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Remi Brissiaud : Calcul et résolution de
problèmes arithmétiques : il n'y a pas de
paradis pédagogique perdu (6 juin 2006)
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David Lefebvre : Calcul et situations problèmes (20 juin 2006)
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Roland Charnay : Calcul, résolution de
problèmes, programmes : réaction au texte de
Rémi Brissiaud (20 juin 2006)
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Joël Briand : L'esprit global des
programmes permet aux professeurs de conduire les
apprentissages mathématiques des
élèves en leur donnant vraiment du sens
(21 juin 2006)
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Remi Brissiaud : Calcul et résolution de problèmes : le débat avance (29 juin 2006)
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Remi Brissiaud :
Calcul et résolution de problèmes
arithmétiques : il n'y a pas de paradis
pédagogique perdu
Un vaste
mouvement de réformes pédagogiques s'est
développé dans la deuxième moitié
du XXe siècle en mathématiques comme
en français. Un bilan de ce mouvement concernant
l’école maternelle et élémentaire en
serait inégal, mais il ne serait sûrement pas
négatif. Or, depuis plusieurs années, des
personnes de sensibilités politiques, de fonctions et de
statuts divers s'organisent en vue d'obtenir un retour aux
pratiques pédagogiques d'avant ce mouvement. En
français, leur mot d’ordre est notamment le retour
à « la syllabique pure » pour
l’apprentissage de la lecture. En mathématiques,
elles prônent un retour aux programmes de 1945, ceux qui
ont eu cours jusqu’en 1970, date de la réforme
dite des mathématiques modernes. Elles exigent en
particulier le retour à l’enseignement des 4
opérations dès le CP. C’est ainsi que le
ministère de l’Éducation Nationale a
officiellement autorisé divers enseignants réunis
dans un Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les
Programmes (Grip) à « expérimenter cette
réforme » dans plusieurs classes.
En fait, le
ministre a déjà annoncé qu’il allait
lancer le chantier de la rénovation de
l’enseignement du « calcul » lors du Conseil
des Ministres du 12/04/2006. Si cela signifiait une
volonté d’organiser un vaste mouvement de
réflexion sur l’état de
l’enseignement des mathématiques en France pour
préparer un éventuel changement des programmes,
le ministre serait dans son rôle et cela n’aurait
rien de scandaleux. Mais on peut craindre que, comme pour la
lecture, des décisions précipitées soient
prises, sans concertation préalable.
[Lire l'article]
David Lefebvre
Calcul et situations problèmes
Dans un long et
passionnant article paru récemment sur le site du
Café Pédagogique, Rémi Brissiaud
développe un très intéressant argumentaire
concernant l'enseignement de la division à
l'école élémentaire à travers son
histoire et les choix pédagogiques qui sous tendent cet
enseignement. Ou plutôt ces enseignements, la
variété des approches exposées en montrant
fort bien la diversité. Son texte est à la fois
très complet et très long, la version
imprimée faisant entre vingt-cinq et trente pages ce qui
n'est pas mince pour un article concernant les
mathématiques, sujet qui a trop souvent tendance
à faire fuir le public plutôt qu'à
l'attirer. A tort certes, mais qu'y faire ? Continuer à
expliquer sûrement, en gardant l'espoir que les arguments
rationnels l'emportent sur la démagogie, souci que je
partage entièrement avec l'auteur. Et justement,
concernant lesdits arguments, j'aimerais bien revenir sur
quelques points qui ont tendance à passer de moins en
moins bien au fil des lectures que j'ai faites de ce texte.
Commençons
par les points d'accord, ce sont les plus nombreux. Je souscris
globalement à tout ce qui est dit sur l'enseignement de
la division, partie la plus importante puisqu'elle
représente assez exactement les deux tiers du texte. Je
trouve ces réflexions à la fois pertinentes et
salutaires et même si l'on peut toujours argumenter sur
tel ou tel point de détail, je remercie Rémi
Brissiaud d'avoir si clairement et si complètement
exposé le problème. Je suis encore plus en accord
avec l'auteur si c'est possible concernant l'enseignement des
fractions, l'absence de "signification quotient" me paraissant
poser gravement problème pour la suite à
l'école élémentaire et encore plus au
collège, moins toutefois que cet autre interdit encore
plus stupide concernant les entiers relatifs. Qu'il ne soit pas
question de travailler les procédures de calcul, bien
sûr. Que les nombres inférieurs à
zéro n'apparaissent à aucun moment dans les
programmes étant par contre à mon sens une
erreur.
[Lire l'article]
Roland Charnay
Calcul, résolution de problèmes, programmes :
réaction au texte de Rémi Brissiaud
Dans un long
développement publié sur le Café
pédagogique et intitulé "Calcul et
résolution de problèmes arithmétiques : il
n'y a pas de paradis pédagogique perdu", Rémi
Brissiaud condamne sans ambiguïté les propositions
de retour à l'enseignement des 4 opérations (et
en particulier de la division) dès le CP, met en cause
certains aspects des programmes de 2002, en établissant
un rapprochement entre les choix opérés et les
travaux de l'équipe ERMEL et développe une
proposition pour un enseignement de ce qu'il appelle "la
conceptualisation de la division".
