Le projet de loi
Le texte de la loi
Le texte du projet de loi et du rapport annexé.
http://www.loi.ecole.gouv.fr/documents/uploaded/projetdeloi120105.pdf
La présentation de la loi par F. Fillon devant la
commission des affaires culturelles de l'Assemblée
nationale
"Il est temps de donner à l'école un souffle
nouveau, de la mobiliser autour du cap dégagé
par la Commission du débat national sur l'avenir de
l'école : celui d'assurer la réussite de tous
les élèves.
C'est pourquoi la loi d'orientation pour l'avenir de
l'Ecole se fixe trois objectifs ambitieux :
1. garantir que 100% des élèves aient acquis
un diplôme ou une qualification reconnue au terme de
leur formation scolaire ;
2. assurer que 80% d'une classe d'âge accède
au niveau du baccalauréat ;
3. conduire 50% d'une classe d'âge à un
diplôme de l'enseignement supérieur.
Pour atteindre ces objectifs, le projet de loi
prévoit des mesures concrètes qui s'organisent
autour de trois grands axes : l'École doit assurer la
réussite de tous les élèves, renforcer la
qualité du service public de l'éducation, et
s'ouvrir encore davantage sur les exigences du monde
extérieur. "
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=2005281437
Les points clés du projet de loi :
- Pour
une École plus juste : l'École de la
confiance
Garantir
à tous les élèves la maîtrise d'un
socle commun
Soutenir
les élèves en difficulté par un contrat
personnalisé
Valider
l'acquisition du socle tout au long de la scolarité
obligatoire
Mettre
en place un nouveau brevet pour certifier le
socle
Repenser
les voies au lycée et moderniser le
baccalauréat
Scolariser les élèves handicapés
et promouvoir la santé scolaire
Agir
pour l'égalité entre les filles et les
garçons
Multiplier les bourses au
mérite
- Pour
une École plus efficace : l'École de la
qualité
Combattre la violence scolaire
Assurer
le remplacement des enseignants absents
Améliorer le fonctionnement de la
classe
Renforcer le projet d'établissement et
contractualiser les établissements
Programmer le recrutement des
enseignants
Rénover la formation initiale et continue des
enseignants
- Pour
une École plus ouverte : l'École à
l'écoute de la Nation
Assurer
la maîtrise des langues vivantes
étrangères
Associer
plus étroitement les parents à
l'École
Promouvoir la voie professionnelle
Faciliter l'accès à l'ordinateur et
à Internet
http://www.loi.ecole.gouv.fr/_web/templates/exprimezvous.php?NodId=92
L'exposé des motifs
http://www.loi.ecole.gouv.fr/documents/uploaded/expose_%20motifs.pdf
Le dossier de presse officiel
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=20051121042
Janvier 2005 : SES : Fillon revoit
son projet
Le ministre
modifie la loi d'orientation pour permettre le maintien de
l'option SES en seconde. Le projet de loi limite le choix des
élèves à une seule option ce qui implique
qu'ils choisissent entre SES et langue vivante 2.
Résultat prévisible : l'enseignement des SES en
seconde est menacé de disparaître et
l'économie de la filière ES perturbé.
Plutôt que donner la possibilité, comme elle
existe aujourd'hui, aux lycéens de choisir deux
options, F. Fillon a préféré
intégrer la LV2 dans le tronc commun des enseignements.
Cela donne donc la possibilité aux élèves
de choisir l'option SES ou l'IGC en seconde. Les enseignants
de SES ont eu raison de se mobiliser. Cela pourrait être
entendu des autres adversaires de la loi…
http://info.france2.fr/education/8010118-fr.php
Une loi
modifiée avant d'être
présentée…
Combien
d'amendements pour la loi d'orientation sur l'école ?
Le Monde du 3 février annonce que certains d'entre eux
seraient déposés par l'UMP afin
d'améliorer la constitutionnalité du texte.
