Pratiques pédagogiques (Café N° 14)

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- Bruno Devauchelle -

- Compte rendu de l'enquête B2i / Café pédagogique Décembre 2001

Extraits signifiants du compte rendu complet qui peut être demandé au café pédagogique.

Travail réalisé par Bruno Devauchelle, Cepec

Introduction générale sur le dépouillement de cette enquête

Le dépouillement de cette enquête a mis volontairement de coté les 77 réponses qui nous ont été fournies par des personnes n'étant pas directement concerné par la mise en place du B2i. Autrement dit nous n'avons retenu que les réponses clairement identifiées comme issues des écoles (primaires et maternelles) et des collèges. Cependant, nous avons traité de façon tantaôt comparative, tantôt séparée ces deux niveaux. En effet les préoccupations ne sont pas les mêmes du fait des différences d'obligations inscrites dans les textes d'une part et d'autre part les modes de fonctionnement sont radicalement différents.
Notre travail est divisé en deux grandes parties, le traitement quantitatif et le traitement qualitatif. Ce choix a été nécessité par la richesse des réponses au questions ouvertes et à l'intérêt qu'elles suscitent


1 - Description de la population :

Nombre de réponses total : 460
Dont : 138 réponses du primaire, 245 réponses collège, 77 réponses autres

Premier constat les femmes, dans notre corpus, sont sous-représentées par rapport à leur nombre dans l'ensemble de l'enseignement qui est de 77,8% en primaire et 56,7% dans le secondaire.

Malgrè la difficulté à obtenir une statistique sur l'âge moyen des enseignants, on peut remarquer que notre groupe est plutôt plus jeune (40 ans) que ce qui semble être la moyenne nationale (entre 42 et 25 ans).

La répartition de notre enquête par discipline qui n'a pas de sens en école primaire et maternelle est intéressante à observer dans notre enquête collège :

Technologie
93
38,27%
Documentation
58
23,87%
Math
22
9,05%
Histoire-Géographie
20
8,23%
Lettres modernes
16
6,58%
Anglais
7
2,88%
Education musicale
5
2,06%
Physique chimie
4
1,65%
Informatique
3
1,23%
Espagnol
2
0,82%
Arts plastiques
1
0,41%
Chef d'établissement
1
0,41%
Coordonnateur
1
0,41%
EPS
1
0,41%

On peut noter immédiatement la place prise par les enseignants de technologie dans les réponses à cette enquête. Cependant, on peut aussi constater avec intérêt la part prise par plusieurs disciplines autres en dehors de la documentation. La faible place donnée aux enseignants de mathématique met de coté un a priori assez fréquemment noté sur leur appétence à l'informatique qui ne semble pas plus grande que d'autres disciplines (HG par exemple).

2 - La connaissance du B2i par les enseignants

On peut noter que la majorité des enseignants s'est informé seul sur le B2i. La place plus importante donnée à l'établissement au collège montre que les textes officiels ont eu un certain impact et ont été transmis.

Ecole - Ma participation

je ne participe pas
28
20,29
je suis le seul pour le B2i
28
20,29
Je suis responsable du B2i
15
10,87
Je participe à l'équipe
23
16,67
Le B2i n'existe pas dans l'établissement
44
31,88
Total
138



Collège : ma participation :

je ne participe pas
30
12,24%
je suis le seul pour le B2i
28
11,43%
Je suis responsable du B2i
35
14,29%
Je participe à l'équipe
89
36,33%
Le B2i n'existe pas dans l'établissement
63
25,71%
Total
245



La comparaison des deux niveaux permet de mettre en évidence logiquement la moindre participation du primaire au B2i.

Ecole : Etat des lieux

ignore le B2i
58
42,03%
attend pour mettre en place
36
26,09%
a désigné une personne
10
7,25%
Je participe à l'équipe
34
24,64%
a mis en place un dispositif
138
100%


Collège : Etat des lieux

ignore le B2i
43
17,55%
attend pour mettre en place
83
33,88%
a désigné une personne
37
15,10%
Je participe à l'équipe
82
33,47%
a mis en place un dispositif
245
100%



Les collèges sont plutôt dans une attitude attentiste assez largement partagée. Alors qu'en primaire, la mise en place du B2i est loin d'être évidente. L'implatation géographique est assez semblable dans les deux cas. Il reste maintenant à comprendre quel est le taux d'équipement des établissements. On entend souvent dire que le primaire est le parent pauvre et qu'il dispose de moins de moyens, c'est pour cela que la mise en place du B2i y est retardé.

