- Compte rendu de l'enquête B2i /
Café pédagogique Décembre 2001
Introduction : Les enjeux du B2i,
par Bruno Devauchelle
1 - Le B2i au BO,
par Norbert Troufflard
2 - Etat des
lieux :
-
Enquête du Café du 5 au 14 Décembre 2001
-
Compte-rendu de l'enquête
- Un
collège sur cinq prépare déjà le B2i ; entretien
avec Christophe Lerouge, conseiller du Ministre
-
Instantané sur le B2i
-
Pour que le B2i ne se transforme pas en Arlésienne, par Emmanuel Leclainche,
formateur
3 - Primaire
: le B2I : un fil rouge - Martin Schneider, instituteur à l'école Helvétie,
Besançon, CM2. Entretien avec Serge Pouts-Lajus
4 - Dans
les disciplines :
-
L'avis du professeur de technologie, par Norbert Troufflard
-
Le point de vue du documentaliste, parAlain Gurly
-
Le B2i et les langues Katrin Goldmann et Christine Reymond
5 - Des logiciels
pour l'auto-évaluation
-
Rencontre avec Laurent Odic, auteur d'Arbr@B2i
-
Rencontre avec Pierre Le Guistin, auteur de "B2i-Kit"
6 - Le B2i
sur Internet
- Télécharger le dossier
complet au format pdf
- Télécharger le compte-rendu de l'enquête au format pdf
- Bruno Devauchelle -
Extraits signifiants du compte rendu complet qui peut être demandé au café
pédagogique.
Travail réalisé par Bruno Devauchelle, Cepec
Introduction générale sur le dépouillement de cette enquête
Le dépouillement de cette enquête a mis volontairement de coté les 77 réponses
qui nous ont été fournies par des personnes n'étant pas directement concerné
par la mise en place du B2i. Autrement dit nous n'avons retenu que les réponses
clairement identifiées comme issues des écoles (primaires et maternelles) et
des collèges. Cependant, nous avons traité de façon tantaôt comparative, tantôt
séparée ces deux niveaux. En effet les préoccupations ne sont pas les mêmes
du fait des différences d'obligations inscrites dans les textes d'une part et
d'autre part les modes de fonctionnement sont radicalement différents.
Notre travail est divisé en deux grandes parties, le traitement quantitatif
et le traitement qualitatif. Ce choix a été nécessité par la richesse des réponses
au questions ouvertes et à l'intérêt qu'elles suscitent
1 - Description de la population :
Nombre de réponses total : 460
Dont : 138 réponses du primaire, 245 réponses collège, 77 réponses autres
Premier constat les femmes, dans notre corpus, sont sous-représentées par rapport
à leur nombre dans l'ensemble de l'enseignement qui est de 77,8% en primaire
et 56,7% dans le secondaire.
Malgrè la difficulté à obtenir une statistique sur l'âge moyen des enseignants,
on peut remarquer que notre groupe est plutôt plus jeune (40 ans) que ce qui
semble être la moyenne nationale (entre 42 et 25 ans).
La répartition de notre enquête par discipline qui n'a pas de sens en école
primaire et maternelle est intéressante à observer dans notre enquête collège
:
| Technologie |
93
|
38,27%
|
| Documentation |
58
|
23,87%
|
| Math |
22
|
9,05%
|
| Histoire-Géographie |
20
|
8,23%
|
| Lettres modernes |
16
|
6,58%
|
| Anglais |
7
|
2,88%
|
| Education musicale |
5
|
2,06%
|
| Physique chimie |
4
|
1,65%
|
| Informatique |
3
|
1,23%
|
| Espagnol |
2
|
0,82%
|
| Arts plastiques |
1
|
0,41%
|
| Chef d'établissement |
1
|
0,41%
|
| Coordonnateur |
1
|
0,41%
|
| EPS |
1
|
0,41%
|
On peut noter immédiatement la place prise par les enseignants de technologie
dans les réponses à cette enquête. Cependant, on peut aussi constater avec intérêt
la part prise par plusieurs disciplines autres en dehors de la documentation.
