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Hourtin
2003 - bousculades et attente à l'accueil des participants : l'Université
d'été de la Communication connaît un succès croissant qui dépasse même
ses structures d'accueil.
Xavier
Darcos à Hourtin.

Le débat
"Communautés d'enseignants sur Internet" auquel a participé
le Café.
Voir le compte-rendu de ce débat.

Epace Numérique
des Savoirs :
l' interface utilisateur.

Débat :
Education nationale ? Ecole
publique régionale ?

Baudoin
Branders


Nicolas
Chung et Benoît Sillard

Sur le
stand du ministère, Hélène Ormières présente
la base de ressources interacadémique.

Emmanuel
Davidenkoff animait le débat "Médias, école,
famille".

Serge July
à Hourtin
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Identités
La 24e Université d'été de la Communication d'Hourtin (Gironde), a été
inaugurée ce matin, lundi 24 août 2003, par Xavier Darcos. Organisée par
le CREPAC d'Acquitaine, la Ligue de l'Enseignement et le Réseau international
des Universités de la communication, elle est consacrée cette année au
thème des "Identités" et accueille de nombreux événements, conférences,
débats et rencontres concernant tous les acteurs intéressés aux nouvelles
technologies. Si l'accueil des participants a été quelque peu bousculé,
c'est qu'ils sont venus nombreux pour participer aux sujets abordés aujourd'hui :
la question de la fracture numérique, le multimédia au service de la francophonie,
la diversité culturelle et la mondialisation, les communautés d'enseignants
sur Internet et bien d'autres débats et rencontres.
>>> Les comptes rendu au jour le jour : Lundi
25/08/03 - Mardi 26/08/03 - Mercredi
27/08/03 - Jeudi 28/08/03
Le café participe à ces événements et rend compte aujourd'hui du débat
auquel il a participé : "Communautés d'enseignants
sur Internet : quelles conséquences ?"
Compte rendu du débat
CREPAC d'Aquitaine
(programme des manifestations, comptes rendus)
Lundi 25 août
Presse et Espace numérique des Savoirs
Xavier Darcos a signé aujourd'hui, sur le stand du Ministère à Hourtin,
un accord avec les représentants de la presse parisienne et régionale
visant à intégrer les ressources de celles-ci dans l'Espace
Numérique des Savoirs. Le texte complet de l'accord sera publié sur
Educnet très prochainement. Xivier Ellie, président du syndicat de la
presse parisienne a insisté à cette occasion sur la nécessité du pluralisme
des opinions et donc d'une variété significative de journaux associés
à ENS, pour la formation et l'information des élèves. (Accords signés
avec Le Monde, Le Figaro, La Tribune, Libération, L'Humanité, La Croix,
L'Alsace, Les dernières nouvelles d'Alsace, l'Est républicain, La Voix
du Nord, l'Union, Paris-Normandie, Ouest-France, Le Télégramme de Brest,
La Nouvelle République du centre-Ouest, Sud-Ouest, Nice matin, La dépêche
du Midi, Le Parisien).
Débat avec le Café
"Communautés d'enseignants sur Internet :
quelles conséquences ?"
Sur le stand du Café : Présentation de Cyberlangues
Chaque jour le Café accueille sur son stand des communautés éducatives
actives sur Internet.
Comment utiliser Internet et les TICE en langues ? Sur l'espace "Pratiques
de l'éducation", Domingo Bayon Lopez, organisateur de Cyberlangues 2003,
a présenté les acquis du dernier congrès. Utilisation de la correspondance
scolaire, élaboration de leçons sur mesure à partir d’un cédérom, partage
de pratiques et de documents, mutualisation dans l’enseignement primaire,
apports des listes de discussion sur Internet, Cyberlangues apporte aux
professeurs de langues vivantes un espace de formation de pair à pair.
http://www.cyberlangues.online.fr
Mardi 26 août
Espace Numérique des Savoirs :
présentation et questions-réponses sur le stand du Ministère.
Les ressources
actuellement disponibles sur l'ENS version écoles.
Inauguré en février dernier, l'Espace Numérique des savoirs, qui regroupe
des ressources éditoriales expérimente la mise à disposition des établissements
scolaires des données dites "fondamentales" pour l'enseignement.
Actuellement testé dans 1500 établissements de l'académie de Créteil,
l'ENS sera étendu à plusieurs académies dès la rentrée, mais déjà un premier
bilan se dessine. Il y a pour le moment peu de retours d'expériences pédagogiques
(le dernier trimestre ayant été quelque peu perturbé dans l'académie...),
mais si l'installation d'ENS s'est avéré être d'une grande simplicité
dans les établissements, le ministère se penche actuellement sur les principales
difficultés engendrées par l'opération, à savoir :
- l'identification des données "fondamentales" en tant que
telles ;
- le problème des normes et standards (actuellement l'ENS est accessible
via un navigateur propriétaire inspiré de Mozilla et requiert de nombreux
plug-in) ;
- la mise en relation d'ENS avec les environnements numériques de travail ;
- la question d'un modèle économique viable (actuellement les ressources
sont négociées directement par le ministère auprès des éditeurs).
Le ministère réfléchit également à quelques enrichissements ; moteur
de recherche interne pour les données, interfaçage avec les environnements
de travail, et annonce la signature d'accords avec TV5 et France5, dont
les ressources seront intégrées probablement dans le courant du mois de
septembre.
Présentation
d'ENS sur Educnet
Proxima
Lundi Bernard Benhamou présentait le projet Proxima. Il est maintenant
en ligne sur le site Educnet. Vous y trouverez l'analyse complète sur
Internet ainsi que les recommandations en faveur de la diffusion d'Internet
à l'école et dans le grand public.
http://www.educnet.education.fr/plan/proxima.htm
Les débats : Décentralisation et régions à Hourtin
Deux conférences, deux salles pleines pour évoquer la décentralisation,
les régions et l'éducation.
- Education nationale ? Ecole publique régionale ?
A 15 heures, Pascal Bouchard, rédacteur en chef de l'AEF, arbitrait un
débat riche et animé entre Françoise Cartron, vice-présidente du Conseil
régional d'Aquitaine, Gilles Fournier, ministère de l'éducation nationale,
Raymond-Philippe Garry, président de la Conférence des directeurs d'IUFM,
Patrick Gonthier, secrétaire général UNSA, Claude Mollard, directeur général
du CNDP, Gilles Tugendhat, PDG d'ADN et… une salle nombreuse, attentive,
curieuse et participante. Au programme la décentralisation de l'éducation,
entre national et régional, entre opposants et partisans, entre enseignants,
contribuables et élus locaux.

