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Le sac de plage 2006 : Nouveaux textes, nouveaux enjeux de la rentrée



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F. Jarraud


Les nouvelles mesures pour tous

La circulaire de rentrée
"Promouvoir l’égalité des chances et améliorer les conditions de la réussite scolaire pour une meilleure insertion sociale et professionnelle des jeunes sont les deux priorités pour la rentrée 2006" affirme la circulaire de préparation de la rentrée 2006 publiée au B.O. du 31 mars. Une fois décryptée, cette phrase montre la place que prend l'enseignement professionnel et l'apprentissage dans le projet ministériel : accueillir massivement les élèves en difficulté.

A l'école primaire, le texte annonce la généralisation de l'évaluation de début de Ce1 et de la mise en place des PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative) selon des conditions encore à préciser mais qui n'engageront aucun moyen supplémentaire : " La mise en place des PPRE sera assurée par l’optimisation des moyens actuellement consacrés à l’expérimentation des CP dédoublés et par la mobilisation des enseignants spécialisés des réseaux d’aide existants, ainsi que des maîtres surnuméraires dans les établissements de l’éducation prioritaire". L'enseignement d'une langue étrangère devra être étendu à toutes les classes du cycle des approfondissements.

Au collège, les principaux changements concernent les nouveaux programmes en maths et sciences (5ème) et langues et la création d'une note de vie scolaire trimestrielle, prise en compte au brevet. La circulaire prévoit le financement des collèges prioritaires (zep) par prélèvement d'une demi-heure hebdomadaire sur les horaires des 5èmes et 4èmes. Le texte énumère les dispositifs en alternance en 4ème, la 3ème "découverte professionnelle", les 3èmes d'insertion.

La voie professionnelle a déjà été largement évoquée au collège. Le ministère entend favoriser l'accès aux stages, les relations avec les entreprises et développer l'apprentissage en EPLE. " Pour les élèves âgés d’au moins 14 ans qui en feront la demande, des parcours d’initiation aux métiers pourront être proposés dans les lycées professionnels et dans les centres de formation d’apprentis gérés par les EPLE. Ils permettront à ces élèves de poursuivre l’acquisition du socle commun de connaissances et compétences tout en découvrant dans l’établissement de formation et en entreprise l’exercice de différents métiers". Un défi qui paraît irréalisable.

Au lycée, la circulaire rappelle les nouveaux programmes : maths en terminale L et Stg, philosophie en séries technologiques, histoire-géo en première Stg; eco-droit et enseignements technologiques en terminale stg.

Les établissements (EPLE) sont invités à mettre en place les "conseils pédagogiques" prévus par la loi Fillon. Sa composition sera déterminée par chaque Eple en veillant à ce que " les choix qui seront opérés en la matière fassent l’objet du plus large consensus possible de la part des équipes pédagogiques". Les attributions du conseil paraissent des plus floues. La remarque vaut également pour "le projet d'établissement" dont chaque Eple devra se doter.

Les langues vivantes font l'objet de l'attention du ministère qui annonce la généralisation des "groupes de compétence" et l'extension des dédoublements aux terminales technologiques et professionnelles (pour la première langue). S'y ajoutent des incantations : " les recteurs veilleront à mettre en œuvre les moyens permettant d’atteindre dans les prochaines années les deux objectifs suivants : une augmentation de 20 % des sections européennes en collèges et en lycées et une augmentation de 20 % de la part des élèves apprenant l’allemand".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/13/MENE0600903C.htm

Les évaluations en 2006-2007
Le B.O. du 15 juin publie une circulaire précisant la mise en place des évaluations en 2006-2007. Elles concernent obligatoirement le CE1, le CE2 et la 6ème.

En CE 1, l'évaluation " a été conçue pour esquisser un premier constat de l’acquisition des compétences dans les domaines de la lecture, de l’écriture et des premiers apprentissages en mathématiques, et pour repérer et analyser les difficultés que rencontrent certains élèves". Elle doit être organisée en octobre et comporte deux épreuves. La première est commune à tous les élèves. La seconde est réservée aux écoliers en difficulté et vise à préciser la nature des graves difficultés".

En CE2 et en 6ème les évaluations doivent être terminées le 22 septembre. Les résultats seront analysés avec le logiciel J'Ade. Les chefs d'établissement devront en communiquer les résultats aux parents " sous une forme compréhensible, ce qui suppose que les termes techniques naturellement utilisés entre professionnels de l’enseignement soient remplacés par des formulations plus accessibles et plus explicites pour les parents".

D'autres évaluations pourraient être mises en place avec le socle commun, par exemple à la fin du CM2, juste avant l'entrée au collège.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/24/MENP0601328C.htm

Elèves handicapés
Trois textes facilitent l'intégration scolaire des élèves handicapés.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/10/MENE0502666D.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/3/MENS0502560D.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/20/MENE0600591D.htm

Education aux risques
"Dans les établissements scolaires publics et privés sous contrat sont assurés une sensibilisation à la prévention des risques et aux missions des services de secours, une formation aux premiers secours ainsi qu'un enseignement des règles générales de sécurité. Dans les collèges et les lycées, cet enseignement et cette formation sont mis en oeuvre en application des programmes et dans les différentes activités organisées par l'établissement dans le cadre du projet d'établissement ; le projet d'établissement prend en compte les propositions du comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté. Dans les écoles, un enseignement des règles générales de sécurité et de principes simples pour porter secours est intégré dans les horaires et programmes de l'école primaire tels que fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale. Il a un caractère transdisciplinaire. Des activités peuvent être organisées dans le cadre du projet d'école". Les circulaires d'applicatio
n de
ce décret du 11 janvier 2006 sont attendues.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0502699D



Les E.P.L.E.

Fonctionnement des EPLE
Cette circulaire explique comment mettre en œuvre les décrets modifiant le fonctionnement des établissements scolaires (collèges et lycées) (EPLE). Elle évoque le projet d'établissement et la possibilité d'expérimentation pédagogique, le rôle du chef d'établissement, la mise en place de contrats d'objectif avec chaque établissement.

La circulaire évoque également la composition du conseil d'administration où entre le vice-président du conseil de la vie lycéenne.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/36/MENE0502168C.htm

A quoi sert le conseil pédagogique ?
"Dans chaque établissement public local d’enseignement, est institué un conseil pédagogique. Ce conseil, présidé par le chef d’établissement, réunit au moins un professeur principal de chaque niveau d’enseignement, au moins un professeur par champ disciplinaire, un conseiller principal d’éducation et, le cas échéant, le chef de travaux. Il a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement". Créés par l'article 38 de la loi Fillon, les conseils pédagogiques doivent, selon la circulaire de rentrée, être mis en place à la rentrée 2006 dans les établissements secondaires.

Ni la loi, ni la circulaire ne fixent précisément leur composition. Elles laissent ainsi une opportunité au chef d'établissement pour composer son conseil pédagogique. Selon la circulaire, " il appartient à chaque établissement de déterminer sur cette base (la loi) la composition précise du conseil pédagogique et les conditions de désignation de ses membres. Il convient de veiller cependant à ce que les choix qui seront opérés en la matière fassent l’objet du plus large consensus possible de la part des équipes pédagogiques".

Le rôle du conseil pédagogique sera aussi fonction des besoins locaux. " le conseil pédagogique a pour mission de favoriser la concertation entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement. Dans ce cadre, le choix des sujets traités et du fonctionnement interne est laissé à l’appréciation du conseil pédagogique, dans le respect de la liberté pédagogique des enseignants et du champ de compétence des personnels de direction".

Ces imprécisions ont suscité l'hostilité du Snes qui craint que le conseil "vise en fait à élargir le champ d'intervention pédagogique du chef d'établissement" et qui déplore que la loi n'impose pas son élection.