La faible place donnée aux enseignants de mathématique met de coté un a priori
assez fréquemment noté sur leur appétence à l'informatique qui ne semble pas
plus grande que d'autres disciplines (HG par exemple).
2 - La connaissance du B2i par les enseignants
On peut noter que la majorité des enseignants s'est informé seul sur le B2i.
La place plus importante donnée à l'établissement au collège montre que les
textes officiels ont eu un certain impact et ont été transmis.
Ecole - Ma participation
| je ne participe pas |
28
|
20,29
|
| je suis le seul pour le B2i |
28
|
20,29
|
| Je suis responsable du B2i |
15
|
10,87
|
| Je participe à l'équipe |
23
|
16,67
|
| Le B2i n'existe pas dans l'établissement |
44
|
31,88
|
| Total |
138
|
|
Collège : ma participation :
| je ne participe pas |
30
|
12,24%
|
| je suis le seul pour le B2i |
28
|
11,43%
|
| Je suis responsable du B2i |
35
|
14,29%
|
| Je participe à l'équipe |
89
|
36,33%
|
| Le B2i n'existe pas dans l'établissement |
63
|
25,71%
|
| Total |
245
|
|
La comparaison des deux niveaux permet de mettre en évidence logiquement la
moindre participation du primaire au B2i.
Ecole : Etat des lieux
| ignore le B2i |
58
|
42,03%
|
| attend pour mettre en place |
36
|
26,09%
|
| a désigné une personne |
10
|
7,25%
|
| Je participe à l'équipe |
34
|
24,64%
|
| a mis en place un dispositif |
138
|
100%
|
Collège : Etat des lieux
| ignore le B2i |
43
|
17,55%
|
| attend pour mettre en place |
83
|
33,88%
|
| a désigné une personne |
37
|
15,10%
|
| Je participe à l'équipe |
82
|
33,47%
|
| a mis en place un dispositif |
245
|
100%
|
Les collèges sont plutôt dans une attitude attentiste assez largement partagée.
Alors qu'en primaire, la mise en place du B2i est loin d'être évidente. L'implatation
géographique est assez semblable dans les deux cas. Il reste maintenant à comprendre
quel est le taux d'équipement des établissements. On entend souvent dire que
le primaire est le parent pauvre et qu'il dispose de moins de moyens, c'est
pour cela que la mise en place du B2i y est retardé.
Pour vérifier cette impression il nous faut évaluer le taux d'équipement global
des établissements :
Collège
Taille de
l'établissement |
Nombre |
Nombre total
d'ordinateurs |
Nombre
moyen par établissement |
Nombre total de postes connectés à Internet |
Nombre moyen par établissement |
| Moins de 100 |
4
|
26
|
6,50
|
12
|
3,00
|
| Entre 100 et 200 |
17
|
315
|
18,53
|
198
|
11,65
|
| Entre 200 et 500 |
93
|
2402
|
25,83
|
1734
|
18,65
|
| Entre 500 et 1000 |
118
|
3143
|
26,64
|
2006
|
17,00
|
| Entre 1000 et 1500 |
12
|
302
|
25,17
|
274
|
22,83
|
Ecole
Taille de
l'établissement |
Nombre |
Nombre total
d'ordinateurs |
Nombre
moyen par établissement |
Nombre total de postes connectés à Internet |
Nombre moyen par établissement |
| Moins de 100 |
33
|
135
|
4,09
|
65
|
1,97
|
| Entre 100 et 200 |
56
|
454
|
8,11
|
203
|
3,63
|
| Entre 200 et 500 |
42
|
568
|
13,52
|
212
|
5,05
|
| Entre 500 et 1000 |
5
|
83
|
16,60
|
67
|
13,40
|
On est de toute façon loin d'un taux de 100% d'équipement si souvent vanté dans
les statistiques officielles. Notre questionnaire a permis de mieux cerner ce
taux d'équipement en demandant salle par salle les taux de connexion à Internet.
Ce dernier indicateur est un signe beaucoup plus réaliste des possibilités d'accès
des élèves à Internet.
