Pratiques pédagogiques (Café N° 4)

Version imprimable Version imprimable

Pédagogie : Le STT a un avenir , Hervé Touron

DOSSIER LOGICIELS

Pédagogie : Le STT a un avenir , Hervé Touron    [ Haut ]

C'est au Maroc, à Rabat, qu'Hervé Touron, un jeune enseignant de 33 ans, a développé des sites et une pratique pédagogique qui ont attiré l'attention du " Café Pédagogique ".

- Quel est votre parcours professionnel, Hervé ?

- Actuellement je suis professeur certifié en économie gestion et j'enseigne en STT au lycée Descartes à Rabat. J'ai enseigné précédemment en 4éme techno industrielle, bac pro industriel, BEP, terminale STT, BTS, IUT (formation continue).

- Et vos sites ?

- J'ai en charge l'animation de 2 sites : STT et TICE. Le premier s'intéresse à l'actualité des STT (par exemple informations en ce moment sur la politique de Renault en matière de e-commerce), publie de nombreux cours et des exercices interactifs de révision pour le bac. D'ailleurs vus en avez parlé dans " Le Café " numéro 3. Le second s'intéresse à l'actualité des TIC (par exemple en ce moment le Mac OS X).

- La série STT est souvent présentée comme une voie de garage. On se rappelle tous une chanson populaire qui présentait négativement les " G ". Vos sites donnent une image bien différente. Comment les utilisez-vous avec les élèves ?

- Les TICE sont un mode de communication qui me plaît au plus haut point. Ils constituent un outil supplémentaire d'une souplesse sans égal. Le site STT est utilisé à 2 niveaux :

  • Au lycée, il est la page par défaut lors d'une connexion à internet. Il fait office de portail et aide à trouver des pistes sur la toile.
  • A l'extérieur : il permet d'assurer un lien permanent entre les élèves et leur enseignement. Il est aussi vecteur de valorisation de la filière et donc induit une plus grande motivation des élèves. Ils accèdent au site depuis leur domicile, internet, ou par un cédérom, gravé à la demande, pour ceux qui disposent d'un poste mais pas d'accès internet.

Les élèves utilisent de plus en plus le site pour réviser, se préparer à l'examen et pour mener des recherches personnelles, dans le cadre de l'épreuve pratique notamment.

- Vous constatez des effets sur les élèves ?

- L'utilisation pédagogique d'internet est un facteur intéressant de remobilisation pour des élèves en difficulté avec un enseignement "plus classique". Il fonctionne à la demande, en fonction des rythmes de chacun. Cela offre un mode de communication supplémentaire. Chaque élève a sa façon d'apprendre, de comprendre. Ce nouvel outil permet un éventail plus large de communication, et donc chacun peut choisir un peu plus sa façon de progresser.

De plus, les outils actuels offrent l'opportunité de construire avec les élèves, leur propre instrument de révision ! C'est ainsi que construire un QCM avec le logiciel " Hot Potatoes " permet de cerner quels sont les points essentiels de la leçon, et de faire la différence entre la réponse approximative et correcte. Construire ses propres outils, pour mieux les utiliser. D'un point de vue plus symbolique, élèves et professeurs se retrouvent "dans le même camp". Nous sommes ensemble face à un problème à résoudre. Une relation plus participative peut s'instaurer. Une fois le travail effectué, mis en ligne, il assure la valorisation du travail de l'élève et de la section par la même occasion.... J'ai même eu des échos d'élèves qui travaillaient avec leur parents leurs révisions !

La communication évolue, télé, jeux vidéo, CDROM, DVD... tout cela fait partie de l'environnement quotidien. Travailler à l'aide d'un site, ou TICE est un facteur de motivation, mais pour combien de temps ? Les TICE se banalisent petit à petit, et ne pas réfléchir à une plus grande intégration, c'est risquer de voir apparaître un fossé entre l'élève et le professeur. Mais attention, un site ne remplacera jamais un professeur, ce n'est qu'un outil !

- Il y a pourtant des difficultés ...

