Primaire (Café N° 77)

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Vie de la discipline

Pour le prof

Édition du 12-11-2006

- Lucie Gillet, Stéphanie Leschiera, Pierre-Marie Lasseron, Patrick Picard -

- A la Une : Evaluation nationale de CE1 : exercices mal ciblés ou trucage délibéré ?

Les résultats sont-ils en baisse ou les exigences en hausse ? Pour la première année, les évaluations des élèves de CE1 sont généralisées dans toutes les écoles de France. Et les premiers résultats inquiétants.

De nombreux témoignages recueillis depuis quelques semaines nous permettent d’ores et déjà de pointer un problème majeur : les épreuves retenues (et les instructions en matière de codage de résultats) mettent en difficulté une proportion d’élèves sans commune mesure avec les résultats des années précédentes. De nombreuses classes affichent un pourcentage d’élèves identifiés " en grande difficulté " supérieur à 60%.

Résultat, ici, un inspecteur prend conscience du malaise et suspend toute passation. Là c'est un inspecteur d'académie qui fait état publiquement de ses doutes sur la validité du protocole retenu. Partout, les circonscriptions sont débordées par la demande de livrets « B » supplémentaires.

Pour certains items, la distorsion est flagrante avec le protocole de l’an passé. Ainsi la double page de l’exercice 1, demandant aux élèves de choisir les mots correctement orthographiés en dessous de leur image, également présente dans les évaluations de CE2, est massivement échouée, en particulier du fait du codage prescrit : zéro défaut imposé.

Evidemment, quelques âmes mal pensantes suspectent la manipulation, en ces temps de polémique médiatique sur la lecture : le meilleur moyen de pouvoir dire n’importe quoi sur la question, c’est de casser l'échelle du thermomètre pour ignorer l’état de la fièvre. Annoncer publiquement une inflation de difficultés scolaires en début de CE1, ne serait-ce pas le dernier argument d’un ministre acculé à la gesticulation médiatique pour assurer son propos sur " tout fout le camp " ?

"Pourtant", explique Michèle, suivant depuis plusieurs années ses élèves en cycle II en ZEP, "les résultats de la cohorte de cette année ne sont ni pires ni meilleurs que ceux de l’an passé. Mais je suis sûre que les exercices choisis et la manière de coder entraînent une performance aux tests bien plus négative".

Pour ne pas céder à la paranoïa, il faut revenir sur la genèse de cette évaluation. Sa construction a été produite, de 2002 à 2004, par un groupe très hétérogène autour de la Desco (Direction de l’Enseignement Scolaire du ministère de l'éducation nationale) et de la Dep (Direction de l’Evaluation et de la Prospective). Constitué de chercheurs (linguistes, psychologues, didacticiens), de représentants de l’Inspection Générale, d’acteurs de terrain (IEN, CPC, enseignants), ce groupe s’est posé toutes les questions nécessaires pour "cadrer" cet exercice. Quelle part pour la numération ? Et les pseudo-mots ? La production d’écrit ? Les activités de compréhension ? Quel niveau de vocabulaire exiger pour les textes proposés à la lecture des élèves ? Quel niveau de langue ? Quel codage des items ? Combien de temps de passation ? Selon quelles modalités ? Quels items sont réellement basiques, prédicteurs des difficultés ?... Le codage des résultats a été lui aussi au centre de discussi
ons p
assionnées : à quel niveau d’échec va-t-on demander à l’élève de passer la partie complémentaire de l’évaluation ? 3/ 15 ? 5/15 ? 8/15 ?

A partir du travail statistique réalisé dans cette première phase, les items retenus avaient été choisis pour arriver, en moyenne, à un taux de réussite de 85% de bonnes réponses à la première épreuve, afin de bien identifier ces 15% d’élèves dont on sait qu’ils posent problème à l’Ecole. Evidemment, ce 15% est inégalement réparti sur le territoire national : dans certaines ZEP, on peut arriver parfois à 50%.