3 - La représentation de la relation des élèves avec l'ordinateur :
1 - A la maison
La majorité des élèves disposent d'un ordinateur à la maison :
|
|
Collège
|
Ecole
|
|
Oui
|
59
|
24,18%
|
34
|
24,64%
|
|
Non
|
185
|
75,82%
|
104
|
75,36%
|
|
Total
|
244
|
100%
|
138
|
100%
|
Notre échantillon semble à peu près homogène entre primaire et collège. La représentation
qui nous est donnée ici montre que l'ordinateur est désormais perçu par les
enseignants comme faisant parti de la vie quotidienne de la plupart des élèves
La pratique d'Internet reste elle beaucoup plus rare. L'augmentation en collège
correspond aussi au fait que l'intérêt des enfants pour la recherche de documents
et la communication en autonomie croit avec l'âge.
La connaissance que les enseignants ont de l'équipement de leurs élèves est
rarement précise, nous l'observons dans les stages d'enseignants que nous animons.
Ici ce qui est recherché ce n'est pas le chiffre exacte mais la représentation
que s'en font les enseignants. En fait les enseignants ne perçoivent pas l'ordinateur
à la maison comme un raz de marée, mais comme un fait encore marginal. Pourtant
les statistiques d'équipement auraient tendance à montrer que les taux d'équipement
en informatique s'élèvent dans les foyers avec enfants, donc scolarisés. Mais
entre la possession d'un ordinateur à la maison et la possibilité d'en faire
état dans le contexte scolaire, il y a un certain écart. Les enseignants qui
ont répondu à notre enquête semblent être conscients de la place que prend l'ordinateur
à la maison
2 - Dans l'établissement scolaire
La mise à disposition des ordinateurs dans les collèges est plus importante
qu'en primaire comme nous avons pu l'observer dans notre enquête. Au delà c'est
l'usage qui importe. C'est pourquoi les tableaux qui suivent vont apporter quelques
éclairages :
Les élèves utilisent les TIC dans l'établissement:
|
|
Collège
|
Ecole
|
|
Vrai
|
199
|
81,22%
|
94
|
68,12%
|
|
Faux
|
46
|
18,78%
|
44
|
31,88%
|
|
Total
|
245
|
100%
|
138
|
100%
|
Ce tableau permet de mieux comprendre le taux d'accès des élèves à l'ordinateur
à l'école. Il montre que la plupart des élèves ont potentiellement accès à cet
outil. Nos chiffres sur les taux d'équipement montrent cependant qu'il faudrait
décrire plus précisément l'usage et le temps passé sur ces machines.
Les élèves utilisent les TIC en techno :
|
|
Collège
|
Ecole
|
|
Vrai
|
52
|
21,22%
|
10
|
7,25%
|
|
Faux
|
193
|
78,78%
|
128
|
92,75%
|
|
Total
|
245
|
100%
|
138
|
100%
|
Ce tableau est très surprenant. En effet tous les élèves du collège sont censés
passer sur ordinateur au cours du collège. Difficile d'expliquer ces chiffres
étonnants qui se partagent entre la méconnaissance de ce qui se fait en cours
de technologie et le sous équipement de certaines salles de technologie, mais
cela n'apparaît pas dans nos chiffres. Pour le primaire cela est plus logique
du fait de l'absence d'enseignement de technologie.
4 - Analyse des questions ouvertes
4.1 Les expressions associées au B2i
La demande d'association du B2i à trois expressions cherche à faire émerger
les représentations dominantes de ce dispositif.
Nous avons essayer de rechercher de façon comparative les expressions utilisées
en collège et en école.
Mots les plus fréquents communs aux deux groupes
Dans le tableau ci dessous on a effectué le rapprochement entre les mots les
plus fréquents communs aux deux groupes. Le pourcentage permet de meiux mesurer
l'importance de chaque critère par rapport à la totalité des expressions fournies
par le groupe de référence. Comme on le constate, C'est le mot "intéressant"
qui recueille le meilleur score et cela pour le primaire, alors que c'est autour
du mot difficile que se situe le meilleur score du secondaire.