De gauche
à droite : Pascal Bouchard, rédacteur en chef de l'AEF, Françoise Cartron,
vice présidente du conseil régional d'Aquitaine, Claude Mollard, Directeur
général du Scéren
et Gilles Fournier, chef du service de pilotage des services académiquees
et de la modernisation, MEN.
Gilles Fournier a évoqué la création du Conseil territorial de l'éducation,
en charge de la mise en œuvre de la décentralisation.
La position de Françoise Cartron était un peu délicate. Favorable à la
décentralisation, elle a voulu en montrer la nécessité mais aussi les
difficultés et les obstacles. Nécessité, puisqu'elle juge anormal de "
construire des locaux mais de ne pas avoir à s'intéresser à ce qui se
passe dedans ". Elle a pu donner des exemples précis des décisions
éducatives nationales sur les finances locales et regretter l'absence
de concertation actuelle. Au rayon des difficultés, elles a cité la précipitation
qui a accompagné la mise en place de la décentralisation au point qu'elle
n'a qu'une vision partielle du nombre d'agents qui basculeront vers la
région et se pose de nombreuses questions sur les financements qui devront
les accompagner. Obstacles, puisqu'il apparaît que la région dans tous
les cas devra trouver de l'argent pour répondre aux besoins de personnel
dans les établissements. D'autant que " toutes les cartes n'ont pas
été clairement distribuées " entre Etat et régions.
Patrick Gonthier a rappelé que l'UNSA était pour le principe de la décentralisation.
Mais il a déploré l'absence de dialogue, voir d'information, dans sa mise
en œuvre. Il craint aussi un risque d'éclatement entre les régions.
Gilles Tugendhat avait l'avantage de parler de l'extérieur du système
éducatif. PDG d'une entreprise d'équipement informatique, il a regretté
" l'autocensure " des collectivités locales sur le terrain pédagogique
: celles-ci devraient affirmer leurs ambitions en matière d'éducation.
Actuellement il constate qu'il n'y a sur le terrain aucun lien entre les
élus et les politiques locales et les équipes pédagogiques. Ce vide institutionnel
est un handicap pour un pays qu'il juge en retard technologique, au risque
de générer des situations d'exclusion.
Pour Claude Mollard, l'exception française d'un système centralisé doit
évoluer vers une décentralisation " moderne ".
Le nouveau Conseil territorial arrivera-t-il à surmonter les obstacles
et à se hisser à la hauteur des enjeux ?
- Les régions françaises et la société de l'information
Une heure plus tard, de nouveau la région était à l'ordre du jour avec
une table-ronde sur " les régions et la société de l'information ".
Jacques Nicolet, délégué général à l'aménagement du territoire a montré
que les TIC pouvaient se décliner en inégalités et compétition. Inégalités
puisque si 80% de la population française a accès au haut-débit, c'est
seulement 20% du territoire qui est couvert. Or la population est devenue
mobile. Compétition puisque plusieurs technologies s'affrontent pour améliorer
la couverture. Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, a pu
donner une vision de ces inégalités en région et des efforts locaux pour
promouvoir le haut-débit.

