Lundi 7 novembre,
l'Académie des sciences morales et politiques remettait
le Prix Louis Cros 2005 à Cypora Petitjean-Cerf et
François Muller.
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Remise des prix : Cypora Petitjean-Cerf et
François Muller
entourent l'académicien Jean
Tulard
(Photo : F. Muller)
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Le Prix rend hommage à
Louis Cros. Chargé de mission au cabinet de Jean Zay
avant-guerre, il fut, après-guerre, le bras droit de
Gustave Monod avant de devenir le fondateur de l'I.N.R.P., du
C.N.D.P., de nombreux C.R.D.P. et du C.I.E.P. On lui doit
également l'ouverture démocratique de
l'enseignement secondaire. Cela commença par la
suppression de l'examen d'entrée en sixième, en
1956, qui permit aux enfants du peuple de passer des cours
complémentaires aux lycées. Puis, en 1959, il
prépara la prolongation de la scolarité
jusqu'à 16 ans. Ces deux mesures
entraînèrent "l'explosion scolaire" et, en 1963,
la création des C.E.S. Sous la houlette de Louis Cros,
l'éducation nationale vit les effectifs du secondaire
passer, de 1947 à 1963, de 775.000 à 2.400.000
élèves. Il lui revint, comme directeur de
l'administration du ministère de préparer les
budgets et d'obtenir les moyens.
Tout cela est-ce de l'histoire
? Pas sûr ! Parce que les combats de Louis Cros sont
d'actualité. C'est d'abord celui de la
démocratisation de l'enseignement qui sous-tend le
débat actuel sur l'école. Mettre sur les
mêmes bancs les enfants des riches et des pauvres, cela
s'appelle le collège unique.
Ce collège unique qu'au
soir du 7 novembre 2005 le premier ministre allait mettre en
pièce en instaurant l'apprentissage dès 14 ans.
Pour la défense de l'école démocratique
l'œuvre de Louis Cros continue à montrer le
chemin. Les œuvres récompensées par le Prix
Louis Cros soutiennent cette vision de l'Ecole.
François Jarraud
8 Novembre 2005
"Permettre à chaque enseignant de s'y retrouver dans
les actes quotidiens du métier"
Entretien avec François Muller, lauréat du prix
Louis Cros 2005 pour son "Manuel de survie à l'usage de
l'enseignant", édition L'étudiant.
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FJ- Pourquoi ce "manuel de
survie" ? Les enseignants sont-ils une espèce
menacée ?
FM- Les enseignants : ils ressortent d'une catégorie
professionnelle, importante, de part leur nombre, 800 000 en
France quand même, et à ce titre, ils ne sont pas
(encore) à classer par la WWF au registre des "
espèces menacées " ! Importante aussi par la
fonction qui leur est assignée : celle
d'éducation et de formation des jeunes dans la
société actuelle. Fonction régalienne,
stratégique, car elle concoure à la transmission
des valeurs, des connaissances des futurs citoyens.
S'il ne s'agit pas de " menace " à proprement parler, la
profession est en turbulence, comme la société,
comme pas mal de professions aujourd'hui. Elle se trouve au
seuil de grands changements : renouvellement
accéléré de ses personnels,
redéfinition des missions de l'Ecole,
européanisation des cadres et des
référentiels.
Plutôt de s'attacher à un point fixe (comme par
exemple, le statut de …1950), il importe pour tous nos
collègues, jeunes et moins jeunes, de s'attacher
à valoriser les compétences multiples,
variées et tellement intéressantes du
métier, non réductible au seul verbe d'enseigner
ou de transmettre. Pour anticiper les évolutions, pour
être " suffisamment solides " (titre d'un exemplaire des
" cahiers pédagogiques "), pour mieux préparer
les jeunes à un présent déjà
complexe.
Ce besoin professionnel apparaît
précisément à un moment où les
appareils de formation, tant initial que continu, sont mis
à mal, pour toutes sortes de raison (internes et
externes, mais ce n'est pas le débat ici). Pour une
catégorie, encore mal formée, ou
précarisée, je pense particulièrement
à toutes celles et ceux qui doivent assurer la fonction
d'enseignement sans avoir été formés "
officiellement ".