A l'origine du conseil, plusieurs expérimentations, étudiées par l'inspectrice générale Ghislaine Matringe. Pour celle-ci, " Il faut impliquer plus étroitement les enseignants dans la gestion de leur établissement, leur donner la parole, écouter leurs propositions, dépasser les clivages anciens entre l’administration et la pédagogie pour progresser. Les chefs d’établissement doivent pouvoir s’appuyer sur des enseignants reconnus par leurs pairs. Le conseil pédagogique, instance consultative et non décisionnelle, permettra d’expliciter le fonctionnement de l’établissement, de montrer ses forces et ses faiblesses, son rôle sera essentiel en terme d’évaluation de la politique suivie, d’analyse des indicateurs de fonctionnement et surtout il sera force de proposition. Le chef d’établissement tout comme le conseil d’administration pourront alors véritablement centrer leur action sur la pédagogie".

Le conseil s'inscrit donc dans un mouvement plus général d'affirmation d'un certain degré d'autonomie des établissements. Quel rôle assumera-t-il face au conseil d'administration d'un coté et des enseignants de l'autre ? Peut-il à lui seul aider à la constitution d'équipes pédagogiques stables ? Dans un système aussi anciennement centralisé que l'Ecole française, l'autonomie pédagogique peut-elle être instituée par des textes ?
La loi
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/18/MENX0400282L.htm
La circulaire de rentrée
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/13/MENE0600903C.htm
Analyse du rapport Matringe
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index131005.php


Sorties scolaires : une mise au point invite les établissements à… se débrouiller
Plusieurs Chambres régionales des comptes ont remis en question une pratique fréquente pour financer les voyages scolaires : faire bénéficier les accompagnateurs des voyages de la gratuité, le coût de leur voyage étant pris en compte dans les versements des familles. Ces décisions ont fait grand bruit, les enseignants refusant de payer pour accompagner leurs élèves.

Le ministère publie une mise au point où elle rappelle les décisions des Chambres régionales des comptes. "Il est important de rappeler que ces observations ne constituent, en aucune façon, une remise en cause de la gratuité de ces voyages pour les accompagnateurs, qu'ils soient enseignants ou bénévoles" affirme la Desco. "En effet, les enseignants accompagnateurs, qui exercent une mission au service de l'établissement, sont considérés comme étant en activité de service, tout comme les accompagnateurs bénévoles qui contribuent occasionnellement au fonctionnement du service public. Le financement des voyages pour les accompagnateurs doit donc être recherché parmi les modalités mentionnées précédemment (à l'exception de la participation des familles)".

Comprenez que les établissements sont invités à puiser dans les fonds du Foyer socio-éducatif (en clair : les enseignants doivent se débrouiller pour organiser des animations qui rapportent pour financer le voyage), demander l'aide d’une collectivité locale, ou "les subventions d'entreprises privées" !. En effet, à qui d'autre un établissement scolaire pourrait-il demander de financer une sortie éducative…
http://eduscol.education.fr/D0176/seconddegre.htm
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index201005.php

Le remplacement des enseignants
On le sait le remplacement peut maintenant être imposé. Mais sur quelle base : garderie ? Cours dans une autre discipline que la sienne ? Un texte ministériel précise que la nouvelle mesure "permet de faire appel aux professeurs disponibles qui effectueront des enseignements conformes à leur qualification et selon les besoins des élèves : le professeur utilise les créneaux horaires rendus vacants pour enseigner dans “la ou les disciplines dans lesquelles il intervient dans le cadre de ses obligations de service statutaires“. Une note de service d'août 2005 organise précisément le système de remplacement.
La note de service
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/31/MENP0501864N.htm
Lettre Flash
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/flash/0905_remplacement.pdf



Le socle commun

Socle commun : nivellement ou affermissement de l'école républicaine ?
Un an après le vote de la loi Fillon, le décret définissant le socle commun est prêt de paraître. Le Haut Conseil de l'éducation (HCE) a fait connaître ses recommandations. Le ministre l'a présenté à la presse le 10 mai et il a été validé par le HCE. Le Café a demandé à François Dubet et Claude Lelièvre, deux anciens membres de la Commission Thélot, dont les travaux sur l'Ecole sont bien connus, ce qu'ils pensaient du texte ministériel et de la nécessité d'un "socle" dans l'Ecole d'aujourd'hui.
http://www.cafepedagogique.net/disci/article/73.php
Un éditorial du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/edito/73.php

Un dossier du Café
Il reprend les textes et les commentaires syndicaux.
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/72.php#254

Le décret sur le socle commun
"Il s'agit là d'un acte refondateur. Pour la première fois depuis les lois scolaires de Jules Ferry, en 1882, la République va indiquer clairement le contenu impératif de la scolarité obligatoire". Gilles de Robien présentait le 10 mai 2006 à la presse le projet de décret sur le socle commun des connaissances et compétences. Le socle est une obligation de la loi Fillon et a fait l'objet fin mars de recommandations du Haut Conseil de l'Education. Pour le ministre son décret ouvre une ère nouvelle, fondatrice, puisque le socle "ne décrit pas l’ambition maximale de notre système éducatif ; il décrit ce qu’il a l’obligation absolue de transmettre à tous les adolescents avant 16 ans, quel que soit le parcours de l’élève, y compris l’apprentissage. Et quand je dis obligation, je veux dire obligation de résultat, dont le ministre de l’Education nationale sera directement comptable ! C’est cela, la nouvelle gestion publique !"

Conformément aux recommandations du HCE, le socle comporte 7 piliers. Le premier concerne "la maîtrise de la langue française" réduite à la lecture, l'apprentissage de l'orthographe et la grammaire, c'est-à-dire aux dictées et à la leçon de grammaire, des procédés dont la performance est contestée. Le pilier mathématique concerne les 4 opérations, le calcul mental, les théorèmes de la géométrie plane, les équations du premier degré. Le troisième pilier concerne "la culture humaniste" : "il s’agit de donner des repères solides. Ce qui suppose évidemment un apprentissage de la chronologie en histoire et de la cartographie en géographie". Viennent ensuite la langue étrangère, la maîtrise des TIC, des compétences civiques et sociales, enfin, à la demande du HCE, le développement de l'autonomie et l'initiative de l'élève.

Pour le ministre, "la définition du socle commun est un acte capital pour l’avenir de notre système éducatif ! Ce socle sera la base culturelle commune à tous les Français, en même temps que la première étape du processus de formation tout au long de la vie. Il engagera très fortement l'Education nationale, à commencer par le ministre. Car il lui imposera une véritable obligation de résultat".

Oui mais comment passer de l'objectif au résultat ? Le ministre annonce des évaluations régulières en Ce1, Cm2 et au brevet. Et une réforme des programmes du collège. Le socle sera atteint par tous les élèves parce que les enseignants pour la première fois seront "responsabilisés". A croire que les professeurs jusque là ne travaillaient pas. Pourtant, par exemple, les repères en géographie et histoire sont évalués au brevet depuis déjà quelque temps…

Autonomie, initiative : comment les promouvoir quand le ministère s'attaque aux IDD et aux TPE ? "Il n'y a pas de lieu pour l'apprentissage de l'autonomie, c'est un principe qui peut se retrouver partout". Ou bien nulle part s'il n'a pas de place reconnue dans le système éducatif.