De gauche
à droite : Luc Deririano, Rédacteur en chef de La Lettre Autoroutes de
l'info et Territoires,
Martin Malvy, Président du conseil régional de Midi-Pyrénées et Nicolas
Jacquet, Délégué général de
l'aménagement du territoire, DATAR.
Sur le stand du Café
Rencontre avec Baudoin Branders
Animateur d'une liste de discussion des instituteurs belges : un prochain
article dans le Café...
Mercredi 27 août
Sur le stand du Café
Les Clionautes, c'est le mariage de Clio, muse de l'Histoire, et d'Internet.
Derrière le site collaboratif, plus de 1400 professeurs d'histoire-géographie,
en échange permanent par Internet. Ils utilisent une liste de discussion
spécialisée, bâtissent un site mutualiste pour échanger leurs expériences
et réflexions, voire mènent en commun des projets pédagogiques. Tous ces
aspects ont été présentés par Claudia Renau, présidente de l'association.
http://www.clionautes.org
Soleil et Pénombre
Depuis 10 ans, l'association Pénombre joue les trublions créatifs. Lassés
de voir les statistiques triturées par les médias, les responsables politiques
ou économiques, ils ont créé Pénombre pour faire réfléchir leurs concitoyens
aux usages des nombres. L'informatique n'a rien arrangé en mettant à la
disposition de tous des outils de présentation graphique qui facilitent
erreurs et manipulations. Pour Bruno Aubusson de Cavarlay, président de
Pénombre, il est temps d'enseigner également le doute critique à l'école.
Pénombre publie une revue qui est portée sur son site. On y trouvera,
par exemple, une analyse des résultats chiffrés des lycées.
http://www.penombre.org
Rencontres professionnelles : FING - Espaces Numériques de Travail,
quelle place pour les ressources numériques ?
Education nationale et éditeurs construisent le réseau informatique de
l'éducation