C'est ainsi qu'il convient de comprendre le titre du " manuel
de survie " : je joue sur la polysémie du mot de "
survie " ; d'aucuns pourraient le comprendre dans une vision
catastrophiste, telle une bouée de sauvetage quand tout
vacille et qu'il faut se " sauver " ; il faut s'en sortir, avec
le moins de dégâts possible. Je
préfère très explicitement, l'introduction
le souligne, prendre l'acception à la Lacan : SUR-VIE,
c'est-à-dire un surcroît de vie
professionnelle.
Il s'agit de passer d'une prescription, encore floue
malgré tout, du métier à une "
intelligence de la prescription " : permettre à chaque
enseignant de s'y retrouver dans les actes quotidiens du
métier, à y (re)trouver le sens et
l'intérêt pour les élèves, à
amplifier des compétences et des domaines jusque
là encore en germe, à explorer des terrains
parfois inconnus dans un univers qui reste aussi très
cloisonné, entre niveaux, entre degrés, entre
disciplines.
L'ouvrage est conçu suivant la matrice du métier
proposé par André de Peretti, en une roue des 30
compétences, une représentation " fractale " qui
analyse ce qui fait l'efficacité du métier. En ce
sens, c'est un ouvrage " professionnel ". Il met en exergue les
compétences, partagées par tout enseignant, afin
de renforcer ou de (re)construire une dynamique professionnelle
que nous portons, comme le " Café pédagogique ",
avec honneur et fierté !
FJ- N'est ce pas un clin
d'oeil au discours actuel sur l'Ecole où on pense
régler tous les problèmes simplement par "la
remise en ordre" de l'Ecole, le "retour" à
l'autorité ?
FM- Si " clin d'œil " veut signifier la connivence avec
un discours réducteur et simpliste sur le retour
à un " temps " ancien, dont d'ailleurs les
références divergent selon les auteurs (avant
1974, avant 1968, avant guerre, avant 1789, avant
Jésus-Christ ?), alors non !
Tout l'ouvrage est conçu de manière
systémique : à un symptôme constaté
(en fait, j'avais recensé plus de 250 cas), il a
toujours pluralité de facteurs. En classe, tout se passe
en simultanéité, en immédiateté, en
multidimensionnalité, en imprédictibilité
!
Faisons-en d'abord une analyse, ciblons pragmatiquement
quelques domaines sur lesquels nous pouvons avoir quelque
action et expérimentons, en nous appuyons sur ce que
nous connaissons et sur une ingénierie adaptée.
C'est d'abord une approche du " complexe ", dans la classe,
dans l'école ou l'établissement, dans
l'institution, auquel tout enseignant se confronte.
Ainsi, nous pouvons mieux comprendre le terme trop
dévoyé d'autorité : issu du latin " augeo
", l'autorité exercée par le maître est ce
qui permet d'accroître ses possibilités
d'intervention sur une situation, mais, surtout
d'accroître les potentialités de nos
élèves. Ne soyons pas tentés d'amalgamer
autorité et autoritarisme.
Par son expertise, par ses connaissances du dehors et du
dedans, par son outillage méthodologique suffisamment
varié et de qualité, l'enseignant " autorise ".
La combinatoire de l'autorité est infiniment plus
complexe, et intéressante, que la seule attribution
causale externe de la difficulté ! Il nous faut
reconnaître que plaider la combinatoire, la
compétence, le complexe, n'est pas " politiquement "
forcément reconnu, là où on demande des
messages simples et de l'opérationnel à tout
crin.
FJ- L'ouvrage est
très problématisé. Il propose des
solutions pour guider les élèves, faire face
à un dérapage en cours, encourager les
élèves. N'y a t il pas un risque de donner
à penser qu'il y a des "recettes" efficaces en
matière de pédagogie ? Dans cette matière,
peut-on tout apprendre par les livres ?
FM- J'ai été frappé par l'observation
détaillée d'un manuel de pilotage d'un pilote
d'Airbus : deux énormes blocs de fiches que chaque
pilote a en permanence à ses côtés ;
aides-mémoires techniques, rappel en check-list de
vérification de procédures, études de cas
critiques, indicateurs de tables de variables. Toute leur
formation est conçue pour que chaque pilote soit
interchangeable, leurs compétences doivent être
égalisées pour le meilleur service possible aux
passagers… qui ne doivent pas " bouger ". C'est la
limite de la comparaison.
