Édition du 15-01-2007
- Gardy Bertili et Gabrielle Lamotte -
"Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d’occupation, des lumières par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés Justes parmi les nations ou restés anonymes, des femmes et des hommes de toutes origines et de toutes conditions ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité”.
Jacques Chirac inaugurera cette inscription dans la crypte du Panthéon le 18 janvier 2007, marquant la commémoration du début de la "marche de la mort" le 18 janvier 1945 des prisonniers d'Auschwitz.
Cette année, c'est donc dès le 18 janvier que les établissement scolaires sont invités à faire oeuvre de mémoire, avec en point d'orgue la journée du 27 janvier, jour anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz.
Circulaire du 27 décembre 2006
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/1/MENE0603217C.htm
Dossier complet du Café pédagogique 2006:
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/shoah06/index.php
Les entreprises cherchent par tout moyen de mettre un pied dans l'école, sous couvert de mise à disposition de matériels ou "malettes" pédagogiques. Difficile d'y résister, mais la réflexion s'impose. Sud-Education dénonce un texte communément appelé "code de bonne conduite",la circulaire du 28 mars 2001 qui encadre les interventions des entreprises en milieu scolaire: "Microsoft, Danone, l’Institut de l’entreprise, le CIC, Leclerc, Nestlé, le MEDEF, Disneyland... La liste des « partenaires » de l’Education nationale ne cesse de s’élargir, les intrusions publicitaires, idéologiques et commerciales se multiplient au sein du service public."
Le "code de bonne conduite" avait substitué le principe de neutralité commerciale à celui de neutralité scolaire, autorisant la présence "discrète" du logo des marques sur des produits utilisés dans le cadre pédagogique.
La pétition:
http://www.sudeducation.org/article1801.html
Rubrique Ecole et argent sur Eduscol:
http://eduscol.education.fr/D0028/03_neutralite.htm
Code de bonne conduite:
http://www.education.gouv.fr/bo/2001/14/ensel.htm
Dans le BO du 14 décembre 2006, on prend connaissance des dates des examens 2007. Pour le baccalauréat, les écrits du premier groupe démarrent le 11 juin 2007. Quant au brevet, il aura lieu les 25 et 26 juin 2007. Autres examens ou épreuves particulières: voir la note de service du 4 décembre 2006.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/46/MENE0602993N.htm
Une circulaire du 26 décembre 2006 a été publiée à propos des examens et concours pour les candidats handicapés: demande, délais, conditions matérielles d'accueil et de passation des épreuves, elle abroge le dernier texte en vigueur de juin 2003.
Circulaire abrogée:
http://daniel.calin.free.fr/textoff/examens_hand_2003.html
Circulaire du 26 décembre 2006
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/1/MENE0603102C.htm
Une réponse vient d'être apportée à une question écrite du sénateur José Balarello: il évoquait en février dernier "ce que nombre de parents savent depuis longtemps à savoir que la discipline dans les établissements scolaires n’est plus assumée par ceux qui en ont la direction." (sic) Il demandait alors au ministre de l'Education nationale s'il n'était pas opportun "d’établir, au niveau national, une échelle des sanctions applicables à tous les établissements, les professeurs se plaignant souvent de sanctions peu proportionnées aux actes délictueux ou quasi-délictueux commis."
Pour finir, il propose que des enquêtes "anonymes" soient diligentées dans les EPLE afin "d’avoir une idée plus précise de ce qui se passe à l’intérieur des établissements", et ce, par des agents assermentés indépendants de l'Education nationale.
Le ministre a répondu le 11 janvier 2007 en rappelant les textes qui encadrent l'autonomie des EPLE en matière de réglement intérieur et de sanctions. Il précise heureusement que: "La sanction n'est pas prononcée uniquement en fonction de l'acte commis, mais également en considération de la personnalité de l'élève et du contexte de chaque affaire."
http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ060221686
La circulaire du 14 décembre 2006 vient généraliser et formaliser un dispositif déjà bien présent dans nombre d'établissement: l'entretien d'orientation pour les élèves de 3ème.
"À l’approche des décisions à prendre à l’issue du cycle d’orientation, cet entretien a deux objectifs : faire le point sur l’étape actuelle du parcours de formation de l’élève et envisager ses projets de poursuite d’études en examinant tout le champ des possibles, à l’occasion d’un rendez-vous formalisé auquel ses parents ou représentants légaux pourront assister."
Cet entretien est mené par le professeur principal et la circulaire encourage à y inviter les familles. Le professeur pet associer"le cas échéant, selon une répartition qui sera jugée appropriée, les conseillers d’orientation-psychologues et les autres membres de l’équipe éducative." On appréciera une fois encore l'omission du CPE (certes, membre de l'équipe éducative), dont le rôle pédagogique est pourtanta affirmé dans le décret de 1989: les CPE "en collaboration avec les personnels enseignants et d'orientation,..., contribuent à conseiller les élèves dans le choix de leur projet d'orientation."