De gauche
à droite : Patrice Magnard, Thieey de Vulpillières, Henri
Verdier,
Nicolas Chung, Benoît Sillard, François Jarraud, Marie Gaillard.
Quelles ressources éditoriales électroniques pour les enseignants demain
? Pour quelle pédagogie ? Ce sont quelques uns des thèmes évoqués à la
table-ronde " Espace Numérique de Travail, quelle place pour les ressources
numériques ? ". Benoît Sillard, délégué interministériel aux usages de
l'Internet, Nicolas Chung, expert, y représentaient l'Etat. Les principaux
éditeurs étaient présents : Bordas Nathan, Hatier, Foucher, Editronics,
Odile Jacob, et Maxicours. Ils ont présenté les produits multimédias actuellement
disponibles. Ainsi Marie Gaillard a montré le manuel électronique d'histoire-géographie
de 3e d'Hatier : il s'agit d'un manuel qui apporte la richesse du multimédia
à l'ouvrage classique, avec la possibilité pour l'enseignant d'utiliser
à son gré les ressources à travers un bureau ouvert. Henri Verdier a présenté
les outils de remédiation développés en maths par Odile Jacob : un système
expert qui guide le collégien (de la 6ème à la 3ème) à travers une forêt
d'exercices assistés pour permettre des reprises personnalisées. Les manuels
Bordas sont actuellement utilisés dans les Landes. Thierry de Vulpillières
a montré le manuel de physique-chimie de 4ème, qui allie exercices, synthèses,
liens externes et est adapté au montage des IDD. Le I-manuel d'Editronics
associe étroitement ressources sur Internet à un support papier minimal.
Il fait davantage appel à la découverte par les élèves. Enfin, Patrice
Magnard a présenté les banques d'exercices et de cours de Maxicours.
Il revenait au délégué interministériel, Benoît Sillard, de montrer la
politique publique pour la construction d'un véritable espace organisé
et numérique de travail pour les enseignants et les élèves. Pour B. Sillard,
cet espace correspond à une nécessité, celle de ne pas produire des
" handicapés du XXIe siècle ", des jeunes incapables d'utiliser les
TIC. Et le ministre a mis la barre haut : il souhaite que 50% des enseignants
utilisent les TIC en classe dans 3 ans. Pour cela, le gouvernement entend
agir sur les contenus et les moyens. Sur les moyens en mettant en place
une architecture technique, l'Espace Numérique de Travail, où les éditeurs
pourront mettre leurs contenus et où enseignants, parents et élèves trouveront
des outils complémentaires. Sur les contenus, puisque le même espace permettra
de développer le marché éditorial et de le financer. Le ministère va donc
lancer des appels d'offre pour que l'éducation dispose des outils dont
elle a besoin. Ils devront être évolutifs et suffisamment ouverts pour
des approches pédagogiques différentes, le ministère veillant à la qualité
des scénarios.
Mais la production de contenus suffit-elle à faire modifier les usages
? A cette question du Café, qui dirigeait les débats, B. Sillard a précisé
qu'un important effort de formation devait être fait pour accompagner
et expliquer les usages. Le premier effort sera fait en IUFM où le C2i,
le B2i universitaire, deviendra obligatoire en IUFM avant qu'un second
C2i, plus axé sur les pratiques pédagogiques le devienne.
P.L. Ghavam a posé la question du financement de ce dispositif : l'effort
en va-t-il pas encore retomber sur les collectivités locales ? Pour B.
Sillard, l'ENT permettra de développer un marché du multimédia éducatif
et donc de rentabiliser la part de chacun. Plus directement. Serge Bergamelli
(Caisse des dépôts) a demandé aux éditeurs présents leur avis sur l'ENT
puisqu'il prétend encadrer techniquement les créations des éditeurs. N'y
a t il pas le risque qu'il freine l'édition ? Les avis des éditeurs différent
selon les produits déjà en cours et leur positionnement sur le marché.
Le débat demeure sur une labellisation de fait. Pour le Café, il était
important d'interroger B. Sillard sur la place qui serait faite aux réseaux
d'enseignants et aux ressources mutualisées. Ils seraient associés à l'accompagnement
de la mise en place de l'ENT. Un dernier point, particulièrement important
était soulevé par S. Bergamelli, celui du contrôle sur les utilisations
de l'ENT. Pour que les éditeurs soient rémunérés, il faut inscrire en
fichier toutes les utilisations. Qui saura ce que tel prof ou tel élève
aura utilisé ? Qui veillera à ce que les traces de la scolarité de chacun
se fondent dans le brouillard du passé ? Un sacré enjeu de citoyenneté.
Coup de projecteur sur le stand du ministère :
"Ressources mutualisées avec les académies ; accès
personnalisés et automatisés"
Educnet, site de la Direction de la Technologie (MEN) qui accueille notamment
les sites disciplinaires nationaux, s'est doté depuis quelques
temps d'une base de données de ressources pédagogiques pointant
pour chaque discipline vers l'ensemble des ressources disponibles sur
les sites académiques. Hélène Ormières présentait
les dernières amélioration de cette base qui fonctionne
grâce à la technologie "RSS" : les webmestres
de sites académiques disciplinaires remplissent la base de données
au moment de la mise en ligne de leurs pages web, en décrivant
la ressource mise en ligne. La base génère alors un fichier
informatique (fichier "RSS") à intégrer à
la page web, contenant sa propre description, qui peut ainsi être
reprise et affichée immédiatement sur tout le réseau
des sites académiques. Chacun peut ainsi afficher sur sa page d'accueil
la description des dernières pages web mises en ligne sur le site
disciplinaire de n'importe quelle académie. Ce système fonctionne
déjà pour les sites de Physique-chimie. C'est la même
technologie qui sera appliquée dans le Bureau virtuel des enseignants.
La
base de données nationale
Débat : Média, école, famille
Médias, école, famille, chacun a sa responsabilité
dans l'éducation des enfants, c'est ainsi qu'Emmanuel Davidenkoff
pose la problématique du débat. Y participent Cécile
Alvergnat (CNIL), Bernard Behnamou (Mission Internet Ecole Famille), Françoise
Cartron (Région Aquitaine), Jean Delprat (UNAF), Marc Pallain (NRJ
groupe), Benoît Sillard (DT - MEN) et Guy-Olivier Second (Sommet
mondial sur la Société de l'information).