Plusieurs articles, qui relèvent du domaine
réglementaire, pourraient être censurés
par le Conseil constitutionnel. Déjà
rejetée par les syndicats enseignants, refusée
par les associations de parents et par les lycéens, la
loi Fillon semble techniquement
aventurée.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-396526,0.html
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-396708,0.html
Une première lecture des mesures de la loi Fillon
Le ministre de l'éducation nationale a longuement
présenté son projet de loi d'orientation de
l'éducation sur France 2 le 18 novembre. Fixant des
objectifs ambitieux (100% de jeunes "qualifiés" mais
aussi 80% d'une tranche bac au niveau bac et 50% de
diplômés du supérieur soit 15% de plus que
le taux actuel), le ministre a exposé les recettes,
nettement conservatrices, qui selon lui permettront de les
atteindre.
Le socle commun obligatoire. Le ministre intègre
la grande section de maternelle dans la scolarité
obligatoire et annonce la mise en place d'un "socle commun de
connaissances" que chaque élève devra
maîtriser sous peine de redoublement dès le
début du primaire. Il comportera le français,
les maths, la LV1, "l'outil informatique" et une
culture de base comportant l'histoire-géographie,
l'éducation civique, les sciences et la technologie.
Les élèves en difficulté
bénéficieront, au collège, de 3 heures de
soutien hebdomadaires.
Le brevet redeviendra un examen complet. A coté
d'épreuves obligatoires (français, maths,
histoire-géo ou SVT) comptées pour 8 points, il
comportera des matières évaluées en
contrôle continu (LV1, histoire-géo ou SVT et 2
matières au choix de l'élève). Le brevet
ne sera pas un examen d'entrée en seconde mais... sera
passé avant le dernier conseil de classe de
troisième...
L'apprentissage des langues sera renforcé :
dédoublement des cours en terminale, enseignement de la
LV1 dès le CE et de la LV2 dès la 5ème.
Le bac comportera moitié d'épreuves
passées en contrôle continu.
Dans l'enseignement professionnel" le bac professionnel
sera préparé en 3 ans au lieu de 4
actuellement.
Du côté des enseignants, F. Fillon
souhaite les astreindre à remplacer les enseignants
absents.
Un coup de force contre les innovations
pédagogiques.
"Les TPE c'est très bien" affirme F. Fillon.
Mais il décide leur suppression apportant comme seul
argument sa volonté d'alléger l'année de
terminale, avant de reconnaître que sa décision
dégagera des moyens. "Mais je les conserve en
seconde et en première", répète trois
fois le ministre. Cela risque d'être difficile : les TPE
n'ont jamais existé en seconde... ce qui pourrait faire
croire que cette décision, lourde de
conséquences, n'a pas vraiment été
réfléchie. Seule innovation pédagogique
ayant réussi à percer en lycée, les TPE
ont été au bout du compte acceptés par
les enseignants et sont plébiscités par les
lycéens (90% des candidats les ont
présenté au bac 2004). Ils sont sacrifiés
sans aucun argument sérieux sur l'autel du
conservatisme pédagogique au mépris de
l'investissement des équipes éducatives et des
souhaits des lycéens. La suppression des TPE en
terminale et au bac aboutira à ne plus les proposer en
première. C'est un signal clair et négatif
envoyé aux enseignants qui ont essayé de faire
évoluer l'école. Ce n'est pas le seul. F.
Fillon rétablit la note de conduite : elle entrera
dans le brevet des collèges à coté du B2i
transformé à son tour en examen traditionnel.
Pour les élèves faibles, il préconise le
redoublement, conseillé dès le début du
primaire au mépris d'études convergentes qui
établissent qu'il est nocif au primaire. Il crée
"le collège unique à filières
différentes" qui pré-oriente dès la
4ème les élèves vers le professionnel.
Enfin, pour les cas difficiles, les classes relais seront
quintuplées : une étude récente du
ministère montrait qu'elles fonctionnaient davantage
comme des soupapes de sécurité des
collèges absorbant des élèves difficiles
plutôt que comme un dispositif de rescolarisation. Par
ces décisions F. Fillon détruit les rares
innovations pédagogiques qui ont su s'imposer dans les
établissements et encourage au mépris des
sciences de l'éducation. La loi Fillon marque bien une
régression pédagogique.
Le texte du projet de loi Fillon
L'avant projet de la loi d'orientation pour l'avenir de
l'école reprend l'essentiel des annonces de F.