| |
Maternelle et Primaire (264 réponses) |
pourcentage |
Collège (583 réponses) |
pourcentage |
| Inutile |
3
|
1,14%
|
5
|
0,86%
|
| Outil |
3
|
1,14%
|
4
|
0,69%
|
| Nécessaire |
5
|
1,89%
|
15
|
2,57%
|
| Indispensable |
6
|
2,27%
|
10
|
1,72%
|
| Manque |
7
|
2,65%
|
3
|
0,51%
|
| Ambitieux |
8
|
3,03%
|
8
|
1,37%
|
| Utile |
10
|
3,79%
|
25
|
4,29%
|
| Difficulté/difficile |
9
|
3,41%
|
28
|
4,80%
|
| Intéressant |
16
|
6,06%
|
20
|
3,43%
|
4.2 Analyse des question ouvertes sur la mise en place du B2i
La mise en place du B2i se traduit pas des attitudes diverses dans les établissements
comme le montre le tableau ci-dessous. La demande d'explicitation que nous avons
faite dans le questionnaire a cherché à préciser ce qui se passait dans les
établissements.
|
Etat des lieux
|
Primaire total
|
Primaire %
|
Collège total
|
Collège %
|
| ignore le B2i |
58
|
42,03%
|
43
|
17,55%
|
| attend pour mettre en place |
36
|
26,09%
|
83
|
33,88%
|
| a désigné une personne |
10
|
7,25%
|
37
|
15,10%
|
| a mis en place un dispositif |
34
|
24,64%
|
82
|
33,47%
|
Dans les trois paragraphes ci-après, nous tentons de rendre compte de façon
assez globale et représentative des propos tenus dans les réponses que nous
ont fournis les enquêtés.
4.2.1 Les établissement n'ayant rien mis en place
En collège les quatre motifs invoqués pour la non mise en place sont : Le manque
de moyens, le désintérêt pour le dispositif, les TICE sont peu mobilisatrices
pour les équipes enseignantes (et leur direction) peu compétentes et travaillées
par d'autres questions, cela retombe souvent sur le dos du seul professeur de
technologie qui refuse.
En primaire deux facteurs sont prééminents le matériel et la formation (culture
?) des enseignants.
Comme on le voit de sérieux motifs de résistance sont en place. Au travers de
cet ensemble de propos, il y a surtout une constante qui est culturelle : en
effet l'informatique reste encore relativement marginale dans les équipes qui
n'ont pas mis en place le B2i. La question des technologies de l'information
et de la communication dans l'établissement scolaire reste encore largement
une question de représentations sociales, et ne sont absolument pas percues
comme un enjeu social fort, tel que le texte du B2i semble vouloir le dire.
4.2.2 Les établissement attendant pour mettre en place le B2i
En collège, l'attentisme est lié soit à des installations en cours, soit à la
volonté de ne pas voir trop grand. C'est surtout la question de l'évaluation
qui est en cause : recherche de solutions simples et pratiques pour réaliser
le B2i
En primaire, trois facteurs ont influencé la mise en place à venir : l'équipement
en matériel, le manque de formation à combler, et aussi la mise en place de
progression des évaluations.
L'enseignement primaire est davantage en attente de solutions pratiques, techniques
et humaines pour se mettre en route alors que le collège marque davantage les
difficultés à rentrer dans le dispositif (cf les expressions associées au B2i)
4.2.3 Les dispositifs mis en place dans les établissements
En collège la variété des réponses laisse à penser que le texte a été très largement
interprêté. De l'établissement qui a mis en place un dispositif global et interdisciplinaire
à l'enseignant qui met en place des cours et un examen B2i on trouve toutes
sortes de dispositifs. On note cependant l'importance accordée au feuilles d'évaluation
qui soit sous forme de logiciel, de feuille ou de livret sont les pièces clés
des dispositifs les plus élaborés. Si la mise en place montre une grande diversité,
la pratique est elle très conforme. Autrement dit, il n'y a aucune appropriation
de B2i dans un projet plus global d'établissement hormis quelques cas, mais
surtout une prise en compte technique des impératifs proposés par le ministère
qui ne sont pas remis en cause sur le fond, mais bien sur la forme. De même
l'accent est très peu mis sur l'intégration dans les disciplines, mais plutôt
sur les compétences techniques.