De gauche
à droite : Jean Delprat (Unaf), Guy Olivier Second (ambassadeur
au sommet mondial de la société de l'information), Cécile
Alvergnat (CNIL), Marc Pallain (groupe NRJ), Emmanuel Davidenkoff (Libération),
Benoît Sillard (MEN - DT), Bernard Benhamou (Mission Internet, Ecole,
Famille) et Françoise Cartron (Région Aquitaine).
Pour Jean Delprat, plus que l'école ou la famille, ce sont les
médias qui contribuent à former l'identité des jeunes,
puisque ceux-ci passent en moyenne 1000 heures par an en leur compagnie
contre 800 heures avec leurs enseignants et 200 avec leurs parents. Il
présente le collectif interassociatif mis en place conjointement
par l'UNAF et la Ligue de l'enseignement visant à faire prendre
conscience de ce fait et à promouvoir la production d'études
sur le rapport des jeunes aux médias. Pour lui, les parents et
l'école ont été pris de court par la profusion médiatique
des images : "Il faut une formation de base à l'appropriation
des médias par les enseignants". La culture numérique
a besoin des médias pour se développer : on est passé
de la logique "chercher à tout savoir" à la logiquen
"savoir surtout chercher". Il insiste sur le rôle d'acccompagnement
des parents dans la découverte d'Internet par les enfants.
Pour Benoît Sillard, de la Direction de la technologie (MEN), l'enjeu
majeur n'est pas "d'apprendre les TIC" en tant que telles ni
d'obtenir grâce à elles de meilleurs résultats scolaires,
mais de faire évoluer nos valeurs : "nos relations à
autrui ont été profondément modifiées par
l'avénement des TICE". Il note que, si aujourd'hui 80 %
des enseignants utilisent les TIC à titre personnel, seuls 20 à
25 % d'entre aux en font bénéficier les élèves
en classe. L'objectif du ministère est donc d'amener ce chiffre
à plus de 50%. Trois axes apparaissent à travers les moyens
mis en oeuvre pour cela : sécurité et civilité,
formation tout au long de la vie et "Internet pour tous".
Bernard Benhamou présente le
projet Proxima qui vise à aider l'ensemble des acteurs à
agir à l'échelon local via Internet.
Cécile Alvergnat (CNIL) présente les projets pratiques
mis en oeuvre par la CNIL
pour accompagner les éducateurs, notamment l'espace "CNIL
junior" qui propose des outils ludiques visant à apprendre
aux jeunes les enjeux de la loi "Informatiques et Libertés".
Un protocole d'accord se fait également avec l'éducation
nationale afin de travailler sur la problématique des données
personnelles dans le domaine de l'école.
Pour Françoise Cartron (région Aquitaine), il s'agit avant
tout d'un problème politique : le public se tourne vers les
politiques et leur confère un rôle de régulateur,
de modérateur des excès et des inégalités.
Elle insiste sur la nécessité pour les collectivités
d'assurer un égal accès de tous aux technologies, ce qui
relève d'un triple défi : celui des inégalités
d'accès, celui de la connaissance et de la formation à ces
technologies, celui enfin relatif aux élèves éloignés
par la force des choses de leur lieu d'enseignement (à l'hôpital
par exemple). Pour elle, s'il y a "des chantiers de la décentralisation
peu lisibles et mal orientés, celui-ci a en revanche particulièrement
un sens."
Marc Pallain présente le groupe NRJ, qui contient quatre des radios
les plus écoutées par les jeunes : NRJ, Chérie-FM,
Nostalgie, Rire et Chansons, soit 80% des auditeurs de 13-24 ans. Il explique
que la radio a pris peu à peu conscience de sa responsabilité
en matière d'éducation et a évolué en se fixant
notamment des chartes civiques strictes (tolérance, respect de
l'autre, refus de la violence, etc.).
Guy-Olivier Second, ambassadeur au Sommet mondial de l'Information, attire
l'attention sur le problème de la fracture numérique à
l'échelle mondiale, particulièrement Nord-Sud. Il rappelle
que 91% des utilisateurs d'Internet représentent 19% de la population
mondiale, et que le problème est particulièrement dramatique
en Afrique du Sud où l'on peut voir combien la fracture Nord-Sud
s'est approfondie.
Débat : Médias, critique interdite ?
Edith Remond, qui anime le débat, s'étonne de l'intitulé
dans la mesure où les médias sont par essence destinés
à assurer la visibilité de l'information et s'exposent donc
à une critique d'ailleurs souhaitable. Elle rappelle les grands
enjeux de celle-ci dans le contexte de ces dernières années,
après la manipulation de Timisoara en Roumanie, plus récemment
le score de l'extrême-droite au second tour des présidentielles
le 21 avril dernier etc. et discerne deux grandes tendances : une
critique radicale qui rejette en bloc les médias, une autre, plus
constructive, issue du travail des sociologues. L'enjeu du débat
est ainsi posé : quelle forme doit prendre la critique pour être
constructive et aider à l'évolution des médias ?