Le socle permettra-t-il d'assurer un niveau minimum à tous les élèves ? Le Café a demandé au ministre comment il comptait assurer la réussite des apprentis juniors. Ces jeunes de 14 ans, issus de milieu populaire, en échec scolaire, ne disposeront que de 15 heures de cours pendant deux trimestres sur trois durant leur première année de formation. Encore moins l'année suivante. Ils auront deux fois moins de cours que leurs camarades. Comment dans ces conditions rattraper leur retard et atteindre les objectifs du socle ? Le ministre affirme "Oui c'est possible !". Il semble que le socle soit simplement incantatoire ou pas si commun.
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200651096
Le décret
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/actu/2006/projet_decret_annexe.pdf
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index030406.php
L'avis du Haut conseil de l’éducation
http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/20/28.pdf



Enseignement prioritaire

La circulaire sur l'éducation prioritaire
Publiée au B.O. n°14 du 6 avril 2006, la circulaire sur l'éducation prioritaire reprend les orientations du "plan de relance" des Zep présenté le 8 février. Elle porte d'abord sur l'organisation des réseaux zep. D'ici le 1er mai, des "comités exécutifs" seront constitués dans les 249 "réseaux ambition réussite". Ce sera le cas avant la rentrée 2007 dans les autres réseaux. Chaque comité comprendra le principal du collège sur lequel s'appuie le réseau et les directeurs des écoles du secteur. Le comité assurera le pilotage du réseau : " Le comité exécutif prépare, harmonise, régule les mesures destinées à faire vivre le réseau et rend compte de son activité aux conseils d’administration des EPLE, aux conseils d’école et aux autorités académiques".

Plus d'autonomie Chacun prépare un "contrat ambition réussite" ou un "contrat d'objectifs scolaires" qui se substituent aux "contrats de réussite scolaire" actuels en lien avec les partenaires (collectivités locales par exemple). " Dans le cadre de cette contractualisation, des expérimentations pourront être proposées… notamment l’organisation de la journée et de la semaine scolaires, ainsi que le développement de passerelles entre les premier et second degrés, qui feront l’objet d’un soin particulier".

Pour la mise en œuvre de ces contrats, les réseaux ambition réussite bénéficieront de 1000 enseignants "supplémentaires", financés en fait par la réduction des horaires d'enseignement dans les collèges. Ces enseignants "expérimentés" auront au moins un mi-temps de libre pour appuyer le réseau et par exemple suivre les PPRE. " Les enseignants supplémentaires affectés dans les réseaux “ambition réussite” pourront prendre part aux PPRE, co-intervenir dans les classes, partager leur service entre le premier et le second degré, intervenir dans le cadre de services croisés et en lien avec les maîtres surnuméraires du premier degré, le cas échéant participer à l’éducation à la citoyenneté, prendre le service d’enseignants afin de permettre à l’ensemble des membres du réseau de profiter de la nouvelle organisation et de libérer du temps pour le travail en équipe..." Qui seront-ils ? Comme le laissait entendre la conférence de presse de février, ces professeurs expérimentés seront simplement les moins jeunes des enseignants de zep actuels. " La notion de professeurs “expérimentés” n’implique pas nécessairement un nombre précis d’années de service. En effet, nombre de jeunes professeurs ont acquis, après quelques années d’enseignement, une véritable expérience de terrain qui témoigne de leur investissement en faveur de la réussite de leurs élèves". Il pourrait aussi s'agir de PLP bivalents affectés en collège. D'une façon générale les enseignants des réseaux ambition réussite bénéficieront d'une mobilité géographique facilitée. Ces réseaux disposeront également de 3 000 assistants pédagogiques qui feront de l'accompagnement scolaire, de l'aide au travail personnel.

L'adaptation des parcours scolaire voulue par le ministre concerne spécifiquement les PPRE et la découverte du monde professionnel. " Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) est l’un des dispositifs qui doit permettre de conduire la totalité d’une classe d’âge à la maîtrise des connaissances et compétences constitutives du socle commun, à la fin de la scolarité obligatoire. Son usage doit être privilégié. Il constitue tout autant une modalité de prévention de la difficulté scolaire, visant à empêcher un redoublement, qu’un accompagnement de celui-ci lorsqu’il n’a pu être évité" affirme la circulaire. Un livret de compétences suivra chaque élève. " L’ouverture de l’école sur la société sera favorisée. Des interventions de spécialistes (universitaires, chercheurs, professionnels, scientifiques, artistes...) et des actions (visites, mini-stages, projets...) conféreront à l’enseignement une dimension concrète et favoriseront des choix d’orientation ouverts (lycées généraux et technologiques, lycées professionnels, centre de formation d’apprentis, ...)". Enfin le ministre maintient une mesure qui a été très critiquée : " dès la rentrée 2006, les élèves des collèges “ambition réussite” ayant obtenu une mention très bien au diplôme national du brevet auront la faculté de demander leur affectation dans un lycée de leur choix parmi les lycées de leur académie". Au risque de déséquilibrer davantage les lycées de la zone…

L'ouverture sur la société est un des leitmotivs du plan. L'idée est bonne mais cette partie de la circulaire est souvent peu convaincante. " Une convention de partenariat sera signée au plus tard à la rentrée 2007 avec une institution culturelle, un complexe sportif de haut niveau, un laboratoire d’université, un organisme de recherche ou éventuellement avec une personnalité reconnue. Cela permettra d’insuffler un nouvel esprit en développant chez les élèves un sentiment fort d’appartenance et de fierté pour leur établissement et en donnant à chaque réseau une dimension d’excellence… Pour faciliter l’accès aux stages obligatoires en milieu professionnel des élèves scolarisés en troisième, en lycée professionnel ou en formation postbac, les entreprises d’un bassin d’emploi inscrites dans l’opération “objectif stage” s’engagent, dans une relation de confiance avec les établissements scolaires, à accueillir les jeunes qui n’auraient pas trouvé de stage par eux-mêmes". On voit mal comment l'éducation nationale pourrait apporter ces garanties.

La coordination avec la politique de la ville semble laissée dans un flou relatif. " L’action engagée à l’école et au collège a vocation, ici plus qu’ailleurs, à être en lien avec les activités hors-temps scolaire et notamment avec les différents dispositifs qui, selon des modalités diverses, tendent vers un développement de l’autonomie et des compétences des élèves. Une réflexion globale doit être menée afin d’inventorier l’existant (aide aux devoirs, études surveillées, Contrat Éducatif Local ou Contrat Urbain de Cohésion Sociale, Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité, Dispositif de Réussite Éducative, École ouverte, “Espaces ludiques en milieu scolaire”...), et de définir les publics prioritaires pour chacun des dispositifs en réponse au contexte local. Une cohérence devra être trouvée entre les différentes modalités de prise en charge, en mettant notamment en regard les besoins spécifiques des enfants et la nature de l’accompagnement et de l’encadrement proposé".

L'ensemble du Plan a été débattu au moment de sa publication. On trouvera les éléments du débat dans le dossier ci-dessous.
La circulaire
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/14/MENE0600995C.htm
Rappel : dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/70.php#280
Rappel : Entretien avec C Paillard (andev)
http://www.cafepedagogique.net/disci/tribune/69.php

Les limites du plan Ambition réussite
La mise en place du plan Ambition réussite s'avère plus délicate que prévue aussi bien pour le recrutement des "enseignants référents" que celui des assistants pédagogiques. Les objectifs annoncés ne seront probablement pas atteints malgré leur modestie.
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/74.php#500

ZEP : Une "relance" du bout des doigts...
"Il faut donner vraiment plus à ceux qui en ont vraiment besoin. Et le faire selon des critères nationaux, précis et pertinents. Des critères sociaux et scolaires, qui traduisent la situation concrète des élèves". C'est avec ces fortes paroles que Gilles de Robien a entamé sa présentation de son "Plan de relance des ZEP – 1ère étape".