Pour vérifier cette impression il nous faut évaluer le taux d'équipement global des établissements :
Collège

Taille de
l'établissement
Nombre Nombre total
d'ordinateurs
Nombre
moyen par établissement
Nombre total de postes connectés à Internet Nombre moyen par établissement
Moins de 100
4
26
6,50
12
3,00
Entre 100 et 200
17
315
18,53
198
11,65
Entre 200 et 500
93
2402
25,83
1734
18,65
Entre 500 et 1000
118
3143
26,64
2006
17,00
Entre 1000 et 1500
12
302
25,17
274
22,83



Ecole

Taille de
l'établissement
Nombre Nombre total
d'ordinateurs
Nombre
moyen par établissement
Nombre total de postes connectés à Internet Nombre moyen par établissement
Moins de 100
33
135
4,09
65
1,97
Entre 100 et 200
56
454
8,11
203
3,63
Entre 200 et 500
42
568
13,52
212
5,05
Entre 500 et 1000
5
83
16,60
67
13,40



On est de toute façon loin d'un taux de 100% d'équipement si souvent vanté dans les statistiques officielles. Notre questionnaire a permis de mieux cerner ce taux d'équipement en demandant salle par salle les taux de connexion à Internet. Ce dernier indicateur est un signe beaucoup plus réaliste des possibilités d'accès des élèves à Internet.

3 - La représentation de la relation des élèves avec l'ordinateur :

1 - A la maison

La majorité des élèves disposent d'un ordinateur à la maison :

Collège
Ecole
Oui
59
24,18%
34
24,64%
Non
185
75,82%
104
75,36%
Total
244
100%
138
100%



Notre échantillon semble à peu près homogène entre primaire et collège. La représentation qui nous est donnée ici montre que l'ordinateur est désormais perçu par les enseignants comme faisant parti de la vie quotidienne de la plupart des élèves

La pratique d'Internet reste elle beaucoup plus rare. L'augmentation en collège correspond aussi au fait que l'intérêt des enfants pour la recherche de documents et la communication en autonomie croit avec l'âge.

La connaissance que les enseignants ont de l'équipement de leurs élèves est rarement précise, nous l'observons dans les stages d'enseignants que nous animons. Ici ce qui est recherché ce n'est pas le chiffre exacte mais la représentation que s'en font les enseignants. En fait les enseignants ne perçoivent pas l'ordinateur à la maison comme un raz de marée, mais comme un fait encore marginal. Pourtant les statistiques d'équipement auraient tendance à montrer que les taux d'équipement en informatique s'élèvent dans les foyers avec enfants, donc scolarisés. Mais entre la possession d'un ordinateur à la maison et la possibilité d'en faire état dans le contexte scolaire, il y a un certain écart. Les enseignants qui ont répondu à notre enquête semblent être conscients de la place que prend l'ordinateur à la maison

2 - Dans l'établissement scolaire

La mise à disposition des ordinateurs dans les collèges est plus importante qu'en primaire comme nous avons pu l'observer dans notre enquête. Au delà c'est l'usage qui importe. C'est pourquoi les tableaux qui suivent vont apporter quelques éclairages :

Les élèves utilisent les TIC dans l'établissement:

Collège
Ecole
Vrai
199
81,22%
94
68,12%
Faux
46
18,78%
44
31,88%
Total
245
100%
138
100%


Ce tableau permet de mieux comprendre le taux d'accès des élèves à l'ordinateur à l'école. Il montre que la plupart des élèves ont potentiellement accès à cet outil. Nos chiffres sur les taux d'équipement montrent cependant qu'il faudrait décrire plus précisément l'usage et le temps passé sur ces machines.

Les élèves utilisent les TIC en techno :

Collège
Ecole
Vrai
52
21,22%
10
7,25%
Faux
193
78,78%
128
92,75%
Total
245
100%
138
100%


Ce tableau est très surprenant. En effet tous les élèves du collège sont censés passer sur ordinateur au cours du collège. Difficile d'expliquer ces chiffres étonnants qui se partagent entre la méconnaissance de ce qui se fait en cours de technologie et le sous équipement de certaines salles de technologie, mais cela n'apparaît pas dans nos chiffres. Pour le primaire cela est plus logique du fait de l'absence d'enseignement de technologie.