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/47/MENE0603125C.htm
Un décret publié au Journal officiel du 29 décembre ouvre l'attestation scolaire de sécurité routière aux jeunes non scolarisés par l'Education Nationale,par exemple aux apprentis. Des arrêtés organiseront la délivrance.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=EQUS0602196D
C'est certainement le dernier rapport SIGNA qui sera publié: un nouveau logiciel devrait être proposé en début d'année 2007.
Le site du Ministère présente les dernières constatations de SIGNA: "Dans une année scolaire marquée par les violences dans les banlieues et les manifestations contre le C.P.E. (contrat première embauche), le nombre moyen de signalements par établissement public est resté à peu près stable, mais il a augmenté de 7 % dans les établissements de l'éducation prioritaire. Les incendies et les jets de pierres ou autres projectiles ont très fortement progressé, alors que les signalements par les chefs d'établissement de consommations et de trafics de stupéfiants ont continué de diminuer. Les actes à motivation raciste et antisémite sont toujours en baisse. Sur une plus longue période, on observe une augmentation des atteintes à autrui et une exposition plus grande des personnels, surtout des enseignants. Parallèlement, la proportion d'incidents donnant lieu à suite interne a augmenté de près de 10 points depuis 2002-2003, alors que le taux de plainte est passé de 7 % à 5 %."
http://www.education.gouv.fr/cid4338/les-actes-de-violence-recenses-dans-signa-en-2005-2006.html
Le numéro 2 d'"Horizons stratégiques", la revue du Centre d'analyse stratégique, intéresse à plus d'un titre les enseignants. Se penchant sur l'évolution de la société française il interpelle à plusieurs reprises l'Ecole.
http://www.strategie.gouv.fr/revue/
Quelles politiques pour les zones prioritaires ? un dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/78.php#255
Le groupe Claris réunit des sociologues et des acteurs sociaux. Le numéro 2 de la revue Claris porte sur les déviances et la délinquance juvénile.
Plusieurs articles réagissent aux débats actuels sur la délinquance juvénile. Ainsi Laurent Mucchielli analyse les termes de la loi sur la prévention de la délinquance et montre qu'elle repose sur des faits mal établis. " Ce discours pose quatre affirmations centrales:l’augmentation très forte de la délinquance des mineurs, son aggravation et sa violence croissantes, l’immobilisme et le laxisme de la justice qui sont testées empiriquement. Le résultat contredit trois des quatre affirmations, souligne la méconnaissance et le mépris dans lesquels sont tenus les magistrats et invite à réfléchir autrement à la question du traitement de la délinquance juvénile". On y trouvera par exemple des statistiques sur la délinquance juvénile et sa répression ainsi qu'un récapitulatif des lois prises sur ce sujet.
http://90plan.ovh.net/~groupecl/article.php3?id_article=128
Quel CPE ne se souvient de tel surveillant qui abusait de son statut protecteur, qui profitait sans vergogne des arrêts de maladie, qui récusait toute autorité. Quel CPE ne se souvient des difficultés qu’il a rencontrées pour sanctionner tel surveillant qui refusait de participer à la vie de l’établissement, qui ostensiblement n’avait rien à faire des recommandations, qui ne pensait qu’au salaire et non à l’éducatif ? Les exemples de dérive ne manquent pas, et l’on sait tous combien la fonction de surveillant semblait en décalage avec les besoins des élèves et des établissements. Le statut protecteur privait souvent l’établissement de tout moyen de pression adéquat. Au mieux, et au vu des rapports successifs des CPE soutenus par les chefs d’établissement, ils étaient mutés, mais le problème n’était que déplacé.
Et pourtant, la fonction de surveillant avait quelques avantages conséquents. Les surveillants étaient affectés pour un an. L’équipe, par sa stabilité, permettait la mise en place d’un travail collectif, la mise en place d’une formation, et on pouvait leur confier un travail de suivi, surtout lorsqu’ils étaient affectés à plein temps.
Les choses sont désormais différentes. Certes les assistants d’éducation sont recrutés, choisis, profilés selon les attentes de l’établissement et du service dans lequel ils sont affectés. Certes, il y a possibilité de ne pas renouveler en cas de fautes lourdes leur contrat, ce qui constitue un moyen de pression non négligeable. En outre, les assistants d’éducation, de par le choix du recrutement, sont souvent des hommes et des femmes mûrs, conscients de leurs responsabilités d’adultes (et pas forcément éducatives) qui parviennent à mieux embrasser une posture d’adulte face aux jeunes.