- Les difficultés sont d'abord matérielles : nombre insuffisant (quoique croissant) de points de connexion en libre service au sein du lycée. Il y a aussi la différence culturelle. Même si nos élèves baignent dans la culture française, l'environnement lui est très différent ! Proposer donc une alternative ( et un complément) au support papier contribue à aider un peu plus les élèves. Le site, lui ouvre une fenêtre sur les entreprises occidentales.

- Comment voyez-vous l'avenir de vos sites ?

- La question appelle pour ma part une réponse un peu pessimiste... Nous sommes comme au temps du lancement des radios libres.... On trouve beaucoup de choses sur internet...mais combien survivront ? Le temps des restructurations, fusions, disparitions arrive à grand pas ! Si nos actions ne sont pas prises en compte suffisamment par nos autorités de tutelle (crédit temps suffisant par exemple), la démotivation va vite arriver... et qui sait, nous irons peut-être vendre un jour nos services à un éditeur. Il me semble plausible d'imaginer à brêve échéance une commercialisation des productions pédagogiques TICE si rien n'est fait.

Pour le moment les éditeurs n'ont pas de réelle offre en terme de support en liaison avec internet. Mais qui les empêche de diffuser gratuitement un noyau "dur" comme support et faire payer toutes les actualisations et mise à jour ???? (copie difficile, coût de diffusion en baisse, formule d'abonnement moins douleureuse financièrement, fidélité accrue...)

Bref, nous sommes des professionnels de la pédagogie, et tout travail dans ce sens doit être reconnu comme tel, sinon, d'autre le feront, et cela sera payant. Il serait dommage de passer à côté de l'idée d'un enseignement dont les supports seraient accessibles à tous, sans distinction. La fin des utopies est proche.

Hervé Touron
Site STT : http://www.lycee-descartes.ac.ma/stt
Site NTIC : http://www.lycee-descartes.ac.ma/crntic

Propos recueillis par François Jarraud

| Haut de page |

DOSSIER LOGICIELS    [ Haut ]
QUID DES QUIZ ?

Caroline d'Atabekian

Avec le développement des outils permettant de fabriquer des exercices interactifs, désormais à la portée de tous (techniquement et financièrement), on voit en ce moment fleurir de toute part sur les sites éducatifs des exercices proposant aux élèves - voire aux enseignants - divers tests d'évaluation. Pourtant, culturellement, les QCM ("Questions à Choix Multiples") si prisés dans l'enseignement chez nos voisins britanniques ont mauvaise presse en France. Pourquoi donc ce soudain engouement ? Et que peut-on attendre, dans notre enseignement, en classe, de ce type d'outils ?

L'interactivité, une e-llusion ?

Les QCM sont séduisants par leur interactivité même : en fait, sorti du lien hypertexte qui permet une navigation personnalisée, le Web n'offre pas véritablement de moyens approfondis d'interactivité. Un QCM sur un site éducatif est attrayant pour le visiteur, et l'on peut lui trouver l'avantage de donner l'occasion aux élèves de s'instruire en s'amusant. S'instruire ? En fait, les QCM peuvent se proposer divers objectifs. Du simple test d'évaluation qui renvoie juste une réponse du type vrai/faux, au QCM qu'on pourrait appeler de "remédiation" qui renvoie une explication documentée selon la réponse de l'élève (Un bel exemple : les exercices de Philippe Alfandari sur la deuxième guerre mondiale: http://palf.free.fr/histoire/guerre/quiz. htm - ici, la documentation apparaît une fois que l'élève a coché la bonne réponse), il existe une gamme de qualité des exercices.

Leur réelle efficacité reste bien entendu à démontrer - mais au fait, cherche-t-on à être efficace, ou attrayant? Il est évident que l'efficacité d'un QCM en ligne, si elle dépend de la qualité de l'exercice lui-même, dépend avant tout de la motivation de l'élève qui s'y soumet. Et l'on connaît assez le puissant pouvoir d'attraction du bouton cliquable qui va vous gratifier d'une "bonne réponse!" ou au contraire vous asséner une "réponse fausse!"; peu importe le reste. Ayant pratiqué le QCM interactif en classe, j'ai pu constater qu'il était bien rare, une fois le résultat affiché, que l'élève se préoccupe d'approfondir la notion lorsque sa réponse est fausse. En somme, les QCM en ligne risquent de n'être efficaces que pour des élèves idéaux, c'est-à dire ceux qui en ont le moins besoin, même si on en ressort toujours un peu plus riche.
Il n'y a pas que des QCM !