"A la rentrée 2006, tout établissement actuellement "zep" conservera les moyens qu'il reçoit à ce titre". Le ministre s'est voulu d'abord rassurant à un moment où la contestation fait rage dans certains établissements. Jusqu'à la rentrée 2007, les établissements sont divisés en deux catégories : EP1, les "plus prioritaires" et EP2 : les autres qui gardent les moyens acquis. Après cette date, un nombre indéfini d'établissements sera classé "EP3", c'est-à-dire destinés à quitter les ZEP. Pour le moment, il annonce l'entrée de 18 nouveaux établissements, principalement des DOM, en zone prioritaire.

La "relance" ne concerne donc que les établissements EP1. Le ministre a retenu 249 collèges auxquels s'ajoutent près de 1600 écoles. Ces établissements bénéficieront de moyens accrus : 3000 assistants d'éducation et 1000 enseignants. Ces derniers "conservant une charge d’enseignement à temps partiel, ont aussi pour mission d’accompagner les élèves dans le cadre des programmes personnalisés de réussite éducative et de participer à l’accompagnement des jeunes enseignants. L’affectation de ces personnels supplémentaires permettra aussi de donner de la souplesse à l’emploi du temps des professeurs pour favoriser le travail en équipe et la concertation". Collèges et écoles primaires seront organisés en réseaux pilotés par un "comité exécutif" constitué du principal et des directeurs.

Les TIC sont elles aussi mobilisées : "le ministère lancera un appel à projet visant à soutenir des initiatives de communes ou de groupements de communes, d'associations, de partenaires de l'Éducation nationale, pour la mise en œuvre de services d'accompagnement à la scolarité utilisant les TIC. Les projets présentés concerneront en priorité les élèves de la fin de l'école primaire en difficulté scolaire pour des raisons diverses : maîtrise insuffisante de la langue, absence de méthode de travail, lacunes disciplinaires ; ils prendront en compte la nécessaire transition entre l’école et le collège".

Le ministre semble avoir entendu plusieurs remarques amenées par les mouvements pédagogiques, comme l'OZP, ou les syndicats. Il a enfin compris que la politique ZEP devait impliquer à égalité les écoles. Il y a l'amorce d'une volonté de stabiliser les équipes, en donnant aux enseignants de ZEP quelques avantages (priorité pour les mutations).

Mais ces avancées sont contrariées par d'autres choix. Ainsi le ministre abandonne le souhait de voir arriver en zep des enseignants chevronnés. Les 1000 "professeurs expérimentés" seront choisis parmi les plus anciens, ou les moins récents, des enseignants actuels en zep. Les équipes pédagogiques sont mentionnées mais les professeurs ne bénéficieront pas de temps de concertation. Alors que les travaux de T. Piketty ont établi qu'une baisse sensible des effectifs élèves aurait un impact positif sur les résultats des élèves les plus en difficulté en zep, les moyens annoncés ne permettent pas de l'envisager. Enfin, ces quelques moyens supplémentaires sont fournis par prélèvement sur les dotations des autres collèges, y compris, sans doute, les EP2.

Sur d'autres points le ministre assume totalement ses choix idéologiques. Ainsi quand il évoque les parents des élèves en zep. "Pour que les parents soient mieux impliqués dans le suivi scolaire de leurs enfants, l'école ou le collège devront expliquer aux parents le règlement intérieur". On retrouve là les préjugés négatifs du ministre.

Car, finalement, la définition sociale des zep n'est qu'une façade. "Mon action pour l'éducation prioritaire doit être comprise dans cette perspective : il ne s'agit pas d'une énième politique de zonage, il s'agit de l'application du même principe d'aide personnalisée , adapté à proportion du nombre d'élèves en difficultés !" affirme le ministre. L'échec scolaire reste une affaire individuelle. Ainsi il annonce la multiplication des bourses au mérite. Il maintient sa décision de permettre aux collégiens bien notés des zep de choisir leur lycée, c'est-à-dire de pouvoir sortir de leur banlieue, écrémant ainsi les établissements du secteur. Pour Gilles de Robien, la réussite individuelle vaut toujours mieux qu'une politique sociale. On atteint là la limite de ce qui est présenté comme une "relance".
http://www.education.gouv.fr/actu/element.php?itemID=200628932
http://www.cafepedagogique.net/disci/pedago/54.php

L'OZP approuve sous réserves les mesures Robien
"L’OZP estime que les mesures sur les ZEP annoncées le 8 février constituent un ensemble cohérent susceptible de donner un nouveau souffle à l’éducation prioritaire. Le dispositif de pilotage, l’annonce d’un accompagnement par des enseignants expérimentés affectés dans l’établissement, l’amorce d’une politique de gestion des ressources humaines constituent des avancées importantes". Mouvement pédagogique regroupant de nombreux acteurs des ZEP, l'Observatoire des Zones Prioritaires assortit cette approbation de réserves.

"L’OZP est foncièrement opposé à la mesure… qui prévoit un écrémage au niveau des lycées : cette mesure renforce les difficultés des lycées situés en ZEP ou à proximité, et elle peut placer les élèves transplantés dans des contextes où leur intégration sera malaisée". Elle suggère un renforcement de quelques lycées situés en ZEP pour accueillir ces élèves.

Mais, plus globalement, l'OZP estime que d'autres mesures ministérielles peuvent "brouiller le message". C'est le cas des interventions du ministre sur la lecture, du silence sur les cycles à l’école, de la suppression des moyens pour une mise en place efficace des IDD au collège et de l’apprentissage à 14 ans. "Ces différents éléments peuvent apparaître en contradiction avec les mesures spécifiques prises pour l’éducation prioritaire".
http://www.association-ozp.net/article.php3?id_article=2173
Voir également l'interview de M. Renard dans FSC
http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/fsc279.pdf



La mise en place du B2i

Le B2i généralisé au lycée en 2006
Une nouvelle circulaire suffit-elle à impulser de nouvelles pratiques éducatives ? Le B.O. du 22 septembre publie une circulaire qui définit les objectifs de "la maîtrise des TICE" à l'Ecole, une des 5 composantes du futur "socle commun", et annonce le déploiement du B2i au lycée à la rentrée 2006.

La formation aux TICE vise à" dispenser à chaque futur citoyen la formation qui, à terme, lui permettra de faire une utilisation raisonnée des technologies de l’information et de la communication, de percevoir les possibilités et les limites des traitements informatisés, de faire preuve d’esprit critique face aux résultats de ces traitements et d’identifier les contraintes juridiques et sociales dans lesquelles s’inscrivent ces utilisations".

Pour cela le ministère annonce la généralisation du B2i dans les lycées et CFA à partir de la rentrée 2006. Cette année, ils sont invités à faire passer le B2i collège aux élèves qui ne l'auraient pas. Des "feuilles de position" permettant l'évaluation des compétences sont annexées au texte.

Enfin le texte recommande de désigner un "coordinateur pour les TICE" dans chaque établissement. Il sera chargé du pilotage des TICE et sera aidé d'un référentiel. La circulaire rappelle que le B2i, pour être valide, doit faire intervenir au moins deux disciplines. Il veut donc être prescripteur de l'introduction des TICE dans les disciplines.

La situation des TICE dans l'Ecole française est paradoxale puisque les établissements sont globalement bien équipés (au dessus de la moyenne européenne). Cependant, l'enquête internationale PISA a révélé que les lycéens français (15 ans) avaient le plus faible taux d'utilisation des TICE en classe de tout le continent européen. Plus récemment, l'Union nationale des lycéens rappelait que, vus des lycéens, les taux d'équipement sont trompeurs : "ces chiffres perdent tout leur sens lorsque l'on sait que ces ordinateurs sont peu voire jamais accessibles aux lycéens. Ils restent généralement réservés à des travaux précis dans des disciplines spécifiques au détriment d'utilisations plus larges".

