Vie scolaire (Café N° 78)

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Dossier spécial

Édition du 15-12-2006

- Gardy Bertili et Gabrielle Lamotte -

- A la Une : Polémique autour de la note de vie scolaire

Pour une mesure qui voulait ramener la sérénité dans les établissements...
Les premiers conseils de classe sont presque terminés, ou en cours: les premières notes de vie scolaire devraient y être annoncées mais la situation semble différer d'un établissement à l'autre, en même temps que les questions se font plus pressantes.
Le questionnement entre même au Sénat, à travers une question de la sénatrice Michèle San Vicente-Baudrin où elle reprend la demande posée par la PEEP le 20 novembre dernier: "Dans un souci d’harmonisation et dans l’intérêt des élèves, il semble opportun qu’un cadre minimum de critères soit défini au niveau national pour l’attribution de cette note, puisqu’elle est incluse dans le diplôme national du brevet."
http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ061225558&id[...]
http://www.peep.asso.fr/actualite.php?id_actu=103&PHPSE[...]

La FCPE avait emboîté le pas en appelant à la vigilance, face au flou des conditions d'attribution de la note de vie scolaire:
"La FCPE appelle les parents et notamment les élus FCPE aux conseils de classe à être extrêmement vigilants et à demander des explications sur les conditions d’attribution de la note de vie scolaire, en particulier dès que l’évaluation n’est pas transparente."

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-1839[...]
La FCPE du 93, quant à elle, proposait une motion à déposer en CA, pour dénoncer une mesure contre-productive et appeler au boycott: "Les moyens de sanctionner ou récompenser les élèves en fonction de leur attitude par rapport à la vie scolaire existent déjà. Le Ministre a voulu par cette note, réaffirmer une volonté du tout répressif."
http://www.fcpe93.org/index.php?option=com_content&task[...]

Quant à la presse, elle se fait régulièrement l'écho des inquiétudes et questionnements, à leur paroxysme en cette période de conseils de classe: Le Figaro rapporte que "De nombreux enseignants font de la résistance à l'égard de la nouvelle innovation ministérielle, la fameuse note de vie scolaire. Certains regrettent que les barèmes de notation soient élaborés dans la précipitation. D'autres estiment que cette note conduit à recenser les manquements aux règlements des élèves « au détriment de l'acte éducatif » et inflige une « double peine » à ceux qui font déjà l'objet de sanctions disciplinaires."
http://www.lefigaro.fr/france/20061207.FIG000000232_la_[...]

Et de fait, des établissements n'ont pas attribué de note de vie scolaire au premier trimestre.
Point d'orgue le 1er décembre avec un communiqué conjoint de la FCPE et du SNES: il appelle Gilles de Robien à renoncer à la note de vie scolaire!"
http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-1852[...]

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- SIGNA: mort annoncée

La parution des données SIGNA dans l'édition du Point du 31 août 2006 aura peut-être raison de l'existence même du logiciel.
On se souvient du tollé provoqué, tombé à pic, un peu avant une autre polémique, autour de la carte scolaire, "à supprimer" ou "à redéployer".
Depuis, nombreux sont les chefs d'établissement qui ont cessé de saisir des données dans SIGNA.

Trois mois après la rentrée, La Croix titre: "Les violences scolaires ne sont plus recensées"
Catégorique, la suite: c'est bien la parution du "palmarès" dans le Point qui "a mis fin à l'utilisation du logiciel chargé du recensement national."
Le journal annonce: "il faut désormais renouveler l’outil statistique. Plusieurs groupes de travail planchent sur le sujet, notamment l’inspection générale, qui fera des propositions au ministre en février prochain."
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2287752[...]