Etant cité
par Rémi Brissiaud comme "père des programmes de
2002" et "principal coordinateur de l'équipe ERMEL", je
me propose de développer quelques arguments sur certains
des thèmes qu'il aborde, en signalant d'abord que ces
thèmes ne recouvrent ni toute la problématique de
l'enseignement du calcul à l'école primaire ni,
évidemment, l'ensemble du programme de
mathématiques. En particulier, je souhaite indiquer
pourquoi je ne peux laisser sans réaction certaines de
ses déclarations et pourquoi je m'oppose
également à un retour au programmes de 1945 et
à l'enseignement des 4 opérations au CP.
[Lire l'article]
Joël Briand
L'esprit global des programmes permet aux professeurs de
conduire les apprentissages mathématiques des
élèves en leur donnant vraiment du sens
J'ai lu
attentivement le texte proposé par Rémi
Brissiaud. Tout en étant étonné qu'un
auteur régulièrement invité dans les lieux
de décision nous fasse part, pour une fois, de ce qui
s'y est passé et nous demande de réagir, je
jouerai le jeu de la réponse sur le texte lui
même. Je prendrai plusieurs entrées, et que l'on
m'excuse du côté un peu fouillis de cette
réponse rapide.
Concernant la division
Concernant la
division, sa conceptualisation consiste, d'après
Brissiaud, en la reconnaissance d'une équivalence
d'opération entre la valeur d'une part et le nombre de
parts, ce que l'auteur rebaptise "groupements par n" et
"partage en n parts égales". C'est effectivement une
question d'importance qui a été
étudiée en son temps. Le texte de Brissiaud
dénonce alors l'absence de précision sur ce point
dans les programmes 2002 tout en signalant plus bas (page 25 )
que quelques lignes font état de cette question dans le
document d'accompagnement "école primaire", dont les
auteurs expliquent, page 5, la fonction complémentaire.
On comprend bien que ceux-ci ont été attentifs
aux remarques et c'est, je pense, une première que des
documents ayant un caractère officiel tiennent compte de
réactions, précisent certains points, montrant
ainsi que tout ne se règle pas à coup de
jugulaires. Je trouve donc regrettable que l'auteur critique
ces ouvrages alors même qu'il dénonce l'aspect
arbitraire de futures nouvelles décisions
ministérielles.
[Lire l'article]
Remi Brissiaud :
Calcul et résolution de problèmes : le débat avance
Un débat qui avance (en dépit des apparences)
Le texte que le Café pédagogique a bien voulu
mettre en ligne début juin a déjà
suscité quelques réactions dont celles de
David Lefèvre, Roland Charnay et Joël Briand,
qui, elles aussi, ont été mises en ligne sur
le Café. Ces réactions sont très
différentes. La première souligne que
l'article est "long et passionnant" et l'auteur y dit
d'emblée que ses points d'accord sont très
nombreux. Il n'en exprime pas moins de sérieuses
réserves quant à la façon dont,
à la fin du texte, j'ai parlé des
situations-problèmes et des problèmes de
recherche. J'ai vraisemblablement abordé trop
brièvement ce sujet et je le ferai plus longuement
ici.
Les deux autres textes, en revanche, sont essentiellement
critiques. Mais, surtout, le ton en est vif. De
manière évidente, Roland Charnay et Joël
Briand auraient préféré que mon texte
ne comporte aucune critique des programmes actuels et de
leurs documents annexes. J'avais pourtant, il me semble,
adopté une attitude pondérée.
Conscient des dangers de la conjoncture actuelle, j'ai
assorti mon propos d'un appel à la prudence en
disant : "qu'il ne convient pas de condamner et de
bouleverser les pratiques pédagogiques
actuelles". Concernant la division et les fractions,
j'indiquais explicitement que le problème principal
se situe dans la lecture "officielle" des programmes telle
qu'elle ressort des "documents d'application", alors que
d'autres lectures sont licites. Par ailleurs, à
aucun moment, je n'appelle à une révision
immédiate des programmes, préférant
dire : " … on voit assez bien ce que pourrait
apporter une amélioration des programmes et il faut
favoriser une démarche sereine d'élaboration
de ces futurs programmes". J'appelle plutôt, dans
cette perspective, à "favoriser le
débat", à " confronter les points de
vue " et à "prendre le temps
nécessaire". Malgré cette
pondération, la fin de mon texte a conduit Roland
Charnay et Joël Briand à écrire des
réponses dont le ton n'est pas feutré.
À la lecture de leurs textes, il est vraisemblable
qu'un grand nombre de personnes ont pu douter que le
débat soit serein et fructueux comme je l'avais
espéré.
[Lire l'article]
Page publiée le 20-06-2006
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