Fillon le 18 novembre. Ce court texte (7 pages) fixe de
nombreux objectifs pour l'Ecole : 100% de jeunes
qualifiés, 80% au niveau bac, 50% de
diplômés du supérieur, 15%
d'étudiants supplémentaires en sciences, 20%
d'élèves supplémentaires en allemand, 10%
en langue ancienne, 50% d'apprentis en plus, une hausse de 20%
des jeunes filles dans les séries scientifiques etc. En
dehors de ces objectifs pour un avenir plus ou moins lointain,
on retiendra 4 décisions précises. D'une part la
création d'un Haut conseil de l'éducation
chargé de conseiller le ministre sur la
pédagogie et les programmes, à la place du
Conseil national des programmes et du Haut conseil à
l'évaluation de l'école. Ce conseil sera
probablement un organe plus politique que technique puisque
nommé par les plus hautes instances de la
République. D'autre part, chaque établissement
créera un Conseil pédagogique, composé de
représentants des enseignants de chaque discipline et
de représentants des professeurs principaux,
chargé de coordonner les enseignements et les
méthodes pédagogiques. Ce conseil coexistera
avec le rappel dans la loi de la liberté
pédagogique des enseignants, celle-ci s'exerçant
"dans le cadre des programmes et des instructions du
ministre... sous le contrôle des membres des corps
d'inspection". La loi prévoit également un
effort pour la formation des enseignants (20% de formations
supplémentaires) mais précise que "la
formation des enseignants s'effectue prioritairement en dehors
des obligations de service d'enseignement" , ce qui
pourrait rendre le premier objectif illusoire. Enfin le projet
de loi décide le passage des IUFM sous contrôle
universitaire dans un délai de 3 ans. C'est donc un
texte extrêmement sommaire qui est proposé au
CSE.
Sur le plan professionnel…
Un exemple des mesures qui font bondir les enseignants en
lycée.
« En raison de l'évolution des conditions
d'enseignement, le fondement de décharges
spécifiques désormais non justifiées
devra être réexaminé » (p.27) :
ce qui annonce la suppression de toutes les décharges
horaires (heures de BTS, heures de première chaire
etc.).
« L'horaire hebdomadaire comme l'horaire annuel des
lycéens français sont les plus lourds de tous
les pays de l'OCDE… C'est pourquoi il est
souhaitable…de tendre vers un plafonnement de l'horaire
maximal de travail des lycéens » (p.33). Il
s'agit de ramener l'enseignement annuel de 1100 heures
à environ 950 h. soit -14%.
" Il est souhaitable de réduire le nombre des
options au lycée " (p.33) : ces disciplines se
sentent directement menacées.
" A l'exception des langues, les dédoublements
actuels seront réexaminés en fonction de leur
intérêt pédagogique" (p.34), ce qui
annonce la suppression de tous les dédoublements (TD,
modules, groupes etc.).
L'avis du Conseil supérieur de l'Education
16 Décembre : Le CSE vote contre la loi Fillon
Le rejet de la loi d'orientation annonce une mobilisation des
enseignants. Jeudi 16 décembre au matin, s'adressant au
CSE, François Fillon maintenait son projet de loi en
l'état, estimant qu'il se situe dans la
continuité de la loi de 1989 et que son texte a
été conçu "en cherchant à
rassembler nos concitoyens". Il a effectivement
rassemblé les membres du Conseil Supérieur de
l'Education. Par 39 voix contre , 9 abstentions et 4 voix pour
(le Medef, la CFTC et la CPU), le CSE a voté contre la
loi d'orientation pour l'éducation proposée par
F. Fillon. Le CSE a adopté une motion proposée
par le Sgen : "Le projet de loi d'orientation qui nous est
proposé ne répond pas à la " nouvelle
ambition pour l'École " affichée par le ministre
pour les deux décennies à venir. Ce projet
ignore pour l'essentiel le débat national. Les
propositions avancées ne sont pas à la hauteur
des attentes des citoyens. L'École mérite mieux.