- Prévention de la délinquance: projet de loi adopté

L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi de prévention de la délinquance. Examiné depuis le 21 novembre à l'Assemblée, le projet de loi prévoit une "présentation immédiate" devant le juge et des procédures de placement du mineur délinquant. Il fait du maire le directeur de la politique de prévention. Il pourra décider des internements d'office avec inscription dans un fichier centralisé, il aura aussi accès aux informations confidentielles des travailleurs sociaux dont il coordonnera le travail à l'aide d'un conseil spécial.La relation de confiance entre familles suivies et travailleurs sociaux risque de n'être que plus difficile à tisser.
Enfin de nouveaux délits sont créés comme celui de violence en bande.
La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH)s'inquiète des pouvoirs donnés au maire, une instance contre laquelle il n'existe aucun recours ce qui lui semble contraire à la constitution. Elle "s’interroge sur la philosophie d’un texte dont les finalités ne sont pas véritablement affichées et qui, malgré le titre annonçant un projet de loi sur la prévention de la délinquance, traite essentiellement de mesures de répression ou de moyens permettant de la mettre en œuvre… Elle a mesuré également les conséquences de ce texte sur les familles les plus défavorisées et se trouvant déjà dans une situation avancée de précarité. En effet, bien des mesures présentent un volet social à l’égard de ces personnes dans une logique de contrôle, de suspicion,
présentée comme une obligation. Ceci risque de faire échouer la lutte contre les exclusions qui nécessite écoute et confiance pour permettre à ces personnes d’accéder aux droits fondamentaux et d’exercer leurs responsabilités. La CNCDH note le risque d’une plus grande stigmatisation de ces familles".
Le projet doit maintenant passer au Sénat.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/preventio[...]
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index241106.php
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index131106.php
Si l'ensemble du texte est un vaste fourre-tout, mêlant hospitalisation d'office, chiens dangeureux, conduites addictives, violences au sein du couple, de nombreux articles ont suscité crainte et indignation de la part des professionnels de la relation d'aide, comme de certains médecins ou des professionnels de l'éducation.

"Plus que de traiter de la prévention de la délinquance, la plus grande partie du texte propose d'aggraver la répression pénale, alors qu'il faudrait au contraire renforcer les mesures préventives dans les domaines de l’éducation, de l’action sociale, de la santé". Rarement texte aura autant fait l'unanimité chez ceux qui auront en charge de l'appliquer.
Ils sont rejoints par des mouvements de parents (Fcpe,Confédération syndicale des familles, Anas, Cnafal etc.).
Pour ces organisations, le texte "est mû par un esprit de suspicion à l'encontre de larges catégories de populations. Au lieu d'être considérés comme personnes devant être accompagnées, protégées ou soignées, les familles fragilisées, les mineurs, les malades mentaux sont désignés comme présumés délinquants et source de danger pour la société.Les préoccupations d'ordre public prennent le pas sur les politiques de la famille, de l'éducation ou de la santé.
Dans le droit fil de cette inspiration, ce texte remet en cause le secret professionnel des travailleurs sociaux et des professionnels du champ de la santé, au risque pour les personnes en demande d'aide d'être stigmatisées, harcelées, fichées. Ce faisant, le texte instaure la confusion des rôles et des statuts. Le maire se trouverait à la fois investi de pouvoirs dans le champ de l'action sanitaire et sociale qui ressort de la compétence des conseils généraux et d'un rôle de quasi-éducateur ou de quasi-procureur de la République. Or, ce cumul de pouvoirs confiés à un élu local, particulièrement aux prises avec l'environnement immédiat, constituerait un danger pour les libertés individuelles".

Communiqué:
http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-1544[...]
Ils en parlent:
La FSU: http://actu.fsu.fr/article.php3?id_article=587
Ligue des droits de l'homme, avec une analyse fouillée du projet de loi: http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu[...]
Une curiosité sonore d'Arte radio: http://www.arteradio.com/son.html?23933

- L'élève codé!

Le Nouvel Obs rapporte qu'un lycée de Nîmes, comme une vingtaine d'autres en France, s'est doté d'un système de codes-barres pour lutter contre l'absentéisme.
Les professeurs scannent heure par heure les codes-barres attribués à chaque élève et un sms prévient les parents pour ainsi dire en temps réel.
Coût du matériel: 30 000 euros. Le proviseur justifie la dépense par sa rentabilité en termes de meilleure assiduité,et "plus de présence scolaire implique de meilleurs résultats. Statistiquement, on prouve une étroite corrélation entre résultats scolaires et taux d'absentéisme".
La nouvelle a fait l'objet de quelques minutes de traitement au JT de TF1: on peut y entendre que les parents peuvent être prévenus en 3 mn "au lieu des 3 ou 4 jours" par courrier. Deux élèves sont interrogés, on entrevoit un professeur, le proviseur s'exprime, une surveillante prend un communication téléphonique.... Mais que fait le CPE?
http://permanent.nouvelobs.com/societe/20061127.OBS0506[...]

