Roland Charnay
Dans un long
développement publié sur le Café
pédagogique et intitulé "Calcul et
résolution de problèmes arithmétiques : il
n'y a pas de paradis pédagogique perdu", Rémi
Brissiaud condamne sans ambiguïté les propositions
de retour à l'enseignement des 4 opérations (et
en particulier de la division) dès le CP, met en cause
certains aspects des programmes de 2002, en établissant
un rapprochement entre les choix opérés et les
travaux de l'équipe ERMEL et développe une
proposition pour un enseignement de ce qu'il appelle "la
conceptualisation de la division".
Etant cité par Rémi Brissiaud
comme "père des programmes de 2002" et "principal
coordinateur de l'équipe ERMEL( 1
)" , je me propose de développer quelques arguments
sur certains des thèmes qu'il aborde, en signalant
d'abord que ces thèmes ne recouvrent ni toute la
problématique de l'enseignement du calcul à
l'école primaire ni, évidemment, l'ensemble du
programme de mathématiques. En particulier, je
souhaite indiquer pourquoi je ne peux laisser sans
réaction certaines de ses déclarations et
pourquoi je m'oppose également à un retour au
programmes de 1945 et à l'enseignement des 4
opérations au CP.
Réflexion générale sur les programmes
: ce qu'ils disent et ce qu'ils ne disent pas
Tout choix
relatif à l'enseignement (programmes, élaboration
de dispositifs d'enseignement, conduite d'une séance,
évaluation…) prend appui, implicitement ou
explicitement sur un grand nombre de références,
d'essence philosophique (quel homme voulons-nous former ?),
sociale (quels sont les savoirs mathématiques
nécessaires au futur citoyen, travailleur,
consommateur… ?), épistémologique
(qu'est-ce qu'une culture mathématique ?),
mathématique (quels aspects des concepts faut-il
enseigner ?), didactiques (que sait-on des modalités de
transmission des savoirs, comment organiser cette transmission
sur le long terme ?), psychologiques (quels faits et quelles
théories peuvent éclairer la mise en place des
apprentissages ?), etc. Autant dire qu'une seule approche ne
saurait déterminer, à elle seule, les
décisions à prendre.
Ce qu'indiquent les programmes
En raison de la
complexité qui vient d'être évoquée,
les programmes, pour une période donnée,
indiquent les contenus à enseigner, et, sachant qu'une
liste de contenus ne suffit pas pour énoncer ce qui est
effectivement attendu des élèves,
précisent les connaissances et les compétences
qui doivent être maîtrisées à l'issue
d'un cycle d'apprentissage. Il faut d'ailleurs
immédiatement signaler que ce terme de "
compétences " n'est pas sans ambiguïté et
fait courir le risque d'une approche " parcellisée " des
savoirs dont il convient de se prémunir. Dans le souci
d'aider les enseignants et de garantir un certain niveau de
cohérence dans l'enseignement dispensé, les
programmes, prennent position sur quelques grandes orientations
concernant les conditions dans lesquelles les savoirs peuvent
être transmis. Cette cohérence touche à
l'organisation des contenus, elle vise également
à assurer chez les élèves une perception
aussi peu déformée que possible de la fonction
des mathématiques et de ce qu'est l'activité
mathématique, tant il reste vrai que
l'élève s'instruit autant de ce qu'il apprend que
de la manière dont il apprend( 2 ). Les
mathématiques ne se limitent pas à un ensemble
de concepts, de résultats et de techniques, elles
sont plus largement axées sur le raisonnement, la
justification et la preuve, la capacité à
résoudre des problèmes " connus " ou
inédits… De la même manière,
l'enseignement des mathématiques ne peut se limiter
à faire ingurgiter aux élèves des
résultats, même accompagnés
d'explications, transmis directement,
répétés, puis appliqués.
L'apprentissage suppose un processus d'appropriation, de
re-création pour soi à partir de la
confrontation à des situations
aménagées, à des interactions avec
autrui (les autres élèves ou le maître),
à des apports de l'enseignant ou à des
informations puisées à d'autres sources.
Enseigner se fait
toujours, quoiqu'on prétende, en relation avec des choix
très larges, dont certains sont pédagogiques et
idéologiques, car il y aussi un idéologie
sous-jacente à tout enseignement. C'est finalement ce
qu'exprime Guy Brousseau( 3 ), dans une réponse
à une question de Michel Brossard : "Il faut bien
voir qu'il y a une idéologie humaniste dans ma
démarche et que celle-ci a des conséquences.
Si je souhaite que les élèves rencontrent dans
l'enseignement, la possibilité d'éprouver par
eux-mêmes la validité d'un
théorème ou de quoi que ce soit qu'on leur
enseigne, ce n'est pas seulement parce que je crois qu'il
sont capables de le faire ou parce que je crois que cela
leur sera utile. C'est parce que je me fais une certaine
idée de ce qu'est un homme : vouloir faire produire
par des élèves un processus par lequel ils
deviennent les auteurs de ce qu'ils font, les
propriétaires de ce qu'ils savent, les responsables
de ce qu'ils disent, les participants, avec d'autres
à une civilisation, à une
société ou à quelque chose comme cela,
tout en étant eux-mêmes, possiblement
différents des autres".