Les jeunes méritent mieux. Ce projet n'est pas en
mesure de lutter contre les inégalités
scolaires, de conduire tous les jeunes à la
réussite scolaire, de contribuer à
l'élévation du niveau de qualification. Aussi,
le CSE, réuni le 16 décembre 2004, demande au
ministre de l'Éducation nationale de reprendre ce
projet de loi, d'ouvrir de véritables
négociations et de se donner le temps nécessaire
pour éviter un gâchis lourd de
conséquences". Ce texte a été
adopté par 41 voix (Sgen, Fep, CFDT, FSU, Unsa
Éducation, CGT, FCPE, PEEP, Unapel, Unef, UNL, Ligue de
l'enseignement) contre 6 (Medef, Cftc, Csen) et 8 refus de
vote ou abstentions (Snep, Fage, Snpden).
Cela n'empêchait pas F. Fillon d'ironiser après
le CSE sur la division syndicale : "les motifs qui fondent
les positions des syndicats qui se sont opposés au
projet sont contradictoires. Certains jugent qu'il faut un
socle mais veulent corriger sa définition. D'autres ne
veulent pas de socle. Certains sont favorables au CIRE,
d'autres contre". Un peu plus tard sur France Inter il
annonçait de nouvelles créations de postes.
"Le gouvernement est prêt à mettre des moyens
supplémentaires dans le cadre d'un effort pour
l'Education nationale et aussi par l'optimisation des moyens,
lorsque la réforme sera votée, lorsqu'elle sera
mise en œuvre". Et s'attirait cette réponse
de Luc Bérille (Se Unsa) : "Vous venez de
créer des postes brutalement mais ces fameux... vous
avez réussi à les financer en faisant un certain
nombre de mesures d'économies, dont la suppression des
TPE".
Les syndicats annoncent de nouvelles actions. Pour le
Sgen Cfdt, "Le ministre doit entendre raison...
François Fillon se doit de prendre en
considération le vœu présenté par
notre organisation qui demande au ministre de "reprendre son
projet de loi, d'ouvrir de véritables
négociations et de se donner le temps nécessaire
pour éviter un gâchis lourd de
conséquences" et qui a obtenu 41 voix. Pour le
Sgen-CFDT, il n'est pas question de refuser toute
évolution. Bien au contraire. Il y a
nécessité de transformer en profondeur le
système éducatif. L'objectif de conduire tous
les jeunes à la réussite scolaire passe par une
loi ambitieuse et courageuse. Nous en sommes loin".. Le SE
Unsa renouvelle son opposition et texte et mobilise : "Ce
projet fixe à l'Ecole l'objectif de faire
réussir tous les élèves mais sans dire
comment et avec quels moyens y parvenir. Le fossé entre
les objectifs affichés et les mesures envisagées
pour les atteindre est considérable. Il ne peut
qu'accroître le désarroi des enseignants en
quête de formation, de reconnaissance et qui ont besoin
de conditions de travail plus favorables pour aider davantage
leurs élèves....Il assure pour une large part le
financement des mesures nouvelles par des économies
faites sur le dos des élèves et des personnels (
la suppression des TPE en terminale par exemple permet de
récupérer l'équivalent de 1000
postes...)... La FSU voit dans le projet Fillon "un
ensemble de mesures dont certaines pourraient sembler relever
du bon sens. Mais cet affichage masque mal des orientations
qui de fait, tournent le dos à ces objectifs et qui
s'accommodent de l'idée que la réussite de tous
serait impossible, ignorent le poids des
inégalités sociales pour faire de la
réussite une question " d'aptitudes " ou de " talents
individuels "... Au lycée, la suppression des TPE (sans
concertation, sans évaluation) est significative des
choix gouvernementaux : aucune ambition pédagogique,
les seules réponses se situant au plan du resserrement
des structures. Mais, plus globalement, c'est bien à
une réduction de l'offre de formation qu'on aboutira
ainsi qu'à une fragilisation de certains enseignements
et de certaines séries (notamment la série ES)
et à une remise en cause de la valeur nationale du
baccalauréat, faisant courir encore une fois le risque
d'une pénalisation des plus
défavorisés". La FSU évoque
également la "dénaturation du métier" par
exemple à propos des remplacements imposés aux
enseignants.