Mais cette année, les résultats semblent montrer une aggravation conséquente des résultats : hors ZEP, les élèves en difficulté sont souvent 30 à 40%, pour monter à 80% dans les zones ZEP. Dans ces conditions, il y a fort à parier que l'évaluation nationale ne puisse aider en rien les enseignants pour adapter leur enseignement.

Difficile de savoir qui a décidé de la forme finale que prendrait le protocole. La Desco est aux abonnés absents et le groupe de pilotage qui avait monté le protocole initial a été dispersé. Pour le moment, au ministère, on affirme attendre les remontées du terrain pour la mi-novembre. On veut croire que les enseignants ont peur de la nouveauté. Comme si ce genre d'évaluation était inédit.

Si le ministère veut montrer que ce dérapage est autre chose qu’une manipulation supplémentaire pour truquer les chiffres, il va falloir qu’il fasse rapidement quelque chose. S’il ne dit rien d’audible, il sera une fois de plus contreproductif, faisant douter encore plus les enseignants de l’utilité de centrer leur activité sur les évaluations diagnostics, qui sont pourtant un outil efficace pour accompagner les maîtres dans la compréhension des difficultés des élèves. (Avec Patrick Picard)
L'évaluation en CE1 sur le site de la Desco
http://eduscol.education.fr/D0069/aide-evaluation-ce1.h[...]
Quelles difficultés ont les enseignants avec les évaluations institutionnelles ? (pdf)
http://zep89.ouvaton.org/pp/DiffEvalEnseign.pdf
Le même document, avec les annexes (pdf 3 Mo)
http://zep89.ouvaton.org/pp/PICARD_CE1_EVAL_COMPLET.pdf

Et votre avis ?
http://www.cafe-leblog.net/index.php?2006/09/05/34-temo[...]

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- Actualité

- Lecture : Robien recule
"Suite à un courrier de Pierre Frackowiak, le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a pris acte de ses regrets et a pris bonne note de l'affirmation de sa loyauté à l'égard des textes officiels". Le communiqué du 31 octobre de G. de Robien ne promet pas l'enterrement de la procédure disciplinaire lancée contre Pierre Frackowiak, cet inspecteur de l'éducation nationale poursuivi pour avoir critiqué la méthode préconisée par le ministre. Mais pour l'intéressé, il "va dans le sens de l'apaisement... Je (l)'interprète comme un pas vers une issue positive de la procédure disciplinaire".

Le même jour, selon l'AFP, Roland Goigoux a appris qu'il pourrait participer à deux séminaires officiels de formation sur la lecture.

- Un rapport de l'inspection souligne le trouble créé chez les professeurs d'école
"Les dernières semaines ont créé, chez les parents comme chez les maîtres, un trouble préjudiciable à un fonctionnement serein de l'école. Il est aujourd'hui nécessaire de rassurer les parents et de conforter l'action des professionnels de terrain en disant clairement la confiance dans le travail réalisé". Demandé par Gilles de Robien au début de l'année, en pleine campagne médiatique sur la méthode syllabique, le rapport de l'Inspection générale sur "l'application de la circulaire du 3 janvier 2006 et de l'arrêté du 24 mars 2006 sur l'apprentissage de la lecture", rédigé par Viviane Bouysse, Philippe Claus, Michèle Leblanc et Martine Safra, ne cache rien du trouble qui touche les enseignants.

Il souligne autant l'impact de la campagne de Sos Education que les dérapages ministériels. " Au-delà des incidents internes à l’Éducation nationale, qui ne sont pas sans effets sur les personnels enseignants et sur les inspecteurs - tensions dans certains conseils d'IEN, questions vigoureuses dans les instances paritaires -, c'est la publication dans la presse quotidienne régionale d'encarts de l'association SOS éducation qui a suscité de réelles inquiétudes sur le terrain4. L'amalgame fait entre manuel et "méthodes", la mise en cause explicite des enseignants ne sont évidemment pas acceptés de professionnels qui font leur métier sérieusement. Les maîtres se sentent sous surveillance ou remis en cause par des parents inquiets".