En fait, ce qui nous manque, c'est un mot. Faute du terme approprié, on range sous les dénominations de "QCM" ou "QUIZ" toutes sortes d'exercices interactifs, qui sont pourtant très variés et peuvent être exploités dans des limites qui n'ont parfois de bornes que notre imagination. Leur point commun : générer, à partir de données saisies par l'enseignant, des exercices interactifs. Je propose qu'on les appelle des "générateurs d'exercices" et, n'ayant pas trouvé mieux pour l'instant, je lance un appel d'offre à celui qui leur trouvera le plus joli nom (le terme "exerciseurs" désignant déjà des logiciels propriétaires offrant des exercices tout prêts).

Les générateurs les plus prisés sont ceux qui permettent de créer des exercices au format HTML (pages Web), que l'on peut rouvrir dans un éditeur HTML et personnaliser, puis intégrer dans un site (internet ou intranet). Parmi eux, le célèbre Hot Potatoes ( http://web.uvic.ca/hrd/halfbaked/ ) permet à lui seul six types d'exercices : un QCM proprement dit, un exercice "à trous" (closures), un générateur de mots-croisés, un QCM particulier (toutes les réponses sont proposées en même temps pour chaque question) à exploiter de diverses manières, un exercice permettant de présenter des phrases ou segments de phrases dans le désordre pour retrouver l'ordre original, un questionnaire "ouvert" (aucune réponse n'est suggérée, l'élève doit lui-même saisir sa propre réponse). Du même auteur, Textoys ( http://www.cict.co.uk/software/textoys/in dex.htm ) propose deux types d'exercices : un exercice d'écriture (toutes les lettres - ou seulement certaines - du texte saisi par l'enseignant sont remplacées par des * , et l'élève doit saisir les mots un par un pour rétablir le texte), un exercice pour rétablir la chronologie d'un texte (les phrases sont présentées trois par trois, il faut choisisr la bonne pour retrouver le texte).

Toujours du même auteur, Quandary ( http://www.halfbakedsoftware.com/quandary / ) permet de fabriquer un parcours interactif: à chaque étape, l'élève se trouve dans une situation qui lui est présentée, et a le choix entre plusieurs manières de réagir. Chacun de ses choix l'emmène vers une autre étape,etc. Il peut à chaque étape recevoir des "atouts" ou au contraire rencontrer des obstacles (du type "le livre dont vous êtes le héros"). Sans compter EXX, un logiciel qu'est en train de nous concocter Yves Ouvrard ( http://www.collatinus.com ), et qui proposera lui aussi de nombreux types d'exercices (tous ceux qui maîtrisent PHP4 sont cordialement invités à lui donner un coup de main).

Il y a donc bien d'autres solutions que les QCM pour fabriquer des exercices interactifs. A partir de ce constat, on peut s'inspirer des exercices proposés dans les manuels scolaires, puis se demander lequel de tous ces exerciseurs conviendrait le mieux pour faire un exercice du même type. On s'aperçoit alors de la richesse potentielle des générateurs d'exercices.

Et en classe ?

Si les exercices interactifs en ligne sont attrayants, reste à savoir ce qu'on peut en attendre réellement en classe, où l'efficacité est de mise. Le problème qui se pose n'est pas différent, en fait, de celui posé par les logiciels d'éditeurs qui proposent des exercices tout faits : comme le rappellent souvent les éditeurs, en effet, il ne s'agit pas de donner aux élèves une série d'exercices et d'attendre que le cours se passe. Les exercices sont efficaces dans la mesure où ils sont intégrés dans une séance de cours construite et qu'ils interviennent ponctuellement pour illustrer ou introduire une notion. A ce titre, ils sont préparés et commentés avec les élèves, et l'enseignant accompagne ceux-ci pendant l'exercice. 3

Or les exercices "maison", que l'on fabrique nous-mêmes, comme ils sont assimilés aux QCM (et en effet ce sont des QCM proprement dit que l'on trouve le plus), sont conçus non pas comme des exercices d'entraînement, mais comme des exercices d'évaluation, pace que le QCM dans l'histoire de l'enseignement a toujours été assimilé à l'évaluation (ou à l'autoévaluation). Cela peut changer ! Avec ces outils, on peut en effet créer entièrement ses cours sur un support numérique (document de texte, pages Web) et y intégrer quelques-un des divers exercices décrits ci-dessus en guise d'entraînement, exactement comme on utilise les exercices d'un manuel scolaire. Imaginons par exemple un cours présenté sous forme de pages Web contenant divers documents puis un lien vers des exercices d'entrainement. L'enseignant peut présenter le cours, puis inviter les élèves à en suivre seuls le cheminement.