Il ne s'agit pas de former les enseignants comme les pilotes,
mais élèves, parents, élus, attendent des
enseignants le meilleur service possible à leurs
enfants. D'une certaine manière, en identifiant les
"points d'appui", les démarches efficaces, car il y en
a, en développant la capacité à analyser,
à innover, des enseignants, c'est bien renforcer la
qualité du service dû et demandé, en
interaction avec les élèves.
"Doctus cum libro" ? Assurément, non ; la seule
formation universitaire par exemple ne dit rien de la
compétence de l'enseignant. Puisqu'elle s'exprime en
actes. La question d'apprendre, de se former pour les
enseignants renvoie à une problématique
sérieuse, même difficile à
reconnaître : peut-on apprendre de l'expérience
d'autrui ? Les médecins le font depuis des
années, pour un service individualisé et de
qualité ? Pourquoi me suis-je entendu dire, dans une
salle des profs, : "mais en quoi ce je fais dans ma classe
t'intéresse ?" ; et encore : "mais c'est
spécifique à ma discipline !".
Deux dimensions en formation se développent actuellement
: d'une part, une formation collective, en équipe,
où au travers de dispositifs, de question lourde comme
l'évaluation, ou le traitement de la difficulté
scolaire, sont abordées des problématiques
professionnelles. Il faut à tout prix l'encourager, et
accepter ces petits progrès, ces questions mêmes
basiques au début ; car il s'agit bien ici de
professionnaliser le métier et de rendre plus
cohérent et plus juste le système.
D'autre part, l'auto-formation : objectif de ce manuel de
survie, dont la réponse est d'abord par
l'imprimé, c'est une dimension que l'internet
pédagogique prend de plus en plus en charge : il suffit
de voir la vitalité des échanges sur les listes
disciplinaires, la richesse quotidienne de L'Expresso du
Café pédagogique, comme l'augmentation
exponentielle des consultations des sites.
Pour exemple, le site http://diversifier.fr.fm que j'anime depuis
1998 reçoit plus de 80 000 sessions par mois (scolaire)
; c'est pourquoi le "manuel" est aussi en ligne sur http://lemanuel.fr.fm à titre d'usage
très complémentaire et plus interactif que le
livre. Il nous faut conserver ces deux modes de lecture.
Ainsi, peut-on affirmer que si les enseignants globalement ne
"lisent" pas de littérature à proprement parler
professionnelle, ils trouvent des voies alternatives
d'enrichissement et de formation.
FJ- Quel écho a eu le
livre ?
FM- Dès sa parution, le livre a été "
salué " : immédiatement repris par tous les
réseaux pédagogiques actifs, mais aussi, chose
plus intéressante, par des cadres "
intermédiaires ", véritables rouages et
démultiplicateurs dans le système, ceux dont les
rapports de l'IGEN signalent la difficulté ou les "
grincements ". Des inspecteurs, des responsables de formation,
des formateurs.
Chose intéressante : l'impact est bien assuré
dans le monde francophone (Belgique, Suisse, Canada), là
où la chose de l'éducation et de la formation est
tout aussi problématisée ! Nombre de cas, de
fiches, de références servent d'appui à
des formations. Et des contacts récents m'ont appris
qu'elles s'appliquaient aussi en formation d'autres
catégories que celles des enseignants !
Et puis, le livre reçoit en novembre 2005 le prix Louis
Cros de l'Académie des Sciences morales et politiques,
sous la coupole ! Reconnaissance " externe " inattendue,
élogieuse, qui doit beaucoup à l'Esprit qui anime
cet ouvrage, André de Peretti. Elle signifie la valeur
et le sens que l'Académie entend donner à ce
domaine : évolution de l'Ecole, métier
d'enseignant, formation professionnelle !
Le livre me permet de mesurer actuellement, par les retours,
les requêtes en ligne, les besoins en formation
d'enseignants, mais aussi de formateurs ! C'est pourquoi je
suis en train de développer les pages sur le site "
diversifier " à ce sujet, en prenant appui sur une
activité de cette nature depuis quelques
années.
