Pétition :«Apprentissage de la Lecture :
Assez de polémiques, des réponses sérieuses !»
L’apprentissage de la lecture est un enjeu
majeur, pour toute la scolarité d’un
enfant comme pour sa vie d’adulte et de
citoyen. Chaque enseignant, chaque
parent y accorde à juste titre une grande
importance.
Sur ce sujet trop souvent l’objet de polémiques
stériles, les organisations syndicales,
les organisations de parents d’élèves,
les mouvements pédagogiques et
les personnalités signataires tiennent à
rappeler quelques éléments incontestables
et proposent, que l’information des
parents et des enseignants reste sur un
terrain, qu’elle ne doit jamais quitter :
celui de l’intérêt de l’enfant.
1. L’apprentissage de la lecture, ne relève
pas seulement du cours préparatoire, et
vouloir ramener la réussite ou l’échec de
l’élève au seul choix de la méthode de
lecture n’est pas sérieux. Certes, le CP est
un maillon essentiel dans le processus
d’apprentissage, mais le rôle de l’école
maternelle qui prépare les enfants à une
bonne maîtrise de la langue orale et du
cycle 3 qui doit les mener à une bonne
compréhension des textes est tout aussi
important.
2. La méthode dite « globale », écartée
par les programmes de l’école élémentaire
de 2002, n’est pratiquement plus utilisée
dans les écoles. La majorité des
manuels de lecture enseignent les correspondances
entre les lettres et les sons,
dès les premiers jours du cours préparatoire.
3. La situation de l’école ne correspond
pas à la description caricaturale qui en
est faite.
Toutes les comparaisons internationales
montrent que la France obtient des résultats
similaires à ceux des pays voisins
européens. Les jeunes n’éprouvent pas
plus de difficultés que leurs aînés, au
contraire : l’INSEE a dénombré 4% d’illettrés
chez les 18-24 ans, mais 14% chez les
40-54 ans et 19% chez les 55-65 ans. Le
déchiffrage n’est pas le principal problème
des élèves en difficultés de lecture : si
4% d’élèves ne savent pas déchiffrer à
l’entrée en 6ème, 11% ne comprennent
pas les textes qui leur sont proposés bien
qu’ils sachent déchiffrer.
Cependant, chacun s’accorde à considérer
qu’il est aujourd’hui insupportable de
ne pas maîtriser suffisamment l’écrit pour
s’intégrer socialement et accéder à un
emploi. Donc, l’école doit chercher à
mieux faire réussir tous les élèves. Pour
autant, il n’y a pas de recul ou de baisse
du niveau, voire d’épidémie de dyslexie !
La Fédération des orthophonistes rappelle
qu’aucune étude scientifique menée
par des orthophonistes ne met en évidence
un lien entre approche globale de
la lecture et troubles de l’écrit.
4. Les travaux des chercheurs, comme
l’expérience des enseignants, montrent
que la « querelle des méthodes » est
dépassée. Méthodes syllabique, globale
ou mixte ont laissé place à de nouvelles
pratiques forgées progressivement au
cours des trente dernières années. Il ne
s’agit pas des méthodes mixtes. Ces
approches qui sont cohérentes avec les
résultats des recherches scientifiques
récentes, mettent en oeuvre simultanément
la maîtrise du code et la compréhension.
5. L’apprentissage de la lecture ne se limite
pas au déchiffrage et ne peut reposer
exclusivement sur une approche syllabique.
Réduire l’apprentissage de la lecture
est simplificateur et mène ainsi l’école
dans une impasse.
6. Nous considérons que les principaux
éléments des programmes de l’école
maternelle et élémentaire publiés en
2002 après de larges consultations
conservent toute leur pertinence. Ils rappellent
qu’« apprendre à lire, c’est
apprendre à mettre en jeu en même
temps deux activités très différentes :
celle qui conduit à identifier des mots
écrits, celle qui conduit à en comprendre
la signification ». Ils ne se limitent pas au
seul décodage et visent, dès le début du
cycle 2, la compréhension des textes et
l’accès au livre et à la culture écrite.
Les programmes de 2002 inscrivent les
apprentissages du cycle 2 dans la continuité
de ceux de l’école maternelle sur le
langage oral, sur les habiletés phonologiques,
sur le principe alphabétique et la
familiarisation avec la langue écrite. Ils
rappellent aussi que l’apprentissage de la
lecture se poursuit au cours de l’école élémentaire
et n’est pas achevé au début du
collège.
Des difficultés demeurent. Il faut les
réduire. L’apprentissage initial de la lecture
peut et doit être amélioré. C’est en procédant
à des recherches rigoureuses, en
renforçant la formation et l’accompagnement
des enseignants, en organisant une
réelle évaluation du travail effectué dans
les classes, en prenant en compte les différences
de rythme de travail et d’apprentissage,
en améliorant les conditions
d’enseignement et d’apprentissage que
l’école peut développer les compétences
des élèves en lecture. C’est aussi par un
effort de communication, entre l’école et
les familles sur ce qui se fait réellement
en classe, que l’école contribuera à créer
un climat de confiance propice à la réussite
des élèves.
C’est également en soutenant et en renforçant
toutes les initiatives, en lien avec
l’Ecole et les familles qui favorisent le
goût pour le livre et la lecture : institutions
et associations culturelles, bibliothèques
et médiathèques, presse et
médias de qualité pour la jeunesse.
Nous sommes bien loin des affirmations
passéistes et approximatives de l’actuel
ministre de l’Education Nationale.
http://www.snuipp.fr/article.php3?id_article=3019
Les organisations signataires :
- AGIEM (Association Générale des Institutrices en Ecole
Maternelle)
- AIRDF (Association Internationale pour la recherche en
didactique du français)
- CRAP (Cahiers Pédagogiques)
- ICEM (Institut Coopératif de l’Ecole Moderne)
- FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves)
- GFEN (Groupe Français pour l’Education Nouvelle) |
- LIGUE de l’ ENSEIGNEMENT
- SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs
et Professeurs de Ecoles)
- SE-UNSA (Syndicat des Enseignants)
- SGEN-CFDT (Syndicat Général de l’Education Nationale)
- AFEF (Association française des enseignants de français)
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Page publiée le 03-02-2006
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