Si on appelle
cela la pédagogie, ceux qui prônent un retour aux
contenus et méthodes de 1945 ne sont donc pas moins
"pédagogues" que ceux qu'ils accusent de
l'être… alors même qu'ils agitent ce terme
comme une injure. Il serait utile qu'eux aussi
présentent les fondements de leurs déclarations
en relation avec l'idéologie qui les anime.
Ce que n'indiquent pas les programmes
Les programmes ne
règlent pas, en revanche, la question des
stratégies particulières que les enseignants
peuvent mettre en œuvre pour atteindre les objectifs
fixés. C'est d'ailleurs là que réside
notamment leur " liberté pédagogique ". Il
faudrait être fou ou naïf pour penser qu'il existe
un mode d'enseignement unique, adapté à tous les
élèves, à tous les maîtres et
à tous les contenus (même en se limitant aux
mathématiques). L'expérience a largement
montré que, si les choix d'enseignement peuvent et
doivent être éclairés par la recherche et
la théorie (ou plutôt les théories,
didactiques, psychologiques…), ils ne peuvent pas en
être une application, par dérivation directe.
Rémi Brissiaud reconnaît d'ailleurs que " les
programmes en eux-mêmes interdisent très peu de
choix pédagogiques, beaucoup moins en tous cas que les
documents annexés ". Par contre, les choix
d'enseignement se trouveraient limités si on
intégrait aux programmes des préconisations
telles que celles qu'il fait concernant l'enseignement de la
division, par exemple.
Enfin, les
programmes n'intègrent que faiblement la question de
l'évaluation, ce qui est d'ailleurs normal. Pourtant son
influence sur l'enseignement est importante. Bien
qu'étant un instrument de mesure imprécis, elle
constitue un outil de pilotage non négligeable. Il est
aisé de montrer que toute évaluation
sélectionne dans le champ des contenus, qu'elle ne
permet pas toujours de bien observer ce qu'elle se propose
d'étudier et que, d'un autre côté, elle
agit sur le système (maître, élève,
savoir) au moins autant qu'elle ne l'observe. Elle modifie en
effet les rapports entre maîtres et élèves
et entre ceux-ci et les savoirs étudiés. Une
formule permet de résumer une partie de ce débat
sous-estimé : l'élève apprend-il pour
savoir ou pour réussir aux questions que proposent
l'école, pour la note ou pour la connaissance ? Cette
question est parfois posée, mais pas suffisamment, et
elle est rarement abordée au fond et en examinant les
conséquences qui pourraient en être tirées
sur le système scolaire tout entier.
Efficacité et durée de vie des
programmes
La
première vague d'élèves dont
l'enseignement des mathématiques aura été
entièrement piloté par les programmes
entrés en vigueur à la rentrée 2002
entrera au collège à la rentrée 2007. Or,
chacun sait, par ailleurs, que l'assimilation de nouveaux
programmes par les enseignants prend du temps. Il suffit pour
cela de remarquer que l'existence même des documents
d'application ou d'accompagnement n'est pas toujours connue et
que les manuels utilisés sont parfois antérieurs
à 2002. Enfin, les moyens accordés à la
formation continue n'ont pas toujours permis l'accompagnement
nécessaire à l'appropriation de nouveaux
programmes dans toutes les disciplines enseignées
à l'école élémentaire. Et cette
situation ne semble pas devoir s'améliorer. De
premières données peuvent bien entendu être
recueillies, mais il faut du temps pour pouvoir
apprécier les effets réels d'une modification des
programmes.
Aujourd'hui,
les enseignants ont sûrement plus besoin de
sérénité, de temps, de formation et de la
confiance des responsables du système éducatif
que de vaines polémiques autour des programmes. Il
est normal d'introduire des modifications dans les programmes,
mais les changer tous les 5 ans ou même tous les 10 ans,
sans étude approfondie, c'est courir le risque de
discréditer à l'avance tout nouveau changement.
Mieux vaut travailler à améliorer et
compléter les outils destinés à
épauler les enseignants dans leur tâche difficile
et à dynamiser les rencontres entre enseignants pour
répondre à leurs interrogations.
Les programmes de 2002 et l'enseignement de la
division
Dans son texte,
Rémi Brissiaud évoque principalement quatre
points, qui ne sont pas repris ici dans le même ordre
:
- la division posée
- la conceptualisation de la division
- le signe de la division
- la comparaison avec l'apprentissage de la soustraction
Je me propose de reprendre rapidement ces quatre
points.