Il atteste du sérieux du travail des enseignants. Certes, "la prise en charge de l'hétérogénéité des élèves demeure délicate..., la continuité des apprentissages entre grande section de maternelle et CP est mal assurée". Mais "le temps consacré à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture dépasse souvent ce qui est demandé dans les programmes... les enseignants ont conduit une vraie réflexion sur les supports de l'apprentissage de la lecture..., (ils) ont engagé le travail sur le code qui leur est demandé".

Le ministre a-t-il vraiment changé l'enseignement de la lecture ? L'Inspection sauve les apparences : " Les maîtres du cours préparatoire sont très conscients de la responsabilité qui est la leur. Ils travaillent avec un grand sérieux et prennent à c˛ur leur mission. La circulaire du 3 janvier 2006 et l'arrêté modificatif des programmes ne leur ont pas posé de problème. Ils mettent en place un apprentissage structuré, probablement davantage et plus tôt qu'ils ne le faisaient, et engagent pour la plupart l'étude systématique des relations graphèmes phonèmes".

Mais ce que montre surtout le rapport c'est que les enseignants ont continué la réflexion amorcée autour des programmes de 2002. Les injonctions du ministre de changer de manuels sont restées lettre morte. Ne cherchez pas de méthode syllabique dans les classes. Selon l'inspection, qui acquiesce à ces choix, les maîtres utilisent Ribambelle, Ratus, Abracadalire, Mika ou Que d'histoires, des ouvrages qui permettent des approches mixtes.

Très logiquement l'Inspection invite au calme. Pour elle, il faut " poursuivre le travail engagé sur le terrain en évitant dans l'immédiat la publication de nouveaux textes". La dernière recommandation sonne fort rue de Grenelle. " Aider les enseignants à retrouver de la sérénité : faire confiance aux maîtres de CP et aux cadres intermédiaires, qui ont montré dans leur immense majorité leur engagement et leur sérieux. Si possible, en communication publique, tendre à corriger les représentations mécanistes qui ont pu s'installer dans le grand public... Les maîtres doivent mobiliser des stratégies et des techniques variées pour prendre en charge la variété des fragilités, des difficultés, des atouts et richesses de leurs élèves. C’est là leur responsabilité, c’est là que réside leur expertise professionnelle, qui peut certes être perfectionnée mais qui doit être respectée".

Le rapport de l'Inspection amènera-t-il le ministre à condamner la campagne de Sos Education ?
http://media.education.gouv.fr/file/39/9/3399.pdf

Jean-Emile Gombert appelle à la désobéissance :
"Aucun chercheur sérieux ne peut prétendre connaître la bonne méthode de lecture ! Les résultats scientifiques conduisent à affirmer la nécessité d’enseigner, dès le début du Cours Préparatoire, les correspondances entre les lettres et les sons, mais ils ne permettent pas de trancher sur la meilleure façon d’y parvenir : par une méthode syllabique (le b-a- ba), par décomposition des mots en unités de plus en plus petites, ou par une démarche qui combine ces 2 approches... Il est erroné d’affirmer que la recherche scientifique impose l’utilisation de la « méthode syllabique », et qu’elle serait la mieux adaptée au fonctionnement du cerveau. Il est insensé de rendre cette méthode obligatoire, de sanctionner les Inspecteurs qui en dénoncent le simplisme, et d’interdire aux formateurs d’expliquer, en accord avec les textes officiels, la complexité de l’enseignement de la lecture. Face à des instructions contraires aux textes, il convient d’initier un large mouvement de grève du
zèle, de refuser d’enfermer l’enseignement de la lecture dans le b-a- ba ; en d’autres termes, il convient d’appliquer les textes, donc de désobéir au Ministre qui les caricature".
Dans un article adressé à Education & Devenir, Jean Emile Gombert, professeur de Psychologie du développement cognitif à l'université Rennes 2, appelle clairement à la désobéissance devant les décisions ministérielles sur la lecture.