La diffusion du B2i dans les établissements est difficile, particulièrement au collège. Une étude récente du Café évaluait à environ un collège sur deux les établissements ayant mis en place le B2i. Encore sa diffusion repose-t-elle souvent sur le seul professeur de technologie.

Les spécialistes s'affrontent pour expliquer ces retards accumulés. Une circulaire peut-elle changer cet état de fait ?
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/34/MENT0501853C.htm

Les référentiels B2i
Les projets de référentiels B2i ont été soumis au Conseil supérieur de l'éducation du 18 mai et sont publiés sur le site de Sud Education. Pour Bruno Devauchelle, "le décret ne parle pas des modalités d'évaluation… Faudra-t-il 80% ou 100% des items validés pour avoir le B2i ? Deux disciplines seront-elles le garant minimum du B2i ?"

B. Devauchelle observe également la disparition des feuilles de position : elles devraient faire l'objet d'une circulaire. "Or il suffit d'analyser les pratiques depuis 2000 pour s'apercevoir que ces feuilles sont prépondérantes pour guider l'attitude des équipes. Une première lecture du projet présenté en mars 2006 comportait des indications sur ces feuilles de position. Certains écarts entre le référentiel (devenus "éléments de référentiel" dans le nouveau texte) et les feuilles de position pouvaient poser problème aux équipes. On sait combien cela a posé problème aux équipes sur le premier B2i. On peut donc s'interroger sur ces écarts possibles, même s'il faut attendre la version définitive pour pouvoir faire une analyse détaillée".

Le texte devrait s'appliquer dès la rentrée 2006 ce qui semble difficile particulièrement au lycée.
Projet d'arrêté (pdf)
http://www.sudeducation.org/IMG/pdf/17-2_Projet_arrete_Brevet_informatique_internet.pdf
Référentiels
http://www.sudeducation.org/IMG/pdf/17-3_Annexes_Projet_Brevet_informatique_internet.pdf
Le blog de B. Devauchelle
http://www.brunodevauchelle.com/blog
Le blog B2i
http://www.cafe-b2i.net/



A l'école primaire

Lecture: Les dossiers du Café pédagogique
Début 2006, la polémique fait rage sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. G. de Robien a publié une circulaire, assortie d'une grande campagne médiatique, qui a suscité de vives réactions. Comment y voir clair ? D'une part avec le dossier "Lecture : vrais débat, fausse solution" du Café pédagogique. Il met en parallèle les arguments du ministre et ceux des scientifiques. Il fait le point sur les réactions suscitées par le texte ministériel et rappelle le contenu des programmes de 2002 actuellement en vigueur. En quelques pages, le dossier fait connaître les arguments des uns et des autres. Enseignant ou parent, spécialiste ou pas, faites-vous votre propre opinion !

D'autre part, en rubrique "actualité professionnelle", un dossier spécial fait le point sur le renouvellement des programmes. En mars 2006, le Café pédagogique a assisté aux séminaires, aux réunions officielles, aux conférences de presse et en rend compte. Il a aussi publié de nombreuses contributions scientifiques dans ce débat.
Le dossier du Café
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/index.php
Le dossier imprimable (en pdf)
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/lecture.pdf
L'affichette pour le faire connaître
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lecture/afflect.pdf
Le dossier spécial
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/71.php

Calcul : Pourquoi éviter le retour de la division en CP ?
" Si nous devions revenir aux programmes de 1945 et si ces programmes devaient créer à nouveau toutes les difficultés qui ont été analysées dans ce texte (notamment : un ennui important dans les classes du fait de la répétition, un désintérêt généralisé des enseignants pour le fonctionnement intellectuel de leurs élèves, un enseignement élitiste parce que seuls les enfants qui s’auto-questionnent progressent en résolution de problèmes…), malgré toutes ces difficultés, nous n’en garderions pas moins ces programmes pendant 50, voire 100 ans. En effet, quiconque voudrait dénoncer le prétendu enseignement de la multiplication et de la division dès le CP, qu’une campagne de type populiste le ramènerait bien vite à la raison : « Ils ne veulent plus que nos enfants apprennent la multiplication et la division dès le CP ! » ; « À une époque qui nécessite des savoirs de haut niveau, ils alignent les programmes vers le bas ! ». L’enjeu, aujourd’hui, est qu’une campagne de même type ne nous emmène vers cette situation bloquée". Dans un article accordé au Café pédagogique, Rémi Brissiaud, Maître de conférence de psychologie cognitive à l’IUFM de Versailles, dénonce les tentatives de retour aux programmes de calcul de 1945 qui proposaient l'apprentissage des 4 opérations dès le CP.

Si ces programmes avaient l'avantage d'inciter de façon précoce les élèves à mémoriser des relations numériques, il avaient aussi de gros défauts : " les enseignants faisaient obstacle au progrès de certains élèves en assimilant sur une longue durée la division au partage,… l’apprentissage de la résolution de problèmes se faisait seulement à partir de résolutions-types, ce qui légitime l’usage d’analogies superficielles". Ainsi , " l’enseignement de la division avant 1970 n’est pas un « paradis pédagogique » perdu" sauf pour la petite élite qui s'adaptait au moule du programme traditionnel.

Est-ce à dire que les programmes actuels soient parfaits ? R. Brissiaud ne le pense pas. Il constate d'ailleurs qu'ils sont largement interprétés de telle sorte que la division est acquise au CE2. Et c'est cette capacité d'évolution des programmes qui semble la plus enrichissante

Ce que dénonce finalement R. Brissiaud c'est le populisme affiché à la tête de l'Education nationale. "Avec le développement des moyens modernes de communication (télévision et internet notamment), une démocratie comme la nôtre est de moins en moins à l’abri du populisme. On connaît les belles analyses que fait Pierre Rosanvallon de cette pathologie de la démocratie : il ne la définit pas comme une idéologie mais par son fonctionnement. Il considère le populisme comme un retournement pervers contre elle-même des idéaux et des procédures de la démocratie. Le populisme repose sur le fantasme d’un peuple qui serait unanime à penser autrement qu’une petite élite alors que celle-ci tenterait d’imposer son point de vue. Par exemple : le fantasme d’un peuple unanime à penser qu’il faut revenir à l’enseignement des 4 opérations dès le CP alors qu’une poignée de pédagogues défendraient le contraire".

Rémi Brissiaud ouvre ainsi un important débat sur le calcul qui devrait se prolonger l'année prochaine. Trois autres participants vont l'y rejoindre : David Lefebvre, Roland Charnay, Joël Briand. C'est dans le Café.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/contribs/calcul.php

Les décharges de direction au B.O.

Le B.O. du 29 juin publie une note précisant le régime des décharges d'enseignement des directeurs d'école à compter de la rentrée 2006. Décharge complète à partir de 14 classes primaires ou 13 classes de maternelle.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/26/MENH0601560N.htm

Ce qu'en pensent les syndicats :
Communiqué Se-Unsa
http://www.se-unsa.org/presse/comm/page.php?id=060510a
Communiqué Snuipp
http://www.snuipp.fr/article.php3?id_article=3355
Communiqué Sgen
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article.php3?id_article=1079

PPRE : en attente de la circulaire
Le décret du 24 août 2005 instaure le dispositif d'aide et soutien pour la réussite des élèves, les "programmes personnalisés de réussite éducative". La circulaire de rentrée annonce la mise en place des PPRE à la rentrée 2006. Mais la circulaire définissant le dispositif n'est toujours pas parue début juillet 2006.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/31/MENE0501635D.htm
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0501630D
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0501635D



Les nouveautés au collège

Les nouveaux programmes applicables en 5e
Cela concerne les mathématiques, les sciences de la vie et de la terre, la physique-chimie ainsi que les thèmes de convergence. En langues, de nouveaux programmes sont instaurés pour le palier 1.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs5/default.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs6/default.htm

Les horaires diminués
Pour financer le plan Ambition réussite, le ministre prélève une demi-heure dans toutes les classes de 5ème et 4ème.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/18/MENE0601016A.htm

PPRE
Le décret est paru et annonce une mise en route rentrée 2006 mais la circulaire d'application est toujours en attente début juillet 2006.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/31/MENE0501630D.htm

Apprentis juniors
Voir ci-dessous la partie enseignement professionnel.