Division posée
A l'appui de son
argumentation, Rémi Brissiaud mentionne à
plusieurs reprises dans son texte( 4 ), que "les
programmes de 2002 proposent de ne commencer à
poser des divisions qu'au… CM2" (p. 3) ou encore
que "il est spécifié dans les documents
d'application que l'apprentissage des divisions
posées en potence doit commencer au CM2"
(p. 24). Plus loin, il évoque "le calcul
posé d'une division programmé,
rappelons-le, par ces mêmes documents au CM2". Il
y a là une sollicitation abusive des textes qui met
à mal une bonne partie de l'argumentation de
Rémi Brissiaud. En effet, aucune indication de ce
type ne figure dans les programmes eux-mêmes (qui,
seuls, faut-il le rappeler ont un caractère
d'obligation). La seule référence que peut
produire Rémi Brissiaud se trouve dans le document
d'application pour le cycle 3, dans une partie annexe
intitulée "Eléments d'aide à la
programmation" dont le chapeau indique clairement :
"Il (ce document) propose une programmation des
apprentissages sur les trois années du cycle 3. Il
n'a aucun caractère d'obligation. Chaque
équipe de cycle, dans chaque école,
peut s'en inspirer pour établir sa propre
programmation et, surtout, réfléchir aux
activités à mettre en place pour permettre aux
élèves de s'approprier les compétences
du programme". On est très loin de textes
"disant qu'il ne faut pas poser de division avant
le CM2" (p. 29) ! Tout au contraire, le tableau auquel
se réfère Rémi Brissiaud propose
d'approcher, de préparer la division posée
dès le CE2 et de la construire et de la structurer au
CM2. Rien n'empêche donc de poser de division, avec la
potence, dès le CE2 pour préparer une
technique qui peut n'être effectivement
stabilisée qu'au CM2. Les auteurs de manuels ne s'y
sont d'ailleurs pas trompés : ils proposent tous des
divisions posées dès le CM1 (ou dès le
CE2 pour certains), sans être en contradiction avec le
programme. C'est justement pour laisser aux équipes
d'enseignants le choix d'une programmation de cet
apprentissage que la phase de "construction, structuration"
a été proposée pour le CM2. La
contrainte pour les équipes aurait été
beaucoup plus forte si elle avait été
mentionnée au CE2 ! La proposition faite dans le
document d'application s'expliquerait par l'influence
exercée par les travaux de l'équipe ERMEL qui
propose au CM1 une technique intermédiaire (p. 26).
En l'occurrence, l'argument tombe à plat dans la
mesure où le document d'accompagnement des programmes
ne suggère qu'une seule technique… celle que
Rémi Brissiaud propose de mettre en place. Pour
l'anecdote, j'ajoute que, dans les ouvrages publiés
sous ma seule responsabilité, seule cette technique
est également enseignée.
Conceptualisation de la division
En
préalable à l'analyse du processus de
conceptualisation, Rémi Brissiaud évoque ce
qu'est un concept et reconnaît que la réponse peut
varier selon la nature du concept. Même à
l'intérieur des mathématiques, il n'est pas
sûr d'ailleurs qu'une réponse commune puisse
être donnée, selon qu'on s'intéresse au
concept de nombre naturel (fortement relié aux
quantités et donc aux collections d'objets), de nombre
irrationnel (qui répond à une interrogation
interne aux mathématiques), de nombre premier ou de
dérivée, par exemple.
Gérard Vergnaud( 5 ) apporte une
réponse plus complète, en considérant
un concept comme un triplet de trois ensembles :
- l'ensemble des situations qui donnent du sens au concept
(la référence) ;
- l'ensemble des invariants sur lesquels repose
l'opérationnalité des schèmes (le
signifié) ;
- l'ensemble des formes langagières et non
langagières qui permettent de représenter
symboliquement le concept, ses propriétés, les
situations et les procédures de traitement (le
signifiant).
Et il ajoute
"Il n'y a pas en général de bijection entre
signifiants et signifiés, ni entre invariants et
situations. On ne peut donc réduire le signifié
ni aux signifiants, ni aux situations". Plus loin,
concernant la conceptualisation, il formule la thèse
suivante : "Le symbolisme mathématique n'est à
rigoureusement parler ni une condition nécessaire ni une
condition suffisante de la conceptualisation, mais il contribue
efficacement à cette conceptualisation, notamment pour
la transformation des catégories de pensées
mathématiques en objets mathématiques",
ajoutant : "Cette importance accordée au symbolisme
n'empêche pas que, en dernier ressort, c'est l'action du
sujet en situation qui constitue la source et le critère
de la conceptualisation".
Il en ressort que
la conceptualisation est un processus long et complexe que
l'école doit permettre à l'élève de
réaliser, que ce processus n'est jamais
complètement achevé et qu'il serait
sûrement utile, pour l'enseignement, d'envisager des "
niveaux de conceptualisation " en même temps que des "
niveaux de formulation " plutôt que de penser qu'un
concept est mis en place une fois pour toutes, à un
moment donné. Tout en faisant le choix
éclairé d'une démarche (toutes ne se
valent pas et leur évaluation est légitime, mais
difficile), l'enseignant doit tenir compte du fait que les
chemins de la conceptualisation ne sont pas uniques et peuvent
varier d'un élève à l'autre.
Il n'est pas
contestable que le concept de division euclidienne s'enracine
dans le fait qu'il permet de traiter différents types de
questions et notamment celles qu'évoque Rémi
Brissiaud : recherche du nombre de parts et recherche de la
valeur de chaque part (dans des situations de partages, de
groupements( 6 ) … en parts
égales).