 

4 - Analyse des questions ouvertes


4.1 Les expressions associées au B2i

La demande d'association du B2i à trois expressions cherche à faire émerger les représentations dominantes de ce dispositif.
Nous avons essayer de rechercher de façon comparative les expressions utilisées en collège et en école.
Mots les plus fréquents communs aux deux groupes
Dans le tableau ci dessous on a effectué le rapprochement entre les mots les plus fréquents communs aux deux groupes. Le pourcentage permet de meiux mesurer l'importance de chaque critère par rapport à la totalité des expressions fournies par le groupe de référence. Comme on le constate, C'est le mot "intéressant" qui recueille le meilleur score et cela pour le primaire, alors que c'est autour du mot difficile que se situe le meilleur score du secondaire.

  Maternelle et Primaire (264 réponses) pourcentage Collège (583 réponses) pourcentage
Inutile
3
1,14%
5
0,86%
Outil
3
1,14%
4
0,69%
Nécessaire
5
1,89%
15
2,57%
Indispensable
6
2,27%
10
1,72%
Manque
7
2,65%
3
0,51%
Ambitieux
8
3,03%
8
1,37%
Utile
10
3,79%
25
4,29%
Difficulté/difficile
9
3,41%
28
4,80%
Intéressant
16
6,06%
20
3,43%




4.2 Analyse des question ouvertes sur la mise en place du B2i
La mise en place du B2i se traduit pas des attitudes diverses dans les établissements comme le montre le tableau ci-dessous. La demande d'explicitation que nous avons faite dans le questionnaire a cherché à préciser ce qui se passait dans les établissements.

Etat des lieux
Primaire total
Primaire %
Collège total
Collège %
ignore le B2i
58
42,03%
43
17,55%
attend pour mettre en place
36
26,09%
83
33,88%
a désigné une personne
10
7,25%
37
15,10%
a mis en place un dispositif
34
24,64%
82
33,47%



Dans les trois paragraphes ci-après, nous tentons de rendre compte de façon assez globale et représentative des propos tenus dans les réponses que nous ont fournis les enquêtés.

4.2.1 Les établissement n'ayant rien mis en place

En collège les quatre motifs invoqués pour la non mise en place sont : Le manque de moyens, le désintérêt pour le dispositif, les TICE sont peu mobilisatrices pour les équipes enseignantes (et leur direction) peu compétentes et travaillées par d'autres questions, cela retombe souvent sur le dos du seul professeur de technologie qui refuse.
En primaire deux facteurs sont prééminents le matériel et la formation (culture ?) des enseignants.
Comme on le voit de sérieux motifs de résistance sont en place. Au travers de cet ensemble de propos, il y a surtout une constante qui est culturelle : en effet l'informatique reste encore relativement marginale dans les équipes qui n'ont pas mis en place le B2i. La question des technologies de l'information et de la communication dans l'établissement scolaire reste encore largement une question de représentations sociales, et ne sont absolument pas percues comme un enjeu social fort, tel que le texte du B2i semble vouloir le dire.

4.2.2 Les établissement attendant pour mettre en place le B2i

En collège, l'attentisme est lié soit à des installations en cours, soit à la volonté de ne pas voir trop grand. C'est surtout la question de l'évaluation qui est en cause : recherche de solutions simples et pratiques pour réaliser le B2i
En primaire, trois facteurs ont influencé la mise en place à venir : l'équipement en matériel, le manque de formation à combler, et aussi la mise en place de progression des évaluations.
L'enseignement primaire est davantage en attente de solutions pratiques, techniques et humaines pour se mettre en route alors que le collège marque davantage les difficultés à rentrer dans le dispositif (cf les expressions associées au B2i)