M. Gombert est un spécialiste de l'apprentissage de la lecture. Ses travaux sur le déchiffrage et sur le décodage ont été parfois utilisés par Gilles de Robien pour appuyer sa décision d'imposer la méthode syllabique.

Par exemple, le très récent DVD "Apprendre à lire" diffusé par le ministère de l'éducation nationale auprès des enseignants, utilise son autorité pour justifier les thèses ministérielles. Au prix, il est vrai, de coupes sévères dans les propos de M. Gombert, comme le Café l'a démontré récemment. Le ministère avait simplement coupé les propos hostiles à la méthode syllabique de M. Gombert...

Finalement, la manoeuvre se retourne contre ses auteurs. Cette déclaration, signée très clairement "Caution récalcitrante" répond à cette manipulation et rétablit la pensée de M. Gombert.
http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm#zele
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index021006.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/dvdlec[...]
http://www.bienlire.education.fr/01-actualite/document/[...]


Lecture : Brissiaud répond à Robien
"Même lorsqu'on prend acte du fait que le ministre ne condamne plus la liberté pédagogique, on n'en regrette pas moins vivement ses prises de position de rentrée parce qu'elles ont déjà engendré la défiance de certains parents envers les enseignants" déclare Rémi Brissiaud, maître de conférence à l'IUFM de Versailles, dans Libération.

"Et l'affaire est loin d'être close. En effet, au CP, certains élèves restent longtemps sans savoir lire. C'est inévitable pour de nombreuses raisons, dont le fait, par exemple, qu'un élève né en janvier et un autre né en décembre ont presque un an de différence. Or de nombreux parents, aujourd'hui, croient de bonne foi à la supériorité de la méthode syllabique telle que Gilles de Robien l'a définie dans ses interventions. Les 22 chercheurs l'ont rappelé : cela n'a aucun fondement scientifique mais les parents l'ont tellement entendu sur les ondes et lu dans les journaux ! Plus l'année scolaire s'écoulera, plus les parents des enfants qui présentent un rythme d'apprentissage moins rapide seront tentés d'accuser le maître .... Que faire aujourd'hui pour tenter de réparer les dégâts déjà occasionnés et pour favoriser le retour à une certaine sérénité ? Depuis de nombreuses années, la quasi-totalité des enseignants utilisent des méthodes qui combinent des approches synthétiques et a nalytiques de la correspondance lettres-sons. Le ministre, qui aime employer des mots que tout le monde comprend, ne devrait plus se refuser aujourd'hui à utiliser le mot «mixte» pour qualifier ces méthodes. Et il devrait maintenant déployer autant d'énergie à vanter les mérites des méthodes mixtes qu'il en a déployé jusqu'ici à vanter ceux de la syllabique. Le fera-t-il ?"
http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/215172.FR.php
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/calcul/index.ph[...]


- Journée d'action des directeurs le 22 novembre
S’il cherche à apaiser le terrain de la lecture, Robien ouvre un nouveau front en tentant de casser l’action des directeurs d’école. Il vient de demander aux recteurs et aux inspecteurs d’académie de menacer de retrait de salaire les directeurs qui ne renverraient pas les documents administratifs. Il tente sans doute de jouer à quite ou double, au moment où il espère que la signature du protocole « Direction d’école » par le Syndicat des Enseignants rende le front du refus plus fragile. Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir du mouvement : les directeurs vont-ils abdiquer devant la menace, ou au contraire réagir plus fort ?
"Contrairement à ce qu’affirme le ministère, le mouvement des directeurs et directrices d’écoles se poursuit". Le Snuipp et le Sgen-Cfdt réagissent à la déclaration du ministère annonçant la fin du mouvement des directeurs. Ils soulignent que "30% des enquêtes de rentrée, malgré les pressions du ministère, sont toujours bloquées". Les deux syndicats, qui n'ont pas signé le protocole d'accord proposé par le ministère, demandent une meilleure reconnaissance de la fonction de directeur.