Il faut aussi souligner immédiatement que
l'équivalence entre les procédures qu'il appelle
de " partage " et de " groupement " n'est avérée
que dans le cas de situations qui font intervenir des
quantités discrètes non fractionnables.
Dans le cas de grandeurs continues ou de quantités
fractionnables, le problème se complique. En effet dans
les deux cas suivants, cette équivalence n'est plus
assurée :
- Partager équitablement un fil de 163 cm en
morceaux de 50 cm (combien de morceaux ?) relève de la
division euclidienne.
- Partager équitablement un fil de 163 cm en 50
morceaux (quelle est la longueur d'un morceau ?)
relève de la division décimale (sans
reste).
A
la question de savoir comment amener les élèves
à penser la division comme permettant de résoudre
à la fois les problèmes de recherche de nombre de
parts et de recherche de la valeur d'une part, Rémi
Brissaud apporte une réponse (celle qu'il propose dans
ses moyens d'enseignement) qu'il semble présenter comme
la seule possible, argumentée à partir de
l'idée qu'il faut enseigner d'emblée
l'équivalence par une mise en scène
"sémantique". Cette approche n'est pas sans fondement,
mais il serait tout à fait excessif de prétendre
qu'elle s'impose par rapport à d'autres. Elle peut
d'ailleurs être discutée sur quelques points,
notamment :
- Pour l'essentiel, on "montre" aux élèves
l'équivalence, sans véritablement la
problématiser et élaborer, avec les
élèves, des modèles de résolution
dont l'efficacité est notamment liée aux
habiletés calculatoires des élèves.
- Le processus de généralisation du
raisonnement évoqué p. 20 (concevoir le nombre
de tours de distribution comme égal à la part
de chacun, après s'être arrêté
après un tour de distribution) dans une contexte
particulier (partage de cubes) à d'autres contextes
est une des clés de la modalité d'apprentissage
proposée : les difficultés d'une telle
généralisation sont sans doute
sous-estimées.
- En reprenant l'argument selon lequel "lorsque le
progrès ne se déroule pas comme on pourrait
l'espérer ce n'est pas si grave parce que tout est
fait pour que l'autre forme d'apprentissage de la
résolution de problèmes, l'apprentissage
à partir de résolutions-types, puisse avoir
lieu, comme avant 1970…" (p 22) est quand
même étonnant dans la mesure où quelques
pages plus haut cette forme d'apprentissage est jugée
(à juste raison) élitiste (p 15). Comment cette
forme "élitiste" peut-elle permettre de rattraper des
élèves avec lesquels une forme moins
élitiste n'aurait pas réussi ?
On peut imaginer
d'autres ingénieries dans lesquelles la progression est
différente, l'activité des élèves
davantage sollicitée, de même que l'argumentation
entre élèves (dans une stratégie
d'enseignement plus implicative). L'équipe ERMEL en
propose une qui n'est sans doute pas exempte de défauts,
et d'autres sont certainement envisageables. En particulier, la
question de savoir s'il faut partir de l'équivalence
évoquée dans l'article pour installer la division
ou faire de cette équivalence une étape dans
l'installation de la division peut sans doute recevoir des
réponses variées, ce qui explique aussi que les
programmes et les documents annexes ne prennent pas de position
définitive à ce sujet.
Signe de la division
La question du
signe de la division est une question récurrente,
souvent mal tranchée, ce qui n'est pas sans
conséquence sur certaines difficultés
rencontrées par les élèves. Pour la
division euclidienne, Rémi Brissiaud propose une
solution " simple " (selon lui) qui consiste à
écrire 163 : 50 ? et à répondre q = 3 et r
= 13. Cette proposition mérite d'être
discutée, car elle ne souffre pas des
inconvénients majeurs de notations comme 163 : 50 = 3
(reste 13) parfois utilisées.
Une difficulté liée à ce choix peut
d'abord être analysée sur le plan
mathématique. Dès la fin de l'école
primaire, les élèves sont confrontés non
pas à la division, mais à deux divisions :
- La première, appelée division euclidienne,
permet d'associer à deux nombres (par exemple 163 et
50), deux autres nombres, le quotient entier (ici 3) et le
reste (ici 13).
- La deuxième, appelée division (parfois
division " exacte "), associe à deux nombres, un seul
nombre appelé quotient : à 163 et 50 est
associé 3,26 et on peut donc écrire 163 : 50 =
3,26. Dans certains cas, le quotient est entier (56 : 7 = 8),
dans d'autres il est décimal, dans d'autres encore, il
est non décimal et ne peut s'écrire que sous
forme de fraction (14 : 6 = 7/3).