Quel avantage, direz-vous? Là encore il ne s'agit pas de dire en début d'heure aux élèves :"lisez le cours puis faites les exercices". L'enseignant peut présenter oralement le cours et en fixer les objectifs, puis laisser les élèves travailler en autonomie et en profiter pour les aborder un par un et s'enquérir des difficultés spécifiques de chacun. Par exemple, certaines parties du cours particulièrement importantes (ce que l'élève doit retenir) peuvent être présentées d'une manière particulière de sorte que les élèves sauront qu'il s'agit d'un paragraphe de cours à recopier sur leur cahier. Le parcours de l'élève l'amène alors à faire les exercices interactifs d'entrainement. Pour l'évaluation en revanche, on peut très bien imaginer d'y ajouter des exercices à faire sur feuille. L'exercice interactif permet alors à l'élève de se familiariser avec la nouvelle notion, et l'exercice sur feuille, qui requerrait la même compétence, permet à l'enseignant de vérifier que la notion a été acquise.

Les élèves travaillant de façon autonome, puisqu'ils avancent chacun à leur rythme et n'ont pas besoin d'attendre la correction des exercices pour passer à la suite, l'enseignant se trouve disponible pour apporter de l'aide à ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, il n'est plus au centre de la classe celui qui dispense le savoir, mais à la périphérie, celui qui fait le tour des élèves et médiatise auprès d'eux le savoir contenu dans la machine (savoir qu'il y a mis lui-même, bien entendu...). Cette médiatisation, qui fait toute la différence entre un cours "en ligne" où l'élève est seul et un cours "en classe" où il est accompagné, me paraît nécessaire. Elle est la partie humaine indispensable qui entre en jeux dans le rapport de l'élève au savoir. Il ne passe pratiquement rien de l'ordinateur à l'élève si cela ne transite pas par les paroles irremplaçables du professeur.

Ce type de cours est aussi un moyen de mener chaque élève là où il peut aller: comme chacun avance à son rythme, on peut en effet se proposer un objectif minimum à atteindre dans l'heure, mais on peut aussi proposer, pour ceux qui seront plus rapides, des objectifs plus approfondis. Voilà en tout cas les deux principaux changements que les nouvelles technologies ont apporté dans ma classe : une sorte de "décentralisation" du savoir qui rend l'enseignant disponible, et un outil efficace de pédagogie différenciée.

Liens utiles :
HOT POTATOES :
Le site des utilisateurs francophones de Hot Potatoes (manuel d'utilisation au format pdf et fichier de traduction de l'interface en français)
http://www.multimania.com/toilefle/hotpot .htm
Le mode d'emploi en français:
http://ecolestjeanb.free.fr/hot_potatoes/ accueil.html
Le mode d'emploi sous forme de copies d'écrans :
http://framanet.free.fr/framanautes/frama nautes.htm
Apprendre aux élèves à fabriquer des exercices avec Hot Potatoes :
http://www.etab.crdp.ac-caen.fr/amfrevil/ jm99/hotpot/hotpot_pres.htm
Liens vers des sites utilisant Hot Potatoes:
http://ecolestjeanb.free.fr/hot_potatoes/ liens.html

QUANDARY :
Le fichier qui permet de traduire l'interface en français:
http://framanet.free.fr/framanautes/quand ary/quandary.htm
Un exemple de parcours interactif en anglais:
http://www.halfbakedsoftware.com/quandary /examples/landlady.htm