Le Snuipp-Fsu et le Sgen-Cfdt appellent "leurs organisations départementales à faire du mercredi 22 novembre une journée nationale d’actions".
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1219.html

- Langues : PrimLangues lance un concours de poèmes
Poésie en liberté et PrimLangues, le site institutionnel du ministère français de l’Education nationale, organisent un concours de poèmes en langues étrangères. Entre le 1er novembre 2006 et le 31 janvier 2007, les classes d’écoles primaires du monde entier seront invitées à déposer un poème (5 à 20 lignes maximum) dans leur langue maternelle en se connectant sur le site www.poesie-en-liberté.org. Du 31 janvier 2007 au 31 mars 2007, les classes françaises de cycle 3 de France métropolitaine, seront invitées à participer au concours PrimLangues « dire un poème en langue étrangère » en choisissant un poème parmi ceux déposés lors de la phase précédente.
http://www.primlangues.education.fr/php/actualites.php


- L'Université d'automne de La Londe refait l'Ecole
Ca fait six ans que ça dure, et manifestement ça ne se guérit pas. Plus de 400 enseignants des écoles qui traversent la France et paient leur place pour aller entendre, trois jours durant, une quarantaine de chercheurs en éducation... L'attrait de la mer et de l'été indien varois ? Certes, le bonus est apprécié. Mais il faut attendre la fin de la soirée (ou parfois la nuit) pour voir errer quelques grappes prenant l'air. Parce que de 8h 30 du matin à 22h, ça carbure... Toutes les deux heures, changement de cavalière. Le speed-dating de la pédagogie, le coq-à-l'âne professionnel : les maths, l'EPS, le sexisme à l'école, la maternelle la littérature de jeunesse, la place de l'art à l'école, la notation, l'informatique, l'école rurale, l'usage de sa voix (eh oui, c'est le premier outil professionnel...), la liaison CM2-6e... Comment choisir ?

Cette année encore, il a bien fallu constater que la potion a pris. Certes, les débats ne se sont pas forcément limités à l'empathie, thème de la conférence en plénière de Boris Cyrulnik : Goigoux ne s'est pas gêné pour discuter en toute franchise de ce qui fâche en lecture, Guérin a prôné le changement de structures scolaires en essuyant les doutes de la salle devant les carences de pilotage institutionnel, MC Courteix a défendu bec et ongle la nécessité de l'intégration des élèves handicapés, face à une salle confrontée chaque jour aux manques de moyens d'accompagnement, Garcia-Debanc a prôné un enseignement exigeant de l'ORL, Brissiaud et Charnay ont développé avec verve leurs options pour les maths...

Découvrez le dossier spécial du Café sur l'université d'automne du Snuipp.
http://cafepedagogique.net/dossiers/univsnuipp06/

- Comment l'art vient aux enfants ?
L'Observatoire de l’enfance en France et l'INRP en partenariat avec Le Monde de l'éducation organisent le 29 novembre à Vitry (94) un séminaire sur l'éducation artistique dans l'enseignement primaire.
Contact : contact@observatoire-enfance.org
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/collmat/

- Convention avec l'Usep
Le ministère publie la convention le liant à l'Union sportive de l'enseignement du premier degré (Usep). Elle prévoit l'organisation de rencontres sportives et le développement de l'apprentissage à la vie civique et associative.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/37/MENE0602407X.ht[...]