Voici un exemple d'intégration : " L'équipe du conseil des TICE de l'Etablissement
a pris en charge ce projet et a mené les actions suivantes : conception d'un
B2i personnalisé pour les 3ème (incluant niveau 1 et niveau 2), présentation
et distribution dudit document à l'ensemble des élèves de 3ème ainsi qu'à l'ensemble
de l'équipe pédagogique, organisation d'une demi-journée banalisée consacrée
à une réflexion autour de la mise en oeuvre du B2i où le prof-doc, le prof de
techno et les 2 profs de français des 3ème ont présenté le Module Internet qu'ils
mettaient en place pour les élèves 3ème afin d'organiser des activités visant
l'acquisition d'un certain nombre des compétences du B2i. Ce premier trimestre
s'est focalisé sur les classes de 3ème puisque c'est l'urgence. Au second trimestre
s'organisera la conception et la distribution des documents pour les élèves
de 6ème, 5ème et 4ème. Objectifs pour la fin de l'année : délivrer les attestations
des B2i niveau 1 et 2 à tous les élèves de 3ème, délivrer le niveau 1 aux élèves
de 4ème, commencer de valider des compétences du niveau 1 pour les élèves de
6ème et de 5ème. "
En primaire, outre les traditionnelles mises en place de progression et d'évaluation,
on notte surtout une très grande intégration du B2i au projet pédagogique de
l'établissement et de la classe comme le montre ce passage " Le dispositif est
global. Il est mis en oeuvre dans toutes les disciplines développées au sein
de ma classe (CM). Je ne fais pas de cours spécifiques, les enfants apprennent
les différents éléments du B2i en fonction des besoins nécessaires pour réaliser
l'objectif. ". Cette intégration pédagogique est assez nettement repérée dans
les propos de ceux qui ont mis en place le B2i.
5 - Essai de classification et de typologie des attitudes de mise en place
du B2i
L'analyse de contenu des questions ouvertes concernant la mise en place du B2i
dans les établissements permet de dégager un début de typologie, ou tout au
moins un ensemble de caractéristiques qui permettent d'observer les établissements
et de montrer les différentes formes que peut prendre le B2i dans les pratiques.
L'ordre des rubriques n'a aucune valeur hiérarchique et les rubriques ne sont
pas homogènes. Elles sont révélatrice des façons dont les enseignants évoquent
la mise en place du B2i dans leur établissement.
Dans le tableau ci-dessous chacun des éléments indicateur clé retenu est explicité.
Ensuite dans le développement, une présentation de réponses type est proposée.
Enfin une conclusion proposera une analyse de cette diversité.
La première analyse qui tranche nettement est l'extrême diversité de perception
et de présentation des dispositifs en place. A partir de quatre à cinq attitudes
globales on s'aperçoit que les réponses apportées à nos questions ouvertes sont
beaucoup plus diversifiées et dénotent des attitudes plus complexes que celles
que peuvent induire une simple analyse statistique.
| Elements clés |
Présentation |
| Test |
Simple mise en place d’une évaluation traditionnelle sous
forme d’examen, de contrôle de test de niveau |
| Formation et test |
Construction d’une progression permettant de former les jeunes
et de les évaluer directement après la formation |
| Cahier de compétence |
Fabrication et remise d’un carnet de compétences que les élèves
vont garder avec eux au cours de leur scolarité. |
| Feuille de positionnement |
Utilisation des feuille de positionnement proposées par le
texte officiel du BO et gérées telles qu’elles par les élèves ou les enseignants
|
| Un professeur seul |
Un enseignant a été désigné ou s’est autodésigné et assume
seul la responsabilité du B2i |
| Deux professeurs (technologie et documentation essentiellement)
|
Les enseignants qui sont le plus impliqués dans l’usage des
TIC dans leur pratique professionnelle du fait des matériels et du contenu
de leur enseignement s’emparent du B2i. |
| Une petite équipe volontaire |
Les enseignants qui utilisent l’ordinateur dans leur pratique
pédagogique s’associent pour gérer le B2i |
| Une équipe volontaire autour des profs de techno |
Le professeur de Technologie sollicite les collègues qu’il
sait utiliser les TIC pour l’aider à gérer le B2i |
| Le principal (le directeur) et une équipe volontaire |
Le principal du collège fait appel aux volontaires (lui même
étant parfois partie prenante s’il enseigne) pour mettre en place le B2i.