39 OUTILS POUR CREER DES EXERCICES INTERACTIFS THOT :
http://thot.cursus.edu/rubrique.asp?no=78 78

| Haut de page |

Les collecticiels au service de l'enseignement et de la formation

Bruno Devauchelle

La mise en réseau des ordinateurs à suscité une littérature abondante autour des bienfaits de la mutualisation. Les travaux sur les réseaux d'échanges réciproques de savoir (Claire et Marc Héber Suffren) au cours des années 80 avaient montré que cette piste était prometteuse et porteuse de nouvelles formes de vie sociale. L'emploi du mot réseau et ses multiples déclinaisons dans de nombreux milieux (Hervé Seyriex par exemple pour le monde de l'entreprise) a donné prise à une idée récurrente dans le monde des TICE : ainsi s'inventerait un monde nouveau fait de solidarités et d'échanges. Cette générosité est souvent mise a mal dans la vie quotidienne de nos établissements dans lesquels le sentiment d'isolement est souvent évoqué.

Pour accompagner ce mouvement de développement des réseaux en éducation, des bulletins comme celui-ci, ou des listes de diffusion et de nombreux sites Internet proposent à chacun de découvrir cette culture et d'y participer non seulement comme spectateur, mais aussi comme acteur. Or il y a là une difficulté fondamentale qui est liée à une culture globalement individualiste du monde enseignant. Pour aider au développement de cette culture de réseau, il peut être intéressant d'expérimenter des pratiques à l'aide des outils que nous proposent les TIC. Plusieurs outils apparus au cours des deux dernières années gagnent peu à peu leur place et peuvent permettre de développer des " réseaux humains et technologiques " de façon aisée et efficace. Deux logiciels gratuits semblent permettre d'aller dans cette directions : Kanari et Groove.

Le concept de collecticiel

Trois outils principaux permettent de regrouper des individus dans des communautés virtuelles : la base d'information (site Internet, consultation ) , la communication synchrone (Chat, conférence, échange en direct) et la communication asynchrone (Forum, newsgroups, messagerie, échange en différé). Autour de ces outils se sont développées des pratiques que l'on peut largement observer sur Internet actuellement. Toutefois la mise en œuvre de ces outils suppose une compétence technique qui n'est pas aussi simple que les spécialistes veulent bien le dire. De plus ces outils fonctionnent selon une logique centralisatrice qui effraie un certain nombre d'utilisateurs qui y voient une dimension qui les dépasse et les impressionne. Ces pourquoi des concepteurs proposent des logiciels qui permettent de répondre à ces deux inquiétude en se basant sur les architectures poste à poste, d'une part, et en proposant des solutions intégrées faciles à mettre en œuvre à une petite échelle (de trois ou quatre personnes à plusieurs dizaines). Ces produits proposent de mettre à disposition des utilisateurs des espaces de collaboration et d'échange au travers de logiciels qui, de façon transparente, s'appuient sur l'architecture Internet et donc ne nécessitent aucun savoir faire technique.

Le logiciel Groove est un produit anglosaxon (Groove Network, Inc.) et disponible gratuitement par téléchargement sur http://www.groove.net . Ce produit de travail collectif s'appuie sur la communication synchrone et la base d'information partagée Il propose à l'utilisateur de créer des espaces composés d'un ensemble d'outils dont la base est le chat. Autour de ce chat on trouve un gestionnaire de calendrier, des forums, des espaces de partage de fichiers textes programmes ou images, du dessin partagé et la navigation sur Internet. Toutes ces activités peuvent être exercées en mode synchronisé au sein d'un groupe de travail ou en mode désynchronisé si la communication est interrompue en attendant la reconnexion. Il s'agit donc bien d'un véritable logiciel de " groupware ", ce que confirme son origine (son concepteur est aussi celui qui fut à la base de Notes de Lotus).

Le logiciel Kanari est un produit " international " (kanari world) qui se présente ainsi : " Kanari est le premier logiciel de messagerie de communautés Internet ". Il propose à l'utilisateur de créer des " espaces " autour de trois éléments essentiels : la messagerie, le forum et la base d'information. Il ne fonctionne qu'en mode asynchrone et ne suppose donc pas la présence simultanée des participants pour que la communauté vive. Le logiciel dont l'interface est dans la langue que l'utilisateur choisi à l'installation est très facile à prendre en main et devient vite évident techniquement pour les utilisateurs habitués à l'usage d'un logiciel de messagerie.