- L'Ecole de proximité au Sénat
"L’Ecole de proximité est le socle historique de notre système éducatif. C'est le cadre le plus performant pour la réussite de tous les élèves". Du passé à l'avenir, les partisans de l'école de proximité mobilisent aussi bien Jules Ferry que Célestin Freinet. Ils ont une certitude :le modèle d'école qui leur tient tant à coeur est à même de répondre aux problèmes de l'école française. Et si c'était vrai ? Les défenseurs de l'école de proximité ont tenu congrès à Paris le 18 octobre avant d'inviter les Français à (re)découvrir leurs écoles au Salon de l'éducation le 19 novembre. De bonnes occasions pour écouter leurs arguments et comprendre ce qui motive ce mouvement.
http://ecoledeproximite.free.fr/


- Mixité sociale et sectorisation dans FSC
"Oui, des études récentes montrent que selon les territoires, les chances de réussite des élèves peuvent être différentes. Cela s’explique en partie par la plus ou moins grande mixité sociale des écoles et des établissements ; par la stabilité ou l’instabilité des équipes, par l’expérience ou à l’inexpérience des professionnels, par la coopération des différents acteurs en interne et à l’externe de l’école. Or, les familles ne sont pas égales face à ce qui au final s’agrège et constitue cet « effet territoire » car certaines, parce qu’elles ont plus de ressources peuvent s’en affranchir plus facilement que d’autres". Fenêtres sur Cours n°290 offre un important dossier sur la sectorisation.

Il mêle témoignages d'enseignants et de chercheurs comme la géographe Catherine Barthon et la sociologue Brigitte Monfroy. Pour elles, l'école garde sa place dans la lutte contre la ségrégation. "Certaines observations locales montrent en effet que la mixité résidentielle n’a pas forcément d’incidence sur la mixité à l’école. Pour cette raison, il faut aussi chercher des solutions du côté de l’école. C’est d’abord en travaillant à rendre plus égalitaire l’offre de formation et en maintenant un objectif commun de réussite pour tous les élèves que l’on réduira les écarts. On sait aujourd’hui que là où se mettent en place des expérimentations, du travail en équipe, des fonctionnements innovants dans certains quartiers défavorisés, la réussite des élèves et l’attrait du projet pédagogique suffisent à rendre de nouveau attractives ces écoles et à leur conférer davantage de mixité. Le vrai défi à relever aujourd’hui est sans doute à chercher du côté de ces expériences en les transférant et en assurant leur pérennité".
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc290.pdf

- Les radios scolaires en podscast
Ecoutez les émissions de l'école d'Hénouville, de l'école Houot ou de celle de l'Amiral Courbet (par exemple) sur votre ordinateur ou votre lecteur mp3. C'est ce que propose Thierry Coz dont le site accueille déjà une trentaine d'émissions. Bientôt dans le Café, le témoignage de ces enseignants sur les bonheurs et les difficultés de ce genre de projet…
Les podcats
http://podcast.ac-rouen.fr/


- Maternelle : Pour ou contre la collation ?
La collation est présente dans de très nombreuses écoles maternelles. C'est un moment important pour apprendre à vivre ensemble. Mais le Bulletin de liaison des enseignants de l'Essonne (n°38) nous apprend que c'est aussi une pratique contestée.

En effet la collation habitue l'enfant à un cinquième repas quotidien ce qui n'est pas sans conséquence sur son poids. Pour Joëlle Haize, conseillère pédagogique, "la collation ne doit pas être un moment ritualisé qui perd tout objectif éducatif mais elle doit entrer dans un véritable projet construit et réfléchi".

A lire aussi dans ce même numéro : les mises au point de chercheurs sur les activités langagières en maternelle, celle de Georges Paret sur les premiers apprentissages numériques ou de Jacky Delarge sur l'apprentissage de la lecture en Grande section.
http://www.ia91.ac-versailles.fr/IMG/pdf/ble91_38.pdf
Rappel : Le Journal d'une grande section
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/i7l.ph[...]

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- Maternelle : les abécédaires

Sous forme d’albums ou d’affiches, racontant de belles histoires ou stylisant la lettre pour en faire une œuvre d’art, les abécédaires sont souvent appréciés au cycle I pour aborder l’alphabet de manière créative. Voici quelques pistes à découvrir, pour vous plonger dans l’univers des lettres.