- On ne fumera plus

Le décret interdisant le tabac dans tous les lieux publics a été publié: finies les zones fumeurs dans les établissements d'enseignement à compter du 1er février 2007! Les équipes éducatives auront à gérer les lycéens accrocs de la cigarette: quitter l'enceinte du lycée pour aller s'en griller une sur la voie publique risque de créer d'autres problèmes. La question est la même pour les élèves internes.
A lire aussi, le dernier rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies: "Tabac et lycées : principales évolutions 2002-2006."En 2002, 40% des lycéens reconnaissaient fumer dans l'enceinte de leur lycée; aujourd'hui, ils ne seraient plus que 14%.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numj[...]
http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/publi/tend/tend51.html

- Le happy slapping à l'Assemblée nationale

Le "happy slapping" interroge aussi les députés: Joël Sarlot a déposé début décembre une question écrite à l'Assemblée nationale: sa suggestion pour venir à bout du phénomène manque singulièrement d'esprit d'anticipation: il propose "afin de supprimer immédiatement ces pratiques intolérables, que les téléphones portables qui sont en l'occurrence utilisés pour leur option photographique soient déposés à l'entrée des établissements scolaires et qu'en aucun cas les collégiens ou lycéens ne puissent les utiliser dans l'enceinte des établissements."
On installera des consignes à l'entrée?

- Code de bonne conduite

Non, il ne s'agit pas de la note de vie scolaire! Sud-Education dénonce le texte communément appelé "code de bonne conduite", qui encadre les interventions des entreprises en milieu scolaire: "Microsoft, Danone, l’Institut de l’entreprise, le CIC, Leclerc, Nestlé, le MEDEF, Disneyland... La liste des « partenaires » de l’Education nationale ne cesse de s’élargir, les intrusions publicitaires, idéologiques et commerciales se multiplient au sein du service public."
Le "code de bonne conduite" avait substitué le principe de neutralité commerciale à celui de neutralité scolaire, autorisant la présence "discrète" du logo des marques sur des produits utilisés dans le cadre pédagogique.
La pétition:
http://www.sudeducation.org/article1801.html

- L'éducation selon Nicolas Sarkozy

En réunion à Angers le 1er décembre, Nicolas Sarkozy a dénoncé, à la manière du Figaro d'il y a quelques semaines, "l'idéologie folle" et "l'hypocrisie" du système éducatif.
Hypocrisie? le bac: "qu'on brade peu à peu pour mieux sélectionner à l'université",
les ZEP? "où l'on met les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés",
la carte scolaire? "qui ne pèse que sur ceux qui n'ont pas les relations pour la contourner",
les grandes écoles? elles "accueillent moins d'enfants d'ouvriers et d'employés aujourd'hui que dans les années 50."


Et tout cela serait caché grâce à d'habiles statistiques, selon lui: "en inventant ses propres statistiques, une idéologie folle s'est dotée des outils indispensables à l'autocélébration de son manque de résultats". La théorie du complot:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20061202.OBS1[...]

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- Santé des élèves: les priorités

Fin novembre, un colloque a réuni des professionnels autour du thème des conduites à risques des adolescents: parmi eux, les "jeux" dangereux.
"Jeux d'agression" ou "jeux d'asphyxie", ces pratiques se "rajeunissent", touchant les élèves plus tôt, dès l'école primaire. "Généralement, ce sont plutôt les plus âgés qui transmettent ça aux plus jeunes. Le jeu du foulard commence ainsi à apparaître en primaire, alors qu'il était plutôt concentré dans les collèges" affirme un intervenant, Grégory Michel.
L'Education nationale ne dispose pas de statisques sur la mortalité induite par ces "jeux". Certains estiment qu'un collégien sur hui (!) les a pratiqués.
Le Figaro évoquait ce sujet courant novembre, suite à différents incidents dans des cours de récréation de collège, lors de "jeux d'agression". Le journal rappelait la parution du livre de Magali Duwelz,maman d'un enfant décédé en 1995: «Alerte aux jeux dangereux ».
http://www.lefigaro.fr/france/20061111.FIG000000654_ret[...]
Site de Magali Duwelz: http://www.sosbenjamin.org/

Au cours de ce même colloque, Gilles de Robien a défini quatre priorités pour la santé des élèves: "la lutte contre les addictions (alcool, toxicomanie, tabac), la promotion d'une nutrition saine et équilibrée, l'éducation à la sexualité et à la prévention des maladies sexuellement transmissibles et enfin, l'apprentissage des gestes de premiers secours."
Il a rappelé aussi que "l'éducation à la santé est désormais inscrite dans le socle commun" et qu'elle aura sa place dans la nouvelle formation des enseignants.
Concernant les acteurs de prévention, le ministre nous oublie:"Vous le savez, les acteurs de la communauté éducative qui s'investissent dans des actions de prévention sont nombreux : enseignants, membres du personnel médico-social, intervenants associatifs,sans oublier les parents dont le rôle est ici essentiel." Les CPE apprécieront.
Concernant le personnal médical et de santé, il annonce la création de 300 postes d'infirmières par an, pendant 5 ans, et pense nous rassurer par l'annonce de 111 postes de médecins scolaires au concours 2007.
http://www.education.gouv.fr/cid4241/discours-du-minist[...]