La
proposition de Rémi Brissiaud n'est donc pas sans
inconvénient. On peut en citer quatre :
- le signe de la division euclidienne et celui de la
division (parfois appelée exacte) sont les
mêmes, alors qu'il s'agit de deux concepts
mathématiques différents ;
- le signe introduit pour la division euclidienne n'est pas
de même nature que les signes arithmétiques
habituels. On peut par exemple écrire des
égalités entre expressions comme 14 x 6 = 2 x
42, ce qui permet de décrire des calculs comme 24 x 12
= 24 x 10 + 24 x 2. Cela est évidemment impossible
avec cette notation : 163 : 50 ? donne bien le même
quotient que 326 : 100 ?, mais pas le même reste ;
- cette notation n'a pas d'avenir pour les
élèves, en dehors du contexte de la classe :
elle n'est ni reconnue par la communauté
mathématique, ni utilisée dans la suite de la
scolarité ;
- elle masque le fait que, en réalité la
division euclidienne "cache" deux opérations, l'une
qui à deux nombres associe leur quotient entier et
l'autre qui, à ces deux nombres, associe le reste.
Idéalement, il faudrait donc utiliser deux signes,
l'un exprimant le quotient entier (du type 163 q 50 = 3, ce
qui permet d'écrire 163 q 50 = 326 q 100), l'autre
exprimant le reste [du type 163 r 50 = 13, ce qui conduit
à écrire 163 r 50 ≠ 326 r 100 ou de
préciser 326 r 100 = 2 x (163 r 50)]. Cette solution,
proposée dans ERMEL avec d'autres notations,
paraît peu viable à l'école primaire et
conduit également à introduire un symbolisme
"à durée déterminée".
Rémi Brissiaud regrette que les programmes ne
préconisent aucun symbole pour la division avec reste,
et "ne recommandent pas l'utilisation d'une écriture
comme 37 : 5 ?" (p. 24). On comprend aisément la
position prudente des rédacteurs des programmes en
considérant l'analyse ci-dessus et en soulignant que la
proposition de Rémi Brissiaud n'est reprise par aucun
autre auteur de manuel. Il est par contre erroné,
à nouveau, de prétendre que les
élèves "n'ont pas la potence" avant le
CM2. Rien n'interdit à un enseignant, dès qu'il
aborde la division, de faire écrire quelque chose
comme
notation qui
sera réutilisée au moment de la mise en place de
la technique de calcul posé. Comme l'indique les
programmes, il est cependant nécessaire de valoriser
l'égalité caractéristique de la division
euclidienne : 163 = (50 x 3) + 13.
Apprentissage de la division et apprentissage de la
soustraction
Rémi
Brissiaud évoque un manque de cohérence dans les
programmes entre les positions prises sur la conceptualisation
de la soustraction et la conceptualisation de la division.
Relevons déjà la contradiction entre
l'affirmation selon laquelle les programmes sont "silencieux
concernant la conceptualisation de la division" (p. 24) et
celle selon laquelle il y aurait "manque de
cohérence" entre les deux (p. 30).
On soulignera
simplement quelques différences qui peuvent exister
entre ces deux "opérations" qui pourraient à
elles seules justifier des approches différentes.
Premièrement, alors qu'il existe bien deux "divisions",
il n'existe qu'une seule soustraction.
Deuxièmement, alors que la relation entre addition et
soustraction est très forte (la soustraction est
l'opération inverse de l'addition : 46 - 17 = …
est équivalent à 17 + … = 46), la relation
entre multiplication et division euclidienne est plus
délicate (la division euclidienne n'est pas
l'opération inverse de la multiplication, la recherche
du quotient entier revient seulement à chercher un
encadrement entre deux multiples du diviseur).
Troisièmement, la technique de l'addition à trou
posée (par exemple 89 + … = 537) est plutôt
plus simple à calculer que la soustraction posée
537 - 89, ce qui dissuade d'ailleurs certains
élèves de passer à la soustraction.
Quatrièmement, l'équivalence " sémantique
" entre recherche d'un complément, d'un écart et
du résultat d'un retrait pour la soustraction est
beaucoup plus facile à penser que celle entre recherche
du nombre de parts et de la valeur d'une part pour la division.
Il n'est pas naturel, mais assez facile à illustrer et
exprimer, d'envisager d'enlever une partie d'un tout pour
déterminer un complément ou, pour un
écart, de se demander ce qu'il faudrait enlever au plus
grand pour l'égaliser avec le plus petit…
Cinquièmement, les raisonnements
précédents (donc les équivalences qu'ils
justifient) fonctionnent aussi bien avec des grandeurs
continues (longueurs, par exemple) qu'avec des quantités
formées d'objets insécables.
Sans aller au-delà, ces différences de nature
entre soustraction et division euclidienne montrent qu'un
parallèle entre les deux apprentissages ne peut pas
être fait trop rapidement.
Les programmes de 2002 et l'enseignement des fractions
Je serai plus
rapide sur ce sujet qui mériterait de longs
développements, en n'évoquant qu'un seul
argument. L'enseignement des fractions à l'école
élémentaire est justifié par le fait qu'il
peut être utile à la compréhension des
nombres décimaux. L'objectif essentiel est du
côté de l'enseignement des nombres décimaux
dont il s'agit d'assurer une bonne maîtrise.