De gauche
à droite : J-M. Charon, Jérôme Bourdon, Christian
Dauriac, Edith Remond,
Bernard Boudic, Serge July, Pierre Jeantet.
Pour Jérôme Bourdon, sociologue, la critique au sens large
s'est considérablement développée. Il s'agit d'attirer
l'attention sur le "médiateur" dans les rédactions,
encore méprisé bien que son rôle de lien entre la
rédaction et les lecteurs soit central.
Pour Jean-Marie Charon, également sociologue, les journalistes
ne sont responsables que devant leurs pairs, et la critique reste traditionnellement
interne ; seuls les journalistes peuvent s'entre-critiquer. Devant
le manque de confiance des lecteurs d'aujourd'hui à l'égard
des médias, il déplore le retard important de la France
en matière d'outils qui permettraient de réfléchir
sur les critiques émises. Elles demandent "de véritables
investissements, des recherches, des travaux...".
Bernard Boudic, de Ouest-France, témoigne combien il est plus
facile pour un journal régional d'être proche de ses lecteurs,
donc plus réactif à la critique. Pour lui, "la baisse
générale de diffusion de la presse écrite manifeste
un certain désaveu du lectorat à l'égard d'un produit
qui ne correspond plus à ses attentes".
Pour Pierre Jeantet, PDG de Sud-Ouest, la critique se manifeste particulièrement
par des phénomènes d'absence de recul par rapport à
l'information lorsque l'ensemble de la presse diffuse les mêmes
nouvelles. Il dénonce également des "professionnels
de la critique" qui guettent l'erreur (droits d'auteurs pour une
image, diffamation) et demandent systématiquement des arrangements
amiables ou attaquent en justice. Au sujet de la critique courante qui
consiste à dénoncer les rapports des médias au pouvoir,
il ajoute : "Nous ne sommes pas des politiques ; on attend
d'un journal qu'il éclaire les coulisses de l'information, qu'il
dénonce. Nous formons un contre-pouvoir, lui-même critiquable".
Pour Serge July, qui publie ce matin dans Libération les résultats
d'un sondage sur la crédibilité des médias, la critique
est un débat récent qui commence il y a une douzaine d'années
et s'inscrit dans le contexte d'aujourd'hui : suicide de David Kelly
suite aux révélations d'un journaliste de la BBC, fausses
enquêtes du journaliste du New-York Times... Face aux "Media
culpa" proférés dans les manifestations qui ont suivi
le 21 avril 2002, il affirme : "Je plaide non coupable ;
nul ne pouvait prévoir que Le Pen arriverait au second tour. L'insécurité
était le thème qui préoccupait le plus les Français
à ce moment-là ; même si nous parlions le moins
possible du Front national, on ne pouvait pas ignorer ce sujet".
"Tout le monde a légitimité à critiquer les
médias", affirme pour sa part Christian Dauriac (France 3)
qui, plutôt qu'à un "contre pouvoir" croit à
la possibilité d'un dispositif de transparence entre les médias
et leurs téléspectateurs ou lecteurs. Pour lui en effet,
le public est de plus en plus cultivé, mieux informé et
souvent expert dans l'un des domaines abordés. Enfin, plus on dévoile
les coulisses, plus on donnera à la profession les armes dont elle
a besoin pour s'améliorer.
Finalement, si la critique est nettement mieux prise en compte, tous
s'accordent à dire qu'on est encore loin de bénéficier
en France des outils nécessaires pour un abord sociologique et
pleinement constructif du phénomène.
Jeudi 28 août
Sur le stand du Café : WebLettres
WebLettres, c'est une association, un site animé par une trentaine
de professeurs de lettres, mais surtout une communauté virtuelle
d'enseignants bien plus nombreuse, en marge des listes de discussions
de profs de français, qui y mutualise ses ressources. L'annuaire
Web sélectionne, classe et décrit plus de 5000 ressources
Internet intéressant les professeurs de lettres du secondaire ;
l'espace pédagogie mutualise déjà 350 cours, séquences,
travaux des uns et des autres ; bien d'autres espaces sont à découvrir
sur le site qui accueille quotidiennement un millier de visiteurs uniques.
Vers le site WebLettres
Débat : L'école dans les médias, quelles images
?
L'école a souvent mauvaise presse ces dernières années :
atteinte par la représentation qu'en ont longtemps faite les médias,
particulièrement friands des problèmes de violence, quelles
réalisations positives concrètes peut-elle mettre en avant
pour préserver son image ? C'est en ces termes que Christophe Lucet,
du journal Sud-Ouest, introduit le débat.

