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Le collège Marcel Goulette, situé à Piton St Leu, côte ouest de La Réunion,
est en ZEP depuis la fin des années 80. Dans cet établissement, la violence
n'a rien à voir avec ce que les médias nous montrent des banlieues des grandes
villes métropolitaines. Néanmoins, elle est ici aussi présente, dans les quartiers,
aux abords directs du collège et parfois au sein même de l'établissement. Comme
ailleurs les causes de la montée de cette violence sont liées à l'environnement
socio-économique, urbanisation rapide des quartiers, inactivité des jeunes due
à un des plus forts taux de chômage de l'île mais également à une évolution
trop rapide des rapports jeunes-adultes dans une société où il y a quelques
années encore le respect de l'autre était le pilier de l'éducation des enfants.
Face à cette situation, la lutte contre la violence et l'éducation à la citoyenneté
sont devenues de fait un des trois axes prioritaires du contrat de la ZEP (contrat
de réussite) de Piton St Leu. Un des autre axes de ce contrat étant l'ouverture
du collège sur le quartier, c'est dans le partenariat avec d'autres institutions
(gendarmerie, justice), la mairie, le contrat de ville et surtout les associations
de quartier que cette politique de prévention et d'éducation s'est organisée.
La volonté de chacun des acteurs de travailler ensemble a permis progressivement
de construire un réseau partenarial susceptible à tout moment de se mobiliser
pour proposer, gérer et financer des actions d'éducation à la citoyenneté et
de prévention contre la violence, telles que " la journée Sport- Gendarmerie-Jeunesse
" ou " Plus puissant que la violence, le respect ! " opération qui s'est déroulée
pendant la Coupe du Monde de football 2002.
Journée Sport-Gendarmerie-Jeunesse
La journée Sport-Gendarmerie-Jeunesse est une manifestation nationale visant
à rapprocher les jeunes des quartiers sensibles et les forces de l'ordre. A
la Réunion, c'est la brigade de Piton St Leu qui s'attelle à cette tache à l'adresse
de plus de 1000 jeunes du collège et des classes de grande section des écoles
primaires de la ZEP. En partenariat avec le département, la municipalité, le
collège et les associations de quartier, de nombreuses activités sont proposées
: tournoi de foot, escalade, piste routière, présentation d'un véhicule blindé,
démonstration de chiens dressés dont l'encadrement nécessite la mobilisation
de nombreux services de gendarmerie.(Peloton Mobile, Peloton de Haute Montagne,
Brigade de la Délinquance, équipe cynophile…)
En dehors du côté festif de cette animation, le regard des jeunes vis-à-vis
des forces de l'ordre semble changer. " Depuis 5 ans que cette manifestation
existe, nous avons noté une amélioration dans les rapports entre d'une part
les jeunes, d'autre part les représentants de l'Etat et des collectivités territoriales
" se félicite l'adjudant Thierry Vigneau. Quant à Pierre, élève du collège qui
a perdu son match de foot 3-0 contre les gendarmes de [...] | Saint Benoit, il déclare
" Ce n'est pas grave. Ce genre de manifestation rapproche un peu les jeunes
de la loi " " Ce n'est pas encore ça, mais chacun doit faire un petit effort.
Et puis, les vrais délinquants ne sont pas ici ".. C'est vrai que les jeunes
les plus difficiles ne sont pas toujours présents mais comme le déclare un gendarme
" si on peut toucher des élèves de sixième et leur éviter de déraper, ce sera
déjà bien. A la fin de la journée une distribution gratuite de tee- shirts vient
récompenser tous les participants.
Cette action se déroule au collège et sur les terrains de sport de la commune.
Elle est organisée et gérée par la Gendarmerie. Son financement est assuré à
50% par la Gendarmerie et à 50% par le contrat de ville.
Plus puissant que la violence, le respect !
Au départ de cette opération, se trouve une association " Toupaga " qui inscrit
son action dans le cadre de l'économie solidaire. Son idée, profiter d'un évènement
mondial , la coupe du monde de football 2002, pour mobiliser l'ensemble des
acteurs du quartier afin de sensibiliser les jeunes au respect des autres et
à la lutte contre la violence.
Un groupe de travail est alors constitué, autour du chef de projet du contrat
de ville et du président de Toupaga, groupe composé du principal du collège,
d'agents de l'ANPE de la Mission locale d'Insertion, de la Gendarmerie et de
certaines associations. Le projet retenu consiste à utiliser les retransmissions
de matchs pour organiser des débats afin de parler de la violence. Pour animer
ces débats, des associations humanitaires (Amnesty International, Terre des
Hommes, …), des associations de protection de l'environnement, de lutte contre
l'alcoolisme et les toxicomanies, des partenaires institutionnels (Conseil Général,
Justice) mais également des personnalités de l'île de La Réunion telles que
Jean Louis Prianon et Chantal Dallenbach pour le sport, Thierry Gauliris et
Gilbert Pounia pour la musique sollicités pour animer ces débats. Tous répondront
présents et c'est plus d'une vingtaine de séances qui ont pu se dérouler au
collège durant le mois de Juin 2002, pour les élèves durant les heures d'ouverture
et pour les jeunes des associations sportives du quartier le soir et le week-end
.
Là encore, l'organisation et la gestion, pourtant très lourdes, d'une telle
manifestation ont été entièrement pris en charge par des partenaires extérieurs
au collège. Le financement a été assuré à la fois par l'association Toupaga
et le contrat de ville.
S'inscrivant dans une politique globale du quartier, il est bien sur difficile
d'évaluer l'impact d'une telle opération auprès des jeunes. Le réseau existant
dans le quartier a pu grâce à cette action s'élargir à d'autres intervenants
qui aujourd'hui sont prêts à revenir. Ainsi en Novembre 2002, certains ont animé
la journée des droits de l'enfant. D'autres sont attendus pour la Journée de
l'Engagement ou pour la semaine des parents à l'école.
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