La note de vie scolaire évaluera le respect du règlement
"L’apprentissage de la civilité et l’adoption de comportements civiques et responsables constituent des enjeux majeurs pour le système éducatif. La note de vie scolaire s’inscrit dans cette démarche éducative qui concerne toute la scolarité au collège. Elle devient une composante à part entière de l’évaluation des élèves, y compris pour l’obtention du diplôme national du brevet. Elle contribue, en donnant des repères aux élèves, à faire le lien entre la scolarité, la vie scolaire et la vie sociale. Elle est destinée à valoriser les attitudes positives vis-à-vis de l’école et vis-à-vis d’autrui. Comme toutes les notations qui sanctionnent un apprentissage, elle évalue aussi les progrès réalisés par l’élève tout au long de l’année scolaire". Une circulaire publiée au B.O. du 29 juin précise les conditions d'attribution de la note de vie scolaire.

La note est attribuée par le chef d'établissement en concertation avec le professeur principal et le Cpe chaque trimestre de la 6ème à la 3ème. Elle évalue 4 choses : l'assiduité, le respect du règlement intérieur, "la participation de l'élève à la vie de l'établissement" et l'obtention de l'Assr et de l'attestation de formation aux premiers secours. Ces deux derniers aspects peuvent donner des points supplémentaires.

"La note de vie scolaire est prise en compte pour l’obtention du diplôme national du brevet, dans les mêmes conditions que les résultats aux disciplines évaluées en contrôle en cours de formation. Elle est la moyenne affectée d’un coefficient 1 des notes de vie scolaire obtenues par l’élève chaque trimestre en classe de troisième".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/26/MENE0601604C.htm

Diplôme national du brevet
Un arrêté publié au J.O. du 14 juin 2006 a défini sommairement le nouveau brevet qui sera mis en place en 2007 en instaurant la note de vie scolaire. Le brevet 2007 devrait être vraiment rénové et tenir compte du socle commun. Mais, là aussi, on attend les textes.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0601428A
Le brevet 2006
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/bb2006/general.php

Les modules de découverte professionnelle
Les modules de découverte professionnelle ont été mis en place à la rentrée 2005 sous forme d'une option facultative de 3 heures et d'un module de 6 heures, dont les objectifs, les publics et les contenus sont différents.

Selon EduScol, "l'option facultative de découverte professionnelle (3 heures hebdomadaires) vise à apporter aux élèves une première connaissance du monde professionnel par une découverte des métiers, du milieu professionnel et de l'environnement économique et social… Cette première approche du monde professionnel contribue à élargir et compléter la culture générale des collégiens et participe à l'éducation à l'orientation. Le module de découverte professionnelle (6 heures hebdomadaires) concerne plus particulièrement un public d'élèves volontaires, scolairement fragiles, prêts à se mobiliser autour d'un projet de poursuite de formation à l'issue de la classe de troisième… Implanté le plus souvent en LP, il a pour objectif principal d'aider les élèves dans la construction de leur projet personnel et scolaire par la connaissance du monde professionnel, de ses voies de formation, ainsi que des possibilités et des passerelles offertes par le système éducatif".

De fait ce module de 6 heures sélectionne dès la fin de la 4ème et même dès la fin de la cinquième en collège ambition réussite (ils pourront proposer l'option dès la 4ème) les élèves. Il pré oriente clairement vers l'enseignement professionnel court, les élèves devant abandonner la seconde langue. On peut craindre qu'avec l'apprentissage à 14 ans, il aggrave les inégalités sociales à l'école.

On trouvera sur EduScol, les textes officiels ainsi que les contributions à un séminaire national organisé en 2505. Le Cndp publie les documents d'accompagnement pour les deux modules.
http://eduscol.education.fr/D0072/dp_accueil.htm
http://eduscol.education.fr/D0072/resnatdp.htm
http://www.cndp.fr/doc_administrative/programmes/secondaire/decouvertepro/accueil.htm

Deux vade-mecum pour la découverte professionnelle en collège
"Le module de découverte professionnelle concerne plus particulièrement un public d’élèves volontaires, à la scolarité fragile, en vue de les mobiliser autour d’un projet de poursuite de formation à l’issue de la classe de troisième. Il se situe ainsi dans la perspective d’une réduction des sorties sans qualification du système éducatif. Il a vocation à remplacer les classes de 3e technologiques, de 3e à option technologie ainsi que celles de 3e préparatoires à la voie professionnelle". EduScol publie deux documents visant à préciser les points essentiels de la mise en oeuvre des enseignements de "découverte professionnelle" : option de 3 heures et module de 6 heures. Le "vade mecum" guide les enseignants dans l'accueil des élèves, le pilotage pédagogique, la mise en oeuvre du module ou de l'option. Il indique des "bonnes pratiques" et des "écueils à éviter". Des documents complémentaires sont annoncés pour la rentrée.
http://eduscol.education.fr/D0072/dp3h-6hvade.htm

La découverte professionnelle vue des académies
On trouvera sur ces sites académiques des présentations Powerpoint des modules, des recommandations, des ressources pédagogiques pour la mise en place (livret de suivi, évaluation, fiches métiers etc.). Le site versaillais par exemple est assez riche.
http://www.diversification-college.ac-versailles.fr
http://www.ac-creteil.fr/mission-college/dp/dec_prof_accueil.htm
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/priorites/voie_pro/index.htm
http://www.ac-limoges.fr/rubrique.php3?id_rubrique=834
http://www.ac-caen.fr/bandeau/bandeauPartenaire.php?menu=formationPro&page=qualiteStage
http://www.ac-grenoble.fr/cio/article.php3?id_article=367
http://www.ac-reims.fr/datice/decpro/default.htm

La découverte professionnelle vue depuis les établissements
Comment ça se passe dans un collège ? L'équipe pédagogique du collège Saint Charles de Feillens (Ain) a ouvert un site collaboratif qui crée un véritable lien entre enseignants et élèves et qui vaut le détour. On y trouve des ressources pédagogiques, des activités de classe mais aussi les contributions des élèves durant leurs stages.

Dans cet établissement "chaque élève a eu 1 professeur tuteur différent pour ses 2 premiers stages et a actuellement un 3ème tuteur définitif pour ses 2 autres stages et l’accompagnement à l’orientation. Les traces écrites des activités sont consignées dans le classeur portfolio à 6 volets de l’élève ainsi que dans le classeur de rapports de stage, qui servira de support à l’épreuve orale de l’examen du Certificat de Formation Générale. Le professeur principal remplit un classeur administratif consignant notamment l’historique des contacts et démarches, les mises à jour de la base de données entreprises, les éléments d’orientation. Les ajustements nécessaires sont apportés au projet lors des concertations entre les membres de l’équipe pédagogique et des conseils de classe (total à cette date de 8 réunions formelles, les entretiens informels dits "de couloirs" ou "de salle de profs" étant quotidiens !)".
http://3dp2005.free.fr