De gauche
à droite : C. Marrec, C. d’Atabekian, C. Taillandier
Cécile Taillandier (Cap Canal) oppose une presse spécialisée,
qui fait réellement le lien, à une presse généraliste
qui présente des carences dans le traitement de la question de
l'école. Au milieu, France 5, qui a changé la donne en proposant
régulièrement des émissions grand public qui abordent
de manière plus approfondie des sujets jusque là relativement
confidentiels. Elle présente la chaine pédagogique Cap Canal,
qui émet dans la région lyonnaise depuis 1995 des émissions
à l'intention des élèves, parents et enseignants,
et note qu'il n'est pas facile de s'adresser à un public mêlant
professionnels, parents avertis ou parents moins informés. En marge
de la chaîne, Cap Canal édite également un magazine.
Par ailleurs, elle remarque que l'école ne souhaite pas toujours
qu'on parle d'elle, et que les journalistes, même enseignants, ont
parfois du mal à obtenir l'autorisation de filmer.
Margueritte Cros, coordinatrice CLEMI, relève deux grandes formes
de traitement de l'école dans les médias audiovisuels :
les documentaires qui se font sur un temps court, plus superficiels, et
ceux qui se font sur le long terme. Elle témoigne des méfiances
réciproques entre journalistes et enseignants, qui ont des attentes
différentes du traitement médiatique de l'information.
Pour Georges Dupont-Lahitte (FCPE), la question à poser est plutôt :
"Quand parle-t-on de l'école ?" Il dénonce
la puissante force de frappe des chaînes de télévision
nationales par rapport aux autres médias, qui abordent le thème
de l'école soit à des moments clés (rentrée,
vacances, etc.), soit à l'occasion de faits divers (violences notamment)
ou encore lors d'événements politiques (réformes,
initiatives ministérielles). Il dénonce dans les médias
en général l'accaparement du débat par les politiques
: "La parole est confisquée". Il remarque que les médias
ont à faire à deux types de public : l'un initié,
l'autre non, ayant chacun des attentes différentes. A propos du
grand débat sur l'école qui s'annonce à la rentrée,
il affirme : "nous attendons qu'il implique tous les acteurs, et
craignons la confiscation par les experts."
Christian Marre (pôle Education, Culture du Conseil régional
d'Aquitaine), dans le triangle école / public / presse,
l'école forme une puissante caisse de résonnance de tout
ce qui se passe dans la société ; c'est là en effet
qu'émergent des problèmes comme ceux du foulard ou de la
violence, qui la dépassent largement. Elle est aussi le domaine
des professionnels, néanmoins elle concerne tout le monde et chacun
a son mot à dire.
Pour Jean-Marie Puslecki (Directeur du CRDP d'Aquitaine) "on ne
peut pas construire une image positive de l'école si l'établissement
n'a rien à montrer". Ce qui est mis en valeur doit avoir un
sens par rapport aux projets nationaux. Or l'offre n'est pas la même
selon l'endroit où l'on est scolarisé : l'image ainsi
renvoyée est-elle fondatrice d'une identité sociale ?
Caroline d'Atabekian, (Café pédagogique), dénonce
la quasi absence de débat pédagogique dans la presse écrite
généraliste, comme s'il s'agissait d'un terrain délaissé,
réservé aux professionnels. La pédagogie et ses pratiques,
qui sont pourtant au centre des préoccupations des enseignants,
sont méconnues alors que les parents doivent, sinon entrer dans
le débat, au moins être informés sur ces sujets.
Débat : Nouveaux espaces numériques de travail : changer l’école
La mise en place de l’ENT s’avère bien un enjeu premier de cette année. Et le débat reprend avec de nouveaux intervenants et donc de nouvelles perspectives.
Il est d’abord financier pour les collectivités locales, rappelle Serge Bergamelli (Caisse des dépôts). Mais il est aussi pédagogique : il devrait faire évoluer les rapports avec les parents et les élèves.