Pour commencer quelques bibliographies qui vous permettront de faire un choix parmi les innombrables abécédaires publiés chaque année.
Pour commencer une recherche, quelque soit votre thème, un réflexe, l’excellent site ricochet que nous vous présentions dans un précédent numéro
http://www.ricochet-jeunes.org/arcparuthem.asp?id=90

La section du Jura de l’AGEEM (et oui, l’AGIEM a changé de nom…) propose une série de photos d’abécédaires fabriqués en classe accompagnée d’une riche bibliographie. http://crdp.ac-besancon.fr/cddp39/Agiem/Ressources-Abec[...]
http://www.agiem.fr/

L’Observatoire National de la Lecture analyse de manière très complète quelques ouvrages et propose en complément une liste d’albums spécifiquement adaptés au cycle I.
http://onl.inrp.fr/ONL/travauxthematiques/livresdejeune[...]

Quelques pistes pédagogiques…
La BNF propose sur son site de nombreux dossiers pédagogiques. Celui consacré à la lettre et au signe est composé d’une iconographie très riche qui explore les différentes périodes historiques et qui ouvre ainsi au maître moultes pistes pédagogiques.
http://classes.bnf.fr/dossiecr/atelier/
Sur les deux sites suivants, Les copains d’en face et Le CRDP des Pays de Loire, vous trouverez des documents pour créer avec vos élèves un abécédaire photographique à la manière de l’album « Alphabetville ».
http://copainsdenface.free.fr/copains/activites/alphabe[...]
http://www.crdp-nantes.cndp.fr/ressources/dossier/ABCDA[...]
Il y a un autre abécédaire célèbre, c’est celui de Kveta Pacovska mis en mouvement par les éditions Dada Media dans un magnifique CD-Rom. Haut en couleur, cet abécédaire, véritable œuvre d’art est un support d’apprentissage laissant les enfants libres de leurs choix au gré de leurs découvertes.

Le site de DadaMédia en propose une variante à explorer avec tout le corps
http://www.dadamedia.com/artEduc.php3?id_rubrique=115&i[...]

Dans la rubrique TICE du CNDP, vous pourrez compléter votre documentation sur cet alphabet avec un scénario basé cette fois-ci sur la maîtrise des langages
http://www.cndp.fr/tice/animpeda/scenario_alphabet/accu[...]


Abécédaires et arts plastiques
Quel plaisir d’inventer pour chaque lettre une histoire, une couleur, une matière… Les façons d’aborder les abécédaires en arts plastiques sont variées, vous en trouverez plusieurs exemples dans les sites suivants.
http://webinstit.net/artsplast/alphabet/presentation_al[...]
http://plasticades.free.fr/plasticades/aigues-vives/ann[...]

Abécédaires virtuels
Si vous disposez d’un ou plusieurs ordinateurs dans votre classe, vos élèves auront plaisir à découvrir ces trois abécédaires interactifs, et à jouer avec les lettres du bout de leur souris.
http://home.tiscali.be/prosper14/1a/alphabet/Default.ht[...]
http://pascal.oudot.free.fr/enfants/abcd/index.htm
http://www.csdm.qc.ca/barclay/projenfants/maternelle/ab[...]

- Quand les progrès de la scolarisation se font aux dépens des tout petits. A propos du Rapport mondial sur l'éducation pour tous

"Malgré l’impact avéré des interventions précoces sur le bien-être des enfants et leur future réussite scolaire, très peu nombreux sont les pays, en particulier dans le monde en développement, qui ont une politique nationale de la petite enfance qui intègre la protection, la santé et la nutrition avec l’éducation. Ce sont pourtant les enfants pauvres et défavorisés qui peuvent le plus profiter de ces programmes". Réalisé par l'Unesco, le Rapport mondial de suivi sur l'éducation pour tous 2007 met le doigt sur l'inégalité d'accès à l'enseignement préélémentaire.

"La scolarisation dans l'enseignement préélémentaire a triplé depuis 1970 mais le taux reste très bas dans la plupart des pays en développement". En effet, il est de 12% en Afrique subsaharienne, de 16% dans les pays arabes, de 40% en Asie de l'est. Encore faut-il noter que la moitié des pays du monde n'ont pas de programme de scolarisation avant 3 ans.