Mais de nombreux inconvénients existent.
a) le recrutement : malheureusement il ne se fait pas toujours en équipe, ce qui est dommageable. C’est au bon vouloir du chef. Le temps du recrutement qui peut avoir donné lieu à un croisement de regards se résume à un dialogue au flair. Si le chef d’établissement est emballé, décide du recrutement dans son bureau, le CPE n’a qu’à obtempérer. Le problème du recrutement n’est vraiment pas anodin, selon le rôle qui lui est assigné, il agit sur le fonctionnement de l’équipe a posteriori. Un recrutement qui se fait au flair, selon les priorités du chef, sans possibilité de croisement des regards et des avis, sans possibilité de mettre en concurrence les candidats donc les approches et les compétences est un recrutement biaisé, c’est un détournement manifeste du système. Quand l’établissement, et c’est souvent le cas, compte tenu des urgences, se montre plus demandeur que l’assistant d’éducation lui-même. Du coup, le recrutement n’en est pas un, on avalise un souhait commun et tout le monde en tire profit.
b) Le problème du remplacement : les surveillants étant nommés par le rectorat pouvaient être remplacés pour maladie ou lorsqu’ils sollicitaient un congé sans solde ou une mise à disponibilité. Désormais, le remplacement n’est pas possible, l’assistant démissionne et on le remplace par un nouveau contrat ou par une redistribution des heures en interne. A moins que l’on établisse des détours pour contourner les écueils.
c) Le Turn Over : de nombreux établissements se trouvent confrontés à un turn over permanent. Ce qui s’explique par le fait que les assistants d’éducation sont en attente d’emploi, ils utilisent ce travail comme un dépannage et dès qu’un emploi se présente ils s’en vont. Certaines équipes sont ainsi décimées tout au long de l’année. D’où l’extrême difficulté de constituer une équipe vie scolaire stable, cohérente, solidaire. On doit sans cesse adapter les emplois du temps et les services. Les élèves comme les personnels sont désemparés par ces allées et venues incessantes. Du coup, le suivi d’élève devient de plus en plus difficile malgré la bonne volonté, les compétences et les qualités des uns et des autres.
d) Esprit d’équipe et d’établissement : comment impliquer les assistants d’éducation dans une vision à moyen ou à long terme lorsque l’équipe bouge sans cesse ? Ils sont les premiers à vivre mal ce turn over qui ne permet de créer un sentiment d’appartenance fort. Les relations entre assistants d’éducation, entre assistants d’éducation et CPE, entre assistants d’éducation et enseignants, entre assistants d’éducation et personnels restent donc artificielles et passagères, même si souvent l’ambiance reste bonne, sympathique et propice à un travail de qualité. Mais la qualité n’est pas pérenne. D’autant plus que le statut est précaire et beaucoup moins protecteur que celui des surveillants d’externat.
e) La formation : comment former efficacement une équipe vie scolaire lorsque les personnes changent sans cesse ? Il faut sans cesse former sans que la formation ne porte ses fruits. Et puis, en cours d’année, le temps manque, pris dans les feux du quotidien. Donc la formation se fait sur le tas. Ce qui engendre quelques dérives qui peuvent par leurs conséquences porter préjudice au fonctionnement de l’établissement dans le meilleur des cas et dans le pire des cas aux élèves eux-mêmes.
f) La fonction éducative : elle n’est pas abordée sous le même prisme. Non pas que les assistants d’éducation, dans leur ensemble, n’aient pas envie de s’investir dans ce travail, mais la fonction administrative prime bien souvent sur la fonction éducative. Les surveillants, tant bien que mal, étaient recrutés dans le vivier des prétendants à la fonction enseignante au sens large, et parmi des jeunes qui venaient pour la plupart de vivre l’école de l’intérieur, les assistants d’éducation pour nombreux d’entre eux ont quitté le système éducatif, n’ont pas envie de devenir enseignant ou CPE, ne comprennent pas nécessairement les principes, les enjeux et les missions auxquels ils se confrontent. D’où quelques méprises ! On me rétorquera sans aucun doute que la primauté de la fonction administrative pèse sur l’ensemble des corps et catégories compte tenu du poids de la judiciarisation, des contrôles, des audits et des lettres de mission.
Et la fonction de conseiller principal d’éducation…alors
Du coup, la modification des statuts des surveillants, la création du corps des assistants d’éducation modifie les pratiques des conseillers principaux d’éducation. Ces derniers se retrouvent en manager de service, en recruteurs permanents lorsqu’ils sont associés au recrutement, il leur faut acquérir une technicité dans la conduite de l’entretien d’embauche, dans la détermination de profil. La conduite d’équipe devient difficile et surtout la conduite d’une équipe à visée éducative. Comment s’appuyer sur une équipe qui file, comment construire un suivi d’élèves s’il ne s’inscrit pas dans la durée ? Comment établir des relations de confiance si elles changent en permanence. Comment apprécier une compétence et des qualités si le temps de les apprécier le protagoniste ne fait plus déjà partie de l’équipe ? Et du point de vue des élèves comment s’appuyer sur les assistants d’éducation comme relais, comme aide, comme éducateurs si, le temps de construire une relation de confiance, il leur faut changer d’interlocuteurs ?