L'enseignement des fractions comme moyen de répondre
à toutes les questions du type a × x =
b relève du collège et en constitue
même un axe fort pour les apprentissages
numériques. La question s'est donc posée de
savoir de quelles fractions les élèves avaient
besoin pour élaborer une compréhension correcte
des nombres décimaux. Comme la dizaine correspond au
groupement de 10 unités, le dixième correspond un
fractionnement en dix de l'unité… Pour comprendre
cela, ce que certains appellent la fraction partage (2/3
conçu comme deux fois un tiers ou 3/10 comme 3 fois un
dixième) est suffisant. Le programme de sixième
prévoit explicitement, dans ses commentaires, que soit
établie avec les élèves
l'équivalence entre la fraction partage et la fraction
quotient. Cette dernière n'est donc pas un objectif pour
l'école primaire. Si, pour les besoins d'une
progression, il apparaît utile à un enseignant ou
à un auteur de manuel de l'introduire, rien ne l'en
empêche, sauf à confondre objectif et processus
d'enseignement.
Les programmes de 2002 et la résolution de
problèmes
Rémi
Brissiaud crée habilement un amalgame entre la critique
qu'il développe des programmes de 2002 et la position
d'Alain Mercier qui écrit que "Une idée qui a
peut-être eu de l'influence, hélas, c'est
l'idée que faire des mathématiques, c'est
résoudre des problèmes"( 7 ) (Brissiaud met en gras
le mot "hélas", il aurait pu tout aussi bien
souligner le "peut-être" !). En lisant le texte de
Mercier, on se rend compte que, à aucun moment, il
n'évoque les programmes de 2002.
Qu'en est-il
réellement ?
- S'appuyant sur les résultats concordants
d'enquêtes qui montrent un déficit des
élèves français dans le domaine de la
résolution de problèmes en
mathématiques, sur la relative pauvreté de ces
activités dans les manuels, sur le fait que les
concepts mathématiques sont élaborés
à partir de questionnements dans des situations
données, les programmes ont mis l'accent sur cette
activité effectivement centrale que, Gérard
Vergnaud lui-même, décrit comme "source et
critère du savoir"( 8 ).
- Le slogan brandi par Alain Mercier n'est pas repris dans
les programmes. Dans l'introduction des documents
d'application, il est d'ailleurs dit "Faire des
mathématiques, c'est élaborer de tels outils
qui permettent de résoudre de véritables
problèmes (…)", ce qui n'est pas si
éloigné de ce qu'écrit Alain Mercier :
"Faire des mathématiques, c'est selon moi «
pour apprendre comment résoudre des problèmes
»"
- Lorsque Alain Mercier déclare que "si pour
apprendre comment résoudre des problèmes il
faut en rencontrer, c'est dans le cadre d'une situation
didactique qu'il faut le faire ; faute de quoi il n'y a pas
de raison de progresser plus rapidement que le progrès
historique. On comprend alors que le slogan de la «
résolution de problèmes » permet de nier
l'importance des conditions didactiques et de proposer, sous
le prétexte qu'il a plus de sens, un enseignement qui
ne s'adresse plus qu'aux rares élèves capables
de tirer profit par eux-mêmes de leurs rencontres
aléatoires", il ne dit pas autre chose que ce qui
est mentionné dans les documents d'application qui
évoquent "des activités bien choisies et
organisées par l'enseignant" (idée
développée dans un des documents
d'accompagnement). On est loin des "rencontres
aléatoires…"
Aucune personne
sérieuse ne pense et ne soutient qu'il suffirait de
confronter les élèves à des
problèmes pour qu'ils apprennent des
mathématiques. L'analyse des conditions et des processus
didactiques qui, dans une situation aménagée par
l'enseignant, permettent l'élaboration et
l'appropriation des connaissances par les élèves
relève de la formation bien davantage que des programmes
qui ne peuvent indiquer, sur ce point, que des orientations
générales.
Programmes de 1945 et dangers d'un retour en
arrière… espéré par certains
Les programmes
2002 proposent que, dès le cycle 2, les
élèves soient confrontés à des
problèmes dans lesquels il est demandé, par
exemple, "dans des situations de partage ou de distribution
équitables, (de) déterminer (…) le montant
de chaque part ou le nombre de parts", en ayant recours
à des procédures personnelles. Est-il, pour
autant, possible ou souhaitable d'enseigner explicitement la
division dès le CP ?
Introduire explicitement la division plus tardivement pour
l'enseigner mieux
Rémi
Brissiaud montre clairement qu'un enseignement
prématuré de la division serait source
d'obstacles pour de nombreux élèves dans
l'apprentissage de cette "opération"( 9 ). Situer au cycle 3 le
travail sur la division ne signifie pas qu'on en a
retardé l'apprentissage, contrairement à ce
que prétendent les partisans d'un retour à une
période largement idéalisée. Cela
témoigne au contraire d'une double
préoccupation :
- montrer aux élèves qu'il est possible de
résoudre des problèmes alors même qu'on a
pas encore appris les méthodes spécifiques qui
permettent de les traiter, ce qui met en évidence la
portée très large des concepts
mathématiques, au-delà des contextes dans
lesquels ils ont été élaborés
;
- - assurer une compréhension préalable des
questions à partir desquelles sera mise en place la
division et permettre que celle-ci soit mise en lien avec des
stratégies de résolution auxquelles elle se
substituera et par rapport auxquelles elle apportera une
économie de pensée et d'action.