FJ- Pensez vous être
en continuité avec l'oeuvre de Louis Cros ?
FM- En créant l'INRP, Louis Cros avait voulu donner
à l'Ecole la possibilité d'une recherche
appliquée, une ingénierie de la pratique
réflexive, un lien entre monde universitaire et terrain
d'exercice. L'un ne peut aller sans l'autre.
Cependant, l'enquête d'Antoine Prost sur la recherche en
éducation en 2001 l'a montré, les moyens
mobilisés pour la recherche sont dispersés, et
sans grand impact sur les pratiques. Dans ma petite
académie (de Paris), nombre d'enseignants ont inscrit
leurs travaux sous le signe de l'INRP, sans que pour autant ils
se soient signalés, dans leur établissement,
comme au niveau de l'académie, comme
personnes-ressources ou formateurs.
D'autre part, les productions de la recherche sont encore et
toujours trop peu connues et diffusées ; force est de
constater la déconnexion entre recherche
pédagogique et les " praticiens ", faute peut-être
d'une valorisation des compétences dans l'institution et
d'une sollicitation plus poussée de la part de
l'inspection vis-à-vis des enseignants.
André de Peretti, alors à l'INRP, avait
engagé des travaux d'exploration de la profession avec
tout un réseau d'équipes, dont ont
été tirés des livres importants et
édités comme " recueil d'évaluation
formative " et " points d'appui de l'enseignant ". Plusieurs
fois réédités, mais à
présent épuisés. Ce sont des corpus que
tout enseignant devra avoir en libre consultation. C'est une
des raisons qui m'a incité à inscrire plusieurs
de ces ressources sur l'internet. Afin de mettre ces travaux et
études de cas à la disposition du plus grand
nombre.
L'INRP à présent " refondé " à Lyon
pourrait à réfléchir sur de nouveaux
réseaux, ou cellules, implantés dans chaque
académie, s'appuyant sur des dispositifs existants et
des personnes-ressources identifiées. Le maillage
existe, un réseau comme " innovalo " qui mobilise des
enseignants engagés et producteurs de ressources
pourrait y contribuer, comme il le fait déjà sur
nombre de questions actuelles.
L'Ecole à présent a moins besoin de
réformes. Le temps pédagogique des
élèves, comme le temps " professionnel ", celui
de l'évolution des pratiques individuelles et
collectives, n'est pas le temps du politique : il faut à
la fois réassurer et permettre les conditions de la
Sur-Vie : confiance, valorisation, analyse, conseil et
expérimentation. C'est qu'André Giordan
désigne par " réforme informelle ", mais durable
: c'est à la mode !
Dans ces cinq domaines, le " manuel de survie à l'usage
de l'enseignant, même débutant " s'inscrit bien
dans l'œuvre de Louis Cros.
Pour aller plus loin :
INNOVATIONS
http://innovalo.scola.ac-paris.fr
ITINERAIRES
http://parcours-diversifies.scola.ac-paris.fr/
DIVERSIFIER
http://diversifier.fr.fm
FORMER :
http://parcours-diversifies.scola.ac-paris.fr/PERETTI/former.htm
LE MANUEL de survie à l'usage des enseignants, prix
Louis Cros de l'académie française 2005
http://lemanuel.fr.fm
"Ouvrir les pratiques scolaires sur l'extérieur".
Entretien avec Cypora Petitjean-Cerf, lauréate du prix
Louis Cros 2005 pour "L'école de la dernière
chance".
FJ- Que tirez-vous
personnellement de votre expérience en classe relais
?
CP- Travailler en classe-relais
m'a appris à ouvrir les pratiques scolaires sur
l'extérieur. La classe est bien souvent un petit monde
un peu fermé, plus ou moins coupé de la
société et de la "vraie vie". La classe-relais
est un mélange de cours tout à fait traditionnels
(mais souvent un peu allégés) et de projets
pédagogiques et artistiques construits en partenariat.