De gauche
à droite : Gilbert Azoulay (L’Etudiant), François Dubet, Michel Chaumet, Serge Bergamelli
Michel Chaumet (CRDP de Montpellier) donne en exemple le projet d’ENT Numa développé dans l’académie. Il a modifié les rapports entre membres des communautés éducatives : profs, parents par exemple. Mais cet ENT pose des questions de financement, d’égalité d’accès, d’usage et de conditions de travail pour les enseignants.
François Dubet (Université Bordeaux II) apportait la vision du sociologue de l’éducation. Pour lui, l’ENT devrait remettre en question la tradition de l’école sanctuaire en mettant davantage de transparence dans le système. Il donne en exemple plus de visibilité sur les informations sur l’efficacité des établissements qui devrait rendre bien difficile le maintien de la carte scolaire. Ces espaces pourraient créer des espaces d’autonomie nouveaux pour les élèves. Pour les enseignants, dès lors que tout ne sera plus encadré dans le triangle prof-manuel-élève, le métier même d’enseignant devra évoluer. Il faut donc prévoir un effort important de formation. Enfin, F. Dubet mentionne la modification de l’accès au savoir : cela fera augmenter les risques de fraude mais aussi de partage de connaissances d’origine incontrôlée alors que jusque là, au niveau universitaire au moins, les enseignants partageaient les mêmes sources de savoir avec les étudiants. On voit que si la technique ne peut déterminer un avenir de l’école, elle peut susciter des inquiétudes chez ses acteurs.
De la salle, F. Jarraud, pour le Café, a rappelé que si 80% des enseignants sont utilisateurs chez eux des TIC, cela représente un chiffre très supérieur aux autres catégories de la société. Si 20% l’utilisent en classe, cela représente environ 200.000 maîtres ce qui est imposant. Enfin les enseignants ont développé déjà de nombreuses ressources multimédias, en témoignent des sites comme le Café ou Cartables (par exemple). La question à se poser c’est pourquoi 60% des profs ne font pas le passage. Quelle est la part des représentations du métier ? Croire qu’il suffise de créer des contenus pour créer une demande de contenus risque d’amener des désillusions. Ce n’est pas non plus parce qu’on met en place des contenus multimédias qu’on apporte une réponse adaptée à une situation pédagogique précise.
Pour Michel Chaumet l’ENT permettra de réperer ces ressources et de les valoriser. Nicolas Chung (Expert MEN) signale que l’ENT sera ouvert aux communautés éducatives à condition qu’elles respectent certaines normes techniques.
Serge Bergamelli « s’inquiète pour la partie pédagogique : le meilleur moyen de faire échouer l’ENT c’est de croire qu’il va modifier les pratiques pédagogiques » . L’ENT va créer un espace autour de la vie de l’élève. Ca ne doit pas être un cadre pédagogique. Pour Gilles Lesage (IBM Education), l’ENT devrait permettre la diffusion des bonnes pratiques pédagogiques.
De la salle, une mère de famille s’inquiète pour l’égalité devant l’ENT. Cet espace ne va-t-il pas favoriser que les familles aisées ? Pour S. Bergamelli, la diffusion actuelle des ordinateurs chez les familles modestes, ne s’accompagne pas de progrès scolaires. Un espace comme l’ENT, parce qu’il permet le dialogue avec l’établissement, devrait apporter plus d’efficacité.
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