Dans une telle
programmation des apprentissages, fait-on moins qu'avant ou, au
contraire, fait-on mieux qu'avant en préparant, en
amont, la mise en place des nouveaux apprentissages ? Les
détracteurs les plus farouches des programmes actuels
ont tort de brandir, à l'appui de leurs
récriminations, les résultats des
élèves… dans la mesure où il s'agit
d'une réelle nouveauté de ces programmes…
dont les effets ne pourront être mesurés que dans
quelques années, pour autant que ces nouveautés
auront effectivement pu prendre corps dans
l'enseignement.
Un contexte différent
A ces
considérations, il convient d'en ajouter quelques
autres. Il faut d'abord noter que la scolarité doit
être pensée aujourd'hui sur une durée plus
longue (celle de la scolarité obligatoire jusqu'à
16 ans), située dans un contexte économique,
social et culturel très différent de celui des
années 1950. Il faut également souligner que,
depuis 30 ans, les travaux de recherche en didactique, en
psychologie… conduisent à considérer
différemment certaines questions relatives aux
apprentissages mathématiques. On peut en discuter les
conclusions. Il est plus difficile de les rejeter d'un revers
de la main sous le seul prétexte qu'elles ne vont pas
dans le sens des idées que l'on défend. Enfin,
concernant spécifiquement le calcul, on peut
débattre de l'opportunité et de la manière
d'utiliser les outils modernes de calcul, mais on ne peut nier
le fait que leur existence et leur diffusion massive dans tous
les secteurs de la société posent la question de
leur "impact" sur l'enseignement et l'apprentissage des
mathématiques, dès le plus jeune âge.
L'environnement "numérique" des élèves a
changé, qu'on le veuille ou non. L'usage social du
calcul posé s'est perdu, un enfant ne voit pratiquement
plus ses parents calculer autrement que mentalement ou avec une
calculatrice. Cela plaît ou ne plaît pas, mais cela
est… Certains haussent le ton dès que la question
est posée, supposant que ceux qui la posent veulent la
mort des techniques opératoires. Ce n'est pas ce qu'ils
demandent, mais plus raisonnablement que, dès lors
qu'une question se pose, une réflexion soit
engagée et des réponses apportées. C'est
ce à quoi s'attache le document d'application des
programmes, en expliquant dans son introduction (p. 6) pourquoi
et avec quels objectifs il faut continuer à enseigner
ces techniques opératoires !
Dans
l'état actuel des connaissances, une solution
équilibrée semble trouvée pour
l'apprentissage du calcul. Au cycle 2, trois opérations
sont introduites explicitement, avec un langage et un
symbolisme (addition soustraction et multiplication), les deux
premières étant le plus souvent
travaillées simultanément dès le CP. Le
calcul mental sur ces trois opérations est
valorisé dès le départ des apprentissages.
Le calcul posé (techniques opératoires) est
stabilisé un peu plus tardivement (au cycle 2 pour
l'addition, au début du cycle 3 pour la soustraction et
la multiplication) lorsque les élèves disposent
de résultats mémorisés en quantité
suffisante et de la possibilité de comprendre les
étapes de ces techniques. Des problèmes sont
posés dès le cycle 2 dans des situations de
partage, de distribution ou de groupement, préparant la
mise en place de la division au cycle 3. On peut discuter des
modalités de mise en œuvre d'une telle
programmation, mais il serait aujourd'hui néfaste de
revenir soixante ans en arrière en suivant les
injonctions d'une minorité activiste.
Peut-être
les programmes de 1945 paraissent-ils encore à certains
comme relevant du "bon sens", mais chacun sait que la
vérité s'établit souvent contre le sens
commun, en tous cas sans faire l'impasse sur tous les travaux
réalisés après la réforme des
mathématiques modernes et qui ont abouti, en
réalité, à une remise en cause radicale de
cette réforme, remise en cause aussi importante sans
doute que celle que cette même réforme a
provoqué à propos des idées qui ont
prévalu de 1945 à 1970.
En conclusion
Rémi
Brissiaud réclame un débat et une confrontation
de points de vue. C'est certainement nécessaire. Encore
faut-il créer les conditions du débat et ne pas
en fausser par avance les termes. Ainsi sa critique du
traitement de la division dans les programmes 2002 peut
apparaître judicieuse ou au contraire pernicieuse.
Judicieuse parce que l'intérêt de
l'équivalence développée pour la
conceptualisation de cette "opération" ne saurait
être niée. Pernicieuse parce que les programmes
n'ont jamais eu la prétention de décrire, pour
chaque concept, quel processus obligé devait suivre
l'apprentissage. Cela relève de la formation davantage
que des programmes. Pernicieuse également parce que les
auteurs des programmes ont bien été conscients
qu'il fallait éclairer les enseignants sur le type de
préoccupations à prendre en compte, mais qu'ils
l'ont fait, dans un document d'accompagnement sur un autre
thème, celui de la soustraction.