4.2.3 Les dispositifs mis en place dans les établissements

En collège la variété des réponses laisse à penser que le texte a été très largement interprêté. De l'établissement qui a mis en place un dispositif global et interdisciplinaire à l'enseignant qui met en place des cours et un examen B2i on trouve toutes sortes de dispositifs. On note cependant l'importance accordée au feuilles d'évaluation qui soit sous forme de logiciel, de feuille ou de livret sont les pièces clés des dispositifs les plus élaborés. Si la mise en place montre une grande diversité, la pratique est elle très conforme. Autrement dit, il n'y a aucune appropriation de B2i dans un projet plus global d'établissement hormis quelques cas, mais surtout une prise en compte technique des impératifs proposés par le ministère qui ne sont pas remis en cause sur le fond, mais bien sur la forme. De même l'accent est très peu mis sur l'intégration dans les disciplines, mais plutôt sur les compétences techniques.
Voici un exemple d'intégration : " L'équipe du conseil des TICE de l'Etablissement a pris en charge ce projet et a mené les actions suivantes : conception d'un B2i personnalisé pour les 3ème (incluant niveau 1 et niveau 2), présentation et distribution dudit document à l'ensemble des élèves de 3ème ainsi qu'à l'ensemble de l'équipe pédagogique, organisation d'une demi-journée banalisée consacrée à une réflexion autour de la mise en oeuvre du B2i où le prof-doc, le prof de techno et les 2 profs de français des 3ème ont présenté le Module Internet qu'ils mettaient en place pour les élèves 3ème afin d'organiser des activités visant l'acquisition d'un certain nombre des compétences du B2i. Ce premier trimestre s'est focalisé sur les classes de 3ème puisque c'est l'urgence. Au second trimestre s'organisera la conception et la distribution des documents pour les élèves de 6ème, 5ème et 4ème. Objectifs pour la fin de l'année : délivrer les attestations des B2i niveau 1 et 2 à tous les élèves de 3ème, délivrer le niveau 1 aux élèves de 4ème, commencer de valider des compétences du niveau 1 pour les élèves de 6ème et de 5ème. "


En primaire, outre les traditionnelles mises en place de progression et d'évaluation, on notte surtout une très grande intégration du B2i au projet pédagogique de l'établissement et de la classe comme le montre ce passage " Le dispositif est global. Il est mis en oeuvre dans toutes les disciplines développées au sein de ma classe (CM). Je ne fais pas de cours spécifiques, les enfants apprennent les différents éléments du B2i en fonction des besoins nécessaires pour réaliser l'objectif. ". Cette intégration pédagogique est assez nettement repérée dans les propos de ceux qui ont mis en place le B2i.

 

5 - Essai de classification et de typologie des attitudes de mise en place du B2i


L'analyse de contenu des questions ouvertes concernant la mise en place du B2i dans les établissements permet de dégager un début de typologie, ou tout au moins un ensemble de caractéristiques qui permettent d'observer les établissements et de montrer les différentes formes que peut prendre le B2i dans les pratiques. L'ordre des rubriques n'a aucune valeur hiérarchique et les rubriques ne sont pas homogènes. Elles sont révélatrice des façons dont les enseignants évoquent la mise en place du B2i dans leur établissement.
Dans le tableau ci-dessous chacun des éléments indicateur clé retenu est explicité. Ensuite dans le développement, une présentation de réponses type est proposée. Enfin une conclusion proposera une analyse de cette diversité.
La première analyse qui tranche nettement est l'extrême diversité de perception et de présentation des dispositifs en place. A partir de quatre à cinq attitudes globales on s'aperçoit que les réponses apportées à nos questions ouvertes sont beaucoup plus diversifiées et dénotent des attitudes plus complexes que celles que peuvent induire une simple analyse statistique.

