J'ai commencé le B2I l'an passé en janvier. Mais en juin, on n'avait pas fini.
Cette année j'ai commencé en septembre et on devrait y arriver. Aujourd'hui,
en décembre, ils ont entre une dizaine de compétences pour les plus avancés
et la moitié pour les moins rapides. On est à mi-chemin.
Notre système informatique est un peu particulier. Par exemple, on n'a pas
de lecteur de cédéroms ; on est sur un réseau et les procédures d'enregistrement
sont particulières. Mais on s'arrange.
Ca qui m'a posé problème au début, c'est le vocabulaire. J'appelle ça du pédalogue.
Je voulais le traduire en français, mais je ne l'ai pas fait. Je me suis contenté
de refaire une double page propre que je leur ai distribué. Ils l'ont mise dans
une pochette plastique qu'ils doivent garder en permanence avec eux. J'ai quelques
problèmes avec certaines compétences comme montrer le disque dur ; je ne sais
pas faire sans démonter ; quelques redondances également. Mais rien de très
grave.
En règle générale, ils apprennent en faisant le travail normal de la classe.
Le B2I, c'est un fil rouge. Quand on a fait un travail en salle informatique,
ils peuvent venir me voir et me dire qu'aujourd'hui ils pensent qu'ils possèdent
telle compétence ; je vérifie et je signe.
Je vérifie simplement en demandant de faire devant moi une tâche qui exige
la compétence. En général, ils viennent me voir quand ils sont prêts si bien
que je refuse rarement.
[...] | On ne fait jamais de séance spéciale B2I, sauf pour deux ou trois compétences
très particulières. Par exemple celles qui touchent à la citoyenneté, le droit
d'auteur, la vérification des sources. Pour celles-là, je fais une séance d'instruction
civique spéciale. Ce sont aussi des compétences sur le long terme. Ils ne peuvent
pas les valider seuls. On le fait ensemble en fin d'année.
Récemment, on a validé la compétence d'utilisation du correcteur orthographique.
J'ai insisté sur les limites. Par exemple, un élève m'appelle parce que le correcteur
lui signale une faute alors qu'il a deux mots bien orthographiés. Oui mais il
a oublié un espace après la virgule. Le correcteur repère aussi certaines fautes
de typo.
Bien sûr, ceux qui ont une machine chez eux vont plus vite. Mais ce n'est pas
une règle absolue. J'ai un gamin très bon, très malin qui n'a pas de machine
et un autre qui en a une mais ne pense qu'aux jeux.
Ils aiment bien le B2I parce qu'ils possèdent le papier. Ce n'est pas une feuille
que je garde secrètement dans un coin de mon bureau. Et puis, visuellement,
ça représente un parcours. Ils se voient avancer. Ils se rendent compte aussi
qu'on ne valide pas les compétences dans l'ordre.
Et moi j'aime bien le B2I parce que c'est un outil de continuité avec le collège.
Ils arriveront au collège avec, sur une feuille, ce qu'ils sont capables de
faire avec un ordinateur. Ca évitera qu'on leur fasse tout reprendre à zéro
en sixième. |