Sans travail d'équipe, la classe-relais n'existe pas. Ou
du moins perd-elle sa spécificité. Les
partenariats sont mis en place avec des associations
culturelles aux activités souvent plurielles :
théâtre, danse, création de costumes, de
décors, arts plastiques, etc. En outre, des
professionnels de divers horizons interviennent dans la classe
(des plombiers, des maçons, des mécaniciens, des
pompiers, des sages-femmes... que sais-je ?). J'aime
particulièrement cette conception de classe ouverte sur
l'extérieur. Grâce à la classe-relais, j'ai
découvert, tout comme mes élèves, un
nouveau visage de l'école... et de nouvelles
représentations du monde professionnel. J'ai appris
à mieux connaître de nombreux métiers.
La classe-relais permet en outre d'innover sur le plan
pédagogique, de mettre en place des expériences
pédagogiques. Les enseignants de classe-relais ne sont
pas tenus par le programme de manière aussi
impérieuse que dans le système classique. Cette
liberté est immense et inestimable. Elle m'a permis de
mettre en place des pratiques, parfois un peu hasardeuses je
l'avoue. Dans ce cadre plus libre qu'est la classe-relais, j'ai
pu développer ma créativité personnelle.
Et ce sans aucun complexe !
FJ- Sont elles une solution
à tous les cas d'échec scolaire ?
CP- Une maman angoissée m'a récemment
demandé, au moment d'inscrire sa fille : "Mais
franchement, madame, la classe-relais, est-ce que ça
marche ?" Je n'ai pu que lui répondre la
vérité : ça marche... pour certains
seulement. Pour d'autres, la classe-relais est un dispositif
sans effet, absolument nul. La classe-relais, en effet, est ce
que les élèves veulent bien en faire. Certains
élèves s'installent dans un refus de toute forme
d'aide venant des adultes (refus du soutien scolaire, refus de
faire des sorties, refus d'aller en stage...). Comment agir,
face à ces jeunes ? Nous n'avons pas encore
trouvé la solution.
Les deux principaux critères d'admission en
classe-relais sont les suivants : absentéisme et
échec scolaire. Mais ces critères sont l'un comme
l'autre assez élastiques. L'échec scolaire a
plusieurs causes : problèmes d'apprentissage, blocages
psychologiques, phobie scolaire, attitude de rébellion
face au "système"...
Nous recevons des élèves dont les profils sont
finalement assez différents. Cela explique que la
classe-relais soit une solution miracle pour certains (je pense
par exemple à une élève qui était
incapable de travailler en grand groupe) et qu'elle ne serve
strictement à rien pour d'autres (je pense cette fois
à certains jeunes déjà plongés dans
la délinquance et dont le monde était
déjà infiniment éloigné du
nôtre).
FJ- Dans quelle mesure
pensez vous continuer l'oeuvre de Louis Cros ?
CP- Louis Cros était un expérimentateur de
génie, en matière de pédagogie. Les
classes-relais, "laboratoires" dans lesquels tout est
tenté pour sauver des jeunes de la marginalisation,
représentent une initiative assez audacieuse. La
liberté que j'ai évoquée plus haut, ainsi
que la valorisation de toutes les initiatives nouvelles sur le
plan pédagogique, me semblent prolonger la pensée
et l'oeuvre de Louis Cros. La modernité de son travail
me frappe d'ailleurs plus que jamais.
Sur "L'école de la
dernière chance" voir le compte-rendu des Cahiers
Pédagogiques :
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1642
Le Prix Louis Cros
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Louis Cros (1908-2000), directeur de
l'Institut pédagogique national en 1955 (Photo CUIP)
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Sous l'égide de
l'Académie des sciences morales et politiques, le
Comité universitaire d'information pédagogiques a
fondé un prix : le Prix Louis Cros d'un montant de
20.000 euros.
Il récompense une oeuvre relative à
l'éducation (ouvrage édité ou thèse
dactylographiée), destinée au grand public et
rédigée en français par un candidat de
moins de 45 ans.
Les candidats sont invités à déposer leur
travail accompagné d'un curriculum vitae, d'un bref
résumé du sujet et,pour les thèses, du
rapport émis par le jury lors de la soutenance au
C.U.I.P., 97-99 avenue Gal Leclerc, 75014 Paris.
Les dossiers de candidature sont attendus avant le 25 mars 2006 à l'adresse
ci-dessus : C.U.I.P., 97-99 avenue Gal Leclerc, 75014 Paris.