Former systématiquement tous les collégiens et les écoliers au maniement de
l'ordinateur et d'internet est une nécessité mais aussi un grand chantier. C'est
celui du B2I, le "brevet Informatique et Internet". Nous avons demandé à Christophe
Lerouge, conseiller technique du ministre de l'éducation nationale, de faire
le point pour nos lecteurs sur sa mise en place.
FJ - Quels sont les objectifs du B2I ?
CL - Depuis quatre ans le ministère de l'Education nationale a mis en œuvre
un plan ambitieux pour l'utilisation des technologies de l'information et de
la communication dans les écoles et les établissements scolaires. L'objectif
de ce plan est double : former les jeunes à l'utilisation de ces technologies
désormais banalisées, et mettre à disposition des enseignants des outils modernes
pour enrichir leur pédagogie.
FJ - Cela suppose un équipement de tous les établissements. Est-ce possible
?
CL - L'équipement informatique des établissements et leur connexion à Internet
est à la charge des collectivités locales, l'Etat restant responsable de la
politique éducative et garant du bon fonctionnement du service public. Cette
répartition des compétences entre l'Etat et les collectivités peut conduire
à des disparités dans le taux d'équipement sur l'ensemble du territoire. Ces
inégalités nécessitent une intervention du ministère qui doit garantir la cohérence
de l'enseignement et qui peut, sous certaines conditions, financer directement
les matériels informatiques grâce à des fonds délégués aux académies. L'Education
nationale a aussi pris en compte l'arrivée du multimédia en modifiant les programmes
disciplinaires et en incluant l'usage de ces technologies dans l'enseignement.
Il est également apparu rapidement nécessaire de définir un cadre national
permettant d'avoir un référentiel commun sur les compétences que les élèves
doivent acquérir dans ce domaine. C'est pourquoi le Brevet Informatique et Internet
(B2I) a été créé. Il comprend deux niveaux : école primaire et [...] | collège. Il atteste
que l'élève utilise de manière autonome et raisonnée les technologies de l'information
et de la communication, pour lire et produire des documents, rechercher des
informations qui lui sont utiles et communiquer au moyen d'une messagerie. Outre
les items de nature technique qui concernent l'utilisation des principaux logiciels,
le B2I met l'accent sur l'usage citoyen de l'Internet. Il doit permettre de
sensibiliser et de former les jeunes pour qu'ils adoptent une attitude citoyenne
face aux informations véhiculées par les outils informatiques. La somme des
compétences attendues à chacun des deux niveaux (école et collège) constitue
le bagage minimum que tout élève devra maîtriser, mais il n'est pas exclu que
d'autres compétences non spécifiées puissent être acquises lors de l'utilisation
en classe de produits multimédias.
FJ - N'y a-t-il pas risque de limiter l'usage des TICE à une seule matière,
par exemple la technologie en collège ?
CL - Le B2I n'est pas un diplôme obtenu par examen mais un certificat attestant
de compétences acquises par les élèves au cours de leur scolarité. C'est à l'équipe
pédagogique dans son ensemble de les valider. Les modalités de vérification
des compétences définies par le ministère correspondent à l'usage en classe
de l'outil informatique. Il est avant tout au service des apprentissages des
diverses disciplines à l'école comme au collège, où il fait l'objet en outre
d'un enseignement spécifique. C'est dans cet usage régulier et dans toutes les
disciplines que les élèves développeront la maîtrise et la compréhension de
ces technologies.
FJ - Où en est-on actuellement dans la diffusion du B2I ?
CL - Le B2I s'est mis en place au cours de l'année scolaire 2000/2001. Il sera
rendu obligatoire l'année prochaine (2002/2003). L'inspection générale de l'Education
nationale a effectué une première mission d'évaluation de ce dispositif qui
a permis de déterminer que 50.000 brevets ont déjà été délivrés au primaire
et que près de 20% des collèges ont également mis en place le B2I. |