Pour l'Unesco cette situation est préjudiciable aux enfants des milieux défavorisés. Elle est également contraire à la Convention internationale des droits de l'enfant.

Comment l'expliquer ? Pour l'Unesco, les gouvernements accordent peu d'importance à l'enseignement préélémentaire dans leurs dépenses". D'une certaine façon ces enfants font les frais du développement des autres secteurs de l'éducation.

Dans les pays en développement, les états ont énormément augmenté leur offre éducative dans l'élémentaire. Aujourd'hui le taux de scolarisation à ce niveau atteint 86%. Il a progressé de 27% en Afrique subsaharienne, de 19% en Asie du sud (mais seulement de 6% dans les pays arabes). Cette croissance a créé des tensions dans les finances publiques à la fois parce qu'il a fallu embaucher des enseignants et construire des écoles et parce qu'il a fallu développer des programmes spécifiques pour faire venir les enfants pauvres, les filles, les minorités et les ruraux à l'école. Par exemple, certains états ont supprimé les frais d'écolage payés par les parents et ont du les suppléer. Ailleurs les écoles distribuent de la nourriture. Souvent il a fallu aménager les écoles pour accueillir les filles (même si encore aujourd'hui seules 94 filles sont scolarisées pour 100 garçons). Ou encore développer du matériel scolaire en langue locale.

A ces tensions générées par le développement rapide du primaire, s'ajoutent maintenant celles qui proviennent de l'explosion du secondaire. Un secteur qui progresse et qui devrait continuer à le faire (le taux de scolarisation du secondaire n'est encore que de 30% en Afrique subsaharienne, 51% en Asie du sud et 66% dans les pays arabes).

Dans les pays développés, "un nombre croissant de pays accorde une priorité élevée à l'éducation des tout jeunes enfants ainsi qu'à la qualité des services. Les premières années sont de plus en plus considérées comme l'une des clés de la réussite des politiques sociales, familiales et éducatives" évoquait un récent rapport de l'Ocde. La plupart des pays développés sont engagés dans des politiques qui visent à augmenter leurs investissements dans ce domaine. La France paraît particulièrement bien placée avec un effort financier qui est à peu près le double de celui des grands pays développés.

Mais, en France, la crise rattrape la scolarisation à deux ans qui est en chute libre : le taux de scolarisation à deux ans est passé de 35% en 2000-2001 à 24% en 2005-2006. Cela résulte d'un double mouvement. Les bambins sont victimes de la pression des choix budgétaires : ici on privilégie le budget des universités à celui du préélémentaire. Surtout le principe même de la scolarisation à deux ans est contesté par certains psychiatres.

Pourtant des travaux ont attesté des bienfaits de la scolarisation précoce, particulièrement pour les enfants des familles défavorisées. On le savait en France depuis l'étude de J.P. Caille : " "À l’entrée en CP, les évaluations cognitives des élèves montrent que ce sont les élèves des catégories sociales défavorisées, mais aussi ceux des catégories sociales les plus favorisées qui bénéficient le plus de la scolarisation précoce. Elle est également plus bénéfique en ZEP que hors ZEP. Concernant l’accès au CE2 sans redoublement, également, l’effet positif associé à une scolarisation à deux ans s’observe principalement chez les enfants de cadres et d’ouvriers, et bénéficie particulièrement aux élèves de nationalité étrangère ou de parents immigrés".

Il est intéressant de voir l'Ocde, puis maintenant l'Unesco appeler les Etats à se mobiliser pour le développement du préélémentaire. Cette évolution mondiale sera-t-elle assez forte pour inverser la tendance en France et surtout permettre une amélioration du sort des enfants des PVD ? L'égalité des chances passe par là.
http://portal.unesco.org/education/en/ev.php-URL_ID=495[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index200906.php
http://www.cafepedagogique.net/disci/primaire/57.php#29[...]

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