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- S'inscrire sur les listes électorales

Pou les jeunes qui fêteront leurs 18 ans avant le 28 février 2007, l'inscription sur les listes électorales est automatique. Ce n'est pas le cas de ceux qui auront 18 ans entre le 28 février 2007 et la veille du 1er tour de chacun des scrutins prévus en 2007: il est impératif qu'ils se rendent dans leur mairie avant le 30 décembre 2006!
Plaquette d'info et de sensibilisation sur le site du CIDEM:
http://democratie.cidem.org/

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- Boire ou ne pas boire

Il s'est trouvé deux parlementaires pour rendre un rapport sur la situation de la viticulture française. Jusque-là, rien d'anormal.
Au chapitre "les six commandements de la viticulture", on lira ce qui est au mieux une curiosité, ou au pire, une de ces généralisations idiotes: "Être Français c'est, d'une certaine façon, connaître le vin : comme aliment, comme plaisir et ... comme danger."
Le chapitre "Eduquer" invite à instruire les enfants, dès le plus jeune âge: "Il faut souligner et faire largement savoir quels sont les apports nutritionnels et favorables à la santé d'une consommation modérée de vin d'une certaine qualité." et "Il faut enfin savoir, et faire savoir, que contrairement à une idée parfois propagée ces dernières années par des défenseurs intransigeants d'une vision univoque de la Santé publique, boire du vin raisonnablement ne conduit pas à l'alcoolisme."

Le rapport
http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i3435.asp[...]
Nos voisins britanniques se réjouissent dans The Guardian: "French children to be taught joys of wine as industry faces crisis"
http://education.guardian.co.uk/schoolsworldwide/story/[...]

- Des droits pour le beau-parent

Dominique Versini, nouvelle Défenseure des enfants, succédant à Claire Brisset, a remis son premier rapport à Jacques Chirac.
Dominique Versini propose de "simplifier la vie quotidienne de millions d'enfants évoluant dans des configurations familiales fluctuantes": c'est en effet le vide juridique pour les "beaux-parents". Pour combler cette lacune et préserver une relation en cas de rupture entre les conjoints, elle suggère un "mandat d'éducation" ponctuel, voire une autorité partagée dans le cadre d'une convention visée par un juge.
Ce statut pourrait concerner autant les familles recomposées que les familles homoparentales.
Le Monde: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-83641[...]
Le site du Défenseur des enfants: http://www.defenseurdesenfants.fr/

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- Le conseil de classe, pourquoi faire?

Le conseil de classe, lieu de démocratie?
Les conseils de classe s'achèvent, et comme chaque année, ce fut un marathon. Un marathon qui perturbe les élèves, les parents, les personnels. Un marathon qui vient clôturer un trimestre trop long, mal découpé, qui ne tient pas compte des rythmes scolaires. Ce long trimestre qui satisfait les lobbies touristiques engendre conflits, incivilités, infractions à la Loi, problèmes divers dans les établissement, tout le monde est fatigué, exaspéré. Et les conseils de classe qui arrivent en fin de trimestre, mobilisant les enseignants, les élèves, démobilisent les mêmes. Il faut souffler après ces trois longs mois presque inhumains, d'autant plus que l'humeur du temps, et les bobos afférents n'arrangent rien.

Pendant deux semaines environ, il faut évaluer près de 500 élèves environ et en fonction des établissements. Comment peut-on en être serein? Le conseil de classe, organe de bilan, lieu de débats, lieu de prise en charge de l'élève dans sa globalité, lieu d'évaluation transdisciplinaire? Ce bilan est malheureusement quelques fois tronqué, le conseil de classe se vit comme une scène, un espace de règlements de situations latentes quand il n'est pas tout simplement un lieu où se règlent les comptes, où s'affrontent des enjeux de pouvoir.