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200412161444
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emploi_041216192246.qq7yhygs.html
20 Décembre : Le Cneser contre la loi Fillon
Après le Conseil supérieur de
l'éducation, le Conseil national de l'enseignement
supérieur et de la recherche a adopté le 20
décembre une motion demandant le retrait du projet de
loi Fillon par 32 voix contre 5.
http://actu.voila.fr/Depeche/depeche_emploi_041220130152.13o6rc4o.html
La lecture du café : Peut-on encore s'intéresser
à la loi d'orientation ?
Le texte du projet de loi d'orientation présenté
sur le site du ministère de l'éducation
nationale fait apparaître, à coté de la
loi elle-même, des annexes dont le contenu
soulève de nombreuses questions. Ces annexes peuvent
être considérées comme la traduction
concrète des orientations de la loi. Certaines des
mesures qu'elles contiennent sont déjà prises,
d'autres sont des mesures en cours. La loi n'est pas encore
votée par le Parlement que déjà certaines
de ses applications sont décidées,
déjà réalisées ou promises pour la
rentrée 2005. Autrement dit, la méthode
employée fait fi de la représentation nationale
qui a pourtant son mot à dire sur une telle loi ! Cette
façon de faire aura des conséquences importantes
que nos responsables semblent négliger. L'école
a avant tout besoin de légitimité. Or, la
conquête de la légitimité passe par la
possibilité de débattre.
Qu'a-t-on fait du rapport Thélot ? Qu'a-t-on fait de
tous ceux qui l'ont précédé ? La lecture
des propos officiels montre que les acteurs de terrain et
leurs réalités quotidiennes sont ignorées
ou même méprisées. A propos des TPE, le
ministre déclare d'abord qu'ils sont conservés
en seconde où ils n'ont jamais existé. A un
journaliste qui lui fait observer quelques semaines plus tard
que les enseignants sont nombreux à protester contre
leur suppression, il fait remarquer avec ironie qu'ils
étaient nombreux aussi à protester au moment de
leur création. Voilà le mépris ! Un
mépris que conforte le silence goguenard du
journaliste. Il n'avait fallu que deux années scolaires
aux professeurs des lycées pour s'approprier une
innovation pédagogique importante et difficile à
mettre en place. Cet élan a été
cassé. Nous ne l'oublierons pas.
Si au moins les contenus de cette loi révélaient
un véritable projet éducatif pour la
société française du XXIe siècle,
si on pouvait au moins y lire une intention, une direction,
bref de quoi mobiliser la Nation. Mais la lecture de ce texte,
toilettage de l'ancien, ne laisse aucun doute. Les annonces de
suppression de postes d'enseignants à la rentrée
montrent que les objectifs économiques priment sur le
reste. Même l'enseignement privé sous contrat est
attaqué. Quand on sait que les chèques emplois
services servent surtout à financer les
publicités de sociétés de cours
privés à domicile dans les transports publics,
alors que leurs employés sont parfois peu
considérés, on se pose la question du sens.
Et pourtant les partisans de l'intégration des TIC
à l'école ont de quoi se réjouir. Mise en
cause par plusieurs courants de revendication, la place des
TIC sort renforcée de cette loi. Là encore, la
bonne volonté de ses initiateurs se trouve prise dans
ce mélange d'annonce qui fait que la loi d'orientation
est déjà mise en application avant même
qu'elle ne soit votée. Pourquoi les TIC ont-elles
bénéficié de ce traitement de faveur ? Il
fallait sans doute équilibrer par un artifice
moderniste la tendance réactionnaire qui a
inspiré la loi. Allons donc pour les TIC.
Nos enfants ne pourront pas nous dire que nous leur avons
caché ce qui est aujourd'hui considéré
comme un des événements clés du passage
du XXe au XXIe siècle : l'avènement de la
société de l'information et de la communication
fondé sur ces technologies. Mais comment allons-nous
leur expliquer que les activités pédagogiques
qui justifiaient le plus nettement l'usage de ces technologies
ont été supprimées ? Pourquoi ne pas
avoir supprimé les TIC avec les TPE ? Serait-ce parce
que l'Etat ne finance pas les TIC alors qu'il finance les TPE
?
Nous ne retiendrons de cette loi que cet objectif mal
dissimulé : réduire le coût de
l'éducation pour l'Etat.
Bruno Devauchelle
Editorial du n°58 du Café pédagogique -
18/01/2005