Le directeur de l’école primaire est très investit dans les TIC et anime
avec ses collègues la mise en place du B2i |
| Le professeur principal coordonne |
Il est demandé aux professeurs principaux de solliciter leurs
collègues afin de valider le B2i (cf le conseil de classe) |
| Equipe TICE |
Une équipe TICE existante au niveau de l’établissement prend
en charge la mise en place et la coordination du B2i |
| Refus de mise en place |
Il y a refus catégorique soit du principal, soit de l’équipe
soit des individus concernés de mettre en place le B2i ; ou alors il y a
absence d’information et d’implication. |
| Utilisation d’une solution logicielle |
L’établissement fait l’acquisition d’une solution logicielle
qui sera mise en œuvre à certains moments pour permettre le suivi et la
validation B2i et le renforcement des compétences si nécessaire. |
| Lien avec itinéraires de découverte (pédagogies de projet
de production) |
L’équipe pédagogique articule le B2i avec les itinéraires
de découverte afin de pouvoir former accompagner et valider les compétences
de façon transversale. |
| Dispositif naturel |
Le B2i est déjà existant sous une autre forme explicite ou
non, les TIC sont très intégrées dans les pratiques pédagogiques. Les enseignants
y voient juste un élément formel à intégrer à ce qui existe déjà . |
| Attentisme |
L’établissement ne sait comment prendre les choses et attend
d’en savoir plus (sur les autres établissements en particulier) pour faire
quelque chose. Dans ce groupe on trouve aussi les établissements qui n’ont
pas les moyens matériels (ou humains) d’assurer le B2i . |
Conclusion générale de l'enquête
Plus de 40% des établissement ignorent ou ne mettent pas en place le B2i. Plus
de 25% attendent pour le mettre en place. Une grande diversité dans les procédures
de mise en place se constate. Il semble donc que le B2i soit mal compris dans
les établissements scolaires. La lecture de ce constat peut se faire à plusieurs
niveaux qui méritent chacun une étude plus précise. S'agit-il d'une opposition
simple à une tocade de ministre ? S'agit-il d'un refus républicain ? S'agit-il
d'une inadéquation entre des propositions de technocrates et des réalités d'établissement
scolaire ? Ou encore s'agit-il de la non perception par l'école de l'enjeu des
TIC ? Ou plus précisément s'agit-il de l'expression du refus par l'école d'admettre
que les élèves apprennent en dehors d'elle et que son rôle est en train de changer
face à l'information et à l'acquisition de compétences ?
Au delà des critiques méthodologiques nombreuses que l'on peut faire sur cette
enquête, elle est suffisamment démonstrative d'un point essentiel : la résistance
à la mise en place d'un dispositif promu par le ministère. Il n'est d'ailleurs
pas étonnant de voir apparaître récemment d'autres dispositifs pour lesquels
le ministère a mis l'accent de façon beaucoup plus marquée sur l'obligation
(les itinéraires de découverte) suite à des difficultés rencontrées antérieurement
avec les travaux croisés. Le B2i serait-il moribond ? Il y a lieu de le croire
si l'on analyse l'enquête avec précision. Sa faible réception dans les collèges
et la multiplicité des intentions pédagogiques et sociales sous jacentes en
font un produit d'autant plus complexe qu'il nécessite des équipements que le
ministère ne maîtrise pas puisqu'ils dépendent des collectivités territoriales.
Par ailleurs le problème culturel reste très présent derrière cette résistance
: culture pédagogique d'une part culture technique et informationnelle d'autre
part.
Les idées défendues par le B2i autour de la fracture sociale ne sont absolument
pas apparentes dans les réponses fournies par nos enquêtés. Nous ne les avons
pas sollicités intentionnellement pour éviter l'effet bonne conscience politique
habituel. Or il apparaît que le B2i est affaire d'école et pas affaire de fracture
sociale. Il est perçu comme un exercice scolaire de plus dans la panoplie de
l'enseignement obligatoire.
|