Collège : des élèves sans manuels à la rentrée
"Changement de programme en anglais, zèle de nos inspecteurs pour la mise en application du Plan Européen de Compétences, réunions des équipes pédagogiques pour l'organisation matérielle des groupes de compétences, beaucoup d'énergie dépensée : nous apprenons qu'à la rentrée nous n'aurons pas les moyens de changer les manuels. Les éditeurs nous avaient inondés de spécimens... La situation est ubuesque. Comment expliquer aux parents, après toute cette information sur les changements programmés, que tout va rester en l'état faute de moyens ?" Depuis le 30 juin, de nouveaux témoignages sont arrivés sur le blog du Café pédagogique. Ils confirment l'incapacité où sont les collèges, du fait des restrictions de crédits de l'Etat, pour acheter les manuels correspondant aux nouveaux programmes. Car, pour les collèges, les dépenses d'achat des manuels scolaires sont à la charge de l'Etat. Les collèges découvrent que ces crédits sont réduits de moitié.
Témoignez sur le blog du Café
http://www.cafe-leblog.net/
Rappel : L'Expresso du 30 juin
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index300606.php



Les nouveautés au lycée

Les nouveaux programmes
Ils concernent : l'enseignement de spécialité de mathématiques en Terminale L, la philosophie en séries technologiques, le programme de littérature en terminale L.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs7/MENE0501611A.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs7/MENE0501664A.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/17/MENE0601125N.htm

La refonte de la série STG
Dans cette série, entrent en application de nouveaux programmes en histoire – géographie en première, mathématiques en terminale, économie droit,management, communication, compta, GSI,mercatique en terminale.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs7/MENE0501665A.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs7/MENE0501609A.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/hs2/default.htm
Un dossier spécial est proposé dans ce dossier à la rubrique histoire-géographie.
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/vac2006/hg.php

B2i
Il est introduit au lycée à la rentrée 2006. Voir plus haut dans cette rubrique.

Le bac STG
Il est défini par plusieurs textes.
http://www.education.gouv.fr/bo/2005/31/MENE0501605A.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/10/MENE0600700N.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/10/MENE0600698N.htm

Rentrée 2007 : De SMS à STSCS
Les horaires, l'organisation et les programmes de la filière SMS vont changer avec la mise en place, rentrée 2007, de la nouvelle filière STSCS (sciences et technologies de la santé et des carrières sociales). Les textes sont présentés au CSE du 10 juillet 2006. Un nouveau BTS sera également créé au même moment.

"La rénovation proposée est de grande ampleur puisqu’elle concerne à la fois l’organisation des enseignements, leurs horaires et les contenus de formation. Il s’agit : de positionner clairement cette série comme une voie d’accès à la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur; de mieux préparer les élèves à la diversité des études supérieures débouchant sur les emplois « techniques » du secteur social et paramédical ou sur des emplois technico-administratifs au moins de niveau III, auxquels les élèves de cette série se destinent ; notamment leur assurer une meilleure préparation aux concours d’entrée dans les écoles du secteur social et paramédical; de rendre plus lisibles les finalités de cette nouvelle série en l’inscrivant dans une offre de formations pré et post bac des secteurs paramédical et social mieux structurée".

En ce qui concerne les horaires, la réforme prolonge l'histoire-géographie (à raison d'1h30 seulement) en terminale, augmente l'horaire des disciplines scientifiques et de la philosophie. Les enseignement technologiques sont réorganisés et les options limitées.

Un arrêté fixe les programmes de physique chimie, biologie et physiopathologie humaines, sciences et techniques sanitaires et sociales et maths.
Les horaires
http://www.sudeducation.org/IMG/pdf/7-2_Projet_Arrete_orga_horaires_Serie_STSCS.pdf
Programmes
http://www.sudeducation.org/IMG/pdf/3_NP_et_Projet_Arrete_Programmes_Sante_et_Carrieres_Sociales.pdf
Rappel : La réforme dans le Café 72
http://www.cafepedagogique.net/disci/sms/72.php

TPE : Les thèmes 2006-2007
Le B.O. du 4 mai présentent les nouveaux thèmes des TPE en 2006-2007. En série ES "Pouvoirs et société " et "la famille" s'ajoutent à 4 thèmes conservés. En L ce sont "réalités et représentations" et "œuvres et techniques". En série S option SVT ce sont "savants et science hier et aujourd'hui" et "environnement et progrès", alors qu'en option S.I. ce sont "ingénieurs et sciences une histoire partagée" et "environnement et progrès".
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/18/MENE0601153N.htm



Les nouveautés dans l'enseignement professionnel

Le plan Villepin sur l'apprentissage à 14 ans en débat
"C'est sur les enseignants que repose le succès de tout ce que nous pourrons entreprendre pour l'éducation de nos enfants". Dominique de Villepin a présenté le 1er décembre 2005 son plan "pour l'égalité des chances".
http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/68.php#0

Le guide pédagogique de l'apprenti junior
Le ministère publie le "guide pédagogique de l'apprenti junior" qui décrit la mise en place de ce nouveau dispositif prévu par la loi sur "l'égalité des chances". Il concerne des jeunes à partir de 14 ans et se décompose en deux périodes : une où l'élève est sous statut scolaire (jusqu'à 15 ans) et une seconde où l'apprentissage commence (à partir de 15 ans).

Evidemment la première difficulté rencontrée est d'assurer au jeune le "socle commun" prévu par la loi. Le guide a beau répéter que ce nouveau dispositif offre "une modalité différente d'accès au socle commun", on voit mal comment concrètement le cas. Prenons le cas, le plus favorable, de l'année sous statut scolaire. Voici notre jeune censé faire deux stages dans deux entreprises différentes, soit 8 à 16 semaines selon le guide. Suivons-le : il reste en moyenne 360 heures de cours pour l'ensemble des disciplines d'enseignement général (français, histoire-géo, maths, sciences, langues vivantes, eps). On voit mal comment, avec environ 60 heures annuelles de français par exemple, ces élèves, déjà présentés par le guide comme en échec, pourraient atteindre, en 3 années seulement, le niveau demandé à leurs camarades en 4 ans avec un horaire double ! Il est évident que ces jeunes quitteront le statut scolaire avec un niveau très inférieur au socle commun. L'horaire en première année d'apprenti junior devrait comprendre, pour le temps passé au collège, 15 heures hebdomadaires d'enseignement général, 9 heures de droit du travail et d'activités professionnelles, 3 heures de découverte des métiers et 3 autant d 'activités individualisées.

Le guide s'intéresse d'ailleurs beaucoup au cas des apprentis juniors qui voudront retourner au collège plutôt que poursuivre en apprentissage. Il prévoit quatre difficultés : "dans le cas de l’intégration dans une classe de 3ème DP 6h, un niveau scolaire trop bas pour assimiler les connaissances du socle commun du programme de 3ème ; dans le cas de l’intégration dans une classe de 4ème, difficultés à pallier d’inévitables lacunes et à se réadapter au rythme du collège ; difficulté à respecter les règles du comportement du collégien,… retour en collège motivé par le désir de fuir la difficulté du travail en entreprise". Le guide demande dans ces cas de prévoir un projet personnalisé et une aide individualisée.

L'autre difficulté que pourrait rencontrer le dispositif c'est qu'il nécessite un accord entre les régions et les rectorats dans le cadre des plans régionaux de développement des formations professionnelles.
Le guide
http://eduscol.education.fr/D0228/guide-apprenti-junior.pdf
Page EduScol
http://eduscol.education.fr/D0228/accueil.htm



Le métier d'enseignant

Les décharges horaires des enseignants menacées
"Des textes de niveaux juridiques différents se conjuguent avec des pratiques non (ou mal) contrôlées et profuses dont le rapport avec l’acte d’enseigner, même apprécié selon une approche large est, dans certains cas, soit distendu soit inexistant…. La complexité actuelle est le produit de l’empilement de textes successifs plus ou moins cohérents entre eux". Rédigé par Pierre Lepetit (IG Finances), Franck Avice (Finances) et Pierre Renaudineau (IGAEN), le "rapport sur les décharges statutaires des enseignants du second degré" demande tout simplement leur abrogation.

