fait partie des recommandations finales sur lesquelles insiste le rapport est en contradiction avec les autres points développés dans ce même rapport. En effet, le rapport préconise l’apprentissage de notions qui n’étaient pas enseignées autrefois et qu’il faudra bien dénommer (les notions de « chaîne » p.23, d’ « anaphore » p. 25 etc.) et recommande l’utilisation d’une terminologie qui n’était pas non plus en usage lorsque les grands-parents actuels étaient encore des écoliers (par exemple, p. 26, le terme technique « connecteur »)… Il aurait fallu avoir le courage de résister à la tentation démagogique peignant les temps passés comme un monde meilleur où tout était simple, où tout allait pour le mieux. Il aurait fallu oser dire que les sciences, les connaissances évoluent, et avec elles le vocabulaire qui sert à les enseigner".
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/grammaire06/ind[...]

Les réactions syndicales
"Le rapport que vient de remettre Alain Bentolila au ministre de l’Education nationale éclaire utilement les enjeux que représente la grammaire dans la maîtrise de la langue. Convaincu de son intérêt, le Se-Unsa demande cependant au ministère d’éviter toute précipitation dans la mise en place de nouvelles dispositions réglementaires. Il convient de donner priorité à une logique de rénovation et non de rupture par rapport aux programmes actuels". Le syndicat considère que le rapport "ne remet pas en cause le principe de l’observation réfléchie de la langue" et "redoute la traduction que pourraient faire les adeptes de la mode rétro de certaines propositions visant à réhabiliter la leçon de grammaire traditionnelle".

Le Sgen-Cfdt est plus critique. "Une fois de plus, au nom des « recettes de bon sens éternelles », le ministre de l’Éducation nationale s’engage résolument dans une démarche régressive en matière de politique éducative… Il remet en cause les capacités professionnelles d’enseignants fondamentalement attachés à la réussite de leurs élèves".

Pour le Snuipp, " comme pour la lecture, le ministre de l'Education Nationale prétend s'appuyer sur un rapport pour imposer sa vision simplificatrice et rétrograde de l'école. Le SNUipp demande que les errements du débat initié par le Ministre sur la lecture ne se reproduisent pas".
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=061129b
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1243.html

Le dossier d'Education et Devenir
"Ce qui saute aux yeux de tout lecteur du document est l'absence totale de références aux pratiques de classe et aux travaux de la recherche. Sur quelles bases, quelles observations, s'appuie cet exposé ? Les enseignants ont-ils seulement eu le temps de mettre en place les programmes de 2002 et de généraliser l'observation réfléchie de la langue qui effraie tant les rédacteurs du rapport ? Quid de la formation continue qui permettrait de faire évoluer les démarches d’apprentissage ? Quelles enquêtes leur permettent d'affirmer que l'enseignement de la grammaire a connu les mêmes "dérives" que celui de la lecture ? Qu'est-ce qui autorise, s'agissant de notre travail quotidien, à parler de "renoncement", de "répétition à l'identique" ou de "sacrifice inconsidéré" ? Comment a-t-il été constaté la disparition de programmations quand on sait la place qu’elles occupent parfois de manière névrotique chez certains ? Quelle preuve a-t-on d'une pratique "aléatoire" soumise au seul h
asard
des textes rencontrés ? N’apprendrait-on rien de la vie sous prétexte qu’elle ne se présente pas dans un ordre convenable ?"
Sylvain Grandserre publie sur Education et Devenir une critique du rapport Bentolila.

On trouvera également sur ce site des textes d'E. Charmeux, P. Frackowiak, et P. Bouchard.
http://education.devenir.free.fr/grammaire.htm
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/grammaire06/ind[...]

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