Elements clés Présentation
Test Simple mise en place d’une évaluation traditionnelle sous forme d’examen, de contrôle de test de niveau
Formation et test Construction d’une progression permettant de former les jeunes et de les évaluer directement après la formation
Cahier de compétence Fabrication et remise d’un carnet de compétences que les élèves vont garder avec eux au cours de leur scolarité.
Feuille de positionnement Utilisation des feuille de positionnement proposées par le texte officiel du BO et gérées telles qu’elles par les élèves ou les enseignants
Un professeur seul Un enseignant a été désigné ou s’est autodésigné et assume seul la responsabilité du B2i
Deux professeurs (technologie et documentation essentiellement) Les enseignants qui sont le plus impliqués dans l’usage des TIC dans leur pratique professionnelle du fait des matériels et du contenu de leur enseignement s’emparent du B2i.
Une petite équipe volontaire Les enseignants qui utilisent l’ordinateur dans leur pratique pédagogique s’associent pour gérer le B2i
Une équipe volontaire autour des profs de techno Le professeur de Technologie sollicite les collègues qu’il sait utiliser les TIC pour l’aider à gérer le B2i
Le principal (le directeur) et une équipe volontaire Le principal du collège fait appel aux volontaires (lui même étant parfois partie prenante s’il enseigne) pour mettre en place le B2i. Le directeur de l’école primaire est très investit dans les TIC et anime avec ses collègues la mise en place du B2i
Le professeur principal coordonne Il est demandé aux professeurs principaux de solliciter leurs collègues afin de valider le B2i (cf le conseil de classe)
Equipe TICE Une équipe TICE existante au niveau de l’établissement prend en charge la mise en place et la coordination du B2i
Refus de mise en place Il y a refus catégorique soit du principal, soit de l’équipe soit des individus concernés de mettre en place le B2i ; ou alors il y a absence d’information et d’implication.
Utilisation d’une solution logicielle L’établissement fait l’acquisition d’une solution logicielle qui sera mise en œuvre à certains moments pour permettre le suivi et la validation B2i et le renforcement des compétences si nécessaire.
Lien avec itinéraires de découverte (pédagogies de projet de production) L’équipe pédagogique articule le B2i avec les itinéraires de découverte afin de pouvoir former accompagner et valider les compétences de façon transversale.
Dispositif naturel Le B2i est déjà existant sous une autre forme explicite ou non, les TIC sont très intégrées dans les pratiques pédagogiques. Les enseignants y voient juste un élément formel à intégrer à ce qui existe déjà .
Attentisme L’établissement ne sait comment prendre les choses et attend d’en savoir plus (sur les autres établissements en particulier) pour faire quelque chose. Dans ce groupe on trouve aussi les établissements qui n’ont pas les moyens matériels (ou humains) d’assurer le B2i .




Conclusion générale de l'enquête

Plus de 40% des établissement ignorent ou ne mettent pas en place le B2i. Plus de 25% attendent pour le mettre en place. Une grande diversité dans les procédures de mise en place se constate. Il semble donc que le B2i soit mal compris dans les établissements scolaires. La lecture de ce constat peut se faire à plusieurs niveaux qui méritent chacun une étude plus précise. S'agit-il d'une opposition simple à une tocade de ministre ? S'agit-il d'un refus républicain ? S'agit-il d'une inadéquation entre des propositions de technocrates et des réalités d'établissement scolaire ? Ou encore s'agit-il de la non perception par l'école de l'enjeu des TIC ? Ou plus précisément s'agit-il de l'expression du refus par l'école d'admettre que les élèves apprennent en dehors d'elle et que son rôle est en train de changer face à l'information et à l'acquisition de compétences ?

Au delà des critiques méthodologiques nombreuses que l'on peut faire sur cette enquête, elle est suffisamment démonstrative d'un point essentiel : la résistance à la mise en place d'un dispositif promu par le ministère. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de voir apparaître récemment d'autres dispositifs pour lesquels le ministère a mis l'accent de façon beaucoup plus marquée sur l'obligation (les itinéraires de découverte) suite à des difficultés rencontrées antérieurement avec les travaux croisés. Le B2i serait-il moribond ? Il y a lieu de le croire si l'on analyse l'enquête avec précision. Sa faible réception dans les collèges et la multiplicité des intentions pédagogiques et sociales sous jacentes en font un produit d'autant plus complexe qu'il nécessite des équipements que le ministère ne maîtrise pas puisqu'ils dépendent des collectivités territoriales. Par ailleurs le problème culturel reste très présent derrière cette résistance : culture pédagogique d'une part culture technique et informationnelle d'autre part.
Les idées défendues par le B2i autour de la fracture sociale ne sont absolument pas apparentes dans les réponses fournies par nos enquêtés. Nous ne les avons pas sollicités intentionnellement pour éviter l'effet bonne conscience politique habituel. Or il apparaît que le B2i est affaire d'école et pas affaire de fracture sociale. Il est perçu comme un exercice scolaire de plus dans la panoplie de l'enseignement obligatoire.


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