Sont visées par le rapport la totalité des décharges horaires du second degré : heures de première chaire en lycée et pondérations de STS en lycée, associations sportives, coordination CCPN, heures de laboratoire, coordination EPS, etc. L'ensemble représente 518 000 heures, soit 1,6 milliard et 28 192 équivalents temps plein.

Pour les auteurs, ces décharges ne sont pas contrôlées, s'appuient sur des textes fragiles légalement et ne sont pas justifiées par l'évolution du système éducatif. Ainsi, " avec l’ouverture très large de l’enseignement du second degré depuis la fin des années soixante à des publics nouveaux, socialement et culturellement moins favorisés que ceux du lycée d’antan, les défis pédagogiques à relever et l’obligation de résultat assignée aux enseignants ne se concentrent plus dans la phase ultime de la scolarité secondaire : les difficultés à surmonter se rencontrent, pour les élèves comme pour les professeurs, tout au long de celle-ci" et, par conséquent l'heure de première chaire n'est pas légitime. Pour la pondération en STS, " le régime dont bénéficient les enseignants dans les sections de techniciens supérieurs (STS) trouve sa justification initiale dans le travail supplémentaire demandé aux enseignants du fait du public de ces classes. Cependant, le dispositif ne tient pas compte de la durée réelle de la période d’enseignement. En effet, l’année scolaire (36 semaines) est amputée, en premier lieu, du fait des examens qui sont organisés tout au long du mois de mai et, en second lieu, par les stages des étudiants d’une durée moyenne autour de huit semaines (quatre à seize semaines selon les spécialités)". Les heures d'animation d'association sportive "ne recouvrent pas toutes une activité réelle ou suffisante" ce qui justifie leur suppression.

Le rapport demande " la rénovation du système des décharges de service pour en faire un instrument souple de gestion des ressources humaines au service des projets des académies et des établissements". Ils souhaitent le transfert des moyens pour de nouvelles tâches : coordination disciplinaire, soutien aux IPR, formation des enseignants, utilisation des TICE, aide aux élèves. En clair, la suppression des décharges pourrait financer le déploiement des PPRE, augmenter les moyens de l'administration pédagogique de l'éducation nationale et donner un nouveau levier aux chefs d'établissement qui pourraient répartir librement "en vertu de leurs priorités" un contingent annuel subsidiaire d'heures de décharge. Le rapport estime que la suppression des décharges ne donnerait pas un gain immédiat de 100% mais qu'elle pourrait "créer des surnombres dans un système déjà saturé en ressources enseignantes" et qu'elle "entraînerait une perte de rémunération pour les enseignants concernés" évaluée à 1480 euros. Les rapporteurs estiment que le gain immédiat pourrait être de 40% soit 11 880 postes récupérés.

Le Café avait attiré l'attention sur ce rapport dans L'Expresso du 22 avril, à un moment où seul son résumé circulait. Ce n'est pas seulement la publication du rapport et la campagne médiatique qui l'entoure qui justifient que nous revenions sur cette information.

C'est d'abord la réaction du ministre et le calendrier. Le ministère, "estime souhaitable que la mise en œuvre de certaines des pistes d’évolution du dispositif évoquées par la mission d’inspection fasse assez rapidement l’objet de discussions avec les organisations représentatives des personnels enseignants et des chefs d’établissements". L'application de ce rapport d'audit est prévue pour la rentrée 2007.

C'est ensuite qu'il renvoie à une volonté affirmée de la majorité actuelle de réduire d'environ un quart la dépense d'éducation dans le secondaire. Elle a été clairement affichée lors de la discussion sur la loi Fillon (qui envisageait déjà dans son annexe annulée la suppression des décharges) et régulièrement renouvelée depuis. Pour atteindre ce but il n'y a que 4 moyens : réduire les salaires des enseignants, diminuer le temps scolaire, retirer de la formation de base certaines disciplines et augmenter le temps de travail. Les deux premières solutions sont déjà effectives : l'Ocde souligne la faiblesse des salaires des enseignants et leur perte de pouvoir d'achat, les horaires des 5èmes et 4èmes viennent d'être réduits d'une demi-heure pour raison comptable. La publication, peut-être cette semaine, des décrets sur le socle commun amorcera-t-elle la troisième voie ?
Le rapport
http://www.performance-publique.gouv.fr/pdf/audit/audit_2/rapport-v2-education_decharges_statutaires.pdf
Vu par Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/france/20060505.FIG000000218_un_rapport_denonce_les_horaires_fictifs_des_profs.html
Rappel : L'Expresso du 22 avril
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index220406.php


Les concours

Les programmes des concours 2007
Le B.O. spécial n°3 fait connaître les programmes des concours de l'agrègation(externe et interne), du capes, du caplp, de Cop et de Cpe pour la session 2007. Un document à consulter de suite pour être prêt au printemps prochain.

Le B.O. du 25 mai publie plusieurs programmes des concours d'enseignement. Ainsi pour l'agrégation externe d'arts appliqués, de maths (reconduction) et de physique (reconduction). A l'agrégation interne, les programmes d'EPS, de génie électrique (reconduction), de lettres modernes (modification) et de mécanique (reconduction).

Les programmes des Capes externes d'hébreu et dephilosophie sont publiés ainsi que le Capeps externe (reconduction). Est aussi publié le programme du Caplp externe de Lettres – Histoire.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/special3/default.htm
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/21/encart.htm

Programmes des concours en arabe, chinois et italien
Le B.O. du 22 juin publie les programmes de l'agrégation externe d'arabe, de l'agrégation interne de chinois et du capes externe d'italien.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/25/MENH0601464X.htm

Mention complémentaire aux concours
Des mentions complémentaires, élargissant les compétences des enseignants, sont maintenant attribuables au capes et capeps. Une note de service parue au BO 18 présente le dispositif de délivrance de la mention et précise les modalités de mise en œuvre de la formation en iufm.
Au B.O.
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/18/MENP0601142N.htm

Choisir un nouveau manuel ?
"Le choix du manuel est important, il conditionne votre travail et celui de vos élèves. S’il est imposé quand vous arrivez dans l’établissement, vous pouvez en explorer ses potentialités et ses limites pour éventuellement en juin proposer à vos collègues de discipline d’en changer. Mais sur quels critères ?" François Muller propose une grille d'évaluation qui permet d'évaluer sous l'angle du savoir, de la didactique, de la pédagogie et de l'utilisation, un nouveau manuel. "Les objectifs de savoirs sont-ils définis ? Y-a-t-il une progression notionnelle ? L'ouvrage comporte-t-il plusieurs parcours de lecture pouvant satisfaire des élèves de niveaux différents ? Les relations entre les différentes parties d'une double page sont-elle suffisamment explicites ? Le livre est-il clair pour des parents peu au fait de la pédagogie actuelle, et des périodes historiques concernées ? "
http://parcours-diversifies.scola.ac-paris.fr/manuel/mettreenoeuvredesoutils/manuel.htm

La seconde carrière s'échoue
La gestation avait été laborieuse. Le décret, pris en application d'une loi de 2003, donnant la possibilité aux enseignants de démarrer une seconde carrière dans un autre corps de fonctionnaire, après avoir été attendu toute l'année scolaire 2004-2005, était finalement paru au J.O. en août dernier. Selon l'AFP, son application est reportée à septembre 2006 "faute de postes". Quinze postes seulement ont été proposés par les autres ministères… Peu pressés d'accueillir des profs ?
http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploieducation/051013141614.bn706irl.html
http://www.cafepedagogique.net/expresso/index250805.php

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