Tout en s'en
défendant, le texte de Rémi Brissiaud, sous
prétexte d'une critique du retour des programmes de
1945, cherche à décrédibiliser les
programmes de 2002, pourtant fondés et nourris par les
travaux de toute une communauté au cours des 40
dernières années. A hurler avec les loups, on
court le risque de se faire dévorer par eux.
Roland Charnay
Annexe : Paternité des programmes 2002 et
coordination de l'équipe ERMEL
Rapprocher ces
deux fonctions et les "amalgamer" sur une seule personne (la
mienne, en l'occurrence !) est évidemment destiné
à conforter la confusion supposée qui pourrait
exister entre les programmes et les travaux d'une seule
équipe, l'équipe ERMEL. Il n'est donc pas
inutile, sans focaliser le débat sur ce point,
d'apporter quelques clarifications sur les modalités
d'élaboration des programmes et, accessoirement, sur le
fonctionnement de l'équipe ERMEL.
Les programmes 2002 ont été publiés au
terme d'un long travail, de plus de 2 années, à
partir d'une commande du ministre de l'époque (Jack
Lang) et d'un double cadrage de la Direction de l'enseignement
scolaire et du Conseil National des programmes
(présidé par Luc Ferry). Le groupe d'experts,
dirigé par le recteur Philippe Joutard et dont
j'étais membre, a engagé, orienté, puis
constamment contrôlé, le travail des commissions
disciplinaires. J'ai eu la charge de conduire celle qui s'est
occupé des mathématiques et qui rassemblait des
personnes de fonctions et de compétences très
diverses (enseignants d'école et de collège,
inspecteurs, formateurs, chercheurs). Cette commission a
travaillé dans un esprit d'ouverture, avec des
débats francs et directs et une recherche du meilleur
compromis, ce que j'avais rarement connu auparavant. Sans
entrer dans le détail, les propositions de la commission
ont été discutées,
améliorées, modifiées notamment à
partir des avis donnés par le Conseil National des
Programmes et par tous ceux qui ont apporté leur
contribution à la consultation très large
organisée par le ministère. Résumer tout
cela en soutenant que je suis " le père " (sous-entendu
l'auteur) de ces programmes, c'est méconnaître et
sous-estimer le travail réalisé et, d'une
certaine façon, porter atteinte au professionnalisme et
à la vigilance de ceux qui m'ont accompagné dans
cette lourde responsabilité. Je ne refuse pas ma part de
paternité, j'assume l'ensemble des orientations
retenues, largement approuvées au moment de la
consultation, puis par le vote du Conseil Supérieur de
l'Education. Je n'accepte pas, en revanche, que soit
sous-estimé le travail réalisé par toute
l'équipe que j'ai eu plaisir à animer. Et il
convient d'ajouter que, au final, les programmes n'ont qu'un
seul " père " : le ministre de l'éducation
national, et, même l'état qui s'est ainsi
doté d'un outil de pilotage du système
éducatif.
Concernant l'équipe ERMEL, je pense effectivement y
avoir joué un rôle actif et j'accepte volontiers
d'en être présenté comme l'un des
principaux coordinateurs, ce qui est très
différent de l'être comme le principal
coordinateur. Le choix, apparemment anodin, d'un petit mot
change parfois beaucoup de choses et permet de conférer
à l'un une responsabilité qui ne correspond pas
à la réalité et de priver d'autres de leur
juste part dans l'œuvre réalisée.
- ↑En annexe de cet
article, j'apporte des précisions
nécessaires sur cette double responsabilité
qui m'est attribuée.
- ↑Comme le dit Michel
Brossard (dans Sur la théorie des questions
didactiques, La Pensée Sauvage, 2005, p. 29),
"toute didactique est porteuse d'une
épistémologie, c'est-à-dire d'une
conception de la discipline que l'on propose de
transmettre".
- ↑Sur la théorie
des questions didactiques, La Pensée Sauvage, 2005
(p. 33)
- ↑Dans toute cette
partie, les mises en gras sont de mon fait.
- ↑Gérard
Vergnaud, La théorie des champs conceptuels in
Recherches en didactique des mathématiques, vol
10/2.3, La Pensée Sauvage, 1991
- ↑L'utilisation de la
terminologie "signification partage" ou "signification
groupement" pour la division (plutôt que pour les
situations de référence) n'est pas sans
ambiguïté dans la mesure où dans les
deux situations, on peut chercher la valeur de chaque
part, le nombre de parts ou la valeur totale, avant
partage ou groupement (ce dernier cas relevant de la
multiplication).
- ↑Sur le site
http://educmath.inrp.fr/Educmath
- ↑Gérard
Vergnaud, Quelques orientations théoriques et
méthodologiques des recherches françaises en
didactique des mathématiques, Recherches en
didactique des mathématiques, vol 2.2, La
Pensée Sauvage, 1981
- ↑On a vu que, du point
de vue mathématique, il faut distinguer entre deux
divisions, dont l'une (la division euclidienne qui est la
première enseignée) n'est pas à
proprement parler une opération.
Page publiée le 20-06-2006
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