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La prétendue "démission" des parents dans l'éducation de leurs enfants est
souvent citée comme une des raisons de la violence scolaire. Elle existe dans
certains cas, personne ne songerait à le nier.
Mais, en réalité, on a assisté, en une ou deux générations, à une démission
collective de l'ensemble de la société, acquise aux idées libertaires qui ont
fleuri après 1968 et qui ont permis à certains d'imposer une pensée unique hors
de laquelle il n'y avait point de salut : on est passé du "Tais-toi et obéis"
à l'autodiscipline érigée en principe, l'enfant ayant d'abord des droits avant
d'avoir des devoirs. Cela a conduit à des excès : la sortie récente de livres
dénonçant "l'enfant roi" en est l'illustration.
Plus gênant, cela suscite des interprétations erronées de la loi d'orientation
de 1989 qui avait placé, à juste titre, l'enfant au centre du système éducatif,
non pas pour qu'il fasse la loi, mais tout simplement pour que son intérêt soit
considéré en priorité par rapport à d'autres intérêts au sein du système éducatif.
Il y a peu, parler d'autorité et de discipline passait pour réactionnaire.
Qui ne se souvient du tollé provoqué dans certains milieux par J.P. Chevènement
lorsqu'il s'est emparé du problème en tant que Ministre de l'Intérieur et qu'il
a voulu à côté du volet "prévention", indispensable, introduire des mesures
[...] | spécifiques "répressives" contre les "sauvageons" qui empoisonnent non seulement
la vie des établissements scolaires, mais plus généralement celle de beaucoup
de quartiers.
Aujourd'hui, la société est contrainte de réapprendre à prononcer sans frissons
d'effroi les mots d'autorité, de devoir, de discipline. Pourtant, les enfants
n'ont-ils pas besoin, pour grandir, de reconnaître au-dessus d'eux l'autorité
de la loi et des adultes qui la font respecter ?
L'expérience montre que chaque fois qu'un véritable partenariat existe entre
l'équipe éducative, les partenaires extérieurs et les parents, l'école parvient
à lutter contre la violence. Tous les adultes doivent collaborer pour pouvoir
offrir une structure d'éducation cohérente, pour présenter un "front uni", qui
n'exclut pas le dialogue avec les jeunes, bien au contraire, mais qui leur indique
clairement les limites à ne pas franchir.
Il faut aujourd'hui conforter les lieux où parents, enseignants, conseillers
principaux d'éducation, représentants des services sociaux, de la police, de
la justice, puissent se rencontrer de manière régulière et dialoguer pour finalement
parler d'une même voix et renouer les fils rompus. De tels lieux existent aujourd'hui
au sein des établissements. Encore faut-il qu'il y ait, sans réticence des uns
ou des autres, une véritable volonté de les faire vivre.
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