Pourquoi?
Parce que malheureusement, le conseil de classe constitue souvent le seul lieu où la rencontre peut s'établir, il n'y a pas dans nos EPLE des espaces de paroles, d'ouverture, de débats et d'ouverture. Du coup, cet espace joue « à l'insu de son plein gré » ce rôle d'exutoire. Combien de fois, n'avons-nous pas assisté à des dérives? Des élèves qui sont sanctionnés parce qu'un des enseignants impose son autorité sur les autre? Des élèves sanctionnés par souci de vengeance, par solidarité catégorielle. Et le spectacle des adultes est trop souvent affligeant. Faute de débats préalables, de connaissance de l'élève, de sa prise en charge globale, le bilan reste partiel et même partial.
Pire, en jugeant les élèves, on se juge entre nous, on se jauge. Sans parler des tensions inconciliables, des consensus mous pour avoir la paix sociale. Et malheureusement, le conseil de classe est rarement un lieu de démocratie. Et comment peut-il l'être dans la mesure où l'évaluation reste sommative et se fonde sur la l'asymétrie pédagogique? Et ce n'est pas l'ouverture aux délégués d'élèves et des parents qui modifie la donne. Ceux-ci ne sont souvent représentatifs que d'eux-mêmes, défendent leurs intérêts personnels, méconnaissant les rouages et les mandants, donc sont dans l'impossibilité d'apporter un éclairage et de peser sur les « décisions ». Et quand ils osent le faire, ils sont très gentiment remis à leur place: que connaissent-ils de la pédagogie, comment peuvent-ils oser dénoncer le fonctionnement d'une classe, l'insuffisante autorité d'un collègue? Et comme un seul homme, la solidarité catégorielle et/ou d'établissement se rigidifie pour sauver le soldat professeur qui se trouve en danger et qui est « mangé » par un délégué mal intentionné.

Le problème est que le bilan, l'évaluation se font épisodiquement, lors des conseils de classe. Il sont rarement institués, formalisés. La place de l'élève dans ce bilan, dans cette formation, l'auto évaluation sont méconnus. Et quand bien même, les enseignants accepteraient de les faire, ils ne pourraient pas, obnubilés par le temps des enseignements. La pédagogie phagocyte tout le reste, le programme constitue une obsession, les notes, la réussite aux examens qui pèsent sur l'image, sur l'effet-établissement restent une priorité absolue et tant pis si l'élève, en tant que personne, en tant que citoyen est sacrifié.

Le système génère en lui-même et par lui-même les frustrations, l'injustice, la violence sur lesquelles peuvent surfer certains élèves en fragilité physique ou psychique. Comment convaincre les élèves de l'utilité de s'impliquer lorsque le temps de l'évaluation se construit sans eux, dans le cénacle des pédagogues bien pensants et éducativo-politiquement corrects. Les meilleurs, voire les bons n'ont pas à redouter le conseil de classe. Mais les moins bons et ceux qui sont en difficulté le redoutent car l'évaluation tient compte essentiellement des notes, des résultats scolaires, de la probabilité de réussite aux examens.

Le conseil de classe, lieu de pouvoir ou de désillusions?
Enfin, le conseil de classe a-t-il un pouvoir en matière d'orientation? Quiconque y participe sait que non. Le conseil de classe est décrié car non seulement il n'est pas une instance de débats, d'échanges, de prise de décisions concertées et démocratiques mais en plus il est outrepassé à escient dans le secret des bureaux. Quel crédit accorder à ce conseil lorsque l'on sait que les décisions d'orientation dépendent essentiellement du chef d'établissemen? Souvent, pour apaiser les rancoeurs, pour dépasser les règlements de compte, pour ne pas s'user en discussions et tensions infinies, il abonde dans le sens du conseil de classe mais se réserve le droit -et le prend- d'aller a contrario.

Changer les pratiques et le regard
Comment faire évoluer le conseil de classe? En fait, ce n'est pas le conseil de classe qu'il faut faire évoluer mais plutôt les pratiques, celles du débat respectueux, celle de ne pas craindre ou redouter la parole des élèves mais l'utiliser comme un levier d'actions constructives, celles afférentes à des relations adultes-élèves plus pacifiées, renforcées. Ce sont les instannces de confrontation d'altérité, d'échanges tolérants, d'ouverture empathique qu'il convient de banaliser pour que le dialogue impossible ne joue pas en défaveur des élèves, pour que le moindre espace de débats ne se transforme en mise au pilori, en défiance mutuelle.

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