Les usages pédagogiques possibles

Quel peut être l'intérêt de tels produits pour l'enseignement ? En premier lieu l'enseignement professionnel trouvera là des outils pratiques pour mettre en œuvre des pratiques collectives sans avoir à déployer des architectures lourdes techniquement et en se centrant sur les usages. Ensuite l'intérêt de ces outils sera facilement perçu dès lors que les élèves et les enseignants ne sont pas présents ensembles dans l'espace classe. La possibilité de créer un espace virtuel de travail collectif permettra à l'équipe enseignante d'assurer un suivi, un accompagnement des élèves en continu sans l'astreinte de déplacements. Les professeurs qui veulent engager leurs élèves dans des projets d'échanges avec d'autres établissements pourront utiliser avec profit ces outils pour gérer la communauté dans le temps et dans l'espace et promouvoir ainsi les échanges entre les participants.
Dans le cadre plus général du développement des formations flexibles, les enseignants et formateurs trouveront là un support qui constituera un " fil conducteur " pour l'ensemble des participants.
Si l'on se place sur le plan de l'apprentissage, on pourra voir dans l'usage de ces outils un support pour rendre autonome l'apprenant et pour permettre des échanges de savoir entre l'ensemble des participants. Cela suppose d'aller vers des pédagogies qui donnent progressivement sa pleine responsabilité à l'apprenant dans la gestion de son parcours d'apprentissage et au groupe un rôle de producteur de savoirs au service du l'ensemble des participants. Certes ces pédagogies sont peu en phase avec le modèle scolaire traditionnel, mais elles sont possibles dans de nombreux cas et pourraient permettre d'amorcer une évolution du rapport entre le temps de l'élève et celui de l'enseignant, comme cela est en cours d'expérimentation dans différents lieux.

Conclusion

L'usage de tels logiciels semble prometteur en milieu éducatif pour peu que les enseignants les plient à leur projet pédagogique. Le logiciel Kanari semble actuellement le plus adapté à un travail scolaire parce qu'il est très accessible et ne repose que sur la messagerie électronique qui est désormais très familière à tous les utilisateurs d'Internet. Les essais auquel nous avons procédé ont mis en évidence qu'un temps court de formation des utilisateurs est nécessaire, de l'ordre de la demi journée, afin de mettre en place les procédures d'installation et de gestion des espaces collectifs. Ce logiciel ne s'appuyant pas sur un ordinateur central ou sur un poste serveur, il interdit un contrôle d'un administrateur sur l'ensemble des activités qui se déroulent dans ces communautés. C'est la philosophie poste à poste qui est à l'œuvre réellement ici, avec ses avantages en matière des souplesse, et ses inconvénients en terme de surveillance et de contrôle : mais est-ce là un objectif de la pédagogie, en soi ?

Bruno Devauchelle
Cepec Lyon.

[ Haut ]

Archives de la rubrique Pratiques pédagogiques :

Café  n°1 - n°2 - n°3 - n°4 - n°5 - n°6 - n°7 - n°8 - n°9 - n°10 - n°11 - n°12 - n°13 - n°14 - n°15 - n°16 - n°17 - n°18 - n°19 - n°20 - n°21 - n°22 - n°23 - n°24 - n°25 - n°26 - n°27 - n°28 - n°29 - n°30 - n°31 - n°32 - n°33 - n°34 - n°35 - n°36 - n°37 - n°38 - n°39 - n°40 - n°41 - n°42 - n°43 - n°44 - n°45 - n°46 - n°47 - n°48 - n°49 - n°50 - n°51 - n°52 - n°53 - n°54 - n°55 - n°56 - n°57 - n°58 - n°59 - n°60 - n°61 - n°62 - n°63 - n°64 - n°65 - n°66 - n°67 - n°68 - n°69 - n°70 - n°71 - n°72 - n°73 - n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78 -

 
  La rubrique Pratiques pédagogiques dans les archives :
 • Les dernières éditions du Café :
n°74 - n°75 - n°76 - n°77 - n°78
 • Les archives complètes


 • Envoyer une info
 • Nous écrire


 • S'abonner à cette rubrique
 • Nous connaître
 • Nous aider
 • Version imprimable